DIRIGEANTS COLONIAUX

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dirigeants français qui gouvernaient Madagascar

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recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina@yahoo.fr)

À peine la grande terre est-elle connue que les imaginations et les convoitises s’exaltent ; de nombreuses expéditions suivent les premières, et on se figure qu’on a trouvé la terre de l’or, de l’argent, des pierres précieuses. En 1540, les Portugais s’établirent dans un îlot du Sud-Ouest où les Français trouvèrent longtemps après des ruines de leurs constructions. Ils avaient commencé à y commercer, et firent sans doute quelques excursions dans l’île à la recherche des mines précieuses qu’on disait y exister. Beaucoup d’entre eux furent massacrés, et les débris de leur colonie profitèrent d’un navire de passage pour rentrer en Europe. D’autres tentatives de colonisation n’aboutirent à rien de bien, et les Portugais voyant que cette terre à si grandes promesses ne leur rapportait que ruine et mort, l’abandonnèrent. Les Hollandais leur succédèrent et ne furent pas plus heureux. Après divers essais d’établissement dans le Sud et dans le Nord à la baie d’Antongil, cette terre, appelée par eux le tombeau des Européens, fut délaissée, et ils ne s’occupèrent plus que de leurs comptoirs de l’Inde.

Fondation de la Compagnie de la Nouvelle-France ou des Cent-Associés

louis-xiii-copie.jpgA la fin du 19ème siècle, les pays européens (France, Angleterre, Belgique...) se lancent dans l'occupation de vastes territoires en Afrique et en Asie. La colonisation c'est l'occupation et l'administration par la force d'un pays pauvre par un pays riche. Cette domination est à la fois politique, économique, sociale et culturelle.

La France s’était intéressée à Madagascar depuis la politique coloniale de Jean-Baptiste COLBERT au XVIIe siècle, laquelle fut à l’origine de la Compagnie des Indes Orientales. Madagascar se trouvait dans la sphère des activités commerciale de cette Compagnie. C’est dans ces conditions que Fort-Dauphin fut construit en 1642. Pronis étendit en 1646 le commerce de Fort-Dauphin à la côte Betsimisaraka où l’influence française s’affirma de plus en plus pendant toute le XVIIIe siècle.

Depuis Richelieu, la France pensait pouvoir accéder à la possession de Madagascar en encourageant, par de multiples édits, l’installation des colons.
En 1641, la société de l’Orient  dont le premier objectif était d’occuper Madagascar, fut fondée par RICHELIEU. Le 24 juin 1642, RIGAULT reçut les lettres patentes de LOUIS XIII déclarant la souveraineté de la France sur la Grande île africaine.
En 1643,le français Jacques de PRONIS qui abordait le Sud Est de Madagascar, baptisât l’endroit Fort Dauphin en hommage à l’héritier du couronne de France LOUIS XIV.

Les français s’installent à Madagascar.

Colbert copieEn 1664, Jean-Baptiste COLBERT organisa la Compagnie des Indes Orientale et le 1er juillet 1665 Madagascar reçut le nom d’Ile du Dauphin.
BONAPARTE également intéressé, donnait l’ordre au général DECAEN de prendre des mesures pour l’organisation des possession de Madagascar. Sylvain ROUX y fut envoyé et s’installa à Tamatave.
Les Anglais avaient tenté également de s’implanter autour de l’île ; ils y subirent de graves échecs à Nossi-Bé en 1644_45 et dans le Nord du Pays.
Après avoir pris  l’île Bourbon et l’île de France, les Anglais devenaient maître de Tamatave, en 1811, par suite d’une capitulation conclue entre Sylvain Roux et le commandant d’une division britannique.

La traité de 1814 cédait l’île Maurice à l’Angleterre. Mais le résident  anglais de l’île Maurice, Sir Farquhar considérait les Etablissements de Madagascar comme dépendance de cette île, il soutint avec véhémence que le même traité avait transféré à Angleterre toutes les colonies françaises de Madagascar.(Dip Mal). En 1642, le Cardinal de Richelieu fonde la Société de l’Orient. Il ordonne la prise de position officielle de l’île Saint Laurent, Madagascar au nom de Sa Majesté Louis XIV. *(En 1643, le français Jacques de Pronis qui abordait le Sud-Est de Madagascar, baptisât l’endroit Fort-Dauphin, en hommage à l’héritier du couronne de France, Luois XIV.)* Alors, plusieurs gouverneurs se succèdent : Le Chevalier de Flacourt remplace Le Rochelais Pronis brutal et autoritaire.

En 1896, Madagascar est intégrée à l’empire colonial français. La résistance anticoloniale se poursuit, conduite par une société secrète, la Vy, Vato, Sakelika (fer, pierre, ramification), qui est démantelée en 1916 mais demeure une référence dans la conscience nationale. Les Hautes Terres, favorisées par la douceur du climat, deviennent une colonie de peuplement, où s'établissent de nombreux colons français, tandis que Diégo-Suarez, dans le Nord, devient la plus importante base navale française de la région, protégeant la route de l’Indochine. En mai 1942, deux ans après la débâcle française face à l’armée allemande, les Britanniques, craignant que le Japon ne s’empare de Madagascar — alors aux mains du gouvernement de Vichy — envoie dans l’île un corps expéditionnaire. En 1943, ils remettent le contrôle de l’île au gouvernement de la France libre.

L'ADMINISTRATION COLONIALE

La loi du 6 août 1896 stipule : "Est déclarée colonie française l'île de Madagascar avec les îles qui en dépendent". La royauté est abolie le 28 février 1897. La Reine Ranavalona III est déposée puis exilée à Alger. Les débuts de la colonisation française sont marqués par un homme qui a jeté les bases d'une politique vigoureuse dont les fins sont principalement économiques.

Face aux différentes révoltes, la France envoie le premier gouverneur général, le général Galliéni, pour contrôler les Malgaches et pour faire régner la paix. Galliéni va mettre en place une administration militaire qui sera remplacée par une administration civile.

1/ Administration militaire : la pacification (1896 -1905)

La Pacification est la période pendant laquelle le général Galliéni rétablit la paix à Madagascar. Pour cela il utilise différentes méthodes :

  • Politique de la terre brûlée : pour obliger la population à se soumettre, on détruit leurs cultures et leurs villages.
  • Politique des races : il faut abattre la domination merina de l'époque ;
  • Politique « diviser pour mieux régner » : il faut séparer les Malgaches pour créer une confusion.
  • Politique de la tâche d'huile : pacifier d'abord le centre et seulement après les autres régions pour arriver à tout Madagascar.

Cette Pacification s'accompagne d'exécutions des chefs de mouvements de révolte pour terroriser la population. Les postes militaires ont été créés pour mieux contrôler la population.

2/ Administration civile

a - Organisation générale

Le Président de la république française est le premier responsable de l'administration coloniale. Il est suivi du ministre des colonies qui s'occupe de l'administration coloniale et désigne les gouverneurs généraux dans les colonies. Ces deux personnalités résident en France.

b - Organisation interne

Les fonctionnaires responsables de l'administration coloniale :

  • Le gouverneur général : il a tout les pouvoirs et publie les lois. Il est de nationalité française.
  • Le secrétaire général : il est responsable de l'administration civile et politique. Il est également français.
  • Le conseil de gouvernement : il est composé de 15 membres dont 13 français et de 2 malgaches. Ce Conseil s'occupe de la politique générale du pays.
  • Les représentants économiques et financiers formés de 50 membres (25 français, 25 malgaches) : ils s'occupent de l'élaboration des lois et de l'aménagement du territoire.

c - Division administrative

Madagascar est divisée en provinces, dirigées par un chef de province de nationalité française. Il exécute les ordres du gouverneur général.

Chaque province est divisée en districts dirigés par un chef de district de nationalité française. Il contrôle l'exécution des tâches et il conseille.

Chaque district comprend des cantons dirigés par un chef de canton de nationalité malgache. Il tient le registre et collecte les impôts. Dans son travail le chef de canton est aidé par le chef de village et le chef local traditionnel. Dans les cantons la population est organisée en fokonolona.

3/ Les rôles de l'administration coloniale

Elle représente directement la métropole. Elle assure l'application des lois et la bonne marche des services publics. Elle aide les colons à sauvegarder les intérêts de la France à Madagascar.

L'EXPLOITATION COLONIALE

Le principal objectif de la colonisation est l'exploitation économique de Madagascar. Pour réaliser ce but différentes mesures ont été prises par l'administration coloniale :

  • Le code de l'indigénat
  • Le pacte colonial
  • Les impôts et prestations

1/ Le code de l'indigénat

 C'est l'ensemble des règles à suivre qui place les indigènes sous la domination des colons. Le non-respect de ce code expose l'indigène à des punitions très sévères. Les mesures d'ordre social et politique ont été prises. La société coloniale a été divisée en deux classes. Le classe des dominants constituée par les colons :

  • les Français qui ont tous les pouvoirs administratifs et politiques ainsi que tous les moyens de production.
  • La classe des dominés constituée par les Malgaches. Cette classe est elle-même divisée en deux :
    • Les citoyens : les Malgaches privilégiés mais minoritaires qui obtiennent quelques avantages mais restent soumis aux Français.
    • Les indigènes : la masse populaire malgache soumise au code de l'indigénat. Ils sont comme des objets, des moyens de production français. Ils n'ont aucun droit politique et administratif. Ils doivent payer les impôts et faire des prestations (travaux forcés).

2/ Le pacte colonial et l'économie de traité

a- Le pacte colonial...

...est un système économique qui oblige chaque colonie à vendre et acheter qu'à sa métropole. Son objectif est de rendre l'économie de Madagascar dépendante de celle de la France. Il élimine la concurrence des autres pays et il fait de Madagascar une source de matières premières pour l'industrie française et un débouché pour vendre des produits manufacturés. Pour favoriser ce pacte des mesures ont été prises :

  • Les transports de produits entre Madagascar et la France se font par l'intermédiaire de grandes compagnies de navigation françaises Ex : CLM : Compagnie Lyonnaise de Madagascar CMM : Compagnie Marseillaise de Madagascar SICE : Société Industrielle Commerciale de l'Empire
  • Il est interdit de construire des usines à Madagascar pour ne pas concurrencer les usines de la métropole.
  • Les produits des autres pays sont taxés à la douane tandis que les produits français entrent librement.
  • Madagascar entre dans la zone franc pour faciliter les échanges commerciaux.
  • Un réseau bancaire a été créé pour financer les grandes compagnies commerciales ; Ex : la banque de Madagascar et le comptoir d'escompte

b- L'économie de traité

Pour développer l'économie de traité, la France remplace l'économie d'autosubsistance par l'économie de marché. C'est une politique des colonisateurs qui consiste à acheter les premières à bas prix et à revendre les produits finis à prix élevé. Pour assurer le bon fonctionnement de l'économie de traité, les Français adoptent une loi sur le régime foncier et deviennent propriétaires des terres des Malgaches. Ces derniers doivent alors travailler dans les plantations françaises.

3/ Les impôts et ses prestations

a- L'impôt

est une somme d'argent que l'on doit payer aux autorités. Pendant la colonisation l'impôt était une source d'argent pour l'administration coloniale. C'est aussi un moyen pour forcer les Malgaches à travailler dans les plantations françaises. L'impôt est un moyen pour éduquer et civiliser les malgaches par le travail. L'impôt permet le contrôle de la population. Les différents types d'impôt sont :

  • La capitation
  • L'impôt sur les biens
  • L'impôt ou taxe sur les marchés

b- Les prestations

ce sont des mesures qui obligent les indigènes à faire des travaux gratuits pour l'administration coloniale dans le but de :

- Solutionner les problèmes de main d'œuvre

- Multiplier le nombre de produits d'exportation Ex : tout homme malgache de 16 à 60 ans doit faire des travaux obligatoires de 10, 30 et 50 jours dans l'année. Durant cette période les hommes malgaches ont construit des routes, des chemins de fer, des tunnels, des ponts, des écoles, des hôpitaux...

Le but des prestations était aussi de lutter contre le brigandage et le vagabondage. C'était aussi un moyen de répression contre les mouvements de contestation. En 1901 les prestations sont supprimées par Gallieni et en 1926 l'administration coloniale met en place le SMOTIG (Service de la Main d'Oeuvre pour les Travaux d'Intérêt Général). C'est un service militaire obligatoire pour tous les jeunes pendant 3 ans.

4/ Le bilan de l'économie malgache sous la colonisation

La colonisation a eu des aspects négatifs et des aspects positifs.

a- Les aspects négatifs

La France n'a pas cherché à développer Madagascar. Son principal objectif était de piller nos richesses :

  • Madagascar était devenu un fournisseur de matière première.
  • Madagascar était aussi devenu un marché exclusivement français.
  • Vol des terres des Malgaches.
  • Déséquilibres régionaux : seules les régions riches sont développées.

b- Les aspects positifs

  • Unification de Madagascar sous une seule autorité.
  • Développement des transports (routes, chemins de fer...).
  • Développement de l'équipement (hôpitaux, bâtiments administratifs).
  • Développement du commerce extérieur (économie de marché).
  • Utilisation de nouvelles techniques (utilisation d'engrais chimiques, machine).

Les colonisateurs français de Madagascar

Général Joseph Simon Galliéni, 1886-1905 

Charles Louis Lepreux, 1905-1906

Victor Augagneur, 1906-1909

Hubert Auguste Garbit, 1909-1910

Henri François Charles, 1910-1910

Albert Jean Georges Marie Louis Picquie, 1910-1914

Hubert Auguste Garbit,1914-1917

Henri Martial Merlin, 1917-1918

Abraham Schrameck, 1918-1919

Marie Casimir Joseph Guyon, 1919-1920

Hubert Auguste Garbit,1920-1923

Auguste Charles Désiré Emmanuel Brunet, 1923-1924

Marcel Achille Olivier, 1924-1929

Hugues Jean Berthier, 1929-1930

Léon Henri Charles Cayala, 1930-1939

Léon Maurice Valentin Reallon, 04/1936-06/1936

Jules Marcel de Coppet, 1939-1940

Armand Léon Annet, 1941-1942

V. Bech, 1942-1943

Paul Louis Victor Marie Legentilhomme, 1943-1943

Pierre de Saint-Marche, 1943-1946

Robert  Boudry, 03/1946-05/1946

Jules Marcel de Coppet, 1946-1948

Pierre de Chevigné, 1948-1949

Robert bargues, 1949-1954

Andre Soucadaux, 1954-1968

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