Etienne de Flacourt

wikipedia.jpgdada.jpg

chef de colonie à Madagascar

Banniere flacourt copie

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Biographie

      Etienne de Flacourt, né en 1607 à Orléans, baptisé le 21 février à Sainte-Cathérine d'Orléan, est nommé « commandant de Madagascar » en 1648 par la Compagnie de l'Orient, dont il est par ailleurs actionnaire. Ce titre prétentieux cache une pénible réalité : la France s'agrippe depuis 1642 à une minuscule enclave moribonde (Fort Dauphin) en terres madécasses. de Flacourt y arrive le 15 décembre 1648 pour remplacer Jacques de Pronis. Il y restera jusqu'au 12 février 1655, oublié du reste du monde et dans le plus grand dénuement. Rentré en France pour y exiger des explications, il quitte Dieppe le 20 mai 1660 pour Madagascar avec 200 personnes à bord de La Vierge. Il n'arrivera pas vivant. Attaqué par trois corsaires turcs au large de Lisbonne, le vaisseau explose. Il n'y eut que 17 survivants emmenés d'ailleurs en captivité à Alger. de Flacourt ne s'y trouvait pas  Tantôt naturaliste et tantôt géographe, il a beaucoup écrit sur Madagascar. On lui doit Le Petit Catéchisme madécasse-français (1657), un Dictionnaire de la langue de Madagascar (1658) et cette Histoire de la Grande Isle Madagascar (1658).

Sa famille

    Etienne nacquit en Orléans en 1607. Il est le sixième enfant né du mariage entre Étienne de Flacourt, marchand bourgeois d'Orléans, et Élisabeth de Loynes.Sa mère était veuve en premières noces de Claude de Beausse. Elle avait eu de son premier mariage un fils Pierre de Beausse qui deviendra lui-même gouverneur de Madagascar.

    Marie de Flacourt, sa sœur aînée a épousé Jean Corneille, également marchand à Orléans. Celui-ci est le frère du peintre Michel Corneille (1603-1664) qui réalisera le portrait connu d’Étienne de Flacourt. Étienne fait de solides études qui lui permettent de s'établir apothicaire à Paris en 1635. En 1641, il épouse à Orléans, Marguerite Rousseau dont une sœur Claude avait épousé en 1634, Guillaume de Flacourt, frère cadet d’Étienne. Le mariage de 1641 ne laisse aucune descendance au couple et est même un échec qui peut avoir motivé Étienne de Flacourt à quitter Paris.

    A la mort de son père, Flacourt est âgé de 24 ans. C'est un homme cultivé. Il a appris les langues mortes, le latin et le grec, au collège de l'Université d'Orléans. Certes, comme Malotet, le fait justement remarquer, il ignorait, comme les écoliers de son temps, l'histoire, la géographie et la plupart des sciences. Mais, à la lecture de son oeuvre, on s'aperçoit qu'il consacra du temps à se renseigner sur les ouvrages des géographe de son époque, en particulier Linschoten qu'il mentionne mais aussi Pyrard de Laval.

    Les registres de la paroisse de Sainte Cathérine d'Orléans font apparaître à la date du 11 février 1641 le mariage "d'honorable homme Etienne de Flacourt et de dame Margueritte Rousseau à la présence de leurs parans et amys". Suivent les signature d'Etienne de Flacourt, de Margueritte Rousseau, de Julian de Flacourt, Guillaume de Flacourt, Margueritte Marchant, J Boytet, et d'autres illisibles. Il est probable que Julian (Jullien) et Guillaume étaient ses frères de même père et de même mère.

    A la même paroisse et sur le même registre, à la date du 24 juillet 1634, figure le mariage de Guillaume de Flacourt et de Claude Rousseau mariage auquel avaient assisté J. de Loynes, Julian de Flacourt, Rousseau (sans prénom), et quelques autres personnes dont les signatures illidibles seraient à réétudier.

    L'assertion qui voulait que les deux demi-frères, Pierre de Beausse et Etienne de Flacourt, aient épousé deux filles de Loynes tombe donc. Mais, il subsiste un petit fond de verité à cette affirmation dans le fait que ce sont bien deux frères qui ont épousé probablement deux soeurs (sauf s'il s'agit de deux cousines germaines du côté paternel, qui justifierait le fait qu'elle aient porté le même nom).

    Il est quasiment certain qu'Etienne de Flacourt épousa la soeur (ou la parente) de sa belle soeur sept ans après que son frère Guillaume eut convolé en juste noce. Il était alors âgé de 34 ans et il ne savait pas qu'il allait quitter son épouse sept années plus tard pour l'Îsle Madagascar.Pourquoi son épouse ne le suivit-elle pas alors ? La réponse tient dans le fait qu'aucune femme ne participa au voyage. Son projet était peut-être de la faire venir une fois la colonie bien installée. C'était d'ailleurs probablement l'avis dominant comme ce fut le projet pour tous les settlements.

 

 

En effet, en 1642, Richelieu crée la première la Compagnie des Indes orientales. Parmi les associés figurent le capitaine Rigault, Étienne Fouquet, et deux parents d’Étienne : son oncle, Julius de Loynes, secrétaire général de la marine, et son demi-frère, Pierre de Beausse intéressé pour 3/24e.

La compagnie décide de relever Pronis gouverneur de l'établissement de Fort-Dauphin, et de le remplacer par Étienne de Flacourt.

C'est durant son séjour à Madagascar, oublié par la France, en guerre civile, que se situe l'épisode malheureux de sa vie. Sa femme donne naissance à deux enfants dont Étienne n'a aucune connaissance, faute de nouvelles échangées entre Paris et Fort-Dauphin. Il n'apprend leur existence qu'à son retour en France. Un procès est intenté contre sa femme qui réplique par un procès en impuissance du mari. Pour y échapper, il laisse à son frère, Charles de Flacourt, le soin de régler par une transaction avec Marguerite Rousseau, pour éteindre cette pénible affaire. Il décide alors de repartir mais il périt en mer.

Arrivée à Madagascar

    Parti de La Rochelle à bord du Saint-Laurent, un vaisseau effectuant son troisième voyage vers Madagascar dont le capitaine est Roger Le Bourg, il arrive au Fort-Dauphin le 3 décembre 1648 pour y exercer les fonctions de chef de la colonie. Quelques mois plus tôt, celle-ci lui a été décrite par Le Bourg comme étant en désordre. Il prend donc la place de Jacques de Pronis, prédécesseur contre lequel il reçoit vingt-huit plaintes alors même qu'il n'a pas encore débarqué. Hébergé chez ce dernier même, il mène une enquête à son sujet pendant plus d'une année et doit finalement l'inviter à rentrer en France en février 1650.

Ayant appris l'exil imposé par cet homme à douze mutins en 1646, il a auparavant l'occasion de l'envoyer avec Le Bourg les chercher là où il les a relégués, sur une île que l'on appelle alors Mascareigne. Le Saint-Laurent n'ayant pu toucher terre à cause de vents contraires, une barque est mise à l'eau pour aller les récupérer et les retrouve en parfaite santé, contre toute attente. Elle arrive à Fort-Dauphin deux jours après le navire le 7 septembre 1649. L'état de santé des passagers impressionne le nouveau gouverneur, resté à Madagascar, et l'incite à envisager la colonisation pure et simple de cette terre qui est aujourd'hui La Réunion et qu'il mandate Le Bourg pour qu'il la renomme « île Bourbon ».

M. de Flacourt, qui fut envoyé pour rétablir les affaires de la société, si gravement compromises, dit dans un de ses rapports « qu’il a trouvé les approvisionnemens gaspillés par les chefs de l’entreprise, et que les malheureux Français étaient le plus souvent, tantôt sans riz et ne mangeant que de la viande, tantôt sans viande et ne mangeant que du riz. »

Celui-ci procède à ce baptême en novembre 1649 dans le cadre d'un voyage très éprouvant pour l'équipage malade. On pense alors qu'il s'agit de la seconde prise de possession de l'île par la France après celle d'Alonse Goubert dix ans plus tôt. Les historiens estiment aujourd'hui qu'il pourrait s'agir de la troisième.

Gouvernement

Le Saint-Laurent rentré au pays Pronis à son bord, les prêtres débarqués à Fort-Dauphin en même temps que lui achevés par la maladie, Étienne de Flacourt se retrouve seul à la tête de la colonie au milieu de l'année 1650. L'oisiveté qui s'y développe rapidement se transforme en une gigantesque révolte d'insurgés appuyés par des guerriers de la région impliquant peut-être 10 000 personnes, selon le chevalier lui-même. Pour la première fois dans l'histoire de la colonie, il demande que l'on fasse usage des canons et ceux-ci ont effectivement raison de la foule armée de flèches.

Sans nouvelles du Saint-Laurent, le temps commençant à se faire long, Flacourt fait entreprendre la construction d'un chantier naval et s'embarque par ailleurs dans une expédition à la recherche de nourriture jusqu'à l'île Sainte-Marie. Celle-ci voit la mort de nombreux membres de l'équipage, emportés par la maladie, mais le petit vaisseau commandé est fini dès le 10 septembre 1652. Flacourt prend en décembre de l'année suivante la décision de quitter Madagascar et de regagner l'Europe à son bord.

Pressentant une nouvelle révolte à l'annonce de son départ, il fait convoquer le chef des insurgés en personne et lui fait part dans le plus grand secret de son projet de retour au pays, probablement pour lui faire espérer sagement le poste de chef de la colonie à sa suite. Puis, prétextant un voyage jusqu'à Manghabé seulement, Flacourt met les voiles à bord de son nouveau Sainte-Marie le 27 décembre 1653. Mais les voies d'eau se révèlent bien vite très importantes et le navire de fortune doit rentrer dans la colonie après avoir abandonné l'idée d'une escale technique à l'« Isle de France » (actuelle île Maurice).

Marovoule, le Malgache autrefois insurgé et désormais gouverneur, se sent trahi par le retour de Flacourt. Lorsque celui-ci annonce l'envoi d'hommes au Mozambique dans le cadre d'une nouvelle expédition, il exige que ce soit le Chevalier qui y prenne part, mais celui-ci parvient à s'y soustraire. Il est dès lors l'objet de pétitions négatives et de vols qui l'incitent à faire arrêter Marovoule le 13 avril 1654, ce qui lui vaut d'échapper à une tentative d'assassinat sur sa personne programmée par ce dernier pour le surlendemain. L'arrestation de son opposant permet par ailleurs à Flacourt d'asseoir enfin son autorité.

Départ de Madagascar

    Les navires français le Saint-Georges et l'Ours abordent à 80 kilomètres de la colonie. Pensant y trouver un moyen de rentrer en France, Étienne de Flacourt interpelle les commandants pour mieux découvrir que celui du second vaisseau n'est autre que Jacques Pronis revenu dans la Grande Île, où il avait laissé un enfant. Le commandant du premier l'invite quant à lui durant le mois d'août à se mettre à son service dans une autre colonie après lui avoir annoncé qu'aucune relève n'avait été prévue pour lui par sa Compagnie, dont la direction a changé.

    Outré par les changements survenus, Étienne de Flacourt n'en parvient pas moins à obtenir de Pronis l'exil de Marovoule accompagné de quelques Français volontaires à Bourbon par le biais de l'Ours. Le navire y arrive le 22 septembre 1654 et ses passagers y débarquent près de l'étang de Saint-Paul, sur la côte Ouest de l'île. À son retour à Madagascar, Pronis accepte par ailleurs de laisser à Flacourt son navire chargé de marchandises précieuses pour rentrer en France chercher de l'aide. Il s'agirait peut-être d'une récompense pour son enquête sur lui sagement menée à son arrivée dans la colonie.

   La Chevalier Etienne de Flacourt quitte Fort-Dauphin le 12 février 1655 et arrive en France rapidement, au debut du mois de juin. Peu après son retour en France , il rencontre Maravoule à Nantes dans les couloirs de la compagnie . Ce dernier lui append que le gouverneur Jacques de Pronis est décédé de maladie  après son départ. 

    À son retour en France, il rencontra Monsieur Vincent, le futur saint Vincent de Paul, auquel il présenta les écrits des Révérants Pères Lazaristes qui n’avaient pas résisté aux fièvres mais avaient eu le temps de rédiger le Catéchisme et le Dictionnaire. Il avait probablement participé à leur réalisation (et la signa) même si les bons Pères en avaient été les principaux auteurs.

Affaires en France

    Étienne de Flacourt est rapidement confronté à de nombreuses tracasseries administratives, notamment de la part des marins du Saint-Laurent revenus en 1650 et qui attendent toujours leur solde. de Flacourt honore la dette en liquidant le fret de l'Ours. Flacourt est par ailleurs attaqué en justice à trois reprises par des gens de la Compagnie dont il tente pourtant de défendre le monopole contre les velléités de certains membres d'armer des navires concurrents.

Flacourt titre

    Le Chevalier se venge alors en écrivant, 1ère édition en 1658, 2ème édition en 1661, ses admirables relation et son "Histoire de la Grande Îsle de Madagascar", pour rallier des personnages haut placés à la cause de l'île abandonnée et en faveur de son projet de faire armer pour cette destination de nouveaux navires par la Compagnie. Il publie aussi pour que l'expédition qu'il monte comprenne des prêtres, un catéchisme en langue malgache, une langue que personne ne sait lire, mais qui remporte un franc succès. L'ouvrage de Flacourt connut deux éditions au XVIIe siècle, l'une de son vivant (1658), l'autre (1661) peu de temps après sa mort en mer alors qu'il retournait à Madagascar. Un exemplaire de chacune des deux éditions se trouve aux Archives Départementales de la Réunion.

    Il fit également imprimer un Catéchisme et un Dictionnaire de la langue malgache, ouvrages probablement réalisés pour la majeure partie par les Pères lazaristes qui l'avaient accompagné.

 

    Peu de temps avant son retour dans la colonie, il croise Marovoule, qu'il pensait à Bourbon, dans les couloirs de la Compagnie, à Nantes. Malgré leur opposition passée, ils parviennent à converser et Marovoule apprend à Flacourt la rapide mort par maladie du gouverneur de Pronis après son départ, à l'âge de 35 ans. le Chevalier Etienne de Flacourt s'embarque tout de même pour l'océan Indien à bord de la Vierge le 20 mai 1660 à Dieppe.

Bateau

    Son bateau est attaqué au large de Lisbonne par trois pirates barbaresques qui le pillent puis le font sauter. C'est ainsi qu'il meurt le 10 juin 1660.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : vendredi, 06 Février 2015

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×