Jules Marcel de Coppet

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Il passe une licence de droit et est diplômé en malgache

Banniere de coppet copie

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Jules Marcel de Coppet (1881-1968) est un administrateur colonial français. C'est également un acteur de la vie intellectuelle et littéraire de son temps, proche d'André Gide et surtout de Roger Martin du Gard dont il épouse la fille.

Biographie

Marcel de Coppet est issu d'un milieu protestant. Il passe une licence de droit et est diplômé en malgache de l'École des langues orientales. Franc-maçon, il appartient à la Grande Loge de France1.

Il épouse Christiane Martin du Gard avec laquelle il a deux enfants, Daniel2 (1933-2002, anthropologue, directeur d'études à l'EHESS) et Anne-Véronique.

Carrière coloniale

Il commence sa carrière coloniale en 1908 à Madagascar, où il est attaché au cabinet du gouverneur, puis au Sénégal en 1910. Nommé administrateur en 1917, il est envoyé en Guinée. Il devient administrateur en chef en 1923, et chef du cabinet du gouverneur du Tchad de 1926-1928. C'est à ce poste qu'il reçoit André Gide, qui publiera ensuite Voyage au Congo et Le Retour du Tchad.

Gouverneur par intérim du Tchad à partir de 1928, il est titularisé en 1932. Il est gouverneur du Dahomey (actuel Bénin) de 1933 à 1934. Gouverneur de la Côte française des Somalis, d'août 1934 à juin 1935, il est rappelé en France après la mort de l'élève-administrateur Albert Bernard et pour avoir proposé de transférer des territoires à l'Italie sans attendre la ratification de l'accord « Laval-Mussolini ». En novembre 1935, il est nommé lieutenant-gouverneur de Mauritanie.

Ses amitiés socialistes 3 lui permettent de devenir gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF) le 27 septembre 1936. Il est remplacé le 14 juillet 1938 à la fin du gouvernement du Front populaire. À son départ, Léon Geismar fait fonction pendant quelques mois, avant l'arrivée de Pierre Boisson.

Il est gouverneur de Madagascar de juin 1939 à l'été 1940, au début duquel il est limogé par le régime de Vichy pour avoir tenté de maintenir la Grande Île dans la guerre au côté des Britanniques, et révoqué le 25 novembre 1940. Il est remplacé par Léon Cayla4.

Réintégré dans l'administration coloniale en septembre 1944, nommé au Conseil d'État en décembre 1945, il devient haut-commissaire à Madagascar en mars 1946, où il assiste au début de l'insurrection et organise sa répression jusqu'en décembre 1947.

Il dirige les parties consacrées à Madagascar d'une encyclopédie publiée en 1947. Il est président du conseil d'administration de la Banque de l'AOF en 1948.

Un homme d’ordre et de discipline dans l’île

    Dès son arrivée à Madagascar le 15 juin 1939, le gouverneur  général de Coppet annonce la couleur: défense nationale pour les  Français, travail pour les Mal­gaches afin de « préserver la liberté ».  À cette époque, Antana­narivo au fait des évènements mondiaux, attend  cette arrivée avec impatience. 30 000 personnes à majorité malgache, véritable marée humaine, sont mobilisées pour  accueillir ce « raiamandreny » puisque « ce serait commettre un sacrilège que de manquer aux devoirs  qui  s’imposent envers lui, et même la seule indifférence à son égard n’est  pas admise par la tradition »  (chroniqueur de la Revue de Madagas­car,  juillet 1939). Et d’après notre reporter, l’impatience et la joie se  lisent sur tous les visages- et sans doute aussi la curiosité- de voir  de Coppet qui est « l’objet d’indescriptibles ovations ». Gouverneur  général qui est « très visiblement ému par l’enthousiasme de cette foule  délirante qui l’acclame frénétiquement et à laquelle il ne cesse de  répondre majestueusement ». À noter cependant que tous les nouveaux  chefs de la Colonie sont ainsi accueillis dans la capitale !C’est à la Résidence au cours d’une réception qui suit cet accueil  populaire « délirant » qu’il présente ce qu’il appelle ses deux  programmes à courte et longue échéances. « Bien qu’un gouverneur, simple  agent d’exécution, n’ait d’autre politique que celle du gouvernement  qu’il représente, j’ai en vue deux programmes, deux plans d’action ».Le premier se résume en deux mots: défense nationale. «  Dans les circonstances si graves que traverse le monde en présence des  convoitises dont notre empire colonial est l’objet, tout Français qu’il  soit en France ou d’Outremer, a pour premier devoir de défendre son pays  ». Plus précisément, le sol où il est né, celui qu’il met en valeur  pour défendre ses biens qu’il a conquis par son travail. « Par dessus  tout, il doit défendre sa liberté car il n’échappe à personne  aujourd’hui qu’une défaite serait pour nous l’esclavage ».Dans ce  programme, de Coppet prévoit la mise en place d’une armée coloniale,  souci « cardinal » de ceux qui détiennent le moindre pouvoir. De leur  côté, les habitants doivent concourir à cette défense par son travail.  Car travailler c’est produire davantage. L’autre programme « de  réalisation plus lointaine (…) en toute vérité je vous avouerai que je  n’en sais rien ».De Coppet a déjà passé trois ans à Antananarivo, trente  ans plus tôt. « Trente ans de fécond labeur pour les Français en faveur  de la Grande île, dont les manifestations actuelles si diverses m’ont  émer­veillé », précise-t-il. Il faut reconnaître que ces trois années  passées à Madagascar dans sa jeunesse l’ont incité à suivre l’évolution  du pays à travers les livres, la réglementation, les expositions, les  photographies et même les films. « Mais rien ne remplace l’expérience  directe, le contact avec la terre, l’atmosphère, la vie d’un pays… ». Et  ce, pour apprendre à nouveau le pays, pour tout voir, tout entendre  afin de dresser ce programme à long terme comme tout bon gouverneur qui  se respecte. Et encore, il compte dresser ce plan d’actions avec la  collaboration des « divers peuples » qui composent la Grande île car «  il doit s’efforcer de réaliser l’harmonie entre ces éléments  ».Cependant, il avertit qu’il prendra toute décision que lui dicteront  les circonstances et l’intérêt général du pays. Fort de ses trente-cinq  ans d’expérience coloniale, notamment en Afrique où il a rempli toutes  les fonctions que l’on peut confier à un administrateur du plus bas au  plus haut de l’échelle, il se déclare « homme de métier». Et surtout «  homme d’ordre et de discipline ». Il lance alors un avertissement sévère  à l’encontre de « ceux qui seraient tentés de troubler cet ordre,  d’enfreindre cette discipline à la loi, aux règlements ».Et d’expliquer  sa conception de la discipline: « Sans la discipline, il n’y a ni  liberté, ni progrès possible, ni pour un homme, ni pour un pays.  Quiconque enfreindrait cette discipline sociale nécessaire, serait  étonné de la rapidité et de la rigueur des décisions que je ne  manquerais pas de prendre à son égard ». Pour terminer, il indique la  signification qu’il donne à la « formule touchante » de « raiamandreny  ». « Il veut dire d’une part, fermeté et de l’autre, bienveillance, et  je m’efforcerai de l’appliquer ainsi ».

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Date de dernière mise à jour : vendredi, 06 Février 2015

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