V.V.S.

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un mouvement nationaliste organisé et secret

Poing rayon copie 2

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina@yahoo.fr)

À Madagascar, après le mouvement des Menalamba de 1897, un autre mouvement de résistance était apparu en 1915 à partir de Tananarive, la Vy Vato Sakelika (VVS – Fer, Pierre, Ramification)

Mouvement V.V.S

Ce mouvement débute le 9 mars 1913. C'était un mouvement nationaliste organisé et secret.

a- Origine

Les membres du V.V.S ne supportent pas les inégalités et les injustices qui règnent à Madagascar ;

b- Les membres

  • Tous étaient des intellectuels
  • Des étudiants de l'école de médecine (Ravohangy ; Robin...)
  • Des poètes (Ny Havana Ramanatoanina)
  • Des journalistes (Ratsimiseta ; Andrianjafitsimo...)
  • Des hommes d'église (le pasteur Ravelojaonina et le prêtre Venance Manifatra)

c- Objectifs

  • Lutter pour la liberté et la justice
  • Renforcer la solidarité et la fraternité des Malgaches
  • Renforcer le nationalisme des Malgaches

d- Manifestation

Les membres du V.V.S n'utilisent pas la violence. C'était une lutte pacifique. Il conscientise la population à l'aide de messages secrets dans les journaux et dans les tracts.

e- Les conséquences

L'organisation fut vite découverte par l'administration coloniale en 1915. Les membres ont été sévèrement punis. Ils ont été condamnés aux travaux forcés, certains ont été exilés. L'école de médecine est fermée. Ce mouvement fut également un échec.

Une association dite culturel des jeunes

Vy, Vato, sakelika (littéralement "Fer, Pierre, Ramification"). Dénomination d'une association dite culturelle de jeunes gens malgaches, composée surtout d'étudiants en médecine, qui s'est formée vers 1912 autour d'un pasteur français. Illégale, parce que toute association autochtone était alors interdite par l'Administration, la VVS, qui passait pour une association secrète, fut accusée, en 1915, de fomenter un complot contre la France et, particulièrement, d'avoir organisé l'empoisonnement général, pour la date du 31 décembre 1916 à 21h de tous les puits d'eau potable des Français de la capitale. 41 jeunes gens comparurent devant le tribunal indigène, parmi lesquels figuraient, à côté d'un certain nombre d'étudiants en médecine (dont les futurs hommes politiques Ravoahangy et Raseta), un Prêtre (le F. Venance Manifatra), deux Frères des Ecoles Chrétiennes (les CC. FF. Raphael et Julien), des pasteurs et des écrivains (tels que le Pasteur Ravelojaona, le poète Ny Avana Ramanantoanina). Quelques uns furent acquittés, mais la plupart se virent infliger des peines diverses de travaux forcés aux termes d'une loi du code malgache (donc antérieure à l'occupation française) prévoyant des peines excessives pour des simples intentions ou pour des délits d'opinion. Tous les condamnés de la VVS furent, d'ailleurs, amnistiés quelques années plus tard.

Les hommes d'Eglise

 

     Les hommes d’Eglise jouent un rôle important dans la décision d’un groupe de jeunes gens de la capitale de former l’organisation secrète nationaliste Vy Vato Sakelika (V.V.S.). Parlant des Pasteurs Rabary et Ravelojaona d’une part, du Père Venance Manifatra et du Frère Raphaël Rafiringa d’autre part, l’un des membres de cette société écrit : « Ils nous expliquaient dans notre langue comment être des hommes et des chrétiens ». Sans s’attarder sur l’histoire de la V.V.S., il importe de rappeler quelques faits utiles pour notre propos. Tous les membres de l’association sont des chrétiens ; ainsi, le franc-maçon Jules Ranaivo n*a pu en faire parti. Le rite de consécration qui se déroule au zorofirarazana se place sous le signe du christianisme et des traditions. Tout nouvel affilié prête serment devant Dieu et les ancêtres d’aimer sa patrie, symbolisé par un peu de terre prélevée sur un site sacré. Le christianisme est bien considéré comme un élément constitutif de l’identité malgache. De plus, lorsque l’administration se décide à démanteler l’organisation, elle procède aux premières arrestations la veille de Noël 1915. Privant certaines paroisses d’Antananarivo de leurs pasteurs un jour de fête, le pouvoir conforte les Malgaches dans l’idée que celui-ci leur reproche leur fidélité à une religion soupçonnée d’entretenir l’esprit d’indépendance. Les affiliés de V.V.S. frappés d’exil emportent Bible et cantique à l’île de Nosy Lava ; les missionnaires font parvenir aux prisonniers des brochures édifiantes. Analysant la répression qui frappe leur pays, ces membres de la société secrète y voient le signe du courroux divin car les Malgaches ont laissé de multiples vices, dont le franc-maçonnerie, envahir Antananarivo, la ville des martyrs. Cependant, comme pour le Juifs de l’Ancien Testament, le secours leur viendra de l’Eternel.

     Elle avait pris la forme d’une société secrète initiée par un groupe d’intellectuels malgaches catholiques et protestants (prêtres, pasteurs, instituteurs, journalistes, étudiants en médecine) [3]  Du côté catholique le frère Raphaël Rafiringa, des... [3] dont le penseur principal est le pasteur Ravelojaona, prédicateur en vue au temple de l’aristocratie malgache d’Ambohitantely de Tananarive, grand espoir des Églises protestantes. Inspirés du modèle japonais « parce que les Japonais se sont servi des Européens pour acquérir une technologie moderne et les ont remplacés ultérieurement [4]  Ibidem, p. 168-169. [4]  », les leaders de la VVS subirent aussitôt une violente répression. Parmi eux se trouvait Joseph Ravoahangy alors étudiant en médecine, protestant luthérien disciple de Ravelojaona et qui allait devenir une figure du nationalisme malgache puisqu’il sera l’un des co-accusés ayant fomenté la révolte de 1947, et sera condamné à mort puis gracié après être resté longtemps emprisonné. Ce mouvement nationaliste se développa ensuite vers la fin des années vingt sous l’impulsion de Joseph Ravoahangy et de Jean Ralaimongo, tous deux fondateurs de la Ligue malgache pour l’accession des indigènes de Madagascar à la citoyenneté française. Ils réclamaient la transformation de l’île en département et dénonçaient les expropriations et certains abus de la colonisation comme les agissements du Service de la Main-d’œuvre d’Intérêt Général qui fournissait à l’administration et aux colons une main-d’œuvre indigène servile et sous-payée. Malgré ces mesures vexatoires de l’administration coloniale, les méthodes du mouvement nationaliste restaient légalistes, et se distinguaient en général du Parti communiste qui, en 1936, avait fondé une section à Madagascar.

     Au début de la seconde guerre mondiale, la mobilisation eut lieu à Madagascar, mais faute de pouvoir être embarquées les recrues qui avaient contribué à vider les campagnes étaient venues grossir les villes. Le gouverneur Armand Annet (1941-1946), décida d’obéir au régime de Vichy. En 1942, Madagascar était envahie par les troupes britanniques, ce qui acheva de miner le prestige de la France aux yeux des Malgaches, même si le pouvoir était remis aux représentants de la France libre. Le déséquilibre démographique dû à la mobilisation conduisit l’administration à créer l’Office du Riz censé assurer l’alimentation des villes à des prix abordables. Mais tant la réquisition des récoltes que les bas prix payés ameutèrent la paysannerie. Parallèlement à ce problème qui cristallisait le mécontentement, une augmentation des prix des produits manufacturés de première nécessité, l’instauration des corvées dans les plantations de caoutchouc, et le recueil des fonds pour l’effort de guerre, créèrent un climat pré-insurrectionnel.

     À partir de 1946, avec l’avènement de la Quatrième république et la création de l’Union Française, le combat pour la restauration de l’indépendance est mené par le MDRM (Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache) créé le 22 février. Il est dirigé par Joseph Raseta, protestant congrégationaliste compagnon d’études de Joseph Ravoahangy, et Jacques Rabemananjara, fonctionnaire, homme de lettres, catholique ancien séminariste. Ravoahangy et Raseta avaient été les premiers députés malgaches élus l’Assemblée constituante française le 18 novembre 1945, Ravoahangy ayant battu Ravelojaona considéré alors comme le représentant du vieux parti hova, anti-français, le Parti démocrate malgache (PDM).   L’optique indépendantiste des leaders du MDRM est claire, mais leur stratégie l’était tout autant : ils entendaient agir dans la légalité. Lors d’une conférence tenue au théâtre municipal de Tananarive le 5 octobre 1945, quelques semaines avant son élection à la députation française, Ravoahangy déclarait notamment :  « La France, en tant que signataire de la Charte des Nations Unies a accepté, avec les autres nations, de mener vers l’indépendance les peuples coloniaux qui sont incapables de se gouverner eux-mêmes et de la donner immédiatement à ceux qui en sont capables.  Elle s’est donc engagée à nous rendre, tôt ou tard, notre indépendance. Il est temps de la réclamer[…]nous ferons partie des Nations Unies, et nous continuerons à collaborer avec la France mais dans un cadre supérieur. Ce ne sera plus la relation de maître à esclave, mais une relation de frères. Notre amitié n’en sera que plus grande. Rappelez-vous que vouloir son indépendance ne veut pas dire être antifrançais  

 

 

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