CIVILISATION ISLAMIQUE

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s'identifie à la civilisation arabe de la période dite arabe classique

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com)

La civilisation islamique ou monde musulman désigne la zone géographique couverte par l'expansion musulmane[réf. nécessaire] au gré de chaque époque. La civilisation islamique s'identifie à la civilisation arabe de la période dite arabe classique ; les deux notions sont en effet identiques jusqu'à la chute du Califat de Bagdad le 10 février 1258[réf. nécessaire]. Ensuite elle ne coïncide plus totalement à l'ensemble des musulmans à travers le monde. Elle se développe et se concentre dans des pays dont les régimes politiques appliquent, ou dont les sociétés sont fortement influencées par, les lois islamiques (charia)[réf. nécessaire].

Cet article traite des aspects de cette civilisation à différentes périodes, indépendamment de la religion islamique.

Historique

 
L'âge d'or de dar al-Islam est lié à son rayonnement culturel dans le domaine des sciences et techniques, ainsi qu'en médecine et en chirurgie à la suite des activités militaires.

La religion musulmane naît en Arabie en 610 au moment où Mahomet présente ses révélations. En une centaine d’années, elle se diffuse à une importante partie du bassin méditerranéen par les conquêtes arabes. Après la chute de la dynastie des Omeyyades (750), le monde musulman se morcelle en plusieurs entités politiques (califats, émirats, sultanats) souvent rivales.

Au XIe siècle, l’irruption des ottomans venus d’Asie centrale bouleverse la géographie [réf. nécessaire] du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord et provoque les croisades. L’Empire ottoman durera de 1299 à 19221 avec trois dates marquantes : prise de Constantinople en 1453, siège de Vienne en 1529, bataille de Lépante en 1571. Les ottomans aspiraient au titre de calife dès 1517 et de nouveau en 1774; dès lors le sultan ottoman serait le porteur officiel du califat jusqu'à l'abdication du dernier d'eux, Abdülmecid II, en 1924.

Expansion géographique

Article détaillé : Expansion de l'islam.

L'islam –dans un contexte de relatif déclin des empires voisins (byzantin et Empire perse)– se propage en Afrique du Nord (peuplée de longue date par les Berbères) ; dans la péninsule ibérique (dirigée alors par des peuples germaniques) ; elle s'implante également en Asie occidentale ; elle conquiert la Perse (sassanides) et grignote peu à peu, puis fera plus tard disparaître, l'Empire Byzantin. Certaines de ces régions, diverses par leur peuplement, connaissaient l’esclavage et la traite des esclaves depuis l'Antiquité et les conserveront.

La culture arabo-musulmane, aux fondements sont religieux et urbains2; l'usage de l’arabe et du dinar3 dans les transactions commerciales, ainsi que la référence à un code de valeurs commun, facilite les échanges, comme le font les pèlerinages à La Mecque.

Un demi-siècle d'expansion arabe

L'islam conquérant fut tout d'abord le fait d'un rassemblement de nombreuses tribus arabes dans la péninsule arabique et le lien entre elles, l'unité de la communauté, fut au moins aussi fort que le lien nouveau de l'islam. Ils n'ont pas cherché à convertir les populations conquises. « Vous êtes la communauté la meilleure qui ait surgi parmi les hommes ; vous commandez le bien, vous interdisez le mal, vous croyez en Dieu » (Coran, III, 110). Toutefois, leur mode d'administration (par exemple : mesures restrictives prises à l’égard des dhimmî, réforme fiscale en faveur des mawâli) fera que nombreux seront les nouveaux convertis à cette religion. Les non-Arabes convertis qualifiés de mawâli doivent s'affilier à une tribu arabe par un lien de dépendance morale (al wala)4.

Durant le califat d'Abu Bakr, le premier calife, l'islam commence immédiatement ses conquêtes territoriales hors de la péninsule arabique - après avoir assuré l'ordre et l'union des tribus (bataille d'Akraba) - par des razzias en Mésopotamie au cœur de l'empire sassanide et en Syrie-Palestine (sauf Jerusalem et Césarée) alors sous le règne de Byzance, en 633 et 634. "Déjà à cette époque, les richesses affluent et un empire se dessine"5.

Umar (ou Omar) ibn al-Khattâb, Umar Ier, qui lui succède, est resté, dans la tradition musulmane, un homme ardent, saint et sage qui s'entourera de généraux compétents. La tradition également en fera le premier à organiser une administration rudimentaire des contrées conquises et à prendre des mesures concernant la monnaie et les impôts6. Les musulmans qui le suivent sont des bédouins, des marchands, des artisans, des hommes d'affaires, des mystiques et des guerriers.

En 635, la ville de Damas est prise et les Perses sont défaits près de l'Euphrate. En 636, l'armée du grec Héraclius composée d'Arméniens (qui se révolteront) et de tribus arabes (qui refuseront de combattre) est battue à Yarmouk le 20 août assurant la prise définitive de Damas. En 637, les armées arabo-musulmanes sont en Mésopotamie et nomment cette contrée Irak. Ils prennent Ctésiphon (capitale de l'empire sassanide) et en Syrie Baalbek, Homs et Hama. En 638, Jérusalem est prise 7(les juifs doivent partir, pas les chrétiens). Entre 639 et 642 le nord du Sinaï est pris. Les plaines du Khuzistan (Iran actuel) sont annexées. C'est ensuite le tour de l'Égypte (Péluse, Bilbays, Héliopolis, Babylone d'Égypte, le sud et Alexandrie.) ainsi que Césarée en Palestine (sud de Haïfa, après sept mois de siège), le sud nubien, la Libye. En Irak, l'avance des armées continuent vers l'Arménie et le Caucase. Mossoul et la capitale de l'Arménie, Dvin, sont prises en 642.

En 638, sur une décision du calife, Koufa (Irak) a été construite et devient la capitale de l'empire.

Le gouverneur arabe d'Égypte, Amr ibn al-As, organise des cantonnements pour chaque contingent de tribu. Des mosquées et des résidences sont construites. Autour des établissements militaires, la population, marchands et artisans se rassemblent et découvrent la langue et la religion des riches conquérants. Ce gouverneur se tourne maintenant vers le Maghreb et en 643 prend le port de Tripoli, à 1 800 km de sa résidence. Cette avancée est arrêtée provisoirement car le calife Umar Ier est assassiné le 3 novembre 644 par un serviteur non-musulman à l'instigation des Perses semble-t-il8.

Le nouveau calife et "commandeur des croyants" Uthman ibn Affan règne de 644 à 656 (il est assassiné à Médine dans sa maison par des notables musulmans insurgés). Ce fut aussi un grand conquérant. Durant son califat de 12 ans, la marine musulmane se crée dans des chantiers de construction navale à Alexandrie. Pendant quatre ans des expéditions, après avoir traversé le Golfe Persique, vont s'aventurer en Afghanistan et au Pakistan de nos jours. En 647, l'Asie Mineure est parcourue tandis qu'à l'autre bout de l'empire, les Arabes arrivent jusqu'en Tunisie. En 648, les flottes arabes sont prêtes et se lancent à la conquête de Chypre et de Rhodes, et aborderont les côtes de la Sicile. Les conquêtes commencées auparavant sous le califat précédent en Orient sont étendues, renforcées et stabilisées. En Méditerranée, les îles grecques sont razziées, pillées et/ou prises (La "bataille des Mâts" est la première victoire navale des Arabes). "L'Occident lointain entre dans l'horizon des Arabes"9.

Le califat (656-661) du successeur d'Uthman est troublé et contesté au sein de la Oumma. Ali ibn Abi Talib (Ali), gendre (époux de Fatima) et cousin du prophète, est plus un mystique qu'un politique. Il passe cinq ans dans la cité-cantonnement de Koufa. La première fitna (discorde), les revendications et ambitions de la veuve du prophète, Aïcha et ses alliés, les mécontentements des religieux et des garnisons d'Uthman divisent profondément la civilisation en devenir, pour toujours, en différents courants : sunnites, kharijites et chiites (ou alides). Certaines villes et contrées conquises se détachent de l'empire qui se divise en trois. À la fin de son règne, Ali utilisant le pouvoir de souverain tente sans succès d'imposer une nouvelle monnaie, un dirham avec des inscriptions en caractères arabes appelé kufique. Le 21 janvier 661, Ali est blessé par un kharijite et meurt trois jours après10.

Le califat de Muawiya Ier, de 661 à 680, (Muawiya ibn Abu Sufyan, du clan des Banu Umayya) est le début de la dynastie omeyyade. Damas devient la capitale de l'empire. Le nouveau calife (gouverneur de Syrie de 640 à 661) est un homme politique et sera le créateur véritable d'un empire arabe conquérant bien que soumis à des luttes incessantes de pouvoir et de division. Le calife nomme des gouverneurs compétents et forts dans les grandes provinces (Irak, Iran, Égypte) qui sont capables de stabiliser ces contrées et d'en faire des bases pour de nouvelles avancées vers l'est et l'ouest. Il reprend les conquêtes et ses armées gagnent le Khorassan, l'Indus, l'Asie centrale affaiblissant la suzeraineté chinoise. Pour la première fois, les Arabes rencontrent les peuples turcs. Les oasis du Sud libyen sont conquises. Kairouan est fondée en 670. En 668, Constant II, empereur byzantin, est assassiné en Sicile. À l'automne, les armées musulmanes profitent de la situation pour attaquer Chalcédoine sur la rive asiatique de Constantinople. Elles continuent le blocus de la capitale byzantine jusqu'au printemps suivant mais ne peuvent conquérir la ville et doivent abandonner. Malgré les efforts déployés pour se rendre maîtres de Constantinople et le siège de la ville à partir de 674, les armées sont repoussées et décimées en 678 par les Byzantins qui utilisent le "feu grégeois".

En Asie mineure également, les armées arabes subissent des déboires et doivent se replier.

Muawiya renonce à la lutte et signe une paix de trente ans avec le nouvel empereur byzantin. À sa mort en 680, son fils Yazid lui succèdera 11.

Yazid Ier est confronté à une deuxième fitna et des révoltes et désordres dès le début de son règne. Il s'ensuivra une fracture définitive entre le sunnisme et chiisme. Malgré cela, en 683, l'un de ses chefs militaires, Oqba_Ibn_Nafi_Al_Fihri, conquiert le Maghreb. Une armée syrienne attaque les révoltés de Médine et de la Mecque. Cette année là Yazid Ier meurt et est remplacé par son jeune fils Muawiya II qui décèdera d'une épidémie en 684.

Premières conséquences sociétales de la civilisation islamique

Les terres conquises deviendront un bien commun de l'Oumma, cultivées par leurs anciens propriétaires autochtones. Les propriétés abandonnées seront louées à des arabes. Des impôts fonciers seront institués comme le kharaj. Un impôt pratiqué surtout par les Perses est maintenu : la jizya (capitation). Peu à peu des règles s'installent dans les pays occupés : la protection des non-musulmans est réglementée. Les communautés continuent à s'administrer et à pratiquer leur langue et leur religion. Elles sont soumises à des impôts. En Iran les grands propriétaires se rallient aux maîtres arabes et certains se convertisent.

Les richesses accumulées par les conquérants venant des temples, monastères, résidences princières et des trésors des tombes pharaoniques permettent de mettre en place les premiers établissements étatiques de frappe de la monnaie (sikka). Les pièces existantes (nomisma byzantin et drachme sassanide) sont reproduites avec quelques modifications et deviennent les dinars d'or et les dirhams d'argent (unité imposée de quatorze quirat soit carat) du monde musulman.

On constate à la fois une grande liberté dans l'utilisation des apports non musulmans sous toutes ses formes (sans affaiblir l'enseignement coranique) et l'organisation concrète de la vie sociale et politique. Pendant un demi-siècle, l'empire arabe sera administré par des fonctionnaires ayant gardé leur langue, écriture (grec, pahlavi ou "moyen perse") et leur religion.

Les apports non musulmans seront encore plus évidents après les grandes invasions turco-mongoles, l'autocratie ‘abbāside, héritière de maintes traditions de la Perse ou de Byzance, fit place à une oligarchie militaire qui, pourtant, elle aussi, se réclama de l'islam. Des auteurs musulmans eux-mêmes reconnaissent que le califat prophétique se termina à l'arrivée des Umayyades à Damas, "au profit d'une figure purement temporelle de royauté (mulk)" 12.

La suite de l'expansion arabe

L'expansion continue sous la dynastie des Omeyyades : L'occupation définitive de ce que l'on appela plus tard le Maghreb (le Couchant, l'Occident) fut terminé en 708, (prise de Carthage (695, puis 698), défaite des troupes berbères (702) et implantation au Maroc de 705 à 708). En mai 711, le général arabe Ṭāriq ibn Ziyād arrivait en Espagne. Cinq ans plus tard, la quasi-totalité de l'Espagne était occupée et les Arabes se dirigeaient jusqu'en Septimanie. En Espagne et dans les contrées les plus éloignées, les arabes étaient propriétaires des terres.

En Inde ils prennent le contrôle des oasis d'Asie centrale.

Les premiers coups d'arrêt de ces conquêtes arrivent dès le VIIIe siècle, considéré13 comme apogée de l'empire arabo-musulman : batailles de Constantinople (718), de Poitiers (732) et de Talas (751). L'unité de ce vaste ensemble territorial se disloque également avec les querelles dynastiques, politiques14 et religieuses (661 : naissance du chiisme).

Ensuite la domination arabe disparaît petit à petit sauf en Égypte (excepté l'époque des Mamelouks). Et la reconquête du monde chrétien se met en route (718 en Espagne, début de la Reconquista)15.

Vagues d'expansion musulmane, œuvre des non-arabes

Elle se situe entre le XIe et le XIVe siècle. Ce sont les Turcs et Moghols (Turcs originaires de l'Asie centrale) en orient, les Berbères (les Almoravides et ensuite les Almohades) en occident qui portent l'islam en Asie mineure, en Afrique noire, en Indes (qui deviendra à partir de 1526 l'empire Moghol), en Anatolie dans des contrées non encore atteintes et forment l'empire musulman : l'empire ottoman (1299 - 1923). Ses conquêtes seront menées au nom de la propagation de la religion contre les infidèles.

Le monde islamique n'est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle.

En matière d'influence culturelle, on peut distinguer :

Arabisation culturelle

Cette expansion géographique majeure, depuis l'Espagne (al-Andalus) et l'Ifriqiya à l'Ouest, jusqu'à l'Inde à l'est, provoque l'installation ou l'acculturation de populations par la culture islamique.
La rapide expansion militaire, s'explique par une cavalerie légère nombreuse et ordonnée, l'esprit d'unité arabe, des généraux et gouverneurs compétents ainsi qu'un déclin des empires dominants à cette époque. Le faible rejet des conquérants arabes peut être lié à une présence jugée peu contraignante, et à une opposition grandissante des populations soumises aux empires byzantin et sassanide.

La volonté de faire connaître l'islam dans le cadre du Djihad, l'«effort dans la foi», propage sa version particulière d'un dieu unique, distincte de celle des Byzantins. Une autre conséquence sera une domination rapide du commerce international de l'époque ; monopole qui sera perdu avec la mise en service de grands navires contournant l'Afrique et la découverte du Nouveau Monde.

Islamisation religieuse

Article général Pour un article plus général, voir Histoire de l'islam.

L'islamisation étend la zone culturelle de l'Empire. Elle implique des parties de l'Afrique Noire, les côtes de la corne de l'Afrique, l'Indonésie et les Philippines où les populations entrent en contact avec cette religion des négociants venus faire le commerce de denrées rares.

Démographie

Article détaillé : Nombre de musulmans par pays.

En 2010, il existe 49 pays dans le monde où les musulmans représentent plus de 50 % de la population. Les pays qui comptent le plus de musulmans sont : l'Indonésie, qui abrite 12,7 % des musulmans du monde, suivi du Pakistan (11 %), de l'Inde (10,9 %), et du Bangladesh (9,2 %).

Mais seulement environ 20 % des musulmans vivent dans des pays arabes.

Gouvernement

Structure du pouvoir musulman

Dans les premiers temps de Dar-al-Islam, la dévolution du pouvoir s'avère rapidement nécessaire compte tenu de l'étendue des terres à administrer. L'expansion de l'islam s'explique, entre autres, par les victoires remportées par les musulmans. Leur puissance militaire est liée à l'emploi d'une cavalerie véloce et nombreuse, galvanisée par l'appel à la guerre sainte (djihad, acception du terme aux temps premiers de l'islam).

Le pouvoir dans les cités

 
Une ville musulmane fortifiée : l'Alhambra, en Andalousie.

Dans l'islam, la ville idéale doit être sainte c'est-à-dire, dans laquelle se développent, d'une part, une vie profane à travers l'action des savants et marchands, et d'autre part une vie religieuse organisée par les imams ; cela sert de lien pour les nomades croyants des déserts. Cet idéal se confronte à l'histoire des zones conquises.

Les califes, sultans et émirs, installant leur structure du pouvoir au sein de ces villes, connaissent des difficultés : elles sont sujettes à des troubles fréquents, soulèvements et intrigues de pouvoir. La sédentarisation des nomades du désert a changé leur mode de vie en y introduisant des habitudes assimilées par les autorités religieuses à de l'oisiveté, ce qui est perçu comme une décadence.

Le pouvoir hors des cités

Cette situation vécue à plusieurs reprises incite les tenants du pouvoir à établir une cité dédiée au ministère du pays, à l'écart de sa zone de peuplement dense, à l'instar, plus tard, du palais de Versailles pour les Bourbons hors des murs de Paris ; s'y développe, à l'abri de l'agitation extérieure, et loin des périls menaçant les frontières, la vie des princes arabes dans toutes ses composantes :

  • vie de cour, composée de courtisans, de savants.
  • ministère de la diplomatie : salle du trône, réceptions des ambassades des pays alentour, de quelque obédience religieuse que ce soit, et festivités publiques.
  • palais du prince, appartements dédiés à la famille royale et aux fêtes de cour privées.

Une cité interne se développe dans l'enceinte du palais, médina peuplée par les serviteurs fidèles de la famille dynastique et de ses gardes.

Exemples de palais externes à la cité

 

Administration des cités périphériques

L'émir ou le calife nomme un wali pour assurer la délégation administrative d'une province (wilaya ou muhafazah) ou d'une cité éloignée.

Lors des époques des taïfas d'al-Andalus, ces gouverneurs prennent le pouvoir ou en sont écartés par des rébellions locales.

Titres et offices

Dans l’ordre croissant, divers titres et offices, évoluant à travers le temps et les pays musulmans, ont existé1 :

  • Muslim (arabe : [muslim], مسلم, croyant de base)
  • Bey (turc بيه, [bey], chef de clan)
  • Agha (turc : [ağa], persan et arabe : آغا, chef / maître / seigneur local)
  • Nabâb (persan : [novāb], نواب, seigneur / chevalier)
  • Kadi (arabe : قاضي, [qāḍī], juge)
  • Cheikh (arabe : شيخ [šayḫ] pl. [šuyūḫ], maître / sage)
  • Khân (turc : [han]; arabe : [ḫān], خان, khan, chef d'un territoire)
  • Khân bahâdur (persan : [ḫān bahādur], خان بهادر, khan audacieux / valeureux)
  • Émir (arabe : [umarāʾ], أمراء, pluriel de [amīr], أمير, commandant)
  • Dey (turc : داي [dey], oncle / commandant militaire / protecteur)
  • Pacha (arabe : پاشا, [pašah], seigneur / commandant des armées)
  • Dawla (arabe : [dawla], دولة, dynaste / prince; persan : dawleh, دوله)
  • Jâh (urdu : [jâh], جاہ, digne de / égal de)
  • Vizir (arabe : وزیر, [wasîr], conseiller / ministre)
  • Khédive (persan خدیو, [xidīw], [xadīw], seigneur / vice-sultan)
  • Malik, (arabe : [mulk], ملك, roi)
  • Sultan (arabe سلطان, [sulṭān], souverain)
  • Chah (perse شاه, [šāh], empereur - existe avec des variantes comme Chahinshah ou Padishah)
  • Calife (arabe خَلَفَ [ḫalafa], successeur - sous-entendu du Prophète - commandeur des croyants)

Économie

Elle est fondée sur une double base commerciale et technique. Les marchands s'organisent ainsi :

  • déplacements groupés, permettant de résister aux attaques ;
  • transactions sans argent liquide grâce au principe des avoirs certifiés (ancêtre des chèques) ;
  • commerce maritime parfois accompagné de combats ;
  • à l'époque du calife ‘Abd al-Malik apparaissent les premières monnaies d'or (dīnārs) et d'argent (dirhams) frappées par les musulmans et la langue arabe devient la langue administrative dans toutes les provinces de l'empire sans disparition des langues locales 3;
  • mise en place d'un système d'entrepôts : les caravansérails.

Culture

La culture islamique est l'expression utilisée par les historiens pour décrire toutes les pratiques culturelles des peuples islamisés dans le passé. On considère que la culture islamique fut à son apogée au moment du Moyen Âge en Occident
 

Art

L'expression arts de l'Islam (ou art islamique)1 s'applique à la production artistique ayant eu lieu depuis l'hégire (622 de l'ère chrétienne) jusqu'au XIXe siècle dans un territoire s'étendant de l'Espagne jusqu'à l'Inde et habité par des populations de culture islamique2.

L'art produit dans le contexte du monde islamique présente une certaine unité stylistique due aux déplacements des artistes, des commerçants, des commanditaires et des œuvres. L'emploi d'une écriture commune dans toute la civilisation islamique et la mise en valeur particulière de la calligraphie renforcent cette idée d'unité. D'autre éléments ont été mis en valeur, comme l'attention portée au décoratif et l'importance de la géométrie et des décors tapissants3. Toutefois, la grande diversité des formes et des décors, selon les pays et les époques, amène souvent à parler plus d'« arts de l'Islam » que d'un « art islamique ». Pour Oleg Grabar, l'art d'Islam ne peut d'ailleurs se définir que par « une série d'attitudes vis-à-vis du processus même de la création artistique »4.

En architecture, des bâtiments aux fonctions spécifiques, comme des mosquées et des madrasas, sont créés dans des formes très variées mais suivant souvent un même schéma de base. S'il n'existe quasiment pas d'art de la sculpture, le travail des objets de métal, d'ivoire ou de céramique atteint fréquemment une grande perfection technique. Il faut aussi souligner la présence d'une peinture et d'une enluminure présentes dans les livres sacrés et profanes.

Les arts de l'Islam ne sont pas proprement religieux : l'Islam est ici considéré comme une civilisation plutôt que comme une religion5. Contrairement à une idée reçue, il y existe des représentations humaines, animales et même de Mahomet : celles-ci ne sont bannies que dans les lieux ou ouvrages religieux (mosquées, madrasas, Corans), en dépit de quelques exceptions6.

Note : sauf exception, les termes « Iran » et « Syrie » ou « Palestine » désignent le Grand Iran (qui regroupe l'Iran, l'est de l'Irak, l'Ouzbékistan, une partie du Turkménistan, de l'Afghanistan et du Pakistan actuels) et la Grande Syrie (États actuels de Syrie, Palestine, Israël, Liban, ouest de l'Irak — Jezirah —).

Histoire des arts de l'Islam

Les débuts (VIIeIXe siècles)

Avant les dynasties

On connaît peu de choses sur l'architecture islamique avant la dynastie des Omeyyades. Le premier et le plus important bâtiment islamique est sans doute la « maison du Prophète » située à Médine. Cette maison, plus ou moins mythique, aurait été le premier lieu où se seraient rassemblés des musulmans pour prier, bien que la religion musulmane considère que la prière peut se faire en n'importe quel endroit.

La maison du Prophète est d'une importance considérable pour l'architecture islamique, en ce sens qu'elle met en place le prototype de la mosquée de plan arabe : une cour avec une salle de prière hypostyle. Ce schéma, adapté à la prière, ne naît pas de rien : le temple de Husa (Yémen, IIe siècle av. J.-C.) ou la synagogue de Doura Europos (rénovée en 245) pourraient en être les inspirateurs7. Construite en matériaux périssables (bois et pisé), la maison du prophète n'a pas survécu longtemps mais est décrite en détail dans les sources arabes8. La grande mosquée de Médine s'élève actuellement à son emplacement supposé.

Les premiers objets islamiques sont très difficiles à distinguer des objets antérieurs, sassanides et byzantins, ou déjà omeyyades. En effet, l'islam naît dans des régions où l'art semble avoir été peu abondant9 mais entouré d'empires remarquables par leur production artistique. C'est pourquoi, dans les premiers temps, les artistes islamiques utilisent les mêmes techniques et les mêmes motifs que leurs voisins10. On connaît notamment une abondante production de céramique non glaçurée, comme en témoigne un célèbre petit bol conservé au musée du Louvre dont l'inscription assure sa datation dans la période islamique11. Ce bol provient d'un des seuls sites archéologiques qui permet de suivre le passage entre monde pré-islamique et islamique : celui de Suse en Iran12.

L'art omeyyade

 
Article détaillé : Art omeyyade.
Période historique : Califat des Omeyyades de Damas
Monuments et œuvres majeurs : Dôme du Rocher, Grande Mosquée des Omeyyades

Sous les Omeyyades, l'architecture religieuse et civile se développe avec la mise en place de nouveaux concepts et de nouveaux plans. Ainsi, le plan arabe, à cour et salle de prière hypostyle, devient véritablement un plan-type à partir de la construction, à l'emplacement le plus sacré de la cité de Damas — sur l'ancien temple de Jupiter et à la place de la basilique Saint-Jean Baptiste — de la Grande Mosquée des Omeyyades. Ce bâtiment majeur servira de repère aux bâtisseurs (et aux historiens de l'art) pour la naissance du plan arabe. Néanmoins, les récents travaux de Myriam Rosen-Ayalon semblent indiquer que le plan arabe est né un peu avant, avec le premier état en dur de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem13.

La coupole du Rocher à Jérusalem est sans conteste l'un des bâtiments les plus importants de toute l'architecture islamique, marqué par une forte influence byzantine (mosaïque à fond d'or, plan centré qui rappelle celui du Saint-Sépulcre) mais comportant déjà des éléments purement islamiques comme la grande frise d'inscription14. Son modèle n'a pourtant pas essaimé, et celui qu'Oleg Grabar considère comme « le premier monument qui se voulût une création esthétique majeure de l'Islam »15 est resté sans postérité16.

Les châteaux du désert de Palestine nous offrent quant à eux de nombreux renseignements sur l'architecture civile et militaire, quoique leur fonction exacte soit soumise à caution : caravansérails, lieux de villégiature, résidences fortifiées, palais à visées politiques, permettant la rencontre entre le calife et les tribus nomades ? Les spécialistes ont du mal à trancher, et il semble d'ailleurs que leur usage ait varié selon le site17. Anjar était ainsi une ville entière, qui nous informe sur un type d'urbanisme encore très proche de la Rome antique, avec cardo et decumanus, comme Ramla18.

Outre l'architecture, les artisans travaillent une céramique, souvent non glaçurée19, parfois à glaçure monochrome transparente verte ou jaune, ainsi que le métal. Il reste très délicat de différencier ces objets de ceux de la période préislamique, les artisans réutilisant des éléments occidentaux (rinceaux végétaux, feuilles d'acanthes, etc) et sassanides (motifs d'ailes qui reprennent celles des casques)20.

Dans l'architecture comme dans les arts mobiliers, les artistes et artisans omeyyades n'inventent pas un vocabulaire nouveau mais réutilisent volontiers celui de l'Antiquité tardive méditerranéenne et iranienne, qu'ils adaptent à leur conception artistique en remplaçant par exemple dans la grande mosquée de Damas les éléments figuratifs des mosaïques byzantines qui servent de modèles par des arbres et des villes. Les « châteaux du désert » témoignent particulièrement de ces emprunts. En mélangeant les traditions et en réadaptant motifs et éléments d'architecture, ils créent peu à peu un art typiquement musulman21 palpable notamment dans l'esthétique de l'arabesque, présente aussi bien sur les monuments que les objets ou dans les Corans enluminés22.

L'art abbasside

 
Coupe à la rosace, VIIIeIXe siècles, Iran
Article détaillé : Art abbasside.
Période historique : Califat des Abbassides

Avec le déplacement des centres de pouvoir vers l'est, deux villes qui servent successivement de capitales entrent sur le devant de la scène : Bagdad et Samarra en Irak. La ville de Bagdad n'a pu être fouillée, car elle est recouverte par les maisons contemporaines. On la connaît par plusieurs sources, qui la décrivent comme une ville ronde, au centre de laquelle s'élèvent grande mosquée et palais. Samarra, quant à elle, a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles, en particulier par Ernst Herzfeld et plus récemment, Alastair Northedge. Créée quasiment ex-nihilo par al-Mutasim en 836, elle s'étend sur une trentaine de kilomètres, et comporte à la fois de nombreux palais, deux grandes mosquées et des casernements. Abandonnée définitivement à la mort d'al-Mutamid en 892, elle offre un jalon chronologique fiable23.

Samarra a fourni un grand nombre de mobiliers, en particulier des stucs qui servaient de décor architectural, et dont les motifs permettent plus ou moins la datation des bâtiments24 et se retrouvent dans l'art mobilier depuis l'Égypte tulunide jusqu'en Iran, notamment dans le bois25.

 
Grande Mosquée de Kairouan, architecture et décoration du IXe siècle, Kairouan, Tunisie

L'art de la céramique connaît quant à lui deux innovations majeures : l'invention de la faïence et celle du lustre métallique qui se retrouveront longtemps après la disparition de la dynastie26.
Dans les arts de l'Islam, on nomme « faïence » une céramique à pâte argileuse, couverte d'une glaçure opacifiée à l'oxyde d'étain, et décorée sur glaçure. Les imitations de porcelaines chinoises27 se multiplient alors, grâce à de l'oxyde de cobalt, utilisé dès le VIIIe siècle à Suse28 et qui permet des décors bleus et blancs. Le répertoire de motifs reste assez restreint : motifs végétaux, épigraphie29.

Le lustre métallique, quant à lui, serait né au IXe siècle, peut-être par transposition en céramique d'un produit déjà existant dans le verre30. La chronologie de cette invention, et des premiers siècles, est très délicate et donne lieu à de multiples controverses. Les premiers lustres seraient polychromes, totalement anicôniques, puis deviendraient figuratives et monochromes à partir du Xe siècle, si l'on en croit l'opinion la plus couramment admise, qui se base en partie sur le mihrab de la mosquée de kairouan31.

Du verre, transparent ou opaque, est également produit, décoré par soufflage dans un moule, ou ajouts d'éléments32. On connaît plusieurs exemples de verres taillés, dont le plus célèbre est sans doute le bol aux lièvres, conservé au trésor de Saint-Marc de Venise33, et des décors architecturaux dans ce matériau ont été mis au jour à Samarra.

La période médiévale (IXeXVe siècle)

Dès le IXe siècle, le pouvoir abbasside est contesté dans les provinces les plus reculées du centre irakien. C'est la création d'un califat chiite rival, celui des Fatimides, suivi de celui des Omeyyades d'Espagne qui donne corps à cette opposition tandis que de petites dynasties de gouverneurs autonomes voient le jour en Iran.

Espagne et Maghreb

 
Grande mosquée de Cordoue, salle de prière.
Articles détaillés : Art des Omeyyades d'Espagne, Art almoravide et almohade, Art nasride, Art hafside, zianide et mérinide
Périodes historiques : Califat de Cordoue, Époque des taïfas, Sultanats des Almoravides et des Almohades, Hafsides, Zianides, Nasrides et Mérinides
Monuments et œuvres majeurs : Grande mosquée de Cordoue, mosquée Koutoubia, Alhambra

La première dynastie qui s'installe en Espagne (ou al-Andalus) est celle des Omeyyades d'Espagne. Comme son nom l'indique, cette lignée descend de celle des grands Omeyyades de Syrie, décimée au IXe siècle. Elle est remplacée après sa chute par différents royaumes autonomes, les Reyes de Taifas (10311091) mais la production artistique à cette période ne diffère pas fondamentalement après ce changement politique. À la fin du XIe siècle, deux tribus berbères prennent successivement la tête du Maghreb et de l'Espagne, alors en pleine Reconquista : les Almoravides et les Almohades qui apportent des influences maghrébines dans l'art. Cependant, peu à peu conquise par les rois chrétiens, l'Espagne islamique finit, au XIVe siècle, par se réduire à la ville de Grenade avec la dynastie Nasride (1238) qui parvient à se maintenir jusqu'en 149234.

 

Au Maghreb, ce sont les Hafsides (1230), les Zianides (1235) et les Mérinides (1258) qui reprennent le flambeau almohade. Les Mérinides, depuis leur capitale de Fès, participent à de nombreuses expéditions militaires tant en Espagne qu'en Algérie avec des succès mitigés face aux Zianides et en Tunisie dont ils ne peuvent pourtant déloger les Hafsides, une dynastie solidement implantée. Les Zianides eurent des échanges intenses avec l'Émirat de Grenade, il signeront ainsi des alliances contre la Couronne d'Aragon et les Mérinides35. Les Mérinides voient leur pouvoir décroître à partir du XVe siècle et sont définitivement remplacés par les Sharifs en 1549. Les Zianides se maintiennent jusqu'en 1554, année durant laquelle ils sont déposés par les Ottomans. Les Hafsides subissent le même sort que les Zianides et ils sont déposés par les nouveaux maitres d'Alger en 157436.

L’al-Andalus est un lieu de grande culture à la période médiévale. Outre de grandes universités comme celle d'Averroès qui permettent la diffusion de philosophies et de sciences inconnues du monde occidental, ce territoire est également très foisonnant pour l'art. On pense évidemment, en architecture, à la grande mosquée de Cordoue mais elle ne doit pas occulter d'autres réalisations comme le Bab Mardum de Tolède ou la ville califale de Madinat al-Zahra. À l'autre extrémité de la période, on trouve notamment les palais de l'Alhambra à Grenade. Plusieurs traits caractérisent l'architecture espagnole, dont les formes d'arcs : ceux en plein cintre dérivent de modèles wisigothiques voire romains37, mais les polylobés, également très usités, semblent plus typiques de la période islamique. Le traitement du mihrab comme une petite pièce est également un trait assez caractéristique de l'Espagne38.

 

Parmi les techniques qui sont alors employées pour la confection des objets, l'ivoire est très utilisé pour la confection de boîtes et de coffrets. La pyxide d'al-Mughira en est un chef-d'œuvre, qui présente de nombreuses scènes figurées à l'iconographie délicate à interpréter39.

De grandes rondes-bosses, habituellement plutôt rares en terre d'Islam40, voient également le jour. En métal, elles servent d'aquamaniles ou de bouches de fontaines41 ; en pierre, elles soutiennent par exemple la fontaine aux lions de l'Alhambra.

Les tissus, soieries notamment, sont en grande partie exportés ; on en retrouve beaucoup dans les trésors d'églises occidentaux, enveloppant les ossements des saints personnages42. En céramique, les « techniques traditionnelles » sont maîtrisées, en particulier le lustre métallique, utilisé sur des carreaux, ou dans la série des vases de l'Alhambra43. À partir du règne des dynasties maghrébines, on note aussi un goût pour le travail du bois, sculpté et peint : le minbar de la Mosquée Koutoubia à Marrakech, daté de 1137, en est l'un des meilleurs exemples44.

L'architecture d'Afrique du Nord est assez méconnue par manque de recherches depuis la décolonisation. Les dynasties almoravide et almohade, qui importent des nouveautés en Espagne, se caractérisent par une recherche d'austérité qui transparaît par exemple dans des mosquées aux murs nus. Les dynasties mérinide, zianide et hafside parrainent une architecture importante mais très méconnue et un remarquable travail sur le bois peint, sculpté et incrusté45.

Égypte et Syrie

 
Mosquée d'al-Azhar, cour.
Articles détaillés : Art fatimide, Art d'Égypte et de Syrie des Fatimides aux Mamelouks, Art mamelouk et Architecture mamelouke
Périodes historiques : Califat des Fatimides à Kairouan et au Caire, Ayyoubides, sultanat mamelouk
Monuments et œuvres majeurs : Aiguière aux oiseaux, Baptistère de Saint Louis

Régnant en Égypte entre 909 et 1171, la dynastie fatimide est l'une des rares dynasties chiites du monde islamique. Née en Ifriqiya en 909, elle arrive en Égypte en 969, où elle fonde la ville califale du Caire, au nord de Fustat, qui reste un grand centre économique. La dynastie donne naissance à une importante architecture religieuse et profane, dont subsiste notamment les mosquées al-Azhar et al-Hakim, ainsi que les murailles du Caire réalisée par le vizir Badr al-Jamali. Elle est aussi à l'origine d'une riche production d'objets d'art dans les matériaux les plus divers : bois, ivoire, céramique lustrée et peinte sous glaçure, orfèvrerie, métaux incrustés, verres opaques, et surtout, cristal de roche. De nombreux artisans sont alors des chrétiens, coptes, comme en témoignent les nombreuses œuvres à iconographie chrétienne46. Ceux-ci constituent d'ailleurs la majorité religieuse sous le règne particulièrement tolérant des Fatimides. L'art se caractérise par une iconographie riche, qui exploite beaucoup la figure humaine et animale, dans des représentations animées, qui ont tendance à se libérer des éléments purement décoratif, comme les ocelles dans la céramique lustrée. Il s'enrichit, tant techniquement que stylistiquement, par ses contacts commerciaux avec les cultures du bassin méditerranéen, et en particulier Byzance. La dynastie Fatimide est par ailleurs l'une des seules qui donne lieu à une sculpture en ronde bosse, souvent en bronze47.

Au même moment, en Syrie, les atabegs, c’est-à-dire les gouverneurs arabes des princes seldjoukides, s'arrogent le pouvoir. Très indépendants, ils jouent sur les inimitiés entre les princes turcs et supportent en grande partie l'installation des croisés francs. En 1171, Saladin s'empare de l'Égypte fatimide, mettant sur le trône égyptien une éphémère dynastie ayyoubide48. Cette période n'est pas très faste pour l'architecture, ce qui n'empêche pas la réfection et l'amélioration des défenses de la ville du Caire. La production d'objets de valeur ne s'interrompt pas pour autant. La céramique lustrée ou peinte sous glaçure, et le métal incrusté de grande qualité continuent à être produits et le verre émaillé fait son apparition dès le dernier quart du XIIe siècle, dans une série de gobelets et de bouteilles notamment49.

 

Les Mamelouks prennent le pouvoir aux Ayyoubides d'Égypte en 1250 et parviennent en 1261 à s'imposer en Syrie, en battant les Mongols. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une dynastie, étant donné que les souverains ne règnent pas de père en fils : en effet, les Mamelouks sont des esclaves turcs affranchis qui se passent (en théorie) le pouvoir entre camarades d'affranchissement. Ce gouvernement paradoxal perdurera près de trois siècles, jusqu'en 1517, et donnera lieu à une architecture de pierre foisonnante, composée de grands complexes sultaniens ou émiraux, en particulier au Caire50. La décoration est en général réalisée par des incrustations de pierres de différentes couleurs, selon la technique de l'ablaq, ainsi que par un important travail sur le bois, marqueté en motifs géométriques rayonnants. Le mécénat se porte aussi sur le verre émaillé et, surtout, le métal incrusté : c'est de cette période que date le baptistère de Saint Louis, l'un des objets islamiques les plus célèbres, signé du dinandier Muhammad ibn al-Zayn51.

Iran et Asie Centrale

 
Coupe à décor d'engobe sur engobe sous glaçure, XIeXIIIe siècles, musée du Louvre.
Article détaillé : Art des Saljukides d'Iran.

En Iran et dans le Nord de l'Inde, ce sont les Tahirides, les Samanides, les Ghaznavides et les Ghurides qui se disputent le pouvoir au Xe siècle. L'art est alors un moyen essentiel pour s'affirmer face à son voisin. De grandes villes sont créées comme Nichapur ou Ghazna et la version actuelle de la grande mosquée d'Ispahan voit le jour. L'architecture funéraire se développe tandis que les potiers créent des pièces très différentes les unes des autres avec des décors kaléidoscopiques sur fond jaune, des décors jaspés, c'est-à-dire constitués de coulures de glaçures colorées, ou encore d'engobe sur engobe sous glaçure52.

Nomades d'origine turque (c'est-à-dire d'Asie centrale, anciennement Turkestan), les Seldjoukides déferlent sur le monde islamique vers la fin du Xe siècle. Ils s'emparent de Bagdad en 1048 et s'éteignent en 1194 en Iran, bien que la production d'objet éponymes date de la fin XIIe et du début du XIIIe siècle et ait donc été réalisée pour des souverains indépendants, plus petits. C'est sous les Seldjoukides qu'apparaît pour la première fois le plan iranien53. La techniques du haftrang en céramique sur des pâtes siliceuses54 et les incrustations de métaux précieux dans les objets en bronze sont également remis à la mode par des artisans de cette période55.

Au XIIIe, une nouvelle vague d'envahisseurs venant d'Asie centrale s'abat sur le monde islamique, remontant jusqu'aux portes de Vienne : ce sont les Mongols sous la direction de leur chef Gengis Khan. À la mort de celui-ci, son empire est divisé entre ses fils et plusieurs branches se créent : en Chine la dynastie des Yuan, en Iran celle des Houlagides ou Il-khanides tandis qu'au Nord de l'Iran se trouvent les nomades de la Horde d'or.

Les Il-khanides
 
Carreau lustré au chameau, Iran, XIVe siècle, Louvre
Articles détaillés : Houlagides et Il-khanides.

Sous ces « petits khans » à l'origine soumis à l'empereur Yuan mais rapidement indépendants, une riche civilisation se développe. L'activité architecturale s'intensifie au fur et à mesure que les Mongols se sédentarisent et reste plus ou moins marquée par les traditions des nomades, ce que prouve l'orientation nord-sud des bâtiments56. On note toutefois une importante persianisation et la reprise de types déjà établis comme le plan iranien. Le tombeau d'Oldjaïtou à Soltaniyeh est un des monuments les plus grands et les plus impressionnants de l'Iran mais de nombreuses destructions sont malheureusement à déplorer. C'est aussi sous cette dynastie que naît l'art du livre persan à travers de grands manuscrits comme les Jami al-tawarikh commandés par le vizir Rashid al-Din. De nouvelles techniques apparaissent en céramique, notamment celle du lajvardina, et on note des influences chinoises dans tous les arts57.

La Horde d'Or
 
La construction d'un mur, par Behzad
Articles détaillés : Horde d'or, Art de l'Iran autonome avant les Seljoukides, Art des Saljukides d'Iran, Art de l'Iran mongol, Art timouride.
Périodes historiques : Sultanat seldjoukide, Horde d'or, Empire timuride.

L'art de ces nomades est extrêmement mal connu. Les chercheurs, qui commencent à peine à s'y intéresser, ont découvert qu'il existait un urbanisme et une architecture dans ces régions. Une importante orfèvrerie se développe également dont la plupart des pièces montrent une forte influence chinoise. Conservées au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, elles commencent seulement à être étudiées.

C'est une troisième invasion de nomades, celle des troupes de Tamerlan, qui fonde la troisième grande période médiévale iranienne : celle des Timurides. Le développement au XVe siècle de cette dynastie donnera lieu à l'apogée de l'art du livre persan, notamment avec des peintres comme Behzad, et de nombreux foyers et mécènes. L'architecture et l'urbanisme persans, à travers les monuments de Samarcande en particulier, connaissent également un âge d'or. Les décors de céramique, les voûtes de muqarnas sont particulièrement impressionnants. On note une forte influence de l'art du livre et de la Chine dans tous les autres domaines. C'est en partie la période timuride qui donne sa cohésion à l'art persan permettant plus tard son essor dans le grand empire séfévide.

Anatolie

Articles détaillés : Art des Saljukides d'Anatolie, Art turkmène, Art de l'Anatolie turkmène et des premiers Ottomans.
Périodes historiques : Sultanat seldjoukide, Empire ottoman.

Continuant sur leur lancée, les Turcs seldjoukides poursuivirent leurs conquêtes jusqu'en Anatolie. Après la bataille de Manzikert en 1071, ils constituent un sultanat indépendant de celui de leurs cousins iraniens. Leur pouvoir semble s'éteindre dès 1243 après les invasions mongoles mais des monnaies sont frappées en leur nom jusqu'en 1304. L'architecture et les objets synthétisent différents styles, tant iraniens que syriens, rendant souvent les attributions délicates. Le bois est un art majeur58 et on connaît un unique manuscrit illustré datant de cette époque59.

Les Turkmènes, qui nomadisent dans la région du lac de Van, sont très mal connus. On leur doit pourtant plusieurs mosquées comme la mosquée bleue de Tabriz et ils auront une influence décisive autant en Anatolie après la chute des Seldjoukides de Rum qu'en Iran, pendant la dynastie Timuride. En effet, à partir du XIIIe siècle, l'Anatolie est dominée par de petites dynasties turkmènes qui s'installent, s'appropriant progressivement le territoire byzantin. Peu à peu, une dynastie émerge : celle des Ottomans, qu'on appelle « premiers Ottomans » avant 1453. Le mécénat s'exerce alors principalement dans l'architecture où apparaît une recherche sur l'unification de l'espace par l'emploi de coupoles. En céramique aussi sont posés les jalons de ce qui deviendra l'art ottoman proprement dit avec la « céramique de Milet » et les premiers bleu-et-blancs anatoliens60.

Inde

 
Mosquée Quwwat al-Islam, Delhi.
Article détaillé : Art de l'Inde des sultanats.
Période historique : Sultanat de Delhi.

L'Inde, conquise par les Ghaznévides et les Ghurides au IXe siècle, ne devient autonome qu'à partir de 1206 lorsque les Muizzî, ou rois-esclaves, prennent le pouvoir, marquant la naissance du sultanat de Delhi. Plus tard, d'autres sultanats concurrents voient le jour au Bengale, au Cachemire, au Gujarat, à Jawnpur, au Mâlvâ et dans le Nord du Deccan (Bahmanides). Ils s'éloignent peu à peu des traditions persanes, donnant naissance à une architecture et un urbanisme originaux teintés de syncrétisme avec l'art hindou. La production d'objets n'est quasiment pas étudiée à l'heure actuelle mais on connaît un important art du livre61. La période des sultanats s'achève avec l'arrivée des Moghols qui s'emparent peu à peu de toute la région.

Les trois empires (XVeXIXe siècles)

Ottomans

Article détaillé : Art de l'empire ottoman.
Période historique : Empire ottoman.

L'empire ottoman, né au XIVe siècle, se poursuivra jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. Très étendu dans le temps et dans l'espace, cet empire possède un art prolifique : à la fois une architecture foisonnante, une production en masse de céramiques (les céramiques d'Iznik notamment), une importante activité joaillière et un art du livre exceptionnel aux multiples influences. De nombreux échanges avec les pays orientaux (Iran, Chine) mais surtout occidentaux, notamment Venise, ont lieu à cette époque62.

Le plan ottoman des mosquées est à la fois inspiré du plan de l'église Sainte-Sophie que les musulmans découvrent après la conquête de la ville par Mehmet II et par les recherches antérieures des premiers Ottomans. Il faut signaler en particulier la figure de l'architecte Sinan, qui vécut extrêmement longtemps (environ cent ans), et réalisa plusieurs centaines d'édifices63.

Dans l'art du livre, on peut signaler par exemple les deux livres des fêtes créés, l'un à la fin du XVIe siècle, l'autre pour le sultan Murad III, et qui comportent de nombreuses illustrations. Les miniatures sont extrêmement influencées par l'Iran Séfévide, connu après la prise de nombreux objets comme butin de guerre au début du XVIe siècle, et par l'arrivée de plusieurs peintures iraniens.

Les Ottomans sont également les premiers à obtenir un rouge vif, dit « rouge d'Iznik », en céramique. L'apparition de cette couleur, très particulière par son relief, intervient vers 1557 comme le prouve une lampe de la mosquée Suleymaniyyé, conservée actuellement au Victoria and Albert Museum de Londres64.

Moghols

 
Manuscrit Rasikapriyâ, Inde, v. 16101615.
Articles détaillés : Architecture moghole et Art moghol.
Période historique : Empire moghol.

Les Moghols règnent en Inde entre 1526 et 1858, moment où les Britanniques s'emparent du pays pour en faire un protectorat65. L'architecture est mise à l'honneur avec la mise en place définitive du plan moghol pour les mosquées, la création du célèbre Taj Mahal et l'art de la joaillerie et le travail des pierres dures comme le jade. Plusieurs séries de poignards en pierre dure, comme ceux à tête de cheval, sont notamment réalisées66. La mise en place de techniques d'orfèvrerie particulières, comme le kundan, permet des incrustations fines, comme les rubis, les émeraudes et les diamants, qui forment en général des motifs floraux67.

Sous le règne d'Humayun, un art du livre voit le jour sous la férule d'artistes persans qui reviennent avec lui d'exil. Mais l'on y aperçoit pour la première fois une forte influence occidentale due à utilisation de la perspective et à l'inspiration de gravures européennes. Des traits hindous se retrouvent également, notamment dans les centres provinciaux68.

On peut signaler aussi l'invention du bidri, une technique permettant de créer des pièces de métal, boîtes à bétel, « crachoirs », bases de huqqa au fond noir très mat, qui contrastent avec des motifs brillants d'argent et d'or69.

Séfévides et Kadjars

 
Prisonnier turkmène, Iran, fin XVIe siècle, Louvre.
Articles détaillés : Art safavide et Art kadjar.
Périodes historiques : Séfévides, Dynastie Kadjar

L'Iran, entre les Moghols et les Ottomans, résiste tant bien que mal avec à sa tête une dynastie de Chi'ites Duodécimains qui perdure de 1501 à 1786. L'art séfévide voit peu à peu une évolution forte de la céramique et de l'art du métal qui, dès le milieu du XVIe siècle, n'est plus incrusté de matières précieuses mais de pâtes colorées. Certains spécialistes parlent même de déclin de l'art du métal au XVIe siècle70. Les porcelaines chinoises, très appréciées, conduisent à des imitations en bleu et blanc avec des motifs très sinisants qui se développent par ailleurs dans l'art du livre et celui du tapis71. Une architecture florissante se met en place et une nouvelle ville à Ispahan est créée par Shah ’Abbas : elle contient de nombreux jardins, des palais de plaisance comme le Ali Qapu, un immense bazar et la grande mosquée du Shah72.

L'art du livre atteint des sommets avec en particulier le Grand Shah Nama de Shah Tahmasp, un immense manuscrit contenant plus de 250 peintures73. Au XVIIe siècle, un nouveau type de peinture se développe : la peinture d'album (muhaqqa). Il s'agit de feuilles uniques peintes, dessinées ou calligraphiées par différents artistes puis réunies par des amateurs. Riza 'Abbasi est l'un des plus grands représentants de cette forme nouvelle d'art74.

 
Félin, acier, Iran, XIXe siècle, Louvre.

La chute des Séfévides sous les invasions afghanes mène à un siècle de désordre interrompu par la montée au pouvoir d'une tribu turkmène implantée depuis l'époque mongole sur les rives de la mer Caspienne : les Kadjars. Ils donnent lieu à un art très influencé par l'Occident : les grands portraits peints à l'huile sur toile des shahs kadjars ont peu à voir avec la peinture persane même si certains codes de la miniature s'y retrouvent75. Sous leur règne, l'architecture monumentale reprend avec le développement de la ville de Téhéran76. De nouvelles techniques comme le travail de l'acier sont mises en œuvre dans l'art.

Techniques des arts de l'Islam

L'urbanisme, l'architecture et son décor

 
Toit en tuiles vernissées et minaret carré à la Medersa Bou Inania de Meknès, Maroc
Article détaillé : Architecture islamique.

L'architecture prend de nombreuses formes spécifiques dans le monde islamique, souvent en liaison avec la religion musulmane : la mosquée en est une mais les madrasa, les lieux de retraite, etc sont autant de bâtiments typiques des pays d'Islam adaptés au culte77.

Les typologies des bâtiments varient beaucoup selon les périodes et les régions. Avant le XIIIe siècle, dans le berceau du monde arabe, c’est-à-dire en Égypte, en Syrie, en Irak et en Turquie, les mosquées suivent presque toutes le même plan dit arabe78 avec une grande cour et une salle de prière hypostyle mais varient beaucoup dans leur décor et même dans leurs formes : les mosquées maghrébines adoptent un plan en « T » avec des nefs perpendiculaires à la qibla tandis qu'en Égypte et en Syrie, les nefs lui sont parallèles. L'Iran a ses propres spécificités comme l'emploi de la brique et des décors de stuc et de céramique79 ainsi que l'utilisation de formes particulières issues souvent de l'architecture Sassanide comme les iwans et l'arc persan80. Le monde iranien est aussi à la naissance des madrasas81. En Espagne, on trouve plutôt le goût pour une architecture colorée avec l'emploi d'arcs variés (en fer à cheval, polylobés, etc)82. En Anatolie, sous l'influence de l'architecture byzantine mais aussi des évolutions spécifiques à cette région dans le plan arabe, de grandes mosquées ottomanes à coupole unique et démesurée sont édifiées83 alors que l'Inde moghole développe des plans particuliers, s'éloignant peu à peu du modèle iranien et met en valeur les dômes bulbeux84.

L'art du livre

 
Détail d'une peinture arabe du XIIIe siècle.
Articles détaillés : Miniature persane, Art du livre arabe, Art de la miniature en Inde.

L'art du livre regroupe à la fois la peinture, la reliure, la calligraphie et l'enluminure, c’est-à-dire les arabesques et les dessins des marges et des titres85.

On divise traditionnellement l'art du livre en trois domaines distincts : Arabe pour les manuscrits syriens, égyptiens, de Jezirah, et du Maghgreb voire ottomans (mais ceux-ci peuvent aussi être considérés à part), Persan pour les manuscrits créés dans le domaine iranien surtout à partir de la période mongole et Indien, pour les œuvres mogholes. Chacun de ces domaines possède son style propre divisé en différentes écoles avec leurs propres artistes, leurs conventions, etc. Les évolutions sont parallèles même s'il semble évident que des influences ont eu lieu entre écoles et même entre domaines géographiques avec les changements politiques et les fréquents déplacements des artistes : les artistes persans ont ainsi beaucoup essaimé chez les Ottomans et en Inde, notamment86.

Les arts dits « mineurs »

 
Aspersoir en verre soufflé, XIIeXIIIe siècle.
Articles détaillés : Art du métal islamique, Art de la céramique en terre d'Islam.

On appelle en Europe « arts mineurs » des domaines qui font partie des arts décoratifs. Cependant, en terres d'Islam comme dans de nombreuses civilisations extra-européennes ou anciennes, ces médias ont été largement utilisés à des fins plus artistiques qu'utilitaires et portés à un point de perfection qui interdit de les classer comme artisanat87. Ainsi, si les artistes islamiques ne s'intéressent pas à la sculpture pour des raisons principalement religieuses88, ils font parfois preuve, selon les époques et les régions, d'une inventivité et d'une maîtrise remarquables sur ces différents terrains89 avec les arts du métal, de la céramique, du verre, de la pierre taillée (cristal de roche notamment mais également pierres dures comme la sardoine), du bois sculpté et de la marqueterie, de l'ivoire, ...

Motifs, thèmes et iconographie des arts de l'Islam

Lorsque l'on évoque les arts en terres d'Islam, on pense souvent à un art aniconique constitué uniquement de motifs géométriques et d'arabesques. Toutefois, il existe aussi de nombreuses représentations figurées, notamment dans tout ce qui ne relève pas du domaine du religieux.

L'art et la religion

Article détaillé : Art islamique et religion.

Les religions jouent donc un rôle important dans le développement des arts de l'Islam, les productions ayant souvent des fins sacrées. On pense bien sûr à la religion musulmane ; cependant le monde islamique n'est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle et d'autres croyances ont également joué un rôle non négligeable : le christianisme notamment dans une zone courant de l'Égypte jusqu'à la Turquie actuelle90, le zoroastrisme en particulier dans le monde iranien91, l'hindouisme et le bouddhisme dans le monde indien et l'animisme principalement au Maghreb.

L'art et la littérature

 

Toutefois, tous les arts de l'Islam ne sont pas religieux, loin de là, et d'autres sources sont utilisées par les artistes, notamment littéraires. La littérature persane, comme le Shâh Nâmâ, l'épopée nationale composée au début du Xe siècle par Firdawsi, les Cinq poèmes (ou Khamsa) de Nizami (XIIe siècle), est ainsi une source importante de motifs que l'on retrouve tant dans les arts du livre que dans les objets (céramique, tapis, etc.)92. Les œuvres des poètes mystiques Saadi et Djami donnent aussi lieu à de nombreuses représentations. Le Jami al-tawarikh, ou Histoire universelle, composé par le vizir Il-khanide Rashid al-Din au début du XIVe siècle est le support de nombreuses représentations dans tout le monde islamique et ce dès sa rédaction93.

La littérature arabe n'est cependant pas en reste et les fables d'origine indienne du Kalîla wa Dimna ou les Maqamat d'al-Hariri et d'autres textes sont fréquemment illustrés dans les ateliers de Bagdad ou de Syrie.

La littérature scientifique, comme les traités d'astronomie ou de mécanique, donne également lieu à des illustrations.

Motifs abstraits et calligraphie

 
Calligraphie en thuluth. Meknès, Maroc.
Articles détaillés : Styles calligraphiques arabes, Motifs décoratifs de l'art islamique, Notion de module

Les motifs décoratifs sont légions dans cette forme d'art et extrêmement variés, depuis les motifs géométriques jusqu'aux arabesques. La calligraphie en terre d'Islam est considérée comme une activité majeure, voire sacrée, étant donné que les sourates du Coran sont considérées comme des paroles divines. En outre, les représentations d'êtres vivants sont exclues des lieux et des ouvrages religieux ; la calligraphie fait donc l'objet de soins tout particuliers, dans le domaine religieux mais aussi dans les œuvres profanes94.

Les représentations figurées

On pense souvent que les arts de l'Islam sont entièrement aniconiques, néanmoins on ne peut que constater les nombreuses figures humaines et animales présentes dans les céramiques. Les figures religieuses des prophètes, comme Mahomet mais aussi Jésus et ceux présents dans l'Ancien Testament, ainsi que les imams peuvent d'ailleurs donner lieu à des représentations ayant, selon les époques et les endroits, le visage voilé ou non. La question de la représentation figurée est donc complexe d'autant plus que son évolution la rend encore plus difficile à comprendre95.

La connaissance des arts de l'Islam dans le monde

Historiographie des arts de l'Islam

Les arts de l'Islam sont connus depuis longtemps en Europe grâce aux nombreuses importations de matériaux précieux (soie, cristal de roche) au Moyen Âge. Beaucoup de ces objets, devenus reliquaires, étaient ou sont actuellement conservés dans les trésors des églises du monde occidental96. Toutefois, l'histoire des arts de l'Islam en tant que science est une discipline très récente en comparaison, par exemple, avec celle des arts antiques. D'ailleurs, sur les champs de fouille, les arts de l'Islam ont souvent été victimes d'archéologues désireux d'accéder aux niveaux antiques et qui pour cela saccageaient les plus récents.

Née au XIXe siècle et poussée par le mouvement orientaliste, cette discipline connaît une évolution marquée de nombreux cahots, dus aux événements politiques et religieux mondiaux. La colonisation notamment a favorisé l'étude de certains pays — ainsi que l'éclosion des collections européennes et américaines — mais des périodes entières ont été négligées97. De même, la guerre froide a considérablement ralenti l'étude des arts de l'Islam en empêchant la diffusion des études et des découvertes.

Grandes collections d'arts de l'Islam

 
Tesson à l'oiseau, Syrie, début du XIIIe siècle, musée du Louvre.

Comme souvent, les grandes collections d'arts de l'Islam se situent plutôt dans le monde occidental, aux musée du Louvre, Metropolitan Museum of Art, British Museum, Victoria and Albert Museum notamment. Cependant, il existe des collections ailleurs, notamment celle du musée islamique du Caire ou du musée National du Qatar. La fondation Gulbenkian de Lisbonne et la collection Khalili conservent également de nombreuses pièces. Les musées américains, comme la Freer Gallery of Art de Washington, ont souvent un fond assez important, aussi bien pour les objets que les manuscrits. Le corning museum of Glass de New York possède l'un des fonds de verres islamiques les plus importants au monde. Pour les manuscrits, il faut aussi signaler de grandes bibliothèques, comme la British Library ou la bibliothèque nationale de France, dont les fonds orientaux sont assez développés mais les musées conservent aussi des pages illustrées et des manuscrits.

Grands sites archéologiques

Article détaillé : Archéologie islamique.

Pour les productions les plus anciennes, tant d'architecture que d'objets, une importante archéologie islamique a eu cours, notamment en Irak, à Samarra ou à Suse par exemple, ou encore au Caire. Malgré le contexte actuel, de grands sites sont encore fouillés dans tout le monde islamique depuis le Pakistan jusqu'au Maghreb.

 
La Grande Mosquée de Kairouan, élevée à partir de 670, reconstruite par la suite et dont la forme actuelle date du IXe siècle (836-875), est l'un des joyaux de l'art et de l'architecture islamiques, Tunisie.

Architecture

On nomme architecture islamique l'art de construire (al-bina) développé dans une région s'étendant de l'Espagne à l'Inde entre 622 et le XIXe siècle, le dar-al-islam, correspondant au califat omeyyade.

Techniques d'architecture

Matériaux

Le choix d'un matériau dépend de beaucoup de facteurs : la région où l'édifice est construit, l'accessibilité du matériau, son coût, sa destination...

Il existe cinq types de matériaux utilisés dans la construction en Islam, sans compter le bois que l'on retrouve partout, et notamment dans les charpentes.

  • le pisé (tabya) : il s'agit d'un mélange de terre, de chaux et de chamotte (argile cuite pilée) ou de petits cailloux. Pressé entre deux planches de bois (encaissement), ce matériau est utilisé principalement pour les habitations.
  • le banco mélange de terre crue et de paille, la Mosquée Djingareyber de Tombouctou est en banco.
  • la brique crue (tawb) : elle a l'avantage d'être facile à trouver et à utiliser, et peu coûteuse. Son grand défaut réside dans sa très mauvaise conservation : l'eau lui est fatale.
  • la brique cuite (adjurr) : très utilisée depuis l'Irak jusqu'à l'Inde, elle fut également le matériau de prédilection en Égypte jusqu'aux XIIe et XIIIe siècles. Elle est usitée pour tous types de monuments, des plus simples aux plus importants (mosquées, madrasas, tombeaux...). Peu chère, elle se conserve bien.
  • le moellon : il se constitue de pierres mal aguerries qui tiennent grâce à un mortier de chaux et de sable, auquel ont parfois été ajoutés du charbon et de la chamotte.
  • la pierre : elle est en usage depuis l'Espagne jusqu'à l'Irak. La nature des pierres utilisées varie selon les régions. En général, les marbres sont utilisés pour leurs propriétés décoratives (couleurs).

Éléments architecturaux

Arcs

Les arcs sont un élément majeur dans l'architecture islamique tout comme dans l'architecture occidentale. Certains sont courants en orient comme en occident : arc en plein cintre, arc brisé, mais d'autres sont plus spécifiques au monde islamique, comme l'arc persan, au profil caréné, l'arc polylobé, l'arc à lambrequins ou encore l'arc outrepassé (souvent dit "en fer à cheval"), tous trois très employés en Espagne et au Maghreb.

Supports

Les architectes islamiques utilisent deux types de supports : les piliers et les colonnes.

  • La colonne est un support cylindrique. Dans les premiers siècles de l'Islam, les colonnes utilisées proviennent souvent de remplois de bâtiments antiques, mais au bout d'un certain temps, les matériaux antiques se faisant rares, les ouvriers islamiques apprirent à en tailler eux-mêmes.
  • Un pilier est un élément maçonné, le plus souvent carré, rectangulaire ou cruciforme.

Coupoles

 
Coupole du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan (IXe siècle).

Une coupole est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Ils peuvent se servir de pendentifs, c’est-à-dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans le monde byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.

Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n'ont en général pas de véritable fonction architectonique.

On appelle dôme l'extérieur d'une coupole. À partir du XVe siècle, les coupoles sont très souvent doubles, c’est-à-dire qu'il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.

L'une des plus anciennes et des plus remarquables coupoles sur trompes du monde musulman, est la coupole élevée au-dessus du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie1 ; cette coupole, datée de la première moitié du IXe siècle (vers 836), comprend extérieurement une calotte hémisphérique côtelée reposant sur un tambour octogonal aux faces légèrement concaves qui se dresse sur une base carrée ornée de niches2. Intérieurement, la calotte hémisphérique est ornée de 24 cannelures concaves rayonnant autour de la clef de la coupole1.

Iwans

Les iwans sont nés dans le monde iranien bien avant l'arrivée de l'Islam, sans doute sous la dynastie sassanide. Il s'agit d'un hall voûté (ou d'un vaste porche voûté) avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc3.

Pishtak

Le pishtak est également un élément provenant d'Iran. Il s'agit d'un portail en forme d'arc qui fait saillie sur la façade où il se trouve. En général, il est cantonné de deux minarets, mais ce n'est pas systématique3.

Moucharabiehs et fenêtres à jalousie

La fermeture des fenêtres et autres ouvertures est un élément traité de différentes manières dans le monde islamique. Les moucharabiehs, des sortes de grillages en bois tourné (ou d'autres matériaux, par exemple le marbre en Inde) sont fréquemment utilisés. Parfois, des barrières de moucharabiehs sont même créées, comme dans les complexes et les mosquées mameloukes.

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Éléments décoratifs

Il existe mille et une manières de décorer un bâtiment en terres d'Islam. La céramique, la sculpture, la peinture, la mosaïque sont quelques-unes des techniques les plus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale.

Contrairement à une idée très répandue, le décor architectural, comme l'art islamique en général, est souvent figuratif. Une exception importante, cependant, concerne les édifices à vocation religieuse, qui ne peuvent théoriquement comporter de représentations humaines ni animales.

Éléments architecturaux à vocation décorative

 
Grande mosquée de Cordoue, vue intérieure.

Évidemment, le décor d'un bâtiment passe tout d'abord par les composants de son architecture. Matériaux, arcs, supports, coupoles sont autant de médiums de décor : ce n'est pas pour rien que la Grande mosquée de Cordoue comporte des colonnes de marbre bleu et blanc, des arcs à claveaux de couleurs alternées parfois polylobés, et des moulures dans ses coupoles ! Dans la conception d'un édifice, l'architecte prend au moins autant en compte les données purement architecturales que les données ayant trait au décor.

 
Voûte remplie de muqarnas, palais nasrides de l'Alhambra de Grenade.

Un élément assez caractéristique du monde islamique illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarnas, également appelé "muqarbas" dans les pays d'occident musulmans ou plus simplement "stalactite". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant une composition en trois dimensions4. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux, dans des voûtes, etc. Cet élément a une origine obscure : on pense souvent qu'il serait né en Iran oriental vers le Xe siècle, mais d'autres hypothèses circulent (Égypte, occident, Bagdad...). Quoi qu'il en soit, il est répandu dans l'ensemble du monde islamique, et les splendides voûtes à muqarnas de l'Alhambra de Grenade n'ont rien à envier à celles des Timurides. Plusieurs matériaux sont utilisés pour les créer, selon les régions et les périodes : stuc et faïence en Iran, pierre en Égypte et en Syrie.

L'ablaq est également une technique islamique, principalement répandue en Syrie et en Égypte, mais qui se retrouve également parfois en Anatolie. Elle consiste en l'incrustation de pierres de couleurs différentes (marbre le plus souvent) dans le mur5. Le chef-d'œuvre de cette technique est le mihrab de la madrasa Firdaws, à Alep, qui date de la période ayyubide, mais les mamelouks utilisèrent également cette technique de manière expansive.

Mosaïque

 
Mosaïque de la Grande mosquée de Damas, vers 715.
 
Mosaïque du Khorbat al-Mafjar, VIIIe siècle.

La mosaïque est utilisée à plusieurs époques : Califat des Omeyyades, califat des Omeyyades d'Espagne, califat des Abbassides, sultanat mamelouk. Dans les trois premiers cas, on note une forte influence antique et byzantine (mosaïque à fond d'or). On sait d'ailleurs que des artistes byzantins ont travaillé dans le monde islamique à ses débuts. Pour les mosaïques mameloukes, le cas est un peu différent, car il s'agissait cette fois d'un retour aux sources. Elles sont donc fortement influencées par les mosaïques à fond d'or du Dôme du Rocher et de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas.

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Terre cuite

La terre cuite est extrêmement utilisée pour décorer tous types de bâtiments, dans le monde iranien notamment, mais également dans tout le reste du monde islamique. On peut utiliser deux types d'éléments : des éléments structurels, c’est-à-dire des briques, glaçurées ou décorées de quelque manière que ce soit, et des éléments purement décoratifs, à savoir des carreaux de revêtement en céramique.

Les principales techniques utilisées sont les suivantes :

avec des briques
  • Les jeux sur des motifs dans les briques non-glaçurées, comme au Bab Mardum, à Tolède ;
  • Le hazerbaf, qui signifie "mille tissages" en persan : un travail sur le contraste entre brique glaçurées et non-glaçurées. Cette technique est principalement utilisée dans l'architecture il-khanide et timuride. Parfois, les briques dessinent des mots en calligraphie kufique (répétition du nom d'Allah, par exemple).
avec de la céramique décorative
  • Les carreaux de revêtement. Selon l'époque, ils peuvent être en forme d'étoile, de triangles, d'octogones qui s'imbriquent ou plus sagement carrés, formant des panneaux. Les techniques de décor sont variées : carreaux moulés sous glaçure monochrome, lajvardina, cuerda seca, etc.
 
Panneau en cuerda seca, provenant du Chehel Sutun, époque safavide.
  • La mosaïque de céramique est assez spécifique à l'art timuride. Il s'agit en fait de formes découpées dans des carreaux de céramiques de couleurs diverses. Cette technique, extrêmement délicate, sera remplacée sous les Safavides par celle de la cuerda seca, moins complexe et moins coûteuse, mais qui permet des effets assez similaires.

Typologie des bâtiments

Les fonctions d'un bâtiment peuvent être multiples (mosquée et madrasa, par exemple). Il arrive souvent que des archéologues ne soient pas en mesure d'identifier exactement le bâtiment auquel ils ont affaire, car des plans identiques peuvent être utilisés pour différents types d'édifices.

Architecture religieuse

La mosquée et les lieux de culte

La mosquée est le lieu de prière (salat en arabe) pour les musulmans. Selon le Coran, la prière doit se faire n'importe où, car tout endroit est saint puisqu'il a été créé par Allah. Le Prophète lui-même tenait l'architecture pour coûteuse et inutile : un comble, quand on pense aux milliers de réalisations architecturales du monde islamique ! Très rapidement, en effet, se sont développés des lieux où les musulmans se rassemblaient pour prier. Ces édifices servaient non seulement à rassembler une communauté minoritaire (le monde islamique n'est devenu à majorité musulmane qu'au cours du XIIIe siècle) en mal de repères, mais aussi à marquer les lieux dominés par l'Islam.

En arabe, mosquée se dit « masjid », du mot sajada, se prosterner.

Types de mosquées et de lieux de cultes s'en rapprochant

Il existe différents types de mosquées. La plus simple est la mosquée de quartier, qui permet aux croyants de venir prier quand bon leur semble.

Plus importante est la mosquée majeur, dite aussi mosquée congrégationnelle ou Grande mosquée ( masjid el kabirr ), Comme son nom l'indique, elle sert principalement pour la grande prière du vendredi, le jour saint des musulmans. Il n'en existe souvent qu'une pour les petites agglomérations, la ville du Caire, par exemple, en comporte une dizaine.

Enfin, la musalla est un lieu de prière en plein air, généralement situé en dehors des villes, qui sert lors des grandes fêtes religieuses.

Éléments constitutifs d'une mosquée
 
Salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.
  • L'enceinte : la mosquée est toujours séparée du monde extérieur par une enceinte. Parfois, elle jouit même d'une ziyada, c’est-à-dire d'un espace vide clos par deux enceintes qui entoure la mosquée et sert pour la purification du croyant.
  • La salle de prière ou Haram : c'est le lieu où les musulmans prient. Le sol est toujours recouvert de tapis afin de conserver le lieu purifié.
  • La fontaine : indispensable dans une mosquée, elle permet au croyant de pratiquer ses ablutions rituelles avant la prière.
  • Le minaret : haute tour, d'où le muezzin lance l'appel à la prière. Le minaret sert à marquer l'emplacement d'un sanctuaire, car on le voit de loin, tout en permettant, surtout de porter la voix bien au-delà des habitations environnantes, appel faisant. Sa forme varie selon les régions et les époques.
  • Le mihrab : élément le plus important du bâtiment, car il indique la Qibla, la direction de la Mecque, vers laquelle prient les musulmans. Le mihrab prend place sur le mur qibli. Le mihrab a en général la forme d'une niche plus ou moins profonde et plus ou moins grande. Il peut en exister plusieurs dans une même mosquée, dès lors ou elles demeurent dans la même direction, ( Qibla )
  • Le minbar : chaire à prêcher. En bois ou en tout autre matériau (pierre, marbre par exemple), il se situe toujours juste à côté du mihrab. Le plus ancien minbar du monde musulman, daté du IXe siècle (vers 862) et réalisé en bois de teck finement sculpté, se trouve dans la Grande Mosquée de Kairouan (à Kairouan en Tunisie)6.
  • La dikka : tribune qui permet de répercuter dans la salle de prière le sermon du muezzin. On n'en trouve que dans les grandes mosquées.
  • La Maqsura : il s'agit d'un endroit clos situé près du mihrab, réservé au souverain pour le protéger des attaques. La maqsura n'est pas présente dans toutes les mosquées, car elle s'oppose à l'idéal d'égalité de la religion musulmane.
Les différents plans de mosquées
 
Exemple de plan arabe : la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie, vue d'ensemble.
  • Plan arabe

C'est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison de Mahomet à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, se compose d'une cour à portique et d'une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu'au Maghreb (exemple la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie, dont l'état actuel date principalement du IXe siècle), à l'Espagne et à l'Irak.

  • Plan iranien

Comme son nom l'indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est-à-dire dans une région comprenant l'Iran, une partie de l'Afghanistan et du Pakistan et une partie de l'Irak. Cependant, c'est aussi le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole et dans l'actuel territoire de l'Ouzbékistan sous la dynastie des Chaybanides. Il apparaît au Xe siècle avec la dynastie seldjoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voûtée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans une encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La mosquée du Shah à Ispahan est l'un des plus beaux exemples connus de plan iraniens.

 
Exemple de plan moghol : Mosquée de Badshahi, Pakistan, vue de la cour.
 
Exemple de plan ottoman : Yeni Cami, Istanbul.
  • Plan Moghol

Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bîdâr utilisent ce type de plan.

  • Plan Ottoman

Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point après la prise de Constantinople en 1453 par l'architecte Sinan ; cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d'une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi-coupoles et de coupolettes. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).

La madrasa

Une madrasa est généralement considérée comme une école coranique, cependant, c'est principalement un lieu où l'on étudie le droit. Certes, celui-ci est basé sur la Charia, la loi islamique telle qu'expliquée dans le Coran, mais dans le monde islamique, il faut se rendre compte que le Coran régit la plupart des aspects de la vie quotidienne. Les madrasas enseigne un ou plusieurs des quatre rites orthodoxes (hanafite, chaféite, malékite et hanbalite), qui correspondent à quatre écoles de droit, légèrement différentes sur certains aspects canonique et traditionnel. De plus, on enseigne également dans les madrasas la philologie, la linguistique arabe, la science (sauf la médecine, qui est enseignée dans des écoles spécialisées). Souvent, la madrasa sert de mosquée de quartier, et vice versa. Elles sont toujours administrées en waqf (fondation pieuse).

Origine

Le concept de la madrasa naît en Iran au XIe siècle, grâce au célèbre vizir Nizam al-Mulk, bien que l'on ne connaisse actuellement aucune de ses « nizamiyya ». Par contre, on retrouve cette origine iranienne dans l'unité architecturale qui caractérise les madrasas : le plan cruciforme, à quatre iwans, semble en être un marqueur.

Développements

Mis à part en Iran, on trouve des madrasas en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, et au Maghreb à partir des Mérinides.

Les madrasas anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre et par leur cour étroite, voire inexistante en raison du climat froid de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se poursuit en Anatolie aux XIVe et XVe siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.

Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasas pour extirper le Chi’isme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment, en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243). On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.

C'est sans doute à l'époque mamelouke que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasas étaient bien évidemment liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamluke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.

À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au XVIIe siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chi'ites.

 

L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent principalement à étendre les Sufismes à des populations nomades souvent encore non islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques notamment à Fez, comme la madrasa Attarin, la madrasa Bu' Inaniyya, ou encore à Tlemcen avec la Medersa Khaldouniya.

En Espagne, l'enseignement avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote d'une importante influence mérinide : la Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de magnifiques stucs peints.

Les lieux de retraite

Il existe trois grands types de lieux de retraites : les Ribat, les Khanqah et les Zawiya.

Ribat

Un ribat est un édifice à la fois religieux et militaire, construit généralement dans une zone frontalière ou sur un axe de communication important (littoral, route). Il abrite des militaires tournés vers la foi, c'est-à-dire combattant essentiellement pour le Jihad, la guerre sainte. Il contient généralement une mosquée, et peut servir d'hôtellerie, notamment pour accueillir un gouverneur ou un dirigeant, mais il s'agit surtout d'une place forte, d'un endroit fortifié. Les variations architecturales sont très grandes, en fonction des époques et des régions. Le ribat de Sousse est l'un des plus connus et des plus anciens.

Khanqah ou Khanaqa

Une khanqah est le lieu de vie de mystiques musulmans, mais aussi un lieu de retraite temporaire pour des personnages « civils ». Elle peut se trouver en ville ou en rase campagne, selon l'ordre qui y vit, et comporte généralement une ou plusieurs mosquées et des cellules. Elle peut également abriter une école et sert souvent de lieu funéraire pour son fondateur.

Zawiya

Une zawiya, comme une khanqah, est un bâtiment abritant des sufis et un tombeau (celui du fondateur, en général). Elle diffère de la khanqah par sa taille, plus imposante, et le rôle d'enseignement qui lui est dévolu.

Architecture funéraire

 
La necropole de Shah-i Zindah, à Samarcande, en Ouzbékistan.

Dans le monde islamique, les musulmans sont normalement enterrés à même le sol, dans un linceul, sans cercueil ni tombe. Cependant, rapidement se sont développés plusieurs types d'architecture funéraires pour les hauts personnages et surtout pour les saints. Cette architecture est née dans l'est de l'aire islamisée, c'est-à-dire en Iran, où de nombreuses religions étaient pratiquées et traitaient leurs défunts de manières différentes, et où le chiisme dominait. De par sa dimension martyriale, le chiisme a favorisé l'apparition de mausolées, qui servent de lieu de prière et d'invocations de saints, comme c'est par exemple le cas à Mashhad avec le tombeau de l'imam Reza. Les tombeaux de saints sont appelés imamzadeh.

Deux formes émergent en particulier : le mausolée sous coupole et la tour funéraire, mais la typologie varie d'un lieu et d'une période à l'autre.

Mausolées sous coupole

 
Le Gour Emir à Samarcande

Un mausolée sous coupole est, comme son nom l'indique, un bâtiment de base polygonale surmonté d'un dôme. Ce type existe depuis au moins le Xe siècle, comme en témoigne le mausolée des Samanides à Boukhara (actuel Ouzbékistan). Les formes les plus diverses existent : carré, octogonal, circulaire, sur arcades, etc. et les tailles varient beaucoup. Ainsi, le mausolée des Samanides ne mesure que quelques mètres de large, mais le mausolée d'Oldjaïtou à Sultaniya est un énorme octogone de plus de 38 mètres de diamètre et haut de 77 mètres environ7 ! Le mausolée de Tamerlan le Gour Emir à Samarcande se distingue par sa faïence bleue à reflets métalliques.

Tours funéraires

Il semble que le type de la tour funéraire dérive de rites zoroastriens : les cadavres étaient exposés au sommet de hautes tours. Ainsi, le Gonbad-e Qabus, l'une des premières tours funéraires (1007) se rattache encore à cette tradition, même si son commanditaire était musulman. Plus tard, les chambres funéraires furent placées sous la tour, dans une crypte, puis à sa base. Comme les mausolées sous coupoles, les tours peuvent prendre différentes formes : polygonales, étoilés, circulaires, etc. Souvent, le plan intérieur est simplifié par rapport à l'extérieur : ainsi, le visiteur voit une tour étoilée, mais entre dans une pièce circulaire.

Si le type de la tour funéraire est resté assez persan, celui de la pièce sous coupole s'est bien répandu dans le monde arabe, et se retrouve en Égypte comme en Anatolie. Il est fréquent dans ces régions comme en Perse à partir des Il-khanides que le tombeau fasse partie d'un complexe funéraire.

Complexes

 
Minaret de la Mosquée d'Abou Madyane a Tlemcen en Algérie

Les complexes sont des regroupements de plusieurs bâtiments. On trouve généralement dans un complexe une mosquée et/ou une ou plusieurs madrasas, le tombeau du fondateur et de sa famille et des institutions à caractère charitable (soupes populaires, hospices) et/ou médical (maristan, asile, école de médecine). Un complexe est généralement administré en waqf, c’est-à-dire que les revenus de boutiques et de logements loués lui sont versés pour son fonctionnement. Ces boutiques et ces logements peuvent ou non se trouver dans le complexe lui-même. Il arrive également que des ateliers d'artistes s'y trouvent, notamment pour les fondations sultaniennes.

Les mamelouks ont construit nombre de complexes, mais les plus impressionnants sont dus aux Ottomans.

Architecture civile et palatiale

Les architectures arabes sont encore présentes en Espagne.

Les palais

Contrairement à leurs homologues occidentaux, les palais en terre d'Islam se présentent sous la forme de petites entités dispersées, souvent dans des jardins qui structurent l'espace. Plusieurs éléments se trouvent presque systématiquement dans les palais islamiques : la salle d'audience (Diwan, qui est aussi le nom du conseil des ministres), le harem, qui ne constitue pas un lieu réservé aux femmes, mais tout simplement les appartements privés de l'habitant, et enfin des pavillons de plaisance.

Les murs de l'Alhambra, à Grenade, enserrent plusieurs palais. De même, on en trouve un particulièrement célèbre à Istanbul, le Topkapı Sarayı et au Caire, il en subsiste également quelques-uns d'époque mamelouke. Cependant, la plupart des palais anciens ont été détruits, par des conquérants désireux d'effacer les traces des dynasties précédentes, ou par le temps, quand ils étaient bâtis en matériaux périssables tels la brique crue et le bois.

Habitations

Maristan et structures médicales

Un maristan (ou bimaristan) est un hôpital. Presque toujours administré en waqf, il appartient souvent à un complexe, étant donné sa vocation charitable. En effet, un maristan se doit d'accueillir tout musulman (et toute musulmane) et de lui offrir des soins gratuits. Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que le personnel est sous-qualifié : certains des plus grands médecins y travaillaient. Ainsi, al-Razi, dont le traité sur la variole et la rougeole fut utilisé en occident comme en Orient jusqu'au XIXe siècle, travailla de nombreuses années à diriger le maristan de Bagdad au Xe siècle.

Les principales caractéristiques architecturales de telles structures sont un nombre important de pièces et une attention particulière donnée à l'eau, au travers de fontaines, bassin, canaux…

Des maristans étaient présents dans toutes les grandes villes, depuis Grenade jusqu'à Mashhad, et souvent couplés avec une école de médecine. Les asiles d'aliénés étaient également nombreux, tout comme les imarets (soupes populaires).

Le bâtiment le mieux conservé à l'heure actuelle est sans doute le maristan de Nur al-Din à Alep, et le plus remarquable, celui du complexe funéraire de Qala'un, malheureusement en mauvais état, mais dont les sculptures de stuc subsistantes prouvent la magnificence. Long de près de 70 mètres, il couvrait une surface immense, et s'organisait autour d'une cour à quatre iwans inégaux. Dans cette cour, une fontaine coulait dont partaient quatre canaux qui alimentaient certaines pièces.

Structures d'hygiène

Deux sortes de bâtiments contribuent à améliorer l'hygiène des villes : le sabil et le hammam.

  • Un sabil est une fontaine publique, dont chacun peut puiser gratuitement l'eau. Généralement construite grâce aux dons des puissants, on en trouve beaucoup dans les villes. À partir de la fin de la période Mamelouke (règne de Qaytbay), le sabil est associé à un quttab, une école élémentaire, qui se situe généralement au-dessus.
  • Les hammams sont des bains, organisés la plupart du temps sur le modèle des bains romains (salles froide, tiède et chaude). Ils prennent une place prépondérante dans le monde islamique, où la propreté du corps est considérée comme essentielle.

Structures de commerce

Caravansérails

Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq qui est le plus couramment employé. Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.

Les wakala sont des édifices urbains où les marchands déposent et vendent leurs marchandises à des grossistes. L'un des plus importants est la wakala d'Al-Ghuri, au Caire.

Marchés

Dans les villes, les marchés sont des lieux importants. Ils prennent le nom de souk en arabe et de bazar en persan. Ils sont en général organisés par corporations. Les échoppes et les réserves se trouvent au rez-de-chaussée et le premier étage comprend les logement des marchands, et parfois leurs ateliers s'ils vendent leur propre production. Toutefois, les métiers dégageant des odeurs indésirables (tanneries) et présentant des risques d'incendie sont relégués aux extrémités du marché ou à l'extérieur de la ville. On trouve souvent dans les souks des logements à louer.

Styles

Architecture ottomane

 
Mosquée bleue, construite en 1616. (Istanbul, Turquie)

Le plan standard de l'architecture ottomane a été en partie inspiré par l'exemple de Sainte-Sophie à Constantinople / IstanbulIlkhanide fonctionne comme Oljeitu Tomb et antérieures seldjoukides édifices monumentaux et d'Anatolie Beylik et leurs propres innovations originales. Le plus célèbre des architectes ottomans était (et reste) Mimar Sinan, qui a vécu pendant environ un cent ans et a conçu plusieurs centaines de bâtiments, dont deux des plus importants sont mosquée Süleymaniye à Istanbul et Mosquée Selimiye à Edirne. Les apprentis de Sinan construisirent plus tard la célèbre Mosquée bleue à Istanbul et le Taj Mahal en Inde.

La plus nombreuse et la plus grande des mosquées existent dans la Turquie, qui a obtenu l'influence des byzantins, perses et arabes-syriens dessins. Architectes turcs en œuvre leur propre style de dômes coupoles8. Pour près de 500 ans l'architecture byzantine comme l'église de Sainte-Sophie a servi de modèles pour la plupart des mosquées ottomanes comme la Mosquée Shehzade, la mosquée Suleiman, et la mosquée de Rüstem Pacha .

Les Ottomans maîtrisé la technique de la construction de vastes espaces intérieurs confinés par des dômes encore massives apparemment en apesanteur, et d'atteindre une parfaite harmonie entre les espaces intérieurs et extérieurs, ainsi que lumière et d'ombre. L'architecture religieuse islamique, qui jusque-là composée de bâtiments simples avec de vastes décorations, a été transformé par les Ottomans à travers un vocabulaire architectural dynamique de voûtes, dômes, semidomes et de colonnes. La mosquée a été transformé d'une chambre à l'étroit et sombre avec des murs couverts d'arabesques en un sanctuaire de l'équilibre esthétique et technique, élégance raffinée et un soupçon de la transcendance céleste.

Architecture indo-islamique

 
Le Taj Mahal à Agra en Inde.

Un autre sous-style distinctif est l'architecture indo-islamique en Asie du Sud, une fusion des arabes, d'Asie centrale et des éléments persans avec la locale architecture hindoue. Les exemples les plus célèbres de l'architecture moghole sont la série de mausolées impériaux, qui a commencé avec le pivot Tombe de Humayun, mais il est surtout connu pour le Taj Mahal, complété en 1648 par l'empereur Shah Jahan en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal, qui est morte en donnant naissance à leur 14e enfant. Le Taj Mahal est complètement symétrique, sauf pour de Shah Jahan le sarcophage, qui est décentré dans la salle de la crypte en dessous de l'étage principal. Cette symétrie étendu à la construction de toute une mosquée de miroir en marbre noir pour compléter la mosquée Mecca-lieu face à l'ouest de la structure principale. Un exemple célèbre de l'charbagh style de Mughal jardin est les jardins de Shalimar à Lahore, où le domeless Tombeau de Jahangir est également situé. Bibi Ka Maqbara dans Aurangabad, qui a été commandée par le sixième empereur moghol Aurangzeb en mémoire de son épouse. Le Fort Rouge à Delhi et le Fort d'Agra sont énormes palais fortifiés semblable à un château et la ville abandonnée de Fatehpur Sikri42 kilomètres à l'ouest de Agra, a été construit pour Akbar à la fin du XVIe siècle9

Architecture sino-islamique

 
La Grande Mosquée de Xi'an en Chine

La première mosquée chinoise a été créé dans le VIIe siècle durant la dynastie des Tang à Xi'an. La Grande Mosquée de Xi'an, dont les bâtiments actuels datent de la dynastie des Ming, ne réplique pas beaucoup des caractéristiques souvent associées avec des mosquées traditionnelles. Au lieu de cela, il suit traditionnelle architecture chinoise. Certaines mosquées chinoises dans certaines parties de la Chine occidentale étaient plus susceptibles d'intégrer les minarets et les dômes des mosquées tout l'Est chinois étaient plus susceptibles de ressembler à des pagodes10.  

Une caractéristique lathan important dans l'architecture chinoise est l'accent mis sur la symétrie, qui connote une impression de grandeur ; cela vaut pour tout, de palais de mosquées. Une exception notable est dans la conception de jardins, qui tend à être asymétrique comme possible. Comme les peintures de défilement chinoise, le principe qui sous-tend la composition du jardin est de créer durable écoulement ; de laisser le patron se promener et profiter du jardin sans ordonnance, comme dans la nature elle-même.

Bâtiments chinois peuvent être construits avec des briques rouges soit ou gris, mais les structures en bois sont les plus courantes ; ceux-ci sont plus capables de résister à des tremblements de terre, mais sont vulnérables au feu. Le toit d'un immeuble typiquement chinois est courbe ; il y a des classifications strictes de types de pignon, comparables avec les ordres classiques de colonnes européennes.

La plupart des mosquées ont certains aspects en commun avec l'autre mais comme avec d'autres régions de l'architecture islamique chinoise reflète l'architecture locale dans son style. La Chine est réputée pour ses belles mosquées, qui ressemblent à des temples. Cependant, dans l'ouest de la Chine les mosquées ressemblent à celles du monde arabe, avec de hauts minarets élancés, arcs, courbes et toits en forme de dôme. En Chine au nord-ouest où le chinois Hui ont construit leurs mosquées, il y a une combinaison de styles orientaux et occidentaux. Les mosquées ont éclaté toits de style bouddhistes fixés dans les cours paroi entré par des arcades avec des dômes et des miniatures minarets11.  

Architecture afro-islamique

 
La Grande Mosquée de Djenné au Mali

La conquête islamique de l'Afrique du Nord a vu le développement de l'architecture islamique dans la région, y compris certaines structures célèbres comme la citadelle du Caire.

Dans le sud du Sahara, l'influence islamique était l'une des plus grandes contributions au développement de l'architecture à l'époque de l'Empire du Ghana. Au Kumbi Saleh, les habitants vivaient dans des huttes en forme de dôme que les commerçants avaient des maisons en pierre. L'architecture du Sahel d'abord passé de deux villes de Djenné et de Tombouctou. Sanskore mosquée de Tombouctou,construite à partir de la boue y.madera, était similaire au style Grande Mosquée de Djenné. En raison de la montée de certains royaumes dans la région côtière ouest-africaine, il a produit une architecture qui a été introduit à la place des autres traditions indigènes, utilisation du bois. La célèbre ville de Bénin, détruit par l'expédition punitive au Bénin était un grand complexe de maisons de boue avec des toits debardeaux ou de feuilles de palmiers. Le palais avait une séquence de salles d'apparat, et a été décoré avec des plaques de laiton.

Sciences et philosophie

Techniques d'architecture

Matériaux

Le choix d'un matériau dépend de beaucoup de facteurs : la région où l'édifice est construit, l'accessibilité du matériau, son coût, sa destination...

Il existe cinq types de matériaux utilisés dans la construction en Islam, sans compter le bois que l'on retrouve partout, et notamment dans les charpentes.

  • le pisé (tabya) : il s'agit d'un mélange de terre, de chaux et de chamotte (argile cuite pilée) ou de petits cailloux. Pressé entre deux planches de bois (encaissement), ce matériau est utilisé principalement pour les habitations.
  • le banco mélange de terre crue et de paille, la Mosquée Djingareyber de Tombouctou est en banco.
  • la brique crue (tawb) : elle a l'avantage d'être facile à trouver et à utiliser, et peu coûteuse. Son grand défaut réside dans sa très mauvaise conservation : l'eau lui est fatale.
  • la brique cuite (adjurr) : très utilisée depuis l'Irak jusqu'à l'Inde, elle fut également le matériau de prédilection en Égypte jusqu'aux XIIe et XIIIe siècles. Elle est usitée pour tous types de monuments, des plus simples aux plus importants (mosquées, madrasas, tombeaux...). Peu chère, elle se conserve bien.
  • le moellon : il se constitue de pierres mal aguerries qui tiennent grâce à un mortier de chaux et de sable, auquel ont parfois été ajoutés du charbon et de la chamotte.
  • la pierre : elle est en usage depuis l'Espagne jusqu'à l'Irak. La nature des pierres utilisées varie selon les régions. En général, les marbres sont utilisés pour leurs propriétés décoratives (couleurs).

Éléments architecturaux

Arcs

Les arcs sont un élément majeur dans l'architecture islamique tout comme dans l'architecture occidentale. Certains sont courants en orient comme en occident : arc en plein cintre, arc brisé, mais d'autres sont plus spécifiques au monde islamique, comme l'arc persan, au profil caréné, l'arc polylobé, l'arc à lambrequins ou encore l'arc outrepassé (souvent dit "en fer à cheval"), tous trois très employés en Espagne et au Maghreb.

Supports

Les architectes islamiques utilisent deux types de supports : les piliers et les colonnes.

  • La colonne est un support cylindrique. Dans les premiers siècles de l'Islam, les colonnes utilisées proviennent souvent de remplois de bâtiments antiques, mais au bout d'un certain temps, les matériaux antiques se faisant rares, les ouvriers islamiques apprirent à en tailler eux-mêmes.
  • Un pilier est un élément maçonné, le plus souvent carré, rectangulaire ou cruciforme.

Coupoles

 
Coupole du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan (IXe siècle).

Une coupole est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Ils peuvent se servir de pendentifs, c’est-à-dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans le monde byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.

Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n'ont en général pas de véritable fonction architectonique.

On appelle dôme l'extérieur d'une coupole. À partir du XVe siècle, les coupoles sont très souvent doubles, c’est-à-dire qu'il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.

L'une des plus anciennes et des plus remarquables coupoles sur trompes du monde musulman, est la coupole élevée au-dessus du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie1 ; cette coupole, datée de la première moitié du IXe siècle (vers 836), comprend extérieurement une calotte hémisphérique côtelée reposant sur un tambour octogonal aux faces légèrement concaves qui se dresse sur une base carrée ornée de niches2. Intérieurement, la calotte hémisphérique est ornée de 24 cannelures concaves rayonnant autour de la clef de la coupole1.

Iwans

Les iwans sont nés dans le monde iranien bien avant l'arrivée de l'Islam, sans doute sous la dynastie sassanide. Il s'agit d'un hall voûté (ou d'un vaste porche voûté) avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc3.

Pishtak

Le pishtak est également un élément provenant d'Iran. Il s'agit d'un portail en forme d'arc qui fait saillie sur la façade où il se trouve. En général, il est cantonné de deux minarets, mais ce n'est pas systématique3.

Moucharabiehs et fenêtres à jalousie

La fermeture des fenêtres et autres ouvertures est un élément traité de différentes manières dans le monde islamique. Les moucharabiehs, des sortes de grillages en bois tourné (ou d'autres matériaux, par exemple le marbre en Inde) sont fréquemment utilisés. Parfois, des barrières de moucharabiehs sont même créées, comme dans les complexes et les mosquées mameloukes.

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Éléments décoratifs

Il existe mille et une manières de décorer un bâtiment en terres d'Islam. La céramique, la sculpture, la peinture, la mosaïque sont quelques-unes des techniques les plus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale.

Contrairement à une idée très répandue, le décor architectural, comme l'art islamique en général, est souvent figuratif. Une exception importante, cependant, concerne les édifices à vocation religieuse, qui ne peuvent théoriquement comporter de représentations humaines ni animales.

Éléments architecturaux à vocation décorative

 
Grande mosquée de Cordoue, vue intérieure.

Évidemment, le décor d'un bâtiment passe tout d'abord par les composants de son architecture. Matériaux, arcs, supports, coupoles sont autant de médiums de décor : ce n'est pas pour rien que la Grande mosquée de Cordoue comporte des colonnes de marbre bleu et blanc, des arcs à claveaux de couleurs alternées parfois polylobés, et des moulures dans ses coupoles ! Dans la conception d'un édifice, l'architecte prend au moins autant en compte les données purement architecturales que les données ayant trait au décor.

 
Voûte remplie de muqarnas, palais nasrides de l'Alhambra de Grenade.

Un élément assez caractéristique du monde islamique illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarnas, également appelé "muqarbas" dans les pays d'occident musulmans ou plus simplement "stalactite". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant une composition en trois dimensions4. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux, dans des voûtes, etc. Cet élément a une origine obscure : on pense souvent qu'il serait né en Iran oriental vers le Xe siècle, mais d'autres hypothèses circulent (Égypte, occident, Bagdad...). Quoi qu'il en soit, il est répandu dans l'ensemble du monde islamique, et les splendides voûtes à muqarnas de l'Alhambra de Grenade n'ont rien à envier à celles des Timurides. Plusieurs matériaux sont utilisés pour les créer, selon les régions et les périodes : stuc et faïence en Iran, pierre en Égypte et en Syrie.

L'ablaq est également une technique islamique, principalement répandue en Syrie et en Égypte, mais qui se retrouve également parfois en Anatolie. Elle consiste en l'incrustation de pierres de couleurs différentes (marbre le plus souvent) dans le mur5. Le chef-d'œuvre de cette technique est le mihrab de la madrasa Firdaws, à Alep, qui date de la période ayyubide, mais les mamelouks utilisèrent également cette technique de manière expansive.

Mosaïque

 
Mosaïque de la Grande mosquée de Damas, vers 715.
 
Mosaïque du Khorbat al-Mafjar, VIIIe siècle.

La mosaïque est utilisée à plusieurs époques : Califat des Omeyyades, califat des Omeyyades d'Espagne, califat des Abbassides, sultanat mamelouk. Dans les trois premiers cas, on note une forte influence antique et byzantine (mosaïque à fond d'or). On sait d'ailleurs que des artistes byzantins ont travaillé dans le monde islamique à ses débuts. Pour les mosaïques mameloukes, le cas est un peu différent, car il s'agissait cette fois d'un retour aux sources. Elles sont donc fortement influencées par les mosaïques à fond d'or du Dôme du Rocher et de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas.

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Terre cuite

La terre cuite est extrêmement utilisée pour décorer tous types de bâtiments, dans le monde iranien notamment, mais également dans tout le reste du monde islamique. On peut utiliser deux types d'éléments : des éléments structurels, c’est-à-dire des briques, glaçurées ou décorées de quelque manière que ce soit, et des éléments purement décoratifs, à savoir des carreaux de revêtement en céramique.

Les principales techniques utilisées sont les suivantes :

avec des briques
  • Les jeux sur des motifs dans les briques non-glaçurées, comme au Bab Mardum, à Tolède ;
  • Le hazerbaf, qui signifie "mille tissages" en persan : un travail sur le contraste entre brique glaçurées et non-glaçurées. Cette technique est principalement utilisée dans l'architecture il-khanide et timuride. Parfois, les briques dessinent des mots en calligraphie kufique (répétition du nom d'Allah, par exemple).
avec de la céramique décorative
  • Les carreaux de revêtement. Selon l'époque, ils peuvent être en forme d'étoile, de triangles, d'octogones qui s'imbriquent ou plus sagement carrés, formant des panneaux. Les techniques de décor sont variées : carreaux moulés sous glaçure monochrome, lajvardina, cuerda seca, etc.
 
Panneau en cuerda seca, provenant du Chehel Sutun, époque safavide.
  • La mosaïque de céramique est assez spécifique à l'art timuride. Il s'agit en fait de formes découpées dans des carreaux de céramiques de couleurs diverses. Cette technique, extrêmement délicate, sera remplacée sous les Safavides par celle de la cuerda seca, moins complexe et moins coûteuse, mais qui permet des effets assez similaires.

Typologie des bâtiments

Les fonctions d'un bâtiment peuvent être multiples (mosquée et madrasa, par exemple). Il arrive souvent que des archéologues ne soient pas en mesure d'identifier exactement le bâtiment auquel ils ont affaire, car des plans identiques peuvent être utilisés pour différents types d'édifices.

Architecture religieuse

La mosquée et les lieux de culte

La mosquée est le lieu de prière (salat en arabe) pour les musulmans. Selon le Coran, la prière doit se faire n'importe où, car tout endroit est saint puisqu'il a été créé par Allah. Le Prophète lui-même tenait l'architecture pour coûteuse et inutile : un comble, quand on pense aux milliers de réalisations architecturales du monde islamique ! Très rapidement, en effet, se sont développés des lieux où les musulmans se rassemblaient pour prier. Ces édifices servaient non seulement à rassembler une communauté minoritaire (le monde islamique n'est devenu à majorité musulmane qu'au cours du XIIIe siècle) en mal de repères, mais aussi à marquer les lieux dominés par l'Islam.

En arabe, mosquée se dit « masjid », du mot sajada, se prosterner.

Types de mosquées et de lieux de cultes s'en rapprochant

Il existe différents types de mosquées. La plus simple est la mosquée de quartier, qui permet aux croyants de venir prier quand bon leur semble.

Plus importante est la mosquée majeur, dite aussi mosquée congrégationnelle ou Grande mosquée ( masjid el kabirr ), Comme son nom l'indique, elle sert principalement pour la grande prière du vendredi, le jour saint des musulmans. Il n'en existe souvent qu'une pour les petites agglomérations, la ville du Caire, par exemple, en comporte une dizaine.

Enfin, la musalla est un lieu de prière en plein air, généralement situé en dehors des villes, qui sert lors des grandes fêtes religieuses.

Éléments constitutifs d'une mosquée
 
Salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.
  • L'enceinte : la mosquée est toujours séparée du monde extérieur par une enceinte. Parfois, elle jouit même d'une ziyada, c’est-à-dire d'un espace vide clos par deux enceintes qui entoure la mosquée et sert pour la purification du croyant.
  • La salle de prière ou Haram : c'est le lieu où les musulmans prient. Le sol est toujours recouvert de tapis afin de conserver le lieu purifié.
  • La fontaine : indispensable dans une mosquée, elle permet au croyant de pratiquer ses ablutions rituelles avant la prière.
  • Le minaret : haute tour, d'où le muezzin lance l'appel à la prière. Le minaret sert à marquer l'emplacement d'un sanctuaire, car on le voit de loin, tout en permettant, surtout de porter la voix bien au-delà des habitations environnantes, appel faisant. Sa forme varie selon les régions et les époques.
  • Le mihrab : élément le plus important du bâtiment, car il indique la Qibla, la direction de la Mecque, vers laquelle prient les musulmans. Le mihrab prend place sur le mur qibli. Le mihrab a en général la forme d'une niche plus ou moins profonde et plus ou moins grande. Il peut en exister plusieurs dans une même mosquée, dès lors ou elles demeurent dans la même direction, ( Qibla )
  • Le minbar : chaire à prêcher. En bois ou en tout autre matériau (pierre, marbre par exemple), il se situe toujours juste à côté du mihrab. Le plus ancien minbar du monde musulman, daté du IXe siècle (vers 862) et réalisé en bois de teck finement sculpté, se trouve dans la Grande Mosquée de Kairouan (à Kairouan en Tunisie)6.
  • La dikka : tribune qui permet de répercuter dans la salle de prière le sermon du muezzin. On n'en trouve que dans les grandes mosquées.
  • La Maqsura : il s'agit d'un endroit clos situé près du mihrab, réservé au souverain pour le protéger des attaques. La maqsura n'est pas présente dans toutes les mosquées, car elle s'oppose à l'idéal d'égalité de la religion musulmane.
Les différents plans de mosquées
 
Exemple de plan arabe : la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie, vue d'ensemble.
  • Plan arabe

C'est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison de Mahomet à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, se compose d'une cour à portique et d'une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu'au Maghreb (exemple la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie, dont l'état actuel date principalement du IXe siècle), à l'Espagne et à l'Irak.

  • Plan iranien

Comme son nom l'indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est-à-dire dans une région comprenant l'Iran, une partie de l'Afghanistan et du Pakistan et une partie de l'Irak. Cependant, c'est aussi le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole et dans l'actuel territoire de l'Ouzbékistan sous la dynastie des Chaybanides. Il apparaît au Xe siècle avec la dynastie seldjoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voûtée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans une encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La mosquée du Shah à Ispahan est l'un des plus beaux exemples connus de plan iraniens.

 
Exemple de plan moghol : Mosquée de Badshahi, Pakistan, vue de la cour.
 
Exemple de plan ottoman : Yeni Cami, Istanbul.
  • Plan Moghol

Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bîdâr utilisent ce type de plan.

  • Plan Ottoman

Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point après la prise de Constantinople en 1453 par l'architecte Sinan ; cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d'une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi-coupoles et de coupolettes. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).

La madrasa

Une madrasa est généralement considérée comme une école coranique, cependant, c'est principalement un lieu où l'on étudie le droit. Certes, celui-ci est basé sur la Charia, la loi islamique telle qu'expliquée dans le Coran, mais dans le monde islamique, il faut se rendre compte que le Coran régit la plupart des aspects de la vie quotidienne. Les madrasas enseigne un ou plusieurs des quatre rites orthodoxes (hanafite, chaféite, malékite et hanbalite), qui correspondent à quatre écoles de droit, légèrement différentes sur certains aspects canonique et traditionnel. De plus, on enseigne également dans les madrasas la philologie, la linguistique arabe, la science (sauf la médecine, qui est enseignée dans des écoles spécialisées). Souvent, la madrasa sert de mosquée de quartier, et vice versa. Elles sont toujours administrées en waqf (fondation pieuse).

Origine

Le concept de la madrasa naît en Iran au XIe siècle, grâce au célèbre vizir Nizam al-Mulk, bien que l'on ne connaisse actuellement aucune de ses « nizamiyya ». Par contre, on retrouve cette origine iranienne dans l'unité architecturale qui caractérise les madrasas : le plan cruciforme, à quatre iwans, semble en être un marqueur.

Développements

Mis à part en Iran, on trouve des madrasas en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, et au Maghreb à partir des Mérinides.

Les madrasas anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre et par leur cour étroite, voire inexistante en raison du climat froid de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se poursuit en Anatolie aux XIVe et XVe siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.

Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasas pour extirper le Chi’isme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment, en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243). On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.

C'est sans doute à l'époque mamelouke que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasas étaient bien évidemment liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamluke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.

À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au XVIIe siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chi'ites.

 

L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent principalement à étendre les Sufismes à des populations nomades souvent encore non islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques notamment à Fez, comme la madrasa Attarin, la madrasa Bu' Inaniyya, ou encore à Tlemcen avec la Medersa Khaldouniya.

En Espagne, l'enseignement avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote d'une importante influence mérinide : la Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de magnifiques stucs peints.

Les lieux de retraite

Il existe trois grands types de lieux de retraites : les Ribat, les Khanqah et les Zawiya.

Ribat

Un ribat est un édifice à la fois religieux et militaire, construit généralement dans une zone frontalière ou sur un axe de communication important (littoral, route). Il abrite des militaires tournés vers la foi, c'est-à-dire combattant essentiellement pour le Jihad, la guerre sainte. Il contient généralement une mosquée, et peut servir d'hôtellerie, notamment pour accueillir un gouverneur ou un dirigeant, mais il s'agit surtout d'une place forte, d'un endroit fortifié. Les variations architecturales sont très grandes, en fonction des époques et des régions. Le ribat de Sousse est l'un des plus connus et des plus anciens.

Khanqah ou Khanaqa

Une khanqah est le lieu de vie de mystiques musulmans, mais aussi un lieu de retraite temporaire pour des personnages « civils ». Elle peut se trouver en ville ou en rase campagne, selon l'ordre qui y vit, et comporte généralement une ou plusieurs mosquées et des cellules. Elle peut également abriter une école et sert souvent de lieu funéraire pour son fondateur.

Zawiya

Une zawiya, comme une khanqah, est un bâtiment abritant des sufis et un tombeau (celui du fondateur, en général). Elle diffère de la khanqah par sa taille, plus imposante, et le rôle d'enseignement qui lui est dévolu.

Architecture funéraire

 
La necropole de Shah-i Zindah, à Samarcande, en Ouzbékistan.

Dans le monde islamique, les musulmans sont normalement enterrés à même le sol, dans un linceul, sans cercueil ni tombe. Cependant, rapidement se sont développés plusieurs types d'architecture funéraires pour les hauts personnages et surtout pour les saints. Cette architecture est née dans l'est de l'aire islamisée, c'est-à-dire en Iran, où de nombreuses religions étaient pratiquées et traitaient leurs défunts de manières différentes, et où le chiisme dominait. De par sa dimension martyriale, le chiisme a favorisé l'apparition de mausolées, qui servent de lieu de prière et d'invocations de saints, comme c'est par exemple le cas à Mashhad avec le tombeau de l'imam Reza. Les tombeaux de saints sont appelés imamzadeh.

Deux formes émergent en particulier : le mausolée sous coupole et la tour funéraire, mais la typologie varie d'un lieu et d'une période à l'autre.

Mausolées sous coupole

 
Le Gour Emir à Samarcande

Un mausolée sous coupole est, comme son nom l'indique, un bâtiment de base polygonale surmonté d'un dôme. Ce type existe depuis au moins le Xe siècle, comme en témoigne le mausolée des Samanides à Boukhara (actuel Ouzbékistan). Les formes les plus diverses existent : carré, octogonal, circulaire, sur arcades, etc. et les tailles varient beaucoup. Ainsi, le mausolée des Samanides ne mesure que quelques mètres de large, mais le mausolée d'Oldjaïtou à Sultaniya est un énorme octogone de plus de 38 mètres de diamètre et haut de 77 mètres environ7 ! Le mausolée de Tamerlan le Gour Emir à Samarcande se distingue par sa faïence bleue à reflets métalliques.

Tours funéraires

Il semble que le type de la tour funéraire dérive de rites zoroastriens : les cadavres étaient exposés au sommet de hautes tours. Ainsi, le Gonbad-e Qabus, l'une des premières tours funéraires (1007) se rattache encore à cette tradition, même si son commanditaire était musulman. Plus tard, les chambres funéraires furent placées sous la tour, dans une crypte, puis à sa base. Comme les mausolées sous coupoles, les tours peuvent prendre différentes formes : polygonales, étoilés, circulaires, etc. Souvent, le plan intérieur est simplifié par rapport à l'extérieur : ainsi, le visiteur voit une tour étoilée, mais entre dans une pièce circulaire.

Si le type de la tour funéraire est resté assez persan, celui de la pièce sous coupole s'est bien répandu dans le monde arabe, et se retrouve en Égypte comme en Anatolie. Il est fréquent dans ces régions comme en Perse à partir des Il-khanides que le tombeau fasse partie d'un complexe funéraire.

Complexes

 
Minaret de la Mosquée d'Abou Madyane a Tlemcen en Algérie

Les complexes sont des regroupements de plusieurs bâtiments. On trouve généralement dans un complexe une mosquée et/ou une ou plusieurs madrasas, le tombeau du fondateur et de sa famille et des institutions à caractère charitable (soupes populaires, hospices) et/ou médical (maristan, asile, école de médecine). Un complexe est généralement administré en waqf, c’est-à-dire que les revenus de boutiques et de logements loués lui sont versés pour son fonctionnement. Ces boutiques et ces logements peuvent ou non se trouver dans le complexe lui-même. Il arrive également que des ateliers d'artistes s'y trouvent, notamment pour les fondations sultaniennes.

Les mamelouks ont construit nombre de complexes, mais les plus impressionnants sont dus aux Ottomans.

Architecture civile et palatiale

Les architectures arabes sont encore présentes en Espagne.

Les palais

Contrairement à leurs homologues occidentaux, les palais en terre d'Islam se présentent sous la forme de petites entités dispersées, souvent dans des jardins qui structurent l'espace. Plusieurs éléments se trouvent presque systématiquement dans les palais islamiques : la salle d'audience (Diwan, qui est aussi le nom du conseil des ministres), le harem, qui ne constitue pas un lieu réservé aux femmes, mais tout simplement les appartements privés de l'habitant, et enfin des pavillons de plaisance.

Les murs de l'Alhambra, à Grenade, enserrent plusieurs palais. De même, on en trouve un particulièrement célèbre à Istanbul, le Topkapı Sarayı et au Caire, il en subsiste également quelques-uns d'époque mamelouke. Cependant, la plupart des palais anciens ont été détruits, par des conquérants désireux d'effacer les traces des dynasties précédentes, ou par le temps, quand ils étaient bâtis en matériaux périssables tels la brique crue et le bois.

Habitations

Maristan et structures médicales

Un maristan (ou bimaristan) est un hôpital. Presque toujours administré en waqf, il appartient souvent à un complexe, étant donné sa vocation charitable. En effet, un maristan se doit d'accueillir tout musulman (et toute musulmane) et de lui offrir des soins gratuits. Ce qui ne signifie pas, bien au contraire, que le personnel est sous-qualifié : certains des plus grands médecins y travaillaient. Ainsi, al-Razi, dont le traité sur la variole et la rougeole fut utilisé en occident comme en Orient jusqu'au XIXe siècle, travailla de nombreuses années à diriger le maristan de Bagdad au Xe siècle.

Les principales caractéristiques architecturales de telles structures sont un nombre important de pièces et une attention particulière donnée à l'eau, au travers de fontaines, bassin, canaux…

Des maristans étaient présents dans toutes les grandes villes, depuis Grenade jusqu'à Mashhad, et souvent couplés avec une école de médecine. Les asiles d'aliénés étaient également nombreux, tout comme les imarets (soupes populaires).

Le bâtiment le mieux conservé à l'heure actuelle est sans doute le maristan de Nur al-Din à Alep, et le plus remarquable, celui du complexe funéraire de Qala'un, malheureusement en mauvais état, mais dont les sculptures de stuc subsistantes prouvent la magnificence. Long de près de 70 mètres, il couvrait une surface immense, et s'organisait autour d'une cour à quatre iwans inégaux. Dans cette cour, une fontaine coulait dont partaient quatre canaux qui alimentaient certaines pièces.

Structures d'hygiène

Deux sortes de bâtiments contribuent à améliorer l'hygiène des villes : le sabil et le hammam.

  • Un sabil est une fontaine publique, dont chacun peut puiser gratuitement l'eau. Généralement construite grâce aux dons des puissants, on en trouve beaucoup dans les villes. À partir de la fin de la période Mamelouke (règne de Qaytbay), le sabil est associé à un quttab, une école élémentaire, qui se situe généralement au-dessus.
  • Les hammams sont des bains, organisés la plupart du temps sur le modèle des bains romains (salles froide, tiède et chaude). Ils prennent une place prépondérante dans le monde islamique, où la propreté du corps est considérée comme essentielle.

Structures de commerce

Caravansérails

Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq qui est le plus couramment employé. Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage.

Les wakala sont des édifices urbains où les marchands déposent et vendent leurs marchandises à des grossistes. L'un des plus importants est la wakala d'Al-Ghuri, au Caire.

Marchés

Dans les villes, les marchés sont des lieux importants. Ils prennent le nom de souk en arabe et de bazar en persan. Ils sont en général organisés par corporations. Les échoppes et les réserves se trouvent au rez-de-chaussée et le premier étage comprend les logement des marchands, et parfois leurs ateliers s'ils vendent leur propre production. Toutefois, les métiers dégageant des odeurs indésirables (tanneries) et présentant des risques d'incendie sont relégués aux extrémités du marché ou à l'extérieur de la ville. On trouve souvent dans les souks des logements à louer.

Styles

Architecture ottomane

 
Mosquée bleue, construite en 1616. (Istanbul, Turquie)

Le plan standard de l'architecture ottomane a été en partie inspiré par l'exemple de Sainte-Sophie à Constantinople / IstanbulIlkhanide fonctionne comme Oljeitu Tomb et antérieures seldjoukides édifices monumentaux et d'Anatolie Beylik et leurs propres innovations originales. Le plus célèbre des architectes ottomans était (et reste) Mimar Sinan, qui a vécu pendant environ un cent ans et a conçu plusieurs centaines de bâtiments, dont deux des plus importants sont mosquée Süleymaniye à Istanbul et Mosquée Selimiye à Edirne. Les apprentis de Sinan construisirent plus tard la célèbre Mosquée bleue à Istanbul et le Taj Mahal en Inde.

La plus nombreuse et la plus grande des mosquées existent dans la Turquie, qui a obtenu l'influence des byzantins, perses et arabes-syriens dessins. Architectes turcs en œuvre leur propre style de dômes coupoles8. Pour près de 500 ans l'architecture byzantine comme l'église de Sainte-Sophie a servi de modèles pour la plupart des mosquées ottomanes comme la Mosquée Shehzade, la mosquée Suleiman, et la mosquée de Rüstem Pacha .

Les Ottomans maîtrisé la technique de la construction de vastes espaces intérieurs confinés par des dômes encore massives apparemment en apesanteur, et d'atteindre une parfaite harmonie entre les espaces intérieurs et extérieurs, ainsi que lumière et d'ombre. L'architecture religieuse islamique, qui jusque-là composée de bâtiments simples avec de vastes décorations, a été transformé par les Ottomans à travers un vocabulaire architectural dynamique de voûtes, dômes, semidomes et de colonnes. La mosquée a été transformé d'une chambre à l'étroit et sombre avec des murs couverts d'arabesques en un sanctuaire de l'équilibre esthétique et technique, élégance raffinée et un soupçon de la transcendance céleste.

Architecture indo-islamique

 
Le Taj Mahal à Agra en Inde.

Un autre sous-style distinctif est l'architecture indo-islamique en Asie du Sud, une fusion des arabes, d'Asie centrale et des éléments persans avec la locale architecture hindoue. Les exemples les plus célèbres de l'architecture moghole sont la série de mausolées impériaux, qui a commencé avec le pivot Tombe de Humayun, mais il est surtout connu pour le Taj Mahal, complété en 1648 par l'empereur Shah Jahan en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal, qui est morte en donnant naissance à leur 14e enfant. Le Taj Mahal est complètement symétrique, sauf pour de Shah Jahan le sarcophage, qui est décentré dans la salle de la crypte en dessous de l'étage principal. Cette symétrie étendu à la construction de toute une mosquée de miroir en marbre noir pour compléter la mosquée Mecca-lieu face à l'ouest de la structure principale. Un exemple célèbre de l'charbagh style de Mughal jardin est les jardins de Shalimar à Lahore, où le domeless Tombeau de Jahangir est également situé. Bibi Ka Maqbara dans Aurangabad, qui a été commandée par le sixième empereur moghol Aurangzeb en mémoire de son épouse. Le Fort Rouge à Delhi et le Fort d'Agra sont énormes palais fortifiés semblable à un château et la ville abandonnée de Fatehpur Sikri42 kilomètres à l'ouest de Agra, a été construit pour Akbar à la fin du XVIe siècle9

Architecture sino-islamique

 
La Grande Mosquée de Xi'an en Chine

La première mosquée chinoise a été créé dans le VIIe siècle durant la dynastie des Tang à Xi'an. La Grande Mosquée de Xi'an, dont les bâtiments actuels datent de la dynastie des Ming, ne réplique pas beaucoup des caractéristiques souvent associées avec des mosquées traditionnelles. Au lieu de cela, il suit traditionnelle architecture chinoise. Certaines mosquées chinoises dans certaines parties de la Chine occidentale étaient plus susceptibles d'intégrer les minarets et les dômes des mosquées tout l'Est chinois étaient plus susceptibles de ressembler à des pagodes10.  

Une caractéristique lathan important dans l'architecture chinoise est l'accent mis sur la symétrie, qui connote une impression de grandeur ; cela vaut pour tout, de palais de mosquées. Une exception notable est dans la conception de jardins, qui tend à être asymétrique comme possible. Comme les peintures de défilement chinoise, le principe qui sous-tend la composition du jardin est de créer durable écoulement ; de laisser le patron se promener et profiter du jardin sans ordonnance, comme dans la nature elle-même.

Bâtiments chinois peuvent être construits avec des briques rouges soit ou gris, mais les structures en bois sont les plus courantes ; ceux-ci sont plus capables de résister à des tremblements de terre, mais sont vulnérables au feu. Le toit d'un immeuble typiquement chinois est courbe ; il y a des classifications strictes de types de pignon, comparables avec les ordres classiques de colonnes européennes.

La plupart des mosquées ont certains aspects en commun avec l'autre mais comme avec d'autres régions de l'architecture islamique chinoise reflète l'architecture locale dans son style. La Chine est réputée pour ses belles mosquées, qui ressemblent à des temples. Cependant, dans l'ouest de la Chine les mosquées ressemblent à celles du monde arabe, avec de hauts minarets élancés, arcs, courbes et toits en forme de dôme. En Chine au nord-ouest où le chinois Hui ont construit leurs mosquées, il y a une combinaison de styles orientaux et occidentaux. Les mosquées ont éclaté toits de style bouddhistes fixés dans les cours paroi entré par des arcades avec des dômes et des miniatures minarets11.  

Architecture afro-islamique

 
La Grande Mosquée de Djenné au Mali

La conquête islamique de l'Afrique du Nord a vu le développement de l'architecture islamique dans la région, y compris certaines structures célèbres comme la citadelle du Caire.

Dans le sud du Sahara, l'influence islamique était l'une des plus grandes contributions au développement de l'architecture à l'époque de l'Empire du Ghana. Au Kumbi Saleh, les habitants vivaient dans des huttes en forme de dôme que les commerçants avaient des maisons en pierre. L'architecture du Sahel d'abord passé de deux villes de Djenné et de Tombouctou. Sanskore mosquée de Tombouctou,construite à partir de la boue y.madera, était similaire au style Grande Mosquée de Djenné. En raison de la montée de certains royaumes dans la région côtière ouest-africaine, il a produit une architecture qui a été introduit à la place des autres traditions indigènes, utilisation du bois. La célèbre ville de Bénin, détruit par l'expédition punitive au Bénin était un grand complexe de maisons de boue avec des toits debardeaux ou de feuilles de palmiers. Le palais avait une séquence de salles d'apparat, et a été décoré avec des plaques de laiton.

Philosophie islamique

L'expression de philosophie islamique1 désigne le plus souvent les travaux philosophiques effectués dans le cadre de la civilisation islamique (arabe, persane ou non), sans nécessairement de référence religieuse ni de prise en compte de textes proprement islamiques, ce qui peut inclure des Juifs, des Chrétiens et des libres-penseurs. En un sens plus restreint, cette expression regroupe commodément l'ensemble du travail philosophique effectué par des penseurs de confession musulmane. À noter que la philosophie au Moyen Âge inclut principalement la physique, la logique, l'éthique et la philosophie politique qui sont des « sciences profanes » et non sacrées. Ces sciences visent la connaissance du monde et de l'esprit humain par des moyens rationnels et non révélés. Les philosophes s'occupent aussi de questions théologiques en se servant justement des outils de la logique et de la métaphysique grecques, ce qui leur sera reproché par les traditionalistes et les littéralistes religieux. La philosophie est systématiquement pratiquée dans un cadre religieux : ce serait un anachronisme et un contresens d'affirmer que la philosophe médiévale est laïque, athée ou indépendante de la religion (à l'exception de rares libres-penseurs comme Rhazès).

Débat sur la définition et l'extension de l'expression

L'expression « philosophie islamique » peut aussi être utilisée pour désigner la philosophie inspirée de textes islamiques présentant la conception de l’islam et sa vision[réf. souhaitée].

Pour Henry Corbin 2, la philosophie islamique désigne l'œuvre de penseurs d'une communauté religieuse caractérisée par l'expression coranique Ahl Al-Kitâb : peuple du Livre. On trouve dans ce vocabulaire philosophique le mot haqîqat dans le sens de révélations divines donnant la vérité, l'essence, et de ce fait le sens spirituel. Cette conception est voisine de l'herméneutique de la Bible ou du Coran. Il ne s'y trouve cependant pas de magistère du dogme, de pères fondateurs, ni d'autorités pontificales, mais on peut y invoquer quelque inspiration prophétique, ou encore une herméneutique spirituelle dans certaines limites admises.

Henry Corbin insiste dans l'avant-propos de son livre sur le fait que philosophie islamique n'est pas à confondre avec philosophie arabe. De nos jours (2015), le concept « arabe » de l'usage courant ne coïncide pas non plus avec le concept religieux « islam », ni avec les limites de son univers. La désignation « arabe » ne vient pas davantage de l'usage de cette langue, car cela exclurait de célèbres penseurs iraniens ayant tous écrit en persan jusqu'aux contemporains utilisant tantôt en persan tantôt l'arabe littéraire. L'auteur compare cette situation à celles d'auteurs (Descartes, Spinoza, Kant, etc) ayant choisi d'écrire des traités en latin sans être pour autant philosophes latins ni romains.

Notion de la philosophie en islam

Le mot le plus proche qui est utilisé dans les textes islamiques principaux (le Coran et la Sunna) désignant la philosophie est « sagesse » (hikma). C’est pourquoi beaucoup de philosophes musulmans utilisent le mot « sagesse » comme synonyme du mot « philosophie » (falsafa), qui pénétra la pensée islamique comme arabisation du mot grec philosophia. Un philosophe est un faylasûf, au pluriel falâsifa3. Dans la civilisation islamique, le mot « philosophie » reste attaché aux notions de la philosophie antique (gréco-romaine). C'est en effet à partir des textes grecs traduits en syriaque et en arabe que les musulmans découvrent la philosophie, chronologiquement antérieure à l'islam.

Il faut relier à ces termes le kalâm, qui est une forme dialectique de théologie (fondée sur la discussion rationnelle) et le fiqh, c'est-à-dire le droit. Les recherches du kalâm et du fiqh peuvent être étroitement liées à celles des philosophes, lesquels étudient les sciences profanes comme la logique ou la physique.

Le soufisme entra en conflit avec les savants du kalâm et les philosophes pour préciser la signification du mot sagesse cité dans le Hadith et souvent les soufis utilisaient le titre « savant » pour les plus importants de leurs personnalités, comme le savant Al Tarmazi.

Origines et limites de la philosophie islamique

Les sources de la philosophie islamique proviennent de l'islam en lui-même (Coran et Sunna) ainsi que de la philosophie gréco-romaine, iranienne pré-islamique et indienne. Les Grecs : Platon, Aristote, Alexandre d'Aphrodise, les néoplatoniciens4, mais aussi le cynisme5, et l'atomisme que l'on retrouve dans le Kalâm6. Les Romains : la médecine de Claude Galien, mentionnée par Ali Benmakhlouf, spécialiste de philosophie islamique et d'Averroès7. L'Inde et l'Iran pré-islamique : le zoroastrisme notamment.

C'est en cherchant à affiner la doctrine de l'islam et à interpréter correctement les hadith, tout en extrapolant sur les questions religieuses qui n'avaient pas été explicitement tranchées dans le Coran qu'avec la méthode de l'idjtihâd s'ouvrent les premiers débats philosophiques et théologiques en Islam, notamment entre les partisans du libre arbitre ou Qadar (de l'arabe : qadara, qui a le pouvoir), et les djabarites (de djabr force), partisans du fatalisme.

La théologie en islam doit répondre à des interrogations concernant la théodicée, l'eschatologie, l'anthropologie, la théologie négative et de religion comparée.

La conscience religieuse de l'islam est un pacte éternel de fidélité (et non pas fondée sur un fait de l'histoire). « Ne suis-je pas votre Seigneur ? »8 est l'interrogation divine posée aux Esprits des humains préexistant au monde terrestre. Le philosophe Nâsir-e Khosraw (Ve/XIe s.), une des grandes figures de l'Ismaélisme iranien, énonçait que « l'aspect exotérique de l'Idée (mamthûl) qui devient religion positive (mithâl) est en perpétuelle fluctuation avec les cycles et périodes du monde. C'est une énergie divine qui n'est pas en devenir ». Elle ne peut être dictée par des dogmes, par un Magistère. Mais elle requiert des Guides, des Initiateurs. La pensée philosophique en Islam se meut par un double mouvement vertical de progression depuis l'origine (mabda') et de retour à l'origine (ma'âd). Il s'agit de l'espace et non du temps9.

Le Kalâm

Si on considérait que la définition de la philosophie est que cette dernière est une tentative de construire un concept et une vision totalisante de l’Univers et la Vie, alors les débuts de ces travaux dans la civilisation islamique ont commencé comme un mouvement dans les débuts de l’État Islamique, il commença par kalâm, et atteint son sommet au IXe siècle quand les musulmans ont connu la philosophie grecque ancienne, ce qui conduit à la génération d’une assemblée de philosophes musulmans qui différaient des savants du kalâm.

Le kalâm se basait premièrement sur les textes légitimes comme le Coran et la Sunna et sur des façons logiques linguistiques pour construire un argument afin de faire face à ceux qui essayaient d’attaquer les vérités de l’Islam, alors que les philosophes mousha’in, et ce sont les philosophes musulmans qui ont adopté la philosophie grecque, avaient pour première référence le concept d’Aristote ou celui de Platon qu’ils considéraient harmonieux avec les textes et l’esprit de l’Islam. Et d’après leurs tentatives d’utiliser la logique pour analyser ce qu’ils considéraient des lois universelles invariables issues de la volonté de Dieu, ils font d’abord les premières tentatives conciliatoire dans le concept du Créateur entre la notion Islamique de « Allah » (nom de Dieu) et la notion philosophique grecque du premier principe ou la première pensée.

La Falsafa

La philosophie islamique se développa de l’étape d’étude des thèmes qui ne se prouvent que par le reportage et le culte à l’étape dont l’épreuve est limitée aux preuves logiques, mais le point commun au cours de cet étendu historique était de connaitre Dieu et de prouver la présence du Créateur. Ce mouvement philosophique atteint un tournant très important avec Ibn Rouchd qui invoqua le principe de la liberté et la domination de la raison d’après l’observation et l’expérience. Le premier philosophe arabe à apparaître était Al-Kindi qui a le titre du premier professeur arabe, après fut Al-Ghazâlî qui adopta beaucoup d’idées d’Aristote au sujet de l’intellect efficace, présenta le monde et le concept de la langue naturelle. Al-Fârâbî fonda une école intellectuelle dont : al-‘Āmirī, Alsajstani et Altawhidi. Al-Ghazâlî est l'un des premiers à réconcilier la logique et les sciences islamiques, quand il cherche à démontrer que les méthodes de la logique grecque peuvent être neutres et séparées des concepts métaphysiques grecs. Il détaille l'explication de la logique et il l'utilise dans la science de faqh, mais par contre, il attaqua les visions philosophiques des philosophes musulmans mousha’in dans le livre L'Incohérence des philosophes10 (Tahâfut al-falâsifa), plus tard, Ibn Rouch (connu sous le nom d'Averroès en Occident) dans son livre Incohérence de l'Incohérence (Tahâfut at-tahâfut)11 répond à ses attaques.

« Ahl al hadîth »

De là, quelques-uns refusaient toujours de discuter des recherches portant sur des sujets divins et la nature du Créateur et la Créature, et préfèrent se contenter de ce qui est écrit dans le Coran et la Sunna. Ce mouvement connu sous le nom de « Ahl al Hadîth », et à qui se rapportent la plupart de ceux qui ont travaillé dans le « fiqh » islamique se doutait toujours de l’importance de la logique de la philosophie. Et il existe encore des mouvements islamiques qui croient qu’il « n’existe pas de philosophes musulmans et que cette expression est incorrecte, l’Islam a ses savants qui suivent le Coran et la Sunna, tandis que celui qui travaille dans la philosophie est un hérésiarque dupeur.[réf. nécessaire] ».

Dans une étape tardive de la civilisation islamique, apparaît un mouvement critique de la philosophie, dont le plus important des chefs est Ibn Taymiyya qui est considéré comme opposant à la philosophie et appartenant au mouvement de « Ahl Hadith » refusant tout travail philosophique, mais ce qu’il dit des modes (procédés) de la logique grecque et sa tentative de le lier aux concepts métaphysiques (contrairement à ce que Al Ghazali voulait clarifier) dans son livre « Répondre aux Logiques » qui a été considéré par certains des essayistes arabes contemporains comme étant une critique de la philosophie grecque, bien plus qu’une simple critique pour elle, sa critique est bâtie sur une recherche profonde des procédés de la logique et la philosophie et une tentative de construire une nouvelle philosophie, cette dernière fut une préface du transfert de la réalité du (kully) jusqu’à sa nomination.[incompréhensible]

Les grands mouvements à travers l'histoire

Période classique du Kalâm

Article détaillé : Kalâm.

La Madhhab motazilite est née d'une opposition aux vues traditionnelles des musulmans partisans du califat. Puis, s'intéressant aux attaques que subissait l'islam de la part des non-musulmans, ces motazilistes devinrent rapidement obsédés par le débat avec les autres théologies et courants de pensée à l'intérieur de l'Islam lui-même.

Très rapidement, encouragée par le calife Al-Mamun qui fit du motazilisme la doctrine officielle en 827 et créera la Maison de la sagesse en 832, la philosophie grecque fut introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. L'École péripatétique commença à avoir des représentants parmi eux : ce fut le cas d'Al-Kindi, d'Al-Fârâbî, d'Ibn Sina (Avicenne), et d'Ibn Rushd (Averroès).

Ceux qui cherchaient par une démonstration philosophique à conforter et démontrer le bien-fondé de leur foi religieuse ont été recrutés par Hunayn ibn Ishaq, un arabe chrétien qui dirigea la maison de la sagesse dans les 870. Ils ont collecté, traduit et synthétisé tout ce que le génie des cultures grecque, indienne, iranienne avait pu produire avant d'entreprendre les commentaires sur ces œuvres et de former les bases de la philosophie musulmane des IXe et Xe siècles. Ceux qui utiliseront cette méthodologie dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront appelés mutakalamin. En réponse au motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, initialement un motaziliste lui-même, développa le Kalâm et fonda l'école de pensée asharite qui s'appuyait sur cette méthodologie. Ainsi le kalâm et la falsafa influenceront plusieurs madhhabs. Les Karaïtes, une branche du judaïsme, s'inspirent aussi peu à peu de la forme dialectique de la kalâm pour s'opposer à leurs adversaires. Ces philosophes se font appeler les Mas'udi12. Leurs arguments et raisonnement influenceront en retour les vues musulmanes.

Sous le califat des Abbassides, un certain nombre de penseurs et de scientifiques, et parmi eux de nombreux musulmans considérés comme « hérétiques » ou des non-musulmans, jouèrent un rôle dans la transmission à l'Occident des savoirs grec, indien, et d'autres sagesses pré-islamiques, mésopotamienne et iranienne. Trois penseurs spéculatifs, les deux Persans Al-Fârâbî et Avicenne, et l'Arabe al-Kindi, combinèrent l'aristotélisme et le néoplatonisme avec d'autres courants dans l'Islam. Ils furent considérés par beaucoup comme déviants par rapport à l'orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans.

Les ismaéliens ne sont pas à l'écart de l’influence de la philosophie néoplatonicienne et plusieurs penseurs collaborent pour produire à Bassora une encyclopédie : la Ikhwan al-Safa.

XIIe siècle et falsafa

Le XIIe siècle voit l'apothéose de la philosophie pure et le déclin du Kalâm, plus tard. Cette exaltation de la philosophie doit être attribuée, pour une large part au persan Al-Ghazâlî et au juif Juda Halevi. En émettant des critiques, ils ont produit par réaction un courant favorable à la philosophie par une mise en cause des concepts et en rendant leurs théories plus logiques et plus claires[réf. nécessaire]. Avempace et Averroès ont produit des œuvres importantes de la philosophie. Averroès clôt le débat par son œuvre d'une certaine audace. La fureur des orthodoxes est en effet telle que le débat n'est plus possible. Ces derniers s'en prennent sans distinction à tous les philosophes et font brûler les livres. Avec la mort d'Averroès, l'école de pensée péripatétique arabe a décliné tandis que la perte de l'Espagne au profit des chrétiens permettra au débat de se poursuivre en Occident, par l'intermédiaire des Juifs, et plus particulièrement de Moïse Maïmonide.

En Orient, la philosophie péripatétique s'est poursuivie à la cour des empereurs ottomans, en Iran ou en Inde comme avec les philosophes méconnus comme Chah Waliullah et Ahmad Sirhindi. Des écoles se sont fondées telle que celle de Ibn Arabi, Sohrawardi et Molla Sadra Shirazi et sont toujours actives. De plus, la logique a continué à être enseignée dans les séminaires religieux jusqu'à aujourd'hui. Il est de tradition de séparer les écoles philosophiques concernées par les croyances chiites et celles qui ne le sont pas.[réf. nécessaire]

Du XIIe au XIXe

À partir du XIIe siècle, la pensée philosophique musulmane va se disperser dans des mouvements souvent empreints de beaucoup de mysticisme et de moins en moins d'esprit critique rationnel.[réf. nécessaire] Par ailleurs, l'analyse et l’exégèse des textes est désormais figé par la « majorité » (concrètement « les pouvoirs politiques en place »).

Parmi les petits mouvements connus notamment en Perse, on peut citer:

  • la Philosophie illuminative (Sohrawardi)
  • la théosophie transcendante ou al-hikmat al-muta’li (حكمت متعالي)également issue de Perse

Par la suite, il n'y a plus réellement eu de réflexion profonde sur l'Islam si ce n'est des divergences dans les Madhhab, le développement du Tasawwouf et l'essor de certaines Tariqa[réf. nécessaire].

De la Nahda à nos jours

La hikmah continue à être enseignée. La Nahda ou Renaissance voit se développer de nouvelles réflexions philosophiques, théologiques et politiques dans le monde islamique. Allama Muhammad Iqbal est un grand penseur du sous-continent indien qui a réformé et a revigoré la philosophie islamique au début du XXe siècle.

Savants Arabes

Parmi les savants arabes ou perses, on peut citer :

  • Fârâbî de son nom complet Abû Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarkhân ibn Uzalagh al-Fârâbî également connu en Occident sous les noms de AlpharabiusAl-FarabiFarabiAbunaser ou Alfarabiest un philosophe iranien médiéval1. Né en 872 à Wâsij près de Farab en Transoxiane, ou à Faryab au Grand Khorassan2,3 , il meurt à Damas, en Syrie en 950.

Il approfondit toutes les sciences et tous les arts de son temps, et est appelé le Second instituteur de l'intelligence. Il étudie à Bagdad (actuel Irak). On lui doit un commentaire de La République de Platon, ainsi qu'un Sommaire des Lois de Platon. Il fut aussi un théoricien de la musique et un excellent joueur de luth4.

  • Ibn Hawqal de son nom complet Mohammed Abul-Kassem ibn Hawqal (arabe محمد أبو القاسم بن حوقل), né à Nisibis[1] est un voyageur, chroniqueur et géographe arabe du Xe siècle. Il est l'auteur d'un ouvrage de géographie fameux, « Le Visage de la Terre » (977, Surat al-Ardh, صورة الارض; ). Ses voyages se sont déroulés entre 943 et 969. Date de décès : 988 ap. J.-C.
  • Ibn Sina (forme latinisée), était un philosophe, un écrivain, un médecin et un scientifique iranien. Plus connu en Occident sous son nom latinisé d’Avicenne[1],il s'intéressa à de nombreuses sciences, notamment l'astronomie, l'alchimie, la chimie et la psychologie. Il naquit le 7 août 980 à Afshéna, près de Boukhara, faisant partie de la province de Khorasan, en Iran, actuellement en Ouzbékistan, et mourut à Hamadan, en Iran, en juin 1037[2] .
  • Abou Ḥamid Moḥammed ibn Moḥammed al-Ghazālī (1058-1111), autrefois connu en Occident sous le nom de Algazel (persan : ابوحامد محمد غزالی abū ḥāmid Imām muḥammad-e ġazālīy) est un penseur musulman d'origine persane[3].
  • Abu'l-Walid Muhammad ibn Rouchd de Cordoue (né en 1126 – année supposée de sa naissance – à Cordoue, en Andalousie, actuelle Espagne - mort le 10 décembre 1198 à Marrakech, au Maroc), dit Ibn Ruchd, plus connu en Occident sous son nom latinisé d'Averroès, et de son nom complet Abū l-Walīd Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Ahmad ibn Rušd أبو الوليد محمد بن احمد بن محمد بن احمد بن احمد بن رشد , est un philosophe, théologien islamique, juriste, mathématicien et médecin musulman andalou du XIIe siècle.
  • Al-Nowaïri ou Ennouairi, en arabe Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 - 1331) fut un historien et jurisconsulte arabe du XIVe siècle.
  • Ibn Battûta de son nom complet  Abu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji Ibn Battuta (en arabe : أبو عبد الله محمد ابن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة), né le 24 février 1304 à Tanger et mort en 1377 à Marrakech, est un explorateur et voyageur musulman marocain, de souche berbère luwatie[2], qui a parcouru 120 000 km en 29 ans de voyages à travers le monde, de Tombouctou au sud en Bulgarie (en actuelle Russie, sur la Volga) au nord ; de Tanger à l’ouest à Quanzhou en Extrême-Orient. Ses récits sont compilés par Ibn Juzayy en un livre appelé Tuḥfat al-nuẓẓār fī ʿağāʾib l-amṣār wa-ġarāʾib l-asfār.
  • Al Idrissi , Al-Idrīsī , Edrisi ou encore Charif Al Idrissi, de son nom complet Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani (arabe : أبو عبد الله محمد ابن محمد ابن عبد الله ابن ادريس القرطبي الحسني), connu aussi sous le nom latin de Dreses et dit l'Arabe de Nubie1, est un géographe et botaniste, né à Sebta, l'actuel Ceuta, vers 1100. Il a grandi à Cordoue sous l'empire Almoravide 2, et serait mort vers1165 en Sicile ou à Ceuta
  • Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami[1] [2], né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire[3], est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe originaire d'Afrique du Nord.

Sa façon d'analyser les changements sociaux et politiques qu'il a observés dans le Maghreb et l'Espagne de son époque a conduit considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologie moderne »[3]. Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l'histoire universelle) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l'histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l'importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l'une des critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l'œuvre d'Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu'ait produit l'esprit humain »[4].

Néanmoins, des intellectuels déplorent que bien que son nom soit aussi célèbre au Sud qu'au Nord de la Méditerranée, son œuvre soit surtout lue dans cette seconde région[5].

  • Hassan Al-Wazzan (de son nom complet al-Hasan ibn Muhammad al-Zayyātī al-Fāsī al-Wazzān) (1488-1554 ?), dit Léon l’Africain, est un diplomate et explorateur d’Afrique du Nord du XVe-XVIe siècle.

Hassan al-Wazzan est né vers 1488, à Grenade en Andalousie musulmane. Après la prise de la ville en 1492 par les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon, sa famille se réfugie au Maroc dans la ville de Fès. Hassan y suit des études de théologie dans plusieurs madrasas de Fès et à la Quaraouiyine. Son oncle maternel initie sa vie de diplomate, en le conviant à l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’Empire Songhai, l’Askia Mohammed Touré. À l’âge de 20 ans, il s’engage définitivement sur les routes et la voie de la diplomatie, pour une vie entière de grand voyageur et de négociateur : ses missions politiques et commerciales le mènent à travers tout le Maroc : du Rif au Souss, des Doukkala au Tadla, du Tafilalet aux zones présahariennes… ainsi que dans tous les pays du Maghreb, de l'Arabie, de l’Afrique saharienne, à Constantinople et en Égypte.

En 1518, de retour du pèlerinage musulman à La Mecque, le navire sur lequel il se trouve est attaqué, et il est fait prisonnier par des « marins siciliens ». Il est en fait capturé par un chevalier de l’Ordre de Saint-Jean, Pedro di Bobadilla. Sans doute parce qu'il a quelques errements à se faire pardonner, celui-ci en fait présent au pape Léon X, qui l’adopte comme fils, le fait catéchiser puis baptiser sous ses propres noms, Jean Léon. Il devient alors Jean-Léon de Médicis, dit « Léon l’Africain ». Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’italien et au latin, et enseigne l’arabe à Bologne. Sur demande du pape, il écrit sa fameuse Cosmographia de Affrica, publiée à Venise sous le titre Description de l'Afrique. Cet ouvrage de référence, qui évite soigneusement de donner des informations à caractère militaire, est la seule source de renseignement sur la vie, les mœurs, les us et coutumes dans l'Afrique du XVIe siècle. C’est en particulier grâce à ce livre que Tombouctou devient une ville mythique dans l’imaginaire européen ; il est ainsi l’inspirateur de René Caillié parti à sa découverte. C'est aussi la Bible de tous les diplomates et explorateurs intéressés par l’Afrique.

Bien que le décé de Hassan Al Wazzan soit situé en 1554, il n'existe aucune information fiable sur la date et le lieu de la mort de Léon l'Africain.

Une des références contemporaines sur l’activité intellectuelle, de recherche, de découverte et d’innovation du monde arabo-musulman en matière scientifique, juridique, artistique, technique, sociale, éducative, est entre autres le Professeur Ahmed Djebbar.

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