PROTESTANTISME

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L’introduction du protestantisme à Madagascar remonte à la fin du XVIIIe siècle

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recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina\yahoo.fr)

Le protestantisme est un mouvement chrétien de renouveau spirituel et ecclésial qui prend naissance en Europe lors de la Réforme dans la période de la Renaissance (XVIe siècle) sous l'impulsion de dissidents catholiques, tels Martin Luther et Jean Calvin. Le terme lui-même est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivent la doctrine de Luther protestent (au sens ancien du terme : affirmer publiquement une information, une opinion. Voir ci-dessous. Cela ne signifie pas « s'opposer », « contester »...) contre les décisions prises par la seconde diète impériale à Spire, à majorité catholique. Au XXIe siècle, l'héritage protestant est perceptible dans tous les continents et à travers de nombreux mouvements plus ou moins convergents.

Introduction

La Réforme est le résultat du rejet des orientations prises par le catholicisme pendant le Moyen Âge (et qui ont été définitivement réaffirmées par Rome au concile de Trente.) La Réforme a été menée sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli parmi tant d'autres. Pierre Valdo, John Wyclif, Jan Hus, Lefèvre d'Etaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme. À la suite de ces théologiens, le protestantisme comprend des courants théologiques très divers. Au sein de la seule fédération protestante de France, on dénombre vingt-six unions d'Églises3, tandis que, sur le plan international, ce sont environ trois cent vingt Églises issues du protestantisme qui participent au conseil œcuménique des Églises, aux côtés d'une trentaine d’Églises orthodoxes et des Églises vieilles-catholiques.

Origine du mot protestant

Ce sont les adversaires de la Réforme qui, les premiers, utilisèrent ce quolibet en 1529, en Allemagne, en désignant les princes protestants et les villes libres 45. La plupart des princes-électeurs avaient choisi de suivre la réforme de Luther tolérée par Charles Quint, l'empereur élu par eux. Mais en 1529, ce fervent catholique change d'avis et ordonne le ralliement inconditionnel à l’Église catholique romaine. La promulgation de cette prescription, provoque le refus des princes : ils « protestent devant Dieu […] ainsi que devant tous les hommes » de leur refus d'admettre un décret qu'ils jugent contraire «  à Dieu, à sa sainte Parole, à [leur] bonne conscience et au salut de [leur] âme »6.

Plutôt attribué de façon péjorative, cet adjectif fut ensuite adopté comme substantif par les adeptes de la Réforme. En effet, la définition (vieillie ou littéraire) de ce mot est : Exprimer avec certitude, promettre avec force (à quelqu'un) que quelque chose est vrai, que quelque chose existe7. En revendiquant le sens positif de ce mot, les protestants affirment leur croyance, ils font profession de leur foi. De là l'origine du mot protestant8.

Histoire

Origine

Les débuts du protestantisme sont généralement datés du 31 octobre 1517, le moine augustin allemand et docteur en théologie Martin Luther publie les 95 Thèses dénonçant les travers de l’Église catholique romaine comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi.

Protégé par le duc Jean-Frédéric de Saxe (1503-1554), Luther brûle la bulle Exsurge Domine le menaçant d’excommunication en 1520.

L'année 1521 est également considérée comme déterminante : en janvier, Martin Luther, devant la diète de Worms, refuse de se rétracter, s’estimant soumis à l’autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu’à celle de la hiérarchie ecclésiastique9 et est excommunié.

Invoqués ici pour la première fois, l'appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont des marqueurs du protestantisme.

Parmi les idées de Luther, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elles provoquent au printemps 1525 le Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique.

Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1526 par Jean Ier de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme.

Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants », origine du mot protestant (voir supra).

Distribution du Protestantisme (rouge) et du Catholicisme (bleu) en Europe centrale (en 1618).

Diffusion

Le Luthéranisme se répand dans toute l'Europe le long des voies de communication commerciales. De nombreux princes allemands l'adoptent, ce qui va dans le sens de leur quête d'indépendance par rapport aux pouvoirs extérieurs qui régissent le Saint-Empire romain germanique : le Pape et l'empereur. L'empereur Charles Quint, justement, est aux prises avec les Turcs qui conquièrent de plus en plus de territoire européen depuis la chute de Constantinople et menacent à présent l'est de son empire ; il ne peut donc intervenir à l'encontre des princes qui deviennent protestants. Le Luthéranisme devient religion d’État en Suède en 1529, puis au Danemark en 1536. En 1536, Jean Calvin publie en latin l’Institution de la religion chrétienne. En 1545, le concile de Trente réaffirme les dogmes et la discipline de l’Église catholique. Il se termine en 1563.

Aux XVIe et XVIIe siècles, la France bascule dans les guerres de religion (1562-98) puis après une période de tolérance sous l'Édit de Nantes, dans une proscription croissante du protestantisme associé à des violences : destruction de temples, enlèvement d'enfants, logement de troupes, interdiction d'exercice de certains métiers et charges, ce qui conduit, malgré l'interdiction faite également d'émigrer, à l'exode de quelque deux cent cinquante à trois cent mille personnes vers l'Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l'Angleterre10.

Dans le Saint-Empire romain germanique, les troubles avaient pris fin dès 1555 avec la Paix d'Augsbourg, qui promulguait le principe « un prince, une religion » et permettait donc de facto une tolérance, ceux qui étaient résolu à conserver leur religion étant libre de se déplacer, parfois de quelques kilomètres seulement, pour l'exercer librement11. Les Pays-Bas faisaient exception à cette règle, les troubles religieux venant doubler le rejet de la mise sous tutelle de la Flandre et des Pays-Bas par les Habsbourg espagnols. La paix n'intervient qu'en 1648 (Traité de Münster) à l'issue de la cruelle Guerre de Quatre-Vingts Ans et consacre la division politique et religieuse des Pays-Bas : au sud, les Pays-Bas espagnols catholiques où le protestantisme est interdit, au nord les Pays-Bas indépendants, dirigés par des protestants et où le catholicisme est tout juste toléré11.

En Angleterre, les convenances personnelles du roi Henri VIII en matière matrimoniale le conduisent à rompre avec Rome. Née de ce schisme, l'Église anglicane conserve d'abord tous les aspects extérieurs du catholicisme mais évoluera graduellement vers le protestantisme tandis que le catholicisme poursuit son évolution divergente par le biais des doctrines promulguées après la rupture11. En Suisse, les cantons s'étaient déterminés séparément, les plus vastes et les plus puissants (Bâle, Zurich, Berne) basculant vers le protestantisme11. En Europe du Sud, les velléités du luthéranisme avaient été éteintes par l'Inquisition. Seule exception notable, la communauté hérétique dite vaudoise : lors du synode de Chanforan, la majeure partie de l'Église vaudoise choisit d'adhérer à la Réforme en 1532. Malgré les persécutions (entre autres le massacre de trois mille vaudois du Luberon en 1545), cette petite communauté s'est maintenue dans le Piémont11. Le protestantisme connaît ensuite une expansion mondiale au travers des mouvements missionnaires qui, le plus souvent, accompagnent la colonisation. Dans le cas des États-Unis, il est alimenté en outre par l'exil des non-conformistes religieux d'Angleterre ou d'autres régions d'Europe : ainsi les Quakers sont-ils très tôt et très largement implantés dans le Nouveau Monde, mais c'est le cas aussi des Anabaptistes germaniques (allemands, suisses, alsaciens) qui fondent de florissantes communautés mennonites et amish aux États-Unis11.

Développement

Aujourd'hui, le protestantisme est principalement présent en Amérique du Nord, en Europe du Nord et en Afrique. Il est fortement implanté en Amérique du Sud et en Chine. L'estimation du nombre de protestants dans le monde est assez variable, selon que l'on prend en compte les seuls protestants « historiques » (ceux remontant à la Réforme « magistérielle » du XVIe siècle : calvinistes, réformés, presbytériens ; luthériens ; anglicans low church, épiscopaliens ; méthodistes — XIXe siècle, dissidence anglicane — principalement), au nombre d'environ trois cent cinquante millions, ou que l'on y ajoute les descendants (baptistes et autres Églises), évangéliques, de la « Réforme radicale » (toujours au XVIe siècle mais aussi après), qui sont, en 2011, plus de cinq cents millions dans le monde12. Parmi les évangéliques, on estime à deux cents millions le nombre des pentecôtistes dans le monde. Les évangéliques et les pentecôtistes (apparus au tout début du XXe siècle et mettant l'accent sur le « baptême du Saint-Esprit ») sont très dynamiques et en constante expansion de par le monde (Amérique latine, Afrique, Asie…)13.

Mouvements protestants

Luthéranisme, calvinisme et anglicanisme

Dès le début, les Églises historiques multitudinistes sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitudiniste »). Il s'agit14 des Églises luthériennes, des Églises réformées (calvinistes ou zwingliennes) et de l'Église anglicane.

Les anabaptistes, mennonites et quakers

En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'œuvre du Saint-Esprit. Sont les héritières directes de la partie pacifiste de ce courant les Assemblées mennonites, dont les Amish font partie. S'y rattachent spirituellement les baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ».

Dans ce groupe, les Quakers occupent une place à part. Fondé en 1650 en Angleterre par George Fox, ce mouvement très ancré dans la culture anglo-saxonne se distingue des autres communautés issues du christianisme par l'absence de credo, de clergé et de hiérarchie. De nombreux Quakers ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles, bien que subsiste au sein du Quakerisme un large courant évangélique.

Au XIXe siècle

Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est le précurseur de mouvements socio-évangéliques tels que l'Armée du salut, fondée par William Booth en Angleterre, à la fin du XIXe siècle ou les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (UCJG, en anglais YMCA), qui comptent 45 millions de membres dans le monde. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent.

D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc. « Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants ou de confessants » et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et la plupart, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou éventuellement des adolescents (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles ne reconnaissent que le baptême d'adultes fait par immersion. Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistes d'origine nord-américaine.

Principes fondamentaux du protestantisme

Les protestants modernistes hésitent à parler de « doctrine » ou de « religion ». Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs. Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices.

Grands Principes

Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :

L'homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l'homme capable d'aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d'une personne ne dépend que de l'amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social. Cette valeur repose sur le prix payé par le Christ (sa mort), pour le salut des âmes de tous les pécheurs. Épître aux Galates, chapitre 2, verset 20 :« J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. »
Ce don se fait à l'occasion d'une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C'est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D'une personne à l'autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d'un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d'amour de Dieu.
(A mettre en rapport avec le sacerdoce universel et l'éclairage indispensable du Saint Esprit)
Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l'Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d'autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu'elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s'exerce la responsabilité personnelle de chacun.
Jésus Christ est le seul intermédiaire entre Dieu et l'humanité.
Il n'y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.
  • Ecclesia semper reformanda (« l'Église doit se réformer sans cesse »)
Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. Elles peuvent se tromper, disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu'il faut être guidé par l'Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu'au dogme (vérité qui ne peut être reniée), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l'« infaillibilité pontificale ».
Principe de la Réforme protestante15, que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l'Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d'études de théologie et reconnus par l'Église, ils sont au service de la communauté pour l'annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines Églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques.

Pratiques et croyances protestantes

La doctrine protestante repose exclusivement sur les Écrits sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les écrits apocryphes ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foi16 et ne sont plus imprimés dans les Bibles protestantes depuis le XIXe siècle. Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle (voir les Évangiles). À l'instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ peut sans doute être considérée comme le point essentiel de la foi protestante. (cf. 1re Épitre de S. Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 14 : « si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. ») Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène).

Le Baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d'après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines Églises protestantes, le baptême n'est administré qu'à l’âge adulte tandis que d'autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants.

Le mariage est la bénédiction divine d'un amour humain et, bien que le Protestantisme n'encourage pas la pratique du divorce, l'idée qu'un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est admise par un certain nombre ; le remariage de divorcés est possible.

Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Évangile et la promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire. Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés.

Fêtes et rassemblements

Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi saint et le Vendredi saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte. Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :

Différences avec l'Église catholique

Malgré les nombreux points communs entre catholicisme et protestantisme tous deux issus du rameau occidental du Christianisme, et malgré le rapprochement doctrinal obtenu par le dialogue œcuménique, par exemple par le Groupe des Dombes, il existe de nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique.

  • Les protestants se référent uniquement à la Bible comme source de doctrine (sola scriptura). Ils récusent en particulier la tradition, autre source dogmatique admise par le catholicisme. Ils insistent sur le rôle de l'Esprit Saint pour accéder à une compréhension véritable du sens du message biblique. Ils sont souvent profondément choqués par la promulgation de nouveaux dogmes par l'Église catholique romaine tel que ceux de l'Immaculée Conception (1854), de l'infaillibilité pontificale (1870) ou de l'assomption de Marie (1950), qu'ils assimilent à une sorte de révélation continue peu conforme à l'évangile.
  • Les protestants n'accordent pas à leur clergé un rôle spécifique de prêtres. Les pasteurs sont des conseillers et des savants dont le rôle est de former les croyants, de leur indiquer la direction à suivre. Ils président le culte et administrent la Sainte-Cène mais, moyennant une officialisation par l'Église pour des raisons de bon ordre et de discipline, des laïcs peuvent parfaitement en faire autant, y compris la prédication moyennant formation théologique. C'est l'ensemble des croyants qui est investi de la prêtrise (doctrine dite du sacerdoce universel, fondée notamment sur des textes de l'Épître aux Hébreux). Dans l'Église catholique, le prêtre en prononçant les paroles de l'absolution au sein de la confession accorde effectivement le pardon de Dieu, le pasteur se borne à rappeler au cours de la liturgie la promesse de pardon acquise « à ceux qui se repentent et qui croient » ; le reste se passe directement entre le croyant et Dieu (exception : les anglicans utilisent le mot prêtre, sans toutefois y mettre le sens catholique).
  • Les protestants ne reconnaissent pas l'autorité du Pape, ni celle des cardinaux. Pour des raisons historiques, il existe une multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux autres. Les Églises protestantes sont organisées soit autour d'évêques parfois appelés inspecteurs ecclésiastiques (d'après le sens du mot grec episkopos), il est alors question de système épiscopalien (cas des Luthériens et des Anglicans), soit autour de conseils presbytéraux souverains, les paroisses adhérant volontairement à des unions d'Églises régies par une sorte d'assemblée générale dénommée synode, il est alors question de système presbytérien-synodal (cas des Églises réformées). Ces unions qui sont cantonnées à l'échelon national se regroupent par obédience (luthérienne, réformée, anglicane, baptiste, méthodiste, etc.) au sein de fédérations internationales qui sont en général elles-mêmes affiliées au Conseil œcuménique des Églises (COE).
  • Les protestants ne reconnaissent que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie ou Sainte-Cène) contre sept chez les catholiques (le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordination et l'onction des malades). Certains de ces rites existent toutefois sur un mode mineur : la confirmation (qui se pratique environ deux ans plus tard que chez les catholiques lorsque l'enfant a développé son sens critique et sa personnalité), la confession des péchés (soit collective au cours du culte soit personnelle dans le secret de la prière, mais jamais auriculaire à la manière catholique ; les protestants n’ont donc pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un prêtre) et le pasteur n'a pas le pouvoir de remettre les péchés, le mariage. L'ordination (des pasteurs luthériens) ou la reconnaissance des ministères (des pasteurs réformés) remplacent l'ordination des prêtres mais en sont très éloignées dans la forme comme dans le fondement théologique, la question de la prêtrise restant au fond la grande différence entre les conceptions catholiques et protestantes de l'Église. Moins sacralisé, le mariage protestant peut être rompu et les Églises protestantes acceptent en général de célébrer des remariages.
  • La question dite de la présence réelle de Jésus lors de la Cène est particulièrement complexe. Les protestants ne croient pas à la transsubstantiation, doctrine catholique qui affirme la transformation physique et matérielle des deux espèces de la communion en véritable chair et en véritable sang du Christ lors de l'eucharistie. La majorité des protestants croit à la présence réelle de Jésus de manière spirituelle lors de la Cène: la Cène ne se réduit donc pas à un symbole. Cette position existe toutefois également (depuis Zwingli) mais reste minoritaire. La communauté de Taizé avait trouvé une formulation qui convenait à l'ensemble des Églises chrétiennes, parlant d'un « mémorial sacrificiel »18.
  • Les concepts de purgatoire (lieu de souffrance auquel l'Homme accède après la mort pour se racheter et se purifier de ses péchés avant d'accéder au paradis), canonisation (pratique catholique, mais aussi orthodoxe, par laquelle un homme ou une femme est reconnu comme Saint ou Sainte) et d'indulgence (à l'époque il y avait possibilité pour un catholique de verser une somme d'argent au Pape en échange du pardon de ses péchés, aujourd'hui c'est surtout le pardon donné par le Pape pour les grandes fêtes, par exemple l'Indulgence Plénière de Noël, ou dans d'autres occasions) n'existent tout simplement pas. La notion de « saint » (origine latine de ce mot : sanctus : sacré, ici avec un sens double "appelé" (par le baptême) et "élu" (par Dieu au Jugement Dernier), signifiant « mis à part », Il n'existe donc pas sur terre d'élite composée de chrétiens qui seraient exemplaires devant la communauté19.
  • L'excommunication (pratique par laquelle le Pape exclut quelqu'un de l'Église et de fait l'empêche temporairement ou définitivement de recevoir des sacrements) existe en principe également chez les protestants. Elle serait prononcée soit par l'évêque (organisation de l'Église selon le système épiscopalien), soit par le conseil presbytéral (système presbytéro-synodal), mais elle est en général tombée en désuétude (sauf chez certains évangéliques, où elle joue même un rôle de maintien de la cohésion des communautés Amish, où l'excommunié est ipso facto mis au ban de la communauté sur le plan social).
  • Les protestants ne donnent pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son Immaculée Conception, qui n'est pas un dogme du protestantisme. Néanmoins, ils adhèrent à la naissance virginale de Jésus et Marie fait partie des témoins privilégiés au même titre que les disciples du Christ. Des avancées œcuméniques ont été faites quant à la place de Marie chez les protestants - dont on peut penser qu'elle a été particulièrement réduite en pure réaction contre le catholicisme, par exemple par le Groupe des Dombes20 ou par la théologienne protestante France Quéré21.
  • Les protestants ne font pas appel à des intercesseurs comme Marie ou les Saints dans leurs prières. Selon eux le croyant est seul responsable devant Dieu et ne doit pas passer par des intermédiaires pour dialoguer avec Lui. Ils croient que Jésus est le seul intermédiaire entre Dieu le Père et eux-mêmes. Ils ne croient pas à l'utilité de la pratique catholique de la confession (voir plus haut le paragraphe sur la prêtrise).
  • Les pasteurs protestants ont le droit de se marier et les femmes exercent couramment le pastorat.
  • Le protestantisme comporte notablement moins de rites que les autres branches du Christianisme. Par exemple, les protestants ne pratiquent pas le signe de croix et n'utilisent pas d'eau bénite, car ils considèrent qu'il s'agit là de superstitions.
  • L'appartenance à l'Église est concrétisée chez les protestants par la confession de foi22 et non par la participation aux rituels sacramentels qui a la préférence des catholiques.
  • Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire.

Influence sociologique du protestantisme

Éducation

Le protestantisme, promoteur de la lecture - puisque la lecture de la Bible par tous y est encouragée -, s'est toujours passionné pour l'enseignement. C'est ce que Jean Jaurès avait éloquemment décrit en 1911: « C'est la Réforme qui s'est passionnée pour l'instruction du peuple... Elle a voulu que tout homme sût lire, et quel livre ? Celui où elle-même puisait la vie. »23 Parmi les grands éducateurs protestants, on cite volontiers Friedrich Fröbel, inventeur du jardin d'enfants qui deviendra l'école maternelle ou le pasteur Jean-Frédéric Oberlin, qui pratiquera l'éducation populaire dans sa paroisse déshéritée du Ban-de-la-Roche.

L'impact du protestantisme est particulièrement fort en France, sous la 3e République, où Jules Ferry compte plusieurs personnalités protestantes dans son entourage. En particulier Ferdinand Buisson (qui conçoit les grandes lois scolaires de 1881-1885 et crée les Écoles Normales Supérieures de Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses), Félix Pécaut et Jules Steeg.

L'enseignement féminin doit aussi beaucoup au protestantisme, Madame Jules Favre étant la créatrice de l'École Normale Supérieure de jeunes filles de Sèvres et l'inspiratrice de la pédagogie de toute une génération d'enseignantes. Les lycées de jeunes filles comptent en 1885 22 % d'élèves protestantes, 10 % d'enseignants protestants et 25 % de chefs d'établissements protestants24.

Enfin le développement de l'enseignement en classe maternelle en France est l’œuvre de la protestante Pauline Kergomard (1838-1925).

Vie économique

Max Weber a mis en évidence dans L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme la contribution unique du protestantisme à la création d'une culture favorable à la liberté d'entreprendre et au capitalisme, culture qui s'est à présent imposée à l'échelle mondiale25. Weber met particulièrement en évidence le rôle des calvinistes et des puritains, caractérisés par un ascétisme qui mène à la thésaurisation donc à la formation de capital. Les activités industrielles, de négoce ou de banque menées par des protestants ont donc prospéré dans la durée. Des alliances réfléchies entre familles protestantes ont également permis de consolider et de diversifier ces activités économiques. De nombreuses entreprises françaises, toujours en activité aujourd’hui, ont ainsi été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites.

Thèse toutefois remise en cause par Fernand Braudel dans son livre : Civilisation matérielle, économie et capitalisme.

Diaconie protestante

La diaconie, le service envers les plus faibles ou les plus pauvres, existe depuis l’origine de l’Église. Pour les protestants, la diaconie fait bien partie de la vocation de l’Église, au même titre que la prédication de l’Évangile, bien que la laïcité ait conduit en France à séparer les associations cultuelles et les associations ou fondations à caractère social, médico-social ou sanitaire.

En 2007, Olivier Brès, président de la Fédération d'entraide protestante (FEP), distinguait deux grands types d'activité26:

a. Les associations locales d’entraide ou diaconats Il y a presque un diaconat par Église locale, avec des activités d’écoute, des distributions alimentaires, des vestiaires, des accompagnements plus ou moins précis de personnes isolées (hors ou dans l’Église), mais aussi du financement et de l’accompagnement d’actions de solidarité avec le Sud (associations ou Églises) au gré des rencontres et des intérêts des membres des Entraides. Cela représente des milliers de bénévoles qui collaborent souvent dans leurs activités avec d’autres associations caritatives (laïques, catholiques…).

b. Les associations membres de la Fédération d'entraide protestante (FEP), soit environ deux cents associations ou fondations engagées dans plusieurs secteurs :

  • le sanitaire, avec quelques hôpitaux et maisons de santé et écoles d’infirmières
  • les personnes âgées avec près de 80 maisons de retraite et quelques services à domicile,
  • les personnes handicapées, avec souvent des associations importantes gérant plusieurs établissements et développant de nouvelles structures, dans un contexte de pénurie à l'échelle nationale,
  • le social qui tend à se développer, avec des structures d’accompagnement, d’hébergement, d’accès au logement pour personnes en situation d’exclusion
  • les organismes de formation, les Foyers de jeunes, les centres sociaux….

Ces associations regroupent des milliers d’administrateurs, de bénévoles et de salariés.

Quelques exemples d’œuvres d'origine protestante :

La Fondation John Bost

La Fondation John Bost, fondée en 1848 par le pasteur John Bost, est une institution sanitaire et médico-sociale protestante, reconnue d'utilité publique, dont le siège est situé à La Force près de Bergerac. Elle accueille, soigne et accompagne au long cours plus d'un millier de personnes (enfants, adultes et seniors) souffrant de troubles psychiques et de handicap physique et/ou mental dont l'état nécessite une vie sociale adaptée, ainsi que des personnes âgées dépendantes. L'institution est composée de pavillons ou services sanitaires et médico-sociaux répartis dans plusieurs régions, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Limousin,Île-de-France et Haute-Normandie. Comme le souhaitait le pasteur John Bost, les résidents sont accueillis dans un environnement «sans mur ni clôture», espérant ainsi offrir une bonne qualité de vie27.

L'Armée du salut

L'Armée du salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteur anglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s'entassent dans les quartiers pauvres de l'Est londonien. Pour lui, le changement s'opère en chaque individu. Le progrès social, politique et économique doit découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Évangile. William Booth estime par ailleurs qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il faut lui proposer des conditions de vie décentes, d'où l'investissement social du mouvement salutiste, et sa devise aux trois S, «soupe, savon, salut».

Les Amis de l'Atelier

À la fin des années 1950, l'éducatrice Anne Sommermeyer constate le dénuement des familles ayant des enfants handicapés, qui étaient de facto exclus du système scolaire traditionnel et peu pris en charge par la Sécurité sociale. Indignée, elle commence par recevoir chez elle quelques enfants, pour permettre à leurs parents de prendre quelques jours de repos et de dormir quelques nuits en paix. En 1957, elle ouvre un jardin d'enfants pour déficients mentaux dans une maisonnette de 18 m2 qu'une jeune communauté protestante (mennonite) venait d'ériger au milieu des vergers, à Châtenay-Malabry. En 1961, elle crée des activités de jour pour de jeunes adultes en situation de handicap dans le cadre du Centre d'Aide par le Travail (CAT) "l'Atelier" puis du Centre d'Initiation au Travail et aux Loisirs (CITL) "Égalité". Pour répondre aux sollicitations croissantes des familles, d'autres établissements et services vont peu à peu voir le jour, en concertation avec les pouvoirs publics. Le besoin d'hébergement collectif conduit d'abord l'association à créer deux foyers d'hébergement. En 50 ans, l'Association ouvre une soixantaine d'établissements et services qui vont du CAT à l'IME (Institut médico-éducatif). Elle compte environ 2600 bénéficiaires et 1550 salariés. En 2011, l'Association devient la Fondation des Amis de l'Atelier, reconnue d'utilité publique28,29.

La CIMADE

Créée en septembre 1939 à l'instigation de la théologienne protestante Suzanne de Dietrich pour venir en aide aux populations alsacienne et lorraine évacuées vers le sud de la France à cause de l’entrée en guerre contre l’Allemagne, l'action de la CIMADE (dont le nom signifie Comité inter mouvements auprès des évacués) s'est rapidement élargie aux réfugiés de toutes origines (Tziganes, communistes, Allemands fuyant le nazisme, Juifs...). Souvent médiatisée par son actions en faveur des migrants et personnes sans papiers d'identité, la CIMADE poursuit également une action de terrain grâce à ses quelque 2 000 bénévoles : assistance juridique aux étrangers en centre de rétention administrative, gestion d'établissements sanitaires et sociaux, formation et adaptation linguistique, accueil des étrangers dans les permanences régionales, actions de solidarité internationale, interventions en prison et en locaux de rétention.

L'hôpital Albert Schweitzer

Véritable précurseur de l'aide humanitaire médicale, le pasteur et médecin d'origine alsacienne, Albert Schweitzer, fonde en 1913 à Lambaréné (Gabon) un hôpital destiné à soigner les malades de la région mais aussi à étudier les maladies tropicales afin de mieux les prévenir et de mieux les soigner. Dès 1930, Albert Schweitzer constitue à Strasbourg une association de soutien. en 1974, la fondation de droit gabonais Albert-Schweitzer est créée pour gérer l'hôpital. Grâce à ses nombreux soutiens, l'hôpital va se moderniser en permanence. Sont créés un laboratoire de biologie et de bactériologie, une salle de radiologie, un bloc opératoire, une clinique dentaire, un pavillon de pédiatrie, un pavillon de médecine interne, des écoles. Un effort important est réalisé en direction de la formation des personnels médicaux et paramédicaux originaires d’Afrique30.

Le Comité international de la Croix-Rouge

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est la plus ancienne organisation internationale humanitaire existante. Elle a été créée en 1863 par un groupe de cinq citoyens protestants de Genève, dont Henri Dunant (prix Nobel de la paix en 1901) et le général Dufour. D'après ses statuts, la Croix-Rouge est une institution de secours volontaire et désintéressée dont la mission est d'agir au plus près des personnes touchées par les conflits armés et de répondre au mieux à leurs besoins31. Le CICR, qui a toujours son siège à Genève en Suisse, emploie environ 11000 personnes dans 80 pays à travers le monde (2013)32. L'action du CICR a été récompensée par trois prix Nobel de la paix (1917, 1944 et 1963).

Personnalités

Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.

Le protestantisme malgache

David jones 1Thomas bevan 1David jonTemple ecole tananarive

Les premiers missionnaires envoyés par la London Missionary Society au début du XIXème siècle, qui sont à l’origine de l’implantation du Protestantisme à Madagascar et plus particulièrement en Imerina, ont d’abord séjournés dans le pays betsimisaraka avant d’évangéliser les Hautes Terres. En effet, David Jones et Thomas Bevan ont commencé dans les environs de Tamatave la diffusion de la religion chrétienne. Débarqués dans le grand port de l’Est le 18 août 1818, ils ouvrent à Manangareza, quelques jours plus tard, la première école protestante de Madagascar qui accueille comme élèves de jeunes Betsimisaraka dont Berora, le fils de Fiche (celui-ci est non seulement chef d’Ivondrona mais aussi frère de Jean René, chef de Tamatave). Ces débuts, hélas ! furent tragiques et éphémères. David Jones, malade est seul survivant des deux familles de missionnaires, doit regagner l’Île Maurice pour se soigner. Il ne reviendra à Tamatave que le 9 septembre 1820, mais pour prendre le 16 septembre la route d’Antananarivo en compagnie de Hastie. Tous deux arrivent dans la capitale de Radama 1er le 3 octobre 1820. Le 8 décembre de la même année, David Jones ouvrira la première école protestante d’ Antananarivo.

La naissance et l’histoire du protestantisme à Madagascar sont inséparables de l’histoire politique, sociale et culturelle de la grande île. L’introduction du protestantisme à Madagascar remonte à la fin du XVIIIe siècle. En effet, du protestantisme britannique de cette époque sont nés des mouvements tournés vers le messianisme, l'évangélisme ou l’humanitarisme. Entre 1792 et 1818, ces courants s'organisent en sociétés à but philanthropique. Parmi elles, la London Missionary Society (LMS) est la plus importante. Ce groupement décide l'envoi de missionnaires à l'île Maurice (1814) puis à Madagascar (1817). La présence protestante était donc exclusivement anglaise à ses débuts. Cette évangélisation, d’abord menée sur la côte Est de l’île a trouvé sa force stratégique en s'ancrant ensuite au centre de l'île chez les Merina.

La période royale à Madagascar

Le roi Radama Ier, régnant de 1810 à 1828, très favorable à une ouverture aux étrangers, engagea un dialogue avec les Anglais. Cette politique d’ouverture était dictée par une volonté d’hégémonie puisque, durant tout le XVIIe siècle, Madagascar fut divisée en de nombreux petits royaumes. Radama Ier signa en 1817 un traité d'amitié avec les Britanniques qui dotèrent les Merina d’armes modernes et entraînèrent les troupes autochtones. Fort de cet appui anglais, Radama Ier poursuivit l'unification entreprise par son père et étendit sa domination sur une grande partie de l’île. Dans le même temps les missionnaires britanniques fondèrent des écoles et introduisirent le christianisme. Théoriquement, le commerce d'esclaves entre Madagascar et les îles Mascareignes (Réunion, Maurice et dépendances) prend fin par ce traité signé entre Radama Ier et le général Robert Farquhar.

On trouve ici un exemple illustrant la doctrine en usage, dite des trois « C » : christianisme, commerce, civilisation. C'est par une initiative économique que le christianisme est arrivé à détruire l'institution économique de l'esclavage.

La London Missionary Society (LMS) peut alors traduire la Bible en malgache. Le 1er janvier 1827, les missionnaires protestants purent mettre entre les mains de leurs catéchumènes le premier chapitre de l’évangile de Luc en langue malgache. La présence de la Bible a été déterminante dans la vie culturelle et l’histoire de Madagascar. En effet l'usage de l'écriture en langue malgache s'apprenait avec la diffusion de la Bible, jouant ainsi un rôle important dans la vie et la société malgaches. Mais c'est surtout dans la vie politique que l'utilisation de la Bible semble, jusqu'à nos jours, la plus remarquable, notamment dans le discours politique depuis l'indépendance.

La crise qui affecte les relations du souverain et de la mission de Tananarive en 1827 préfigure l'expulsion des agents du christianisme et les persécutions contre les premiers convertis qui interviennent à partir de 1836. En effet, la Reine Ranavalona I­ère (1828-1861), qui succéda à Radama Ier, ferma Madagascar et se montra anti-européenne et anti-chrétienne. La Bible et les baptêmes furent interdits et les missionnaires expulsés. C'était le temps de la persécution et des premiers martyrs malgaches dont le plus connu est une femme.

Rasalama était probablement parmi les premiers élèves dans les écoles de village ouvertes par la London Missionary Society en 1824. Quand sa famille s'est installée à Manjakaray dans les faubourgs de la capitale, elle est devenue membre de la première communauté chrétienne à Ambodin'Andohalo, près du palais royal. Elle était parmi les premiers Malgaches à être baptisés (mai 1831) et à communier à Ambatonakanga en juin 1831. En 1835, quand la nouvelle reine Ranavalona Ière a déclaré le christianisme illégal, Rasalama s'est cachée dans une grotte, près de sa maison. Cette grotte a été découverte et, en juillet 1837, Rasalama a été arrêtée et donnée à un courtier comme esclave. Elle a patiemment supporté son sort, jusqu'au jour où elle a refusé de travailler le dimanche, provoquant la colère de son maître. Elle a été condamnée à mort, pour cause de rébellion contre la volonté de la reine. Le 14 août, après une nuit de souffrances dans les fers, elle a été amenée à Ambohipotsy. La marche à pied qu'elle a faite, tout en prières et en cantiques, jusqu'au lieu de l'exécution, est devenue légendaire. Elle a été transpercée d'un coup de lance et son corps n'a pas été enseveli. Une église commémorative a été érigée sur le site. Son martyre a fait une grande impression sur ses compatriotes et sur les protestants anglais. Une plaque commémorative a été placée dans la chapelle de Brunswick, à Bristol, en Angleterre. Selon un article de Mme Yvette Ranjeva Rabetafika, ancien ambassadeur délégué permanent de Madagascar auprès de l'Unesco, elle fut une figure importante du protestantisme malgache. La commémoration du 150e anniversaire de sa mort en 1987 a été un événement historique pour le pays.

La période pré-coloniale

La période pré-coloniale qui s’ouvrait à Madagascar après 1861 était marquée par un retour du christianisme et un nouveau rapport avec les étrangers. Le catholicisme apparaît et s’installe à Madagascar. Les deux successeurs de la reine Ranavalona Ière se montraient favorables au christianisme. Le roi Radama II rendit hommage aux architectes étrangers qui apportèrent les soutiens technologiques à la construction des palais, des écoles, des hôpitaux, des temples et églises. Il est à noter que ces temples et/ou églises servaient en même temps d'écoles et s'élevèrent à cette époque dans tous les villages des hautes vallées. Les écoles missionnaires commencèrent à fleurir dans toute l'île et principalement dans la région d'Antananarivo.

Rasoherina, succédant en 1863 à son mari Radama II assassiné, signa un nouveau traité d’amitié avec les Anglais en 1865. Ce nouveau traité comprenait des clauses secrètes défavorables au catholicisme. S’ensuit alors l'afflux des missions anglaises, puis norvégiennes (Church Missionary Society, Society for the Propagation of the Gospel, groupement d’obédience anglicane, les Friends of Foreign Mission Association et la Norvegian Missionary Society).

La reine Ranavalona II qui accéda au trône à la mort de Rasoherina, dans un contexte de rivalité franco-anglaise, se convertit au protestantisme. Elle reçoit le baptême protestant avec son premier ministre le 21 février 1869 et imposa le protestantisme comme religion d'État, tout en tolérant la présence catholique. Elle fait construire un temple au sein du Rova (Palais), par l'architecte Pool. Et parallèlement, un édit proclame l'interdiction du culte des idoles. La présence protestante anglaise, soutenue par les protestants français, devançait largement celle des catholiques malgré l'aide du gouvernement français pour la Mission Catholique. Des députés et sénateurs de La Réunion reprochaient pourtant une certaine tiédeur catholique sur la Grande Île.

La présence protestante se renforce avec l'arrivée de missionnaires luthériens envoyés par le Norvegian Lutherian Church of America (1888) et le Lutherian Board of Mission (1890). L'expansion de ces missions concernait toute l’île. Les luthériens s'emparent du Sud de l'île, chez les « Betsileo », à Fort Dauphin et à Tuléar, les Anglais travaillaient à l'Est et à Antananarivo depuis 1875.

C’est à partir de 1861 qu’une véritable concurrence intermissionnaire a eu lieu entre les protestants et les catholiques surtout pour la scolarisation des nouveaux fidèles. « À travers les enfants, on visait des objectifs plus lointains et d'abord à former l'adulte non seulement en tant qu'homme mais surtout en tant que catholique ou protestant » écrivait, en 1985, Ravelomanana, un artisan connu du protestantisme malgache. Les mariages mixtes étaient très mal perçus voire considérés comme un péché mortel.

La période coloniale

L'annexion de Madagascar par la France intervient en 1896, mais cela n'a pas beaucoup aidé la mission catholique. Cette déception vient surtout de la politique de Gallieni qui fait appel à la mission protestante de France pour « protéger » les missions anglaises et instaure, par ailleurs, l'école laïque. Les deux premiers délégués envoyés par le comité de Paris (La Mission Protestante Française, MPF, nom donné spécialement à la Société Évangélique de Paris, SMEP) à Madagascar étaient M. Krüger et M. Lauga en 1896. Au début de la colonisation française, le protestantisme était menacé par les actions des jésuites. Dans sa lettre du 26 mars 1896, Lauga écrivait ces mots : « Aussi quand, après la conquête, les jésuites et leurs partisans se sont mis à crier tout haut que, pour être Français, il fallait se faire catholique, les gens ont-ils pris peur. Dans une foule de villages ils n'osaient plus aller à l'église et se demandaient avec angoisse s'il ne faudrait pas aller plus loin et entrer dans l'Église romaine. De quatre côtés différents - écrit-il le 2 octobre 1896 - je pourrais presque dire des quatre points cardinaux, nous est arrivée, cette semaine, la nouvelle que les jésuites avaient fait, simultanément sur ces divers points, des tentatives pour s'emparer des temples protestants afin d'y dire la messe, et des bâtiments scolaires de nos missions pour y placer leurs propres instituteurs. Ils font croire à qui veut les entendre qu'ils sont tout puissants auprès du gouvernement. Nous sommes en présence d'un plan d'attaque savamment combiné et, pour y faire face, nous sommes obligés à des prodiges d'activités ». (Gustave Mondain, Un siècle de Mission à Madagascar, chap. VII )

Il est important de rappeler que  la « Conférence Universelle des Missions » qui s’est tenue à Édimbourg en 1910 était déterminante au regard de l'évolution du rapport entre les Français qui détenaient le pouvoir à Madagascar et les missions chrétiennes, majoritairement protestantes. Ce congrès a été le résultat des efforts de regroupement et de coordination des entreprises missionnaires protestantes mondiales.

Les missions françaises et anglaises qui se déployaient à Madagascar ont dû accepter l'esprit oecuménique et les valeurs de laïcité insufflées et renforcées lors de ce congrès. Le gouverneur Victor Augagneur qui gouvernait l'île opta pour une politique anti-religieuse. Il contribue, lui aussi, à faire vivre dans la Grande Île un État laïc. Au début de la colonisation française, la laïcité de la vie publique et de l'enseignement étaient prioritaires.

La présence et le poids du  protestantisme se sont révélés dans la résistance à l'ordre colonial français. Les intellectuels malgaches, médecins et pasteurs notamment, se sont regroupés au sein  d’un des plus importants mouvements  insurrectionnels avant 1920, le VVS (Vy, Vato, Sakelika = Fer, Pierre et Ramification). Ils étaient majoritairement des protestants. Un autre parti politique indépendantiste le MDRM (Mouvement démocratique de la rénovation malgache), qui fut une organisation politique instituée officiellement à Paris le 22 février 1946 (en vue de préparer l'accession de la colonie de Madagascar à l'autonomie et, ensuite, à l'indépendance), comptait également dans ses rangs de grandes figures majoritairement protestantes.

Ces faits ne signifient pas pour autant que tous les protestants étaient défavorables à la présence française. Pendant la colonisation deux missions restent très importantes, la LMS et le FFMA (plus connu sous l’appellation de Quakers). Elles se sont mises en confédération deux ans avant l'indépendance en 1960 avec la mission protestante française et les Églises luthériennes en créant la FFPM (Fédération des Églises protestantes de Madagascar).

Les missions catholiques de leur côté s'appliquaient à organiser politiquement et plus fortement encore leurs assises. Elles soutenaient entre autres actions les premiers syndicats de travailleurs malgaches.

Actuellement, on constate que les écoles protestantes, vestiges du temps colonial, sont devenues modestes et très peu entretenues. Il n'y a presque plus de construction de nouvelles écoles confessionnelles. Les protestants malgaches investissent depuis quelques années maintenant dans la rénovation des temples. De leur côté, les installations catholiques (écoles, hôpitaux, organisations non gouvernementales, églises) à Madagascar sont légion et elles sont en progression.

La période post-coloniale

Après l'indépendance, la branche protestante se divise en trois tendances principales, les réformés (FJKM), les luthériens et les anglicans. L'Église catholique continue à s'étendre sur toute l'île. Les statistiques avancent des effectifs catholiques/protestants à quasi-égalité. À la fin des années 70, les principales Églises chrétiennes se sont fédérées en une organisation œcuménique : la FFKM. Cette organisation joue un rôle prépondérant et continue de jouir d’une influence considérable dans la conduite des politiques à Madagascar. L’action de cette fédération dans les mouvements populaires en 1991 aboutissant à la chute du  premier régime Ratsiraka en est un exemple parlant. C’est encore cette fédération qui a donné son appui pour l’arrivée au pouvoir du président Ravalomanana en 2002. Aujourd’hui les Églises composant cette fédération avancent en ordre dispersé dans la crise affectant la politique malgache depuis mars 2009. Toutefois, elle garde une grande influence dans les différentes voies de recherche d’une solution non armée. L'histoire du protestantisme malgache est donc le socle sur lequel repose toute explication du fondement de la FPMA ou Église protestante malgache à l’étranger, l’Église d’émigration des malgaches protestants de France.

Définition du mot " pasteur"

  • Pasteur : ce mot vient du latin pastor (qui dérive lui-même de pasci qui veut dire faire paître). Il est celui qui garde des troupeaux. Ceux-ci étant surtout composés de moutons dans la Palestine du temps de Jésus, le gardien est alors le berger. Il se trouve dans la liste des ministères de l'église cités dans Ephésiens 4 : 11-15. On le trouve indirectement pour désigner les responsables d'une église (Actes 20 : 28, 1 Pierre 5 : 2-3). Cette désignation correspond à leur travail accompli auprès des brebis, des membres de l'église. Leur vêtement sacerdotal est la robe pastorale.
    On distingue plusieurs catégories :
    • pasteur auxiliaire : pasteur exerçant un ministère temporaire, en surnombre aux côtés du ou des pasteurs d’une paroisse ou d’un poste régional, ou dans un poste vacant (EELF).
    • pasteur proposant : avant l’ordination, un pasteur effectue une période probatoire appelée proposanat (EELF).
    • pasteur suffragant : suppléant d'un pasteur titulaire empêché d'exercer son ministère
    • pasteur titulaire : la catégorie normale.
  • Mais aussi selon leurs options théologiques :
    • pasteur libéral : membre du protestantisme libéral
    • pasteur orthodoxe : membre du courant orthodoxe, par opposition aux libéraux.
    • pasteur dissident : pasteur ayant rompu les liens avec l'église dont il dépend, mais continuant son ministère dans sa paroisse, ou dans une nouvelle paroisse.
  • Femme de pasteur : souvent parmi les oubliées. Elle peut avoir une activité indépendante ; ou bien se consacrer intégralement à la paroisse de leur mari. Celle avec qui j'ai commencé l'école du dimanche était de celles-là, étant femme de pasteur par vocation, peut-être aussi par regret de n'avoir pu être pasteur. Beaucoup figurent à côté de leur mari dans la liste des "justes", établie par Le Comité Français pour Yad Vashem
  • Ministre : ce mot vient du latin minister qui signifie serviteur. Désigne celui qui fait le prêche et remplit les fonctions du culte dans les églises protestante. Le mot ministre est l'abréviation de ministre du Saint Évangile. Il est synonyme du mot pasteur (voir ci-dessus).

Note : Les pasteurs ont été plus communément désignés du XVIème au XVIIème siècles sous le nom de "ministres" ou ministres de la Parole [de Dieu] puis ministres du Saint Évangile. Ce terme est aujourd'hui moins utilisé, mais le terme "ministère pastoral" est toujours vivant.

  • Diacre : Dans l'Église Réformée Évangélique de Neuchâtel (EREN), un diacre peut faire fonction de pasteur, sans avoir tous les titres universitaires requis pour être pasteur.

Objets et symboles protestants

1 - La Bible :

  • Protestant bibleLa Bible est la seule autorité reconnue par les protestants, puisque, à travers elle, c'est la Parole de Dieu qui s'adresse aux hommes. - textes en cours de rédaction.
  • La Bible, et plus spécialement l'ancien testament, a été longtemps une des sources majeures d'inspiration des prénoms protestants, choisis parmi ceux des patriarches, généraux, Juges, prophètes et rois pour les garçons, ainsi que ceux de leurs épouses pour les filles. - textes en cours de rédaction.
  • Lien intéressant sur la Bible chez les protestants : http://perso.orange.fr/guy.vidal/Thomas_MARCHE/bible1.htm

2 - La chaire

Protestant chaireLa chaire : mot qui vient du latin cathedra. C'est de ce terme que dérive le mot cathédrale, car dans ce bâtiment se trouvait la chaire de l'évêque. A une époque où micros et haut-parleurs étaient inconnus, on avait remarqué que la position surélevée de l'orateur permettait une meilleure audition de son discours. C'est cette constatation qui en a généralisé l'usage. Les protestants ont donc décidé de l'utiliser pour leurs temples. Par la suite, pour les cultes au "désert", ils ont construit des chaires démontables et portables : on peut en voir exposées au Musée du Désert. A Illkirch, voir une chaire originale.

 3 - La croix :

Protestant croixil en existe deux :

  • La croix "normale" (voir ci-contre) qui orne les monuments ou les murs de ceux-ci. Elle est toujours nue, pour satisfaire au deuxième des dix commandements :"Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses..." (Exode XX,4).
  • La croix bijou ou croix huguenote.

 4 - La robe pastorale :

Protestant robe(ou toge), semblable à celle des gens d'Église et aux gens de robe de l'Ancien régime (magistrats, avocats, etc, mais aussi professeurs). Avant la Révolution, la maîtrise es arts donnait le droit au port de la robe. En conséquence, les pasteurs, titulaires entre autres de ce diplôme, la portent donc, avec, en haut de la robe, un rabat. Pendant la période du "Désert", les pasteurs ont tenu à continuer à porter la robe au mépris du danger supplémentaire qu'elle leur faisait courir (ils encouraient la peine de mort).

5 - Le rabat de la robe pastorale :

Protestant rabatLe rabat est fait de deux languettes blanches symbolisant l'ancienne et la nouvelle alliance. Le Musée Juif de Berlin signale que les pasteurs réformés portent un rabat fermé, alors que celui des pasteurs luthériens est ouvert.

L'ouverture du rabat est souvent plus large. Sur la photo prise à la sortie du culte où a eu lieu l'ordination du pasteur Wulf Oppermann, proposant à l’Église luthérienne de Lyon, le dimanche 24 juin 2012, on distingue ainsi les pasteurs réformés ou luthériens et le vicaire épiscopal de l’Église catholique.

6 - L'ancre

Protestant ancresymbole de la stabilité, est devenue au IIème siècle l'image privilégiée de l'espérance (Hébreux, VI, 19). Clément d'Alexandrie (in Paedag. I,3 t VII, col 634) nomme l'ancre parmi les signes qu'il recommande aux fidèles de graver sur leurs anneaux. Ce symbole de l'église paléochrétienne apparaît dans la première moitié du IIème siècle, connaît son apogée au IIIème pour disparaître au cours du IVème siècle (Tome I vol 2 col 1999-2031 du Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie.- Paris : Letouzay et Ané, 1907-1951.- 30 vol. ; 27 cm (BML Usuels Civilisation 230 DIC). Il est plus tard repris par les réformés de Lyon qui l'ont inscrit sur leur sceau et sur les corniches du Grand temple.

 7 - L'enclum

Protestant enclumesymbole de l'écriture sainte, capable de résister à tout, même aux coups des marteaux. Tant plus à me frapper on s'amuse,
Tant plus de marteaux on y use.

Eglise Protestant de Madagascar

Les Eglises Protestantes sont établies à Madagascar depuis deux siècles et leur influence ont fortement marqué la vie du pays. Envoyés  par des missions européennes auprès d’une nation jusque là peu connue, les missionnaires ont œuvré pour la Connaissance et le Développement, en étudiant scrupuleusement les habitants avec leurs systèmes de valeur et leurs structures sociales. Les études qui en ont résulté constituent les fondements d’une connaissance scientifique sur Madagascar, dont les archives sont regroupés en différents lieux, dans le pays et aussi à l’étranger.

Ces archives sur les églises relevant  de la

–LMS (London Missionary Society), 1818

-FFMA (Friends’ Foreign Mission Association) 1866

-NMS (Norvegian Mission Society )1866

--The Malagasy Native Missionary Society  (Isan-enim-bolana) 1873

-MUNLCA ( Mission of the United Norvegian  Lutheran Church of America) 1888

-MLFCA (The Missions of the Lutheran Free Church of America) 1895

-MPF (à Madagascar,  Mission Protestante Française) mais connue sous le nom de la SMEP (Société Evangélique de la Mission de Paris) 1897

 ont initialement formé les fonds sur Madagascar.

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