ANTAMBAHOAKA

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Ceux où il y a beaucoup de population

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com)

Les Antambahoaka, “Ceux où il y a beaucoup de population”  ou dérivé de Ratiambahoaka “aimé du peuple”

Une explication quand à l’origine du nom Antambahoaka remonte à Ravalarivo qui s’intalla à Masindrano (nom désignant toujours un quartier de Mananjary). Aimé du peuple, on lui donna le surnom de “Ratiambahoaka” d’où le nom donné à ses descendants - Antambahoaka.

Groupés autour de la ville Mananjary, qui fut fondée vers le XVe siècle par Ravalarivo. Les Antambahoaka se disent descendant de Raminia en provenance de La Mecque entre le Xe et XIIe siècle. Certains préceptes de l’Islam se retrouvent à travers les coutumes. Ainsi les chefs de clan doivent s’abstenir de manger du porc et la viande doit provenir d’animaux saignés.

Les Antambahoaka ont conservé dans leur vocabulaire plusieurs mots islamisés et quelques lettrés savent encore retranscrire leur langue en écriture arabe. L’habit traditionnel que porte les mpanjaka (rois), à l’occasion des fêtes, est constitué d’une chéchia rouge et d’un vêtement ample à larges rayures rouges et noires.

“La maison d’habitation du mpanjaka, qui sert à la fois de salle de réunion pour le clan, de temple pour le culte des ancêtres, maison des vivants et des morts, est bâtie sur un modèle antique immuable : c’est une case rectangulaire sur pilotis, au toit à deux pentes et sans véranda. Sa toiture est en feuilles de Ravenala, ses parois en falafa (nervures de feuilles de ravinala tressées) et le plancher en écorce de Ravenala étalée en guise de planche. Le toit est surmonté de bâtons de bois croisés portant une image d’oiseau.

Ethnonymie

Selon les sources, on observe quelques variantes : Antambahoakas, Tambahoaka2.

Histoire

Comme toutes les ethnies malgaches, les Antambahoakas sont d'origine austronésienne. Ils font partie du groupe paléomalgache Vezo (ethnies côtières, par opposition aux Vazimbas des hauts plateaux).

Dès la fin du premier millénaire jusqu'à 1600 environ, les Vazimba de l'intérieur autant que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux immigrants moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs arabisés) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis) voire européens (Portugais) qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale. Bien que minoritaires, les apports culturels, politiques et technologiques de ces nouveaux arrivants à l'ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent substantiellement leur société et sera à l'origine des grands bouleversements du XVIe qui conduiront à l'époque féodale malgache.

Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen orientaux et africains donnèrent naissance aux ethnies et/ou royaumes Antakarana, Boina, Menabe et Vezo (Côte Ouest), Mahafaly et Antandroy (Sud), Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (Côte Est).

Une explication quant à l’origine du nom Antambahoaka remonte à Ravalarivo qui s’intalla à Masindrano (aujourd'hui quartier de Mananjary). Aimé du peuple, on lui donna le surnom de Ratiambahoaka d’où dérive peut-être le nom donné à ses descendants - Antambahoaka. Groupés autour de la ville Mananjary, les Antambahoaka se disent descendant de Raminia en provenance de La Mecque entre le Xe et XIIe siècle. Certains préceptes de l’islam se retrouvent à travers les coutumes. Ainsi les chefs de clan doivent s’abstenir de manger du porc et la viande doit provenir d’animaux saignés1.

Langue

Le dialecte antambahoaka est une branche du malgache, une langue malayo-polynésienne.

Spécificités culturelles

Les Antambahoaka ont conservé dans leur vocabulaire plusieurs mots islamisés et quelques lettrés savent encore retranscrire leur langue en écriture arabe. L’habit traditionnel que porte les mpanjaka (rois), à l’occasion des fêtes, est constitué d’une chéchia rouge et d’un vêtement ample à larges rayures rouges et noires1.

Le sambatra

Le sambatra, ou rituel de circoncision collective, a lieu tous les 7 ans, dans toutes les villes et tous les villages antambahoakas, et marque l'entrée dans le monde des adultes des jeunes garçons circoncis à cette occasion. Le sambatra est une fête pouvant durer un mois. C'est une fête très populaire et extrêmement joyeuse, durant laquelle les femmes se parent de leurs plus beaux lambas. Plusieurs rituels sont accomplis au début : les tenues rouges des petits garçons sont préparées, les jeunes gens vont puiser l'eau destinée à laver la plaie des circoncis, un simulacre de bataille oppose les jeunes gens entre eux, puis une procession a lieu vers le canal des Pangalanes. La circoncision proprement dite a lieu un vendredi3.

Le fady (tabou) des jumeaux

Chez les Antambahoakas, un fady (tabou ancestral) interdit d'élever des jumeaux. Cela provoque l'abandon d'un des deux nouveau-nés. Cette pratique est régulièrement dénoncée par les instances nationales et internationales, mais la coutume est fortement ancrée4.

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