ROYAUME BARA

Royaume Bara

                                             Ethnie composée de pasteurs nomades

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

    Les Bara sont un peuple de pasteurs semi-nomades des plateaux du sud de Madagascar. Quelques milliers vivent également à La Réunion.

Le peuple Bara

    Les Bara seraient issus d'un clan du Sud-Ouest de l'île ayant émigré plus à l'Est

   Ces peuples arabes du Sud malgache
   Les Zafiraminia, peuplade de l’Océanie de souche arabe, semblent être à l’origine de plusieurs tribus du Sud malgache. Pour certains historiens, ils débarquent dans les îlots qui parsèment l’extrême Sud-est, y habitent- Antanosy signifie îliens- et y font souche.
Plus tard, ils remontent plus au nord et au centre pour s’y établir et laissent également des descendants.
Un des principaux groupes ethniques du Sud-est qui occupent le pays entre le fleuve Namorona- d’où probablement l’origine de leur nom- et l’Andra­nambo, au nord de Farafangana, les Antemoro sont, dans tous les cas, des descendants d’Arabes immigrés entre les XVIIe et XIVe siècles.
De leurs ancêtres, ils conservent l’habitude d’écrire en caractères arabes, une « inclination bien marquée à la doctrine fataliste » (Régis Rajemisa-Raolison) et s’abstiennent de manger de la viande de porc. Jusqu’à ce jour, ils détiennent le secret de fabrication du vrai papier antemoro.
     Les Bara qui occupent le territoire compris entre le Zomandao au Nord, la forêt tanala à l’Est, l’Onilahy au Sud-est, le plateau d’Analavelona à l’Ouest et au Nord, sont aussi considérés par certains historiens comme des descendants des Zafiraminia.
Ceux-ci sont divisés en deux principales branches quand ils arrivent dans le centre du pays : les Zafirambo qui donnent souche aux Tanala du Sud, et les Zafimanely, ancêtres des Bara. Ces derniers, de leur côté, forment une dizaine de grands clans qui se réclament chacun d’un ancêtre célèbre.
     Au centre, se trouvent les Bara Be, les Bara Tsienimbala et les Bara Iantsantsa; au Nord, les Bara Imamono, les Bara Manongo et les Bara Mahevy; à l’Ouest, les Bara Manamaty et les Bara Ambiliony.
Cependant, d’autres historiens, tels Ferrand rapporté par Louis Michel en 1957, avancent que « le nom tribal de Bara ne serait ni malgache ni indonésien, mais peut être rapproché du nom tribal mbara ou mbala à l’ouest de Nyassa ».
Ainsi, selon ces auteurs, les Bara sont plutôt originaires d’Afrique. Leurs ancêtres conduits par un Rabiby se heurtent aux Vazimba. À la mort de Rabiby, son fils Ndriamanely lui succède, mais il est à nouveau repoussé par les Vazimba.
     Ndriamanely doit alors quitter la côte pour l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’il arrive dans une contrée déserte, à l’est d’Ivohibe. Toutefois, le pays y est trop pauvre et il fléchit encore plus au sud, à Ranotsara où il fixe son peuple et où il meurt.
C’est son fils Ndriantom­poinarivo qui prend sa suite. Celui-ci a trois fils, Ramasoandro, Tonanahary et Tsimivola qui, de plein accord avec leur père, se taillent chacun un royaume où ils règnent sur ceux des Bara qui les suivent.
     C’est ainsi que le peuple bara est divisé en trois royaumes. Celui d’Ivohibe, considéré comme leur berceau historique, est dirigé par Ramasoandro. Ce sont les Bara Iantsantsa.
     À Ranohira, Tonanahary règne sur les Bara Imamono. La troisième peuplade est connue sous le nom de Bara Bory.
Pourtant certains auteurs affirment que ceux-ci ne sont pas de race bara, mais plutôt des Betsileo qui, chassés de leur pays par des guerres civiles, demandent asile auprès de leurs voisins.
     Sous Radama 1er, les Ime­riniens établissent sur l’ensemble des Bara une souveraineté représentée par des gouverneurs. Ceux-ci résident dans plusieurs villes, dont Ihosy.
     Toujours dans le Sud-est, il existe aussi un autre groupe ethnique assez important. Il occupe le territoire limité par le Mana­tsimba au Nord, l’Ionaivo à l’Ouest et l’Iavibola au Sud.
     Il s’agit des Antesaka. On les dit issus d’un métissage arabe et sakalava. Ils émigrent de l’Ouest vers le XVIIIe siècle.
On distingue, parmi les Antesaka, deux castes, l’une noble, celle de Rabehavana, l’autre serve, les Zafimananga. En revanche, les Antefasy dont le pays est limité au Nord par celui des Antemoro et au Sud par celui des Antesaka, sont, selon l’hypothèse de Grandidier, des descendants d’Indiens qui immigrent au XVIe siècle.
Pela Ravalitera

    Nous voici en plein territoire Bara qui s’étend de Beroroha au nord-ouest, sur le fleuve Mangoky, à Midongy Atsimo. Les Bara, dont les principales villes, outre Beroroha, sont Ankazoabo, Sakaraha et Betroka qui sont restées des agglomérations peu développées, préfèrent la vie des grands espaces à l’existence dans l’étroitesse des centres urbains. D’où cette négligence affichée à l’endroit des contraintes citadines, au profit de cette liberté offerte par les immensités arides de ce sud grandiose. Vivant éparpillés dans de petits villages, les Bara, pasteurs par excellence, parcourent leurs vastes régions avec leurs importants troupeaux de zébus. Se convoitant mutuellement une telle richesse, ils se livraient traditionnellement à d’incessantes escarmouches entre clans rivaux. Ainsi, les vols de bœufs sont entrés dans les mœurs des jeunes Bara qui trouvaient là une façon virile de séduire leurs dulcinées. On sait ce qu’il advint des vols de bœufs qui cessèrent d’être un jeu traditionnel pour devenir un véritable fléau socio-économique.

    Hommes de grande stature, guerriers réputés, les Bara avaient à leur tête des rois fiers et des chefs hardis, à l’image de Rabiby, arrivé d’Afrique avec un millier d’hommes pour fonder le premier royaume.

    Sud, on pénètre en territoire Bara , une sorte de no man’s land reculé et pratiquement désertique, une grande prairie ponctuée de palmiers Satrana.
    Les grands et forts Bara sont une ethnie composée de pasteurs nomades qui parcourent les grands espaces à la tête d’immenses troupeaux de zébus, symbole de richesse et fierté de tout un peuple. Le vol de bétail, encore d’actualité, est une tradition ancestrale. Acte glorieux et courageux, plein de séduction, par lequel, le Dahalo (voleur de bétail) prouve sa bravoure et ainsi reçoit les faveurs des belles demoiselles Bara. Dès leur plus jeune âge, les Bara sont initiés au rodéo ainsi qu’à la lutte à mains nues appelée Ringa. Ces manifestations sont l’occasion de réunir la population nomade Bara. Autrefois le ringa, sport spectaculaire, constituait un entraînement physique au combat.
    Ces fêtes sont accompagnées de musique et de la curieuse danse du Papango, au cours de laquelle un homme juché sur un poteau de bois mime l’envol d’un oiseau de proie.

    Au début du XVIIème siècle (d'après Louis Michel), l'origine de l'éthnie Bara aurait commencé par la venue d'un Roi Africain Rabiby, qui aurait traversé le canal du Mozambique avec mille guerriers, d'une éthnie africaine, les Mbara de la région de Nyasa (région du Malawi et Tanzanie) et auraient pris possession des terres du Sud-Ouest.

    Vers le milieu du XVIIème siècle, après une guerre fratricide dans la région du Sud-Est,fit que Andriamanely et sa suite eurent à émigrer vers l'Ouest, en prenant les terres des premiers tribus Bara et en les mettant sous leur autorité.

    Les différentes migrations des Mahafaly et des Antandroy, vers la région des Bara, fuyant les lois tyranniques de certains régnants, ont fini par former le royaume des Bara, ces derniers ont été reconnus comme des Bara, lors des règnes des Rois Zafimanely.

    Redoutables guerriers, les Bara ne se sont jamais soumis aux expéditions de Radama I et Ranavalona I, qui espéraient conquérir leur royaume, et ils continuèrent à guerroyer contre les Mahafaly et les Betsileo, qu'ils ont réussi à repousser jusqu'à Isandra.

    Les Bara se sont divisés en cinq clans:

  • les Bara Be : au centre du pays vers Ihosy, un de leur premier Roi était Tonanahary.
  • les Bara Imamono : à l'ouest dans la région d'Ankazoabo, premier Roi Ratsimivila.
  • les Bara Iantsantsa : à l'est dans la région d'Ivohibe, premier Roi Ramasoandro.
  • les Bara Vinda : au sud-ouest, fleuve d'Onilahy.
  • les Antaivondro habitant la région d'Ionaivo et d'Itomampy.

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