Vezo ?

pêcheurs vezo dans le lagon
Pêcheurs dans le lagon

Les Vezo se définissent par leur rapport symbiotique à la côte et à la mer proche, qui suffit à les distinguer des autres populations de Madagascar. Ils vivent sur la côte, tirent leur subsistance de la mer et se tournent vers elle pour leur salut - encore récemment, pendant la période troublée qu'a connue le pays à l'occasion du changement de régime, à la moindre rumeur d'approche de malaso (bandits), on se précipitait sur les pirogues et on se réfugiait au large ou sur les îles. Et ne dit-on pas, d'un homme qui ne se débrouille pas très bien avec son embarcation, qu'il est "Masikoro"? Les Masikoro, cultivateurs et éleveurs, occupent la plaine côtière, entre le Mangoky et l'Onilahy, où les Vezo occupent la côte. Masikoro et Vezo se taquinent volontiers, tout en se respectant. Au-delà de la traditionnelle taquinerie, on affirme bien ainsi que celui qui se débrouille sur et dans l'eau doit être... Vezo.

Si l'on en trouve d'Androka au sud presque jusqu'à Mahajanga au nord, dit-on (?), leur épicentre reste la côte entre Toliara et Morombe. Ils y sont en contact avec, outre les Masikoro, les Mikea qui vivent dans les forêts voisines de chasse, de cueillette et de collecte de miel. Certains ethnologues font volontiers le parallèle entre les Mikea, semi-nomades de la forêt, et les Vezo, semi-nomades de la mer.

Au sud de l'Onilahy, on les appelle 'Sara'.

Semi-nomades

la baie de Beheloka
La baie de Beheloka

L'image des Vezo est liée en grande partie au "semi-nomadisme" marin. Dormant sur la plage, dans leurs tentes faites d'espars et de la voile de la pirogue, au fil des lieux de pêche...

S'ils se déplacent volontiers tout au long de l'année, tout au long de la côte pour rendre visite à leur famille disséminée, c'est en saison froide asutsi (de juin en septembre) -- le froid permettant de conserver plus longtemps le poisson --, que la population active émigre vers les îles du large ou les points de la côte réputés pour leur richesse en produits de la mer.

Il est à noter cependant que ce semi-nomadisme est de moins en moins pratiqué, voire plus du tout. L'espoir d'une vie plus agréable attire dans les grandes villes, et d'autre part l'épuisement des ressources les pousse au contraire à quitter leurs zones traditionnelles de pêche et à chercher fortune de plus en plus loin.

La pirogue

pirogues à Salary
Pirogues à Salary

Pour le visiteur, la marque matérielle la plus visible de l'identité vezo reste la pirogue, semblable à nulle autre sur la grande île, et toujours semblable à elle-même depuis des siècles. Sa fabrication comme sa manoeuvre demandent un vrai savoir-faire, transmis de génération en génération, comme ses proportions qui la maintiennent élégante et racée sur l'eau, même quand elle doit se contenter d'une voile trouée ou grossièrement rapiécée de sacs de riz -- alors seulement moins rapide --, carrément magnifique quand le propriétaire est assez riche pour l'orner de couleurs vives.

Elle est utilisée pour la pêche et pour le transport des personnes et des marchandises, dans ce long chenal protégé que constitue le lagon côtier mais aussi en-dehors, pour passer les estuaires ou accéder aux lieux de pêche éloignés.

La vie

repas de tortue
Repas de tortue à Belo

Dans un village vezo ordinaire, l'activité quotidienne est donc tournée vers la mer : selon la saison et la marée, pêche au filet, à l'hameçon, à la senne de mer et surtout pêche à pied sur le platier du récif, poisson ou poulpe; collecte des holothuries, des oursins, des coquillages (tsakodia par exemple pour la consommation, mais beaucoup d'autres pour le compte d'acheteurs et de collectionneurs étrangers, même ceux protégés par la convention de Washington); de plus en plus culture d'algues ...; vente ou échange des produits de la pêche; transport en pirogue des produits de la mer et de divers marchandises (patates douces, roseaux vondro, etc); construction et entretien des pirogues...

fumage du poisson
Fumage du poisson
 

Un certain nombre de cérémonies rythment la vie sociale :soritse et fandeha (mariage), funérailles, bilo (rituel de guérison), savatsy (circoncision, que certains clans Vezo ne pratiquent pas)...

On pratique comme ailleurs à Madagascar le culte des ancêtres lesquels, plus ou moins divinisés, peuvent être appelés en des rituels de transe parfois spectaculaire, les trombas.

 

Et le soir on écoute, sur une sono approximative qui ajoute à son charme âpre, un peu de tsapiky en regardant les somonjara danser le kininike et en buvant du rhum dans un épibar local.

Et demain?

enfants d'Anakao
Enfants d'Anakao
Femme et enfants vezo
Femme de Tsiandamba

Même si certains considèrent que l'impact global des Vezo sur les récifs reste négligeable, on peut s'interroger, en constatant la dégradation de certains récifs proches (le grand récif de Tuléar, et où sont les tortues qui faisaient la renommée de Nosy Ve? ), sur l'avenir des Vezo en tant que "peuple de la côte". Ils sont, de plus en plus nombreux, soumis à une demande locale et mondiale de plus en plus pressante . N'auront-ils tendance, comme tous les pêcheurs du monde, à épuiser la ressource qui les nourrit et, pour les Vezo, les définit? On peut malheureusement répondre d'ores et déjà par l'affirmative. La côte est littéralement pillée. Certains opérateurs étrangers que les scrupules n'étouffent pas fournissent du matériel en mauvais état et incomplet aux plongeurs locaux pour pêcher, ramasser les concombres de mer, parfois jusqu'à 50 mètres, parfois plusieurs plongées par jours, parfois sans manomètre, et toujours sans ordinateurs... Si aucune régulation n'est mise en place, et surtout appliquée, on ne peut être que pessimiste pour l'avenir des ressources côtières, pour la santé des lagons de Madagascar et pour les Vezo.

L'ethnie des pêcheurs Vezo "les seigneurs de la mer"

Deux ethnies principales co habitent à Anakao et dans le sud ouest de Madagascar, les Vezo et les Tanalana. Bien que le tourisme entraine quelques changements dans leur vie quotidienne, les traditions et la façon de vivre restent très proche de celle des autres villages Vezo de la côte sud ouest.

Les origines de l’ethnie de pêcheurs Vezo

Toutes les recherches récentes confirment que le peuple Malgache est principalement issu d’Indonésie. La première vague d’immigrants ont débarqué vers l’an 0. Ils sont connus dans la tradition orale Malgache sous le nom de Ntaolo. Selon leur mode de subsistance ils se sont divisés en deux groupes : Les Vazimba et les Vezo. Les Vezo étant plus naturellement tournés vers la mer se sont installés sur les côtes.

L’activité économique principale et longtemps unique : La pêche

Le territoire des Vezo couvre aujourd’hui la côte sud ouest de Madagascar et notamment la région de Tuléar et de Morombe. Traditionnellement nomade, avec une tendance à se sédentariser aujourd’hui. Les vezo suivaient les bancs de poissons, dormant dans les dunes du littoral abrités de leur seule voile carré utilisée comme tente. Les collecteurs ont favorisé la sédentarisation de cette population. Les Vezo tirent toutes leurs ressources de la mer. Pendant que les hommes sont à la pêche à bord de leur pirogue, les femmes attendent la marée basse pour parcourir le lagon à la recherche de poulpes, d'oursins et autres crustacés qui seront consommés ou vendus. cette pêche se pratique principalement pendant les grandes marées permettant de marcher dans le lagon.

Les Vezo maitrisent plusieurs techniques de pêche, toujours depuis leur pirogue à balancier à voile carrée. Pêche au filet, à l’hameçon ou au fusil harpon. Les enfants sont initiés très jeunes à la pêche et au maniement des pirogues.

Une culture et des traditions encore très fortes

Les Vezo croient en de nombreux esprits, dont ceux de personnes noyées, qui errent dans la mer. Il ne faut pas pêcher plus que pour assurer ses besoins sous peine d'offenser les forces surnaturelles qui pourraient se venger par exemple en provoquant un naufrage. Ne pas non plus partir en mer après s'être discuter avec son pére, on pourrait se trouver poursuivi par une baleine bleu pas forcément animée de bonnes intentions.

Les pirogues à balancier et à voile carrée

Les pirogues sont creusées dans des arbres de bois léger (Farafatse qui est une sorte de balsa). Le tronc de base est rehaussé par des planches du même bois, goudronné pour la partie basse et peinte avec des couleurs vives pour la partie haute. La pirogue est ensuite équipée de son balancier en bois dur. Le gréement est composé de deux mats et d’une voile carrée. Les pirogues peuvent mesurer entre 2 et 8 mètres environ selon leur utilisation, les plus grandes peuvent charger facilement plus d’une tonne. Pour un Vezo la pirogue est d'une importance capitale, probablement plus importante que son habitation elle même. 

Un avenir incertain ?

Augmentation des populations, de la demande de poissons, pollution, surexploitation du lagon, pêche industrielle au large … entrainent une diminution des stocks de poisson. Si ce phénomène venait à s’amplifier il est fort probable que les Vezo devront reconsidérer leur mode de vie. Une reconversion vers des activités de protection des richesses marines par exemple ?

Madagascar, les Vezo seigneurs de l'océan
2014, Patrick PROFIT

Répartie dans les 6 provinces et les 22 régions qui composent Madagascar, la population malgache est ainsi appelée pour vivre dans une seule île. Mais, ce même peuple est également disposé dans une diversité ethnique très large.

Il comprend 18 tribus (18 ethnies) qui sont recensées dans les quatre coins de la grande île, de l’est à l’ouest, du nord au sud en passant par le centre. Ces différents groupes ethniques ont chacun leurs particularités mais aussi leurs similitudes.

Les Vezo sont des natifs du sud, peuple nomade des mers, ils gardent de fortes traditions tout en s’adaptant, autant que faire ce peu, aux différents aspects du monde moderne qui les touche.

C’est en compagnie de Christophe, pêcheur Vezo, de sa femme Francine et de leurs enfants du village de Tsifota, que le réalisateur nous entraîne dans les méandres des traditions Vezo.

De la construction ancestrale d’un boutre de la même façon que des bretons l’ont enseigné à leurs ancêtres, à celle de leur petite pirogue à la voile carrée si caractéristique, nous vivrons le quotidien des pêcheurs et des capitaines de cabotage. C’est toute l’économie de la région sud-est qui vit de la mer.

Une économie qui échappe aux contraintes de la modernité, une société, les Vezo qui sait aussi en retirer les atouts pour faciliter avec plus ou moins de bonheur sa vie de tous les jours.

Les Vezo sont un peuple fier qui garde pleinement ses traditions dans un monde qui change autour de lui mais qui sait également qu’il doit, pour garder ses traditions, accepter un peu de modernité pour ne pas subir de plein fouet les aléas climatiques notamment qui s’annoncent.