LA FAUNE DE MADAGASCAR

wikipedia.jpgdada.jpg              Véritable arche de Noë

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recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Madagascar sur ta Terre, des animaux rares

L'Ile Rouge détient un pourcentage exceptionnel de faune spécifique, d'une originalité sans pareil, une des plus grandes biodiversités au monde. Des quelques 200 000 espèces trouvées à Madagascar, 150 000 sont endémiques.

Pas de prédateur féroce, un seul petit fauve : le fosa (genre de petit puma), et aucun serpent venimeux parmi les nombreux reptiles de l''île.
Cette originalité est due au fait que Madagascar s'est séparée du Continent Africain il y a environ 100 millions d'années et s'est isolée des prédateurs, d'où l'évolution originale des espèces actuelles.

Au fil du temps, la Grande Ile est devenue un refuge exceptionnel pour les descendants d’espèces archaïques maintenant disparues des continents africain et asiatique avec lesquels elle était reliée à certaines périodes de son histoire géologique. Cette longue évolution radiative en vase clos explique les niveaux élevés d’endémisme et d’archaïsme des espèces, éléments constitutifs de la diversité biologique de Madagascar, dont certains sont considérés comme " faisant partie des grandes priorités mondiales en matière de conservation de la Biodiversité et de préservation de l’environnement ".

Cette richesse est cependant menacée d'une forte dégradation à tel point que plusieurs espèces risquent de disparaître définitivement, sans même avoir été découvertes.

Faune de Madagascar

La faune de Madagascar, tout comme sa flore, est très riche. En effet celle-ci présente entre 80 % et 90 % d'espèces endémiques. Cette notion d'endémisme bien qu'elle ne soit pas inexacte reste subjective, puisque dépendante du niveau taxonomique (Espèce-Genre-Famille-Ordre) à partir duquel se positionne l'observateur et de la surface ou du milieu considéré. De nombreux taxons spécifiques (Daubentonia) ou génériques (Brookesia), sont strictement endémiques à Madagascar, mais aussi, plus rarement au niveau de la famille (Opluridae) et atteignent donc des taux d'endémisme proche ou égaux de 100 %.

L'île de Madagascar est considérée comme un Hotspot de biodiversité, cette exceptionnelle originalité est due notamment au fait que Madagascar est totalement isolée dans l'Océan Indien depuis la fin du Crétacé (84 millions d'années), cause des radiations adaptatives et migrations du monde animal.
De nombreux autres facteurs ont aussi contribué à l'évolution originale et à la diversification des espèces animales actuelles de l'île: L'absence de certains prédateurs, les fragmentations successives des masses continentales dont l'île a fait partie entre 150 Ma et 84 Ma, l'influence des changements paléoclimatiques, la dérive de l'île vers le Nord jusqu'à sa position actuelle, le développement d'écosystèmes forestiers particuliers (émergence des angiospermes il y a environ 140 Ma), la topographie de l'île etc.
C'est l'ensemble de ces facteurs qui a contribué à l'importante diversification des niches écologiques et donc à l'apparition d'une multitude d'espèces animales souvent très spécialisées et uniques au monde.

Cette exceptionnelle originalité est due au fait que Madagascar s'est séparée du continent africain il y a environ 100 millions d'années. L'isolement de l'île, l'absence de certains prédateurs, ont contribué à l'évolution originale des espèces actuelles.

INVERTEBRES

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Les scientifiques étudiant les invertébrés de Madagascar ne peuvent faire qu'une estimation grossière de la diversité de ces animaux sur l'île. Et parmi les différents groupes de macro-organismes de l'île, les invertébrés sont les moins bien connus. Du fait, d'une part, que la diversité est remarquable voire gigantesque avec des distributions souvent très limités et des niveaux de micro-endémisme élevés. D'autre part, les modes de vie de ces organismes sont très spécifiques posant des difficultés de collecte, c'est le cas des animaux vivant dans le sol ou dans la canopée. Pourtant les invertébrés et tout particulièrement les arthropodes, représentent une part considérable de la biomasse animale des écosystèmes du monde et de Madagascar.

L'estimation du nombre d'espèces d'invertébrés malgaches est de l'ordre de 100 000.

ARTHROPODES

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La faune des arthropodes de Madagascar montre de nombreuses relations avec celle de l'Afrique continentale. À l'instar de nombreux éléments endémiques de la faune et de la flore de l'île, de nombreux groupes d'arthropodes autochtones présentent des taux d'endémisme qui excèdent 80 % et approche même 100 % pour les coléoptères carabides et les fourmis. Même les Odonates qui ont la capacité de voyager sur de très grandes distances et donc une bonne capacité de colonisation, montrent des taux d'endémisme élevés avec 23 % des genres et 73 % des espèces endémiques (Donnelly & Parr. 2003).

Parmi les arthopodes emblématiques de Madagascar peuvent être cités:
- L'araignée pélican Eriauchenius gracilicollis aux chélicères disproportionnées et une tête étroite, haute et mince lui donnant son air de pélican.
- L'épeire ou Néphile dorée Nephila inaurata madagascariensis bien qu'elle ne soit pas endémique de Madagascar, elle peut cependant atteindre une envergure de plus de 12 cm et tisse des toiles extrêmement étendues que l'entomologiste avisé et l'arachnophobe ne manqueront pas de voir au cours de leur voyage. Ces épeires ont réussi l'exploit dans le Parc National de Ranomafana, de tisser des toiles au-dessus de la rivière Namorona sur une largeur de près de 50 mètres.
- Les Diplopodes (Mille-pattes) tel que le genre Aphistogoniulus qui contiennent des produits chimiques de défense comme le cyanure et des terpènes. Le plus étonnant est certainement que le lémurien Eulemur macaco ait appris à tirer profit de ces mille-pattes, qu'ils mâchent en salivant abondamment avant de couvrir sa fourrure de cette décoction aux propriétés insecticides et antiparasitaires (Birkinshaw. 1999).
- La blatte géante de Madagascar Gromphadorhina portentosa pouvant atteindre 75 mm de long et 25 mm de large, ne possède pas d'ailes mais des sacs spéciaux sur le quatrième segment abdominal, employés à la manière d'un soufflet pour expulser de l'air, produisant une sorte de sifflement. Elevées en captivité depuis de nombreuses années elles sont transformées en croquettes pour animaux de compagnie. Elles sont également prisées pour les mitochondries géantes de leurs cellules largement étudiées par les biologistes cellulaires.
- Les homoptères de la famille des Flatidae qui regroupe des centaines d'espèces végétariennes au corps aplati dorsoventralement pour se mêler à la texture brute de l'écorce de l'arbre dont elles se nourrissent. La plupart sont cependant aplaties latéralement tel Flatida rosea qui se regroupent souvent sur des lianes ou des tiges de manière à ressembler à des inflorescences.
- L'Uranie Chrysiridia rhipheus, papillon spectaculaire ou encore le papillon comète de Madagascar Argema mittrei souvent utilisé comme logotype pouvant atteindre 150 mm d'envergure. Le mâle du comète arbore des filets de queue sur la partie terminale de leur ailes postérieures atteignant 200 à 230 mm de long, sensés apporter une protection contre les oiseaux et les chauves-souris.

INSECTES

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Il n'existe pas de famille d'insectes endémiques à Madagascar, cependant beaucoup de familles présentes en Afrique Subsaharienne sont absentes de l'île. Il s'agit principalement de familles de l'ordre des Odonates et de l'ordre des Trichoptères. Au niveau spécifique la différence entre l'entomofaune Africaine et Malgache est tout de même notable, avec à Madagascar des taux d'endémisme allant de 90 % à 100 % selon les groupes.

Une de ces espèces endémiques est un coléoptère (Trachelophorus giraffa), qui possède de nombreux noms vernaculaires tels que le Scarabée girafe, le Coléoptère girafe, mais le plus communément repris dans la littérature scientifique est Le charançon à cou de girafe.

On a observé plus de trois mille espèces de papillons, pour la plupart endémiques, notamment dans les forêts humides de l'Est. Certains sont particulièrement appréciés des collectionneurs, tels que le Comète de Madagascar (Argema mittrei) ou l'Urania (Chrysiridia rhipheus), ce qui est une des causes de leur régression.

POISSONS

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Il est coutume de dire que l'ichtyofaune d'eau douce de Madagascar est typique des îles isolées, c'est-à-dire relativement pauvre d'un point de vue taxonomique, comparée à celle des zones continentales plus étendues. En effet de nombreuses familles africaines ou asiatiques en sont absentes. Le fait que l'île de Madagascar soit isolée et entourée d'eau par les océans depuis le Crétacé (Environ 90 millions d'années) explique en partie le nombre limité de familles de poissons d'eau douce. Cependant si l'on considère le nombre d'espèces avec la superficie de l'île, la notion d'ichtyofaune insulaire appauvrie ne s'applique plus vraiment1

De plus la majorité des familles représentées à Madagascar sont d'abord d'origine marine et sont fréquemment des colonisateurs d'îles. Il s'agit des membres des familles des Gobiidae, Eleotridae, Mugilidae, Ariidae, Syngnathidae, Anguillidae, Ambassidae et Kuhliidae.
L'ichtyofaune dulçaquicole autochtone n'en est pas moins remarquable, puisqu'elle se compose de 159 espèces, réparties dans 57 genres et 23 familles dont 105 espèces (66 %) sont endémiques. On retrouve aussi des groupes tels que les Cichlidae et les Bedotiidae qui montrent des caractères primitifs également présents chez des groupes d'autres partie du Gondwana. Ainsi ces groupes pourraient avoir existés sur l'île avant même la dislocation du super-continent. Il est intéressant de noter qu'à part les anguilles indigènes du genre Anguilla, l'île est dépourvue de grandes espèces prédatrices, si l'on ne tient pas compte des espèces allochtones introduites.

L'ichtyofaune dulçaquicole malgache est menacée au même titre que de nombreux autres groupes d'êtres vivants.
Plusieurs raisons à cela:
- L'introduction d'espèces carnivores, comme le poisson à tête de serpent d'Asie Fibata (Channa maculata) et l'achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) se nourrissant des poissons autochtones et de leurs œufs.
- La destruction des forêts, et plus particulièrement celles qui touches aux systèmes hydrologiques, du fait de la destruction des habitats de certains poissons et des problèmes d'envasement des voies de communication aquatiques inhérents.
- La transformation d'un certain nombre de rivières et de marais en zones exploitées par l'homme.

De plus la protection de ces poissons se heurte à plusieurs problèmes:
- L'utilisation de l'eau douce est en priorité réservée à l'Homme et à Madagascar la présence humaine est concentrée le long des rivières.
- Étant donné que de nombreux poissons occupent des portions d'eau différentes selon leur cycle de vie, il est difficile de trouver une protection adéquate.

AMPHIBIENS

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À Madagascar, la classe des amphibiens est uniquement représentée par les Anoures (Grenouilles - Crapauds). Les Urodèles (Salamandres - Tritons) sont principalement distribués dans l'hémisphère Nord et sont absents de tous les pays africain au sud du Sahara y compris Madagascar. Les Gymnophiones sont aussi absents de l'île et sont principalement distribués sur les masses continentales de l'hémisphère sud (Amérique centrale et latine - Indonésie - Afrique).

Les Anoures malgaches n'en sont pas moins remarquable, bien au contraire puisque 99% des espèces qui constituent ce groupe sont endémiques de Madagascar. Actuellement, 2882 espèces ont été décrites, mais selon Goodman & al, il pourrait y avoir près de 500 espèces d'Anoures à Madagascar. Si l'on ne considère que les espèces décrites, Madagascar abrite 4%3 de la faune des Amphibiens du monde.

L'ordre des Anoures compte 54 familles mais à Madagascar celles-ci ne sont réparties que dans 5 familles (Ptychadenidae, Microhylidae, Mantellidae, Hyperoliidae, Dicroglossidae). Paradoxalement le plus vieux fossile pouvant être considéré comme l'ancêtre des grenouilles contemporaines a été découvert dans le Nord de Madagascar. Nommé Triadobatrachus massinoti il vivait il y a près de 250 millions d'années. (Rage & Rocek. 1989)

Les grenouilles malgaches sont inégalement réparties sur le territoire. Les régions humides de l'Est et le Nord de l'île concentre le plus d'espèces, les habitats plus arides du Sud et de l'Ouest de l'île leur sont moins favorable. Seul le genre endémique monospécifique Laliostoma est principalement localisé dans les régions sèches du Nord-ouest de l'Ouest et du Sud de l'île.

Le batracien adulte est principalement carnivore, le têtard par contre ne cherche pas à capturer des animaux vivants et se contente de végétaux et d'animaux morts. De nombreuses espèces sont des consommateurs plutôt généralistes alors que d'autres sont extrêmement spécialisés dans leur régime alimentaire. C'est le cas des grenouilles du genre Mantella. Celles-ci mangent principalement des fourmis et de petits insectes porteurs d'alcaloïdes qui s'accumulent dans la peau du batracien et éloignent les prédateurs. Cette faculté est une adaptation précoce à l'évolution vers la coloration vive dite "aposématique" (Qui signale un danger).

REPTILES

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En 2005, 364 espèces de reptiles sont connues à Madagascar, dont 332 sont strictement endémiques à l'île et 358 non marins. (Raxworthy. 2003 et Smith & al. 2005)
La diversité des reptiles à Madagascar est des plus respectable vis à vis de la surface de l'île à peine inférieure à 600 000 km2. En comparaison les États-Unis (9 millions de km²) abrite 273 espèces de reptiles, l'Europe et l'Asie du Sud-Ouest (11 millions de km²) 380 espèces. (Branch. 1999)
Si l'on ne tient pas compte des crocodiles et serpents de mer, l'ensemble des reptiles de Madagascar ne présentent pas de danger pour l'Homme, bien que les populations aient une certaine appréhension vis à vis de leur morsure. L'un des serpents les plus redoutés est le Menarana (Leioheterodon madagascariensis). Les caméléons sont craint au même titre que les serpents, cependant ils sont respectés, car considérés comme intelligent et mystique. D'autres espèces en fonction des groupes culturels sont fady (tabous) comme les uroplatus ou la fameuse tortue Astrochelys radiata.
Les mers entourant Madagascar abritent une faune reptilienne cosmopolite. Deux familles de tortues (Cheloniidae - Dermochelyidae) et une famille de serpents de mer (Elapidae) représenté par Hydrophis platura.
Douze familles de reptiles non marins sont représentées à Madagascar: Testudinidae - Pelomedusidae - Podocnemididae - Gekkonidae - Chamaeleonidae - Opluridae - Scincidae - Gerrhosauridae - Typhlopidae - Boidae - Colubridae - Crocodylidae.

La famille des Opluridae (Iguanes de Madagascar) est endémique à Madagascar. Elle se compose de sept espèces réparties dans deux genres (Chalarodon et Oplurus). L'isolement prolongé de l'île de toute autre masse terrestre a maintenu d'anciennes lignées du Gondwana qui ont aujourd'hui disparu en Asie et en Afrique. C'est le cas d'Oplurus cuvieri par exemple. Le long isolement fut, pour d'autres groupes qui réussirent à coloniser l'île après sa séparation, source de radiations adaptatives, diversifiant les espèces dans les proportions importantes que l'on observe aujourd'hui.

Aucune espèce de reptile ne peuple la totalité de l'île. Furcifer lateralis, Phelsuma lineata, Sanzinia madagascariensis, Crocodylus niloticus, Leioheterodon madagascariensis, Mimophis mahfalensis et Madagascarophis colubrinus pour ne citer que celles-ci ont les distributions les plus étendues. Cependant à l'exception de Phelsuma lineata, on ne retrouve aucune de ces espèces dans les régions de montagnes au-dessus de 2 000 m d'altitude.

L'aire de répartition de la plupart des espèces de reptiles est étroitement liée avec les gradients altitudinaux et pluviométriques mais aussi conditionnée par les types de formations végétales (Forêts denses humides - Forêts claires succulentes…), l'exposition des versants (Ubac - Adret), les types de substrats (Drainant - Argileux…), les caractéristiques géologiques (grottes, canyons…) etc. Par voie de conséquence, la plupart des reptiles de Madagascar sont limités à une petite portion de l'île définie par un fonctionnement écosystémique spécifique. Ainsi l'endémisme régional, le micro-endémisme et la spécialisation à une niche écologique sont important à l'échelle des reptiles Malgaches.

Certaines espèces montagnardes telles Furcifer campani, Phelsuma barbouri et Lygodactylus montanus présentent des aires de répartitions disjointes entre les massifs des hautes terres (Ankaratra, Ibity, Itremo, Andringitra) et également au sud-est (Andohahela). Ces distributions disjointes sont liées à des changements climatiques survenus à la fin du Pleistocène, marquant la fin de la dernière aire glaciaire. (Raxworthy & Nussbaum. 1996)

Un bon exemple de reptiles dépendant de la nature du substrat sont les scinques fouisseurs comme Androngo trivittatus, ou les individus du genre Voeltzkowia qui privilégient les substrats sableux ou meubles. D'autres donnent préférence aux formations karstiques (Paroedura karstophila -Zonosaurus tsingy) ou aux crevasses rocheuses Oplurus saxicola - Ebenavia maintimainty.

CROCODILES - CROCODILIA

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À ce jour l'espèce Crocodylus niloticus occupe seule les rivières malgaches. Cependant l'île abritait autrefois une espèce de crocodile endémique Crocodylus robutus, aujourd'hui disparue. Longtemps sujet à polémique (Car considérée comme une sous espèce, ou indistincte de Crocodylus niloticus), cette espèce sub-fossile fut reconnue comme espèce endémique à part entière récemment. Son plus proche parent serait le Crocodile nain d'Afrique Osteolaemus tetraspis. (Brochu. 2000)

Crocodylus niloticus est sans aucun doute le prédateur le plus redoutable de l'île, les plus gros spécimens peuvent dépasser une tonne et mesurer plus de 5 mètres de long. Très bon nageur il est présent dans la plupart des rivières, des lacs, des lagunes et des zones marécageuses de la côte ouest de Madagascar, jusqu'à 900 m d'altitude. La femelle pond en moyenne 20 œufs au mois d'octobre sur des bancs de sable ensoleillés. Cette dernière prend soin de les enfouir dans des trous pouvant mesurer jusqu'à un mètre de profondeur. Les œufs vont alors incuber pendant une période de 20 à 25 jours avant de libérer de petits crocodiles d'une quinzaine de centimètres.

Pendant toute la durée de la saison fraiche (d'avril à octobre), le crocodile du Nil Malgache est dans un état de vie végétative. Absorbant peu de nourriture, il passe le plus clair de sa journée étendu ventre à terre, à faire la sieste et prendre des bains de soleil. Puis dès que la nuit tombe, il rejoint l'eau et son abri. Les abris sont creusés dans les berges, l'entrée est au moins en partie dans l'eau, le reste est au sec.

Quand arrivent les premières chaleurs, le crocodile sort de sa torpeur et se met à l'affût. Son régime alimentaire se compose principalement de poissons, d'oiseaux d'eau, de tortues, parfois de bœufs, de chèvres ou de chiens. Les plus grosses proies ne sont pas immédiatement englouties, le crocodile les laissera d'abord subir un début de décomposition dans son abri.

Le crocodile est commensal d'autres espèces fréquentant son milieu, il sert par exemple de perchoir à Egretta gularis, Anhinga melanogaster et son abri peut servir de refuge à d'autres espèces. À l'origine de nombreuses légendes, contes, croyances et rituels, le crocodile (Voay ou mamba en Malgache) est souvent sacré et vénéré à Madagascar. Tantôt ancêtre pour le clan des Zafindravoay (Antandroy), ou protecteur pour les Antanosy Antavaratra, l'âme de certains humains se réincarnerait parfois dans un crocodile. Autrefois les entrailles des rois Sakalava leur étaient donnaient en pâture. Les zébus font aussi souvent les frais de rites sacrificiels en l'honneur des sauriens. Dans de nombreuses régions il est interdit de chasser ou de tuer des crocodiles, voire de pointer un fusil, ou une sagaie au-dessus d'un plan d'eau. Les dents servent à confectionner des talismans, et autrefois des reliques conservant les restes royaux (Débris de dents, d'ongles et de cheveux). La culture Malgache est riche de faits et d'anecdotes concernant les crocodiles. Cela ne fait pas oublier que sa peau a été très convoité et qu'il a subi et subi encore une chasse presque industrielle.

Tortues - Testudines

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Quelque 16 espèces de tortues vivent à Madagascar, réparties dans 12 genres et 5 familles6. Cinq espèces sont marines, avec une distribution cosmopolite dans les différents océans du monde comme Chelonia mydas. Quatre espèces, d'origine africaine, ont été introduites par l'Homme et 7 sont endémiques de Madagascar. Comme dans de nombreux pays, les tortues de Madagascar sont très menacées par les pratiques agricoles et l'exploitation non durable des forêts qui détruisent leurs habitats naturels. Deux espèces Dipsochelys abrupta et Dipsochelys grandidieri sont considérées comme éteintes. Ces deux espèces occupées autrefois le centre et l'ouest de l'île puis s’éteignirent, comme de nombreux autres grands herbivores au cours de la période d'extinction de la mégafaune de Madagascar qui a commencé il y a deux millénaires.

Le terme de Tortue terrestre ne s'applique véritablement qu'aux tortues de la famille des Testudinidae, représentée à Madagascar par 4 espèces endémiques (Astrochelys radiata, A.yniphora, Pyxis arachnoides et P. planicauda), une espèce originaire d'Afrique et probablement introduite à Madagascar (Kinixys belliana) et deux espèces de tortues géantes éteintes (Dipsochelys abrupta et D. grandidieri). Toutes les tortues de cette famille privilégie un régime végétarien, mais elles peuvent aussi manger des insectes, des vers, des mollusques, des charognes ou des excréments. Principalement active le matin et en fin d'après midi, ces tortues survivent à la saison sèche prolongée en s'enterrant dans le sol.

Les deux tortues du genre Pyxis, qui vivent dans le sud aride de Madagascar, estives durant la majeure partie de l'année en se réfugiant dans des terriers. Dès que la saison des pluies commence celles-ci sortent de leur cachette et n'ont alors que quelques semaines pour se nourrir, se reproduire et pondre, avant le retour des chaleurs.
Astrochelys radiata est aussi distribuée dans les régions arides de sud-ouest de l'île, où elle est un mets très prisé des populations locales. Plus au nord, au centre-ouest se rencontre l'espèce voisine Astrochelys yniphora nommée Angonoka. Le mâle porte un long éperon sur l'avant du plastron qui joue un rôle important lors des combats entre mâles rivaux pendant la saison de reproduction.

Serpents - ophidia

 

 Madagascar abrite de nombreuses espèces de serpents (96, selon The reptile database, réparties dans 26 genres. Les plus diversifiés étant: Typhlops (11 espèces), Pseudoxyrhopus (11 espèces), Liophidium (9 espèces), Lycodryas (8 espèces) et Compsophis (7 espèces).

Caméléon - Chamaleonidae

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Madagascar héberge un grand nombre de caméléons, avec là encore de nombreux spécimens endémiques, tel le caméléon panthère, Furcifer pardalis, qui témoigne d'un exceptionnel dimorphisme sexuel. (Le mâle est vert avec des taches rouges et jaunes, alors que la femelle est orange mouchetée de noir).

Les Chamaeleonidae (197 espèces) constituent la plus spécialisée des familles de Lézards Sauriens. Ils sont proches des Agaminae, dont ils partagent certains caractères anatomiques et comportementaux, comme une dentition acrodonte (Dents sans racines, sur le rebords de la mâchoire). Les caméléons se distinguent par un corps comprimé latéralement, une queue préhensile, des doigts partiellement soudés, ainsi que des yeux saillants et mobiles indépendamment leur conférant une très bonne appréhension du relief et des distances. Leur langue est protractile, projetée en quelques dixièmes de seconde, elle leur sert à capturer de petites proies, principalement des arthropodes, mais certaines des espèces les plus grosses peuvent aussi capturer de petits oiseaux et mammifères. Un autre trait bien connu des caméléons est leur capacité à changer de couleur. En plus de leur permettre de se fondre dans le paysage, les changements de couleurs sont aussi associés à la température et au comportement, notamment lors des combats entre mâles et représente un avantage non négligeable pour chasser ou éviter les prédateur.

Les caméléons de Madagascar sont répartis dans trois genres endémiques (Brookesia, Calumma et Furcifer) soit 84 espèces7.

Le genre Brookesia (Caméléons nains) accueille le plus petit caméléon du monde (25 mm de long) Brookesia micra, découvert en 2007 et décrit en 2012. Les individus du genre Brookesia qui n'ont pas de queue préhensile comme les autres caméléons, sont difficiles à apercevoir en raison d'étonnantes capacités à se fondre dans leur environnement. Ils sont principalement terrestres alors que les autres caméléons sont plutôt arboricoles. Ces petits caméléons (la plus grosse espèce Brookesia perarmata ne dépasse pas 11 cm) à queue courte ont des livrées tachées de brun et de gris avec parfois des excroissances osseuses ou de peaux qui masquent leur forme. Pour peu qu'ils restent immobiles le mimétisme avec le support, branches, feuilles mortes au sol ou mousses sur les troncs est quasi parfait.

Brookesia superciliaris est une espèce qui vit au sol dans les forêts pluviales et se confond avec les feuilles mortes. Brookesia stumpffi une espèce largement répandue qui passe beaucoup de son temps allongé le long d'une branche et sa peau se confond avec l'écorce. Les caméléons du genre Brookesia ont des comportements de défense étonnants: Ils peuvent se laisser tomber et feindre la mort lorsqu'ils sont touchés, ou encore émettre une vibration interne qui peut surprendre les prédateurs et leur faire lâcher prise.

Territoriaux et solitaires, les caméléons de Madagascar montrent un fort taux d'endémisme et les espèces ont souvent des aires de répartition très limitées. La grande majorité d'entre eux occupent des zones forestières en dessous de 1 200 m d'altitude. Peu d'espèces sont présentes aux plus hautes altitudes: Brookesia betschi, Brookesia lolontany, Calumma peyrierasi ou encore Calumma capuroni. Le genre Calumma est absent des forêts sèches de l'Ouest.

En plus d'être d'un grand intérêt pour les scientifiques et les touristes, les caméléons sont d'une grande importance pour le marché international des animaux de compagnie. La plupart des caméléons exportés de Madagascar sont des animaux prélevés dans la nature. L'exploitation non durable ajoutée à la détérioration voire à la disparition de leur habitat, ne fait qu'accentuer la très sérieuse menace qui pèsent sur la survie de ces animaux

Oiseaux

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L'avifaune malgache (voir la liste des espèces d'oiseaux de Madagascar) comprend 293 espèces dont 108 endémiques (y compris plusieurs nicheurs) et des familles complètes telles celle des Vangidae.

Mammiferès - Mammalia

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La mammalofaune malgache est n'a rien à envier aux autres classes d'animaux de l'île, cette dernière étant exceptionnelle à bien des égards. Elle est répartie en 7 ordres (Afrosoricida, Soricomorpha, Chiroptera, Primates, Carnivora, Artiodactyla et Rodentia) et 23 familles, soit plus de 150 espèces quasiment toutes endémiques de Madagascar et des Comores. Il faut noter (si l'on exclut les espèces introduites) l'absence des grandes espèces africaines appartenant aux groupes mammaliens modernes aux affinités éthiopiennes (éléphants, girafes, rhinocéros, zèbres, cervidés, bovidés et félidés). De même, les groupes primitifs, tels les monotrèmes et les marsupiaux, sont également absents.

Il est généralement admis que les mammifères malgaches se sont différenciés et diversifiés en occupant les niches écologiques vacantes suite à la séparation de l'île du continent africain et de l'Inde (respectivement 160 Ma et 80 Ma). L'évolution par radiation des mammifères modernes se serait donc produite après la dislocation des masses terrestres gondwaniennes. Corroborée par l'étude des dépôts fossiles, cette théorie est particulièrement bien adaptée aux insectivores tenrecoïdes qui sont très variés tant en termes d'habitats que de comportements. Une sous-famille (Tenrecinae) a évolué vers des formes proches des hérissons tandis que l'autre (Oryzorictinae) comprend des espèces aquatiques (Limnogale), fouisseuses (Oryzorictes) et d'autres encore aux mœurs voisines des musaraignes (Microgale et Geogale).

Le potamochère est le seul grand mammifère présent à la fois sur le continent africain et à Madagascar.

Le fossa (Cryptoprocta ferox), mammifère de la famille des Eupleridae, endémique de Madagascar, est le plus gros mammifère carnivore de l'île.

Afrosoricides - Afrosoricida

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À Madagascar, les Afrosoricides ne sont représentés que par une seule famille: les Tenrecidae. Cette famille inclut 4 sous-familles, une est africaine, les trois autres sont endémiques de Madagascar.

  • Les Geogalinae : représentés par une seule espèce Geogale aurita, cette dernière occupe les régions sèches du sud et de l'ouest, où elle se nourrit principalement de termites. Cette espèce est peu documentée et son mode de vie comporte encore de nombreuses inconnues.
  • Les Oryzorictinae : représentés par 25 espèces réparties dans 3 genres (Limnogale, Microgale et Oryzorictes). Cette sous-famille se caractérise par une grande diversité de formes. Limnogale mergulus est aquatique, il a des pattes palmées et ressemble à une petite loutre. Les Microgales, comme Microgale jobihely, découvert en 2006, ou Microgale parvula qui pèse seulement 3 grammes à l'âge adulte, sont semblables à des musaraignes. Enfin les Oryzorictes ressemblent à des taupes, avec des pattes avant bien développées et munies de griffes.
  • Les Tenrecinae : représentés par 5 espèces réparties dans 4 genres (Echinops, Hemicentetes, Setifer et Tenrec). Cette famille abrite les plus gros spécimens, comme Tenrec ecaudatus qui approche le kilogramme. Les individus des genres Echinops et Setifer ressemblent à de petits hérissons. Les Hemicentetes ont de longues épines détachables qui s'accrochent aux museaux d'éventuels prédateurs trop curieux, ainsi que 7 à 16 épines dorsales spécialisées émettant des stridulations complexes pour communiquer avec leur congénères. Les deux espèces du genre Hemicentetes communiquent aussi avec des claquements de langue, qui pourrait aussi être utilisé comme une sorte d'écholocation.

Artiodactyles - artiodactyla

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Plusieurs espèces d'Artiodactyles ont été introduites à Madagascar. Celles-ci sont principalement des espèces de bétail tel, le cochon (Sus scrofa), le zébu (Bos taurus indicus), la chèvre (Capra hircus), le mouton (Ovis aries) et deux espèces de cervidés (Cervus timorensis et Dama dama).

On trouve aussi à l'état sauvage dans tous les massifs forestiers de l'île : le potamochère ou lambo en malgache (Potamochoerus larvatus) dont l'origine n'est pas déterminée. Il pourrait avoir été introduit il y a quelques siècles et serait aujourd'hui retourné à l'état sauvage. En effet aucune trace fossile de cet animal n'a pour l'instant été mise au jour, mis à part des ossements provenant de sites archéologiques (Rakotozafy & Goodman. 2005). De plus, selon plusieurs auteurs (Major. 1897 et Grubb. 1993) le matériel étudié du potamochère en provenance de Madagascar ne pouvait pas toujours être distingué des spécimens présents en Afrique.

Les deux espèces de Cervidae, le cerf du Timor (Cervus timorensis) et le daim (Dama dama) ont été introduites sur l'île entre 1928 et 1932 (Lever. 1985). Le daim fut introduit sur le massif de l'Ankaratra. Aujourd'hui, il ne subsisterait que quelques populations reliques de cet animal, les forêts de ce massif ayant été anéanties. Le cerf du Timor, introduit près de la station forestière d'Analamazaotra, a quant à lui disparu, victime du braconnage.

Trois espèces subfossiles d'hippopotames nains sont connues de Madagascar: Hippopotamus amphibius standini ou H. laloumela (Faure & Guérin. 1990) qui fait débat dans la communauté scientifique, Hippopotamus lemerlei et Hexaprotodon madagascariensis. Ces deux derniers avaient probablement des habitats différents, Hexaprotodon madagascariensis adoptant un mode de vie plus terrestre que son cousin. Cette espèce d'Hippopotame nain fut la dernière à occuper l'île au cours du dernier millénaire.

Carnivores - Carnivora

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La faune carnivore autochtone de Madagascar est regroupée dans la famille endémique des Eupleridae et comporte 9 espèces séparées en deux sous-familles les Galidiinae et les Euplerinae.

  • Galidiinae : cette sous-famille comporte 4 genres pour 6 espèces communément appelées "Mangoustes" ou "Galidie".

L'espèce Salanoia durrelli appartenant à cette sous-famille a été découverte récemment (2004) puis décrite en 2010. Elle a été observée seulement dans les environs du lac Alaotra. Les représentants de cette sous-famille sont tous menacés par les espèces introduites (chat, chien, civette indienne). Pour ces dernières les espèces autochtones sont soit des proies potentielles, soit des compétiteurs pour le territoire et la nourriture.

  • Euplerinae : cette sous-famille remplace depuis 2005 la sous-famille des Cryptoproctinae et comporte 3 genres monospécifiques.

L'espèce la plus connue étant Cryptoprocta ferox (Fossa), un animal féliforme souvent comparé à un petit puma. Carnivore opportuniste, il se nourrit principalement de lémuriens notamment les plus grands, mais aussi de rongeurs, de reptiles, d'invertébrés et de fruits. Son régime alimentaire peut varier en fonction de son habitat, voire se spécialiser en fonction de la ressource alimentaire disponible. Grâce à ses griffes semi-rétractiles le Fossa est capable de descendre la tête en bas le long des troncs. Il est aussi à l'aise au sol que dans la canopée. Discret et farouche, il est répandu dans tous les habitats forestiers de l'île. Ses populations sont cependant menacées par la déforestation intense qui sévit à Madagascar, d'autant que celles-ci sont généralement faibles du fait d'un territoire très étendu (Entre 7,8 et 26,2 km2). (Goodman & al. 2003)

Trois espèces carnivores ont été introduites à Madagascar : le chien (Canis lupus familiaris), le chat (Felis silvestris) et la civette indienne (Viverricula indica). Le chat et le chien ont des populations qui vivent à l'état sauvage, c'est-à-dire indépendantes de groupes d'habitations humaines. Bien que dans la majorité des cas, ces animaux restent commensaux de l'Homme. Les chats sauvages ont une taille plus importante que les chats domestiques, ils sont présents dans de nombreux types forestiers de l'île, bien que plus abondants dans les milieux secs de l'Ouest. Les chiens sauvages occupent des habitats dégradées, les lisières forestières et les milieux périphériques de villages. La civette indienne est, elle aussi, largement répandue dans les milieux naturels de Madagascar, sauf dans les milieux les plus arides du sud-ouest. Elle se retrouve fréquemment près des installations humaines, des villages, ou des villes, à la lisière entre milieux forestiers et milieux anthropisés.

Chauves-souris - chiroptera

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Les chauves-souris de Madagascar sont reparties dans 7 familles (Pteropodidae - Hipposideridae - Emballonuridae - Nycteridae - Myzopodidae - Molossidae - Vespertilionidae), dont une (Myzopodidae) est endémique de l'île.

Lémuriens - lemuriformes

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Les lémuriens sont des primates endémiques de Madagascar et de l'archipel des Comores. On compte une centaine d'espèces différentes, dont la plupart sont menacés d'extinction. La déforestation massive, due à des pratiques agricoles inadaptées et au commerce illégal du bois, privent les lémuriens de leur habitat et des ressources nécessaires à leur alimentation. La chasse, le braconnage et la capture d'animaux vivants ont une part non négligeable dans la menace qui pèse sur leur avenir. Les lémuriens représentent aussi le groupe d'animaux le plus étudié de la faune malgache. Ayant attiré l'attention de la communauté scientifique, ils ont fait l'objet de nombreuses études de terrains, monographies et plan de conservation (Petter & al. 1977; Tattersall. 1982; Mittermeier et al. 1992 et 1994…). Ainsi le groupe des lemuriformes de Madagascar est aujourd'hui très bien documenté, ce qui reste assez rare pour être cité.

Soricomorphes - soricomorpha

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L'ordre des Soricomorphes (anciennement Insectivora) est représenté à Madagascar par deux espèces (Suncus madagascariensis et Suncus murinus) placées dans la famille des Soricidae. Ces sont des sortes de petites musaraignes insectivores aussi appelées Pachyures.

 

  • Suncus madagascariensis (Coquerel. 1848) ou Pachyure de Madagascar est endémique de Madagascar et des Comores. Auparavant considérée comme une sous-espèce de Suncus etruscus elle a été élevé au rang d'espèce par Hutterer en 2005. Suncus madagascariensis est présente dans les milieux forestiers et agricoles de l'île sauf sur les hauts plateaux et à l'extrême sud. Le comportement et l'écologie de l'espèce sont peu connus. Comme les autres membres du genre Suncus, elle est présumée insectivore, aux mœurs nocturnes et plutôt solitaire (Goodman et al. 2003). Cette espèce n'est pas considérée comme menacée du fait de son aire de répartition étendue, mais elle souffre cependant, comme la majorité des autres espèces animales autochtones, de la déforestation massive.

 

  • Suncus murinus (Linnaeus. 1766) appelée communément "Musaraigne des maisons", est originaire d'Inde est s'est largement répandue en Asie du sud, à Madagascar et en Afrique de l'ouest.

 Il est intéressant de noter l'importante diversité des Soricidae sur le continent africain, alors que cette famille est peu représentée à Madagascar. Ce qui peut s'expliquer, au moins en partie, par la présence à Madagascar des Tenrecinae qui ont de nombreux points communs avec les Soricidae (formes anatomiques, modes de vie, superficie des niches écologiques…) et occupent donc les mêmes niches écologiques. C'est un exemple de convergence écologique.

Rongeurs - Rodentia

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Madagascar abrite une faune de rongeurs relativement riche, répartie dans deux familles (Muridae - Nesomyidae). La famille des Muridae est composée de trois espèces, toutes introduites (Mus musculus, Rattus norvegicus et Rattus rattus).

 La famille des Nesomyidae est représentée à Madagascar, par une seule sous-famille (Nesomyinae) dont toutes les espèces sont endémiques. Celles-ci comme les Tenrecinae ont des traits anatomiques et des modes de vie très différents d'une espèce à l'autre. Elles ont des aires de répartition restreintes et sont très vulnérables à la perte d'habitat. Ces rats et souris de Madagascar pour la plupart arboricoles, vivent dans une grande variété d'habitats comme les prairies humides ou sèches, les forêts côtières de sable, les fourrés épineux et les forêts intérieures sèches ou humides, du niveau de la mer à 2 400 mètres d'altitude. (Carleton et Musser, 1984; Nowak, 1999)

Les Nesomyines mesurent de 80 à 350 mm de longueur (tête et corps) et leurs queues de 60 à 250 mm. Ils pèsent entre 21 et 1 500 grammes. Chez certaines espèces, les femelles sont plus petites que les mâles, chez d'autres espèces, il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Les queues peuvent être nues, modérément poilues, et parfois touffues. Certains ont des queues préhensiles. Le pelage diffère aussi : long et doux ou épais et laineux. La plupart des Nesomyines ont de grands yeux avec des oreilles et des moustaches proéminentes.

Parmi les 9 genres de Nesomyinae que l'on trouve à Madagascar, c'est le genre Eliurus qui est le plus diversifié avec 11 espèces. On retrouve aussi 3 genres monospécifiques (Gymnuromys roberti, Hypogeomys antimena et Monticolomys koopmani.

Hypogeomys antimena est monogame, mais les affinités de reproduction des autres espèces restent méconnues. Les prédateurs des Nesomyinae sont nombreux (serpents, rapaces et mammifères carnivores), ainsi ils ont développé de vives capacités auditives, visuelles et tactiles (grandes oreilles, grands yeux et longues moustaches). Vivant pour la plupart en petits groupes familiaux, leurs sens aiguisés leurs permettent de rapidement donner l'alerte pour mettre toute la famille à l'abri lorsqu'un prédateur se présente. D'un point de vue écologique se sont des consommateurs primaires, ils sont herbivores et se nourrissent de fruits, de graines, de baies, de tiges et de racines. Ils ont donc un rôle important dans l'écosystème, car en plus de disséminer des graines, ils sont les proies de plus grands animaux carnivores que l'on aime observer dans les forêts malgaches.




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