ÎLES EPARSES

Les îles Éparses constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF)

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Les îles Éparses, ou îles Éparses de l’océan Indien selon la nomenclature du Code officiel géographique français, sont des petites îles du Sud-ouest de l’océan Indien situées autour de Madagascar. On distingue généralement cinq entités au sein de cet ensemble éclaté : l’île Europa, Bassas da India, l’île Juan de Nova, les îles Glorieuses, composées par l’île Grande Glorieuse et l’île du Lys, et enfin l’île Tromelin1, cette dernière étant la seule située hors du canal du Mozambique.

Les îles Éparses constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), un territoire d'outre-mer français qui ne compte aucune population permanente. Quinze militaires dont un gendarme se relaient tous les quarante-cinq jours sur les principales îles, sauf sur Tromelin, occupée par des météorologues. Cette dernière est revendiquée par la République de Maurice alors que toutes les autres, dans le canal, le sont par Madagascar.

Géographie

Situation

Les îles Éparses sont situées :

En outre,

Topographie

Bassas da India vue de satellite.

Île

Terres émergées

Lagon

ZEE

Coordonnées

Bassas da India

<1 km² 2

79,8 km² 3

123 700 km² 2

21° 28′ S 39° 41′ E

Île Europa

30 km² 4

9 km² 4

127 300 km² 4

22° 21′ S 40° 21′ E

Îles Glorieuses

7 km² 5

29,6 km² 6

48 350 km² 5

11° 33′ S 47° 20′ E

Île Juan de Nova

5 km² 7

 

61 050 km² 7

17° 03′ S 42° 43′ E

Île Tromelin

1 km² 8

 

280 000 km² 8

15° 53′ S 54° 31′ E

Îles Éparses

44 km2 2,4,5,7,8

118,4 km2 Note 2

640 400 km2 2,4,5,7,8

 

Les îles Éparses sont toutes d’origine coralliennes, comme en témoigne leur morphologie, sous forme d’atoll pour Bassas da India, les îles Glorieuses, l’île Juan de Nova et l’île Europa, ou sous forme d'atoll surélevé pour l’île Tromelin2,4,7,5,8. Cumulant 44 km2 de superficie, le point culminant ne dépasse pas quelques mètres d’altitude2,4,7,5,8. La plus grande des îles est celle d’Europa avec 30 km24 tandis que la plus petite est Bassas da India qui se retrouve quasiment totalement submergée à marée haute2.

Climat

Situées à des latitudes comprises entre 22° sud pour l’île Europa et 11° sud pour l’île du Lys des îles Glorieuses, les îles Éparses sont soumises à un climat tropical et situées sur la trajectoire des cyclones provenant du nord-est1. L’absence de relief limite toutefois les précipitations sur ces îles au regard d’une île montagneuse qui bloque les nuages.

Faune et flore

La végétation tropicale des îles Éparses est disparate d’une île à l’autre : totalement absente sur Bassas da India2, elle est relativement luxuriante sur l’île Europa et sur les îles Glorieuses5 avec une forêt d’euphorbes et une mangrove4; composée uniquement de cocotiers et de filaos sur l’île Juan de Nova7 et d’herbacées et d’arbustes sur l’île Tromelin8. Cette végétation relativement pauvre pour des îles situées sous les tropiques s’explique par la nature essentiellement calcaire du sol des différentes îles, ce qui ne permet pas une bonne rétention des eaux de pluie.

La faune est en revanche très riche et diversifiée dans les îles Éparses2,4,7,5,8. La faune sous-marine est notamment représentée par des coraux qui forment les barrières coralliennes entourant chacune des îles2,4,7,5,8 et des tortues de mer venant pondre périodiquement à l’île Europa et l’île Tromelin4,8. L’avifaune est représentée par des colonies d’oiseaux de mer comme des frégates et des fous à l’île Europa4, des sternes à l’île Europa et aux îles Glorieuses4,5 la plus grande colonie de sternes fuligineuses de l’océan Indien et une des plus importantes au monde à l’île Juan de Nova7 mais aussi des flamants roses à l’île Europa4. Enfin, des chèvres sauvages vivent sur l’île d’Europa qui est envahie de moustiques au coucher du soleil.

Eaux territoriales et zone économique exclusive

De par leur éloignement relatif vis-à-vis d’elles-même et des pays et territoires voisins, la zone économique exclusive des îles Éparses est très étendue avec 640 400 km2 au total2,4,7,5,8. L’exploitation de ses ressources halieutiques est soumise à la loi du 21 juillet 2007 s’appliquant aux Terres australes et antarctiques françaises, ce qui signifie que, dans les eaux territoriales et la zone économique exclusive, seuls les navires de pêche autorisés peuvent y pratiquer leur activité9.

Démographie

À l’exception de Bassas da India, toutes les îles sont habitées par au moins un gendarme (sauf l’île Tromelin), des météorologues et parfois des scientifiques10.

Histoire

Découverte et premières occupations

Plage sur l’île Grande Glorieuse dans les îles Glorieuses.

Les différentes îles Éparses ont vraisemblablement été toutes découvertes fortuitement par les Européens lorsque les premiers navires marchands sur la route des Indes doublaient le cap de Bonne-Espérance. C’est le cas de l’île Europa dont l’existence est connue de la Compagnie des Indes et des Français installés à Madagascar et qui est alors utilisée comme refuge par des pirates fuyant la Marine Royale française4. L’île Juan de Nova est également connue des premiers navigateurs européens7.

Certaines îles sont même occupées un certain temps de manière permanente comme l’île Europa qui abrite deux familles réunionnaises de 1905 à 1910 tirant leurs revenus de l’exploitation du sisal et des écailles de tortues4, l’île Juan de Nova dont le guano est exploité de 1900 à 1968 environ7 ou encore les îles Glorieuses utilisées comme cocoteraie plantée vers 1912 par un Français et exploitée par des Seychellois jusqu’en 19585.

Situées autour de Madagascar et de l’archipel des Comores et non loin de la Réunion ou encore de l’île Maurice qui deviendront des colonies françaises, les îles sont peu à peu intégrées à l’empire colonial français, comme en 1930 avec les îles Glorieuses5.

Souveraineté française

À la demande de l’Organisation météorologique mondiale, la France décide en 1950 d’implanter des stations météorologiques sur ces îles placées stratégiquement sur la trajectoire des cyclones tropicaux du sud-ouest de l’océan Indien et qui peuvent toucher la Réunion, l’île Maurice, les Seychelles, Mayotte, les Comores, Madagascar et le Mozambique1. Ces stations seront automatisées par la suite à l’exception de celle de Tromelin1.

Au moment de l’indépendance de Madagascar le 26 juin 1960, l’intérêt géopolitique non négligeable des îles Éparses se pose car ces îles sont situées sur une importante route maritime permettant de relier l’Asie et le Moyen-Orient à l’Europe et l’Amérique, elles comportent une importante zone économique exclusive et peuvent servir de site d’essai nucléaire. C’est dans ce contexte que le général De Gaulle réaffirme l’importance de l’absence de prétentions de souveraineté de Madagascar sur ces îles : « Je mets en garde le Quai d’Orsay pour n’importe quelle emprise de Madagascar sur les îles et îlots français avoisinants. Cela ne se justifie d’aucune manière et risque d’entraîner des inconvénients. Les îles et îlots peuvent revêtir pour nous une importance réelle, notamment en ce qui concerne nos expériences atomiques. Je n’approuve donc pas qu’on introduise Madagascar en quoi que ce soit qui se passe dans ces îles, notamment en ce qui concerne la météo11. »

La présence française dans ces îles se renforce en 1973 lorsque des détachements militaires des Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) s’installent sur l’île Europa, l’île Grande Glorieuse et l’île Juan de Nova1. L’autorité sur ces îles est alors confiée à un gendarme et celle sur l’île Tromelin au chef de mission de la station météorologique1. De plus, des navires de la Marine nationale et des appareils de l’Armée de l’air assurent à la fois la surveillance de la zone économique exclusive et le ravitaillement de ces garnisons et stations1.

En 1960, le cadre juridique et territorial des îles Éparses se précise lorsqu’elles sont placées sous l’autorité du ministre de l’Outre-mer et que le préfet de la Réunion les administre mais sans qu’elles ne fassent partie d’aucune région, département ou collectivité territoriale1. Ce statut évolue par la suite en deux étapes : le 3 janvier 2005 lorsque leur administration est transférée à l’administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises12 et le 21 février 2007 lorsqu’elles constituent le cinquième district de cette collectivité d’outre-mer de la France1. Par conséquent, elles restent en dehors de l’Union européenne, ce qui signifie que le droit s’y appliquant n’est pas le droit communautaire mais celui des Terres australes et antarctiques françaises1.

Politique

Vue aérienne de l’île Europa.

Statut

Depuis l’arrêté du 3 janvier 2005, les îles Éparses sont placées sous l’autorité de l’administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises basé à Saint-Pierre de la Réunion12 et depuis la loi 2007-224 du 21 février 2007, elles constituent le cinquième district des Terres australes et antarctiques françaises1. Par conséquent, elles ne sont pas soumises au découpage communal comme c’est le cas pour le reste de la France métropolitaine et d’outre-mer et ne font pas partie de l’Union européenne1.

Formant une réserve naturelle à accès restreint soumis à autorisation de l’administrateur supérieur, les îles Éparses ne peuvent être visitées par des personnes étrangères aux équipes militaires, scientifiques ou météorologiques1. Les scientifiques restent, pour l'heure, les plus réguliers visiteurs des îles Éparses. L'isolement des îles explique leur biodiversité assez faible mais aussi le grand nombre d'animaux et de végétaux qu'on y trouve. Elles font partie des rares exemples dans l'océan Indien - et dans le monde - de sanctuaires presque inviolés par l'homme. Avec sa mangrove, l'île Europa, la plus préservée des îles Éparses, constitue un écosystème unique. Son récif corallien, considéré comme vierge, pourrait être utilisé comme référence pour le suivi des coraux à l'échelle mondiale. Les autorités espèrent obtenir le classement d'Europa en aire maritime protégée d'ici la fin de 2010.

Contentieux territoriaux

Les îles Éparses du canal du Mozambique, soit l’île Europa, Bassas da India, les îles Glorieuses et l’île Juan de Nova, sont revendiquées par Madagascar, tandis que la ZEE des îles Glorieuses chevauche celle revendiquée par les Comores3. La revendication de ce pays sur l’île Tromelin est moins claire mais cette dernière île est revendiquée depuis 1976 par Maurice3.

Projets pétroliers et gaziers

Un arrêté du 23 mai 2005 autorise des prospections préalables d'hydrocarbures liquides ou gazeux portant sur le sous-sol marin (offshore). L'autorisation dite « APP de Juan de Nova maritime » porte sur une superficie de « 62 000 kilomètres carrés environ », au large de l'île Juan de Nova13.

Dans cet environnement fragile (où les énergies solaire et l'éolien sont des ressources possibles), des enjeux économiques et environnementaux pourraient ici s'opposer, en raison des risques de pollution liés au forage offshore, et d'une contribution à la poursuite des émissions de gaz à effet de serre ayant le carbone fossile comme origine[réf. nécessaire]. La prospection sismique offshore est en outre dangereuse pour les cétacés[réf. nécessaire].

Histoire postale

En matière postale, les personnels des stations météorologiques laissaient du courrier aux avions et navires assurant le ravitaillement de l’île. Ces plis à en-tête de l’île d’origine étaient oblitérés à Madagascar. Depuis l’automatisation des stations et la diminution de la durée des missions, les plis affranchis de timbres de métropole, oblitérés à Mayotte ou à la Réunion et portant des cachets des bases sont souvent considérés comme des plis de complaisance à destination des collectionneurs14.

Avec le rattachement de 2007 aux Terres australes et antarctiques françaises, les timbres de ce territoire sont utilisables dans les îles Éparses. Le 1er juin 2007, cinq timbres représentant une vue aérienne de chacune des îles sont émis par le Service des postes et télécommunications des Terres australes et antarctiques françaises.

Les îles Eparses : des cailloux, parsemés au large du canal de Mozambique inconnus  de la majorité des Français. Ils font pourtant l’objet d’une âpre bataille diplomatique entre la France et la Grande île depuis près de quatre décennies.

Elles sont situées au Sud-Ouest de Madagascar. On distingue généralement cinq entités au sein de cet ensemble éclaté : l’île Europa, Bassas da India, l’île Juan de Nova, les îles Glorieuses, composées par l’île Grande Glorieuse et l’île du Lys, et enfin l’île Tromelin, cette dernière étant la seule située hors du canal du Mozambique.

Rattachés depuis 1896 à la colonie française de Madagascar, ces îlots auraient dû être restitués à Madagascar, le 26 juin 1960. Mais la France refuse de les rétrocéder, ni de céder d’un iota dans ce dossier qui demeure un serpent de mer pour les deux parties. Quels sont donc les points essentiels dans ce bras de fer entre les deux pays?

"Chronologie d’un conflit inachevé

1896 : Ranavalona III, dernière Reine est exilée par le nouveau pouvoir colonial français à la Réunion. L’Assemblée nationale française prononce l’abolition du royaume de Madagascar et l’installation de la colonie. En même temps, la France intègre les 5 Îles Eparses, parmi les territoires dépendants de Madagascar.

26 juin 1960 : L’indépendance de Madagascar est proclamée. Le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation devraient s’appliquer automatiquement autour du territoire de la Grande Île, redevenue un pays souverain. Mais 87 jours plus tôt, le gouvernement français adopte un décret soustrayant les Iles Eparses du territoire de la République malgache. Un acte condamné par l’ONU qui le qualifiera de "séparation arbitraire".

Limites de la mer territoriale et du plateau continental de la République Malgache

ramanantsoa-portrait.jpgAndriamahazo

REPOBLIKAN'I MADAGASIKARA

Tanindrazana-Fahafahana-Fandrosoana

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PRESIDENCE

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ORDONNANCE  N° 73-060

fixant les limites de la mer territoriale et du plateau continental de la République Malgache

Le général de division Gabriel Ramanantsoa, Chef du Gouvernement,

-          Vu la loi constitutionnelle du 7 novembre 1972,

-          Vu l'ordonnance n° 60-047 du 15 juin 1960 modifiée et complétée par l'ordonnance n° 62-012 du 10 août 1962                              et la loi n° 66-007 du 5 juillet 1966 portant Code maritime et notamment l'article 1-2-01,

-          Vu la loi n° 70-016 du 15 juillet 1970 portant réglementation maritime des installations et autres dispositifs sur le plateau continental,

-          Vu le décret n° 63-131 du 27 février 1963 fixant la limite de la mer territoriale de la République Malgache,

-          Vu la décision n° 63-CSI/D du 12 septembre 1973 du Conseil supérieur des institutions,

En conseil des Ministres, le 31 août 1973,

                Ordonne:

Article premier. La mer territoriale de la République Malgache s'étend jusqu' à une limite fixée à cinquante (50) milles marins à partir des lignes de base.

Article 2. Le "plateau continental" de la République Malgache ( zone économique exclusive) s'étend jusqu'à une limite fixée à cent (100) milles marins au-delà de sa mer territoriale. Toutefois, et sauf convention particulière, le plateau continental malgache ne s'étend pas au-delà d'une ligne médiane dont tous les points sont équidistants des points les plus proches des lignes de base des côtes malgaches et des côtes des Etats qui lui font face. L' expression "plateau continental" désigne le lit de la mer et le sous-sol des régions sous-marines adjacentes aux côtes malgaches situés au-delà de la mer territoriale de la République Malgache.

Article 3. Les lignes de base à partir des quelles est mesurée la largeur de la mer territoriale sont fixées par décret.

Article 4. Toutes dispositions contraires à celles de la présente ordonnance sont abrogées, et notamment: Le 2° alinéa de l'article 1-2-01 de l'annexe 2 de la loi n° 66-007 du 5 juillet 1966 portant Code maritime; L'article premier du décret n° 63-131 du 27 février 1963

Article 5. La présente ordonnance sera publiée au Journal Officiel de la République.

Elle sera exécutée comme loi de l'Etat.

Promulguée à Tananarive, le 28 septembre 1973.

Gabriel RAMANANTSOA.

Par le Chef du Gouvernement:

Le Général de Brigade Gilles ANDRIAMAHAZO

    Ministre de l'Aménagement du Territoire.

Didier ratsiraka1-     La question historique et de souveraineté

C’est le capitaine de frégate Didier Ratsiraka, alors ministre des Affaires Etrangères du Général Gabriel Ramanantsoa, qui en révisant les accords de coopérations franco-malgache en 1973, fut le pemier homme politique malgache à avoir remis surle tapis la revendication de ces « îles éparses ». Le Ministre Ratsiraka s’en était battu bec et ongle. Point barre ! En bref, Ratsiraka dit : ces îles appartiennent à Madagascar et non à la France.

1975 : Le Préfet de la Réunion sort un arrêté qui classe 4 Îles Eparses comme réserves naturelles intégrales. Bien que Juan de Nova ne figure pas sur la liste des îles concernées par l’arrêté préfectoral, cette décision a été prise suite à l’intention de Ratsiraka devenu président, d’installer les troupes malgaches à Juan de Nova après s’y être rendu à bord d’un bâtiment malgache dénommé Mailaka.

Onu siege de lonu 384479De plus, en 1979, l’ONU avait recommandé à la France d’engager les négociations en vue de la restitution des îles à Madagascar.

12 décembre 1979 : L’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution ordonnant la France à restituer les îles Eparses à Madagascar.

Jusqu’à maintenant, rien n’a été fait. Aucune discussion n’a été engagée. Pour la Grande île, il s’agit de réclamer ces territoires qui lui revient de droit. Pour l’Hexagone, il est hors de question de céder d’un pouce sur ce dossier.

La base historique du dossier est à lier à une décision du général de Gaulle à l’orée de l’indépendance de la Grande île. Par décret du 1er avril 1960, il avait décidé de rattacher ces territoires au ministère de l’Outre-mer et ainsi de les détacher du gouvernorat de Madagascar à la veille du référendum d’indépendance de la Grande île. Une décision lourde de sens et une apathie du régime Tsiranana qui apparaît encore aujourd’hui comme très suspecte.

2-    La Zone Economique Exclusive (ZEE)

Zee1En 1978, la France décrète une zone économique de 200 miles marins (370 km environ) autour de l’îlot Juan de Nova. Madagascar lui emboîte le pas en 1985, en obtenant le statut ZEE, s’étendant à 200 miles d’un territoire, créé en 1982 par la convention de Montego Bay, autour de son territoire maritime. Il faut rappeler que Juan de Nova n’est qu’à seulement à 150 km (81 miles marins) des côtes malgaches.

Les enjeux de la ZEE sont multiples.  Pour Madagascar, de cette zone dépend la substance des pêcheurs traditionnels, même si les expéditions en haute mer sont rares. Le développement économique et l’autosuffisance alimentaire passe irrémédiablement par le secteur halieutique dans les années à venir.

Pour la France, il en va de son assise géographique. En effet,  avec ses départements d’outre-mer et ses collectivités territoriales aux quatre coins du monde, elle possède la seconde plus grande zone économique exclusive au monde. Un atout considérable puisqu’elle exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. La France, « État ultra-marin », dispose donc d’un patrimoine maritime conséquent avec plus de 11 millions de km2 (dont près de 9 millions hors Union européenne).

3- Les ressources énergétiques 

Considéré, à raison, comme la future « Mer du Nord » – du fait des réserves importantes qui y ont été décelées- le canal de Mozambique est un bassin énergétique en devenir. Les explorations menées depuis quelques années tendent à le prouver. Le potentiel pétrolier et gazier y est gigantesque.

Au large du Mozambique, les compagnies Anadarko et l’italienne ENI ont annoncé avoir découvert récemment des gisements énormes de gaz naturel. La compagnie italienne prévoit d’investir 50 milliards de dollars pour ce gisement estimé à plus de 637 milliards de mètres cubes.

La quantité de gaz potentiellement exploitable dans cette zone, allant du Sud du Kenya au Mozambique, et englobant Madagascar et les Seychelles, est évaluée à 12 500 milliards de mètres cube par une étude du gouvernement américain. La demande toujours croissante en hydrocarbures et l’augmentation du prix du baril de pétrole, permettent désormais l’exploitation en eaux profondes.

4-  La géostratégie

Pour les pays émergents asiatiques, l’océan Indien est une voie d’approvisionnement obligée. La France, de par sa présence à Abou Dhabi, à Djibouti, à Mayotte ou au cœur des îles Eparses met donc en place une politique d’endiguement. L’océan Indien est un axe important dans les échanges actuels et dans le futur. La France ne veut pas lâcher du lest.

Lors de son déplacement à Washington, le Président Hery Rajaonarimampianina s’était proposé en faveur d’une cogestion avec la France des îles éparses. En réponse à une question de la presse étrangère, il entend trouver des compromis pour pouvoir gérer avec la France ces îles.  A la manière de l’accord que l’Hexagone a établi avec l’île Maurice sur les îles Tromelins.

Les Mauriciens n’avaient pas hésité à employer une diplomatie agressive, peut-être que cela servira d’exemple pour le côté malgache qui a préféré éludé cette question depuis les années 70.

Les Iles Eparses de Madagascar

Les Glorieuses, Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin …

Ces îles regorgent de ressources pétrolières gigantesques plus grandes que les réserves de Qatar !

En bref, Ratsiraka dit : ces îles appartiennent à Madagascar et non à la France. De plus, en 1979, l’ONU avait recommandé à la France d’engager les négociations en vue de la restitution des îles à Madagascar.

« Je vais écrire cela dans mon testament : ces îles sont malgaches ».

Il y a tout de même plus 400 000 milliards de pieds de mètres cubes de gaz dans ces îles. Wow ! wow ! wow !

Madagascar îles éparses : un président congestionné…

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