Îles Glorieuses

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un archipel inhabité français

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

A- Îles Glorieuses

 

Les îles Glorieuses1 sont un archipel inhabité français formé sur un atoll situé dans l'océan Indien, entre Madagascar et l'archipel des Comores et composé de deux îles sablonneuses entourées par une barrière de corail d’où émergent aussi plusieurs récifs coralliens2,3. L'archipel mesure 7 km².

Géographie

Les îles Glorieuses sont situées dans l'océan Indien, dans le nord du canal du Mozambique, entre la pointe nord de Madagascar située au sud-sud-est, l'archipel des Comores situé à l'ouest et l'archipel seychellois du groupe d'Aldabra (Aldabra, Cosmodelo, île Astove et île de l'Assomption).

Cet archipel est formé d'un atoll allongé orienté dans le sens nord-est-sud-ouest. Il est composé d'un lagon intégralement fermé par une barrière de corail à l'exception de quelques passes et dans lequel se trouvent deux îles de sable corallien :

  • l'île Grande Glorieuse de forme circulaire avec trois kilomètres de diamètre et située dans le sud-ouest du lagon ; ainsi que
  • l'île du Lys de forme triangulaire avec 600 mètres de diamètre et située dans le nord-est du lagon2.

La barrière de corail émerge en trois points2,3 :

  • le Rocher du Sud, au sud de l'île Grande Glorieuse ;
  • les Roches Vertes, entre l'île Grande Glorieuse et l'île du Lys ; et
  • l'Île aux Crabes (ou l’île aux Épaves), au nord de l'île du Lys.

Toutes ces terres émergées sont plus ou moins reliées entre elles à marée basse par un banc de sable2.

Les îles cumulant une superficie de 7 km2 sont formées de dunes de sable calcaire d'origine corallienne et sont très basses, le point culminant de l'archipel étant constitué par une de ces dunes située dans le nord-est ou l'est de l'île Grande Glorieuse et culminant à douze mètres d'altitude2,3. Le littoral des deux îles qui totalise 35,2 kilomètres de longueur3 est intégralement formé par une plage de sable.

Soumise à un climat tropical et située sur la trajectoire des cyclones du sud-ouest de l'océan Indien lorsqu'il ne se forment pas dans les eaux baignant l'archipel4,3, la végétation des îles Glorieuses est composée de filaos mais aussi de cocotiers sur l'île Grande Glorieuse2,3. La faune est quant à elle représentée par des oiseaux marins (notamment des sternes) et des dauphins dans le lagon2.

Les seules installations et infrastructures sont présentes uniquement sur l'île Grande Glorieuse et sont représentées par une piste d'atterrissage dans le sud de l'île ainsi qu'une station météorologique à l'extrémité ouest de la piste2,3. Inhabitées de manière permanente, elles le sont néanmoins temporairement aux cours de visites de détachements militaires des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien qui assurent la souveraineté française dans l'archipel et les 48 350 km2 de zone économique exclusive4. L'exploitation des ressources halieutiques de cette zone économique exclusive est soumise à la loi du 18 juin 1966 s'appliquant aux Terres australes et antarctiques françaises ce qui signifie que dans les eaux territoriales et la zone économique exclusive, seuls les navires de pêche s'étant signalés aux autorités peuvent y entrer et que seuls ceux autorisés peuvent y pratiquer la pêche.

Histoire

Découverte et administration malgache

L'archipel inhabité est peut-être découvert dès le VIIe siècle par des navigateurs malgaches ou arabes. Le Réunionnais Hippolyte Caltaux résidant aux Seychelles et commerçant avec Madagascar sera le premier Européen à le découvrir en 18785. Demandant une concession au ministère français des Colonies, ce dernier lui accorde le droit de les occuper « à ses risques et périls ». Les nommant « îles Glorieuses » en l'honneur de la révolution de 18305, il les exploite malgré la pression de la marine britannique qui les convoite.

Hippolyte Caltaux va alors pouvoir exploiter pleinement les îles Glorieuses : la cocoteraie plantée à partir de 1885 avec l'aide de Seychellois s'étend5, jusqu'à ce que la France ne se décide à reconnaître sa souveraineté sur ces îles, tout en laissant la concession de la cocoteraie de Caltaux. Cette prise de possession est le fait du capitaine de vaisseau Richard, commandant du navire Primauguet, le 23 août 18925,3. Rattachées administrativement à Mayotte trois ans plus tard, elles le sont ensuite à Madagascar à partir de 19125.

En 1921, le commandant Lebegue qui visite l'archipel rapporte qu'il existe « un petit village avec 17 habitants métis tous seychellois. L'île manque d'eau... La société a planté 6 000 cocotiers environ. La production de coprah est de 36 tonnes par an. On y cultive le maïs. La récolte est de 60 tonnes par an. Une goélette de la société fait la navette 2 à 3 fois par an entre l'archipel et Madagascar. Sur l'île du Lys, on trouve un dépôt de charbon, un tas de guano et un troupeau de chèvres de 200 têtes environ5 ».

Après une période d'inactivité de 1939 à 1945, l'exploitation de la cocoteraie reprend lorsqu'un Seychellois, Jules Sauzier, s'installe dans l'archipel avec sa femme et ses filles5. Lorsque son frère lui succède en 1952, les 80 tonnes annuelles de coprah sont produites par 22 Malgaches entretenant 15 000 cocotiers5. L'exploitation sera abandonnée en 1958 avec la fin de la concession2.

En 1955 est construite sur l'île Grande Glorieuse une station météorologique provisoire qui fonctionnera à partir de 19595, remplacée l'année suivante par une station permanente qui sera finalement automatisée2. Cette station est utilisée pour la prévision cyclonique du nord du canal du Mozambique ce qui profite à l'archipel des Comores et au nord de Madagascar, à la navigation maritime régionale et à la navigation aérienne sur les lignes Madagascar-Djibouti et Maurice-Kenya2.

Administration française

Initialement rattachées administrativement à Mayotte puis quelques années plus tard à la colonie française de Madagascar, les îles Glorieuses, tout comme les autres îles Éparses, sont rattachées au ministère de l'Outre-mer et administrées par le préfet de la Réunion lorsque Madagascar obtient son indépendance en 19604,5. Cette administration sera confiée le 3 janvier 2005 à l'administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises en vue du rattachement des îles Éparses à ce territoire le 21 février 20074.

En 1973, afin d'assurer une présence plus visible de la France dans les îles Éparses, ce pays y détache une douzaine de Légionnaires ou plus particulièrement des personnels militaires en tournante du DLEM des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien dont un gendarme (qui joue également le rôle de facteur) y compris dans les îles Glorieuses, sur l'île Grande Glorieuse4, et relevés tous les trente à quarante-cinq jours[réf. nécessaire]. Sur place, un militaire est formé aux premiers secours d'urgence et est en mesure de pouvoir être mis en liaison vidéo médicale en cas de besoin.

Deux ans plus tard, les îles Glorieuses sont classées en réserve naturelle ce qui restreint fortement leur accès par des personnes non autorisées5.

Politique

Administration

Les îles Glorieuses appartiennent à la France et font partie des îles Éparses, intégrées depuis le 21 février 2007 en tant que cinquième district aux Terres australes et antarctiques françaises administrées par un administrateur supérieur basé à Saint-Pierre de la Réunion4,3. Ne faisant pas partie de l'Union européenne4, elles constituent depuis 1975 une réserve naturelle à accès restreint interdite aux touristes4 mais néanmoins permise aux militaires Français et aux scientifiques5 comme c'est le cas sur l'île du Lys en 1998[réf. nécessaire] ou en 2003 avec la mission Auracéa représentée par des biologistes et des géologues d'universités françaises5. Les îles Glorieuses ne sont organisées ni en région, ni en département, ni en commune, ni même en collectivité territoriale tout comme le reste des Terres australes et antarctiques françaises4.

Contentieux territorial

Madagascar réclame la souveraineté des îles Glorieuses.

B- Île Grande Glorieuse

L'île Grande Glorieuse, également appelée île Glorieuse, est une île inhabitée de la France appartenant à l'archipel des îles Glorieuses et située dans l'océan Indien, au nord-ouest de Madagascar.

Géographie

L'île de Grande Glorieuse est une île africaine située entre le Mozambique à l'ouest, les Seychelles au nord, Madagascar au sud-est et l'archipel des Comores au sud-ouest, baignée par le canal du Mozambique. L'île est située dans le sud-ouest de l'archipel des îles Glorieuses composé d'une autre petite île, l'île du Lys, et de quelques rochers plus ou moins reliés entre eux à marée basse par un banc de sable1.

De forme arrondie avec trois kilomètres de diamètre, l'île est très plate et formée de dunes de sable dont les plus hautes atteignent douze mètres d'altitude dans le nord-est et l'est1. Son littoral est intégralement formé d'une plage de sable blanc dont les débris coralliens proviennent de la barrière de corail délimitant un lagon faisant le tour de l'île en englobant également l'île du Lys.

Soumise à un climat tropical et placée sur la trajectoire des cyclones voire sur le lieu de formation de ces tempêtes tropicales2, l'île est couverte d'une végétation essentiellement formée d'une ancienne cocoteraie ainsi que de filaos tandis que sa faune est surtout représentée par des oiseaux marins et notamment des sternes1.

Une piste d'atterrissage traverse le sud de l'île d'est en ouest. À son extrémité ouest se trouve la station météorologique de l'île.

Histoire

    L'île alors inhabitée est peut-être découverte dès le VIIe siècle par des navigateurs malgaches ou arabes. Le Réunionnais Hippolyte Caltaux résidant aux Seychelles et commerçant avec Madagascar sera le premier Européen à la découvrir en 18783. Demandant une concession au ministère français des Colonies, ce dernier lui accorde le droit d'occuper l'archipel « à ses risques et périls ». Nommant l'archipel « îles Glorieuses » en l'honneur de la révolution de 18303, il l'exploite malgré la pression de la marine britannique qui le convoite jusqu'à ce que la France ne se décide à reconnaître sa souveraineté sur ces îles. Cette prise de possession est le fait du capitaine de vaisseau Richard, commandant du navire Primauguet, le 23 août 18923,4. Rattachée administrativement à Mayotte trois ans plus tard, elle l'est à Madagascar à partir de 19123.

Hippolyte Caltaux va alors pouvoir exploiter pleinement les îles Glorieuses : la cocoteraie plantée à partir de 1885 avec l'aide de Seychellois s'étend3. En 1921, le commandant Lebegue qui visite l'archipel rapporte qu'il existe « un petit village avec 17 habitants métis tous seychellois. L'île manque d'eau... La société a planté 6 000 cocotiers environ. La production de coprah est de 36 tonnes par an. On y cultive le maïs. La récolte est de 60 tonnes par an. Une goélette de la société fait la navette 2 à 3 fois par an entre l'archipel et Madagascar. Sur l'île du Lys, on trouve un dépôt de charbon, un tas de guano, et un troupeau de chèvres de 200 têtes environ. »3

Après une période d'inactivité de 1939 à 1945, l'exploitation de la cocoteraie de l'île Grande Glorieuse reprend lorsqu'un Seychellois, Jules Sauzier, s'installe dans l'archipel avec sa femme et ses filles3. Lorsque son frère lui succède en 1952, les 80 tonnes annuelles de coprah sont produites par 22 Malgaches entretenant 15 000 cocotiers3. L'exploitation sera abandonnée en 1958 avec la fin de la concession1.

En 1955 est construite une station météorologique provisoire qui est remplacée en 1960 puis finalement automatisée1. Cette station est utilisée pour la prévision cyclonique du nord du canal du Mozambique ce qui profite à l'archipel des Comores et au nord de Madagascar, à la navigation maritime régionale et à la navigation aérienne sur les lignes Madagascar-Djibouti et Maurice-Kenya1.

Initialement rattachée administrativement à la Madagascar, l'île Grande Glorieuses, tout comme les autres îles Éparses, est rattachée au ministère de l'Outre-mer et administrée par le préfet de la Réunion lorsque Madagascar obtient son indépendance en 19602,3. Cette administration sera confiée le 3 janvier 2005 à l'administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises en vue du rattachement des îles Éparses à ce territoire le 21 février 2007.

En 1973, afin d'assurer une présence plus visible de la France dans les îles Éparses, ce pays y détache des militaires des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien y compris sur l'île Grande Glorieuse2. Deux ans plus tard, l'île Grande Glorieuse est classée en réserve naturelle ce qui restreint fortement son accès aux personnes non autorisées3.

La France exerce des droits souverains sur les espaces maritimes adjacent à l'île, afin d'assurer la protection d'une biodiversité riche, des biens culturels et naturels ainsi que des ressources économiques dont elle a la responsabilité.

Administration

Depuis le 21 février 2007, les îles Éparses, et donc l'île Grande Glorieuse, forment le cinquième district des Terres australes et antarctiques françaises administrées par un administrateur supérieur basé à Saint-Pierre de la Réunion2. L'île Grande Glorieuse n'est organisée ni en région, ni en département, ni en commune, ni même en collectivité territoriale tout comme le reste des Terres australes et antarctiques françaises.

 

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Date de dernière mise à jour : lundi, 13 Janvier 2014

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