Nosy Be

wikipedia.jpgdada.jpg

rattachée à Madagascar à la fin du XIXe siècle

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail & tany_masina@yahoo.fr)

 

    Nosy Be (orthographié Nossi-Bé durant la colonisation française) est une île côtière de Madagascar située dans le canal du Mozambique, près des côtes nord-ouest de Madagascar. Le nom de l'île apparaît souvent écrit sous la graphie francisée de Nossi-Bé et est parfois nommée Ambariobe par les habitants de la région.

Géographie

 
Vue d'une plage de Nosy Be.
 
Falaise stratifiée sur le littoral de Nosy Be.

Île volcanique d'une superficie de 321 km2, elle se situe dans la baie d'Ampasindava. Elle s'étend sur environ 26 kilomètres du nord au sud sur 20 kilomètres d'est en ouest.

L'île culmine au mont Lokobe à 455 mètres d'altitude ; le mont Passot est à 329 mètres de haut.

Son chef-lieu est la bourgade d'Hell-Ville (son nom malgache officiel, mais non usité est Andoany), située sur la côte Sud, qui possède le port principal de l'île.

Climat

Pluviométrie

La région de Nosy Be et du bas Sambirano est caractérisée par des pluies annuelles assez abondantes. (2 244 millimètres à Nosy Be, 2196 millimètres à Ambanja). Le maximum est atteint en janvier (508 millimètres à Fascene, 462 millimètres à Hell-Ville, 541 millimètres à Ambanja). Le minimum est en juillet (25 millimètres à Fascene, 37 millimètres à Hell-Ville) ou en juin (26 millimètres à Ambanja)1.

Histoire

Occupée par les Français dès 1841 intéressés par sa belle rade - soit 55 ans avant le reste de Madagascar -, puis rapidement colonisée, Nosy Be est devenue, au XIXe siècle, un comptoir commercial important de la côte ouest de Madagascar. À partir des années 1850, les cultures vivrières et les plantations de rente s'y développent, essentiellement des entreprises de colons réunionnais, mauriciens et français. L'île fait partie avec l'Île Sainte-Marie de Madagascar du gouvernement de Mayotte et compte 15 000 habitants vers 1865. Elle est rattachée à Madagascar à la fin du siècle.

Ainsi, la petite île devient une colonie agricole, recouverte de champs de cannes, d'indigo, de café, mais aussi de sésame, de riz, de maïs, de patates douces et de manioc. Elle récolte les fleurs d'ylang-ylang à partir des années 1920. C'est de cette activité que lui vient le surnom d'île aux parfums.

Transports

On accède à Nosy Be :

Économie

Tourisme

 
Lémur noir et son petit dans la réserve de Lokobe

Avant l'indépendance de Madagascar, l'économie de l'île était axée sur l'agriculture. Depuis 1960, Nosy Be s'est alors partiellement reconvertie dans le tourisme. Cependant, en 2011, les infrastructures manquent (routes, adduction d'eau) malgré l'ouverture de nouveaux hôtels en 2010 et 2011. Néanmoins, les capacités hôtelières actuelles sont plus élevées que la demande.

Le village balnéaire d'Ambatoloaka (en malgache : « là où il y a une pierre trouée ») sur la côté ouest, est un ancien village de pêcheurs qui a subi un développement anarchique dû à l'expansion du tourisme. Le site regroupe aujourd'hui de nombreuses structures hôtelières de moyenne catégorie et est un point de départ des activités touristiques de l'île (excursions, locations de véhicules, restaurants, casino, bars et lieux de sorties divers).

Nosy Be souffre d'un chronique problème de tourisme sexuel2 que les autorités malgaches ne parviennent pas à résoudre3. Le 3 octobre 2013, deux touristes européens (un Français et un Franco-Italien), ainsi qu'un Malgache d'origine comorienne4, sont lynchés par la foule sur la plage d'Ambatoloaka, accusés du meurtre d'un enfant de huit ans, après que le corps de la victime ait été retrouvé sur une plage. En effet, selon une source diplomatique française, « un certain nombre d'informations accréditent la thèse que l'enfant retrouvé mort aurait pu être au centre de pratiques pédophiles dans un hôtel de passe de Nosy Be »5. Fin octobre 2013, le résultat d’une enquête préliminaire menée par la justice française au domicile de l'un des Français lynchés n’aurait pas trouver de preuve concluantes qui pourrait impliquer la victime à des faits de trafic d’organes ni à des activités de pédophilie6. Du côté de l’enquête par les autorités locales, 7 Malgaches sont inculpés pour le meurtre des trois hommes et sont déférés au parquet du tribunal d'Antananarivo le 23 octobre7.

Cependant, l'île offre encore des endroits authentiques et préservés à découvrir et où séjourner, en dehors des espaces investis par le tourisme de masse. C'est le cas de la côte sud-est et des villages situés en bord de plage autour de la Réserve naturelle de Lokoke tels que les villages de Doany-Antafondro et d'Ampasipohy.

L'île est également connue dans l'océan Indien pour son festival annuel, le Donia8, qui réunit pendant le mois de mai une sélection d'artistes de Madagascar et des autres îles de l'océan Indien.

Agriculture

 
Dans le port de Nosy Be

Parmi les principales cultures on trouve du café, de la vanille, du poivre, de l'ylang-ylang et de la canne à sucre. Cette dernière mérite une mention spéciale : après avoir connu la « fièvre sucrière » de 1850 à 1890 - dix-huit moulins à vapeur sur l'île, 1 000 ha de plantations - puis une crise due à l'effondrement des cours, sa culture est reprise en 1923 par la Compagnie Agricole et Sucrière : de 40 000 tonnes de cannes en 1932, elle progressera régulièrement (amélioration des variétés, petit train livrant les cannes à l'usine, modernisation du matériel agricole et industriel...) pour traiter, en 1968, 140 000 tonnes de cannes (2 000 ha de plantations) - dont 40 % en apports extérieurs (anciens Domaines La Motte Saint Pierre et Petits Planteurs) - et obtenir une production de 17 000 tonnes de sucre brut. Cette société a toujours préparé du rhum (3 700 hl en 1952, 8 000 hl en 1968), dont une partie, vieillie en foudres de chêne, était exportée.

En 1968, existait toujours le chemin de fer de la canne à sucre avec deux locomotives Porter à vapeur à la cheminée en diamant - typique des locomotives utilisant le bois comme combustible - et 2 Diesel (une Locotracteur Gaston Moyse BNC et une Plymouth). Le réseau comportait 25 km de voie ferrée et avait été créé en 1925 par la Compagnie Agricole et Sucrière car les parcelles plantées étaient alors disséminées : le petit train livrait la canne à longueur de journée pendant la coupe (hiver austral) en traversant les collines où voisinaient les plantations d'ylang-ylang et de caféiers…

Au début du XXIe siècle, il ne reste plus grand chose de l'ancienne activité agricole de Nosy Be. La SIRAMA (Siramamy Malagasy c'est-à-dire : « Compagnie sucrière nationale malgache ») a déposé le bilan depuis 2006 et les infrastructures sont laissées à l'abandon. En décembre 2007, la réhabilitation du site a été annoncée, grâce à des investisseurs chinois, afin de retrouver la capacité de production historique, à savoir 16 000 tonnes de sucre et 11 000 hectolitres d'alcool pur par an9. Mais le projet n'a pas encore eu de réalisation concrète. Les terres agricoles de la SIRAMA sont désormais progressivement cédées, parcelle après parcelle, et transformées en hôtels ou habitations, hypothéquant définitivement la possibilité d'un redémarrage de l'exploitation agricole de ces terres, activité qui a fait vivre plus de 3 000 personnes sur l'île dans le passé.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : lundi, 16 Décembre 2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×