MAJUNGA

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centre d’un creuset d’influences africaines et orientales

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com)

Mahajanga-Majunga ville emblème de Mahajanga

Madagascar-carte

La ville de Mahajanga fut fondée au XVIIe siècle par les Antalaotry, un métissage de Sakalava, d’Arabes et d’Africains. baobab multi centenaireMajunga en langue Antalaotra  signifie la cité des fleurs : Mji Angaia (Mji : Cité, Angaia : Fleurs).

Majunga s’est développée à partir de 1740 lorsque les notables du Royaume Sakalava, Antalaotra  résidants dans la baie de Boina transférèrent leur capitale de l’ile  d’Antsoriboro à Marovoay située à 100 km. De tout temps, on  a prêté à la ville des noms et vertus : ville des fleurs pour les arabes,  ville qui guérit pour les autochtones, Mahajanga était donc  ville royale jusqu’à sa colonisation par les Français. Elle prit alors le nom de Majunga jusqu’à l’indépendance de Madagascar (26 Juin 1960). Entretemps Mahajanga ne tarda pas à devenir un lieu d’échanges entre Madagascar, le littoral africain et le Moyen-Orient. Après la disparition mystérieuse de son souverain en 1780, Mahajanga rejoint le royaume du Roi Merina Radama 1er.

vaisseauFrenchTroops Madagasgar

En 1893 des troupes françaises avaient déjà débarquées à Majunga-Diego et Tamatave et la France décida alors une véritable conquête et occupation militaire.

En 1895, les Français décident d’en faire leur base d’opérations pour le corps expéditionnaire de 15.000 hommes et 7.000 convoyeurs (commandé par le Général Duschene)qui allait, deux ans plus tard, transformer Madagascar en protectorat.
Les Français n’ont pas été les seuls à y trouver un atout stratégique de première importance ; les Indiens, les Arabes et plus tard les chinois ainsi que des habitants des Comores s’intéressèrent  à cette ville qui compte actuellement plus de 200 000 habitants.
Toujours cosmopolite, Mahajanga l’est restée jusqu’à ce jour.Outre les dix-huit ethnies représentées sur l’île, elle draine les touristes du monde entier attirés par l’éclat du ciel, la beauté de ses plages,les couleurs du paysage, la mer sur lequel se détachent des boutres multicolores à voile latine, la végétation luxuriante de sa côte et de ses mangroves, son ensoleillement exceptionnel et surtout l’accueil spontané et chaleureux de ses habitants,propre à ceux de toute l’ile. Longeant le front de mer et la vieille ville, l’agréable corniche, promenade préférée des habitants de Majunga en fin de journée, est ponctuée par un gigantesque baobab de 14m de circonférence, qui aurait plus de 700 ans.

Majunga (Mahajanga) "Cité des fleurs de la déformation de Mji Angaïa"

Qui guérit de Mahajanga "Terre sacrée, terre d’élection de Moudzangayéh"
 
Située à l’embouchure du fleuve Betsiboka en bordure de la baie de Bombetoka, Majunga est au centre d’un creuset d’influences africaines et orientales, grâce aux liens commerciaux tissés depuis des siècles entre les populations Sakalava et celles venant des îles Comores, d’Afrique, d’Inde mais aussi d’Europe. L’influence coloniale a laissé une forte empreinte architecturale avec ses bâtisses imposantes aux hautes colonnes et blanchies à la chaux. Majunga, c’est ainsi une multitude d’images qui se juxtaposent : ses mosquées d’un blanc immaculé, son quartier indien et ses maisons aux portes sculptées, son port où s’affairent débardeurs et commerçants, tireurs de pousse-pousse volubiles, femmes en pagnes colorés affairées au “bazary”, le marché.
 
L’origine de la ville serait liée à l’implantation d’une population “Antalaotra” (terme désignant les populations qui viennent d’au-delà des mers et par extension Arabes, Comoriens ou Indiens), qui avait établi des comptoirs commerciaux sur la côte Ouest de Madagascar (dont celui de Langany dans la baie de Mahajamba) et qui s’installa à l’embouchure de la Betsiboka vers 1715 et la nomma “Moadzangaïe” ou 
“Mji Angaïa” qui signifie “la cité de fleurs” en langage Antalaotra. Au cours du XVIIIe siècle, bien que faisant partie du royaume Sakalava du “Boina”, la cité jouissait d’un statut autonome particulier (sorte de “comptoir franc”). Au début du XIXe siècle, Radama1er entreprit la conquête du Boina et combattît à plusieurs reprises les troupes du roi Andriantsoli. La population Antalaotra prit la fuite et s’embarqua à Katsepy à destination de la côte africaine et des îles Comores. Le roi Sakalava Andriantsoli se retira avec sa population jusqu’aux abords de la Mahajamba après avoir incendié volontairement la ville. En 1883, la ville fut prise par les Français et en 1895 le corps expéditionnaire y débarqua avant de remonter vers Tananarive. 
 
Second port de Madagascar et premier port de la côte Ouest, Majunga a une vocation commerciale tournée vers l’extérieur. Les produits locaux essentiellement d’origine agricoles y sont traités pour y être exportés ou destinés au marché intérieur. La ville compte quelques industries: une usine textile, des abattoirs (normes C.E.E.), des pêcheries (crevette, thon, langouste) avec une flotte étrangère importante et plusieurs usines de stockage et de conditionnement, cimenterie, usine sucrière (Namakia). 
 
 
Le baobab
Situé au milieu du square Poincaré. Cet immense baobab originaire d’Afrique (Adansonia digitata) est devenu le symbole vivant de la ville.
 





 
Le port aux boutres
Noix de coco en tas, bottes de raphia d’Analalava, bois de la Mahajamba, encombrent le quai. Les transbordements se font à dos d’homme et une armée de dockers effectuent un va-et-vient incessant entre les cales des navires et les dépôts. Les imposantes goélettes de construction traditionnelle laissent entrevoir leurs poulies de renvoi en bois, cordages en fibres naturelles et leurs voiles en coton souvent rapiécées et usées par le soleil et les coups de tabac dûs au “Varatraza” (vent violent soufflant dans la région). Le cuistot prépare le repas de l’équipage au charbon de bois dans une petite cabane aménagée. Ces bâtiments semblent sortir tout droit d’une autre époque, pourtant boutres et goélettes sont encore aujourd’hui largement utilisées sur l’ensemble de la côte ouest de Madagascar. Il est conseillé de visiter le port le matin, car c’est à ce moment là qu’il y a le plus d’animation.




 
Les anciennes maisons arabes aux façades ouvragées
Les portes sculptées des bâtisses des commerçants indiens 
Ces portes auraient été importées des Indes à la fin du XIXe siècle. Elles sont visibles surtout dans le quartier du port aux boutres.
 
La promenade en corniche
C’est la promenade traditionnelle de fin de journée le long du boulevard Poincaré et en corniche. On y vient nombreux, pour flâner en profitant des magnifiques couchers de soleil et se retrouver entre amis ou en famille. Pour les amoureux, le jardin d’amour situé à la pointe du caïman domine l’ensemble de la baie du Bombetoka. La promenade peut se prolonger jusqu’au “Port Schneider” dont la jetée est le vestige d’un projet de port. On peut également poursuivre en direction du village touristique.


 
La plage d’Amborovy (10 km env.)
Grande plage où se côtoient village traditionnel de pêcheurs (nombreuses pirogues) et bungalows de villégiature. 
Accès : prendre la route de l’aéroport, puis suivre une piste à gauche (panneaux indicateur) qui débouche en bordure de mer. 
 
Le cirque rouge
Après avoir quitté le bord de plage, on se retrouve soudain entouré de petites collines de latérite où de larges ravines ont été creusées par l’érosion. Les différentes couches successives se distinguent par une gamme de teintes pastels, ocres et sanguines. Le silence du site n’est troublé que par le souffle du vent dans les feuillages des ravenala (arbre du voyageur) dont la verdure tranche sur l’azur du ciel. 
Certaines femmes utilisent les diverses couleurs de sable et de terres pour réaliser à la main de magnifiques bouteilles colorées, composées de motifs locaux. Se renseigner au village d’Amborovy. 
Accès : à partir de la plage d’Amborovy, suivre la piste côtière en direction du nord durant 2 km environ.
 
Le lac de Mangatsa
“Micro lac” avec une eau transparente où se sont développés en toute quiétude des “poissons sacrés” que l’on n’a pas le droit de pécher mais on peut leur donner à manger. Accès : à partir de l’aéroport d’Amborovy prendre la piste qui contourne le terrain d’aviation.
 
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Date de dernière mise à jour : lundi, 06 Mars 2017

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