TAMATAVE

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Le sieur de Flacourt est le premier à mentionner Tamatave en 1655

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com)

Toamasina qui signifie "qui semble salé" en malgache (ou Tamatave nom francisé) est une grande ville de l'Est de Madagascar, chef-lieu éponyme de la province de Toamasina et de la région de l'Est, située à 353 km au nord-est de la capitale, Antananarivo. Son aire urbaine est estimée à 300 813 habitants en 2014.

Géographie

Le climat est de type subéquatorial : températures chaudes et des pluies fréquentes tout au long de l'année (avec pour Tamatave une température moyenne de 24 °C pour 3 500 mm de pluie par an1).

De janvier à avril, la saison chaude est rythmée par les cyclones qui peuvent parfois être extrêmement violents. Au niveau éolien l'alizé, vent des régions intertropicales, souffle presque toute l'année.

Toponymie

Sur les cartes dessinées par les Européens du XVIIe siècle apparaît le nom de Port-aux-Prunes. De nos jours, le nom d'Île-aux-Prunes est porté par un îlot inhabité à 10 milles nautiques au NNE de Tamatave et sur lequel se trouve un phare.

Le sieur de Flacourt est le premier à mentionner Tamatave en 1655, dans son ouvrage Histoire de la grande île Madagascar :

« Depuis la baie d'Antongil que l'on nomme ici Manghabei, jusqu'au Port-aux-Prunes, qu'ils [les Malgaches] nomment Tamatavy ».

Au cours du XVIIIe siècle ces deux noms de Port-aux-Prunes ou Tametavi figurent sur les cartes, avec parfois une variante : Port-Tametavi.

Sur la Chart of part of the east coast of Madagascar, établie par le chevalier Grenier en 1768 et publiée en 1782 à Londres, figure pour la première fois le nom de la ville sous sa forme actuelle, Toamasina. Ce nom remplace définitivement celui de « Port-aux-Prunes », qui n'apparaît plus par la suite en cartographie.

Quant au toponyme malgache Toamasina, il ne semble apparaître dans aucun document d'origine européenne avant Histoire et géographie de Madagascar de Henry Descamps (1884). L'interprétation traditionnelle de ce nom est la suivante : le roi merina des Hauts-Plateaux, Radama Ier, découvrant la mer pour la première fois lors de sa conquête de Madagascar, aurait porté un peu d'eau à sa bouche et se serait exclamé : « Toa masina ! » (« C'est salé ! »).

Si la ville (et la province) porte officiellement le seul nom de Toamasina, le nom français de Tamatave est toujours autant utilisé.

Histoire

 
Furente procurat vento

De par sa situation géographique : coincée entre d'un côté l’océan, territoire des requins et de l’autre les lagunes et marais la rendant difficile d'accès depuis l'intérieur des terres, Tamatave a d'abord été connue sous le sobriquet de « tombeau des Européens ».

La ville prend son essor sous le règne de Radama Ier (1816-1828) qui l’utilise comme plateforme commerciale pour la traite des esclaves avec les puissances occidentales.

Avec la colonisation française à la fin du XIXe siècle elle devient, au détriment de Mahajanga, le premier port de l’île et donc la principale fenêtre maritime du pays. La majorité du commerce avec les Anglais transite alors par Toamasina.

Mais, résultat de constructions sommaires et fragiles, la ville est presque totalement détruite par le cyclone du .

La volonté de ces habitants et une aide financière conséquente de l’île Maurice permettront de reconstruire une ville plus moderne et organisée. La ville doit à cette période coloniale son plan en damier s'ouvrant sur la mer par la place de l'Indépendance.

En 1929, le premier port en eau profonde permettant de décharger directement à terre marchandises et passagers est construit par un consortium franco-allemand.

Aujourd'hui Toamasina est la deuxième ville de Madagascar et le premier port de l’île.

Politique et administration

Situation administrative

Tamatave est la capitale de la région de l'Est.

Jumelage

Population et société

Démographie

Toamasina est une ville cosmopolite. Elle est majoritairement peuplée par les betsimisaraka. En plus des autres ethnies de l'île, elle abrite aussi une très importante communauté chinoise (le plus souvent métissée), indo-pakistanaises, ainsi qu'une minorité européenne.

Avec une population de plus de 200 000 habitants (estimations 2005), elle est la deuxième agglomération de Madagascar, derrière la capitale, Antananarivo devant Antsirabe et Fianarantsoa.

Religion

Toamasina est le siège d'un archevêché catholique, l'archidiocèse de Toamasina.

Économie

 
Grues du port de Tamatave.

Industrie et ressources minières

Capitale de l’Est, au débouché du canal des Pangalanes (axe majeur de transport des marchandises le long de la côte Est malgache), Toamasina possède une importante raffinerie de pétrole assurant l’approvisionnement de la capitale. Son port est le principal port de mer de Madagascar. Il exporte les produits des cultures commerciales de la région : vanille, girofle, café.

Depuis 2007, un grand projet minier conduit par un consortium étranger a métamorphosé l'économie de la région. Le projet Ambatovy (Sherritt, SNC Lavallin, Sumitomo Corporation), en plus d'avoir réduit sensiblement le taux de chômage, a réhabilité plusieurs infrastructures.

Coopération et humanitaire

Une association humanitaire française, Ô Bout du Monde, créée en 2006 à Questembert (56-Morbihan), appartenant au SEMIL, a créé des liens forts avec des locaux en rénovant un refuge pour les enfants de la rue et va bientôt revenir sur le terrain en 2010 pour continuer son action mais cette fois-ci sur un autre plan d'action, une rénovation d'un autre établissement dans la ville de Tamatave.

Depuis 2004, la ville accueille le siège du Programme de promotion des revenus ruraux [archive] (PPRR) financé par le Fonds international pour le développement agricole [archive] (FIDA).

Ce programme, d'une durée de vie de huit ans, englobe les régions de l'Est et d'Analanjirofo et a pour objectif de réduire la pauvreté rurale par l'accroissement des revenus des producteurs et le renforcement des communautés de base à prendre en charge leur développement.

Dans la partie Est de Madagascar, plus de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté2.

Transports

La ville est desservie par l'aérodrome de Tamatave.

Patrimoine3

 
Plage de Foulpointe.

Canal des Pangalanes

Le canal des Pangalanes est un canal de l'est de Madagascar construit au XXe siècle. Long de 700 kilomètres, il relie Farafangana à Tamatave, ville portuaire constituant son débouché.

Un ouvrage colonial

Depuis 1960 et la fin de la décolonisation, Madagascar a tenté de préserver une partie des constructions des colons français, présents six décennies dans le pays et qui ont construit des routes, des villes, des ponts et l’un de ses plus beaux ouvrages, le canal des Pangalanes. Bâti à l’origine pour exercer un meilleur contrôle administratif et militaire sur la région, ce canal, construit en 1896 par le général français Galliéni est une voie de 665 km reliant des lacs, des lagunes et des rivières navigables, de Foulpointe à Farafangana.

Sa construction permettait de pallier les problèmes de navigation fréquemment rencontrés par la marine marchande et militaire sur la côte est de l’île de Madagascar : le cabotage y était en effet très dangereux à cause de la présence de récifs, de courants importants et de hautes vagues formées par la rencontre de l’Océan Indien et du continent africain. À cet endroit, épaves et requins se comptent en grand nombre, rendant dangereuse la baignade le long de la côte sud-est, baptisée « la côte des cyclones ».

À travers les marécages sinueux, le canal offrit une voie de transport rapide pour les marchandises ce qui entraîna l’installation de nombreux villages sur ses rives. Après l’époque coloniale, son entretien ne fut pas poursuivi et le canal, creusé dans le sable, s’effondrait régulièrement. La voie d’eau s’est alors rapidement retrouvée envahie par de larges nénuphars, des jacinthes d’eau, couvrant en partie sa surface et rendant laborieuse l’avancée des embarcations. Il sombra pendant 20 ans dans l’oubli, ses ponts et voies ferrées furent laissés à l’abandon.

Le canal aujourd'hui

À la fin des années 1980, cet ouvrage connut un sursaut de considération. Le gouvernement malgache entreprit des travaux pour rendre le canal à nouveau navigable, de la gare fluviale de Tamatave à celle de Mananjary, 420 km plus au sud. Si les navires ne peuvent l’emprunter aujourd’hui à cause de l’irrégularité de sa profondeur (due à la rencontre d’affluents chargés de sable qui surélèvent ses fonds par endroits), il profite aux pirogues et autres chalands qui transportent leurs marchandises (paniers tressés de jonc, produits maraîchers, canne à sucre, café, girofle, poivre) entre les villages, parfois sur des embarcations singulières comme la pirogue monoxyle, un tronc d'arbre évidé et propulsé à la pagaie, ou le radeau de bambou, poussé à l’aide d’une perche.

Si le tronçon nord du canal est très fréquenté par les pirogues transportant passagers et provisions en direction du grand port de Toamasina, la partie sud l’est beaucoup moins. Elle est composée d’une succession de petits canaux reliant entre eux des lacs à la végétation abondante (Ampitabe, Akanin'ny Nofy) et où pousse l’arbre phare de Madagascar, Ravinala, « l'arbre à voyageur », symbole du pays, facilement reconnaissable à ses feuilles en éventail. Le long des canaux se trouvent des villages isolés, faits de cases traditionnelles sur pilotis ou en torchis. Ses habitants vivent en grande partie grâce à la voie d’eau en vendant du poisson et des produits artisanaux aux bateaux de passage. Les bateliers font le lien entre ces différentes communautés et les villes, assurant la livraison de colis et provisions aux habitants des berges, honorant des commandes passées oralement lors de leur précédent passage, parfois plusieurs semaines auparavant.

Un projet de valorisation et de sauvegarde du canal des Pangalanes a fait l’objet d’une convention de coopération bilatérale maroco-malgache mettant en partenariat l’agence marocaine Marchica MED S.A et le Gouvernement de Madagascar et ce, le 21 novembre 2016 au palais présidentiel à Antananarivo1.

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Date de dernière mise à jour : lundi, 06 Mars 2017

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