Royaume Sakalava

wikipedia.jpgdada.jpg       Peuple Noir: Les Sakalava

Sakala3

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Sakalava

Qui sont les Sakalava ?

     Sakalava signifie « ceux des grandes vallées », néanmoins sa véritable signification fait encore l’objet de controverse. Ainsi, les traditions merina font état de multiples harcèlements de bandes sakalava contre leurs villages dès le XVIIe siècle et durant le siècle suivant ; pour autant, on ne peut pas s’assurer que ces bandes avaient un rapport direct avec les habitants des royaumes de la côte. En fait, le terme « sakalava » désignerait plutôt toute population nomadisant dans les territoires peu habités entre le pays merina et le littoral occidental de l’île.

     Les malagasy, la population de l’île de Madagascar, comme toute autre population des autres pays du Monde, sont formés par différents groupes ethniques. Pourtant, l’une de leurs particularités, c’est la ressemblance plus ou moins accentuée de chaque dialecte existant qui fait que chacun se comprend parfaitement. La population malagasy est ainsi formée par 18 grandes tribus, réparties dans tout Madagascar et chaque groupe est généralement subdivisé en de petits groupes.

Parmi eux existent les Sakalava, une ethnie qui présente aussi ses particularités et constituée jusqu’alors dans la Royauté dont la liste généalogique des rois est parfaitement conservée. C’étaient alors les princes Maroserana ou Maroseranana qui furent les fondateurs du Royaume Sakalava. Ce « prince blanc », comme on l’a surnommé, géra son Royaume par la mise en place d’une administration territoriale et d’institutions monarchiques durables au sein desquelles il avait mené une politique de conquête par les armes ou par alliance matrimoniale. Il est à noter au passage que le véritable fondateur de la puissance Sakalava était le roi Andriamisara. En fait, les Sakalava ne sont pas des peuples de même origine. Ainsi, les principales familles Sakalava venaient de la province d’Isaka, située sur la côte sud-est de Madagascar, avant leur migration successive jusqu’à leur installation définitive dans la partie Ouest de Madagascar. Ils se sont constitués vers la seconde partie du VIIème siècle par diverses ethnies arabes, musulmanes et indonésiennes, ce qui explique déjà l’hétérogénéïté de leur population.
En outre, la culture ainsi que le plan linguistique différencie également la population malgré le fait qu’ils appartiennent à la partie occidentale. Etymologiquement, le mot « sakalava », qui peut être traduit en « ceux des grandes vallées « , présente aussi une controverse entre les groupes et le plus significatif, c’est le processus de chaque groupe au sein de la puissance sakalava qui prouve également la non-homogénéïté de la population.
Pourtant, ce qui leur rend homogène, c’est leur croyance particulière conservée et regroupée dans ce que l’on appelle « les dix points essentiels » basés sur le respect de la puissance supérieure, des astres, des ancêtres, des Ray amandReny, du fihavanana, et de tout homme partagé en monde humain et en monde des divinités, etc. La population sakalava occupe la partie occidentale et elle est essentiellement divisée en deux grands royaumes : l’un des deux est associé à la lignée du Menabe et qui s’est constitué au cours du XVIIème siècle par Andriamandisoarivo, son fondateur, qui n’est autre que le fils du « prince blanc » après la mort de ce dernier et le second qui est le plus récent à la dynastie du Boina. Le premier peut être considéré comme une des plus grandes communautés ethniques de Madagascar.
Sa capitale Morondava où la population vit de la pêche et de la culture est très exceptionnelle et inspire la croyance sakalava, à commencer par la conception des tombeaux construits principalement en bois et décorés par des arts funéraires (des statues érotiques) très fascinants marquant le rang social et la vie du défunt, et constituant une source de curiosité surtout pour les touristes. Il y aussi les différents rites (ou fomba), les us et les coutumes qui leur sont propres telle que le « fitampoha  » ou bain des reliques royales pour les Sakalava de Menabe.
Cette tradition se pratique tous les dix ans à Belo sur Tsiribihina : un rituel de réaffirmation de la communion avec des ancêtres royaux et marquant l’existence d’une relation étroite entre les morts et les vivants, selon toujours leur croyance, et fait l’objet de la vie quotidienne de la population. Il y aussi le « tromba », un rituel qui requiert la participation les souverains défunts sources de conseils et autres messages délivrés par l’intermédiaire du « mpiroro » qui n’est autre que le devin au centre de la cérémonie et des « sazoky » (possédés royaux). Pourtant, cette partie de la communauté sakalava pratique deux religions différentes : l’islam sunnite et le protestantisme luthérien, qui malgré leur différence arrivent à vivre en harmonie.
Actuellement, ces arts funéraires sakalava, l’un des principaux attraits touristiques surtout dans le royaume du Menabe, dans la partie de Morondava, font l’objet d’une protection stricte à cause des vols effectués par certains touristes. Au quotidien, les sakalava sont des agro- pasteurs dont leurs ressources sont essentiellement basées dans l’élevage de zébus et dans la culture vivrière comme le riz, le maïs et le manioc.

La généalogie de ses rois est bien conservée, ce qui n’est pas commun.

Le fondateur du royaume

Les royaumes de Madagascar

A partir du XVIème siècle, clans et chefferies forment de multiples royaumes. Trois d’entre eux, servis par leur dynamisme commercial et des rois ambitieux, se distinguent par leur expansion territoriale : dans l’Ouest les Sakalava, dans l’Est les Betsimisaraka et au centre les Merina.

Le premier royaume Sakalava débute à la fin du XVIème siècle, les Maroseraña, dynastie établie depuis deux siècles dans le Sud-Ouest, donnent naissance au royaume du Menabe en étendant leur territoire aux plaines de l’Ouest et en installant leur nouvelle capitale au bord de la Saka, affluent du Mangoky. Andriamisara puis Andriandahifotsy (1610-1685) dotent le Menabe d’une administration territoriale et d’instructions durables tout en menant une politique de conquête. Des querelles de succession amènent le fils cadet d’Andriandahifotsy à émigrer dans le Nord-Ouest pour fonder le royaume du Boina près de Mahajanga. Ce deuxième royaume Sakalava étend bientôt son contrôle à la pointe nord et nord-est de l’île. A la fin du XVIIIème siècle, la dynastie Maroseraña contrôle ainsi plus du tiers de la Grande Île : maître des ports de la côte ouest, elle monopolise le commerce des armes à feu et la traite alimentée par des razzias dans l'intérieur. Divisés par des rivalités familiales, le Menabe et le Boina subiront les premières attaques de leurs voisins Merina au début du XIXème siècle.

Le fondateur du royaume Sakalava fut le prince Maroserana ou Maroseranana. Surnommé le « prince blanc« , il mit en place une administration territoriale et d’institutions monarchiques durables, au sein desquelles il avait mené une politique de conquêtes, soit armées soit par alliances matrimoniales.

Notons au passage que le vrai fondateur du royaume Sakalava était le roi Andriamisara. En fait, le peuple Sakalava a des origines diverses : la plupart venaient de la province d’Isaka, sur la côte sud-est, et se sont installés progressivement dans la partie ouest.  Au VIIe siècle, ils ont été constitués par des ethnies arabes, musulmanes et indonésiennes, d’où leur hétérogénéité et leur peau plus claire, expliquant l’appellation de prince blanc pour le prince Maroserana.

Ils occupent donc la partie ouest de la grande île, et se divisent en deux grands royaumes :

- l’un est associé à la lignée de Menabe, vers le sud, dont le fondateur est le petit-fils d’Andriamisara. C’est l’une des plus grandes communautés ethniques de Madagascar ;

- l’autre est associé à la dynastie du Boina, plus au nord et plus récent, et serait dû au frère cadet du fondateur de la lignée de Menabe. Il aurait fondé la ville de Mahajanga.

Les dix points essentiels

Ce qui les rend homogène, c’est leur croyance particulière conservée et regroupée dans « les dix points essentiels » : ils sont basés sur le respect de la puissance supérieure, des astres, des ancêtres, du fihavanana, et dans le fait que tout homme est partagé entre monde humain et monde des divinités.

Une capitale exceptionnelle

Sa capitale Morondava est exceptionnelle et inspire la croyance sakalava par ses tombeaux construits principalement en bois et décorés d’arts funéraires, tels que des statues érotiques, fascinants : ils marquent le rang social et la vie du défunt, véritable source de curiosité pour les touristes. Il y a également les différents rites (ou fomba), les us et coutumes qui leur sont propres, comme le « fitampoha » : bain des reliques royales pour les Sakalava de Menabe.

Un rituel qui se perpétue tous les dix ans à Belo sur Tsiribihina : il s’agit de réaffirmer la communion avec les ancêtres royaux, ce qui sous-tend l’existence d’un lien étroit entre les morts et les vivants dans la vie quotidienne.

Le « tromba » requiert la participation des souverains défunts, sources de conseils et messages délivrés par un devin de la cérémonie, le « mpiroro ».

Malgré ces traditions, les Sakalava pratiquent deux religions : l’islam sunnite et le protestantisme luthérien qui vivent en harmonie les uns avec les autres.

Depuis que certains touristes ont volé des arts funéraires sakalava, une protection stricte a été mise en place.

Les bijoux en or sont réservés aux membres royaux, aussi les bracelets en argent sont très répandus. Ils sont obtenus à partir de la fonte d’anciennes pièces de 5 francs en argent et chargés de pouvoirs bénéfiques au cours d’une cérémonie rituelle. Certaines des pièces d’argent offertes au roi en guise de remerciement servent à confectionner des chaînes de 3 à 4 mètres de longueur, que l’on utilise pour fermer les cercueils des princes.

Les Sakalava mettaient leurs objets précieux dans une urne de pierre taillée, enterrée ensuite à proximité de la case, pour préserver ces valeurs des pilleurs ou des pirates. C’est dire l’insécurité de l’époque….

Les Sakalava sont un peuple agro-pasteur dont les ressources s’appuient essentiellement sur l’élevage des zébus et dans la culture vivrière comme le riz, le maïs et le manioc.

Un long conflit entre les Merina et les Sakalava

Le royaume du Menabe attise depuis longtemps la convoitise des souverains Merina.

Le roi Andrianampoinimerina, souverain des Merina, ayant terminé la pacification et la réorganisation de l’Imerina, convoite alors le royaume sakalava du sud, dirigé par le roi Miakala. En effet, les Sakalava, qui sont de grands guerriers, entretiennent de bonnes relations avec les Blancs menaçant leur souveraineté à l’Ouest. Le roi des Merina veut négocier pour que son « ennemi » devienne « son enfant », par l’entremise d’émissaires. Trois volontaires se désignent pour cette mission.

Quelques chefs claniques sakalava acceptent l’allégeance au roi Miakala, et pour cela vont à Antananarivo afin de signer un traité pacifique. Les deux peuples vivent donc en paix jusqu’en 1810, au moment où Andrianampoinimerina devient fugitif.

En 1812, le roi des Sakalava, Miakala, désigne son fils Ramitraho pour lui succéder. Commence alors une longue lutte contre ses deux frères Olitasy et Kelisambay. Environ à cette même période, Radama 1er (fils du roi Andrianampoinimerina) mène quatre expéditions successives dans le Menabe. Le deux frères vaincus se séparent : Olitasy rejoint Radama et l’accompagne en Imerina, Kelisambay se retire à Mahovazo.

Lors des première et deuxième expédition, Radama ne retrouve pas Ramitraho, le successeur en titre du Sakalava Miakala, qui se déplace très rapidement ! Le troisième expédition, en plein hiver, est désastreuse pour Radama. Ses hommes meurent à la guerre, et les survivants meurent de faim, poursuivant vainement à la trace, à travers le Menabe, le roi sakalava toujours en fuite.

Alors Olitasy, qui craint les représailles de son frère recherché, passe dans le camp des Hova de Radama. Il lui sera d’ailleurs très utile, car sous le nom de Raholatra, il servira de guide à l’armée merina lors de la quatrième expédition (1821-1822).

Kelisambay, quant à lui, se réconcilie avec Ramitraho et fait front commun avec lui contre les troupes de Radama. La guerre se termine avec la victoire de Radama, près de Mahabo, capitale du Menabe. Cette victoire fut consacrée par l’union de Radama avec Rasalimo, la fille de Ramitraho, et par un traité qui autorise les Hova à commercer librement dans tout le Menabe.

Cependant, le rusé et tenace Ramitraho ne veut pas se considérer comme vaincu : en 1825, il fait molester, par les soldats sakalava, les colons merina envoyés par Radama. De là découle la dernière expédition de ce dernier, supérieure en nombre. Face à son échec évident, Ramitraho rejette la faute sur un de ses neveux, mort dans une escarmouche, et fait un nouveau geste de soumission au roi d’Antananarivo auprès duquel il envoie un ambassadeur.

Mais sa rancoeur n’est toujours pas apaisée : après la mort de Radama en 1828, Ramitraho s’allie à nouveau avec Kelisambay pour attaquer une seconde fois les colons merina : son frère et ses hommes s’occupent de lyncher ceux installés plus au nord, lui-même s’attaque avec ses troupes à ceux résidant dans la région.

Ramitraho trouve la mort au cours de cette longue bataille pour l’indépendance de son territoire, en 1834. La coutume sakalava lui attribue alors le nom de Andriamahatantiarivo.

Introduction

  Le territoire Sakalava s'étend entre le fleuve Manhoky au sud, les hauteurs de l'Isalo, du Makay et du Bongolava à l'est. le fleuve Sambirano au nord et la mer à l'ouest. Il y avait deux royaumes Sakalava, qui étaient des confédérations de petits états, le Menabe dans le sud et le Boina au nord.

    Le Menabe s'étend entre le fleuve Mangoky au sud et le fleuve Manambolo au Nord.

    Les deux royaumes sakalava sont administrés par les membres d'une seule dynastie, celle des Maroseranana, à laquelle appartiennent les Zafimbolamena, les Zafimbolafotsy ainsi que les Bemihisatra et les Bemazava.

    Les Maroseranana venaient du pays Mahafaly et descendaient des ancêtres suivants : Ravaomena, qui eut deux fils, Ravaofotsy et bararatavokoke. Bararatavokoke eut trois fils : Andriantsionda, qui s'établit à Tsiately au pays Bara, Andriambarindry qui s'établit dans le Melaky au nord de Tsirihihina et Andriamandazoala qui s'établit sur les bords du fleuve Mangoky.

    Les clans qui étaient alliés avec les Maroseranana étaient les Andrambe, qui venaient de l'est, les Tambahy venant du Barabe, les Misara qui venaient de Manarivo, du tsiribihina et du Manambolo.

    Le territoire sakalava comprend cinq grandes régions : le Menabe, le Melaky, Ambongo, Boina, Ampasindava, Sambirano, Nosy-Be et les îles qui l'entourent.

    Les Sakalava sont un groupe ethnique ou plutôt culturel de Madagascar occupant la majeure partie de la frange côtière occidentale de l'île, depuis la région de Tuléar au sud jusque dans la région du Sambirano au nord. En fait, les Sakalava ne constituent pas vraiment un peuple homogène mais un ensemble d'ethnies diverses ayant fait partie d'un ancien empire apparu dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Le royaume Sakalava

    D'après les traditions, les chefs de clans (andriana)fondateurs du royaume sakalava étaient les princes maroseraña ou maroseranana (ceux possédant de nombreux ports) de la région de Fiherenana, actuel Tuléar. Ces derniers seraient eux-mêmes issus des clans zafiraminia du sud-est de l'île que beaucoup considèrent comme des Blancs, peut-être d'origine arabe. Toujours est-il qu'en contact avec les traitants européens dont ils obtiennent des armes, en échange avant tout des esclaves, ils soumettent rapidement les autres princes du voisinage, à commencer par ceux du sud, en zone mahafaly. Le véritable fondateur de la puissance sakalava était Andriamisara dont le fils, Andriandahifotsy (« le Prince blanc ») étend ensuite l'autorité vers le nord jusqu'au-delà du Mangoky. À leur tour, les deux successeurs de ce dernier, Andriamanetiarivo et Andriamandisoarivo poursuivent leur conquête jusque dans la région de Tsongay, actuel Majunga. Dès cependant cette époque, l'unité de l'empire se brise, à un royaume du sud ou Menabe s'oppose le Boina du nord. Par la suite, le morcellement continue encore, malgré une extension de la puissance des princes du Boina jusque dans l'extrême nord, en pays antankarana.

Son processus de formation permet ainsi d'expliquer la grande diversité du monde sakalava dont les diverses parties continuent partout à perpétuer les particularités d'origine de chaque région, que ce soit du point de vue culturel ou linguistique. Sur ce dernier plan, le seul véritable facteur qui unifie les différents 'dialectes' sakalava est leur commune appartenance au sous-groupe occidental des langues de Madagascar, les distinguant des langues du centre et du littoral oriental.

L'origine même du nom sakalava, ainsi d'ailleurs que sa véritable signification, fait encore l'objet de controverses. Ainsi, les traditions merina font état de multiples harcèlement de bandes sakalava contre leurs villages dès le XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle, mais sans que l'on puisse s'assurer que ces dernières avaient un rapport direct avec les habitants des royaumes de la côte. En fait, il semblerait surtout que dans ce cas, ce terme servait d'appellation générique pour désigner toutes les populations nomadisant dans les territoires peu habités entre le pays merina et le littoral occidental de l'île.

Les dix points essentiels des croyances sakalava

     01. Les Sakalava conçoivent le Cosmos comme une unité qui englobe à la fois le monde visible et le monde invisible, le monde des Humains et le monde des Divinités. Le monde visible ne fait que reproduire sur différents plans les archétypes qui l'organisent. Sans être statique, cette réalité indivise de l'univers est pensée comme accomplie dans son essence.
     02. Il est une Puissance supérieure, Source et Principe de toute Vie, Créatrice de tout ce qui existe, Maître de l'Univers, à l'origine de l'humanité. Elle constitue une entité corporative qui remplit le Cosmos dont elle est l'Organisatrice, le Support, et porte le nom générique de Zañahary.
     03. Les Sakalava honorent les Ancêtres, Razaña, qui sont promus au rang de la Divinité. Ils sont également considérés comme source de Vie et traités comme intercesseurs des vivants auprès de Zañahary.
     04. Les différents Esprits-tromba, les tiñy, Génies de l'Eau et du Feu, les Génies de l'Air et de la Terre, appartiennent à la formation des Puissances ouraniennes, telluriques et chtoniennes. Agonistes ou Antagonistes de la Puissance divine dans le monde et le cosmos, elles peuvent être, selon les cas, bénéfiques ou maléfiques.
     05. Les setoany, satans, et les njary nintsy, mauvais esprits, les lolo raty, les lolo vokatra et les boribe, fantômes, revenants et esprits errants, ainsi que les tromba raty, quintessence de toutes les puissances du Mal, forment la catégorie maléfique des Esprits que manipulent constamment les ampamoriky sorciers, au détriment de la société.
     06. Les Ministres sacrés et les Fonctionnaires du Culte, que sont le devin Ampisikidy et le médium Saha, l'astrologue Ampanara-bintana et le guérisseur Moasy, le roi Ampanjaka et l'orant Ampijoro, passent pour des Zañaharin-tany, dieux sur terre, et constituent des substituts de la Divinité qui vivent parmi les hommes et des médiateurs entre le Monde visible et le Monde invisible.
     07. Les Sakalava pensent que les aody, médications sacrées, remèdes, charmes et objets prophylaxiques, sont nantis de vertus efficaces capables de protéger la Vie heñy ou fahiñana, dé préserver des malheurs et de guérir diverses maladies aretiñy, sans oublier qu'ils peuvent aussi provoquer la Mort fahafatesana.
     08. Les Ray-aman-dreny, parents et personnes âgées, se présentent comme l'image du couple Soleil et Lune et passent pour la source naturelle et matérielle de la Vie. En édictant des normes, qui sont codifiées dans les traditions fomba et les interdits fady, ils garantissent la perpétuation de la vie sociale.
     09. Le fihavanana, consanguinité, convivialité, solidarité et relations interpersonnelles, a pour objectif premier de toujours épanouir le heny, la Vie dans toutes ses dimensions, physique, psychologique et éthique au moyen du fañahy, conscience morale et instance suprême de tout l'agir.
     10. Il existe une relation dialectique et permanente dans un mouvement cyclique entre le monde des humains et celui des ancêtres et de la Divinité, dont la dynamique et le passage symbolique s'opèrent par la célébration des Rites que sont les Joro et le Tromba, tandis que le passage ontologique se réalise au travers de la Naissance et de la Mort.

Généalogie des rois sakalava du Nord de Madagascar

Les princes sakalava régnants appartenant à la dynastie des Zafimbolamena Bemihisafra

    - Andriandahifotsy (1600-1680), Andriamaneniarivo.
    - Andriamandisoarivo, Tsimnatatona, Mizana (1680-1712).
    - Andriamboeniarivo, Andriantonkafo (1712-1722).
    - Andramahatindriarivo (1722-1742).
    - Andrianahevenarivo (1733?).
    - Ndramanihtnarivo (1742-1749).
    - Ndramarofaly (1749-1770 ou 1780).
    - Ravahiny (1780-1808), Andriavahiny.
    - Tsimaloma (1808-1822).
    - Andriantsoly, Andriamanavakarivo (1822-1836), inhumé à Mayotte.
     • Nosy-Be et Nosy-Komba deviennent protectorat français (05 mars 1841).
    - Oantitsy (1832-1836), soeur du précédent.
    - Tsiomeko (1836-1843), fille de la précédente. Se réfugie à Nosy-Be en 1837. Fin juin 1843 elle mourut en couches. Elle fut inhumée à Mahabo, Nosy-Be dans la plaine de Voririky. Le Commandant Morel accorda à sa dépouille les honneurs d'une garde de 6 Yoloff; par contre, il interdit le meurtre rituel d'esclaves pour arroser la fosse et la tombe de sang humain. Andriamamalikiarivo (fitahiana), inhumée à Ambalarafia avec sajv mainty: Andriamitetiarivo. Elle a laissé avec Doromany de Beramanja (Boba Ankara, son Premier Ministre), un jeune fils, Rano (Andriamanintrana) qui a engendré à son tour Ndriananetry qui enfante Tondroka, Ndramamahagna, gouverneur d'Analalava, père de Soazara et de Ndrantahira ou Ambilahikely (Analalava).
     A sa mort, Rano, son Fils qui lui succéda était encore jeune. Alors, les Sakalava se trouvaient livrés à la discrétion de chefs turbulents et ambitieux, notamment de Sambahy. Bientôt des bandes de pillards, dont certaines venues de l'extérieur, s'étaient formées. Elles s'attaquaient aux postes des traitants et trouvaient refuge en forêt.
     • La proclamation de l'émancipation des esclaves par le Commandant particulier Lamy, en exécution des ordres du Gouvernement provisoire de la République (Française).
     Safy Mozongo (1869-1879) Andriamandrambiarivo, cousine de Tsiomeko, réside à Kisomany, morte en 1880 et inhumée à Nosy-Komba.
Binao (1879-1921) (1895), fille de la précédente, née en 1864 (1880-1923).
     • Madagascar devient colonie française.
     Andriamboniarivo et dans la même tombe Simama: Ndramanarakarivo.
     Amada (1921-1968)
     • 30 mars 1957: élection pirogue et boeuf (réintégration).
     Andriamamatatrarivo (1923-1968), frère de la précédente, née en 1864 à Kisomany.
     • Madagascar entre dans un régime républicain et devient indépendant : (14/10/58 - 26/06/60)
Fatoma (1970) Andriamanaitriarivo (sa fille Kavy: Andrianahirinarivo)
     Amady Andriantsoly (1970-1993), Amada II, destitué par son peuple
     Soulaimana Andriantsoly (1993-1994...)

Boina

Le royaume d' Iboina ou Boina était un royaume malgache fondé vers 1690 et annexé au royaume merina de Madagascar en 1840.

Il était centré dans la région de la baie de Boina dans le nord-ouest de Madagascar. Sa ville principale était Majunga.

Avec le royaume de Ménabé, c'était un des deux royaumes principaux du peuple sakalava.

Liste des rois et reines du Boina

La grande reine Ravahiny et l’apogée du Boina

Elle est contemporaine d’Andrianampoinimerina et régna pendant une trentaine d’années à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXesiècle. C’était l’âge d’or du royaume sakalava du Boina, qui connut à cette époque une ère de prospérité sous l’impulsion des Antalaotra. C’étaient des Arabes et des Comoriens métissés d’Africains qui étaient de très habiles commerçants. Ils firent de Mahajanga un important port commercial en multipliant les échanges avec l’Europe, l’Afrique orientale, les Comores et même les Indes.

Ravahiny entretenait d’excellentes relations avec le roi de l’Imerina à qui elle rendit visite peu avant sa mort. Elle lui offrit à cette occasion, trois canons, 20 fusils et sept barils de poudre. Les échanges de cadeaux étant un décorum aussi vieux que le temps, Andrianampoinimerina offrit en retour à la reine Ravahiny 370 bœufs, 1 500 piastres, 70 lambamena, complétés par une abondante provision pour le voyage du retour.

Cette visite de Ravahiny à Antananarivo est diversement interprétée. Si Andrianampoinimerina voyait là un acte d’allégeance de la reine du Boina, la tradition sakalava considère au contraire que c’est Andrianampoinimerina qui reconnut la suzeraineté de Ravahiny en la recevant. Quoi qu’il en soit, les deux royaumes de taille et d’importances sensiblement égales, préfèrent cultiver la convivialité et les relations de bon voisinage, pour ne pas avoir à s’affronter.

A la mort de Ravahiny, Andrianampoinimerina se fit représenter à ses funérailles grandioses par une lourde délégation de 12 000 hommes et fit don de 400 zébus.

Andrianikimpiana s’opposa à la suzeraineté de Tsimanatona

     Après l’immigration arabe du XVe siècle dans le Nord-Ouest de l’Ile, on ne sait presque plus rien de l’Antakarana jusqu’au XVIIIe siècle. C’est à partir de cette époque que le roi Tsimanatona, conquérant du Boina, fit reconnaitre sa suzeraineté aux Antandrona, famille royale qui gouvernait les parties plus au Sud et plus à l’Est à l’embouchure d’Antanambe. Seul Andrianikimpiana refusa de se soumettre. Lorsqu’il apprit les projets du Roi du Boina, il déplaça sa résidence dans le Nord de l’Ankarana, à Ambatosahana, un refuge implanté sur un massif rocheux d’accès difficile.   C’est là qu’il avait soutenu tous les sièges de ses adversaires. Mais au bout du compte, il ne put s’y maintenir longtemps parce que ses sujets l’abandonnèrent. Il dut s’enfuir chez les Sakalava.

De Ravahiny à Tsiomeko, ou grandeur et déclin du Boina

    Contemporaine d'Andrianampoinimerina, Ravahiny régna sur le trône du Boina pendant une trentaine d'années. Le royaume sakalava connut la prospérité durant le long règne de cette souveraine qui rendit visite à Andrianampoinimerina peu de temps avant sa mort. Elle offrit au roi de l'Imerina 3 canons, 20 fusils, 7 barils de poudre, et reçut pour elle-même et sa suite 370 boeufs, 1500 piastres, 70 lambamena, ainsi que d'abondantes provisions pour le voyage du retour...

    A la mort de la grande souveraine, le roi de l'Imerina envoya une délégation de 1200 hommes et fit don à sa cour de 400 boeufs.

Lamboina reprit le chemin de la vassalité

    A la mort d’Andrianikipiana, c’est le Roi Andriantsirotso qui lui succéda. Mais ce dernier, sous la pression des rois du Boina, s’enfuit et plus tard se soumit au petit fils de Tsimanato,...

Andrianahevenarivo, un roi « exigeant » dans son commerce

Soumis par admin le samedi, 03/02/2013

Ses descendants se succédèrent sur le trône du Boina après la mort d’Andriamandisoarivo (Tsimanato). Ainsi, son fils Andritokafo règna un peu à l’ombre de son géant de père. A sa mort, son fils Andrimahatindiarivo monta à son tour sur le trône et transféra sa capitale à Marovoay. A la mort de ce dernier, c’est à son frère Andrianahevenarivo que le trône revint. Tous ces rois se livrèrent à un intense trafic avec des commerçants et des négriers blancs.

Andrianahevenarivo se distingua de ses prédécesseurs par des exigences qualifiées de « déraisonnables » par ses « partenaires ». Il demandait pas moins de « 4 mousquets, 10 piastres, 4 bambous de poudre, 10 livres de plomb et 100 pierres à fusil par esclave mâle », alors que l’offre des trafiquants est habituellement de « 2 mousquets, 3 livres de poudre, 1 livre de balles et 10 pierres à fusil, ou bien 45 piastres »

Nous verrons lundi comment Andrianahevenarivo, enrichi par ce « commerce », profitait de sa fortune.

Mahajanga (Majunga)

Mahajanga aurait été fondé à la charnière des XVIIè et XVIIIè siècles sous le règne d’Andriamandisoarivo (1685-vers 1718), fils d’Andriandahifotsy et fondateur du royaume Sakalava du Boina.

En quelques décennies, Mahajanga supplanta Tongay, capitale du royaume, pour devenir un comptoir d’échanges actifs avec l’Afrique orientale, le Moyen-Orient et l’Europe.

Le Boina troquait des esclaves, des zébus, de la cire, du riz, du bois de charpente et des pierres précieuses contre des épices, des soieries, des armes et autres produits manufacturés. Ce commerce orchestré par les Antalaotra (« gens de la mer » arabes et comoriens métissés d’Africains) connut son apogée sous la grande Ravahiny (env. 1780-1808).

Mais alors que cette reine Sakalava était en excellents termes avec le roi Andrianampoinimerina, ses successeurs, divisés par des querelles dynastiques, ne surent résister aux visées expansionnistes de leur voisin merina et, en 1824, Radama Ier conquit le Boina et Mahajanga.

Cette occupation suscita toutefois une vive résistance de la part de la population locale – un incendie ravagea la majeure partie de la ville en 1825 – et les troubles ne cessèrent qu’en 1835, quand le roi Sakalava Andriantsoly abdiqua pour se réfugier à Mayotte.

Devenu sultan de cette île des Comores, il la plaça sous protectorat français en 1841 avec Nosy Be, Nosy Faly et Nosy Mitsio.

C’est ainsi que, après avoir accordé leur « protection » à Tsiomeko, la dernière reine Sakalava réfugiée à Nosy Be en 1837, et s’être emparés d’Antsiranana (Diégo-Suarez) en 1885, les Français choisirent de faire de Mahajanga la tête de pont de leur conquête de l’île.

Le 14 janvier 1895, les premiers navires du corps expéditionnaire qui devait atteindre Antananarivo en septembre accostaient dans le port.

Le « Rova »

     L’avenue du Rova, qui grimpe vers la caserne campée sur la colline, s’arrête devant une porte fortifiée, ultime vestige du fort construit en 1824 sur ordre de Ranavalona Ière par le général Ramanetaka, premier gouverneur merina de la région. La porte du rova a été récemment restaurée à l’initiative du Mozea Akiba.

Mahajanga, Terre d'Islam

    Mahajanga ne compte pas moins de vingt mosquées. Ces lieux de culte sont surtout fréquentés par les Karana, bijoutiers, commerçant et petits artisans d’origine indienne.

    Cette communauté musulmane à dominante shiite s’est substituée aux Antalaotra, partis massivement vers Mayotte dans le sillage du roi Sakalava Andriantsoly, en 1835.

    Autres immigrants islamisés, les Comoriens (sunnites), jadis nombreux à Mahajanga, furent évacués en masse au terme d’émeutes sanglantes, en décembre 1976.

    Seul un petit nombre de ces « Sabena » (du nom de la compagnie aérienne qui les rapatria aux Comores) sont revenus depuis.

Nosy-Be

    Jadis, Nosy Be faisait  partie du royaume du Sakalava de Boina. Priviligiée par ses points stratégiques, Marodoka, le village des Indiens est devenu un comptoir pour le  traite  d'esclaves pour les indiens et les pirates portugais  qui s'affairaient  dans la   commercialisation des épices. Actuellement, les vestiges y témoignent de ces présences anciennes.

    Toutefois, Nosy Be a connu des guerres intestinales et tribales au XIXème siècle, les armées du Radama Ier  s'opposaient  au front de la dynastie Sakalava pour conquerir l'ile.

    Face aux puissances de l' armée Merina, une partie de la population locale s'est refugée dans la partie Nord Ouest de l'Ile. Par la suite, dans le but de repousser les Merina de la territoire de l'Ile, la population a demandé de l'aide au sultan du Zanzibar.En retour, ce dernier  a envoyé en nombres des navires en 1838.

    Profitant du passage du navire français ''Colibri''en 1840, commandé par le commandant Passot , demanda au Gouverneur de l'Ile  Bourbon ( Réunion),  Hell, de protéger l'Ile. En 1841,  la cession du pays Boina (Boeni) des mains de la reine Sakalava Tsiomeko est officialisée en échange de sa protection.

    Le chef-lieu de l’île prit alors pour nom Hell-Ville qui a été conservé jusqu’à ce jour.

MENABE

berceau de la dynastie sakalava

    La region du Menabe se trouve à l’ouest de Madagascar,elle a un climat chaud et sec pour une grande partie de l’année.La saison de pluie commence vers la fin du mois de décembre et se termine à la fin du mois de mars. Les précipitations ne sont pas constantes en cette période mais espacés de périodes sèches. Pendant cette période, la temperature peut être supérieur à 40°.
   Menabe signifie « Grand rouge » à cause de la couleur de la latérite qui couvre sa terre et colore ses rivières.
   La région offre une grande variété de paysage unique au monde comme « l’allée des baobab ».La porte d’entrée se trouve à Miandrivazo où commence la découverte de la région avec la rivière « Tsiribihina ». En deux ou trois jours de voyage, vous pouvez observer une variété d’espèces d’animaux tels les lémuriens, crocodiles, chauve souris, tortues d’eau douce et des oiseaux. Des petits villages avec leurs cases traditionnelles et les activités quotidiennes des paysans : culture de tabac, haricots, mais, manioc, riz et la pêche font un décor tout le long du voyage.
   Belo sur Tsiribihina est le rond point où continuer vers le nord pour rejoindre le « Tsingy de Bemaraha »,une de plus belle aire protégée du pays classée patrimoine mondial par l’UNESCO. Un rectangle de 40 x60 km2 formé par des rochers calcaires d’origines coraliennes dont l’érosion a creusé un complexe de failles, crevasses, canyons et profondes gorges encore inexplorés. Le Tsingy est recouvert d’une forêt dense et sèche dont 85% des plantes sont endémiques. On y trouve 53 espèces d’oiseaux, divers espèces de lémuriens, reptiles et des petites mammifères carnivores. On repart vers Belo sur Tsiribihina où tous les 5ans,on fête le « Fitampoha » ou bain des reliques. Cette grande fête est célébrée en Août et des objets appartenant aux Rois Sakalava font l’objet de vénération de la part de la population.
   Traversant le fleuve Tsiribihina, on prend la route vers la capitale du Menabe. La forêt de Kirindy est un site écologique très important où on peut observer trois types de Baobab : le « Renala » avec un tronc fin et gris, le « Bozy » avec le tronc rouge à forme de bouteille, le « Za grande » gris avec les fruits ovales. Mais la réserve est aussi riche de reptiles, des lémuriens diurne et nocturne et aussi le seul carnivore de Madagascar : le fossa. A l’est de la forêt, nous trouvons le lac « Bedo »,classé site Ramsar, un site pour observer diverses espèces d’oiseaux.
   Après la réserve, nous trouvons le village de Marofandilia où sont exposées sculpture, broderie artistique sur tissus ,le tout fait partie intégrante de la gestion des ressources naturelles de la région. Après environ deux heures de routes ,les Baobabs amoureux précedent l’entrée au village de Mangily, un site intéressant de par les multiples activités qu’on peut observer de la population locale. C’est comme faire un saut dans notre passé.
   Après quelques kilomètres, la fameuse Allée des baobabs ,image de Madagascar à l’extérieur avec ses magnifiques et majestueux baobabs du type « Andasonia Grandidier » vous attend.
   Finalement ,vous arrivez à Morondava ,capitale admnistrative de la région du Menabe, une ville en pleine expansion après que l’accès routier vers Tananarive s’est amelioré d’une manière considérable. Morondava est une ville tranquille et un des rares endroits à Madagascar où il y a la plage en ville. En plus de son climat accumulant un maximum de journées ensoleillées, elle bénéficie d’une immense plage de sable blanc, bordées par les eaux turquoises du canal de Mozambique. Pas très loin de la ville, des merveilles et curiosités vous attendent ; tous les mercredi, vendredi et samedi, vous pouvez visiter le marché de zébu dans le village de Bemanonga, Ankilivalo, Analaiva. Le parc du Menabe, avec toutes les variétés d’espèces d’animaux peuvent intéresser ceux qui n’ont pas eu l’occasion de visiter les autres sites de la zone. A coté du parc se trouve un baobab creusé qui servait de refuge aux voleurs de zébu.
   Les villages de Kimony, Betania, ou Lovobe, à proximité de la ville offrent non seulement des belles plages de sable fin entourées de forêt de Mangroves mais aussi la possibilité d’observer la vie quotidienne des pêcheurs Vezo, un des derniers peuple nomade de la mer.
   A Belo sur mer, à 80 km de Morondava, vous pouvez admirer les chantiers navales au bord de la lagune qui fait la notoriété de ce village Vezo. Les boutres construits sont les seuls moyens qui permettent à tous les villages de la cote ouest de survivre et d’avoir une échange commerciale avec le reste du pays. Au large de Belo, des petites îles d’origine coralienne offrent des fonds marins spectaculaires par les variétés de poissons qu’on peut observer et aussi des baleines à bosse qui partent vers le sud.
   A l’intérieur de la terre, on peut visiter les salines et même des baobabs bouteilles, une autre merveille de la zone.
   A proximité de Belo,la forêt de Kirindy Mite offre aux visiteurs des curiosités typiques de la region :deux lacs salés où vivent les flamants roses et beaucoup de variétés d’oiseaux aquatiques ,une grande variété de mangrove où vivent les chauves souris, des espèces de lémuriens, la "Rere", une grande tortue d’eau douce, reptiles et mammifères endémiques de la région.
   La région du Menabe n’est pas seulement un sanctuaire de la nature ou un jardin d’Eden mais plutôt une invitation à voyager à travers un monde fascinant.
   Tous les lieux décrits et autre encore sont visitables de mai à novembre en voiture ou en mode plus traditionnel : la pirogue Vezo.

    L’histoire connue du Menabe remonte à l’époque d’Andriamandazoala et surtout de son fils, Andriamisara. Celui-ci s’établit comme roi à Fiherenana, au bord de la rivière Saint-Vincent. Considéré par les Sakalava comme leur ancêtre divinisé après sa mort, Andriamisara fait l’objet d’un culte toujours vivace de nos jours. Son fils et successeur sur le trône du Fiherenana, Andriandahifotsy étend sa puissance jusqu’au fleuve Mangoky. Et par ses nombreuses luttes contre les autochtones de la région, les Antangondrosy, il est regardé comme le vrai fondateur de la dynastie sakalava. C’est à cette époque que l’on place la seconde version de l’origine du mot Menabe, « donné au nouveau pays qu’il a conquis, à la suite de l’immolation d’un bœuf rouge, la veille de la bataille décisive qu’il devait gagner ».
Andriandahifotsy a deux fils. L’aîné, Andriamanetiarivo, fondateur de la dynastie Volamena, prend la succession du royaume du Menabe ; le cadet, Andriamandisoarivo, fondateur de la dynastie Maroseranana, va fonder plus au nord, le royaume du Boeny.
À Andriamanetiarivo succèdent plusieurs rois du Menabe, dont Ramitraho.
D’ascendance hova, « il est fils du roi Miakala ou Andriantsorarivo, descendant des Tantsaha d’Ambohijanaka, retiré chez les Sakalava pour faire fortune à une époque difficile à déterminer ». Désigné par son père pour lui succéder en 1812, Ramitraho a d’abord à lutter contre ses deux frères, Olitasy et Kelisambay. Peu après, il a à soutenir deux expéditions de Radama 1er, en 1820 et 1822. La première est désastreuse pour l’armée hova, la seconde se termine par sa victoire sur les troupes de Ramitraho, le 13 juin 1822, près du village de Mahabo.
Ce succès est consacré par le mariage de Radama avec Rasalimo, la fille de Ramitraho et par un traité, aux termes duquel les Hova peuvent commercer librement dans tout le Menabe. Pour la petite histoire, disons que
« Radama aimait sincèrement Rasalimo ; il en avait eu deux enfants, un garçon, Rabobalahy, et une fille, Raketaka qu’un parti voulut mettre sur le trône à sa mort en 1828 ». C’est pour Rasalimo que Radama fait construire la Tranovola, Palais d’argent, dans l’enceinte du Rova d’Antananarivo.
Tenace autant que souple et rusé, Ramitraho ne se tient pas, cependant, pour vaincu d’une manière définitive. En 1825, il fait molester par ses soldats les colons hova envoyés par Radama dans le Menabe. Il s’ensuit une nouvelle expédition merina, la même année. Voyant la supériorité de l’armée hova, « Ramitraho saisit l’occasion d’une escarmouche où l’un de ses neveux fut tué pour rejeter toute la faute à son parent et faire un nouveau geste de soumission au roi de Tananarive, auprès duquel il envoie son ambassadeur ».
Mais la rancœur de Ramitraho contre les Hova n’est pas éteinte pour autant et éclatera après la mort de Radama. Aussitôt, il s’allie avec son frère Kelisambay- qui s’est retiré à Mavohazo, tandis qu’Olitasy s’est rendu avec Radama en Imerina- pour attaquer les Merina. Alors que Kelisambay lynche ces derniers, Ramitraho attaque avec ses sujets les colons de la région.
« La bataille fut très chaude », et c’est au cours de cette révolte pour l’indépendance en 1834 que Ramitraho trouve la mort. Selon l’usage sakalava, après sa mort, on lui donne le nom d’Andriamahatantiarivo.

Généalogie des rois Zafinimena Bemazava

   - Andriamahatindriarivo (1722-1742).
    - Tombola.
    - Andrianiavotsiarivo.
    - Maka, Andriantomponiiarivo ou Andrianisiniairivo (1830?).
    - Tsimandroho (Vohémar, Ambilobe, Tafondro) (1846-1851). • 1841: Passot + R.P. Dalmond.
    - Tsiresy II.
    - Monja.
    - Tsiaraso.

    - 1. Boanamaka (1830?).
    - 2. Tsimandroho (1816-1851).
    - 3. Tsiresy (1851-1885).
    - 4. Tsaraso 1er (1885-1895) / Imonja, doany Ankatafa.
    - 5. Tsiaraso II (1895-1955) / Tsiarasy (1880-1919), N.P. Andriamandilatrarivo.
    - 6. Tsiaraso III (1955-1993) / Tsiresy 11(1919-1935 ?) N.P., Andriamanaranarivo.
    - 7. Tsiaraso IV (1993-...) / Rachid (1935-1940). Funérailles décrites par Cagnat.
    - 8. Hova: Fils du précédent.
    Les Princes Bemazava sont inhumés à Nosy-Faly.

Zafinifotsy

    Les Zafinifotsy émigrèrent vers le Nord par l'Androna. Un groupe descendant vers Mananara, se fixait à Maroantsetra. Le deuxième groupe sous la conduite de Kozobe se dirigeait vers le Nord, descendant la vallée du Sambirano et se fixait pour un temps dans la plaine du Sambirano.
Vers la fin du XVIIe siècle, Andrianiveniarivo, surnommé Andriantahora, petit-fils d'Andriamandisoarivo, purchassait les Zafinifotsy, conduits par Andriantsirotra, petit-fils de Kozobe. Il trouvait refuge chez les Antankarana. Ces derniers acceptaient Andriantsirotra, comme roi. Le prince Issa Tsimiaro III est le onzième roi (ou reine) de cette lignée.

Généalogie royale Antakarana : Zafimbolafotsy

   - Tingimaro (1540-1623), Roi de Konkomaro.
   - Kozobe (1609-1639) (+ Antanianaompy, Nosy-Komba).
   - Soanaomby: 1639: Reine sanguinaire et jalouse.
   - Andriamaitso (1639-1689) (+ Andokobe, Nosy-Be): Résidence à Ambohimalaza, l'actuel Tafondro.
   - Andriamanampela (1689-1692): assassiné à Ankazokogniny par Andriantahora ou Tsitavana, Andrianehevenarivo ? (1742-1752).

   - 01. Andriantsirofra (1692-1710), le roi fondateur de la monarchie.
   - 02. Lamboeny (1710-1790) • Mayeur à Madagascar en 1774.
   - 03. Tehimbola (1790-1802).
   - 04. Boanahajy (1802-1809).
   - 05. Tsialana 1er (1809-1822).
   - 06. Tsimiharo 1er (1822-1882).
   - 07. Tsialana II (1883-1921).
   - 08. Lamboeny II (1925-1938).
   - 09. Tsialana III (1938-1959).
   - 10. Tsimiaro II (1959-1982).
   - 11. Tsimiaro III (1982-2001...) Issa, actuel roi en fonction, siégeant à Ambilobe.
   Fanjakana Zafinifotsy Rango Boeny paka aty Ankaraña

Boeny-Menabe

   - 1. Andriambolafotsy.
   - 2. Andnandahifotsy, Zanaka voalohan'Andriambolamena.
   - 3. Soavinarivo, Zanaka voalohan' Adriandahifotsy, na Rahalahy voalohan' Andriandahifotsy.
   - 4. Totognanarivo, Zanaka faharoan' Andriandahifotsy.
   - 5. Lailoza na Bivoko, Zanaka voalohan'i Tolognarivo.
   - 6. Manjakavola, Zanaka fahatelon'Andriandahifotsy (baba) (Faralahy manjaka).
   - 7. Rasoamanana, Zanaka voalohan'i Manjakavola.

Zafinifotsy Avaratra

  - 1. Kozobe Maromañahy, Zanaka voalohan'i Rasoamanana.
  - 2. Soanaomby, Talagnolon'i Kozobe (Faran'ny magnangy manjaka).
  - 3. Andriamaitso, Zanaka faharoan'i Kozobe.
  - 4. Andriamañampela, Zanakafaharoan'Andriamaitso: tapa-doha tao Bejofo.

Zafinifotsy tonga Ankarana

   - 12/1. Andriantsirotra, Zanaka faharoan'Andriamampaingy ary zafin'i Soalandy izay zanaka fahaefatr'i Kozobe.
   - 13/2. Lamboeny Be, Zanaka voalohan'Andriantsirotra.
   - 14/3. Tehimbola, Zanaka fahaefatr'i Lamboeny (i Lagnona tsy nety).
   - 15/1. Boanahajy, Zanaka fahadimin'i Lamboeny.
   - 16/5. Tsialana 1er; Zanaka fahatelon 'i Sozo, Zanak'i Lamboeny Be.
   - 17/6. Tsimiaro 1er: Zanaka fahaefatr'i Tsialana 1er
   - 18/7. Tsialana II: Zanaka fahaefatr'i Tsimiaro.
   - 19/8. Tsimanegniny: Zanaka fahasivin'i Tsimiaro.
   - 20/9. Mohamad Tsilana: Zanaka fahatsiotan'i Tsialana II.
   - 21/10. Ibrahim Mohamady: Voalohan'ny Zanak'i Mohamady Tsialana.
   - 22/11. Issa Tsimanamboholahy: Tsimiaro III.

« Mythes, rites et transes à Madagascar », de Robert Jaovelo-Dzao, Karthala Editions, 1996, 392 p.

L'expansion du royame sakalava

   Selon la tradition, les Sakalava regardent comme leur grand ancêtre Andriamisara, fils d'Andriamandazoala, immigré venu de l'Est vers le 15e siècle pour s'installer sur les bords de la Fiherenana. Divinisé par son peuple après sa mort à Mahabo, où il est enterré, Andriamisara est l'objet d'un culte toujours vivace.
   Son fils Anfdriandahifotsy étend sa puissance, de la Fiherenana jusqu'à la Tsiribihina, en combattant les aborigènes de la région, les Antangondrotsy. II est considéré comme le vrai fondateur de la dynastie sakalava.
   Andriandahifotsy a comme héritiers Andriamanetiarivo et Andriamandisoarivo. Le premier, connu aussi comme étant le fondateur de la dynastie Volamena, règne sur le Menabe et agrandit encore plus le royaume vers le sud, au-delà du Mangoky. Son cadet, Andriamandisoarivo, lui, ira plus au nord, fonder le royaume du Boina et la dynastie Maroseranana. Mais en partant, il prendra un peu du corps de son père défunt qu'il conservera comme reliques dans une dent de caïman. II fondera aussi Mahajanga.
   Avec les successeurs d'Andriamandisoarivo (fin du 1 7e siècle), la tribu sakalava du Boina atteint l'Extrême-nord de la Grande île, après avoir soumis les Sihanaka et les Antakarana, les Antalaotra formés d'Arabes venus du Mozambique et d'immigrants comoriens.

Le long conflit entre Merina et sakalava

   Depuis fort longtemps, le Menabe suscite la convoitise des souverains merina.
   En effet, dès qu'il termine la pacification et entame la réorganisation de tout l'Imerina, Andrianampoinimerina tourne les yeux vers le royaume des Sakalava du Sud, alors dirigé par le Roi Miakala (Andriantsoarivo), d'ascendance hova, puisqu'il est issu des Tantsaha d'Ambohijanaka. II faut dire que le grand monarque merina ne peut tolérer des ennemis les Sakalava de surcroît, grands guerriers qui entretiennent des relations avec les Blancs qui menacent sa souveraineté par l'Ouest.
   Fidèle à son habitude, il délègue des émissaires pour négocier afin que Miakala accepte "d'être son enfant". Trois hommes se portent volontaires pour mener à bien la mission, le Tsimahafotsy Ralambotsimanahy et les Tsimiamboholahy Ralaimanisa et Rakelimbe. II s'agit pour eux de transmettre le message ultimatum d'Andrianampoinimerina: "Que ceux qui ne veulent pas être asservis s'approchent de moi; je suis le "raiamandreny" qui ne trompe pas, le protecteur qui ne vole pas, l'honneur sur qui reposent ses sujets".
   Quelques chefs claniques sakalava acceptent de prêter allégeance au Roi merina, montent à Antananarivo pour un traité de bon voisinage, et jusqu'en 1810, quand Andrianampoinimerina tourne le dos, les deux peuples vivent en paix.
   En 1812, Miakala désigne son fils Ramitraho pour lui succéder. Celui-ci doit aussitôt s'engager dans une longue lutte contre ses deux frères Olitasy et Kelisambay. A peu près à la même période, Radama I mène successivement quatre expéditions dans le Menabe. Les deux frères vaincus se séparent, Olitasy rejoignant Radama et l'accompagnant en Imerina, Kelisambay se retirant à Mavohazo.
   Dans la première et la deuxième expédition, à un an d'intervalle, Radama ne peut mettre la main sur Ramitraho qui arrive à le semer en se déplaçant rapidement. C'est à cette époque aussi que le Roi merina édicte une loi qui exige de tout homme qui se soustrait au service militaire, le paiement de cinq piastres.La troisième expédition, en pleine saison froide, est désastreuse pour Radama. Car si ses hommes ne meurent pas à la guerre, l'armée est décimée par la faim à force de suivre à la trace, à travers le Menabe, le Roi sakalava.
   C'est le moment choisi par Olitasy, qui craint les représailles de son frère, pour passer dans le camp des HoJa. II sera d'ailleurs d'une grande utilité pour Radama I. Connu alors sous le nom dé Raholatra, il sert de guide à l'armée merina lors de la quatrième expédition (1821-1822).
Kelisambay, de son côté, se réconcilie avec Ramitraho et fait front commun avec lui contre les troupes de Radama. La guerre se termine par la victoire de ce dernier, près de Mahabo, capitale du Menabe. Victoire consacrée, comme on le sait, par l'union de Radamà avec Rasalimo, la fille de Ramitraho, et par un traité aux termes duquel les Hova peuvent commercer librement dans tout le Menabe.
   Mais tenace autant que souple et rusé, Ramitraho ne se tient pas pour vaincu: en 1825, il fait molester parles soldats sàkalava les colons merina envoyés par Radama. D'où la dernière expédition envoyée par celui-ci. Devant la supériorité de l'armée hova, Ramitraho rejette la faute sur un de ses neveux, mort dans une escarmouche, et fait un nouveau geste de soumission au Roi d'Antananarivo auprès duquel il envoie un ambassadeur.
   Pourtant, sa rancœur n'est pas pour autant apaisée et éclate après la mort de Radama en 1828. Aussitôt, il s'allie à nouveau avec Kelisambay pour attaquer une seconde fois les colons merina: tandis que son frère et ses hommes lynchent ceux installés plus au nord, avec ses troupes, il s'attaque à ceux qui résident dans la région.
   C'est au cours de cette longue bataille pour l'indépendance de son territoire que Ramitraho trouve la mort en 1834. II prendra alors le nom d'Andriamahatantiarivo, selon la coutume sakalava

Le « roi est nu ». Les imaginaires du sacré dans la tourmente judiciaire

    Dans les royaumes du Menabe et du Boina de l’ouest malgache, la confection des reliques issues des corps des rois, le culte qui leur est rendu à travers la cérémonie du bain, le fait que leur détention soit la condition primordiale du pouvoir contribuent à singulariser la dynastie et le roi, porteur du hasina, force d’origine sacrée bénéfique, mais potentiellement dangereuse. La fabrication de reliques à partir des corps des souverains est commune en Afrique, mais est devenue la règle au moment de la formation des grandes monarchies au XVIIIe siècle qui y ont trouvé leur fondement idéologique. Dans la ville de Majunga (région du Boina), les reliquaires royaux sont connus sous le nom « andriamisara efa dahy ». Ils ont représenté un enjeu de taille pour tous les régimes qui se sont succédé à la tête de l’île dans la mesure où l’obtention du pouvoir dépend de leur possession et de la garde des clés du doany, lieu dans lequel ils sont conservés.
     De fait, le pouvoir opérant fondamental des reliques nous conduit vers d’autres chemins à explorer. Avec l’Indépendance, elles cristallisent les turbulences de la nouvelle donne politique malgache, au moins du point de vue local, au travers d’un conflit dont l’enjeu est leur possession. Le contrôle du doany et des restes royaux entre dans le domaine du juridique et prendra figure publique, théâtrale, lors d’un interminable procès qui débute en 1957, qui s’est poursuivi sous différentes formes et au travers de plusieurs procédures, jusqu’à nos jours sans que jamais une solution ne soit trouvée. Le débat réel se situe en deçà du discours formel juridique et de façon logique nous changeons de registre. Cet article se propose d’explorer, en trois temps, l’idée d’un déboîtement entre le droit et la réalité au travers des différentes procédures qui se sont suivies depuis la première plainte en justice en 1957. Car, si le roi paraît nu, le culte atteint dans sa crédibilité, il n’en est sans doute rien au vu des derniers rebondissements de l’affaire et du énième refus d’admettre la décision juridique lors de la célébration du grand rituel royal de 2004. Nous pourrons ainsi nous demander sous quelle forme à l’heure actuelle ont perduré ces logiques profondes liées aux imaginaires du sacré.

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×