Andriandahifotsy

wikipedia.jpgdada.jpgétend rapidement son autorité

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

Andriandahifotsy (Le Prince Blanc)

Andriandahifotsy est un souverain sakalava de la dynastie des Maroseraña, sur le trône dans le courant de la seconde moitié du XVIIe siècle.
Andriandahifotsy succède à son père Andriamisara et, par ses conquêtes, étend rapidement son autorité le long du littoral occidental de Madagascar jusqu'au Manambolo. En même temps, il entreprend de déplacer sa capitale à Bengy - « La Chèvre » - dans la vallée du Mangoky, fondant ainsi le royaume du Menabe. Après sa disparition, son héritage échoit à ses deux fils Andriamanetiarivo et Andriamandisoarivo qui vont encore étendre la puissance sakalava beaucoup plus loin vers le nord, en fondant le royaume du Boina.

Dans le premier tiers du XVIIe siècle, il ait quitté Benge pour s’établir plus au nord dans l’ancien centre politique de la région, là où, notamment, étaient installés les anciens groupes des Vazimba, des Antanandro et des Antamby. C’est cependant en prenant épouse dans tous les grands groupes autochtones de ce Menabe central que le grand roi donna au royaume ses limites historiques et que, à partir de ces épouses, il ordonna les rangs de la hiérarchie qui classe ses descendants.

De sa première épouse, une Andrasily, il eut deux fils ancêtres des Andriambolamena « Princes de l’or « , que sont aussi les descendants de son oncle Andriamisara, qui avait de lui-même renoncé au pouvoir. Du premier des fils, écarté du pouvoir par son père, sont issus les Maromany du Menabe ; du second, devenu roi du Boina, les Zafimbolamena du Nord-Ouest. Mais c’est Ratrimolahy, fils de Rahomañitse, une Sakoambe qui sera seule à être accueillie dans le tombeau royal, qu’il désigna pour lui succéder dans le Menabe.

Les enfants de ses autres épouses, dit la tradition du royaume, sont la source des Andriambolafotsy, Zafimbolafotsy ou Zafinifotsy, les « Princes de l’argent « . Même de père ou de mère d’ascendance roturière, tous leurs descendants forment le groupe maroseraña ou ampanjaka, ce qui, à défaut de la richesse, leur conférait prestige et privilèges funéraires. Quant aux groupes donneurs d’épouses à Andriandahifotsy, quoique devenus roturiers, ce sont des Grands, des vohitsy be aux nombreux privilèges.

S’il retrancha de la nouvelle construction des groupes anciens comme les Antanandro, qui quittèrent le pays, et, plus encore, les Antamby, il attira beaucoup de gens venant d’autres régions et dont il fit des groupes sakalava, les dotant de terres, de bœufs et d’une marque d’oreilles pour ceux-ci (sofin’aombe).

Le royaume d’Andriandahifotsy rassemble donc, en fait, les terres des groupes « tompon-tany », dont les chefs, devenus « masondrano », conservent l’administration. Mais, en tant que souverain, c’était lui qui avait la responsabilité des relations avec les étrangers, non-sakalava de l’île et traitants d’outre-mer. S’assurant ainsi le monopole de l’achat des armes à feu, il en fit la base de sa puissance sur les régions voisines. Son long règne – déjà célèbre du temps de Flacourt, il mourut vers 1685 – laissa la place aux querelles et aux difficultés de ses successeurs. Le Menabe avait vécu son Grand Siècle.

Vers 1610-1620, le fils d’Andriamisara, Andriandahifotsy dont parle Flacourt dans son Histoire de la grande Isle Madagascar (1642-1660), entreprit de continuer l’œuvre conquérante d’Andriamandazoala en descendant vers le sud, au niveau du fleuve Fiherenana, pour s’attacher l’alliance des Sakoambe, clans de sa femme. Il affermit alors sa conquête sur les côtes du sud-ouest, à la fois pour contenir ses adversaires mais surtout maîtriser les ports en monopolisant le commerce des armes à feu et le traite. Du Mangoky, il attaqua plus fort vers le nord et deplaça les frontières de son royaume jusqu’au fleuve Manambolo, bien au-delà du Tsiribihina.

 

A sa mort vers 1680 ou 1685, deux de ses nombreux fils lui succédèrent : le premier, Andriamanetriarivo,  décida de garder pour lui le Menabe, et le cadet, Andriamandisoarivo, qui fut obligé d’émigrer vers le nord-ouest pour fonder un autre royaume Sakalava, celui du Boina, aussi grand et aussi prestigieux que celui du Menabe : il s’étendait, après des conquêtes successives, du fleuve Manambolo jusqu’au Sambirano, bien loin vers le nord en pays Tankarana et également vers l’est en pays Tsimihety  et vers le sud en pays Sihanaka (Alaotra), Bezanozano et même aux confins de l’Imerina qui dut payer tribut. Célèbre et redouté dans tout Madagascar, Andriamandisoarivo établit sa capitale à Majunga et contrôla à son profit tout le commerce du littoral nord-ouest, jusque-là apanage des Antalaotse, peuple de commerçants islamisés. Il porta la puissance Sakalava à son apogée et mourut vers 1710.

Malgré une dynastie dynamique et conquérante (Andriamandazoala, Andriandahifotsy, Andriamanetriarivo et Andriamandisoarivo), malgré également la mise en place d’un administration territoriale efficace («la féodalité») et d’institutions durables (royaumes et culte des reliques royales), le Menabe et le Boina, du fait de leur trop vaste étendue et des dissensions familiales, ne purent échapper à la dislocation après la disparition de leurs rois prestigieux ; ils subiront, au début du XIXe siècle, la pression de plus en plus forte du royaume merina, leur voisin devenu puissant et également conquérant.

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 29 Janvier 2015

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