Andriantsoly

wikipedia.jpgdada.jpg        monarque malgache et mahorais

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

Andriantsoly (Tsi Levalou) est parmi les derniers héritiers du roi sakalava de Madagascar. Vaincu par les troupes de Radama appuyées par les forces étrangères dont il fit des victimes dans les hauts rangs. Alors il partit se retrancher avec quelques membres de sa cour à Mayotte après l'insurrection de 1825, où, à Kani, à Tsangamoudzi, à Poroani, ils répandent la langue malgache parlée sur les côtes Nord Madagascar.

Vers 1913, le sultan autoproclamé de Mayotte, héritier d'une famille de marchands venus d'Oman, Salim II est assassiné. Son successeur cherche appui auprès de Madagascar. Il y épouse une malgache qui lui donne un fils, Boina Combo et échange le serment de sang, une coutume malgache, avec le prince sakalave Andriantsoly. Le sultan est assassiné à son tour. Après une période troublée, le pouvoir passe entre plusieurs mains. Andirantsoly accepte d'aider Boina Combo, fils de son défunt allié. Il envoie une foltte de pirogues et trois cents soldats à Mayotte. "Il n'en fallut pas plus pour effrayer les habitants de Dzaoudzi qui (...) acclamèrent Boina Combo". Quelques années plus tard, en 1832, Andriantsoly, chassé de Madagascar, se réfugie à Mayotte. Boina Combo lui donne un village et des terres.

L'histoire "officielle" présente Andriantsoly comme le porte-parole des Mahorais, qui appelleront "volontairement" la France contre les Comoriens. Thèse surprenante : à l'époque, on n'avait guère l'habitude de demander leur avis aux populations... Mais il est éclairant d'examiner les rapports du prince malgache avec les uns et les autres.

"(Sa) conversion à l'islam avait eu pour effet (..) de renforcer ses liens d'amitié avec les sultans des Comores. " "Les Mahorais avaient vu avec un grand déplaisir les Sakalava s'installer à MSapéré et accaparer de bonnes terres ... (Après 1833) la colère des (Mahorais) ne connut plus de bornes et le jeune roi ... comprit qu'il s'était rendu très impopulaire en accueillant (Andriantsoli)". Il exigea le départ de celui-ci qui refusa, fort de son armée. Boina Combo fit alors appel à un autre prince malgache qui, chassé d'Anjouan, avait conquis Mohéli. Andriantsoli dut fuir à Anjouan. Il revint en 1835, aidé par le sultan d'Anjouan, à la tête de mille guerriers malgaches et conquit l'île. Si les Français n'ont pas conquis l'île, c'est qu'Andriantsoli l'a fait pour eux. Il ne protégeait pas Mayotte contre les sultans des autres îles des Comores, mais opéra sa conquête grâce à l'un d'eux.

Il n'y avait pas plus de six ans que le "porte-parole" des Mahorais était installé, quand les choses se gâtèrent. Par les informations qu'il avait recueillies le capitaine français Passot était au courant de la situation précaire du maître de Mayotte. Il décida d'en profiter. "La négociation (..) fut relativement aisée. Le prince ... avait sombré dans l'alcoolisme et fit à son interlocuteur l'effet d'un vieillard apeuré" 25. Après quelques tergiversations destinées à faire monter les enchères, il vendit Mayotte contre la promesse d'y être maintenu et une rente annuelle de mille piastres et l'assurance que la France assurerait l'éducation de sa descendance. Ce qui fut fait.

Andriantsoly a été assassiné sur Petite Terre, au croisement des chemins qui mènent vers les villes de Pamandzi, de Labatoire, de Dzaoudzi; après la remise de Mayotte sous protectorat français, en concertation étroite avec le régent mahorais Madi, son hôte,contre les envahisseurs 'sultans des rives de l'océan indien et du canal de Mozambique.

Son tombeau royal au modèle de ses origines malgaches se situe à Mamoudzou, sur un promontoire qui domine l'Océan face à Petite Terre, la Pointe Mahabou. L'endroit, peu fréquenté, est assez difficile à trouver. Fermé à clé, le plus difficile reste à mettre la main sur la personne préposée à la surveillance qui pourra vous ouvrir. Personnellement, nous avons dû escalader les grilles.

Si le tombeau n'est pas d'un grand intérêt, la promenade sur la pointe Mahabou est un moment de détente à l'ombre de grands arbres.

Biographie

Tsi Levalou (ou Tsy Levalou) comptait parmi les derniers héritiers du roi sakalava (antakarana) de Boina à Madagascar. Vers 1820, sous l'influence de ses conseillers Antalaotra, il se convertit à l'islam. Entre 1822 et 1824 (prise de Majunga), il est vaincu par Ramanetaka, commandant des troupes de Radama Ier, le roi d'Émyrne (merina) soutenu par les Britanniques. En fuite puis placé en résidence surveillée à Marovoay, il continue cependant à fomenter des insurrections contre le roi merina et se rend à Zanzibar pour réclamer en vain l'aide de l'Imam de Mascate.
À la mort de Radama, en 1828, Tsi Levalou est rappelé par sa sœur Ouantity (ou Ouantitsi). Cette tentative de restauration est cependant écrasée par les troupes de la reine Ranavalona Ire commandées par le général Ramaromisy. En 1831, l'ancien roi de Boina se réfugie avec quelques membres de sa cour à Nosy Be puis à Mayotte, dirigée jusqu'en 1829 par son parent et ami Mwana Madi (ou Mouana-Maddi, ou Amadi), tandis que sa sœur Ouantity fait allégeance à Ranavalona.

A Mayotte, Tsi Levalou entre au service du sultan lors des opérations militaires menées par ce dernier contre ses rivaux, contre d'autres comoriens et contre les pirates. Il prend le nom d'Andrian Souly (puis Andriantsoly) après son mariage avec une parente du sultan.
Après avoir tout d'abord reçu une partie de l'île en récompense de sa loyauté, il hérite du sultanat en 1832 après avoir écarté Bwana Kombo (ou Buanacombé, ou Banakombo), un fils de Mawana Madi, qui trouve refuge à Mohéli. Il doit alors défendre l'île contre les visées du hova Ramanetaka - devenu le maître de Mohéli sous le nom d'Abderahmane - et des sultans d'Anjouan, Abdallah puis Salim (1836). Considéré comme un simple gouverneur par Salim et réfugié à Pamanzi, Andriantsoly voudrait préserver l'autonomie de son île face aux autres souverains comoriens. Or, dépourvu d'allié contre ces derniers et contre la monarchie malgache soutenue par la Grande-Bretagne, il se sait menacé. Il se tourne alors vers les rivaux des Britanniques, les Français, qui viennent de s'emparer de Nosy Be. C'est dans ce contexte que, le 25 avril 1841, le sultan cède à la France sa souveraineté sur Mayotte par une simple vente, obtenant du capitaine Pierre Passot (envoyé par Anne Chrétien Louis de Hell), une rente viagère personnelle de mille piastres (5000 francs) et quelques promesses, comme celle d'élever deux enfants du sultan à la Réunion. Ce traité est ratifié par le gouvernement français en 1843.

Déchargé de ses devoirs diplomatiques et militaires par le protectorat français, Andriantsoly se retire dans l'oisiveté et l'alcoolisme, comme en témoigne un officier français en 1845 :

« Quand nous nous rendîmes à la demeure d'Ardrian-Souli [sic.], nous fûmes introduits près de lui par son intendant. Nous nous trouvâmes en face d'un gros homme trapu, au cou enfoncé dans les épaules, qui, accroupi sur une natte, achevait son repas du soir, entouré de ses serviteurs et de ses amis. En le voyant porter avidement à ses lèvres un énorme bol de tafia, nous nous expliquâmes l'air hébété et ignoble de cet homme, autrefois remarquable par son intelligence et son courage2. »

Andriantsoly est assassiné en 1847 sur Petite-Terre, au croisement des chemins qui mènent vers les villes de Pamandzi et de Dzaoudzi.
Son Tombeau royal, érigé selon le modèle malgache, se situe au sommet de la montagne sur la Grande-Terre près de Mamoudzou. Ce tombeau est entretenu par des fidèles.

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 29 Janvier 2015

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