Royaume Antakarana

wikipedia.jpgdada.jpg                Ceux qui peuplent la montagne rocheuse

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Les Antakarana (ou Antankaraña, Antakaragna, Tankarana), constituent un peuple de Madagascar vivant dans la région d’Antsiranana au nord de l'île. Le nom signifie « ceux qui peuplent les Tsingy » ou encore « ceux qui peuplent la montagne rocheuse ».

Les Antakarana

A l’extrême Nord, d’Ambilobe au Cap d’Ambre, les Antakarana ou sont établis dans le massif de l’Antakarana, dans la région d’Antsiranana.
Ayant subi de nombreuses invasions et colonisations, ce peuple est aujourd’hui très métissé et constitué de peu d’individus. Leurs origines : Les Antakarana seraient originaires d’une branche Sakalava qui aurait occupé l’extrême Nord de la Grande Ile au XVIIème siècle. Le fondateur du royaume Antakarana, Andriantsirotso serait descendant du Prince Sakalava Kozobe. Le massif de l’Antakarana, comprenant de nombreuses grottes et Tsingy ou pics rocheux calcaires, aurait servi de refuge providentiel au peuple Antakarana lors des nombreuses guerres et sièges qui ont secoué cette région de Madagascar. Ce massif est également un lieu de repos éternel pour les premiers rois de la région et abrite leurs sépultures

Leurs origines :

Les Antakarana seraient originaires d’une branche Sakalava qui aurait occupé l’extrême Nord de la Grande Ile au XVIIème siècle. Le fondateur du royaume Antakarana, Andriantsirotso serait descendant du Prince Sakalava Kozobe. Le massif de l’Antakarana, comprenant de nombreuses grottes et Tsingy ou pics rocheux calcaires, aurait servi de refuge providentiel au peuple Antakarana lors des nombreuses guerres et sièges qui ont secoué cette région de Madagascar. Ce massif est également un lieu de repos éternel pour les premiers rois de la région et abrite leurs sépultures.

A l’extrême Nord, d’Ambilobe au Cap d’Ambre, les Antakarana ou Ceux qui peuplent la montagne rocheuse sont établis dans le massif de l’Antakarana, dans la région d’Antsiranana. Ayant subi de nombreuses invasions et colonisations, ce peuple est aujourd’hui très métissé et constitué de peu d’individus.

Le royaume Antakarana, qui s'étendait du Cap d'Ambre au nord jusqu'à Ambanja "la Sakalava" au sud; bordé à l'ouest par les eaux du canal de Mozambique et à l'est par l'Océan Indien, a toujours été au centre de l'actualité politique de l'île. Et lorsqu'il semble endormi, le royaume se charge de rappeler aux Mérinas que les Sakalaves tiennent encore le haut du pavé.

Généalogies des rois sakalava du nord de Madagascar

Les princes sakalava régnant appartient à la dynastie des Zafimbolamena Bemihisatra

Andriandahifotsy (1600-1680), Andriamanetriarivo, Andriamandisoarivo, Tsimanatatona, Mizana (1680-1712).

Andriamboeniarivo, Andriantonkafo (1712-1722).

Andrahamatindriarivo (1722-1742).

Andrianahevenarivo (1733- ?).

Ndramanilitriarivo (1742-1749).

Ndramarofaly (1749-1770 ou 1780)

Ravahiny (1780-1808), Andriavahiny.

Tsimaloma (1808-1822).

Andriantsoly, Andriamanavakarivo (1822-1836), inhumé à Mayotte.

  • Nosy-Be et Nosy Komba deviennent protectorat français 05 mars 1841).

Oantitsy (1832-1836), sœur du président.

Tsiomeko 1836-1843), fille de la précédente. Se réfugie à Nosy-Be en 1837. Fin juin 1843 elle mourut en couches. Elle fut inhumée à Mahabo Nosy-Be dans la plaine de Voririky. Le commandant Morel à sa dépouille les honneurs d’une garde de Yoloff ; par contre, il interdit l meurtre rituel d’esclaves pour arroser la fosse et le tombe de sang humain. Andriamamalikiarivo (fitahiana), inhumée à Ambalarafia avec safy mainty : Andriamitetiarivo. Elle a laissé avec Doromany de Beramanja (Boba Ankara son Premier Ministre), un jeune fils, Rano (Andriamanintrana) qui a engendré à son tour Ndriananetry qui enfante Tandroka, Ndramamahagna gouverneur d’Analalava, père de Soazara et de Ndrantahiry  ou Ambilahikely (Analalava).



Descendant du Prince Sakalave Kozobe, le Prince Andriantsirotso fonde le Royaume Antakarana au cours du XVIIèeme siècle situé dans le massif dit de l'Antakarana, qui comprend de nombreuses grottes et des Tsingy (pics rocheux calcaire). Fuyant des guerres civiles qui sévissent dans les royaumes Sakalaves, Andriantsirotso va jeter les jalons d'un état solide durant son règne de 18 ans. En 1710, Andriantsirotso meurt et Lamboeny Ier son fils lui succède. L'Ankarana subit les assauts répétés de hordes de brigands forçant le souverain a quitter son royaume pour se réfugier à Maroantsetra.
Il lui faudra faire alliance avec un autre souverain local, par ailleurs assujetti aux français, pour être restaurer en 1776. En 1799, son fils Tehimbola lui succède et règnera durant 12 ans. Mort sans enfants, son frère Boanahajy lui succède sur le trône de l'Antakarana. La succession est difficile et contestée. Les rivalités au sein de la cour royale nombreuse. Un coup d'état organisé en 1809 par ses neveux les Princes Tsialana 1er et Andrianjalahy forcent Boanahajy à abdiquer son pouvoir. Tsialana règnera de 1809 à 1822 s'efforçant de maintenir son indépendance du royaume Mérina qui vient de se lancer dans une conquête de l'île de Madagascar.

C'est donc tout naturellement que son successeur Tsimiaro Ier (Roi de 1822 à 1882) signera un traité d'alliance avec les français en 1841. En échange d'un semi- protectorat, le Royaume Antakarana échappe ainsi à la tutelle des Reines Ranavalonas. Les Mérinas fulminent contre les Sakalaves mais ne peuvent pas intervenir d'autant plus que le souverain Tsimiaro Ier va se convertir à la religion musulmane. Une insulte pour les Mérinas animisto- chrétiens. Lors de la conquête de l'île par les Français, les Antakaranas fourniront des contingents armés aux français. Et contrairement à la monarchie Mérina qui est déposée, celle de l'Antakarana subsistera. Craignant un révolte, le gouvernement colonial maintiendra à son poste le fils et successeur de Tsimiaro, Tsialana II en 1883 et dont le règne s'achèvera en Octobre 1924. Son frère Tsimanenina lui succède mais avec des pouvoirs réduits. Le pouvoir du gouvernement colonial avait décidé de réformer le pouvoir des derniers souverains malgaches encore sur un trône. En 1938, il meurt âgé de plus de 80 ans. Son fils Tsialana II lui succède et prend part aux mouvements d'indépendance. Peut être rêve t-il d'un royaume indépendant au sein d'une République malgache indépendante. La révolte des mérinas de 1947 lui fait prendre conscience que seul il ne pourra rien. Mais avec des pouvoirs désormais quasi inexistants, le souverain n'a pas les moyens de lever une armée.

Les Antakarana du Nord

Origine et situation géographique

Les Antakarana ou « ceux qui peuplent les Tsingy » ainsi à l’origine, seraient des Sakalava venus émigrer dans le nord au XVIIe siècle. Le choix de la région n’est pas anodin. En effet, le site leur permettait de fuir les éventuels assaillants et de trouver refuge dans les milliers de grottes et Tsingy que forme le massif.

Théâtre de nombreux conflits à ce jour entre Antakarana et les ethnies voisines mais aussi en interne pour succéder au pouvoir, le roi Tsimiaro III règne actuellement sur tout le royaume. Malgré ces différentes tensions, les Antakarana sont unis dans leurs us et coutumes où respect des ancêtres et traditions sont scrupuleusement observés.

Us et coutumes

Parmi les us et coutumes les plus observés chez les Antakarana, le « Tsangantsaigny » ou cérémonie du couronnement du mât royal donne lieu à une grande festivité marquant la continuité de la monarchie. Cette grande cérémonie s’effectue tous les 5 ans en présence du roi et de tout le peuple Antakarana. Avant la cérémonie, le roi se rend à l’île Nosy Mitsio où est enterré le roi Tsimiharo puis dans les grottes sacrées. Nosy Mitsio fut en effet le dernier refuge et tombe de cet ancien roi Antakarana lors de l’invasion des Merina dans la région.

Durant la cérémonie, le mât est remplacé par deux troncs mâle et femelle de Hazoambo, coupés et taillés sur place dans la forêt. Il est ensuite amené à Ambilobe pour être assemblé et aspergé de miel et d’alcool puis enduit de graisse. De l’abattage à l’assemblement, cette procédure peut durer 10 jours. Une fois le mât élevé, sont fixés au sommet du mât : le drapeau national et le drapeau du roi. A noter que cet évènement donne lieu également à une circoncision collective.

Il est interdit lors de ces festivités de mettre un chapeau ou d’enfiler chaussures, et le port de pagne est obligatoire pour tous. Les cultes à la mémoire des ancêtres appelé « Tsakafara » donne également lieu à des réjouissances chez les Antakarana.

 

 

Cérémonies et dates à retenir

  • Tous les 5 ans (et seulement le vendredi) : cérémonie du Tsangatsaina à Ambatoharanana (levée du mât royal, circoncision collective)
  • A tout moment : le « Tsakafara »  ou le culte des ancêtres à la Petite Cascade dans le parc national de la Montagne d’Ambre

Vie quotidienne

Dans la vie quotidienne, le mât royal tient une place importante chez les Antakarana. En effet, il serait doté de pouvoirs et très craint par la population. Pour demander protection ou justice, chacun peut venir au pied du mât et faire sa demande. Lors des grandes festivités, seules les danses sacrées sont effectuées  (les « Rebika ») où durant lesquelles les danseurs effectuent une chorégraphie d’inspiration guerrière en tenant un fusil. La circoncision quant à elle doit obligatoirement être effectuée avant l’âge de 7 ans. Les Antakarana pratiquent surtout la pêche et l’élevage de bovins.

Antakarana (langue)

L'antakarana (ou antankarana, tankarana) est une langue malayo-polynésienne du groupe barito parlée par le peuple Antakarana dans le nord de Madagascar.

En 1996, le nombre de locuteurs était de 88 000.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×