Tsimiaro

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La grande déception

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

Les forces antakarana face aux troupes merina

Lorsque le roi antakarana, Tsimiaro succède à son père Tsialana 1er en 1832, le pouvoir dont il hérite est loin d 'être facile à assumer. C'est du moins ce que signale l'historienne Micheline Rasoamiaramanana (Colloque international d'histoire, à Antsiranana en 1987) en abordant les relations de ce roi antankarana avec les Merina et les Français. Car, dit-elle, dans une région marquée depuis la fin du XVIIe siècle par des soubresauts politiques, des invasions venues du pays sakalava et des guerres intestines, l'exercice de l'autorité suprême « obtenue par accord ou éviction » ne peut engendrer que des haines et des rivalités tenaces. Cela se complique par le morcellement du royaume dû à des divisions successives, les problèmes de juridiction territoriale et l'invasion du pays dans la première moitié du XIXe siècle.

Tsimiaro, petit-fils de Lamboeny, est à l'époque âgé d'une trentaine d'années et appartient à la branche royale antankarana dite d'Ambatoharanana. Et s'il hérite d'un pouvoir arraché par la force- par son père à son oncle Boanahajy (Rabona) en 1809- c'est aussi un royaume fortement affaibli depuis l'irruption merina en 1823, suivie de l'obligation pour le roi Tsialana de reconnaître leur souveraineté. Toutes les tentatives de les refouler s'avèrent vaines, facilitées par des « sujets pusillanimes et l'impuissance voire l'inertie de ses pairs et alliés ».

Au départ, le roi Tsimiaro bénéficie pourtant de l'appui de la majorité antankarana en tant que « symbole et garant de la continuité ». De surcroît, il a des qualités d'intelligence, d'énergie et de bravoure qui, bien utilisées, ranimeront le courage des plus défectueux et rallieront les adversaires. Sans oublier sa connaissance de l'Ankarana, pays de montagnes et de grottes qui offrent de nombreux abris naturels, ce qui peut éventuellement faciliter les coups de main et la guerre d'usure.

Face à lui se trouvent les Merina qui, malgré la crainte qu'ils inspirent, ne peuvent cacher leurs faiblesses dues à leur nombre restreint, leur isolement dans les garnisons éloignées de leurs pays, l'absence d'appui réel en attendant les troupes de secours...

Cependant, pour bénéficier de tous ses atouts, Tsimiaro doit réduire les dissensions internes et organiser la foule peu organisée et mal armée des hommes valides mobilisés. Ce, pour pouvoir opposer une résistance concertée à la cohésion des envahisseurs qui disposent d'une armée de métier, entraînée au tir et à l'obéissance et à des éléments tactiques depuis l'ouverture de l'Imerina à l'Occident. En outre, les Merina désignent le prince bemazava Tsimandroho pour commander la population réunie autour de la garnison d'Iharana (Vohimaro), ce qui pose un problème d'autorité.

« Certes, la présence plusieurs fois séculaires d'islamisés de culture swahili sur les côtes Nord de Madagascar et le long de la côte orientale d'Afrique a fini par créer des affinités et tisser des liens avec la famille royale antankarana. Mais les activités plus mercantiles que guerrières de ces Islamisés limitent leur rôle à celui de conseillers et leur soutien à un appui surtout moral ».

Les conquérants inaugurent ainsi une politique de domination qui fera ses preuves, puisqu'en faisant les lois de la succession et en mettant à l'ordre du jour le vieux dicton « diviser pour régner », leur intervention contribue à compliquer les rapports entre les différents princes et surtout à renforcer leur domination.

Selon Guillain, Tsimiaro nourrit et nourrira toujours à leur égard « une haine profonde et un vif désir de vengeance » pour avoir violé le sol de ses ancêtres et porté atteinte à sa dignité de roi. Néanmoins, il reste prudent optant pour la conciliation en attendant des opportunités de vengeance. À partir de 1835, il profite d'une situation qui met provisoirement une sourdine sur les dissensions internes pour ouvrir les hostilités. Mais s'il réussit à reconquérir une grande partie de son pays, il se heurte bientôt à des problèmes déjà connus par son père: « le manque de cohésion des princes insurgés et la supériorité des Merina transforment son initiative en acte téméraire et l'obligent à abandonner la Grande terre et son fort naturel, situé dans les grottes du massif karstique connu sous le nom de trou de Tsimiaro pour se replier vers le petit archipel des îles Mitsio avec 5 000 (selon Dalmond) de ses fidèles en 1840 ».

Une ouverture ratée de Tsimiaro vers l’extérieur

En montant sur le trône en 1832, le roi Tsimiaro reçoit un lourd héritage, coincé entre les luttes intestines et le joug des envahisseurs merina (lire précédente Note). D’après l’historienne Micheline Rasoamiaramanana, malgré de nombreux avantages, il doit aussi faire face aux atouts des Merina. Entre autres, ceux-ci désignent le prince bemazova Tsimandroho pour commander la population réunie autour de la garnison d’Iharana (Vohémar), ce qui ne peut manquer de poser de problème d’autorité.
« Par l’octroi de la préséance à un prince plutôt qu’à un autre pour services rendus, les Merina inaugurent une politique de domination qui va faire ses preuves, puisqu’en faisant les lois de la succession et en mettant à l’ordre du jour le vieux dicton « di­viser pour régner », leur intervention contribue à compliquer les rapports entre les différents princes, et surtout à renforcer leur domination ».
Tsimiaro ne se décourage pas. Il considère la présence des envahisseurs merina au pays d’Anka­rana comme une violation de la terre des ancêtres et une atteinte à sa dignité de roi. Et comme Guillain le signale, il nourrit et nourrira toujours à leur égard
« une haine profonde et un vif désir de vengeance ».
Ainsi, à partir de 1835, Tsimiaro profite d’une situation qui met provisoirement entre parenthèses les dissensions internes, pour ouvrir les hostilités, renouveler les tentatives de Tsialana de chasser les envahisseurs. Il réussit à replacer une grande partie du pays sous son autorité, mais il se heurte bientôt à des problèmes déjà vécus par son père.
« Le manque de cohésion des princes insurgés et la supériorité des Merina transforment son initiative en acte téméraire et l’obligent à abandonner la Grande terre et son fort naturel situé dans les grottes du massif karstique, connu sous le nom de Trou de Tsimiaro, pour se replier en 1840 vers le petit archipel des îles Mitsio » avec, selon le père Dalmond, 5 000 de ses fidèles.
Tsimiaro constate que l’insuffisance de ses moyens d’action face à un ennemi déterminé à l’écraser, allié à la fragilité des ententes entre les princes, l’oblige à trouver d’autres solutions pour ne plus retomber dans les mêmes erreurs et connaître les mêmes échecs que par le passé.
Il se tourne vers l’extérieur pour trouver un appui qui, d’après lui, constitue la seule issue à ses difficultés immédiates. Tout le rapproche du sultan de Zanzibar. Outre des affinités similaires, la similitude des structures politiques rend une telle démarche logique.
Toutefois, l’échec de ce rapprochement- le sultan lui envoie des armes et aucun homme de troupe- le contraint à faire des ouvertures au gouverneur de l’île Bourbon qu’il rencontre personnellement à La Réunion. Par le traité du 5 mars 1841, il cède à la France tous ses territoires d’Ankarana et les îles qui en dépendent, avec le droit pour les Antankarana « d’être regardés comme sujets français et d’être traités comme tels ». Cession assortie d’une décision qui accorde au roi une pension mensuelle.
Outre cette pension, Tsimiaro attend des Français une aide active pour pouvoir retourner sur la Grande terre, y rétablir son autorité et en chasser les envahisseurs merina. Mais il sera vite déçu du fait de la neutralité de l’armée française, en dépit de sa demande pressante.
Il interprète cette attitude comme une « violation délibérée de l’accord », et envoie son frère Tsiambany à l’île Maurice, début 1843, pour faire cession à l’Angleterre de tout le Nord malgache, y compris Nosy Be. Pour­tant, cette île a déjà été cédée aux Français par la reine sakalava Tsiomeko, mais elle est revendiquée par Tsimiaro comme lui appartenant. Mais malgré la courtoisie de la réponse du gouverneur anglais de Maurice, une fin de non-recevoir est opposée à sa proposition.

La grande déception du roi Tsimiaro

Face à la faiblesse de ses alliés malgré ses atouts personnels, pour pouvoir chasser les envahisseurs merina, le roi antankarana Tsimiaro cherche un appui extérieur (lire notre précédente Note). Tout le rapproche du sultan de Zanzibar, Seyid Saïd: affinités personnelles, similitude des structures politiques. Mais ce rapprochement échoue et Tsimiaro se tourne vers le gouvernement de l'île Bourbon. Ainsi, par le traité du 5 mars 1841, il lui cède tous ses territoires, le pays de l'Ankarana et les îles qui en dépendent, avec le droit pour les Antankarana « d'être regardés comme sujets français et d'être traités comme tels ». Cession assortie d'une décision accordant au roi une pension mensuelle de 100 francs.

Tsimiaro attend des Français une aide active pour pouvoir retourner sur la Grande terre, y rétablir son autorité et en chasser les envahisseurs merina. Mais son espoir se transforme vite en déception car, malgré sa demande pressante, l'armée française préfère la neutralité. Le roi interprète cette neutralité comme une violation délibérée de l'accord. Aussi envoie-t-il son frère Tsiambany auprès du gouverneur de Maurice, début 1843. L'objet de la mission est de faire la cession à l'Angleterre de toute la partie Nord de Madagascar, y compris Nosy Be, île cédée aux Français par la reine sakalava Tsiomeko et revendiquée par le roi comme lui appartenant. Mais la proposition reçoit une fin de non-recevoir.

Cette attitude anglaise est révélatrice d'un fait qui a échappé jusque-là au roi: « un pays occidental ne s'engage pas dans une affaire où un autre pays occidental a déjà l'antériorité » (Micheline Rasoamiaramanana au Colloque d'histoire à Antsiranana en 1987). De plus, « un traité perçu au moment de sa signature comme une planche de salut, entraînera en réalité une nouvelle servitude ». Pour les autorités (françaises) de Nosy Be, l'objectif est d'arriver à signer des accords avec tous les princes du Nord et du Nord-ouest qui refusent la domination merina pour mettre sur pied une armée locale. Commandés par quelques officiers français, cette armée marchera vers l'intérieur du pays afin de s'emparer, au nom de la France, de l'Imerina et de toute la côte orientale du Cap d'Ambre à Tolagnaro.

Ainsi si Tsimiaro doit renoncer à une rapide action d'envergure, « il va renouer avec sa tactique habituelle de harcèlement et de razzia contre les étrangers, Merina ou Européens, créant dans le pays un climat permanent d'insécurité. » Prenant comme bases de départ les îles voisines, le roi et les Antankarana mènent constamment l'offensive. Profitant de la logistique médiocre des Merina, ils se lancent en 1842 dans une expédition contre la garnison d'Iharana, principal port commercial de la région. Bilan: la mort des envahisseurs merina constitués d'officiers et de soldats.

En 1844-1851, Tsimiaro contrôle pratiquement toute la région située au nord de la baie d'Antongil grâce à des troupes estimées à 6 000 individus qui partent des îles, Nosy Be, Nosy Faly et Nosy Mitsio. Elles rendent difficiles voire impossibles les communications entre garnisons et le gouvernement d'Antananarivo, lui-même engagé dans un conflit contre les Français et les Anglais à Toamasina.

Les opérations les plus importantes menées contre la garnison merina d'Ambohimarina à 20km d'Antsiranana, sont « typiques des méthodes utilisées ». L'implantation du fort au sommet d'une montagne très difficile à escalader, le rend pratiquement imprenable. Comme il dépend pour son approvisionnement du pays plat et de ses environs, les Antankarana s'attaquent en premier lieu aux ressources, objets de vols et de pillages systématiques: vols de bœufs, prises des récoltes (riz et manioc) sans parler des rapts de personnes. Ces pratiques entraînent en 1845 une véritable famine et oblige le gouverneur de la garnison à dépenser ses économies à l'achat de vivres.

Dans la deuxième phase de l'opération, l'attaque directe du fort se termine par la déroute totale des Merina qui perdent 64 hommes, le reste ne devant son salut qu'à la forêt très proche. Tournés en dérision, ils dressent un bilan qui met en relief l'insuffisance des effectifs malgré l'appui des garnisons de Vohijanahary et de Maroantsetra.

Tsimiaro trahi de toutes parts

Bien que les Antankarana entretiennent des relations bien meilleures avec les Français, contrairement aux Merina, cette bonne entente devient parfois problématique. Surtout à partir de 1842, lorsque Tsimiaro se convertit à l’Islam.
Un incident va le prouver bientôt. La coutume prescrit de tout temps à tout Antan­karana de prendre le deuil et de se couper les cheveux à la mort d’un prince. En 1861, un certain Finazo refuse non seulement de se conformer aux traditions, mais tient encore, selon le roi Tsimiaro, des propos insolents contre lui. Réuni, le Conseil le condamne « à la confiscation de ses 87 bœufs, de son riz et tout ce qu’il possède à Nosy Faly ».
Mais comme l’accusé a habité longtemps à Nosy Be, Finazo se plaint auprès du commandant particulier de l’île, le Français Derussat qui oblige Tsimiaro « à restituer les biens confisqués ». Et lors du voyage qu’il fait à Nosy Be, juste après cette condamnation, le roi est traité de « voleur, brigand ».
Pourtant, d’après l’historienne Micheline Rasoamiaramanana, son principal crime est d’avoir « embrassé la religion musulmane et d’avoir planté sur ses terres, le drapeau de ses ancêtres (toile blanche avec nouvelle lune et étoile) à côté du drapeau français ».
Tsimiaro expose au commandant Derussat, qu’au moment de céder une partie de ses terres, il a été convenu avec les Français qu’il demeurera le maître absolu de la portion de ses États qu’il se réserve, et administrera ses sujets suivant les lois et coutumes en usage. Ainsi, les Français ne devront intervenir en rien dans son administration intérieure.
Malheureusement pour lui cela ne figure pas dans le texte du traité, à cause d’une différence totale des systèmes de valeur, notamment entre l’écrit et l’oral. Ce qui explique les dures paroles de Derussat à l’égard de Tsimiaro. Au moment de son départ de Nosy Be, ce dernier échappe par le plus pur des hasards à un attentat.
Ce qui le pousse à adresser une plainte à l’empereur des Français, Napoléon III. Le commandant Dupré de la Station navale est consulté sur l’affaire, et « manquant singulièrement d’objectivité », il abonde dans le sens de Derussat et minimise la protestation royale. Au contraire, il incite même le commandant de Nosy Be « à ne pas ménager Tsimiaro, à retenir sur sa pension et la valeur du vol et une amende s’il ne s’exécutait pas de bonne grâce ».
Déçu et mécontent, Tsimiaro profite de la mort de Ranavalona 1ère en 1861, pour écrire à son fils et successeur Radama II. Dans sa missive, il se plaint des Français « usurpateurs de leurs territoires » et lui propose de réunir leurs troupes pour chasser les Français de Nosy Be.
Malheureusement, non seulement « Ra­dama II ne répond pas à ses ouvertures, mais en adoptant une attitude pour la moins discutable, en informe le commandant de la Station navale » !

Tsimiaro entre Merina et Français

Merina et Antankarana sont obligés de faire des concessions pour éviter des confrontations directes. Ainsi en 1853, lorsque deux militaires merina désertent et se refugient à Nosy Mitsio, Tsimiaro les fait ramener à Ambohimarina par des « lohavohitra » (chefs de village). Ces derniers devaient rassurer les autorités merina sur ses bonnes intentions, car « le roi des Antankarana a prêté serment de fidélité (velirano) et offert le hasina (piastre entière), symbole de reconnaissance et de confirmation du pouvoir royal à Ranavalona­manjaka » (lire précédente Note).
L’historienne Micheline Rasoamiara­manana ajoute que l’année suivante, le roi Tsimiaro délègue à Ambohimarina ses représentants pour assister à la Fête annuelle du Bain royal (Fandroana), « occasion pour les Grands du Royaume de Madagascar et ceux qui exercent quelque autorité de renouveler leur serment d’allégeance ». Le gouverneur merina profite des festivités pour offrir des vivres à la délégation, don qui consiste en « 8 bœufs,
7 moutons, 5 chèvres, 10 dindons, 8 oies, 22 ca­nards, 33 coqs et poules, 10 tortues, 10 canards musqués ».
Il faut préciser que malgré des invitations qui lui sont adressées et ses promesses de les honorer, Tsimiaro évite de se rendre en personne dans une garnison merina. « Le roi antankarana était dans l’obligation de se comporter ainsi pour la sécurité des Antankarana de la Grande terre ». Ce qui est fort compréhensible car il n’est pas rare que les déclarations d’intention soient immédiatement démenties par les actes. Car en même temps que les gestes de bonne volonté, les escarmouches peuvent continuer de part et d’autre.
D’ailleurs, les razzias répétées des Betanimena, groupe de Betsimisaraka alliés des Merina, contre les Antankarana décident le roi et les princes de Nosy Faly à se rendre à Nosy Be en août 1856 pour faire part au commandant français d’un projet d’expédition contre la garnison merina d’Anorotsangana dans le Nord-ouest du pays. De nombreux Sakalava se déclarent prêts à soutenir les Antankarana, « soit un total de 6 000 à 8 000 individus ». Ne sachant ce qu’il y a de fondé dans les bruits qui circulent sur une expédition française dans la Grande île, il leur demande de reporter leur projet pour éviter
« une complication de la situation ».
Pour les Antankarana, si l’alliance avec les Français est un atout face aux Merina, la dépendance qu’elle crée ne compense pas forcément les avantages que Tsimiaro peut en tirer. Il est vrai qu’il bénéficie d’une pension dont le taux reste pourtant inchangé pendant quarante ans de règne. En outre, grâce à l’action des missionnaires catholiques français qui œuvrent dans les petites îles, il peut satisfaire aussi son grand désir de s’instruire puisqu’il par le couramment le français et en fait profiter ses enfants et ses sujets.
Enfin, quand il séjourne à Nosy Be, Tsimiaro dispose d’une case et il a droit à des rations alimentaires allouées par le commandant français. Il bénéfice d’une autre attention. « Au moment de la signature du traité de 1841, il est conduit à l’île Bourbon, reçu et traité en ami par le gouverneur (l’amiral de Hell). On lui rend alors de grands honneurs : coups de canon, fêtes, bals et spectacles. L’amiral lui donne un habillement complet : habits, épaulettes, sabre et couvre-chef ».
Mais comme les intérêts ne sont pas forcément convergents ou complémentaires, ces bonnes relations s’avèrent plus d’une fois problématiques. À partir de 1842, année de la conversion du roi à l’Islam, les rapports autrefois excellents avec les missionnaires catholiques se dégradent. « Monsieur Dalmont, enchanté par la chaleureuse hospitalité du roi, la finesse de son intelligence et sa facilité à tout retenir rapidement, ne se souvient plus que de sa cupidité, comprenant mal qu’un polygame ne puisse partager son enthousiasme pour les sublimes enseignements de l’Eglise sur le mariage chrétien ».
C’est pourquoi, une affaire d’apparence anodine qui oppose le roi à Derussat, commandant particulier de Nosy Be, risque de remettre en cause les fondements même de la royauté en 1861, révélant la différence totale des systèmes de valeur.

Pela Ravalitera
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Date de dernière mise à jour : samedi, 23 Novembre 2013

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