Royaume Antandroy

Ceux du Pays de l'épine

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany-masina@yahoo.fr)

     À l'extrême sud de Madagascar s'étend la région aride de l'Androy, le « pays des ronces », dont les habitants sont les Antandroy (ou tandroy) qui signifie "ceux des épines". Ils peuplent la région la plus aride de l'îleenviron situé entre Amboasary et Beloha et entre l'océan et Bekily.

    Au xvie siècle, l'ouest du pays était peuplé par les Karimbola et l'est par les Mahandrovato. Ces populations furent soumises et réunies par les chefs zafimanara venus de la région de Fort-Dauphin. Mais cette unité fut rompue au xviiie siècle par l'invasion des peuples voisins (Sakalava, Bara, Antanosi) qui submergèrent et ruinèrent le royaume zafimanara.

    Les populations antandroy ne retrouvèrent jamais leur unité et restèrent divisées en une multitude de tribus, unies parfois en confédérations guerrières. La guerre, les vols de bœufs et de femmes constituaient leurs principales activités jusqu'à la pénétration française au début du xxe siècle.

    Très sec, le pays est difficilement cultivable et la population vit surtout de l'élevage extensif d'ovins et de bovins. Dans ces contrées hostiles à l’homme, les Antandroy perpétuent une culture pastorale austère à la recherche de points d’eau et de nouveaux pâturages. Une activité de pêche s'est développée sur les côtes. L'agriculture s'est tournée vers le riz, le millet et le maïs. Ce peuple accepte une grande mobilité pour le travail hors de leur région d'origine afin de subvenir aux besoins de leurs familles : il fournit ainsi une main-d'œuvre abondante dans les grands centres urbains de Madagascar. Le régime alimentaire traditionnel des Antandroy se compose de maïs, de patate douce, de manioc, de viande de zébu et de lait caillé de zébu.

Histoire

    Vers le XVème siècle, les premiers autochtones connus du pays Androy, étaient les Karimbola, occupant la partie ouest du pays, dans la région située entre les rivières Manambovo et Menarandra, l'actuel plateau Karimbola (Beloha). Les Mahandrovato ("ceux qui font cuire les pierres"), occupant eux, la partie est du fleuve Manambovo, près d'Ambovombe. Ces populations furent soumises et réunies par les chefs Zafiraminia (ou zafimanara) venus de la région de Fort-Dauphin. En effet au XVIème siècle, un Roi des Zafiraminia de la région de Fort-Dauphin,     Andriankoantane, avait deux fils : Andriamanare l'aîné et Andriamandraha le cadet. Une rixe entre les deux fils les menèrent à former des clans différents. Le clan des Linta (près du fleuve du même nom) fut mené par Andriamandraha. Son frère Andriamanare occupa la région à l'est du Menarandra, conquit le territoire des Karimbola et des Mahandrovato, les soumettant à son autorité, pour former le royaume des Antandroy.   L'unité Antandroy fut rompue au XVIIIème siècle par l'invasion des peuples voisins (Sakalava, Bara, Antanosy) qui mit fin également au royaume Zafimanara. Les populations Antandroy ne retrouvèrent jamais leur unité et restèrent divisées en une multitude de tribus unies parfois en confédérations guerrières. La guerre, les vols de bœufs et de femmes constituaient leurs principales activités jusqu'à la pénétration française au début du XXème siècle.
    L’ethnie Antandroy avait, jadis, une aire de répartition qui s'étendait plus à l'Est que ne l'est aujourd'hui la limite administrative. Amboasary-Sud, par exemple, est de culture Antandroy alors qu'elle fait partie aujourd'hui, administrativement parlant, de la région Anosy.
    Robert Drury, marin anglais, échoué à l'âge de 17 ans par un naufrage du navire Degrave sur les côtes du pays Tandroy en 1701, fut réduit en esclavage par les Antandroy. Ayant su nouer de solides complicités et ainsi déjouer tous les pièges destinés à éprouver sa loyauté, Drury s’imposa dans l’entourage des Rois du Sud et participa aux combats que ses maîtres livraient aux Mahafaly et aux Masikoro. Il s’évada plusieurs fois et changea même de camp… Il retourna en Angleterre en 1716, narra ses aventures et décrivit les mœurs des Antandroy dans un journal édité en 1729.  Malgré le succès instantané la crédibilité des détails dans le livre sera mis en question par les historiens ultérieurs. Des chercheurs plus récents ont prouvé cependant que de nombreux détails dans le livre sont authentiques et que l'histoire elle-même est l'un des plus anciens témoignages historiques écrits de la vie dans le sud de Madagascar au cours du 18ème siècle. On pense que Daniel Defoe (auteur de Robinson Crusoe) l'a certainement aidé à écrire ce livre et ils avaient le même éditeur. Nostalgique, Drury finit par repartir, en 1734, pour Madagascar.
   En 1769 un cactus - Opuntia dillenii - introduit de l'Ile Maurice par un planteur, le Comte de Maudave, se multiplia rapidement en Androy, chassant la végétation autochtone. Bien que cette plante constitua une véritable manne en période de disette - les fruits nourrissaient les humains et les feuilles (débarrassées de leurs épines) les bêtes - le raketa gasy (nom malgache de la plante) était devenu, en 1900, si envahissant qu'on ne parvenait plus à récupérer les terres à cultiver. En 1925, le botaniste Perrier de la Bathie  fit venir une cochenille prédatrice de l'Ile de la Réunion : une grande quantité de plantes succombèrent, mais également de nombreux animaux qui se trouvèrent privés de leur seule nourriture. A partir de 1950, on entreprit de nouvelles plantations d'un cactus sans épines, Opuntia stricta (raketa mena en malgache) : aucune mesure de contrôle n'ayant été prise, il est actuellement en train d'envahir l'Extrême Sud de Madagascar.

Andriamanana, le premier souverain Antandroy connu

    Comme pour la plupart des autres tribus du Sud, l’histoire des Antandroy est assez confuse si l’on veut remonter jusqu’aux origines de ce peuple qui occupe, avec les Mahafaly, une région comprise entre les pays Antanosy et Vezo. Andriamanana est le premier souverain Antandroy connu. On doit sa description aux premières relations des navigateurs voyageurs occidentaux. Seigneur du pays de Mandrare, le roi Andriamanana fit acte de soumission au commandant de Fort-Dauphin en novembre 1651. Il recherchait en vérité l’alliance des Français pour combattre les Antanosy. Selon l’abbé Bourdaise, Andriamanana était « un homme de fort bel esprit, sage, discret et courtois ». Il avait une longue et abondante chevelure noire à demi-frisée et portait une barbe taillée en pointe à la façon des Arabes. Malgré son acte de soumission, Andriamanana ne se priva pas de faire assassiner quelque temps plus tard plusieurs Français. Il tua de sa propre main le Père Etienne qui voulait le convertir de force et surtout, qui chercha à lui arracher du cou ses amulettes.

Géographie

La région Androy s’étend sur 19 317 km² entre le cours de la Menarandra, à l’ouest, et les premiers contreforts de l’Anosy à l'est. Elle compte quatre Districts : Ambovombe, Bekily, Beloha et Tsihombe, 51 communes et 881 fokontany (subdivision administrative comprenant hameaux, villages, secteurs ou quartiers). A l’exception du bas Mandrare, mis en valeur depuis les années 1930 par de vastes plantations de sisal industriel, la végétation de l’Androy est celle d’une région subaride. Dans le bas Androy (au sud), très sec, les grès calcaires marins ou dunaires quaternaires restant domaine du bush et de la steppe, tandis que dans le haut Androy (au nord), plus humide, le socle cristallin et des terrains d’origine volcanique favorisent une savane arborée. Le tracé de la RN 10, de Beloha à Amboasary, via Tsihombe et Ambovombe (toponymes qui marquent la prééminence socio-religieuse de l’élevage, omby signifiant "zébu", suit plus ou moins la frontière entre les deux Androy. Si la sécheresse sévit la majeure partie de l’année dans cette contrée méridionale, les orages de la saison sèche (décembre à avril) et les averses de juillet, de type méditerranéen, peuvent réserver de mauvaises surprises aux automobilistes en transformant plusieurs jours durant certains tronçons de la nationale en bourbiers.
Trois arbustes sont chers aux Antandroy :
- le fantsiholitra (Alluaudia procera de la famille des Didiereaceae),
- le roy (Mimosa delicatula), épineux qui a donné son nom à la région et à ses habitants,
- les cactus : en plus de son rôle nourricier, ils forment autour des villages de  véritables remparts, coupant les vents violents durant la saison sèche.

     Dans ce pays où l’élevage des zébus et des chèvres s’ajoute à une maigre agriculture vivrière, la question de l’eau reste cruciale. Les rivières étant le plus souvent intermittentes, il faut puiser une eau légèrement saumâtre à des trous creusés dans le sable et approfondis chaque jour. A la fin de saison sèches, on fait la queue au bord du seul et dernier « puits » (appelé "vovo" pour "trous d’eau"), entretenu et recreusé sans cesse à grand-peine par tout le village. Selon une longue tradition, quand la sécheresse vient à sévir, les Antandroy abandonnent leur village pour s’installer à Toliara (Tuléar, se faisant, pour nombre d’entre eux, tireurs de pousse-pousse), dans tout l’Ouest jusqu’à Antsiranana.

    Ambovombe (à 67km à l’est de Tsihombe) est le Chef-lieu de l’Androy et important carrefour routier. Ambovombe est une ville animée, surtout le lundi, jour de marché et toute la semaine les artisans proposent sagaies et chapeaux antandroy, objets en bois de rose et pierres fines devant la station des taxis-brousse.

    Beloha (à 61km au sud de Tranoroa) connu en tant que ville-étape avec ses étals de marché et ses rues envahies par les sables.

    Tsihombe (à 55km au sud de Beloha) se signale de loin par son relais de transmissions hertziennes et s’ordonne autour d’une petite place entourée de gargotes sur laquelle donne l’hôtel de ville et le marché. En se renseignant auprès du conseil municipal de Tsihombe, il est possible de visiter les mines de saphirs d’eau à trente minutes de route à travers le bush, en suivant la piste qui passe devant le temple protestant. Les mineurs ont érigé leurs paillotes sur une colline et, dans la cour de chacune d’elles, des femmes trient les pierres d’un bleu dense en les étudiant à la lumière du soleil. Le fleuve Manambovo passe par la ville.

    Betanty (à 30Km au sud de Tsihombe, par une piste bien entretenue et jalonnée de tombeaux) doit son ancien nom de « Faux Cap » aux cartographes portugais qui, il y a cinq siècles, prirent le site pour la pointe méridionale de Madagascar qui est en réalité Tanjona Vohimena (Cap Sainte-Marie). Sa longue plage de sable fin et son lagon très sûr ont fait de Betanty un agréable site de villégiature. On peut y acheter de belles langoustes aux pêcheurs, faire des excursions en pirogue sur le lagon (et ainsi observer, d’avril à novembre, les baleines qui passent au large) et des randonnées jusqu’à Tanjona Vohimena (Cap Sainte-Marie) en bivouaquant sur les plages.

     Tanjona Vohimena (Cap Sainte-Marie) à 50km au sud-ouest de tsihombe est un site battu par les vents et signalé par un phare désaffecté marquant la pointe sud de l’île. Tanjona Vohimena a été érigé en « réserve spécial ».

Population

    La population totale estimée en 2005 était de 600 000 habitants caractérisée par une population jeune majoritairement rurale. Le taux d’accroissement démographique était de 2,7%. Les habitants sont majoritairement Antandroy avec la présence non-négligeable d’autres groupes ethniques tels les Antanosy, Mahafaly, Merina et Betsileo. Le sud est plus peuplé que le nord de la région. En dépit de leur rude existence, les Antandroy, solides travailleurs, préservent avec force leur identité. Doués de réels dons artistiques, ils sont renommés pour leur talent musical et leurs chants rythmés.

Climatologie

    Le climat est semi-aride avec une précipitation moyenne de 400 mm mal répartie dans l’année. On observe une diminution significative de l’intensité des précipitations de la zone Nord vers l’extrême Sud de la zone littorale. La sécheresse présente une variation périodique tous les huit à dix ans. L’irrégularité pluviométrique, combinée avec les variations et l’importance des amplitudes thermiques, favorise souvent la dégradation du sol. La Région est soumise à une présence quasi permanente de vent fort et desséchant du Sud « Tiokatimo ».

Economie

    La situation climatique de l'Androy fait que cette région connaît un problème chronique et sévère de disponibilité et d’accessibilité en eau. C'est une source de maladies, d’insécurité alimentaire chronique, de migration, de dégradation de la capacité de production agricole, et donc une source d’aggravation de la pauvreté. Les capacités de production agricole dépendent donc du régime de précipitation de l’année. Des épisodes récurrents de kere (prononcer "kéré" en malgache se traduisant par disette ou famine) surviennent dans la région dès que la pluviométrie baisse.
Les moyens disponibles ne réussissant pas à être à la hauteur des besoins, diverses institutions et structures s’investissent dans la zone. Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire, l’UNICEF et le Programme Alimentaire Mondial œuvrent dans la nutrition. Les coopérations européenne et française travaillent dans le cadre des cantines scolaires et semences améliorées. Le Conseil général de l’Eure s’investit depuis une dizaine d’années dans l’éducation et l’appui aux communes en collaboration avec l’Association française des Volontaires du Progrès, dans le district de Tsihombe. Un réseau de pipelines transférant de l’eau des fleuves Mandrare et Sampona vers les principales agglomérations de l’Androy est en cours de travaux sur financement de la coopération japonaise, suisse et européenne, sous la coordination de l’Alimentation en Eau dans le Sud (AES). Outre son implication remarquable dans le microcrédit et dans la nutrition dans l’Androy, l’ONG GRET a mis en place des impluvia (système de captage des eaux de pluie parfois appelé comme dans l’antiquité « impluvium ») dans la région Androy et des citernes dans les écoles. L’AES a confié la distribution de l’eau à des opérateurs économiques qui se ravitaillent souvent au niveau des points d’eau des pipelines. Ils transportent l’eau en charrettes et la vendent dans les différentes localités à un prix variable selon les villages et les saisons.

Culture

    Le tissage des lamba (voir Zoom sur le Lambahoany) en soie sauvage s’est maintenu dans quelques localités de l’Androy. Les lamba rouges de la région d’Ambondro sont vendus sur les marchés d’Amboasary-Sud (dimanche), d’Ambovombe (lundi), de Beloha (mardi), de Tsihombe (vendredi) et bien sûr d’Ambondro (samedi). Les lamba noirs de Tranoroa et de Bekitro s’achètent sur les marchés locaux mais aussi directement aux tisserandes. Par ailleurs ont peut se procurer de très beaux lamba traditionnels d’Ambondro au musée de l’Androy à Berenty.
    Le tombeau antandroy est une construction parallélépipédique constitués d’un “Valavato” ou amas de pierres aujourd’hui réalisé en maçonnerie (jadis en pierres sèches, dans le Nord, en palissade de bois imputrescible dans le sud sablonneux). Le modèle le plus simple mesure de 5 à 6 m de côté et s’orne de motifs géométriques blancs. Les plus riches atteignent une vingtaine de mètres de côté et sont couverts de fresques.
Un édifice central abrite le cercueil.
    Il existe aussi un modèle plus sobre en belles pierres de taille. Les poteaux sculptés (aloalo) surmontant les tombeaux sont une tradition du pays mahafaly adoptée dans la région limitrophe de Beloha, celle où l’on peut admirer les sépultures les plus imposantes. On y trouve aussi des bucrânes, c'est à dire des têtes de zébus décharnées avec cornes employées comme décoration architecturale. Dressées des deux cotés opposés du “Valavato”, deux pierres levées symbolisent l’homme et la femme : Vatolahy et Vatovavy (pierre mâle et pierre femelle). Plusieurs mois s’écoulent entre le décès et l’inhumation du défunt et des cérémonies avec sacrifice de zébus ont lieu dans l’intervalle. Le corps est enterré dans un cercueil formé de deux demi troncs d’arbres évidés.
     Dans l’Androy, clans et lignages sont les cadres à l’intérieur desquels chaque individu trouve son identité. Un lignage réunit la totalité des descendants en ligne paternelle d’un ancêtre unique (souvent un millier de personnes). Les grandes cérémonies – invocation des ancêtres (soro), rituel préparatoire à la circoncision (savatse), funérailles – se tiennent traditionnellement au pied du hazomanga (pieu sacré qui matérialise sous la forme d’un faisceau de piquets taillés en pointe le lien unissant tous les membres vivants et morts d’un même lignage). Le hazomanga est placé sous la garde du mpisoro, patriarche du lignage et chef du rituel. Les lignages du nord de l’Androy sont très respectueux de leur hazomanga et de leur mpisoro. Dans le sud, en revanche, les mpisoro se faisant rares, les soro se déroulent dans le cadre familial sous l’autorité du père.
    Les Antandroy sont réputés pour leur maîtrise de l’art de la divination (sikkidy) et celui des sortilèges. Ils réalisent de nombreux tatouages et de beaux bijoux en argent. Dotés d’un caractère dur forgé par une terre rude, ils sont actuellement les descendants de valeureux guerriers et leur courage demeure légendaire. Les Antandroy portent un chapeau très reconnaissable : rond avec le haut pointu. Ils parlent un dialecte de la langue malgache dérivé des langues Barito parlées dans le sud de Bornéo. Alors que la plupart des habitations à Madagascar sont traditionnellement construits à partir de matières végétales souples, les Antandroy sont l'un des rares groupes ethniques d'utiliser les planches de bois dans leurs maisons. Les Antandroy portent un chapeau très reconnaissable : rond avec un bout pointu.
    Leur arme traditionnelles est une fronde en cuire redoutable quand elle est utilisée par un guerrier Antandroy.

Le culte de la mort et du zébu

    Pour les ethnies du Sud Malgache la possession de zébus est un signe de richesse. Un homme riche doit donc en posséder le plus possible, c’est à cela qu’on mesure sa prospérité. A sa mort la coutume veut que tout son troupeau soit abattu. L’hécatombe peut atteindre des centaines de têtes, les anciens évoquent même des sacrifices de milliers de zébus il n’y a pas si longtemps encore. La viande est consommée par la famille, les proches et les gens qui sont venus assister aux funérailles. Cela dure des jours, voire des semaines. Les cornes des zébus servent d’ornementation pour son tombeau. Là encore, plus l’homme est riche, plus sa sépulture doit être imposante. Sa construction - que le futur défunt entame généralement de son vivant - obéit à des règles précises. Par exemple, le lieu et le jour de la pose de la première pierre doivent être décidés par le devin, l’ombiasy.

Danses et chants Antandroy

    Les Antandroy sont célèbres pour leurs danses traditionnelles uniques, réalisés avec des lances et accompagné de musique distinctive ponctué de sons aigus provenant de flûtes. La danse, la musique et les chants sont indissociables de leur culture. Les danseurs ont des plumes d'autruches accrochées sur un bandeau au front, tradition du temps ou il y avait encore des autruches dans le sud Malgache. Les danse miment la vie de tous les jours, ainsi que les animaux et les oiseaux.
Le beko est propre au peuple Antandroy (mais aussi Mahafaly), c'est un chant polyphonique a capella généralement interprété par un groupe d’hommes, nommés sahiry, composé d’un récitant et de choristes. Perpétué depuis la nuit des temps par les ethnies du Grand Sud, le beko fait résonner sa litanie répétitive et gutturale durant les nuits où amis et famille du défunt sont réunis devant des feux et des bassines de rhum pour accompagner l’esprit du mort dans sa marche vers l’Est, là où vivent les ancêtres. Ces chants funéraire à plusieurs voix racontent souvent la vie du défunt mais ils viennent aussi apporter le bien-être, l’apaisement, la danse. Les familles invitent des musiciens aux funérailles et les payent pour chanter. Les chanteurs chantent accroupis pour être au même niveau que leurs auditeurs. Ils chantent avec une voix très aiguë et un timbre nasillard. Une variante du beko s’appelle sabo et se chante pour chasser les mauvais esprits qui se sont emparés d’un malade. Les esprits sont omniprésents et les Malgaches doivent souvent recourir à des cérémonies de possession à but thérapeutique. Il est, en effet, un monde qui surveille celui des vivants, un monde de revenants qui peuvent éventuellement s’incarner dans les êtres humains pour diverses raisons mais souvent pour réagir contre un manquement de la société humaine. Celle-ci fait alors appel aux esprits concernés, à travers les médiums qui les reçoivent en leurs corps. Des musiques appropriées, différentes pour les divers esprits, doivent être jouées, parfois pendant très longtemps et le dieu peut s’exprimer et donner, éventuellement, aux humains les explications ou les réponses dont ils ont besoin.

 

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