Andriantompokoindrindra

wikipedia.jpgdada.jpg            l’origine de la Tranomanara

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recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com  & tany_masina@yahoo.fr)

Le prince Andriantompokoindrindra d’Ambohimalaza, fils aîné du Roi Ralambo, renonça à ses droits d’aînesse au profit de son frère cadet, Andrianjaka pour rester dans son fief Ambohimalaza où il vécut très vieux, loin des intrigues de palais des soucis du trône. Joueur passionné de Fanorona, Andriantompokoindrindra préféra une vie paisible aux fastes de la cour. On lui attribue l’origine de la Tranomasina ou Tranomanara, cette maisonnette qui surmonte un tombeau. Une tradition retenue par la noblesse, et plus particulièrement celle d’Ambohimalaza, les Andriantompokoindrindra.

Peu avant sa mort, le prince fit construire un tombeau, surélevé d’une Tranomanara. « Afin que ma tombe ne soit pas foulée aux pieds ou souillée par les chiens » précisa-t-il.

Andriantompokoindrindra (le roi qui descend du grand homme Ralambo son père d'Ambohidrabiby)qui aurait inventé la trano manara le tombeau "la maison froide"
C'est Andriantompokoindrindra, alors prince d'Ambohimalaza, qui fut l'initiateur de cette tradition, "pour que ma tombe ne soit pas foulée aux pieds ou souillée par les chiens" d'après ses propos. Cette coutume ne serait réservée qu'aux seuls descendants d'Andriantompokoindrindra et de son frère Andrianjaka fils de Ralambo.

• Les descendants d’Andriantompokoindrindra comptent célébrer le 400ème anniversaire de l’ancêtre commun. Expliquez-nous en la chronologie par rapport à l’histoire.
- La prise d’Antananarivo par Andrianjaka est communément admise à l’an 1610. Ce que l’histoire officielle n’a pas retenu ce sont les années de règne du frère aîné Andriantompokoindrindra avant qu’il ne renonce volontairement au trône en faveur de son cadet.

Le rôle d’Andriantompokoindrindra est mitigé dans la tradition populaire. Finalement, le grand public ne sait de lui que son inconséquence à préférer faire mat au "fanorona" à trois contre cinq plutôt qu’à répondre à l’appel de son père.
- Encore une fois, l’histoire officielle comporte des lacunes. La légende du Fanorona est une métaphore comme en comportent d’innombrables les évangiles. Andriantompokoindrindra et Andrianjaka ont convenu d’un pacte : les épouses royales, celles qui peuvent transmettre le pouvoir, devaient être prises chez les Andriantompokoindrindra. “Ainsi, disait Andriantompokoindrindra, je règnerai en dernier par l’intermédiaire de mes enfants”.

• On parle très peu des Andriantompokoindrindra. Par contre, on entend beaucoup persifler des "Ambohimalaza". Est-ce la même chose, d’abord ? Et ensuite, l’endogamie est-elle toujours autant pratiquée et beaucoup plus respectée que chez les autres groupes merina ?
- C’est finalement anecdotique. Tous les groupes dans chaque foko pratiquaient d’abord l’endogamie. C’est valable pour l’Imerina et vérifiable même encore de nos jours chez les tribus côtières. Il ne faut pas oublier que les Andriantompokoindrindra, dont les tombes sont surmontées du "tranomanara", avaient un statut princier. Et tous les groupes à statut princier adoptent la stratégie de l’autonomisation par une endogamie plus ou moins stricte. Même les Andafiavaratra, une fois leur pouvoir bien assis, avaient entamé une endogamie entre cousins germains.

• Entre l’association des "Jaky Mena" (NDLR : Zanakandriana, Zazamarolahy, Andriamasinavalona) et le groupe des Andrianteloray (NDLR : Andriantompokoindrindra, Andrianamboninolona, Andriandranando), la tradition Ambohimalaza, incarnée depuis un siècle par le livre de Rasamimanana et de Razafindrazaka, prétend autonomiser les Andriantompokoindrindra : cette prétention a-t-elle quelque fondement historique ?
- Personne ou presque ne sait que le roi Andriamasinavalona était en fait Andriantompokoindrindra de père et de mère. Entre le pacte liant Andriantompokoindrindra et Andrianjaka au XVIIème siècle d’une part et la promulgation du Code des 305 articles en 1881 d’autre part, l’évolution politique n’a pas toujours été favorable aux Andriantompokoindrindra. Si on accepte l’hypothèse de la perte du statut andriana au bout d’un cycle de sept générations, dont auraient été victimes les Antehiroka par exemple, il semble que les Havanandriana rattrapés par ce "deadline" aient eu intérêt à associer aux Andrianteloray les Andriantompokoindrindra, lignage "sursitaire" d’au moins une génération supplémentaire.

• L’opinion publique, prise à témoin, se gausse de ces tiraillements "pour l’honneur" entre différents groupes Andriana. Y a-t-il un Andriana suffisamment charismatique qui sache rassembler ce qui a une tendance particulière à devenir épars ?
- La grande question concerne le "hasina" des Andriana, qu’on pourrait approximativement traduire par "légitimité" sans que ce mot en recouvre parfaitement le concept. Sans nécessairement parler d’une restauration monarchique, il convient de " redécouvrir " les valeurs et principes qui avaient abouti à la structure qu’avait réussie à incarner l’État merina des XVIIIème et XIXème siècles. Il ne faut pas oublier que cet État, malgré ses imperfections et ses lacunes, était un interlocuteur des grandes puissances mondiales de son époque. La légitimité serait, déjà, de ne pas avoir honte de cette histoire mais de vouloir l’assumer.

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 29 Janvier 2015

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