Ralambo

wikipedia.jpgdada.jpg                                     héros civilisateur

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

     Ralambo est l'un des trois grands souverains qu'ont connu le pays merina (centre de Madagascar). Né sous le signe du bélier ou alahamady, il a régné de 1575 ap Jc à 1610. Ralambo succède à son père Andriamanelo, le roi d'Alasora. Pourtant, c'est au sommet d'Ambohidrabiby, village de son grand-père maternel Rabiby que Ralambo a établi la capitale de son royaume et où il réside avec sa famille et ses conseillers les Andriandoriamanjaka. Il poursuivit la politique d'expansion et d'unification territoriale de son père puis, après avoir conquis la région gravitant autour de Tananarive, attribua à son royaume le nom d'Imerina-Ambaniandro. Plutôt cependant qu'une « invention », il s'agit ici d'une simple officialisation puisque l'appellation même fut en usage longtemps auparavant.

La naissance miraculeuse de Ralambo

Début de la vie

     Né sous le signe de belier ou alahamady dans le village de montagne sacrée d' Alasora au roi Andriamanelo et la reine Randapavola, Ralambo était le seul des enfants de ses parents pour survivre à l'âge adulte. Selon une légende, comme un enfant, il peut avoir été connu sous le nom Rabiby, étant donné le nom Ralambo après avoir tué avec succès un sanglier particulièrement féroce (lambo) dans les bois. [1] Une autre histoire attribue son nom à un sanglier qui marchaient passé le seuil de la maison où sa mère se reposait peu de temps après avoir donné naissance à lui. Cependant, ces deux explications sont susceptibles de provenir à un moment donné après son règne, il est plus probable qu'il a pris le nom Ralambo après la propagation de la consommation de la viande de zébu , appelé lambo dans la proto- langue malgache et le malayo -polynésienne langue dont il est inspiré.

    Une légende populaire imprègne la naissance de Ralambo avec un caractère mystique. La légende raconte que sa mère, qui était connu dans sa jeunesse comme Ramaitsoanala "Dame verte/noire en forêt" (Forest Green), était la fille du Vazimba déesse de l'eau Ivorombe ("Great Bird"). Avec l'aide de sa mère céleste, Ramaitsoanala confronté et surmonté de nombreux obstacles. Après son mariage avec Andriamanelo (quoi elle prit le nom de la Reine Randapavola), l'un de ces obstacles ont pris la forme de difficultés de reproduction: six fois consécutives Randapavola une fausse couche ou perdu ses enfants en bas âge. Quand elle était enceinte de son septième enfant, la reine était particulièrement peur pour son enfant à naître parce que le nombre sept est traditionnellement associé à la mort. Cette fois, Randapavola sollicité l'avis d'un astrologue pour protéger l'enfant à naître d'un mauvais sort. Sur ses conseils, elle a choisi de défier la tradition de l'accouchement du bébé à la maison de village de ses parents Ambohidrabiby , il s'agit de choisir le village de Alasora, au nord de Tananarive , parce que cette direction cardinale incarné grande puissance. Selon l'histoire, la reine a donné naissance à une maison construite pour ressembler à un bateau (appelé kisambosambo) évocateur des origines transocéaniques du peuple malgache. Là, Randapavola prit le nom Rasolobe lors de la livraison un fils en bonne santé, Ralambo, le premier jour du premier mois de l'année (Alahamady), la date la plus propice pour la naissance d'un souverain.

    Pour imposer son autorité, Ralambo disposa de la réputation que lui procura une naissance inespérée et quasi miraculeuse. Fille du roi d’Ambohidrabiby, sa mère, Ramaitsoanala, “Dame verte/noire en forêt”, était aussi bien l’héroïne d’un mythe. Dans celui-ci, Imaitsoanala est la célestielle fille d’une divinité marine, Dame Oiseau ou Ivorombe.
     Après de multiples épreuves dues aux deux épouses terrestres du Prince et contre la volonté — mais avec l’aide — de sa mère oiseau, elle défit ses rivales et devient la seule épouse d’Andriambahoaka, “Prince du peuple des embouchures”, qui l’aimait, et donna naissance à un garçon, également appelé Andriambahoaka. Elle sera donc à l’origine d’une nouvelle dynastie ressourcée en mer et dans sa célestialité, tandis que ses deux rivales avaient prouvé leur terrestre stérilité.
     Auréolée d’une telle histoire, Ramaitsoanala, dès lors appelée Randapavola, ne pouvait donner naissance à un prince dans les conditions de la commune humanité. La procréation fut d’ailleurs difficile. La naissance de Ralambo suivit six échecs (fausses couches et mort en bas âge) qui furent autant d’épreuves.
     Pour sa septième grossesse — le chiffre sept étant ici celui de la mort -, il fallut un devin pour savoir où l’accouchement aurait lieu. Ce ne pouvait pas être sur la rive Sud de l’Ikopa où se situe Alasora, mais sur la rive Nord, là où se trouve idéalement la direction du pouvoir, sans pouvoir être non plus chez ses parents, à Ambohidrabiby, comme l’aurait voulu la coutume populaire.
     Ce fut à Ambohibaoladina, non loin d’Ambohimalaza, qu’elle accouchera dans une maison en forme de bateau (kisambosambo) que ses suivants avaient édifiée et qui évoquait les bateaux transocéaniques des origines. La délivrance eut lieu au premier jour du mois du bélier (Alahamady) et Randapavola devint Rasolobe, “Grande Princesse relique”, seule remplaçante des anciennes reliques.
     Un sanglier (lambo), dit la tradition populaire, vint traverser la maison et donna son nom au nouveau-né. Mais il semble bien qu’il s’agisse là d’une réinterprétation, et songeant, dans le contexte, à ses rapports avec le zébu, on ne peut que penser que le souvenir du Sud-Est asiatique était toujours vivace et que, dans ce cas, lambo signifie “bœuf”, comme dans la langue des origines.

Ralambo et ses légendes

Par Charles Ravaojanahary   

    Parmi les souverains antérieurs à Andrianampoinimerina, que nous connaissons seulement par la tradition orale, Ralambo (1575-1610?) est celui sur lequel courent le plus de légendes, aussi extraordinnaires les unes que les autres, mais dont le sens profond est difficile à saisir dans la plupart des cas. Notre propos est de regrouper ces légendes, d'essayer de les interpréter et de les insérer dans l'évolution générale de son règne pour mieux comprendre celui-ci.

   Le père de Ralambo, Andriamanelo, était le grand vainquer des Vazimba : il s'empara d'Alasora et soumit les Vazimba qui habitaient la région en refoulant les récalcitrants jusqu'à Analamanga (Tananarive).

   Qui étaient ces habitants ?

    Selon les uns, ils auraient été les descendants d'immigrants originaires des îles de l'océan Pacifique qui se seraient installés dans la région centrale de l'île depuis les temps les plus reculés. Plus tard d'autres immigrants d'origine malaise, venus de la côte est (les Zafi-Raminia) ou du nord-est (les iharaniens) s'emparèrent du pays et s'y marièrent. Ces derniers arrivés, qui seraient les anc^tres des Hova, imposèrent aux autochtones vaincus, un nouveau statut politique et social qui fut appelé "Manjakavahoaka" (charges et responsabilités assurées par les Hova).

    D'autres affirment au contraire, qu'il n'y a pas eu deux ethnies différentes ou l'une aurait subjugé l'autre, mais que les Vazimba seraient un type de société archaïque, qui, en évoluant, aurait donné une nouvelle forme de société, appelée la société Hova.

    En somme, pour certains, les Hova sont une ethnies, alors que pour les autres ils sont une forme de société.

    Quoi qu'il en soit, les connaissances qui nous sont parvenues sur la vie politique et sociale des habitants du centre de l'Île à la fin du XVIe siècles sont maigres, puisque nous pouvons tout juste avancer comme certains les quelques faits suivants :

    - Les habitants d'alors n'avaient ni la notion d'Etat ni celle de Royaume : repartis en clans (foko), censés descendre d'ancêtres communs plus ou moins mythiques, ils habitaient des villages perchés au sommet des collines, mais leur vie quotidienne restait étroitement liée aux vallées et aux marais voisins.

    - Chaque village réglait lui-même ses propres affaires et se réunissait dans une assemblée de village (Fokonolona) sous la direction de son chef (andriana) qui, en général, cherchait à accaparer le pouvoir pour lui et sa famille.

    - Enfin l'exogamie était de règle, mais le matriarchat, moins rigoureux qu'autrefois, commençait à tomber en désuétude : quoique encore pratiqué , il n'était plus qu'une survivance ancienne.

    Tel est le contexte dans lequel s'inscrivait à Imerimanjaka ce que, faute d'en avoir saisi le sens exacte, on appelé jusqu'ici le "royuame" d'Andriamanelo. En fait, Rangita et Rafohy, en lui léguant leur domaine, ne lui en laissèrent que l'usufruit, puisqu'à sa mort, l'ensemble des biens devait revenir à son frère Andriamananitany : "Aujourd'hui, toute la journée, il (l'héritage) est à toi, Andrimananelo, parce que tu est le fils aîné ; mais à la fin il revient à Andriamananitany".

    Or ces "instructions des ancêtres" pesèrent lourdement sur les règnes d'Andriamanelo et de son fils Ralambo.

    Andriamanelo est certainement le premier seigneur (Andriana)à avoir songé agrandir ses terres en se basant sur les impératifs suivants :

    - étendre son domaine sur un vaste région, donc sur un ensemble de plusieurs villages ;

    - concentrer de plus en plus le pouvoir entre ses mains, au détriment du fokon'olona ;

    - conserver autorité et dignité pour les remettre à son fils.

    Avant de voir triompher ses idées, bien des difficultés surgirent, mais elles n'arrêtèrent pas Andriamanelo dans ses projets. Pour parvenir à ses fins, il fut amené à enfreindre des interdits, comme ce fut le cas, par exemple, pour le mariage incestueux de son fils, ou à supprimer les opposants et même assassiner son frère Andriamananitany, quand ces derniers se groupèrent autour de lui. Enfin les attaques incessantes de ses voisins l'obligèrent à faire creuser des fossés autour des villages qui lui appartenaient, pour les protéger.

    En ouvrant la voie à son fils, Andriamanelo ne fut qu'un précurseur, c'est Ralambo qui eut le mérite de savoir faire accepter sans contestation les nouvelles idées politiques de son père. Il les clarifia même en quelques principes essentiels que l'on pourrait formuler ainsi :

    - d'abord, faire des villages conquis ou ralliés un domaine d'un seul tenant, ayant conscience d'appartenir à un seul seigneur ;

    - faire admettre dans son principe la notion d'autorité sans partage qu'il avait imposée jusqu'ici ;

    - enfin consolider cette autorité en lui trouvant des assises d'ordre spirituel.

L'existence matérielle du domaine et son unification

    Comme nous l'avons vu, Andriamanelo agrandit ses propriétés en les étendant sur une plus vaste région, mais il ne parvint pas à en faire une terre d'un seul tenant. Par ailleurs, il ne semble pas que les habitants des régions nouvellement conquises aient eu conscience d'être rassemblée sous l'autorité d'un seul seigneur car dans certaines parties, cette autorité était exercée en fait par les chefs ralliés à Andriamanelo, tel par exemple Andriandranando qui était le maître de la région compise entre Vodivato et Ambohitsitakatra.

    L'héritage qu'Andriamanelo légua à son fils, était constitué de plusieurs propriétés éparpillées autour d'Alasora et d'Imerimanjaka.

    Ralambo au contraire sut matérialiser son autorité en créant un domaine d'un seul tenant, avec des frontières encore floues, certes, mais signalées par des pierres levées.

    En général ces pierres étaient érigées pour commémorer une victoire, et donnaient lieu à de grandes cérémonies où Ralambo ne manquait pas de rappeler qu'avec les bénédictions des dieux et des ancêtres, il était le seul maître incontesté du domaine et de ses habitants. Ainsi petit à petit parvint-il à créer chez ces derniers la conscience d'appartenir à une seule sommunauté territoriale et politique.

    Pour expliquer cette évolution, nous allons d'abord tenter de faire l'inventaire des propriétés de Ralambo à son avènement ; puis rapporter les légendes qui racontent les hauts faits de guerre qu'il accomplit pour agrandir son domaine, et montrer que celle-ci ne prétendent pas relater plus ou moins fidèlement ses conquêtes, mais sont au contraire une projection idéale de la conseption que ses contemporains se faisaient du rôle et du destin du chef (andriana) ; enfin, comprendre "l'action psychologique" de Ralambo sur ses sujets ; car c'est cette action personnelle qui permit au peuple de prendre conscience de la notion de l'Imerina.

A)- L'héritage

    Après avoir éliminé Andriamananitany, qui devait lui succéder d'après le testament de Rafohy; Andriamanelo s'appropria le domaine d'Alasora et ses dépendances, dont l'ancienne "capitale" Imerimanjaka, et les légua à son fils Ralambo. L'héritage pouvait donner lieu à contestation, et c'est ce qui arriva, comme nous le verrons plus loin ; mais Ralambo sut affirmer son autorité.

    Pour continuer cette expansion, Andriamanelo avait le choix entre deux directions, le sud et le nord.

    L'extension vers le sud aurait été normale, car ses ancêtres en étaient otiginaires, et plus faciles aussi, car il n'y avait pas de difficultés naturelles telles que cours d'eau ou rélief inaccessibles. Agrandir le domaine d'Imerimanjaka dans cette direction et y englober toutes les terres jusqu'à la région d'Ampandrana fut certainement pour lui une tentation très forte.

    Mais il préfera s'étendre vers le nord, malgré les obstacles que constituaient le fleuve Ikopa et les marais qui jouxtaient ses berges.

    Les raisons de ctte préférence et les justifications de sa politique d'extension vers le nord peuvent s'expliquer par une légende qui a trait à l'une de ses femmes : "Randapavola accoucha six fois, sans qu'un de ses enfants survécût ; à l'occasion de la septième grossesse, elle consukta le "sikidy" et se rendit auprès d'Andriamanalina, le chef des sorciers. On voulait consulter le "sikidy" ici au sud d'Andranomiry, mais on n'arrivera à rien. On le consulta de l'autre côte, au nord de cette rivière, et le "sikidy" cette fois se montra favorable, Randapavola partit donc et traversa l'eau à Mahitsiandriana".

    Si le nord est en effet une direction favorable au destin d'un andriana, il est plus probable qu'Andriamanelo choisit cette voie parce que dès ce moment il pensa léguer à son successeur éventuel un domaine unifiant ses terres du nord, Ambohidrabiby, héritage maternel incontesté, et celle du sud, Alasora, qui lui appartenaient après l'assassinat de son frère Andriamananitany.

    Dès lors Andriamanelo fut souvent en guerre avec ses voisins mais sa tâche fut facilitée par la superiorité de ses armes,car il avait des sagaies en fer forgé, que ne possédaient pas encore ses ennemis.

    A sa mort, il laissa à son fils Ralambo un domaine qui n'était pas encore unifié, certes, mais très important pour l'époque, puisque ses terres s'étendaient des abords de la colline d'Analamanga (Tananarive actuelle) à Antanamalaza.

    Par ailleurs, le matriarcal étant encore plainement accepté, Ralambo hérita sans la moindre difficulté d'Ambohidrabiby, le domaine de son grand père maternel, comme l'affirme la légende recueillie par Callet : "Ramaintsoanala donna naissance à Ralambo à qui revint Ambohidrabiby car c'atait là que son grand-père avait eu pour fille sa mère".

 

B)- Les conquêtes

 

 

    En cherchant à unifier complétement les deux ensemlbes de propriétés, constituées des héritages paternels et maternels, Ralambo continua l'oeuvre entreprise par son père. Il fut aidé dans cette tâche par des collaborateurs avisés et dévoués, son fils Andrianjaka et ses conseillers Andriamanalina et surtout Andriandranando que les légendes citent avec complaisance.

    Ces légendes, qui relatent batailles et victoires, seront rapportées puis commentées pour montrer les conséquences psychologiques que Ralambo pouvait en attendre.

    Si ces récits insistent sur la puissance extraordinaire et surnaturelle des moyens dont disposait Ralambo, ils n'en laissent pas moins voir une évolution qui est remarquable.

    Dans les premières années de son règne, Ralambo paraît soumis à l'action de forces surnaturelles qui ne lui laissent que peu d'initiatives ; puis, sa personnalité de chef s'affirmant, ces forces s'estompent et il les utilise à son profit. D'ailleurs, les légendes qui rapportent ses victoires ne doivent pas être considérées comme une relation fidèle des batailles qui ont eu lieu, mais comme une projection idéale de la conception que ses contemporains se faisaient du rôle et du destin du chef.

    Cette psychologie du merveilleux, qui paraît presque toujours précédé l'éclosion du sentiment national se retrouve dans tous les récits rapportant les victoires de la première période du règne de Ralambo, celle où sa personnalité s'efface devant les puissances surnaturelles. Aussi les appelera-t-on "les Récits merveilleux" par opposition à ceux de la deuxième période qui sont intitulés "les récits politiques".

 

1° Les Récits merveilleux

 

    a) La bataille d'Ambohipeno

    Le tantara ny Andriana la rapporte ainsi :

    "Apprenant que l'ennemi s'apprêtait à investir Ambohipeno, Ralambo en informa Andrianjaka, qui se rendit auprès d'Andriandranandrobe et lui rapporta les propos de Ralambo en déclarant : le souverain vous fait dire d'agir selon votre habitude".

    La troupe ennemie arriva pour livrer l'assaut à Ambohipeno. Andrianjaka se trouvait alors à Ambohipo, mais Andriandranandobe ranima l'espoir de tous en disant "Rassurez Ralambo, car cette troupe ennemie ne reviendra pas par où elle est venue".

    Les ennemis montèrent à l'assaut d'Ambohipo, Andriandranandobe lanàa un oeuf pourri à l'un de ceux qui la composaient et atteignit par ce seul coup l'armée toute entière : tous périrent dans les marais qui se trouvent au nord d'Alasora.

    Cette légende permet deux observations intérressantes.

    La première, en montrant la passivité de Ralambo en cette affaire, prouve que l'intervention de la puissance de l'Andriana n'est pas nécessaire, car d'autres forces agissent en sa faveur. Ainsi s'explique son inertie et celle de son fils, puisque Ralambo demande seulement à son oncle Andriandranando "d'intervenir selon son habitude". Il fait porter les instructions par son fils Andrianjaka, qui, une fois sa mission remplie, reste à Ambohipo sans pariciper à l'opération.

    La seconde, en mettant en jeu l'oeuf avorté, précise la nature des forces qui agissent en faveur de Ralambo : ce sont des puissances surnaturelles et maléfiques. Dans l'esprit des anciens malgaches, l'oeuf à qui reçu, comme les autres, le principe de vie avec toutes les conditions nécessaires à son développement et à sa réalisation, mais qui n'est pas arrivé à son terme normal et naturel "le poussin", est sous la puissance maléfique d'un mauvais esprit, d'un mauvais sort. Il est la vie qui a été donnée mais qui ne s'est pas réalisée, et qui s'est éteinte.

    L'oeuf avorté garde en puissance une force maléfique et c'est ce que veut exprimer le verbe "mandamoka" d'où vient le mot employé dans le récit et qui signifie au sens figuré : "ne pas réussir". C'est la malédiction attachée à une personne qui n'a pas d'enfants et qui n'en aura jamais, malédiction entre toutes terrible parce que la personne sur laquelle elle pèse ne réussira jamais ce qu'elle entreprend.

    De nos jours cette croyance, est encore vivace. C'est ainsi que pour protéger une famille ou un village contre des malfaiteurs, le dévin ou sorcier (ombiasy, mpisikidy) enterre des oeufs avortés mélangés à d'autres ingrédients devant la porte d'entrée du village ou de la maison et aux quatre points cardinaux. Les malfaiteurs sont refoulés, ou s'ils arrivent à entrer, ils se mettent malgré eux au service du propriétaire pour effectuer des travaux domestiques ingrats tels que nettoyer la cour, porter le fumier aus champs etc...

    b) La bataille d'Ankonamantsina

    La légende la conte de cette façon : "...Une troupe vint se montrer à Ambohibaoladina, à l'est de Betafo..."

    Quand on prévint Andrianjaka, il vint tout des suite. Andrianadranandrobe lui fit dire : "Informez Ralambo et Andrianjaka que j'agirai de telle sorte qu'aucun des ennemis ne reviendra ; aussi ayez confiance".

    Les ennemis vinrent, passerent à Faly et trversèrent la rivière au nord de Behintsy. Andriandranando les attaqua, tira sur eux en se servant de son bras gauche et batonnêts d'ambiaty. Cette troupe périt elle aussi à Ankona.

    C'est pour cela qu'on désigna la localité par le terme d'Ankonamantsina (aux marais infects). On vit alors pour la première fois un fusil dans le pays.

    Ici, la légende nous paraît plus vraisemblamble car il est bien évident que des hommes, qui entendent pour la première fois des coups de fusil et en voient les effets, peuvent être pris de panique.

    Mais si nous n'y voyions que la peur due à l'emploi d'une arme nouvelle, nous risquerions encore de ne pas comprendre la légende, car à l'époque on croyait que certais hommes avient le pouvoir de manier la foudre à leur guise.

    Qu'Andriandranando eut ce pouvoir, paraissait tout à fait normal, puisque son contemporain Andrianafovaratra, seigneur de Merinkasinina, était connu pour se servir de la foudre et casser ainsi son bois de chauffage. Cette croyance était si ancrée dans les esprits, qu'elle survit encore actuellement.

    En plus de son fusil, Andriandranando se servit aussi de batonnêts d'ambiaty qu'il lança sur ses ennemis. Or l'ambiaty n'est qu'un bois très léger, dont le choc ne peut matériellement causer aucun dommage, mais il aurait, d'après les croyances malgaches, le pouvoir de chasser les mauvais esprits.

    Batonnêts d'ambiaty ou tous autres objets de sorcellerie n'ont de pouvoir que per l'intervention de l'homme qui déclanche leur action. Or cet homme doit, lui-même, posseder la "vertu surnaturelle" appelée "Hasina" que les dieux et les ancêtres n'accordent qu'à ceux qu'ils en jugent dignes et qu'ils choisissent. Aussi toute la vie de ceux qu'on appelle "sorciers ou devins" (ombiasy, mpanitsaka andro), tend à mériter ce "Hasina".

    En ce domaine d'ailleurs, les souverains sont privilégiés puisqu'ils "possèdent un puissance divine ou sacrée" comme l'affirme Raombana, qui explique ainsi l'efficacité du Tangena.

    Si Andriandranando, qui avait la réputation d'être "un vaillant guerrier, un homme averti et un étonnant devin" mit l'ennemi en déroute à Ambohipeno et à Ankonamantsina par l'intermédiaire de l'oeuf avorté et des batonnêts d'ambiaty, c'est parce que justement il possédait "cette puissance divine et sacrée" dont parle Raombana.

    Mais celle-ci ne lui appartenait plus, car elle revenait au seigneur dont il dépendait, du jour où il eut reconnu le droit au trône de la lignée d'Andriamanelo, au service duquel il se mit et à qui il prêta serment d'allégeance et de fidélité.

    A la mort de celui-ci, il continua à servir son fils Ralambo avec dévouement.

    Comme les Zanakandriamasinavalona, qui faisaient absorber le Tangena, Andriandranando n'était qu'un simple intermédiaire entre Ralambo et la puissance surnaturelle de l'oeuf avorté ou de l'ambiaty, et c'est ainsi, sans doute, qu'il faut interpréter l'ordre que lui donna Ralambo "d'agir selon son habitude" lors de la "bataille" d'Ambohipeno.

    C) Les batailles de Hiaramy et d'Ambohimanambola

    Le texte des récits des victoires que Ralambo remporta de la bataile de Hiaramy et d'Ambahimananmbola allongeraient inutillement cette étude et n'apporteraient aucun élément nouveau. Ils sont toujours marqués par l'inértie de Ralambo et l'intervention des puissances surnaturelles, mais celles-ci maintenant portent un nom : Ikelimalaza.

    Quelle était cette force ?

    Il s'agit d'un sampy (talisman) plus puissnt que tous ceux qui existaient alors. A ce sujet la légende rapporte que les premiers sampy seraient venus en Imerina au temps de Ralambo, mais il nous est impossible de dire si ceux qu'on appelait les "Hova" les ignoraient ou, si connaissant leur existence, ils ne s'en seraient pas servis jusqu'alors.

    Quoi qu'il en soit, les Vazimba en possédaient et n'hésitaient pas à les utilisaient d'une manière habituelle, comme le prouve la légende d'Andrianafovaratra, déjà citée plus haut.

    Dès que Ralambo était mis dans l'obligation d'en posséder, mais ceux-ci devaient être les plus puissants dans tout le pays, et c'esyt ainsi qu'apparut le sampy Ikelimalaza représenté par une idole dont la puissance invincible fut prouvée par les victoires de Hiaramy et d'Ambohimanambola.

    Ici prend fin le cycle des récits merveilleux où des puissances surnaturelles, d'abord impersonnelles, interviennent en faveur de Ralambo, pour se matérialiser ensuite sous la forme d'Ikelimalaza, talisman réputé comme le plus puissant de tout le pays.

    Mais ces récits ont également le désir de frapper l'imagination populaire, afin de faire accepter le regroupement que Ralambo était en train d'imposer.

    C'est l'histoire de ce regroupement qui se trouve dans les légendes suivantes et dont l'ensemble sera intitulé les "récits politiques".

 

2° Les récits politiques

    Dès lors les interventions de Ralambo sont plus actives, comme d'ailleurs, dans une certaine mésure, celles de son fils Andianjaka.

    Sa personnalité se dégage du contexte merveilleux dans lequel il se trouvait réduit à la passivité, pour s'affirmer en celle d'un chef avisé, et c'est ainsi que nous verrons ralambo ne pas hésiter à empoyer la ruse et la force tout en gardant le souci de montrer la supériorité de ses idoles.

    a) La prise de Merinkasinina

    Voici comment la légende rapporte la prise de Merinkasinina : "...Ralambo attaque Merinkasinina : les gens de cette localité furent preuve d'obstination parce qu'ils avaient confiance en leurs amulettes ; ...Andrianafovaratra, un Vazimba et chef à Merinkasinina, était protégé par ses sotillèges et par ses amulettes...Comme sa force était bien connue pour cette raison, Ralambo envoya chercher Ikelimalaza et Andrianandritany...Andrianandritana était une personne en haute estime ;...il (Ralambo) l'envoya chez Andrianafovaratra : Venez, lui dit-il, à un rendez-vous que vous donne Ralambo à la campagne en contre-bàs et au sud de Merinkasinina". Andrianafovaratra descendit pour se rendre auprès de Ralambo. Alors Andrianandritany mit le feu au village de Merinkasinina qui brûla, de telle sorte qu'Andrianafovaratra n'y revint plus, mais s'enfuit,  fut surpris à la campagne par Ralambo, vaincu quoique porteur de ses amulettes, et banni dans la direction de l'est sur les côtes du Vakiniadiana ; il ne put jamais se relever et ne revint pas, étant à jamais banni.

    Le récit montre pour la première fois les visées politiques de ralambo : si les idoles conservent leur pouvoir, le bannissement à vie du chef Vazimba s'avère plus intéressant, car l'annexion de Merinkasinina permet la réunion de ses domaines du nord et du sud.

    Ralambo d'ailleurs avait déjà invité à plusieurs reprises les habitants de Merinkasinina à reconnaître sa souveraineté. Ces derniers "firent preuve d'obstination parce qu'ils avaient confiance en leurs amulettes" et qu'Andrianafovaratra avait une réputation redoutable. Longtemps après sa défaite, sa puissance terrorisait encore les hommes de Ralambon à tel point qu'une des femmes de ce dernier étant morte, peu de temps après la prise de Merinkasinina, tout le monde attribua sa mort à la puissance des amulettes d'Andrianafovaratra et à sa malédiction. Pour contrebalancer cette influence néfaste des talismans Vazimba, il fallait donc tranquilliser les esprits et leur faire croire que Ikelimalaza etait plus puissant que les talismans d'Andrianafovaratra. Ainsi s'explique l'insistance du récit sur la défaite du chef Vazimba, "vaincu, quoique porteur de ses amulettes". Par ailleurs on peut mettre en doute la présence d'Ikelimalaza à Merinkasinina, et il est probable que la légende n'en a parlé que plus tard. Quoi qu'il en soit, Ikelimalaza était présent, il ne joua aucun rôle.

    La défaite des Vazimba cependant n'était pas aussi définitive que la légende veut nous le faire croire ; son instance à répéter le départ définitif et le bannissement de leur chef le montre suffisament. D'ailleurs le fils de Ralambo, Andrianjaka, aura encore des démêlés avec eux et devra continuer la lutte.

    Cette victoire est un moment important dans la politique d'expansion territoriale de Ralambo, car le domaine d'Andrianafovaratra formait une esclave dans ses terres. Avec la défaite du chef Vazimba.Merinkasinina devint désormais la limite orientale des propriétés où s'exerce son autorité et permet de réunir les domaines du nord et ceux du sud.

    Ralambo abandonna alors Alasora pour aller s'installer à Ambohidrabiby. Il célébra avec éclat sa victoire : une pierre fut érigée à Ambohibato, près de Merinkasinina. Il affirma son autorité à cette occasion en disant : "Je vais l'ériger (cette pierre), car c'est ici que j'ai pris possession du pays et la chrge de sa direction".

    Ainsi Ralambo touchait presque au but déjà fixé par son père : l'unité du somaine, l'affirmation de son autorité sur les habitants étaient pratiquement réalisées ; mais rien n'était encore fait en ce qui concernait sa succession.

    Si cette troisième idée guidait sa politique, la coutume restait obscure à ce sujet et Ralambo hésitait entre ses deux fils, comme le montrent les légendes.

    La coutume ne lui permettant pas d'imposer un choix, et ses conseillers comme le peuple manifenifestant des avis divers, Ralambo louvoya et attendit un moment favorable.

    La bataille d'Ambohidrabiby lui en fournit l'occasion : elle montra les qualités de son fils préféré Andrianjaka, que les ancêtres comme le sort parurent désigner.

    b) La bataille d'Ambohidrabiby

    Une coalition de Sihanaka, d'Ontaivo et de Bezanozano investit Ambohidrabiby. Ralambo convoqua ses deux filsAndriatompokoindrindra refusa de venir tout de immédiatement, occupé qu'il était à son jeu favori (le fanorona). Par contre, Andrianjaka, dès qu'il fut informé, accourut. Il conseilla à son père de remplir de cendres, de son et de bouse de vache le fossé qui entourait le village et d'y mettre le feu. Et le Tantara ny Andriana rapporte la bataille en ces termes : "A l'arrivée des ennemis, on les provoqua en se tenant sur le bord du fossé...Les ennemis virent le fossé plein, car il semblait couvert ; mais c'était du feu qu'il y avait dessous. Alors les gens du village tirèrent deux coups de fusil et s'enfuirent. Les ennemis crurent qu'ils étaient vaincus  ; ils ne firent pas de détours, mais se précipitèrent tout droit vers l'endroit où l'on avait tiré. Ils tombèrent dans le brasier, y furent brûlés..."

    Ce n'est pas ici la ruse de guerre employeé par Andrianjaka qui doit attirer l'attention. Elle fait partie de l'arsenale classique et on la retrouve, citée par J. Rasamimanana et L. Razafindrazaka, mais cette fois à propos d'Andriantompokoindrindra.

    La légende, en fait, met l'accent sur le triomphe de la toute puissance de Ralambo, présenté comme le protecteur idéal du peuple, triomphe auquel est associé Andrianjaka. Il est dit en effet, que "...les idées du père et celles du fils étaient toutes priooches l'une de l'autre...". Ainsi, en même temps, est accréditée l'idée d'un successeur déjà triomphant en la personne de son fils.

    La suite de la légende insiste sur cet aspect : Ralambo, profitant de la joie générale, présente Andrianjaka au peuple.

    "J'ai demandé l'aîné, dit-il, et il n'est pas venu , ...j'ai fait appeler par contre celui-ci (Andrianjaka) et il a ramassé son lamba, son salaka, sa lance, son bouclier et son chapeau blanc pour accourir. Et cela est conforme aux instructions des ancêtres...". Les gens applaudirent, le peuple applaudit Andrianjaka et déclara : "nous non plus, nous ne chageons pas ; c'est lui qui sera le maître en dernier lieu...".

    L'idée sous-entendue au départ est maintenant explicité. Ralambo désigne son successeur et ce faisant, lui assure une double garantie : le parrainage des ancêtre qu'il évoque adroitement et l'approbation pôpulaire qu'il suscite en profitant de la joie générale.

    A travers ces récits de conquêtes, que les légendes attribuent à Ralambo nous pouvons déceler les lignes directrices de sa politique :

    - possession "d'une puissance divine et sacrée" qui permet à Ralambo de commander aux forces surnaturelles et, qui est, pour le peuple, la preuve manifeste que les ancêtres sont favorables à leur chef ;

    - justification de la prise de possession des terres et de la charge de leur direction ;

    - choix d'un successeur pour conserver dans sa famille la dignité et l'autorité ainsi acquises.

    Fils d'un petit seigneur d'Alasora, Ralambo après ses victoires, se trouve à la tête d'une domaine très vaste pour son époque. Mais il lui faut modéler l'esprit de ses sujets et pour que ces derniers puissent prendre conscience du grand changement qui s'opère sous les yeux, Ralambo donne un nouveau nom à son domaine qui dorénavant s'appelera l'Imerina et par la même à son peuple qui devient le peuple Merina.

   

 

 

   

 

la domestication du zébu

Introduit dans l’île par les Anciens avec son nom d’origine soudanienne centrale utilisée en Afrique australe, le bœuf (omby) a pu marronner et redevenir comme sauvage, sans que son élevage ait jamais été abandonné.
La viande de zébu était consommée, comme en témoigne l’archéologie. Or, les traditions racontent que Ralambo aurait fait sacrifier un jamoka, “zébu sauvage”, et en ayant fait cuire et goûter après ses serviteurs, il aurait déclaré que la viande en était bonne, après quoi, ayant fait entrer des bêtes dans un parc, il les auraient nommées “omby” parce qu’elles y avaient toutes trouvé place. Le même tantara est localisé à Ambohimalazabe, à Ambohidrabiby et à Mamiomby en Andringita. En fait, ce que Ralambo fit, ce fut d’abord de généraliser l’usage du mot omby pour remplacer jantoka, le vieux mot d’origine asiatique.
Ce fut ensuite de permettre, à son usage et à celle des siens, la consommation de certains zébus qui, comme les bêtes laissées libres d’aller et venir et pâturer en liberté (leharanjy), en avait été exemptés. Ce fut surtout d’affirmer sa légitimité et, en s’en réservant certains morceaux la bosse (trafon-kena) et la culotte (vodihena) qui, dans toute l’île, étaient destinés aux Grands de la société, d’en retirer la disposition à d’autres qui en bénéficiaient jusqu’alors.

la fête du Bain

De même n’a-t-il pas créé ex nihilo le Fandroana “Fête du Bain”, mais il l’a profondément modifié. Antérieurement, le Fandroana, à la fois rituel agraire et fête dynastique de bain des reliques royales, avait lieu au début de l’année solaire, au début du mois d’Asaramanitra de l’ancienne année à dénomination sanscrite. Ralambo l’inscrivit dans le calendrier d’origine arabe et le situa au premier croissant de la lune du Bélier (Alahamady) au jour anniversaire de sa naissance.
Derrière le rituel dynastique, il personnalise la fête et organise son propre culte, abandonnant désormais l’Alakaosy, “Lune du Sagittaire”, à la célébration des anciens princes.
Dès lors, bien que l’on ait continué à confectionner des reliques (solo) on connaît notamment celles d’Andriantompokoindrindra et Andrianjaka, honorées jusqu’au début du XXe siècle, le Bain sera celui du Dieu visible (andriamanikitamaso) que devient le souverain vivant. Mais des anciennes reliques, Ralambo choisit celles qu’il conserva en fonction du nouvel équilibre politique. C’est ainsi qu’elles devinrent sampin’Andriana.

De même qu'Andrianampoinimerina 150 ans plus tard pour concrétiser sa puissance spirituelle ancestrale et la sienne, il va remodeler la cérémonie la plus ancienne et la plus importante: l’Asaramanitra "Fandroana", appelée inexactement le " bain royal". "Ralambo institua le Fandroana en souvenir des ancêtres, ainsi que pour les sanctifier et les invoquer, je n’y changerai rien. Voici maintenant ce que j’ai à dire, je m’emploie, moi le roi, à les sanctifier et pour cela, à l’occasion du Fandroana , vous sacrifierez un bœuf volavita et un autre qui soit beau, sur chacune des douze collines où reposent mes ancêtres, voilà ce que vous leur offrirez au retour du Fandroana. Je vous en informe, ô mes sujets, pour que vous n’y changiez rien et que vous vous rappeliez mes ancêtres . Vous pourrez ainsi me sanctifier en en augmentant le nombre. Mes douze femmes correspondent en nombre aux douze collines sacrées, elles m’offrent le " hasina", offrande de piastre entière au moment du Fandroana, elles font prendre le "jaka" et le " tatao" , viande consacrée à la population et datant du Fandroana de l’ année d’avant, pour permettre aux gens de vieillir et atteindre mille ans, voilà ce que vous ferez, ô mes sujets, car ce sont là mes ancêtres que vous prierez. Voici les sommets que vous invoquerez : Ampandrana , Merimanjaka, Alasora, Ambohitrabiby, Antananarivo, Ambohimanga, Ambohidratrimo, Ilafy, Namejana et les douze collines sacrées des ancêtres à ajouter aux noms précédents, voilà ce que vous invoquerez quand vous prierez pour moi. Quand vous invoquerez vos ancêtres, il faudra vous rappeler que les miens précèdent les vôtres".
Ch. G. Mantaux et H. Ratsimiebo Copyright L’Express de Madagascar

organisation des rangs

Enfin, l’on retient qu’il organisa les andriana. Appliquant le principe hiérarchique aux descendants de Rangita, il en fixa les rangs en fonction de la proximité généalogique.Abstraction faite de la famille royale stricto sensu, cette hiérarchie plaça au premier rang les Andriantompokoindrindra, descendants du fils aîné de Ralambo, ainsi que ceux de sa sœur ; puis, au deuxième rang, ceux de son cousin germain, Andrianamboninolona et de ses frères et sœurs , au troisième rang, ceux d’Andriandranando ; enfin, au quatrième rang, ceux de ses autres enfants formant les ZanadRalambo “Enfants de Ralambo”.

Ainsi fixés, les rangs du groupe andriana demeurèrent tels jusqu’à Andriamasinavalona. Mais il faut noter que, structure politique, cette hiérarchie pouvait intégrer des personnes ou des groupes n’ayant pas d’attache généalogique avec la descendance de Rangita.
Ainsi en est-il, dès l’origine, des Andrianakotrina d’Ambohimahatsinjo qui, en contrepartie des terres d’Ambatofotsy et de Manandriana cédées à deux fils de Ralambo, furent intégrés aux ZanadRalambo.Ces andriana parents de Ralambo étaient alors peu nombreux. Mais même privé du réseau de relations que pouvaient constituer ceux qui étaient devenus des roandriana, Ralambo a pu réunir l’Imerina ambaniandro par une politique qui satisfaisait les aspirations populaires et bénéficiait d’un large soutien. Avec Antananarivo, son fils Andrianjaka donnera au royaume la capitale tant désirée.

Naissance muraculeuse de Ralambo

Début de la vie

    Né sous le signe de belier ou alahamady dans le village de montagne sacrée d' Alasora au roi Andriamanelo et la reine Randapavola, Ralambo était le seul des enfants de ses parents pour survivre à l'âge adulte. Selon une légende, comme un enfant, il peut avoir été connu sous le nom Rabiby, étant donné le nom Ralambo après avoir tué avec succès un sanglier particulièrement féroce (lambo) dans les bois. [1] Une autre histoire attribue son nom à un sanglier qui marchaient passé le seuil de la maison où sa mère se reposait peu de temps après avoir donné naissance à lui. Cependant, ces deux explications sont susceptibles de provenir à un moment donné après son règne, il est plus probable qu'il a pris le nom Ralambo après la propagation de la consommation de la viande de zébu , appelé lambo dans la proto- langue malgache et le malayo -polynésienne langue dont il est inspiré.

    Une légende populaire imprègne la naissance de Ralambo avec un caractère mystique. La légende raconte que sa mère, qui était connu dans sa jeunesse comme Ramaitsoanala "Dame verte/noire en forêt" (Forest Green), était la fille du Vazimba déesse de l'eau Ivorombe ("Great Bird"). Avec l'aide de sa mère céleste, Ramaitsoanala confronté et surmonté de nombreux obstacles. Après son mariage avec Andriamanelo (quoi elle prit le nom de la Reine Randapavola), l'un de ces obstacles ont pris la forme de difficultés de reproduction: six fois consécutives Randapavola une fausse couche ou perdu ses enfants en bas âge. Quand elle était enceinte de son septième enfant, la reine était particulièrement peur pour son enfant à naître parce que le nombre sept est traditionnellement associé à la mort. Cette fois, Randapavola sollicité l'avis d'un astrologue pour protéger l'enfant à naître d'un mauvais sort. Sur ses conseils, elle a choisi de défier la tradition de l'accouchement du bébé à la maison de village de ses parents Ambohidrabiby , il s'agit de choisir le village de Alasora, au nord de Tananarive , parce que cette direction cardinale incarné grande puissance. Selon l'histoire, la reine a donné naissance à une maison construite pour ressembler à un bateau (appelé kisambosambo) évocateur des origines transocéaniques du peuple malgache. Là, Randapavola prit le nom Rasolobe lors de la livraison un fils en bonne santé, Ralambo, le premier jour du premier mois de l'année (Alahamady), la date la plus propice pour la naissance d'un souverain.

LE PRINCIPE DE LA SUCCESSION ARRANGEE PAR LA DESIGNATION A DEUX DEGRES DES SUCCESSEURS : "FANJAKANA ARINDRA".

     Selon ce principe ,il s'agissait pour le souverain de désigner à l'avance son successeur immédiat en l'occurrence le fils aîné ainsi que le successeur de celui-ci qui peut-être soit le cadet, soit l'un de ses petits-enfants, garçon ou fille .Ainsi, comme on l'a déjà signalé, la reine RAFOHY désigna son fils aîné ANDRIAMANELO comme son successeur immédiat et son second fils ANDRIAMANANITANY comme successeur de l'aîné. "ANDRIAMANELO, disait-elle,tu exerceras le pouvoir le JEUDI et ce pouvoir appartiendra à ton frère cadet le VENDREDI"
     Pour se conformer aux volontés de sa mère dan l'application du principe, ANDRIAMANELO fit assassiner ANDRIAMANANITANY . Puis il légua son royaume à son fils RALAMBO(1570-1610) et intima à ce dernier de conclure un accord avec son cousin germain ANDRIANAMBONINOLONA, fils d' ANDRIAMANANITANY .Selon cet accord, si ANDRIANAMBONINOLONA avait un fils,celui-ci serait le successeur de RALAMBO. S'il avait une fille, RALAMBO l'épouserait. Le roi RALAMBO épousa donc sa nièce RATSITOHINIMANJAKA ou RATSITOHINA, petite-fille d'ANDRIAMANANITANY, son oncle paternel, après avoir rempli dans les règles , la levée d'interdit et d'inceste « ALA-ONDRANA »(8). Ainsi en la personne de RATSITOHINA , devenue l'épouse du roi RALAMBO, ANDRIAMANANITANY régna à la suite d'ANDRIAMANELO .Le royaume reste dans la même lignée.
     Cet exemple démontre le souci des rois d'Imerina de conserver le pouvoir entre les mains d'une même famille .Et lorsqu'au cours du XIXeme siècle ,les institutions deviennent plus structurées et plus « précieuses » devant les turbulences dues aux assauts extérieurs (évangélisation-recherches de marché ...) , les pouvoirs en place vont encore renforcer leurs efforts pour essayer d'endiguer les effets contraires aux profits de la Royauté. La société va être organisée à l'image de la famille royale et celle des familles princières. L'inceste deviendra politique comme dans le grandes dynasties (Cf:Chez les Pharaons).
     Parmi les exemples les plus célèbres de cette désignation à deux degrés, on peu citer celui du roi ANDRIAMBELOMASINA (1730-1770) qui désigna son fils ANDRIANJAFY pour lui succéderdans un premier temps et son petit-fils RAMBOASALAMATSIMAROFY, « celui qui se porte à merveille », le futur grand roi ANDRIANAMPOINIMERINA ,en second lieu. Ce dernier trop impatient d'avoir le pouvoir , évinça son oncle du trône !

Règne

    Andriamanelo régnât à Alasora. Son fils Ralambo   régnât à Ambohitrabiby. A son tour Ralambo décidât d'organiser sa  succession. C'est à lui que l'on doit la constitution du premier ordre de préséance chez les Andriana et la fondation du royaume de l' Imerina.

    RALAMBO, consacre l'unité de la région par un mariage royal et installe sa capitale à AMBOHIDRABIBY (localité située à une vingtaine de kilomètres au nord de l'actuelle ANTANANARIVO). Ce roi est connu pour avoir créé la hiérarchie des quatre castes nobles des ANDRIANA, les premiers impôts, l'apparition du premier fusil en pays MERINA, la premier repas à base de bœuf et la coutume d'ériger des pierres levées en souvenir d'événements importants. Il régnera du dernier quart du XVIème siècle aux premières années du XVIIème.

    Il  désignât d'abord son propre successeur, Andrianjaka, nouveau roi du royaume de l'Imerina. Il instituât ensuite les rangs entre les membres de sa  famille. Il plaçât en premier son fils aîné Andriantompokoindrindra,  seigneur d'Ambohimalaza. Le deuxième fut Andrianamboninolona, seigneur d' Ambohitromby, son cousin germain et beau-père, fils d'Andriamananitany. En troisième arrive Andriandranando d'Ambohibe, époux d'une fille de Rangita et fidèle chef de guerre qui a aidé Ralambo à agrandir le royaume. Enfin il plaçât en dernier tous ses autres fils.

    L'ordre Andriana est ainsi constitué   comme suit. Nous avons :

    1-Andriantompokoindrindra et ses descendants dits Zanatompo

    2-Andrianamboninolona et ses descendants dits Zanakambony

    3-Andriandranando et ses descendants dits Zafindranando

    4-Les autres enfants de Ralambo ou ZanadRalambo.

   Au-dessus d'eux, il y eut donc Andrianjaka le souverain ou  Mpanjaka.  C'’ était cela la famille de Ralambo   .

   Mais il  existait  encore d'autres familles  Andriana  dans la région de Tananarive qui peu à peu ont fait leur soumission   à Andrianjaka et les souverains suivants. Andrianjaka décidât lui aussi de   se désigner un successeur.

   Pour ne pas affaiblir son royaume qui grandissait  de jour en jour, il prit soin d'intégrer ses propres enfants non régnants  dans le groupe des   ZanadRalambo lequel s'appela désormais Zanadralambo-amin-Andrianjaka.

   De même les   Andriana des autres villages ont   été intégrés dans ce groupe au fur et à mesure de leur soumission. 

    Les soldats de Ralambo utilisaient les premières armes à feu dans l'Imerina, dans un cas si effrayant une armée adverse qui ils ont couru dans la rivière Ikopa et se sont noyés.

    Nombreuses réalisations politiques et culturels durables et significatifs de Ralambo de son règne lui ont valu une héroïque et près de statut mythique parmi les plus grands anciens souverains de l'histoire Merina. Ralambo était le premier à attribuer le nom de l'Imerina ("Terre des Merina") dans les territoires des montagnes centrales où il régnait. Il a déplacé sa capitale de Alasora à Ambohidrabiby, l'emplacement de l'ancienne capitale de son grand-père maternel roi Rabiby. Les premiers sous-divisions de la andriana noble caste ont été créés quand Ralambo divisé en quatre rangs. [6] Il a présenté les traditions de la circoncision et les mariages de la famille (comme entre les parents et beaux-enfants, ou entre demi-frères et sœurs) entre Merina nobles, ces pratiques ayant existaient déjà chez certains autres groupes ethniques malgaches. La pratique de sanctifier souverains Merina décédés est également censé pour avoir provenu de ce roi.

    Ralambo est crédité de l'introduction de la tradition de la polygamie dans l'Imerina. La légende Merina de l'origine de cette pratique a été enregistré dans la collection du 19ème siècle de l'histoire orale Merina andriana et généalogie droit de Madagasikara Tantara ny Andriana . Selon cette source, Ralambo avait déjà marié une fois quand son serviteur rencontra la belle princesse Rafotsimarobavina et quatre compagnes regroupant verts comestibles dans une vallée à l'ouest de Ambohidrabiby. Après audition de sa beauté, Ralambo chargé le serviteur de lui faire une offre de mariage en son nom. Le serviteur a demandé trois fois, et chaque fois que la princesse a refusé de donner son consentement, au lieu de répondre "Si Ralambo est roi et je suis reine." La quatrième fois, après Ralambo avait demandé à son serviteur de la porter à lui par la force, la princesse a décidé de se marier à la condition que cela soit fait correctement avec le consentement de ses parents, une condition à laquelle le roi a accepté. Ralambo alors informé sa première femme de son intention de se remarier, à laquelle elle a répondu, "j'approuve votre décision," et le mariage a été fait. Ralambo finalement pris quatre femmes au total: Rafotsitohina, Rafotsiramarobavina, Ratsitohinina et Rafotsindrindra. Ces mariages ont produit trois filles et douze fils, dont l'aîné, Andriantompokoindrindra, a été adoptée au cours de la succession de Ralambo en faveur de son second fils, Andrianjaka .

    Ralambo a élargi et a défendu son domaine grâce à une combinaison de la diplomatie et l'action militaire réussie assistée par l'acquisition des premières armes à feu dans l'Imerina par voie de commerce avec les royaumes de la côte. Selon la légende, quand un groupe de guerriers d'un village près de la rivière Ikopa a tenté d'attaquer le village de Ambohibaoladina, Ralambo effraya tellement les guerriers avec le bruit d'un seul coup de fusil que chaque guerrier a couru dans la rivière Ikopa et s'est noyé. [8 ] L'imposition d'une taxe de capitation pour la première fois (la Vadin-aina, ou «prix de la vie sécurisé"), il a été en mesure d'établir le premier debout Merina armée royale [9] et les unités établies des forgerons et des orfèvres de les équiper. [ 7] Il célèbre repoussé une tentative d'invasion par une armée de puissants côtières de l'ouest gens Betsimisaraka sur un site maintenant connu sous le nom Mandamako ("Lazy") à Androkaroka, au nord de Alasora. Le Betsimisaraka traditionnellement seulement combattu la nuit et si on a trouvé endormi dans leur camp par Ralambo et ses hommes et ont été facilement vaincus. [9] Dans un autre incident célèbre, l'armée de Ralambo un piège pour un roi Vazimba nommé Andrianafovaratra qui prétendait contrôler tonnerre. L'émissaire de Ralambo, un homme du nom de Andriamandritany, a été envoyée au roi Vazimba de l'inviter à participer à un concours de supériorité contre Ralambo. Alors que Andrianafovaratra voyage pour rejoindre Ralambo pour la compétition, Andriamandritany mis le feu à la capitale Vazimba de Imerinkasinina. Le roi Vazimba vu la fumée et a commencé à accélérer vers le village mais a été capturé dans une embuscade tendue par les troupes de Ralambo et a été contraint de s'exiler dans les forêts loin à l'est.

Ethnonymie

    Selon les sources, on observe plusieurs variantes : Antimerina, Hova, Imerina, Merinas, Ovah, Tsimahafotsy, Tsimiamboholahy2.

    Le nom du royaume merina fut formé à Ambohidrabiby par le roi Ralambo ce mot pourrait venir, selon certains spécialistes, de la racine pemerin qui signifie « gouvernement » ou « royaume » en vieux malais. On le retrouve dans le vieux malgache mpimerina = « gouverneur » et encore dans le malais et l'indonésien actuel : pemerin = gouvernance et pemerintan = dirigeants.

    Cependant, cette origine du mot Merina est encore contestée par certains historiens malgaches, qui pensent y trouver d'autres origines. Ainsi, il existe plusieurs avis différents sur la vraie origine de ce mot. Ainsi, d'après les recherches théologiques du Pasteur Tolotra Ratefy, les mots « Imerina » (nom du royaume dans les Hautes Terres Centrales de Madagascar) et "Merina" (nom des originaires de ce royaume) sont de mots hébreux dont les racines hébraïques sont « Immer+na » et qui désigne une partie des 1052 descendants d'un juif de Babylone, de la famille d'Aaron le Grand Sacrificateur, appelé Immer (Livre d'Ezra 2:37) qui ont voyagé sur des bateaux appelés Boutry et qui sont restés à Madagascar.

Ralambo et l'Imerina ambaniandro

    Mettant en évidence l’erreur de la pensée théorique dominante — qui avait cru pouvoir poser que les sociétés de l’oralité n’avaient pas d’histoire ou, si elles en avaient une, que ce ne pouvait être qu’une histoire répétitive, illustrant de façon “cyclique” une servile soumission à une tradition que l’on croit figée -, l’histoire des Hautes Terres centrales, au XVIe siècle,
est marquée par l’émergence du Royaume Imerina. Après sa victoire
sur les Manisolta d’Alasora, Andriamanelo, dit la tradition royale, déclara : “Les Vazimba sont désormais partis, engagés sur le chemin de l’exil. L’usage des sagaies a permis de les vaincre et, immanquablement, deviendront miennes toutes ces terres soumises au jour, car seul peut dominer le soleil.” C’est ce programme, moteur de la marche triomphale des andriana dès avant le temps d’Andrianerinerina, qu’il mit en œuvre et que Ralambo, soutenu par le peuple hova “également fidèle à la mémoire d’Andriamanelo”, se fit un devoir de poursuivre.

     Portés par la force et le dynamisme de la tradition bien prise et comprise et, à l’évidence, bons connaisseurs de l’histoire des andriana depuis le point de dispersion de Maroantsetra, sur la côte Nord-Est de l’Ile, Andriamanelo et Ralambo furent avant tout des princes capables de se projeter vers le futur et d’innover, en malmenant au besoin les idées reçues.

    Animés par une véritable volonté de puissance — mais sans doute aussi conscients des avantages de l’union, en un temps où les Hautes Terres étaient déjà la cible des razzias nourrissant la traite des esclaves -, ils surent mener la conquête des terres et de leurs habitants tant dans la guerre que dans la paix.
    La violence n’est pas toujours, comme on le prétend, la principale accoucheuse de l’Histoire. La formation du territoire d’Imerina le prouve, qui fut surtout le résultat d’une politique d’alliances matrimoniales conçues par des Andriamanjaka sachant parfaitement, d’une part, se situer sur l’arbre généalogique commun pour profiter de l’idéal du fanjakana tsy afindra (tendant à conserver l’héritage du fanjakana dans la famille) et, d’autre part, jouer des diverses dispositions des règles ancestrales de succession.
    Elle bénéficia aussi — c’est le rôle du hasard en Histoire — de ce que la durée cumulée des règnes d’Andriamanelo et Ralambo dépassa soixante ans, permettant le suivi de cette politique.

La quête d'héritages

    Déjà, Andriamanelo, en demandant en mariage Ramaitsoanala, fille du roi d’Ambohidrabiby, savait que ce prince de Kaloy avait été appelé au fanjakana par le peuple d’Ankotrokotroka — le futur Ambohidrabiby — qui, par la même occasion, lui offrit d’épouser Ramaitsoakanjo, héritière des droits sur la terre non seulement en ce lieu, mais à Ambohimanga et en Andringitra.
    Alors, venu faire sa demande à Rabiby, il y mit la condition d’être d’abord reconnu pour fils en parenté classificatoire avant d’être agréé comme gendre appelé à avoir surtout des obligations à l’égard de ses beaux-parents.
    Reçu en fils, Andriamanelo, épousant Ramaitsoanala, faisait un mariage préférentiel ouvrant des droits : dans le futur, lui et son fils devaient hériter du fanjakana de leur père et grand-père. Et ce fils devait, de plus, recevoir de sa mère, Ramaitsoanala, les droits sur les terres qu’elle tenait de sa propre mère, Ramaitsoakanjo.
    Dans cette politique d’ouverture de droits, le poids de la volonté d’Andriamanelo fut grand dans les alliances matrimoniales contractées par son fils Ralambo. Notamment en ce qui concerna les mariages avec Rabehavina et avec Ratsitohina qui, bien que les souverains, étant “d’essence divine”, soient au dessus de l’inceste Ny Andriamanjaka Isy manam-pady, se serait soumis au rituel de levée d’interdit pour servir d’exemple à la société humaine.
    Ralambo épousa d’abord Rabehavina, “Dame aux grandes boucles d’oreille”, fille d’Andriamamilazabe, grand prince ayant hérité de la branche andriana de Vodivato, et de la sœur de Rabiby, laquelle possédait des droits sur Kaloy.
    Vraie Princesse du Ciel (Andriambavilanitra), comme en atteste la couleur blanche incluse en son autre nom de Rafotsimarohavina, elle devait hériter et des droits sur la terre dont sa mère était titulaire et des droits à la seigneurie de son père, comme en témoigne son troisième nom de Ratompokoamandrainy, qui impliquait qu’elle fût servie à l’égal de son père.
    De fait, épousant cette Dame, Ralambo épousait la cousine germaine croisée de Ramaitsoanala, autrement dit sa mère classificatoire. Et de cette union allaient naître une fille, Ravaomasina, et un fils, Andriantompokoindrindra.
    Plus tard, selon ce qu’avait décidé son père après le meurtre d’Andriamananitany, Ralambo prit pour épouse Ratsitohina, qui était à la fois sa cousine germaine croisée puisque fille de Rafotsindrindramanjaka, la sœur de son père, et sa nièce, puisque fille d’Andrianamboninolona, son cousin germain parallèle, c’est-à-dire son frère classificatoire. Et de cette union allait naître le futur roi Andrianjaka.

La constitution du territoire

    En revanche, rien n’est dit d’un autre mariage, si ce n’est que, quand la tradition cite le nom des enfants, elle nous apprend qu’ils naquirent d’une autre mère (hafa reny).
    Mais on peut se demander, au vu de faits ultérieurs, si elle n’était pas une descendante d’Andrianakotrina, dont on aurait espéré, aussi important qu’une ouverture de droits sur la terre ou sur l’exercice du pouvoir, un partage de richesses, semences et techniques éprouvées de longues date en matière de riziculture.
   Quoi qu’il en soit, “exécuteur testamentaire” d’Andriamanelo, Ralambo devait en priorité se soucier d’assurer, aussi étendues que possible, les bases territoriales de la royauté.
   Comme son père à Alasora, Ralambo prit soin d’affirmer son pouvoir en faisant d’Ambohidrabiby sa seconde capitale. Il en organisa l’occupation en tenant compte de son histoire et de ses habitants, tout en se référant au modèle d’organisation de l’espace social.
   Au centre, au point le plus élevé, se trouvait, entourée d’une palée (rova), la grande maison (lapa) où il résidait, dominant à l’Est la place des discours (kianja) ; à l’entour étaient les agents de l’appareil d’État, ses parents et des représentants de son peuple.
   A l’Est, normalement inoccupé dans les habitants nouvellement créées, résidaient les Zanakarivo, “Enfants du peuple”, qui, dans la position des ancêtres due à leur ancienneté dans le lieu, étaient ses serviteurs-courtisans.
   Au Nord, ses conseillers politiques étaient les Zanadoria, “Enfants de la septième génération”, descendants d’Andriandoria, lui-même de la septième génération d’une lignée issue d’un souverain et sur le point de perdre les droits afférents.
   Le Sud de soumission était aux Ambodifahitra, et l’Ouest de sujétion à ses enfants, les ZanadRalambo.
   Dans cette capitale, comme dans les autres, seuls pouvaient avoir leur dernière demeure les anciens souverains et ceux dont les descendants pouvaient le devenir. Édifiés à l’Ouest du kianja selon le modèle d’orientation ancienne, les tombeaux, tels qu’on les présente aujourd’hui, avec Rabiby au centre et le fasan’andriana encore en usage du Nord, mais Ralambo et ses épouses au Sud, sont dans une disposition significative d’une période charnière. Quand Ralambo y résidait comme roi, Ambohidrabiby était une colline sacrée, puisque, avec le tombeau de Rabiby, elle abritait déjà les restes d’un ancêtre des souverains (razan’Andriana). Devenue, pour l’histoire, symbole du rassemblent, elle reçut le titre de “Puissance vertu de l’Imerina” (Hasin’Imerina).
   Doté d’une capitale, Ralambo prit soin de constituer les bases territoriales de la dynastie en établissant ses enfants là où ils avaient des droits à la succession : Andriantompokoindrindra à Ambohimalazabe, où lui-même avait auparavant résidé sur les terres de sa femme Rabehavina ; Andrianjaka, d’abord à Ambalanirana et Ambohibato sur les terres relevant d’Alasora, puis à Ambohimanga et Andringita, qui lui venaient de sa grand-mère.
   Quand à ses autres enfants, il installa sa fille, Rambavy, à Masindray dans l’Atsimondrano, sur des terres dépendant d’Alasora, et ses fils au Sud et à l’Ouest d’Ambohidrabiby : Andriampanarivomanga à Lazaina, Andriantompobe à Ambatofotsy, Andriamasoandro à Manandriana et Andriampolofantsy à Antsomangy.
   Cela dit, envisageant l’acquisition de nouveaux droits, sans doute veilla-t-il lui aussi aux mariages de ses enfants. On voit, par exemple, Andriantompobe épouser Ramangaseheno, une andriana de l’Imamo dont la famille, sous l’autorité de l’aîné Andriamaroary, se livrait au négoce de la soie.
   Ainsi donc, Ralambo, poursuivant l’œuvre d’Andriamanelo en consacrant ses efforts à rassembler lettres et seigneuries (namory tany sy fanjakana), avait déjà pacifiquement agrandi son territoire, même si, par le jeu des successions, les terres contrôlées par un fanjakana, comprenant des parties enclavées dans des territoires soumis à d’autres princes, ne formaient pas un ensemble d’un seul tenant.
   Mais il ne suffisait pas d’avoir des droits, encore fallait-il les faire reconnaître. Dans cette période où l’insécurité s’était accrue et où il fallait se défendre contre les incursions aussi bien sakalava à l’Ouest que sihanaka et bezanozano à l’Est, Ralambo, par le commerce avec la côte, se procura jusqu’à cinquante fusils et trois barils de poudre.
   C’est avec l’aide de guerriers réputés qu’il organisa la défense : avec son oncle Andriandranando, qui avait déjà aidé son père et fut le premier à posséder un fusil en Imerina, et avec Andrianandrintany, qui l’aida contre Andrianafovaratra d’Imerinkasinina — lequel prétendait commander magiquement au feu, mais fut chassé par l’incendie.
   Ayant chassé les derniers Manendy des alentours de sa capitale, et joint aux terres d’Alasora, au Sud du fleuve, celles d’Ambohidrabiby au Nord, il mit au jour l’Imerina roa toko, l’Imerina aux deux provinces et aux deux capitales.

Un souverain novateur

   Elle comprenait alors un territoire limité à l’Est par le gradin allant d’Angavo de l’Est, au Sud, à Ambohitsitakatra, au Nord. Kaloy et l’Andringitra la limitait au Nord, Ambohimanoa au Nord-Ouest et l’Ankaratra au Sud-Ouest.
   Même si certains parcelles enclavées comme Angavokely ne reconnaissaient pas encore son autorité, Ralambo pouvait déclarer : “Je nomme cet ensemble Imerina ambaniandro. Et si je le nomme Imerina, c’est que désormais m’appartiennent touts les hauts sommets et que rien ne m’a échappé de ce qui se trouve exposé au jour.”
   Comme Andriamanelo, Ralambo est un héros culturel : on lui attribue la domestication du zébu et sa consommation, la création de la fête du Bain et l’organisation des rangs dans le groupe andriana.
   Introduit dans l’île par les Anciens avec son nom d’origine soudanienne centrale utilisée en Afrique australe, le bœuf (omby) a pu marronner et redevenir comme sauvage, sans que son élevage ait jamais été abandonné.
   La viande de zébu était consommée, comme en témoigne l’archéologie. Or, les traditions racontent que Ralambo aurait fait sacrifier un jamoka, “zébu sauvage”, et en ayant fait cuire et goûter après ses serviteurs, il aurait déclaré que la viande en était bonne ; après quoi, ayant fait entrer des bêtes dans un parc, il les auraient nommées “omby” parce qu’elles y avaient toutes trouvé place. Le même tantara est localisé à Ambohimalazabe, à Ambohidrabiby et à Mamiomby en Andringita. En fait, ce que Ralambo fit, ce fut d’abord de généraliser l’usage du mot omby pour remplacer jantoka, le vieux mot d’origine asiatique.
   Ce fut ensuite de permettre, à son usage et à celle des siens, la consommation de certains zébus qui, comme les bêtes laissées libres d’aller et venir et pâturer en liberté (leharanjy), en avait été exemptés. Ce fut surtout d’affirmer sa légitimité et, en s’en réservant certains morceaux la bosse (trafon-kena) et la culotte (vodihena) qui, dans toute l’île, étaient destinés aux Grands de la société, d’en retirer la disposition à d’autres qui en bénéficiaient jusqu’alors.
   De même n’a-t-il pas créé ex nihilo le Fandroana “Fête du Bain”, mais il l’a profondément modifié. Antérieurement, le Fandroana, à la fois rituel agraire et fête dynastique de bain des reliques royales, avait lieu au début de l’année solaire, au début du mois d’Asaramanitra de l’ancienne année à dénomination sanscrite. Ralambo l’inscrivit dans le calendrier d’origine arabe et le situa au premier croissant de la lune du Bélier (Alahamady) au jour anniversaire de sa naissance.
   Derrière le rituel dynastique, il personnalise la fête et organise son propre culte, abandonnant désormais l’Alakaosy, “Lune du Sagittaire”, à la célébration des anciens princes.
   Dès lors, bien que l’on ait continué à confectionner des reliques (solo) — on connaît notamment celles d’Andriantompokoindrindra et Andrianjaka, honorées jusqu’au début du XXe siècle -, le Bain sera celui du Dieu visible (andriamanikitamaso) que devient le souverain vivant. Mais des anciennes reliques, Ralambo choisit celles qu’il conserva en fonction du nouvel équilibre politique. C’est ainsi qu’elles devinrent sampin’Andriana.
   Enfin, l’on retient qu’il organisa les andriana. Appliquant le principe hiérarchique aux descendants de Rangita, il en fixa les rangs en fonction de la proximité généalogique.
   Abstraction faite de la famille royale stricto sensu, cette hiérarchie plaça au premier rang les Andriantompokoindrindra, descendants du fils aîné de Ralambo, ainsi que ceux de sa sœur ; puis, au deuxième rang, ceux de son cousin germain, Andrianamboninolona et de ses frères et sœurs ; au troisième rang, ceux d’Andriandranando ; enfin, au quatrième rang, ceux de ses autres enfants formant les ZanadRalambo “Enfants de Ralambo”.
   Ainsi fixés, les rangs du groupe andriana demeurèrent tels jusqu’à Andriamasinavalona. Mais il faut noter que, structure politique, cette hiérarchie pouvait intégrer des personnes ou des groupes n’ayant pas d’attache généalogique avec la descendance de Rangita.
   Ainsi en est-il, dès l’origine, des Andrianakotrina d’Ambohimahatsinjo qui, en contrepartie des terres d’Ambatofotsy et de Manandriana cédées à deux fils de Ralambo, furent intégrés aux ZanadRalambo.
   Ces andriana parents de Ralambo étaient alors peu nombreux. Mais même privé du réseau de relations que pouvaient constituer ceux qui étaient devenus des roandriana, Ralambo a pu réunir l’Imerina ambaniandro par une politique qui satisfaisait les aspirations populaires et bénéficiait d’un large soutien. Avec Antaninarivo, son fils Andrianjaka donnera au royaume la capitale tant désirée.
 

Ambohidrabiby

   Ambohidrabiby fait partie des 12 collines sacrées de l'Imerina et était le chef-lieu des Mandiavato et la capitale du royaume de Ralambo 1575 1610 qui partit d'Alasora.

Organisation des rangs

Enfin, l’on retient qu’il organisa les andriana. Appliquant le principe hiérarchique aux descendants de Rangita, il en fixa les rangs en fonction de la proximité généalogique.Abstraction faite de la famille royale stricto sensu, cette hiérarchie plaça au premier rang les Andriantompokoindrindra, descendants du fils aîné de Ralambo, ainsi que ceux de sa sœur ; puis, au deuxième rang, ceux de son cousin germain, Andrianamboninolona et de ses frères et sœurs , au troisième rang, ceux d’Andriandranando ; enfin, au quatrième rang, ceux de ses autres enfants formant les ZanadRalambo “Enfants de Ralambo”.

Ainsi fixés, les rangs du groupe andriana demeurèrent tels jusqu’à Andriamasinavalona. Mais il faut noter que, structure politique, cette hiérarchie pouvait intégrer des personnes ou des groupes n’ayant pas d’attache généalogique avec la descendance de Rangita.
Ainsi en est-il, dès l’origine, des Andrianakotrina d’Ambohimahatsinjo qui, en contrepartie des terres d’Ambatofotsy et de Manandriana cédées à deux fils de Ralambo, furent intégrés aux ZanadRalambo.Ces andriana parents de Ralambo étaient alors peu nombreux. Mais même privé du réseau de relations que pouvaient constituer ceux qui étaient devenus des roandriana, Ralambo a pu réunir l’Imerina ambaniandro par une politique qui satisfaisait les aspirations populaires et bénéficiait d’un large soutien. Avec Antananarivo, son fils Andrianjaka donnera au royaume la capitale tant désirée.

  

Sampy

   

 

 

 

 

     Pour imposer son autorité, Ralambo disposa de la réputation que lui procura une naissance inespérée et quasi miraculeuse. Fille du roi d’Ambohidrabiby, sa mère, Ramaitsoanala, “Dame verte/noire en forêt”, était aussi bien l’héroïne d’un mythe. Dans celui-ci, Imaitsoanala est la célestielle fille d’une divinité marine, dame Oiseau ou Ivorombe.
     Après de multiples épreuves dues aux deux épouses terrestres du Prince et contre la volonté mais avec l’aide de sa mère oiseau, elle défit ses rivales et devient la seule épouse d’Andriambahoaka, “Prince du peuple des embouchures”, qui l’aimait, et donna naissance à un garçon, également appelé Andriambahoaka. Elle sera donc à l’origine d’une nouvelle dynastie ressourcée en mer et dans sa célestialité, tandis que ses deux rivales avaient prouvé leur terrestre stérilité.
Auréolée d’une telle histoire, Ramaitsoanala, dès lors appelée Randapavola, ne pouvait donner naissance à un prince dans les conditions de la commune humanité. La procréation fut d’ailleurs difficile. La naissance de Ralambo suivit six échecs (fausses couches et mort en bas âge) qui furent autant d’épreuves.
     Pour sa septième grossesse le chiffre sept étant ici celui de la mort, il fallut un devin pour savoir où l’accouchement aurait lieu. Ce ne pouvait pas être sur la rive Sud de l’Ikopa où se situe Alasora, mais sur la rive Nord, là où se trouve idéalement la direction du pouvoir, sans pouvoir être non plus chez ses parents, à Ambohidrabiby, comme l’aurait voulu la coutume populaire.
     Ce fut à Ambohibaoladina, non loin d’Ambohimalaza, qu’elle accouchera dans une maison en forme de bateau (kisambosambo) que ses suivants avaient édifiée et qui évoquait les bateaux
transocéaniques des origines. La délivrance eut lieu au premier jour du mois du bélier (Alahamady) et Randapavola devint Rasolobe, “Grande Princesse relique”, seule remplaçante des anciennes reliques.
     Un sanglier (lambo), dit la tradition populaire, vint traverser la maison et donna son nom au nouveau-né. Mais il semble bien qu’il s’agisse là d’une réinterprétation, et songeant, dans le contexte, à ses rapports avec le zébu, on ne peut que penser que le souvenir du Sud-Est asiatique était toujours vivace et que, dans ce cas, lambo signifie “bœuf”, comme dans la langue des origines.
Jean-Pierre Domenichini et Bakoly D. Ramiaramanana

RALAMBO  régna à Ambohidrabiby au nord-est de Tananarive, et de là, murit la stratégie pour l'agrandissement du royaume. Il fit jouer son fils Andrianjaka encore jeune à Ambohimanga, une belle colline boisée où il n'y avait pas encore de roi, mais était habitée par des Vazimba, premiers occupants de l'Ile, de même que la colline d'Analamanga (future Antananarivo). Il chassa le célèbre roi vazimba"manipulateur de foudre" Andrianafovaratra de la colline Merinkasinina ( Imerinkasinina, Merikasinina, Imerikasinina ), entre Ambatomanga et Ambohimangakely..
Il fut, dit-on, le premier à avoir goûté à la viande de zébu (hen'omby, appelé encore jamoka par les Vazimba). Il institua la fête du bain royal lors de l'Alahamady, premier mois de l'année dans l'astrologie malgache. Il organisa la vie et l'emplacement géographique des castes d'Andriana (hiérarchie des nobles):
- ANDRIANTOMPOKOINDRINDRA, son fils aîné qui accepta le leadership de son cadet ANDRIANJAKA;
- ANDRIANDRANANDO, son oncle époux de la soeur de son père
- ANDRIANAMBONINOLONA, son cousin fils du frère de son père assassiné
Ceux-là l'aidèrent à développer le royaume naissant du nord et du sud de l'Imerina. Restait à "conquérir" la colline d'Analamanga sur les Vazimba", tâche que son fils ANDRIANJAKA mènera à bien par la suite.

ANDRIANJAKA : fils de Ralambo fondateur d 'Antananarivo car le roi y installa une garnison d'un millier d'hommes Tanana arivo "le village des milles". Antananarivo. 1610 - 1630 (20 ans)

ANDRIATSITAKATRANDRIANA: Antananarivo 1630 - 1650 (20 ans)

ANDRIATSIMITOVIAMINANDRIANDEHIBE: Antananarivo. 1650 - 1670 (20 ans)

RAZAKATSITAKATRANDRIANA : Antananarivo. 1670 - 1675 (5 ans)

ANDRIAMASINAVALONA : fils d'Andrianjaka, Antananarivo. 1675 - 1710 (35 ans)

ANDRIANJAKANAVALOMANDIMBY : Antananarivo; 1710 - 1727 (17 ans) ;

ANDRIATSIMITOVIAMINANDRIANA : Ambohimanga. 1710 - 1730 (20 ans)

ANDRIATOMPONIMERINA : Ambohidratrimo. 1710 - 1730 (20 ans) ;

ANDRIANAVALONIMERINA : Ambohidrabiby. 1710 - 1730 (20 ans) ;

ANDRIAMBELOMASINA : de la lignée installée sur Ambohimanga, Ambohimanga. 1730 - 1770 (40 ans) ;

ANDRIANAVALONIBEMIHISATRA : Antananarivo. 1747 - 1767 (20 ans) ;

ANDRIAMBALOHERY : Antananarivo. 1767 - 1774 (7 ans) ;

ANDRIANJAFY : fils de Andriambelomasina. Ilafy. 1770 - 1787 (17 ans) ;

ANDRIANAMBOATSIMAROFY : Antananarivo. 1774 - 1794 (20 ans) ;

Ralambo et l’Imerina ambaniandro

Mettant en évidence l’erreur de la pensée théorique dominante qui avait cru pouvoir poser que les sociétés de l’oralité n’avaient pas d’histoire ou, si elles en avaient une, que ce ne pouvait être qu’une histoire répétitive, illustrant de façon “cyclique” une servile soumission à une tradition que l’on croit figée, l’histoire des Hautes Terres centrales, au XVIe siècle, est marquée par l’émergence du Royaume Imerina. Après sa victoire sur les Manisolta d’Alasora, Andriamanelo, dit la tradition royale, déclara :
“Les Vazimba sont désormais partis, engagés sur le chemin de l’exil. L’usage des sagaies a permis de les vaincre et, immanquablement, deviendront miennes toutes ces terres soumises au jour, car seul peut dominer le soleil.”
C’est ce programme, moteur de la marche triomphale des andriana dès avant le temps d’Andrianerinerina, qu’il mit en œuvre et que Ralambo, soutenu par le peuple hova “également fidèle à la mémoire d’Andriamanelo”, se fit un devoir de poursuivre.


Portés par la force et le dynamisme de la tradition bien prise et comprise et, à l’évidence, bons connaisseurs de l’histoire des andriana depuis le point de dispersion de Maroantsetra, sur la côte Nord-Est de l’Ile, Andriamanelo et Ralambo furent avant tout des princes capables de se projeter vers le futur et d’innover, en malmenant au besoin les idées reçues.
Animés par une véritable volonté de puissance mais sans doute aussi conscients des avantages de l’union, en un temps où les Hautes Terres étaient déjà la cible des razzias nourrissant la traite des esclaves, ils surent mener la conquête des terres et de leurs habitants tant dans la guerre que dans la paix.
La violence n’est pas toujours, comme on le prétend, la principale accoucheuse de l’Histoire. La formation du territoire d’Imerina le prouve, qui fut surtout le résultat d’une politique d’alliances matrimoniales conçues par des Andriamanjaka sachant parfaitement, d’une part, se situer sur l’arbre généalogique commun pour profiter de l’idéal du fanjakana tsy afindra (tendant à conserver l’héritage du fanjakana dans la famille) et, d’autre part, jouer des diverses dispositions des règles ancestrales de succession.
Elle bénéficia aussi c’est le rôle du hasard en Histoire de ce que la durée cumulée des règnes d’Andriamanelo et Ralambo dépassa soixante ans, permettant le suivi de cette politique.

La quête d’héritages

Déjà, Andriamanelo, en demandant en mariage Ramaitsoanala, fille du roi d’Ambohidrabiby, savait que ce prince de Kaloy avait été appelé au fanjakana par le peuple d’Ankotrokotroka le futur Ambohidrabiby qui, par la même occasion, lui offrit d’épouser Ramaitsoakanjo, héritière des droits sur la terre non seulement en ce lieu, mais à Ambohimanga et en Andringitra.
Alors, venu faire sa demande à Rabiby, il y mit la condition d’être d’abord reconnu pour fils en parenté classificatoire avant d’être agréé comme gendre appelé à avoir surtout des obligations à l’égard de ses beaux-parents.
Reçu en fils, Andriamanelo, épousant Ramaitsoanala, faisait un mariage préférentiel ouvrant des droits : dans le futur, lui et son fils devaient hériter du fanjakana de leur père et grand-père. Et ce fils devait, de plus, recevoir de sa mère, Ramaitsoanala, les droits sur les terres qu’elle tenait de sa propre mère, Ramaitsoakanjo.
Dans cette politique d’ouverture de droits, le poids de la volonté d’Andriamanelo fut grand dans les alliances matrimoniales contractées par son fils Ralambo. Notamment en ce qui concerna les mariages avec Rabehavina et avec Ratsitohina qui, bien que les souverains, étant “d’essence divine”, soient au dessus de l’inceste Ny Andriamanjaka Isy manam-pady, se serait soumis au rituel de levée d’interdit pour servir d’exemple à la société humaine.
Ralambo épousa d’abord Rabehavina, “Dame aux grandes boucles d’oreille”, fille d’Andriamamilazabe, grand prince ayant hérité de la branche andriana de Vodivato, et de la sœur de Rabiby, laquelle possédait des droits sur Kaloy.
Vraie Princesse du Ciel (Andriambavilanitra), comme en atteste la couleur blanche incluse en son autre nom de Rafotsimarohavina, elle devait hériter et des droits sur la terre dont sa mère était titulaire et des droits à la seigneurie de son père, comme en témoigne son troisième nom de Ratompokoamandrainy, qui impliquait qu’elle fût servie à l’égal de son père.
De fait, épousant cette Dame, Ralambo épousait la cousine germaine croisée de Ramaitsoanala, autrement dit sa mère classificatoire. Et de cette union allaient naître une fille, Ravaomasina, et un fils, Andriantompokoindrindra.
Plus tard, selon ce qu’avait décidé son père après le meurtre d’Andriamananitany, Ralambo prit pour épouse Ratsitohina, qui était à la fois sa cousine germaine croisée puisque fille de Rafotsindrindramanjaka, la sœur de son père, et sa nièce, puisque fille d’Andrianamboninolona, son cousin germain parallèle, c’est-à-dire son frère classificatoire. Et de cette union allait naître le futur roi Andrianjaka.

La constitution du territoire

En revanche, rien n’est dit d’un autre mariage, si ce n’est que, quand la tradition cite le nom des enfants, elle nous apprend qu’ils naquirent d’une autre mère (hafa reny).
Mais on peut se demander, au vu de faits ultérieurs, si elle n’était pas une descendante d’Andrianakotrina, dont on aurait espéré, aussi important qu’une ouverture de droits sur la terre ou sur l’exercice du pouvoir, un partage de richesses, semences et techniques éprouvées de longues date en matière de riziculture.
Quoi qu’il en soit, “exécuteur testamentaire” d’Andriamanelo, Ralambo devait en priorité se soucier d’assurer, aussi étendues que possible, les bases territoriales de la royauté.

Jean-Pierre Domenichini et Bakoly D. Ramiaramanana

 

Ralambo régna à Ambohidrabiby au nord-est de Tana, et de là, murit la stratégie pour l'agrandissement du royaume. Il fit jouer son fils Andrianjaka encore jeune à Ambohimanga, une belle colline boisée où il n'y avait pas encore de roi, mais était habitée par des Vazimba, premiers occupants de l'Ile, de même que la colline d'Analamanga (future Antananarivo). Il chassa le célèbre roi vazimba"manipulateur de foudre" Andrianafovaratra de la colline Merinkasinina ( Imerinkasinina Merikasinina Imerikasinina ), entre Ambatomanga et Ambohimangakely..
Il fut, dit-on, le premier à avoir goûté à la viande de zébu (hen'omby, appelé encore jamoka par les Vazimba). Il institua la fête du bain royal lors de l'Alahamady, premier mois de l'année dans l'astrologie malgache. Il organisa la vie et l'emplacement géographique des castes d'Andriana (hiérarchie des nobles):
- Andriantompokoindrindra, son fils aîné qui accepta le leadership de son cadet Andrianjaka;
- Andriandranando, son oncle époux de la soeur de son père
- Andrianamboninolona, son cousin fils du frère de son père assassiné
Ceux-là l'aidèrent à développer le royaume naissant du nord et du sud de l'Imerina. Restait à "conquérir" la colline d'Analamanga sur les Vazimba", tâche que son fils Andrianjaka mènera à bien par la suite.

Rabiby, beau-pére de Ralambo était astronome (Habib en arabe) et avait donné son nom à la colline où il résidait (la colline de Rabiby) et qui s'appelait auparavant Ankotrokotroka.

Andrianampoinimerina installa ici Rasendrasoa sa première femme et qui fut ensevelie par la suite dans le grand tombeau à côté de celui de Rabiby.

On peut admirer ici également en plus de nombreux autres vestiges, une grande marmite en fer que Jean Laborde a utilisé à Ilafy pour la fabrication de poudre mais qui fut transféré ici par la suite en 1857.

Comme son père à Alasora, Ralambo prit soin d’affirmer son pouvoir en faisant d’Ambohidrabiby sa seconde capitale. Il en organisa l’occupation en tenant compte de son histoire et de ses habitants, tout en se référant au modèle d’organisation de l’espace social.
Au centre, au point le plus élevé, se trouvait, entourée d’une palée (rova), la grande maison (lapa) où il résidait, dominant à l’Est la place des discours (kianja) ; à l’entour étaient les agents de l’appareil d’État, ses parents et des représentants de son peuple.
A l’Est, normalement inoccupé dans les habitants nouvellement créées, résidaient les Zanakarivo, “Enfants du peuple”, qui, dans la position des ancêtres due à leur ancienneté dans le lieu, étaient ses serviteurs-courtisans.
Au Nord, ses conseillers politiques étaient les Zanadoria, “Enfants de la septième génération”, descendants d’Andriandoria, lui-même de la septième génération d’une lignée issue d’un souverain et sur le point de perdre les droits afférents.
Le Sud de soumission était aux Ambodifahitra, et l’Ouest de sujétion à ses enfants, les ZanadRalambo.


Dans cette capitale, comme dans les autres, seuls pouvaient avoir leur dernière demeure les anciens souverains et ceux dont les descendants pouvaient le devenir. Édifiés à l’Ouest du kianja selon le modèle d’orientation ancienne, les tombeaux, tels qu’on les présente aujourd’hui, avec Rabiby au centre et le fasan’andriana encore en usage du Nord, mais Ralambo et ses épouses au Sud, sont dans une disposition significative d’une période charnière. Quand Ralambo y résidait comme roi, Ambohidrabiby était une colline sacrée, puisque, avec le tombeau de Rabiby, elle abritait  déjà les restes d’un ancêtre des souverains (razan’Andriana). Devenue, pour l’histoire, symbole du rassemblent, elle reçut le titre de “Puissance vertu de l’Imerina” (Hasin’Imerina).


Doté d’une capitale, Ralambo prit soin de constituer les bases territoriales de la dynastie en établissant ses enfants là où ils avaient des droits à la succession : Andriantompokoindrindra à Ambohimalaza, où lui-même avait auparavant résidé sur les terres de sa femme Rabehavina
Andrianjaka, d’abord à Ambalanirana et Ambohibato sur les terres relevant d’Alasora, puis à Ambohimanga et Andringitra, qui lui venaient de sa grand-mère. Quand à ses autres enfants, il installa sa fille,
Rambavy, à Masindray dans l’Atsimondrano, sur des terres dépendant d’Alasora, et ses fils au Sud et à l’Ouest d’Ambohidrabiby :
Andriampanarivomanga à Lazaina
Andriantompobe à Ambatofotsy
Andriamasoandro à Manandriana et
Andriampolofantsy à Antsomangy.
Cela dit, envisageant l’acquisition de nouveaux droits, sans doute veilla-t-il lui aussi aux mariages de ses enfants. On voit, par exemple, Andriantompobe épouser Ramangaseheno, une andriana de l’Imamo dont la famille, sous l’autorité de l’aîné Andriamaroary, se livrait au négoce de la soie.

A l'époque du roi Andriamasinavalona (1675-1710), qui rassembla l'Imerina 4 Toko, et Andriambahoakafovoanitany, roi de l'Imamo, ces deux illustres personnages scellèrent un accord d'alliance et de bon voisinage par l'envoi dans leurs fiefs respectifs des membres de leur famille pour y habiter et tisser des liens de solidarité.

Andriamasinavalona y envoya les ancêtres d'ANDRIAMAROARY (duquel est issu RAINIDRAOTO et ses descendants), dont 4 noms ont été retenus pour la postérité aux environs de 1680:
1- Andriantsehenoarivo
2- Ralambohitatsihafoy
3- Andriamanarivofenoavoampy
4- Andriamiaranjakamasoandro

Ralambohitatsihafoy engendra Andrianjakatodiana et ses 2 frères..
Andrianjakatodiana engendra Ralambozafy, et ce dernier engendra 5 enfants, qui sont:

1- ANDRIAMAROARY
2- Andrianakabe
3- Ramangaseheno (femme)
4- Andrianorampotsy
5- Ratarokafarasoa (femme)


Ainsi donc, Ralambo, poursuivant l’œuvre d’Andriamanelo en consacrant ses efforts à rassembler lettres et seigneuries (namory tany sy fanjakana), avait déjà pacifiquement agrandi son territoire, même si, par le jeu des successions, les terres contrôlées par un fanjakana, comprenant des parties enclavées dans des territoires soumis à d’autres princes, ne formaient pas un ensemble d’un seul tenant.
Mais il ne suffisait pas d’avoir des droits, encore fallait-il les faire reconnaître. Dans cette période où l’insécurité s’était accrue et où il fallait se défendre contre les incursions aussi bien sakalava à l’Ouest que sihanaka et bezanozano à l’Est, Ralambo, par le commerce avec la côte, se procura jusqu’à cinquante fusils et trois barils de poudre.
C’est avec l’aide de guerriers réputés qu’il organisa la défense : avec son oncle Andriandranando, qui avait déjà aidé son père et  fut le premier à posséder un fusil en Imerina, et avec Andrianandrintany, qui l’aida contre Andrianafovaratra d’Imerinkasinina lequel prétendait commander magiquement au feu, mais fut chassé par l’incendie.
Ayant chassé les derniers Manendy des alentours de sa capitale, et joint aux terres d’Alasora, au Sud du fleuve, celles d’Ambohidrabiby au Nord, il mit au jour l’Imerina roa toko, l’Imerina aux deux provinces et aux deux capitales.

Fandroana

    Roi Ralambo est crédité de commémorer sa propagation de la consommation de viande de zébu en Imerina par la création du festival de Fandroana où zébu confit (jaka) est traditionnellement servi.

Selon l'histoire orale, les zébus sauvages qui parcouraient les Highlands ont d'abord été domestiqués pour la nourriture en Imerina sous le règne de Ralambo. Différentes légendes attribuent la découverte que zébu était comestible pour le serviteur du roi [10] ou de se Ralambo. [6] Ralambo diffusé cette découverte tout au long de son royaume, ainsi que la pratique et la conception de la construction bovins de stylo. [11] Ralambo est également attribue la création de la cérémonie traditionnelle de la Fandroana (la "Royal Bath"), [7] alors que d'autres ont suggéré il a simplement ajouté certaines pratiques à la célébration d'un rituel de longue date. [2] Parmi les Merina, légende caractérise la Fandroana comme un festival créé par Ralambo pour célébrer sa découverte culinaire.

Selon une version de l'histoire, en traversant la campagne, Radama et ses hommes sont tombés sur un zébu sauvage si exceptionnellement gras que le roi a décidé de faire un holocauste d'elle. Comme la chair de zébu cuite, l'odeur alléchante conduit Ralambo de goûter à la viande. Il a déclaré viande de zébu à impropre à la consommation humaine. En l'honneur de la découverte, il a décidé de créer un Fandroana de vacances appelé qui serait caractérisée par la consommation de viande de zébu bien engraissés. La fête devait être célébrée le jour de sa naissance, qui a coïncidé avec le premier jour de l'année. À cette fin, la fête symboliquement représenté un renouvellement de toute la communauté qui se déroulera sur une période de plusieurs jours avant et après le début de l'année. [13]

Bien que la forme précise de la fête d'origine ne peut être connu avec certitude et ses traditions ont évolué au fil du temps, les comptes des 18e et 19e siècle, donnent un aperçu de la fête telle qu'elle était pratiquée à cette époque. [14] Comptes de ces siècles indiquent que tous les membres de la famille ont été nécessaires pour réunir dans leurs villages d'origine au cours de la période du festival. Les ex-membres de la famille devaient tenter de concilier. Des maisons ont été nettoyés et réparés et de nouveaux articles ménagers et des vêtements ont été achetés. Le symbolisme de renouvellement a été particulièrement incarné dans la permissivité sexuelle traditionnelle encouragé à la veille de la Fandroana (caractérisé par les premiers missionnaires britanniques du 19e siècle comme une «orgie») et le retour de la matinée suivante à l'ordre social rigide avec le souverain fermement à la barre du royaume. [14] Sur ce matin, le premier jour de l'année, un coq rouge était traditionnellement sacrifié et son sang utilisé pour oindre le souverain et les autres personnes présentes à la cérémonie. Ensuite le souverain se baigner dans l'eau sanctifiée, puis saupoudrer sur les participants à purifier et les bénir et d'assurer un bon départ pour l'année. [12] Les enfants seraient célébrer la Fandroana par des torches et des lanternes allumées dans une procession nocturne dans leurs villages. La viande de zébu mangé au cours de la fête a été principalement grillé ou consommé comme jaka, une préparation réservée uniquement pour cette fête. Cette délicatesse a été faite pendant le festival en scellant la viande de zébu déchiqueté avec du suif dans un pot d'argile décoratif. Le confit serait alors conservée dans une fosse souterraine pendant douze mois à purger à la Fandroana de l'année suivante.

La fête du Bain

De même n’a-t-il pas créé ex nihilo le Fandroana “Fête du Bain”, mais il l’a profondément modifié. Antérieurement, le Fandroana, à la fois rituel agraire et fête dynastique de bain des reliques royales, avait lieu au début de l’année solaire, au début du mois d’Asaramanitra de l’ancienne année à dénomination sanscrite. Ralambo l’inscrivit dans le calendrier d’origine arabe et le situa au premier croissant de la lune du Bélier (Alahamady) au jour anniversaire de sa naissance.
Derrière le rituel dynastique, il personnalise la fête et organise son propre culte, abandonnant désormais l’Alakaosy, “Lune du Sagittaire”, à la célébration des anciens princes.
Dès lors, bien que l’on ait continué à confectionner des reliques (solo) on connaît notamment celles d’Andriantompokoindrindra et Andrianjaka, honorées jusqu’au début du XXe siècle, le Bain sera celui du Dieu visible (andriamanikitamaso) que devient le souverain vivant. Mais des anciennes reliques, Ralambo choisit celles qu’il conserva en fonction du nouvel équilibre politique. C’est ainsi qu’elles devinrent sampin’Andriana.

De même qu'Andrianampoinimerina 150 ans plus tard pour concrétiser sa puissance spirituelle ancestrale et la sienne, il va remodeler la cérémonie la plus ancienne et la plus importante: l’Asaramanitra "Fandroana", appelée inexactement le " bain royal". "Ralambo institua le Fandroana en souvenir des ancêtres, ainsi que pour les sanctifier et les invoquer, je n’y changerai rien. Voici maintenant ce que j’ai à dire, je m’emploie, moi le roi, à les sanctifier et pour cela, à l’occasion du Fandroana , vous sacrifierez un bœuf volavita et un autre qui soit beau, sur chacune des douze collines où reposent mes ancêtres, voilà ce que vous leur offrirez au retour du Fandroana. Je vous en informe, ô mes sujets, pour que vous n’y changiez rien et que vous vous rappeliez mes ancêtres . Vous pourrez ainsi me sanctifier en en augmentant le nombre. Mes douze femmes correspondent en nombre aux douze collines sacrées, elles m’offrent le " hasina", offrande de piastre entière au moment du Fandroana, elles font prendre le "jaka" et le " tatao" , viande consacrée à la population et datant du Fandroana de l’ année d’avant, pour permettre aux gens de vieillir et atteindre mille ans, voilà ce que vous ferez, ô mes sujets, car ce sont là mes ancêtres que vous prierez. Voici les sommets que vous invoquerez : Ampandrana , Merimanjaka, Alasora, Ambohitrabiby, Antananarivo, Ambohimanga, Ambohidratrimo, Ilafy, Namejana et les douze collines sacrées des ancêtres à ajouter aux noms précédents, voilà ce que vous invoquerez quand vous prierez pour moi. Quand vous invoquerez vos ancêtres, il faudra vous rappeler que les miens précèdent les vôtres".
Ch. G. Mantaux et H. Ratsimiebo Copyright L’Express de Madagascar

Repas de Fandroana

La cuisson de la viande de boeuf dans la tradition malgache était simple : en ragoût avec des brèdes ou rôtie au feu vif. La pratique de la friture était inconnue à cette époque, car 1'huile alimentaire n'existait pas encore.
Il existait aussi une technique de conservation de cette viande dans la graisse et dans des marmites en terre. Cuites sur feu doux pendant une semaine entière et sans interruption, de grosses quantités de viande exprimaient eau et graisse dans les marmites sans interruption, si bien qu'au bout de ce laps de temps, la viande pouvait être refroidie. Elle était conservée pour une année, jusqu'à la prochaine fête du Fandroana qui pouvait commencer sans crainte : cette opération spéciale qui reçut le nom de « mialin taona » qui dure une année était alors réchauffée, consommée par toute la famille et les invites et on recommençait une nouvelle conservation de viande pour 1'annee suivante une fois la fête terminée.
A cette époque, on appréciait beaucoup la viande de boeuf mais comme il existait plusieurs étapes dans 1'accomplissement des rites, il était interdit d'en consommer avant que n'eut lieu la cérémonie du bain royal proprement dite au cours de laquelle le souverain aspergeait d'eau sacrée ses sujets pour les bénir. Alors pour faire patienter tout le monde, on autorisa l'abattage de volailles : cela s’appelait le « fo tsy aritra » (ce à quoi on ne résiste pas). Et on imagine aisément 1'allegresse générale quand arrivait le moment de manger de la viande de boeuf tant attendue. On faisait ripaille mais ce repas rituel était exempt de toute boisson alcoolique.
Il faut faire remarquer que cette exclusivité réservée à la viande de boeuf pendant la célébration du Fandroana demeura en vigueur jusqu'a la fin de la royauté en 1897 alors que la consommation de celle du porc était autorisée depuis le règne de Ranavalona II (1868-1882).

Sampy

Chaque sampy a été façonné à partir de divers composants.

Amulettes et des idoles fabriqués à partir de matériaux naturels assortis ont occupé une place importante parmi les nombreux groupes ethniques de Madagascar depuis des siècles. Ody, amulettes personnelles censées protéger ou répartir les compétences au porteur, étaient des objets communs possédés par n'importe qui des enfants esclaves des rois. Le nom sampy a été accordée aux amulettes qui, alors qu'il est physiquement impossible de distinguer ody, étaient distinctes en ce que leurs pouvoirs étendus sur toute une communauté. Le sampy étaient souvent personnifié-complet avec une personnalité distincte et offert leur propre maison avec les tuteurs dédiés à leur service. Ralambo amassé douze de la sampy plus réputé et puissant de communautés voisines. Il a en outre transformé la nature de la relation entre sampy et la règle: alors qu'auparavant la sampy avait été considérés comme des outils à la disposition des chefs de la communauté, sous Ralambo ils sont devenus les protecteurs divins de la souveraineté du chef et de l'intégrité de l'Etat qui serait conservée par leur pouvoir à la condition que la ligne de souverains assuré la sampy a montré le respect qui leur est dû. En recueillant les douze plus sampy-douze étant un nombre sacré dans Merina cosmologie et la transformation de leur nature, Ralambo renforcé la puissance surnaturelle et la légitimité de la lignée royale de l'Imerina. [15]

Le Tantara ny Andriana eto Madagasikara, la transcription du 19ème siècle de l'histoire orale Merina, offre un compte de l'introduction en Imerina des idoles. Selon la légende, un jour pendant le règne de Ralambo une femme nommée Kalobe arrivé en Imerina portant un petit objet enveloppé dans des feuilles de bananier et de l'herbe. Elle avait voyagé de son village situé à Isondra dans Betsileo pays au sud, qui avait été détruit par le feu, la marche de la grande distance et les voyages que la nuit afin d'offrir au roi ce qu'elle appelle Kelimalaza ("la Petite Famous") , donnant l'impression que ce n'était pas moins que le plus grand trésor dans la terre. Ralambo a pris la sampy et construit une maison pour elle dans un village voisin. Il a ensuite choisi un groupe d'adeptes qui étaient à étudier sous Kalobe d'apprendre les mystères de Kelimalaza. L'histoire orale soutient que Kalobe a été "fait disparaître" après la formation des adeptes a été réalisée afin de l'empêcher de prendre la fuite avec l'idole précieux.

Peu de temps après, la légende continue, un groupe de Sakalava (ou, selon certains, Vazimba) guerriers se préparaient à attaquer un village au nord de Alasora appelés Ambohipeno. Ralambo a annoncé qu'il serait suffisante pour jeter un oeuf pourri les guerriers, et Kelimalaza prendrait soin du reste. Selon l'histoire orale, l'oeuf a été projeté et de frapper un guerrier dans la tête, le tuant sur le contact, son cadavre est tombé sur un autre guerrier et l'a tué, et ce cadavre est tombé sur un autre et ainsi de suite, jusqu'à ce que les guerriers avaient tous été détruits, confirmant à jamais la puissance de Kelimalaza comme le protecteur du royaume dans l'esprit de la population Merina. De même, dans le village Imerina assiégée de Ambohimanambola, invoquant Kelimalaza a déclaré avoir produit une tempête de grêle massive qui a balayé les guerriers ennemis. [8]

La place d'honneur que Ralambo attribué à Kelimalaza encouragé d'autres comme Kalobe à apporter leur propre sampy à Ralambo des terres voisines où ils avaient été introduits bien avant par le Antaimoro . Première après Kelimalaza était Ramahavaly, a déclaré à contrôler les serpents et repousser les attaques. La prochaine arrivée, Manjakatsiroa, protégé la souveraineté du roi de ses rivaux et est devenu le favori de Ralambo, qui gardait toujours près de lui. Ensuite est venu Rafantaka, censé protéger contre les blessures et la mort, d'autres ont suivi, tous d'origine Antaimoro à l'exception possible de Mosasa, qui était venu de les Tanala peuple de la forêt à l'est. [8] La propagation de sampy similaire au service de citoyens moins puissants donc augmenté tout au long de l'Imerina sous le règne de Ralambo: presque tous les chefs de village, ainsi que de nombreuses familles ordinaires, a eu un en leur possession et selon les pouvoirs et la protection de leur sampy communal leur offrait. [6] Ces moindre sampy ont été détruits ou réduite à l'état de ody (talismans personnels) d'ici la fin du règne du fils de Ralambo, Andrianjaka, laissant officiellement que douze sampy vraiment puissant (connu sous le nom sampin'andriana: la "Royal Sampy") qui étaient tous en possession de la roi. [6] Ces sampy royale, y compris Kelimalaza, a continué à être adoré jusqu'à leur destruction supposée dans un feu de joie par la reine Ranavalona II sur sa conversion au christianisme du public en 1869.

Décès et succession

Ralambo est probablement mort vers 1612. Il a été enterré dans la tombe en pierre traditionnelle de son grand-père, le roi Rabiby, qui se trouve encore dans le village de montagne de Ambohidrabiby. Selon une source du 19ème siècle, sa mort fut pleurée pendant une année complète. Son enterrement aurait eu lieu dans la nuit et un mausolée royal ( trano masina ) a été construit sur ​​sa tombe, une tradition royale Merina qui se poursuivra jusqu'à l'effondrement du 19e siècle Royaume de Madagascar . Les règles de succession établies par Andriamanelo tenus Ralambo passer sur son fils aîné (par sa deuxième femme) en faveur de la succession d' Andrianjaka , son plus jeune fils de sa première femme, Rafotsindrindramanjaka.

Ralambo ne lève pas l'interdit de la consommation du zébu; mais c'est sa mort qui impose le fady du terme (lambo) et l'utilisation d'un autre mot (omby).

Descendance jusqu'aux petits enfants

Ralambo 
-Marié avec Ratsitohinina (fille de Andrianamboninolona), dont

  • Andrianjaka, né en 1612, décédé en 1630 (à l'âge de 18 ans).
    Marié avec Ravadifo, dont
    • Andriantsitakatrandriana, né en 1630, Analamanga, décédé en 1650, Ambohimanga (à l'âge de 20 ans).
      Marié avec Ravololontsimitovy.
      Marié avec Rafoloarivo.
  • Andriampolofantsy.
  • Ravololondralambo.

-Marié avec Rabehavina (fille deAndriamamilaza), dont

  • Andriantompokoindrindra.
    • Ratompoindraondriana
    • Andriandambo
    • Andriamahatsiravina

-Marié avec Rafotsindrindramanjaka, dont

  • Andrianimpito.
    • Zafin-Dralambo Andrianimpito.
    • Andrianimpitoekemanjaka.
    • Andrianimpitomangoro.
    • Andriandanimena.

-Marié avec ?, dont

  • Andriampanarivomanga.
    • Ravadifo.Mariée avec Andrianjaka, né en 1612, décédé en 1630 (à l'âge de 18 ans).
 
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Date de dernière mise à jour : jeudi, 29 Janvier 2015

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