Andrianony

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La grande vadrouille d’Andrianonifomanjakatany

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

 

le royaume d'hmbohidranandriana, archéologie et traditions orales
EMMANUEL FAUROUX
 
     A quinze kilomètres à l'Est d'Antsirabe, sur la route qui conduit yers le bourg de Soanindrariny, le village d'Ambohidranandriana et ses abords immédiats présentent une densité de sites fortifiés tout à fait remarquable, attestant à la fois de l'ancienneté relat-ive et de la densité du
peuplement.
 
    Dans le cadre de la section Economce du Centre OKSTOM de Tananarive, nous avons été amenés à faire une étude d'Anthropologie    économique du Foko Andriamasoandro, qui appartient à la caste noble des Zana-dRalambo. Ambohidranandriana est le plus important et le plus
ancien des villages ha- bités par ce foko, dans cette partie orientale du Vakinankaratra. C'est ainsi que nous avons été conduits à résider dans   ce village du mois d'Août à la fin du mois de Décembre 1968, puis à y faire une série de séjours plus brefs de Janvier à Juin 1969. L'histoire et
l'archéologie n'étaient au départ pour nous que l'un des instruments permettant l'analyse de la situation présente. La relative richesse des informations recueillies nous a incité 2 n'en pas limiter la collecte aux seules nécessités d'une étude.économique. L'histoire du Foko Andriamasoandro se confond en effet avec l'histoire d'une petite unité politique qui, dépassant le cadre d'un simple village, s'est étendue jusqu'à
constituer un petit royaume avec lequel les rois d'Andrantsay d'abord, Andrianampoinimerina ensuite durent compter.-Ainsi les traditions recueillies dans la région d'Ambohidranandriana et les tentatives d'interprétation des sites archéologiques que l'on y rencontre peuvent contribuer à éclairer partiellement certains points mal connus de l'histoire du Vakinankaratra. Devant le foisonnement des traditions recueillies
dont beaucoup, comme cela est fréquent, sont contradictoires, nous avons été amenés à faire subir à nos informations un certain nombre de
confrontations critiques : - critique de cohérence interne; - critique de cohérence avec les autres traditions recueillies auprès d'informateurs différents ou dans des villages différents; - confrontation avec les sources écrites dont nous avons pu avoir connaissance (récits de'voyageurs,
traditions recueillies par d'autres auteurs,...).
L Dans une première partie, nous présenterons les résultats de ces critiques et de ces confrontations. Le rapprochement entre ces résultats et
les données fournies par l'interprétation des sites archéologiques permettra de juger du degré de vraisemblance des traditions recueillies. Ce
sera là l'objet de la seconde partie.
 
PREMIERE PARTIE
I les traditions relatives au ((royaume)) dåmbohidranandriana. A la fin du XVIIème siècle, l'actuel Vakinankaratra était à peu près complètement désert, à l'exception de la vallée de l'bndrantsay oÙ subsistaient quelques îlots de peuplement Vazimba (1). * Toutes les
traditions sont d'accord sur ce point : c'est à la grande mi- gration d'Andrianonifomanjakatany (2) que l'on doit le premier peuplement
organisé de ce qui allait devenir le royaume d'Andrantsay. De même, c'est à une partie des migrants qui auraient accompagné Andrianony que l'on peut attribuer le peuplement de la région d'Ambohidranandriana qui nous intéresse ici. Tous nos informateurs s'accordent sur ce
fait.
1.
LES TRADITIONS RELATIVES A LA NIGRATION D'ANDRIANONY
De nombreuses traditions ont été recueillies â propos de la migration d'Andrianony et ont fait l'objetde publications. Citons en particulier :
- Fontoynont et Raomandy : "Les Andriana du Vakinankaratra" n Bulletin de l'Académie Malgache, Vol.XXI1, 1949, pp.33-35; - Lieutenant
Jouannetaud : "Notes sur l'histoire du Vakinankaratra" in Notes, reconnaissances et explorations,
4ème note, vol.VI, 1900, pp.276-277;
- J.Dez,% dans son article sur l'histoire du Vakinankaratra (op.cit.p.661).
De notre côté, nous avons pu enregistrer au magnétophone certains récits intéressants concernant le périple d'bndrianony. Nos meilleurs informateurs sur ce point ont été MM.Rajakoba Ellis d'Ambatolahy (3), le frère de ce dernier t M.Randrianasolo, instituteur luthérien à
Ambohimiarivo. A. Les origines de la,migration et les participants Andrianony appartenait 2 la famille royale d'blasera. I1 aurait été
écarté du trône dans des circonstances fort imprécises. D'après J.Dez, cela pourrait s'être produit "au cours des luttes qui marquèrent
la deuxième partie du rè- gne d'Andriamasinavalona'' (4). Cette circonstance permettrait de dater l'exode d'Andrianony qui, toujours selon
J.Dez, aurait été entrepris au cours des toutes premières années du XVIIIème siècle. .d % 4 -(1) Voir sur ce point J.Dez : ?Le  Vakinankaratra. Esquisse d'une histoire 2' régionale!' in Bulletin de Madagascar, Septembre 1967, ~1.~256. (2) Ou, plus simplement, Andrianony.
(3) M.Rajakoba Ellis posse'de un manuscrit qui a servi de point de départ de l'interview qu'il a bien voulu nous confier. Nous l'en remercions
bien vivement.
(4) J.Dez, op.cit., p.661.  Andrianony partit en compagnie d'un nombre impressionnant de parents, d'.alliés et de dépendants. Nos informateurs parlent de plusieurs milliers de personnes. Plus précis, le manuscrit de M.Rakotomanga, cité par J.Dez, indique un effectif de
trois mille personnes environ. Nous avons pu recueillir quelques détails sur la composition de ce groupe qui comprenait : - Andrianony et
certains de ses proches parents; - des chefs "Andriana" alliés ou apparentés à Andrianony; - une foule de dépendants aux tâches parfois spécialisées : gardiens de boeufs, soldats, domestiques, ...a - Andrianony était accompagné de ses femes, de ses enfants et de ses deux
soeurs, Ramanalina et Ramanjaka. Sur ce dernier point toüs les récits concordent et les liens existant entre ces deux soeurs et les principales lignées royales du Vakinankaratra sont dans l'ensemble assez bien connus. b - Parmi l'ensemble des "chefs" qui acceptèrent de
partager l'exil d'Andrianony, les traditions recueillies 2 Ambohidranandriana en ont retenu cinq. Ce sont eux et leurs descendants qui,. en
effet, sont à l'erigi- ne du peuplement de notre région. Ces cinq Andriana étaient les-suivants : I - Andrianjafimasoandro, descendant
direct en filiation patrilinéaire d'Andriamasoandro, fils de la troisième feme du roi Ralambo et ancêtre éponyme du Foko (1) résidant
actuelSement à Ambohidranandriana. 2 - Andriakazomangahemanefohefo, frère cadet du roi Andriamasinavalona et chef du Foko   Andriakazomanga qui compte actuellementn des représentants à Soanindrariny et dans plusieurs villages proches d'hbohidranandriana.
3 - Le chef du Foko Mpanjakarivo dont la tradition n'a pas retenu le nom. L'oncle maternel d'llndriamasoandro était de sa descendance    directe. Ses descendants vivent principalement à Tongarivo. 4 - Le chef du Foko Zafindravola, qui était le fils de la soeur   d'Andriakazomangahemanefohefo dont les descendants vivent à Mangarano et à Voahasina. 5 - Andriamanalinarivo- dont on sait qu'il
était apparenté aux précédents sans que l'on puisse apporter plus de précisions. Les membres de ce foko vivent actuellement à    Ambohimanga, petit village proche de Vinaninkarena, au Sud d'Antsirabe.
___________
(1) Le Foko est constitud par l'ensmble des descendants en filiation principalement patricindaire d'un ancêtre aponyme commun.
Le schéma ci-dessous permettra une vision plus claire des relations de parenté unissant Andrianony à ses alliés.
I - Andrianony. 2 - Andriankazomangahemanef ohefo. 3'- Andriamasoandro. 3 "- Andrianjafimasoandro. 4 -CheF du FO~O Mpanjakarivo.
5 Chef du Foko Zafindravola. A -Roi Ralambo. B - 322" femme de Ralambo. C - Roi Andr;amasinavaIona. C c - La foule des dgpendants  Fontoynont et Raomandahy parlent brièvement de ces personnages secondai- res : "En outre de' ces chefs, se trouvèrent encore les  Angaralahy qui firent l'office des. serviteurs d'Andrianony. Ce ne furent point des esclaves (andevo) emZere'gime de l'esclavage ne fut
connu que plus tard; ce furent des gens libres, tr8s attache's toutefois à leur roi. C'est ainsi qu'un Angaralahy, du nom de Tambolafotsy,
fut sacrifie' par Andrianony pour sanctifier son <dole" (I ) . Certains de nos informateurs nous ont apporté quelques précisions complémentaires. I1 y aurait eu au moins cinq catégories de dépendants spécialisés dont aucun effectivement n'avait le statut d'esclave.
.des gardiens de boeufs. .
_____________
I1 s'agissait d'une partie des gardiens des boeufs royaux d'Alasora qui suivirent Andrianony avec la mission de    veiller à la garde et à l'entre- tien du très important troupeau qui suivait les d6placements du groupe. Ces gardiens de boeufs jouissaient
d'un statut social très particulier, ils étaient tenus à une stricte endogamie, ce, qui suppose donc un groupe rela- tivement important, et   semblent avoir b6néficié d'un certain prestige so- cial les plaçant bien au-dessus de simples domestiques. Lorsque les migrants se sédentarisèrent, c'est à eux que furent confiées la responsabili- té de l'entretien du Zapan'ny Andriana (le "palais") et celle de la collecte du
vody hena
(2). Les descendants de ces gardiens de boeufs résident toujours à Ambohidranandriana (ils avaient le privilège de résider à l'intérieur du village bien que non nobles)
(3) ou dans les environs (A). On les connait sous le nom de Andriamahazo omby
(5). .. I (1) Fontoynont et Raomandahy, .op.cit., p.34 (2) Le "vody hena" est Za partie, postérieure du boeuf.
EZZe &ait rdservde (3J En fait, iZ n'y reste plus qu'une seule famille. (4) Principalement au visage d 'Ambohipiaro, à 1 'Est d 'Ambohidranandriana. (5) Les informations concernant les "Andriamahazo omby" nous viennent essen- '.A aux nobles et aux souverains. tie Z Zement de M.Rahoelison Charles d 'Ambohidranandriana. des soldats (miaramila). On a peu de détails sur eux. Ils semblent ,avoir fait  l'objet d'un recrute- ment 1orsqu'Andrianony et les siens décidèrent de partir. Ils n'étaient pas parents entre eux,'mais, étant partis avec femmes et enfants, ils ont peu à peu tendu 2 constituer un isolat matrimonial, leurs enfants se ma- riant entre eux. Leurs descendants ou du moins, les descendants des Miara- miza attachés aux cinq foko cités ci-dessus, résident actuellement à Ambohimanatrika, village tout
proche d'Abohidranandriana, oÙ on considère qu'ils constituent un sixième foko malgré l'absence d'un ancêtre unique commun. , .. des Mpiandritany ou gardiens de 2a terre. Les informateurs actuels ne savent plus très bien ce que désigne ce-terme qui revient pourtant dans la plupart des récits. II s''agissait peut-être de personnagesde confiance que l'on abandonnait sur place pour prendre possession lorsque les
hasards des déplacements conduisaient le groupe dans une région jugée intéressante. I1 fallait pouvoir préserver l'avenir et s'assurer que, si on le jugeait bon, on pourrait revenir sans que des étrangers aient pris possession des lieux entre temps. . des olona nahatoky ou homes
de confiance. Choisis, semble-t-i1,parmi les Miaramila dont on voulait récompenser les services, leur rôle consistait à assurer les missions  délicates, par exem- ple prendre.contact avec les populations en place, et à encadrer le petit personnel domestique. . le petit personne2
domestique. Ce sont les Angaralahy dont parlent Fontoynont et Raomandahy. Leur statut semble avoir été en tous points identique à celui des Andevo. D'ailleurs l'équivoque n'a pas subsisté avec leurs descendants qui sont considérés comme appartenant à la caste la moins favorisée. Ils continuent dans de minuscules villages proches de ceux de leurs anciens maîtres. à résider - B. L'itinéraire de la migration D'importantes divergences apparaissent entre leS.récits que nous avons pu recueillir et ceux rapportés par Fontoynont, Raomandahy ou le lieutenant Jouannetaud. Ces contradictions cessent si l'on admet que le groupe lié àAndrianony, loin de se présenter comme un bloc homogène se déplaçant en mas- se, se scindait au contraire chaque fois que 1'un.des sous-groupes qui le composait jugeait bon de s'implanter dans un lieu de rencontre ou de tenter sa chance dans une direction différente de celle du gros de la troupe. Si Andrianony semble bien avoir achevé son périple en quelques années, certains des foko qui l'accompagnaient au départ, mirent plusieurs générations avant de se fixer définitivement sur leur habitat actuel. En définitive, ce que l'on connaît comme la grande migration d'Andrianony, phénomène unique, fut probablement constitué dans laréalité par une multiplicité de phénomènes distincts dont les caractéristiques furent
sans doute les suivantes : - le groupe parti d'Alasora semble avoir fait l'objet de scissions continuel- les, marquées soit par la  sédentarisation plus ou moins provisoire de cer- tains éléments au fur et à mesure où des lieux convenant à
une
implantation
étaient rencontrés
sur
la route commune,
soit
par
des
recherches effectuées
à
l'écart
de
celle-ci.
-
Les
périodes
de
sédentarisation étaient
très
variables,
définitives
parfois,
ou, au'contraire,
s'étendant
à
peine
sur
quelques
mois,
le
temps
sans
LES
ITINERAIRES
SUIVIS
PAR ANDRIANONY
ET
LES
CINQ
FOKO
QUI
ONT
PEÙPLE
LA
REGION D'AMBOHIDRANANDRIANA
Sources
et
["formateurs
Nom
du
groupe
Itinéraire
-ontoynont,
3aomanda
hy
et
lieut.
louannet
aud
"amille
d'
qndrianony
Alasora
Cprès
Tsinjoarivc
vallée
de
l'0nive
.,
région d'
Ambohidra-
nandriana
(Mt:
Vonto-
vorona)
So
a
vin
a
-
Bet
af
o,
i
tis
-
tal
lation
définitive
-
Rajakoba
Ellis
[Ambatolahy
1
Foko
Andrian
kazomanga
et
Zafindravola
Alasora-
'
,Ambohimanga*
.
+
Itendro
(près
Manjakandrianal
J.
lanazary
lac
Itasy
4J
An
kar'a
t
ra
........
Arivonimamo
...................................
.,
1:
'.,.
Sud
d'Antsirabe
5
Sahamanana
(près
Fandriana)
région
d'
qmbohidranandriana
installation
défi-
iitive
CMangaranol
..
Rajakoba
Ellis
,
[Ambatolahy)
Fo
ko
ndriamanalinarivo
rajet
commun
avec
Artdriakazomanga
et
Zafindravola
foko
'
...............................
...
I
..
Sud.
d'Antsirabe
installation
définitive.
.................................
.................................
I
..
..
~
i
Randrianasölo
'(Ambohimiarivdl
r
Foko
Andriamasoandro
et
Mpanjakarivo
?
Seavinandriana
[Lac
Itasy)
Ankaratra
(village
3'Antamponankara-
tra1
.
région
d'Ilempona
et
d'Antanifotsy
(villages
de
Ran-
gaina
et
Amboniazy
-1
Ambomiarinarivo
[,près
Fandrianal
région
d'
Ambohidranandriana
installation
défi-
nitive
[Manakoni-
himanina
puis
Ton-
garivo
et
Ambohi-
dra
nan
driana
J..
5.
*
Avant
de
se joindre
au groupe,
les
Andriankazomanga
et
les
Andriamanalinarivo
seraient venus
d'Ambohimanga.
-
(1)
Il
s'agit
de
l'actuel
mont
Vontovorona
dont
la
forme
voteunique
&Zs
pure
domine
toute
la
re'gion.
(2)
Fontoynont
et
Raomandahy,
op.
cit.,
p.
34.
Plaine
marecaqeuse
Falaise
(tracé
approximatif
)
ECHELLE
:
4/400
OOOe
O
4Km
ZKm
LE PEUPLEMENT DE LA VALLEE DE LA MANANDONA
2.
LES
TRADITIONS RELATIVES
AUX
CONDITIONS DE
LA
REPARTITION DU
PEUPLEMENT
'DANS
LA
REGION
D
'
AMBOHIDRANANDRIANA
A.
Les
étapes
de
1
I
imp1
antati
on
défi
ni
ti
ve
Le
peuplement
de
la
région
s'est
effectué
à
trois
époques distinctes
:
1
-
Le
Foko
Andriamanalinarivo
s'est
fixé
à
proximité
du confluent de la
Manandona
et
de
la
Sahatsio, fondant
lelvillage
d'hbohimanga
(1)
qui
existe
toujours
mais dont
l'importance
est aujourd'hui
dépassée
par
le
village voisin
de
Vinaninkarena.
Le
nom
d'Ambohimanga
evoque
le village
royal
d'où
le
foko
était parti
pour suivre Andrianony.
2
-
Les
Foko
Andriamasoandro
et
Mpanjakarivo,
quelques années
plus
tard
(les
traditions
ne
donnent aucune
précision
sur
ce
point)
ont
colonisé
les
zones
II
et
III
de
la
carte,
édifiant
un
petit
nombre de
villages
unis
par
d'étroits
liens
de
parenté aux alentours
de
l'actuel
village
de
Miadanimerina.
L'un
de
ces petits villages
s'appelait
Manakonihimanina,
le
nom
des autres
a
été oublié.
Les deux Foko
ne demeurèrent
pas très
longtemps
en
ces lieux
;
quelques
familles avaient essaimé
fondant
Ambohidranandriana
(2)
pour
les
Andriamasoandro
et
Tongarivo
pour
les
Mpanjakarivo.
La
fondation- de
ces
deux
villages
dans
une région fertile
et
facile
B
défendre semble avoir
amené
l'abandon
progressif
de
Manakonihimanina
et
des villages
environ-
nants
demeurent cependant
des
sépultures qui appartinrent aux
deux
f
oko
.
3
-
Andriakazomanga
et
Zafindravola
arrivèrent
sur
les lieux
une
génération
au moins
après
la fondation
d'Ambohidranandriana
et
de
Toigarivo.
Ils
fondèrent
ensemble
le
village
de Mangarano
(zone
IV
de
la
carte) au Sud-
Est
de
la
vaste
plaine
marécageuse déjà utilisée
par
Andriamasoandro
et
Mpanj
akarivo
.
Pour
diverses
raisons,
le
village
de
Mangarano
fut
abandonné
par
les
Andriakazomanga qui suivirent
leur
chef
Andriakazomangabe,
2
la
cour
du
roi
Andriamanalinibetsileo
(3),
souverain
du
royaume
d'llndrantsay,
alors
en
pleine expansion. Andriakazomangabe
et
sa
femme
moururent peu
de
temps
aprks
dans
une
épidémie
de peste.
Trois
de
leurs enfants quittèrent
alors
la
cour
pour
revenir
dans
la
région
autrefois
habitée
par
leurs
parents.
L'aTné
fonda
ce
qui devait devenir
l'important
bourg
de
Soanindrariny
(2
une quinzaine de kilomètres
à
l'Est d'Ambohidranandriana).
Les
deux suivants
s'installêrent
dans
la
zone
V
(voir
carte)
oÙdi.ls
fon-
dèrent respectivement les villages
d'Antanety et
d'Antobikely.
Les
filles
du
fondateur
d'bntobikely
seraient
elles-mêmes
B
l'origine
du village
d'Ambatolahy
situé
dans
cette même zone
V
et
du village
d'Anosibe,
beaucoup
plus
B
l'.Est,
à
proximité
immédiate
du
mont
Vontovorona.
(1)
Zone
I
de
Za
carte
du
peupZement de
la
Manandona.
(21
La
fondation
d'Ambohidranandriana
remonte
sans
doute
aux
aZentours
de
1750.
Mayeur
a
en
effet
ddcrit
en
1777
un
viZZage
bien.
dtabZi.
(3)
Andriakazomangabe
avait
dpousd
la
soeur
du
roi
et
fut
appel6
d
Za
cour
pour
'tenir
Za
fonction
d
'Hazomanga,
c
'est-à-dire,
de
responsabZe
des
rites
propitiatoires
ndcessaires
au
succ8s
des
entreprises
royales.
Une
énigme
subsiste
dans
cette histoire
du
peuplement
de
la
région
.
d'hbohidranandriana,
à
propos
de
l'origine
du Foko Andrianonive,
actuelle-
ment implanté dans
un
secteur
très
défavorisé
2
la
fois
sur
le
plan
de
la
qualité
et
de'la
quantité
des
terres
disponibles
(zone
V
de
la
carte,
site
de
Manjakarivoahasina)
.
Le
fondateur
du
foko
serait Andrianonivehy,
venu
de
la
région
de
Tsinjoarivo
et
d'Andramasina.
Existe-t-il des liens entre
ce
personnage
et
la migration
d'Andrianony
qui,
on
s'en
souvient
passa
par
Tsinjoarivo
?
Aucun
informateur
ne
le pense.
Tout le
monde
admet
que
ses
descendants cons-
tituent
un
foko noble.
Pourtant,
les
Andrianonive
sont
tenus
dans
un
état
d'infériorité
sociale manifeste.
Un
interdit matrimonial
les
maintient
(1)
B
l'écart
des
autres
foko nobles,
les
contraignant ainsi
-
une
endogamie
rigoureuse
étant
rendue impossible
par
l'exiguité
du
groupe
-
2
rechercher
des
alliances
matrimoniales hors de
leur
caste,
y
compris dans
la
caste la
plus défavorisée.
I1
est
possible que
le
Foko Andrianonive,
premier occupant des
lieux,
ait
été vaincu militairement
et
refoulé
dans
son
habitat actuel
lors
de
l'arri-
vée
dans la
région
des
Andriamasoandro et
des Mpanjakarivo
dont l'agressivi-
té et
la
valeur
au
combat étaient célèbres.
Cette
hypothèse
n'est
étayée
par
aucune
tradition locale
mais
trouve
peut-être
une confirmation
partielle dans
le
fait
qu'il
existe encore,
à
l'heure
actuelle,
des
sépultures anciennes
dont
on
dit
qu'elles
appartenaient
autrefois
aux
Andrianonive.
La facture
de
ces
sépultures paraît
antérieure
aux
plus
anciennes sépultures Andriamasoandro.
,
B.
La
ré.partition
pré-coloniale
du
peuplement
La
carte de
la
répartition
ci-après
donne
une
vision schématique de la
répartition
du
peuplement avant
1895.
.
Les Mpanjakarivo
et
les
Andriamasoandro
-se sont
partagés
la
principale
plaine
marécageuse,
celle
de
la
rivière Vavarahana,
la
plus
étendue
et
la
plus favorable
2
la
culture du riz.
Les
Mpanjakarivo, lignage
aîné
(2)
ont
c%oisi.le
territoire
le
plus
vaste, au
Sud
de la
rivière, cette dernière
servant
de
frontière
naturelle
entre
les
deux
foko. Dans
un
premier
temps,
seules
les
franges du
marais,
moins
inondées, furent mises
en
culture.
Les
deux
foko
se
reconnaissaient cependant
un
droit
d'usage
sur
l'ensemble
du
marais
:
droit
de
parcours
pour
le
bétail,
droit
de
pêche
de
chasse,
droit
de collecte
du
saonjo,
...
.
Les
Zafindravola
et
les
Andriakazomanga,
arrivés
ultérieurement durent
se
contenter des
bas-fonds
entourant
le site
de
Mangarano
sans possibilité
d'extension
sur
place.
Cette situation
les conduisit
2
chercher
un
nouvel
établissement dans
le bassin marécageux situé
immédiatement au
Nord,
les
Zafindravola,
moins
nombreux puisque
une
partie
de
leur
groupe était resté
près
de Mangarano,
se
contentant
d'un
domaine
pluS.restreint.
.
Les Andrianonive
ne
conservèrent
qu'une
petite enclave
entre
les
terroirs
Andriakazomanga
et
Zafindravola.
(1)
ou,
plus
exactement,
les
maintenait,
car
l'interdit
n'est
plus
respect6
(2)
Nous
rappelonS.que
le
fondateur du
Foko
Mpanjakarivo &ait
le fr&e
de
au
jourd
hui.
Za
me"
d'Andxiamasoandro
(voir schdma page
58).
!
t
9
Dans
les zones
montagneuseset,ibcultes
situées
plus
2
l'Est,
les
divers
Boko
s'attribusrent
des
droits
de
parcours
pour
leurs troupeaux.
Les
fron-
tières'entre
les différents territoires
de
pacage semblent avoir
été
passa-
blement imprécises.
En
fait,
si
l'on
s'en
réfère aux
traditions
orales,
seuls les
Foko
Mpanjakarivo, Andriakazomanga
et
surtout Andriamasoandro dis-
posaient
de
troupeaux
réellement
importants.
Dès
lors
les espaces disponi-
b.les
étaient suffisamment
vastes
pour
ne
pas
poser
de
problème
aigu.
.
3.
LE
ROYAUME
D'AMBOHIDRANANDRIANA
ET
LA
CONQUETE
MERINA
A.
L'
Mgémonie
du
Foko
Andriamasoandro
La
faible dimension des
groupes
ne
permettait
pas
d'envisager
la
réalisa-
tion
des grands travaux
d'infrastructure
qui auraient permis
une
mise
en
valeur
des marais.
I1
fallait
donc
se
contenter
de
cultiver
les
berges des
marais,
seules utilisables sans aménagements.
La maîtrise
de
l'eau
restait
tout
à
fait
insuffisante,
Selon
les
caprices des
maisons,
l'eau
manquait
ou
inondait
les
cultures, compromettant
gravement
les récoltes
de
riz.
Bien
souvent,
il
fallait
alors
se
contenter
du
saonjo
sauvage que
l'on
collectait
dans le
marais.
Cette
précarité des conditions
de
l'activité
économique
était
ancore con-
sidérablement aggravée
par
les
conditions
politiques.
L'état
de
guerre
sem-
ble
avoir
été
à
peu
près
permanent
entre
les
unités
politiques
que
consti-
tuaient
les
différents
foko.
L'enjeu
de
ces
luttes
était
soit
la
conquête
d'un
nouveau
terroir, soit
la
recherche
d'esclaves,
ainsi
qu'en
témoigne
Mayeur
qui visita
la
région
d'Ambohidranandriana
en Juillet
et
Septembre
1777
:
ItLe
chef
du
village
me
re'pondit
qu'il
n'avait
point
%oujours
habite'
cet.evdroit;
que
jadis
il-demeurait
sur
les
bords
de
la
rivie're
de
Banomainty
et
occupait
toute
Z'étendue
de
terre
qui
est
entre
Zu
sowee
de
cette
rivie'-
re
et
les
grands
bois;
que
Zes
gens
chez
ZesqueZs
je
venais
de
passer
(1)
lui
avaient
fait
une
guerre
à
outrance
et
avaient
re'duit
son
malheureux
peuple
à
un
si
petit
nombre
par
les
massacres
et
l'esclavage
qu'il
avait
mieux
aim6
se
retirer
au
loin
et
vivre aussi
mise'rablement
qu'il
vivait,
que
de
voir
le
reste
de
ses
gens
tuds
ou
faits
escZaves"
(21.
De
leur
côté,
les
traditions
orales
sont
fertiles
en
histoires
de
guerres,
d'alliances
rompyes
et
de
ruses
mémorables.
Généralement, ces conflits
ne
semblent
pas avoir
été
très
meurtriers,
sur-
tout
ceux qui opposaient
les
cinq
foko apparentés.
Mais
ce
sont
leurs consé-
quences
sur
l'activité
économique
qui
pesaient
le
plus
lourdement
:
cultures
détruites, réserves
de
semences
let
provisions
pillées,
troupeaux
de
boeufs
dispersés
ou
abattus
...
La
survie
des groupes
en
question imposait la cessation
de
cette
sit'ua-
tion
d'anarchie
nuisible
à
tous.
(1)
IZ
s'agit
des
vilZageois
d'Ambohidranandr(iana, parmi
lesquels
Mayeur
a
sdjournd
du
12
au
16
JuiZZet
1777.
-
(2)
"Voyage
duns
Ze
Sud
et
dans
Z'intdrieur
des
terres
et
particulidrement
au
pays
d
'Haneove,
par
Mayeur".
Bull
.de
l
'Acade'mie
Jalgache,
vol
.XII,
1913,
p.159.
I
C'est
ce
qu'avait
parfaitement compris
le Foko
Andriamasoandro
qui,
par
le
jeu
des alliances matrimoniales
et
des conquêtes
militaires,
parvint peu
à
peu
à
assurer
son contrôle
sur
le
territoire
de
plusieurs
foko,
consti-
tuant ainsi
un
véritable
petit
état.
Les
mpanjaka
d'Ambohidranandriana
(I)
en
arrivèrent ainsi
à
commander
à
un
territoire
d'une
cinquantaine
de kilomètres carrés,
correspondant sensi-
blement
aux
zones
IV,
V
et
VI
de la carte,
avec pour
limite
Sud
la
plaine
marécageuse
du
Sud
de
Tongarivo
et
pour
limite Nord,
l'actuelle
plaine
d'Ambohimiarivo, alors
connue
sous
le
nom
de
Bekaka.
A
l'ouest,
.les
frontiè-
res
du
territoire contrôlé ne dépassaient
pas
les crêtes
surplombant
la
val-
lée
de
ia
Manandona,
mais
à
l'Est
les
limites étaient totalement imprécises
car il
s'agit
d'un
massif
montagneux alors complètement désert
(2)
et
qui
servait
de lieu
de
parcours
aux
troupeaux
de
bovidés des
cinq
principaux
foko... D'après
le
livre
de
Rainianjanoro.
(3),
il
y
aurait
eu
à
l'intérieur
du
royaume
plus
de
500
chefs de famille
contribuables
et
un
nombre
très
éle-
d'esclaves
et
de
dépendants.
I
L
'organisation
politique
du
"royaume".
On ne
connaît
que
par
bribes
l'organisation
politique
du royaume
Andriamasoandro.
Le
Mpanjaka
résidait
à
Ambohidranandriana
dans
le
Zapan'ny
Andriana,
gran-
de case
en
bois
qui existait encore au
début
de ce
siècle
(4).
On
sait
qu'il
appartenait nécessairement
au
Foko Andriamasoandro,
mais
on
ignore
tout
de
la
fason
dont
il
était
désigné.
Ses
attributions
ne
semblent
pas,
d'ailleurs
avoir été
considérables,
l'essentiel
du
pouvoir
résidant
dans
l'assemblée
des Ray-aman-dReny
du
foko.,Il
avait
sans
doute
un
pouvoir
d'arbitrage
lors-
que
des
divergences apparaissaient au
sein
de
cette assemblée.
En
fait,
l'indépendance
de
chacun
des foko composant
le
royaume
était
probablement
totale pour tout
ce
qui concernait
leurs
propres affaires.
L'unité
politique
du
territoire
s'exprimait par
le
respect
des alliances
mutuelles, ces
alliances
étant
à
la
fois
défensives
et
offensives.
Les
raids
dirigés
sur
les populations voisines étaient
toujours
entrepris
en commun,
.
ce qui en
garantissait
le succès,
car,
en
cette période
d'anarchie
politique,
les villages
isolés
ne
pouvaient guère
faire
face
à
des assaillants
en
nom-
bre.
De
même,
si
l'un
des
villages
du
royaume
se trouvait
attaqué,
tous
les
autres
se
portaient
à
son
secours.
Cette circonstance
et
la puissance
des
places-fortes d'Ambohidranandriana,
Tongarivo
et
Mangarano
(voir
2ème
partie)
explique
le
prestige dont
jouissait
le
petit
royaume avant
la conquête Merina.
Les
souverains
d'Ambohidranandria-
na
étaient
les
vassaux,
très
théoriques,
des
rois
d'Andrantsay
qui,
descen-
dants
d'Andrianony, leur
étaient vaguement apparentés.
En fait,
il
semble
s'être
agi
de liens
d'alliance
informels
et
plus
ou
moins
implicites,
garan-
tis
par
la
crainte
mutuelle que
s'inspiraient
les deux protagonistes.
Ces
accords
tacites
furent vraisemblablement respectés car
aucun récit
ne
fait
allusion
2
d'éventuels
conflits entre les deux puissances.
(1)
l'Mpanjakalt
est
ge'ne'ralement
traduit
par
le
français
%roif1.
Il
vaudrait
e'videment
bien
mieux
parler
de
"roitelet",
ou
chef
territoria2.
(2)
D'après
le
te'moignage de
Mayeur.
-
(3)
"Tantara
nataon-cZRainianjanoro"
-
Tananarive,
s
.d.,
42
p.
(4)
Le
"lapa"
fut
de'truit
vers
1900,
lors
du
passage
des
troupes
coloniales.
Il
mdnquait
du
bois
de
chauffage
&t
le
"lapa''>
fort
dblabrb
il
est
vrai,
fut
utiZisd
pour
cuire
les
aliments
des
militaires.
Dans ces conditions, le royaume
d'Ambohidranandriana
paraît
avoir
connu
une
réelle prospérité
dans
les dernières années
du
XVIIIème
siècle.
L'abon-
dance
de
la
main
d'oeuvre
servile
et
la situation de
paix
relative
permirent
des
aménagements considérables
des
marais,
améliorant
la
maîtrise
de
l'eau
et décuplant
les
récoltes de
riz
(1).
Les
boeufs étaient plus
nombreux que
partout
ailleurs dans
les
environs et
constituaient
d'immenses
troupeaux
errant en
quasi-liberté
dans
les
massifs montagneux
s'étendant
vers
l'Est,
près
du
mont
Vontovorona.
B.
Andrianampoinimerina
et
la fin
du
royaume
d'Ambohidranandriana
Lorsque
Andrianampoinimerina entreprit
la
conquête
du
Vakinankaratra,
il
se
heurta
2
la
petite
puissance
d'Ambohidranandriana.
I1
,sous-estimait peut-
etre
cette dernière
car
une
première
expgdition
se
solda
par
un
échec
pur
et
simple
:
il
fallut
lever
le
siège.
*
I1
organisa donc
une
seconde expédition dont les
Tantaran'ny
Andriana''
font
le
récit
:
lfIL
alla
à
Manazary
et
ÙAmbohidrainahandriana
et
combattit
contre
les
habitants
de
ces
localite's.
Andriamanimahamiry
en
e'tait
le
sei-
gneur.
Andrianampoinimerina
cria
:
'Venez
à
moi,
vous
êtes
mes
enfants,
Dieu
m'a
donne'
ce
pays
et
ce
royaume".
Les
habitants
re'pondirent
:
"Le
rendez-
vous
n'est
plus
dans
le
Nord,
chacun
est
ne'
pour
devenir
un
home.
Un
home
n'est
pas
le
serviteur
d'un
autre.
Montez
car
la
tête
de
boeuf
est
cuite"(2).
Andrianampoinimerina
cria
de nouveau
:
"Ne
parlez
pas
ainsi,
venez
Ùmoi
vous
de'clarer
mes
enfants;
ce
pays
m'a
éte'
donne'
par
Dieu;
VOUS
m'avez
arrê-
te'
une
fois,
mais
vous
ne
le
pourrez
pas
toujoursff.
Les
assie'ge's
re'pondirent
de
nouveau
:
"Montez,
nous
vous
invitons,
car
la
tête
de
boeuf
est
cuite".
Le
combat
s'engagea,
car
les
assie'ge's
ne
voulurènt
pas
se
soumettre.
La
lutte
fut
rude.
Le
village
ne
fut
pris
qu'au
bout
de
cinq joursr'
(3).
La
défaite
fut
sévère
pour les
Andriamasoandro
:"Quand
le
village
fut
pris,
Andrianampoinimerina
donna
Bekaka
et
Lavadrano
(4)
aux
Zanadrangorini-
merina,
en
disant
:
"Je vous
le
donne
à
vous
auxquels
je
dois
de
ne
pas
avoir
laisse'
dchapper
la
pierre
que
je
tenais
à
la
main.
Vous
m'avez
&vite'
la
hon-
te
et
la
de'rision;
grâce
ù
vous,
j'ai
pu
me
lever
sans
honte.
Faites
des
parts
e'gales;
VOS
enfants
et
VOS
petits-enfants
qui
sont
ici
et
qui
viennent
avec
moi.entrent
en partage
dgal;
le
partage
ne
se
fait
pas
au
nom
du
pe're;
VOUS
avez
fait
un
bouclier
de
votre têtef'(c'est-à-dire
:
VOUS VOUS
êtes
tous
de'pensd
dans
la
même
mesure)."
"Le
seigneur
de
ce
lieu
est
mort
en combattant.
Ses
fils
seront
à
tout
jamais
de'possdde's
du
domaine,
dit
Andrianampoinimerina;
i
1s
ont
dirigd
leur
fusi
1
sur
moi.
Be
ferai
-d'eux
des nobles
qui
n'auront
jamais
de
fief"
(5).
',
(1)
La
terre
des marais,
vierge
jusque
là,
semble
avoir
e'tQ
particuliBrement
fertile
dans
les
premie'res
anne'es
de
son
exploitation
et
l'on
parle
en-
core
de
re'coltes
"miraculeusesrf
survenues
vers
cette
e'poque.
done
d'une grossie're
insulte.
Tananarive,
1958,
Tome
3,
p.
21
7.
(4)
C'est-à-dire
la
quasi-totalite'
du
royaume.
d'Ambohidranandriana
tel
qu
'il
a
&te'
de'fini
ci-dessus,
à
2'excep.tion
de
sa
partie
Sud
(Tongarivo) ce
qui
Zaisse
supposer
que
les
Mpanjakarivo
s'e'taient
peut-être
rendus sans
combattre.
722,
La
tête
du
boeuf
est
conside're'e
come
le
plus
mauvais morceau.
Il
s'agit
-
(3)
Histoire
des
rois.
Traduction
du
"Tantaran
'ny
Andriana"
du
R.
P.
Cal
let.
(5)
'%listoire des
rois
'l.
op.
cit.,
p.
21
7.
Les
traditions locales,
en
particulier celles recueillies
dans des
foko
voisins,
laissent supposer que
la
sévérité
d'Andrianampoinimerina
n'alla
pas
jusqu'à
chasser les Andriamasoandro. Peut-être cette mesure
ne
toucha-t-
elle
que
la,famille
-
au sens étroit
-
d'Andriamanimahamiry.
Ce
dernier
fut
laissé
sans
sépulture
et
l'énoncé
de son nom
devint
Fady
(I)
de
sorte que
les
traditions locales
l'ont
totalement
oublié.
-..
Ces dernières
n'ont
rien
retenu
non
plus
des
Zanadrangorinimerina
que
le
souverain
victorieux aurait institués
CO"?
nouveaux
seigneurs
des
lieux.
Ont-ils
renoncé
à
leur
nouveau
fief,
se
sont-ils
intégrés au
Foko
Andriamasoandro
par
le
jeu
d'alliances
matrimoniales
?
I1
faudrait posséder
d'autres
renseignements
pour pouvoir trancher.
Notons cependant
que
les actuels habitants
d'.Ambohidranandriana
et
de
quelques villages alentours se
disent fermement
Andriamasoandro
et
en
mani-
festent
une
certaine fierté
(2).
(1)
Fady
=
tabou en
français.
(2)
I2
est
question
d'ériger
une
pierre
Zevée
a"
Z'entrée
du
viZZage,
avec
cet-
te
inscription:
lQmbohidranandriana,
capitale
du
Foko
Andriamasoandro
".
 
 
 
 
 
 
Au milieu du XVIIe siècle et jusqu'au début du XVIIIe siècle, la situation évolue peu en Imerina.
« Il y avait alors une multitude de rois, chaque chef de clan s'érigeait en seigneur à son gré, chacun cherchait à régner dans son village»
(« Histoire du Royaume Hova », Victorien Malzac).
Cette situation à l'intérieur des terres provoque des départs car, au cours de ces guerres intestines, les chefs vaincus qui refusent d’accepter la domination du vainqueur, ne trouvent de solution à leur infortune que dans la fuite. Certains s'aventurent loin, dans les « terres de légendes » encore occupées par les Vazimba.
C'est le cas d'Andrianonifomanjakatany, ou tout simplement Andrianony, qui est vaincu à Andrakasina, sa terre d'origine selon
C. Savaron, à Mantasoa ou Alasora d'après d'autres auteurs. Emmanuel Fauroux va dans ce sens et écrit qu'il appartient à la famille royale d'Alasora. Il serait écarté du trône dans des circonstances fort imprécises. D'après Jacques Dez, cela se serait produit « au cours des luttes qui marquent la deuxième partie du règne d'Andriamasi­navalona, fin XVIIe-début XVIIIe siècle ».
Effectivement, la migration d'Andrianony correspond en Imerina au règne du roi Andriamasinavalona (1675-1710) dont, par une des épouses de ce dernier, il est apparenté.
Andrianony est accompagné d'un nombre impressionnant de personnes, trois milliers au total, dit-on. Ils sont constitués de ses proches parents, de chefs Andriana (nobles) qui lui sont alliés ou apparentés et d'une foule de dépendants (gardiens de bœufs, soldats, serviteurs).
Parmi les Andriana qui le suivent, trois chefs sont avec lui depuis Alasora, deux autres le rejoignent en cours de route. Avec Andria­nony, ils vont fonder le Royaume de l'Andran­tsay, le Vakinankaratra actuel.
Andrianony et sa suite voyagent de longs mois voire des années. Déplacement marqué par plusieurs étapes qui les conduisent successivement à Soavinandriana (Itasy) dans le Moyen-Ouest, à Antamponankaratra (dans l'Ankaratra) plus au Sud, dans les villages de Rangaina et de Ramboniazy (Ilempona-Antani­fotsy), à Fandriana dans la région nord du Betsileo. Là Andriamanalina dit Betsileo- alors qu'il est lui aussi originaire de l'Imerina- se joint à eux. Par la suite, certains rebroussent chemin.
Ceux qui poursuivent leur route à la recherche d'une terre fertile, sillonnent en long et en large tout le Vakinankaratra actuel. À cette époque, il n'y a que quelques îlots de peuplement Vazimba dans ces contrées, qu'ils ont tôt fait de repousser ou d'assimiler.
Andrianony, deux de ses sœurs et Andriamanalina-Betsileo se dirigent finalement vers l'Ouest, en direction de Betafo où ils jeteront les bases du royaume d'Andrantsay. Andrianjafimasoandro, les Mpanjakarivo, Andriankazomanga et les Zafindravola se tournent vers l'Est.
Andriamanalinarivo finit par s'installer à proximité du confluent de la Manandona et de la Sahatsio où il fonde le village d'Ambohi­manga proche de Vinaninkarena-Antsirabe, dont le nom évoque le village royal d'où il est parti. À cette époque, il n'y a que quelques îlots de peuplement Vazimba dans ces contrées, qu'ils ont tôt fait de repousser ou d'assimiler.
Les Andriamasoandro et les Mpanjakarivo colonisent, d’abord, au nord de la rivière Manandona où ils construisent plusieurs petits villages, avant de se déplacer plus à l'Est. Leur implantation définitive dans la contrée d'Ambohidranandriana-Soanirariny s'effectue en trois époques distinctes. En tout cas, en 1777, le voyageur Mayeur qui y passe, parle d'Ambohidranandriana où résident les Andriamasoandro, comme d'un village bien établi. Les Mpanjakarivo, eux, s'installent à Tongarivo.
Enfin, les Andriankazomanga et les Zafindravola arrivent plus tard, après la fondation d'Ambohidranandriana et de Tongarivo.
Pela Ravalitera
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Date de dernière mise à jour : samedi, 23 Novembre 2013

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