Tsiampody

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dernier résistant face aux français

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

Les Mahafaly ont toujours été hostiles à toute présence étrangère sur leurs terres. Ainsi, après les réticences d’Andriamasilalina à « pactiser avec l’homme blanc », Herontany s’en prit en 1842 à des marins d’une goélette de l’ile Bourbon. Un pillage qui fut suivi de représailles menées par le commandant Guillain, dépêché sur place pour ce faire. Refiahy, fils d’Herontany, signa le 10 Août 1859 le premier traité d’amitié et de commerce avec le vicomte Fleuriot de Langle, à bord de la corvette La Cordillère. Cela n’empêcha pas Lahintafika, successeur de Refiahy, d’envoyer un corps de 250 Mahafaly attaquer les établissements français de l’île de Nosy-be en 1889. Les actes de pillage se poursuivirent sous Refotaka, fils de Lahintafika, ensuite Tsiampody et Tsiverenga, qui s’opposèrent tous farouchement à l’occupation française. Mais les derniers rois Mahafaly ont fini par accepter cette présence. Nous verrons demain, comment Lyautey a vécu sa rencontre « pittoresque » avec Tsiampody.

Tsiampody, dernier résistant Mahafaly face aux Français

30/03/2013

Voici comment Lyautey à vécu sa rencontre avec Tsiampody, dernier grand roi Mahafaly qui, dans un premier temps, « tôlérait la présence française avec hauteur et dédain ». « Il y a 5 000 à 8 000 guerriers derrière lui qui n’ont jamais vu dans la région plus de 200 à 300 de nos fusils. Officiellement, il nous voit, nous tolère, mais en nous protégeant. Nous sommes pour lui une petit tribu agitée qui est venue chercher fortune près de son royaume, et il ne se rend certes pas compte de ce qu’est la France, ignorant même Tananarive ». Convoqué à l’occasion du passage de Lyautey, Tsiampody se fit escorter de mille guerriers. Lyautey poursuit : « Je les voyais s’avancer sur un vaste front en masse profonde, comme une phalange et, ils donnaient l’illusion de manœuvre. Ils ont formé leur camp à 800 m d’ici, leurs armes prêtes ». Lyautey réunit plus tard tous les rois Mahafaly. « Il y avait derrière eux, en arc de cercle, 2000 hommes accroupis, les fusils à terre, les sagaies hautes. Au point de vue pittoresque, c’était plutôt grandiose. De mon côté, je n’avais que 150 sénégalais, mais sur deux rangs, artistiques, alignés »…

Avec doigté, Lyautey parvint à obtenir l’adhésion de Tsiampody, lui laissant non seulement toutes les prérogatives de son pouvoir, mais lui confiant également le maintien de l’ordre chez les Mahafaly. Quand Tsiampody mourut en 1912, 1 600 zébus furent sacrifiés lors de ses grandioses funérailles. 7 000 bucranes ornèrent son immense tombeau, et son corps fut roulé dans quatre lambamena. Sa sagaie trouva place à ses côtés dans le cercueil. Huit autres cercueils contenant des bijoux, bracelets, étoffes et divers objets accompagnèrent le souverain dans l’autre monde…

Les funérailles du roi Tsiampody

Les Mahafaly sont un peuple du sud de Madagascar , et en particulier dans le domaine de Betioky et Ampamihy . Ils vivent principalement aride.

Je suis un peuple fier et indépendant, que seule la coloniale française a réussi à dompter.

En pays Mahafaly (Ampanihy), leurs tombes sont ornées de cornes de zébus tués en l'honneur du défunt au cours de l' enterrement , et le nombre des cornes fixées sur une tombe est proportionnelle à la situation sociale de la mort. 

Les sépultures se complètent par des aloalo (hauts poteaux entièrement sculptés) au nombre de 4 à 16 environ. La sépulture du roi Tsiampody, mort en 1912, est garnie de 36 aloalo et de 700 crânes de zébus aux immenses cornes. Les aloalo sont surmontés d’effigies de défunts représentés dans les scènes de vie quotidienne : chasse, portage de jarre, soins aux enfants…

Le Roi Mahafaly Tsiampody mourut en 1912. C’est lui  qui avait gardé les reliques de la lignée des Maroseranana du Sud de l’Onilahy ainsi que le «hazomanga lava» ou autel sacré devant lequel les autres rois venaient en certaines occasions faire des sacrifices. Sur son immense tombeau qui se trouve dans la forêt d’Ankirikiriky près d’Ampotaka, furent déposés les crânes de 700 bœufs immolés lors des funérailles. En réalité, raconte Grandidier, 1 600 bœufs ont été sacrifiés, mais 700 crânes seulement furent exposés. Il ne pouvait en être déposé plus sur le tombeau qui mesure quarante mètres de côté. Trente-six aloalo ou bois sculptés ont été plantés sur les pierres du monument. Le corps du roi fut roulé dans quatre lambamena et sa sagaie fut placée dans son cercueil. Huit autres cercueils répartis autour de celui du  souverain contenaient les objets emportés dans l’autre monde. Il s’agissait de nombreuses étoffes de toutes les couleurs, des bracelets et des bijoux d’argent, des monnaies d’or. C’est au clan des Antehisatra qu’a été confiée la garde du tombeau et de la forêt d’Ankirikiriky.

 

Commentaires (1)

1. CABANAS jeudi, 30 Janvier 2014

Que du bonheur pour ce site, ayant vécu à madagascar entre 1954 et 1966, puis occasionnellement, j'ai une culture malgache, Histoire, géographie de la grande île, Mon pere à participé à la creation de la flotte de commerce malgache. Un très beau travail, mettant au premier la richesse de ce pay, la valeur de ses habitant. Veloma HC

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Date de dernière mise à jour : vendredi, 10 Janvier 2014

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