Royaume Tsimihety

ceux qui ne se coupent pas les cheuveux

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recueillis par Robert Andriantsoa (malagasu58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Les Tsimihety

     Les Tsimihety, un peuple du nord de Madagascar Il semblerait ainsi que leur nom de tsimihety (« ceux qui ne se coupent pas les cheveux ») vienne du fait qu'ils avaient refusé de porter le deuil de Radama Ier. Philibert Tsiranana, le premier président de la République malgache, était d'origine tsimihety.

Le peuple Tsimihety

      Les Tsimihety (ou Antandroña) forment une ethnie de Madagascar est un clan composé d'excellents guerriers au temps des royaumes. Le Tsimihety, qui signifie "Ceux qui ne se laissent pas dominer" ou bien "Ceux qui ne veulent pas couper les cheveux", sont la seule tribu qui ne se laissait pas dominer par les Merina au XIXe siècle.

     Situés plus à l’intérieur des terres, les Tsimihety Les non coupés ont une réputation d’indépendance et de force tranquille.

A la mort d’un roi Sakalava, ils refusèrent de se couper les cheveux, en signe de deuil et affirmèrent de cette manière leur indépendance. Ils constituent actuellement un peuple d’éleveurs et de riziculteurs et sont largement répandus dans toute la partie Nord-Ouest de l’Ile de Madagascar.

     Le territoire traditionnel tsimihety est enclavé entre celui des Antankarana au nord, des Sakalava à l'ouest, des Betsimisaraka à l'est et des Sihanaka au sud c'est-à-dire formé par Mampikony, Boriziny vaovao (Port-Bergé), Antsohihy, Mandritsara, Bealanana, Befandriana. C'est sans doute pour cette raison que, de par leur langue et leurs coutumes, les Tsimihety semblent également occuper une situation intermédiaire.

    Appelé auparavant Tandrona en allusion avec le montagne d'Androna qui se trouve au district de Mandritsara le terme Tsimihety («tsimagneky» : ceux qui n’accepte pas ) est né après les résistances aux contrôles des conquérants, en particulier les tentatives de ses voisins à l'Est par le royaume Betsimisaraka, à l'Ouest par les Sakalava du Boina et au Nord par l'Antakarana vers la fin du XVIIe siècle. Mais la modification du terme «tsimagneky» en Tsimihety vient du fait de la difficulté des autres ethnies, comme les Merina, à prononcer «gn».

    Fondée sur un mode de vie communautaire et dirigée par un ensemble de sages nommé Sojabe, l'ethnie n'a jamais connu une organisation politique en royaume ou en chefferie.

    Les Tsimihety, un peuple du nord de Madagascar Il semblerait ainsi que leur nom de tsimihety (« ceux qui ne se coupent pas les cheveux ») vienne du fait qu'ils avaient refusé de porter le deuil de Radama Ier. Philibert Tsiranana, le premier président de la République malgache, était d'origine tsimihety.

Généralité

Appelé auparavant Tandrona en allusion avec le montagne d’Androna qui se trouve au district de Mandritsara le terme Tsimihety («tsimagneky» : ceux qui n’accepte pas ) est né après les résistances aux contrôles des conquérants, en particulier les tentatives de ses voisins à l’Est par le royaume Betsimisaraka, à l’Ouest par les Sakalava du Boina et

Localisation

Groupe ethnique de Madagascar , occupant une partie importante du nord de l'île correspondant notamment à la région de l'Androna (d'où l'appellation d'Antandrona servant également à désigner ce groupe), de Mandritsara et de Bealanana. Le territoire traditionnel tsimihety est enclavé entre celui des Antankarana au nord, des Sakalava à l'ouest, des Betsimisaraka à l'est et des Sihanaka au sud c'est-à-dire formé par Mampikony , Boriziny vaovao ( Port-Bergé ), Antsohihy , Mandritsara , Bealanana , Befandriana . C'est sans doute pour cette raison que, de par leur langue et leurs coutumes, les Tsimihety semblent également occuper une situation intermédiaire.

En 2005, le nombre des Tsimihety est de l'ordre de 1 200 000 personnes.

Le peuple Tsimihety

Situés plus à l’intérieur des terres, les Tsimihety Les non coupés ont une réputation d’indépendance et de force tranquille.
A la mort d’un roi Sakalava, ils refusèrent de se couper les cheveux, en signe de deuil et affirmèrent de cette manière leur indépendance. Ils constituent actuellement un peuple d’éleveurs et de riziculteurs et sont largement répandus dans toute la partie Nord-Ouest de l’Ile de Madagascar.

Le territoire traditionnel tsimihety est enclavé entre celui des Antankarana au nord, des Sakalava à l'ouest, des Betsimisaraka à l'est et des Sihanaka au sud c'est-à-dire formé par Mampikony, Boriziny vaovao (Port-Bergé), Antsohihy, Mandritsara, Bealanana, Befandriana. C'est sans doute pour cette raison que, de par leur langue et leurs coutumes, les Tsimihety semblent également occuper une situation intermédiaire.

Histoire

Nous basons notre étude sur les manuscrits du Révérend Père Bira Marc ecclésiastique anglican d’origine tsimihety qui avait constitué de son vivant à Befandriana Nord une équipe de recherche et réflexion sur la culture et l’histoire tsimihety, en liaison avec le regretté Rakotosaona. Ils nous apportent des informations précieuses concernant les Marondriana, qu’il appelle Fanjakana Marosaina des Andriambaloambitelopolo, ce qu’on peut essayer de traduire par l’État des Multiples Pavillons (maro saina) des Trentre-Huit Nobles. C’est sur cette sorte d’État que notre réflexion portera.

Les Tsimihety ont instauré un système politique original dans lequel le roi n’avait pas sa place. C'est la seule tribu à n’avoir jamais été administrée et soumise à l’autorité d’un roi. Les Maroandriana sont qualifiés par le terme Andriambaloambitelopolo selon les informations apportées par le R.P Bira Marc dans le livre II de son manuscrit. Ils régnaient dans la vallée du Fahambahy. Leur capitale était Fanorahana. Ils tiraient leur origine d’une population autochtone qui vivait dans les grottes. Ils les utilisaient comme lieu de refuge en cas de troubles et d’attaques des ennemis. La plus importante est celle de Sahasarotra, situé à 3 km du village de FanorahanaAndriambazimbabe le fondateur du groupe s’était réfugié avec les siens, longtemps avant que le système politique Maroandriana ne prenne forme. Ils y restèrent pendant une période d’un siècle. D’après le manuscrit de Bira Marc (livre I), ils auraient été les descendants des esclaves romains et des gens venus de l’Est.

Après un siècle de vie dans les grotttes d’Andafatra à Sahasaritra, le Mpanazary Rona les fit sortir de là et il les conduisit dans la vallée de Vanono où il fonda 38 villages au du fleuve Fahambahy, constituant l’État (fanjakana) Marosaina composé de 38 groupes claniques. Le personnage de Rona est qualifié de mpanazary, ce que nous pouvons traduire par prophète ou législateur, inspiré par des révélations divines. Rona était à la fois chef religieux et politique, ce qui explique que les Tsimihety n’aient pas eu de rois. Les décisions politiques étaient prises après délibération par le conseil des sojabe (anciens). Le fanjakana Marosaina instauré par le mpanazary Rona traduit un pouvoir collégial, comme son nom l’indique. Rien ne se décide sans passer par le conseil des Andriambaloambitelopolo (les Trente-Huit Nobles). Chacun des Andriambaloambitelopolo veille sur et est garant de la loi du hazary (V. Bira Marc, 1953) composée de dix articles (didy folo-karazany). Ils sont qualifiés de gardiens de drapeau (mpitam-body saina) dans le pays. Chaque année les Andriambaloambitelopolo avec le mpanazary organisent une fête où l’on érige le saina, l’emblème du pouvoir. On peut rapprocher cette institution de la fête du tsangan-tsaina ou érection du mât de drapeau chez les Antakarana. Après Rona les mpanazary se sont succédé comme chefs suprêmes, au-dessus des Andriambaloambitelopolo. Le pouvoir religieux reste confondu avec le pouvoir politique. Le choix du chef mpanazary se fait par sa capacité politique. Il est reconnu par les Andriambaloambitelopolo qui sont élus par leur groupe et représentant donc le peuple tout entier. En tant que chef de clan, il est aussi chef spirituel et chef de l’armée, mais il peut déléguer son pouvoir de chef de l’armée à un membre du clan qu’il juge capable.

Le peuple Tsimihety

Les Tsimihety, un peuple du nord de Madagascar, Il semblerait ainsi que leur nom de tsimihety (« ceux qui ne se coupent pas les cheveux ») vienne du fait qu'ils avaient refusé de porter le deuil de Radama Ier, en faisant allusion à la coutume de se couper les cheveux pour porter le deuil d’un souverain, n’est pas un nom de leur crû mais un nom dont ils furent baptisés par deux voisins eux-mêmes soumis à la royauté. C’est à la dynastie des Antandroña que l’on attribue le geste de refuser de se couper les cheveux auquel les Tsimihety doivent leur nom. Et signalons dès maintenant que trois versions au moins nous sont connues à propos de ce geste mémorable. L’une le situe sans autre précision au temps de ce qu’il est convenu d’appeler «protectorat hova». Une seconde le situe à la mort de la reine Ravahiny du Boina au début du XIXe siècle. Et une troisième, qui souligne que le nom de Tsimihety fut donné par les Betsimisaraka, le situe au décès d’un souverain du Boina, à un moment où les Antandroña se seraient trouvés pris entre deux feux : d’un côté, à l’ouest, la dynastie sakalava du Boina qui prétendait leur imposer sa suzeraineté et, de l’autre, à l’est, la dynastie betsimisaraka des Zafirabay qui avait la même prétention. D'après les manuscrit du Révérend Père Bira Marc ils seraient les descendants des anciens esclaves romains et des gens venues de l'est. En effet, le noyau du groupe se situe sur l'île de Mangabe sis dans la baie d'Antongil.

Fondée sur un mode de vie communautaire et dirigée par un ensemble de sages nommé Sojabe, l'ethnie n'a jamais connu une organisation politique en royaume ou en chefferie. Cette ethnie fut longtemps mal vue du pouvoir en raison de son attachement à sa liberté de mouvement. Occupant le seuil de Mandritsara, et tournée vers l’est et la baie d’Antongil vers 1900, elle glissa, à la faveur d’une remarquable expansion démographique, vers les plaines du Nord-ouest et Mahajanga, submergeant les Sakalava en déclin. Capables de faire aussi bien du tavy (culture sur brûlis forestier) que des rizières permanentes ou de l’élevage bovin, les Tsimihety ont été aussi la première ethnie « côtière » à faire confiance à l’école des Français pour la formation de nouvelles élites. Ils sont ainsi l’ethnie la mieux représentée à l’école régionale d’Analalava en 1932. À l’époque, ce sont toujours des contestataires qui fournissaient des fidèles au père du nationalisme malagasy, Jean Ralaimongo, imprudemment assigné à résidence chez eux à Port-Bergé. Après 1945, les Français comprendront l’intérêt d’une alliance avec ces Tsimihety, « peuple fédérateur » par excellence, décrété « républicain » de surcroît pour son rejet ancestral de l’institution monarchique.

Philibert Tsiranana, le premier président de la République malgache, était d'origine tsimihety.

Langue Tsimihety

Le tsimihety est une langue malayo-polynésienne du groupe barito parlée par le peuple Tsimihety dans le centre-nord de Madagascar. C'est une des langues du groupe malgache.

Sept types d’interdits dans le mariage Tsimihety

      À plusieurs reprises, nous avons abordé certaines coutumes tsimihety, tels que les décrit un rapport d’enquête menée en août-septembre 1963, par huit étudiants en Droit et en Lettres de l’Université de Mada­gascar. Nous avons surtout parlé du mariage Diajofo, sa véritable signification, sa détérioration dans le temps, du mariage Tsia­votravotrangivy, et évidemment du mariage Moletry.
     Dans ce dernier cas, deux conditions doivent être remplies, celle de fond qui répond à trois impératifs- naturels, familiaux et sociaux-, et celle de forme. D’après les enquêteurs, les premiers sont d’ordre biologique et d’ordre psychologique. C’est-à-dire qu’avant tout, la différence de sexe est requise, « quoique d’une manière implicite, par règle de bon sens ». De même, l’âge de puberté est fixé aux environs de 14 ans pour l’adolescente.
     Sur le plan psychologique, le « principe » est que le consentement des intéressés est toujours pris en considération. Cependant, il y a « exception » dans la mesure où « le consentement est arraché sous l’empire de la contrainte morale», de la menace d’exclusion sinon de rejet. « Une telle menace est de nature à faire impression sur le Tsimihety raisonnable et peut véritablement lui inspirer la crainte d’exposer sa personne et sa fortune à un mal considérable et présent. »
     Par ailleurs, cellule de base de la société, la famille joue un rôle de tout premier plan dans cette institution fondamentale qu’est le mariage. Chez les Tsimihety, l’enfant légitime qui envisage de se marier, doit en premier lieu bâtir une maison pour son futur ménage. Puis, il exposera son intention à ses parents qui, s’ils sont d’accord sur le principe et « sur l’objet du choix de leur fils », se chargeront de toutes les formalités. Du côté de la fille, sauf si elle se remarie, l’autorisation des parents est également requise et c’est le père qui tranche en dernier ressort. À préciser que l’enfant adopté demandera l’autorisation à ses parents adoptifs et non à ses parents biologiques.
      Il arrive pourtant que les enfants passent outre le refus des parents malgré les menaces. C’est, précisent les étudiants enquêteurs, le cas du mariage « mifehy harona » ou « mifehy helotra » et du mariage « mifehy antsy ». Il sera valable, mais « constituera un immense déshonneur » pour la famille qui a refusé son accord. En général, cela ne va jamais jusqu’au rejet du « coupable » puisqu’il « gardera toujours tous ses droits d’enfant légitime ». En fait, le caractère « prohibitif » des empêchements est général dans les coutumes tsimihety.
      Les impératifs sociaux  ont leur origine « dans l’histoire, les légendes, les traditions dans la philosophie, les pensées », bref dans la culture de ce peuple. Les coutumes, dans ce domaine, connaissent sept types d’interdits. Ainsi, l’union collatérale est prohibée jusqu’à la cinquième génération incluse. Mais cette règle n’est pas absolue : dans la région de Mandritsara, les gens issus du clan des Antevohilava peuvent se marier entre eux dès la troisième génération ; à Antsirabe-centre, l’union est possible à partir de la quatrième génération.
      « En toutes hypothèses, ces deux exceptions visent des unions à caractère incestueux (fandozana) dans la mesure où une offrande expiatoire, avec l’accord du Sojabe (doyen chef de la grande famille, du clan) est nécessaire. La cérémonie appelée  firasana (purification) donne lieu à une immolation d’un certain nombre de bœufs. Elle est publique et solennelle. »
      Toutefois, le Sojabe ne donne jamais son accord lorsqu’il est établi que les deux intéressés se sont unis en toute connaissance de cause, autrement dit qu’il y a eu une mauvaise foi manifeste. Dans ce cas, le mariage n’est pas valable.
      Une autre règle interdit de se marier avec les « hazo maina ila », soit les descendants d’esclaves (Tsimihety ou non). Le mariage est également défendu entre membre d’une famille adoptive et l’adopté, entre un frère (une sœur) de sang et le fils ou la fille de l’autre, mais on peut y déroger par le rite du « fafy  ranobotry » identique au « joro ».
      De même, il est « fady » de se marier avec une personne du clan des Kelihantsy, ou Zafindra­manitra, ou encore Mandrara-pela. Ramanitra, l’ancêtre de ce clan aurait maudit ses trois fils qui ont perpétré un crime contre son esclave préféré. Cette malédiction condamnerait aussi leurs descendants « à dégénérer et à n’avoir jamais de richesses ». En conséquence, les Kelihantsy ne se marient qu’entre eux, un Tsimi­hety hors de ce clan ne peut s’unir avec l’un d’eux sous peine d’y être assimilé, et seules les personnes d’une autre ethnie osent braver cette malédiction.

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