ANDRIANAMPOINIMERINA

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le prélude de la naissance d'une unique et seule Nation malagasy

Banniere andrianampoina copie

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Le roi Andrianampoinimerina
(1740-1810)

Règne 1786-1810

Introduction

      La figure dominante de  toute l'histoire malgache, celle pour laquelle on peut parler de génie, est incontestablement le "Prince désiré de l'Imerina" ou "au cœur de l'Irnerina" (sens du nom Andrianampoinimerina).

     Aucun homme d'Etat malgache ne montra, en effet, un tel ensemble de qualités tant comme conquérant que comme organisateur d'une société, bâtisseur d'un Etat; ses conceptions et ses réalisations le placent au premier rang des êtres d'élite.

     Né en un pays situé un peu moins à l'écart des scènes où se complaît l'Histoire, Andrianampoinimerina serait aujourd'hui présenté, bien au-delà des frontières de son pays, comme l'un de ces personnages exemplaires dans lesquels le restant des hommes cherche un modèle à admirer.

Retrospective 
 

Avant l'arrivée d' Andrinampoinimerina,   le pays compte de nombreux royaumes indépendants.

On trouve au sud-est, les ethnies aux origines arabo-islamiques (Antambahoaka, Antemoro, Antanosy et Antesaka).

Les peuplades essentiellement pastorales, comme les Bara, les Mahafaly, Antandroy et autres Masikoro se partagent les vastes territoires du sud de l'île.

A l'ouest s'étendent les immenses royaumes Sakalava du Menabe et celui du Boina, plus récent (XVIIIe siècle).

Sur la côte orientale, les Betsimisaraka assoient leur autorité, alors que sur les Hautes Terres, les royaumes Betsileo mais surtout Merina étendent leur domination.

La traite des esclaves favorise alors une politique d'expansion territoriale et profite à ceux qui disposent d'armes à feu.

L'unificateur du royaume merina, et de Madagascar, fut Andrianampoinimerina. Il soumit les Betsileo et les Sihanaka des Hautes Terres et organisa son royaume en fokolona, unités sociopolitiques constituées à partir des structures traditionnelles.  Son ambition territoriale se résume  par cette phrase : "La mer sera la limite de ma rizière".

Il institue les "12 collines sacrées de l'IMERINA" en plaçant chacune d'elles sous l'autorité de l'une de ses épouses.  Suite à ses conquêtes dans l'ensemble du pays, il va relancer le développement urbain de la ville d'ANTANANARIVO en faisant sa capitale.

Il entreprend pour la capitale une série de travaux qui vont conférer à la ville un nouvel élan.

Grand administrateur, il crée des lois organisant le cadre de la vie quotidienne de ses sujets (justice, réglementation des marchés et du commerce, construction des digues, …).

Il laissa le souvenir d’un roi sage, grand conquérant et fin stratège : il fit de l’Imerina une grande puissance étendue sur la majeure partie du territoire malgache.

Son règne exceptionnel restera gravé dans les annales de l’Histoire des Rois et des Reines de Madagascar ; ainsi que dans la tradition orale transmise de génération en génération. Le roi imerina sans doute le plus célèbre de la dynastie, reconnu pour sa fermeté et également pour son sens du dialogue et de la justice  " Je construis des digues, c'est pour que vous ayez de l'eau de riz, vous mes sujets. Je donnerai de l'eau de riz aux grands et j'en donnerai aussi aux petits, car je veux que chacun fasse entrer l'eau chez lui, qu'il soit petit ou qu'il soit grand".

Le règne d'Andrianampoinimerina marque la fin de l'époque Ntaolo (des ancêtres) authentiquement malgache sans aucune influence occidentale.

Andrianampoina

En effet  le roi merina le plus connu est le dernier à avoir porté des habits traditionnels comme le pagne court, sorte de toge rouge. Seuls les rois étaient en droit de se vêtir de cette toge de couleur rouge. Les cheveux tressés, les hommes tout comme les femmes se tressaient les cheveux. Il portait aussi un chapeau et bien que l'on ne peut voir sa couleur il paraît que son chapeau était rouge car les couleurs royales sont le rouge et le blanc. Il avait toujours avec lui sa sagaie, qui est symbole de justice et de pouvoir  et qui le représente en tant que chef de l'armée. Il porte aussi beaucoup de bijoux comme tous les rois : chevillères bracelets, médaillon visible sur son front, et colliers.

Aucune photos fiables existent vraiment et ce n'est que longtemps après sa mort que des dessins sont apparus le concernant.

En 1792, alors qu’en France la Monarchie est abolie et la République proclamée, à l’autre bout du monde la monarchie Merina entame un processus de réunification de la grande île de l’océan Indien, dans le cadre unitaire du Royaume de Madagascar.

ANDRIANAMPOINIMERINA (le prince au coeur de l’imerina) : Souverain du royaume Mérina puis de toute l’île.

Initiateur du projet et bâtisseur des structures nouvelles de la société malgache, il déclarait que "la mer sera la limite de (sa) rizière", c’est-à-dire la limite extérieure de son royaume de son royaume.

Il entendait assigner à ce royaume unifié et à son peuple une ouverture sur le monde extérieur et il envisageait par conséquent d’établir avec les puissances étrangères des relations dignes d’un pays soucieux de son insertion dans un contexte international

OMBALAHIBEMASO

LE DESTIN EXCEPTIONNEL DE RAMBOASALAMA

     La princesse Ranavalonandriambelomasina, fille de Rasoherimananintany, femme d'Andriambelomasina, roi régnant à Ambohimanga, mit au monde Ramboasalama-Manjaka à Ikaloy vers 1740 dans le premier trimestre de la lune (tsinambolana) du mois Alahamady (el Hammal), le signe d'une naissance royale selon la croyance populaire

Le jour de sa naissance, selon le calendrier Malgache dérivé de l'astrologie Arabe est un signe astrologique particulièrement faste pour les princes de sang, car il occure pendant le premier quart de lune du premier mois de l'année nouvell (Alahamady). Prince doté d’une exceptionnelle intelligence, il fut un redoutable stratège. Son  accession au trône, à l’image e sa forte personnalité fut présentée comme limpide par les tradition officielles mais reste pour les historiens une énigme. Quel fut l’élément essentiel qui détermina sa prise de pouvoir : son intelligence ?  Sa ruse ? Sa puissance financière ? Sa légitimité ? La bénédiction ? Sa cruauté ? Sa psychologie ?

De tel présages imposent ordinairement à l'enfant un nom désagréable et choisi intentionnellement assez laid. Pour repousser le sort, il entra dans la vie avec le nom de "Ramboa" soutenu As Ramboasalama"(Ra-amboa-salama, "Le-chien-sain") ou Ramboasalamarazaka, surnommé Nampoina, Imboasalama, ou Ny Ombalahibemaso « Le-Grand-Observer-Taureau ».

Son père était l’Andriana, roi de Kalohy, prince à Anjafy, et sous le nom d’Andriamiaramanjaka.

  Andriamasinavalona 1675 - 1710 Ratompoindraondriana     ?
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  Andriantsimitoviaminandriana 1710 -1730 Rampanambonitany Andriampeno Andriambolanambo Ramanitrandriantsimitovy Rasoherinareniny
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  Rakotomavo Andriambelomasina Rasoherimananitany
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Andriamiaramanjaka Ranavalonandriambelomasina
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Imboasalama Andrianampoinimerina

 

Andrianampoinimerina signifie « Le prince désiré par l'Imerina », et est souvent abrégé en « Nampoina » par les auteurs coloniaux.

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En outre un grand orateur, il est considéré par quelques historiens en tant qu'un des plus grande politique règles et militaires stratèges de toutes les fois, dans la même veine As Alexandre le grand, Jules César, Genghis Khan, Napoleon Bonaparte, ou Chaka Zulu, toute la proportion a respecté.

LA LEGITIMITE D’ANDRIANAMPOINIMERINA

La désignation par ANDRIAMBELOMASINA

     Selon la légende, le roi régnant à l’époque de l’enfance de RAMBOASALAMA (ANDRIANAMPOINIMERINA), prit conscience que son règne allait prendre fin.

    Ainsi, il décida de partager entre ses descendants sa fortune.

    Ses nombreux trésors furent rassemblés dans la salle de trône et ses enfants et petits-enfants furent conviés à choisir parmi les bijoux, pierres précieuses, or et bien d’autres encore…

    Tous s’empressèrent de prendre les plus beaux trésors hormis RAMBOASALAMA.

    A l’écart du groupe, il trouva et pris un pot de terre posé discrètement au coin de la pièce.
Tout le monde se figea, le roi sourit et déclara à l’assemblée : « Ainsi donc, la terre lui appartient et sera mon héritier … »

   A la mort du roi ANDRIAMBELOMASINA, son fils ANDRIANJAFY monta sur le trône et désigna comme successeur légitime, son propre fils, allant à l'encontre de la volonté de son défunt père (qui désigna RAMBOASALAMA comme successeur).

    Celui-ci accéda au trône d’Ambohimanga en 1787, grâce à un coup d’Etat mené de main de maître avec l’appui des Hova d’Avaradrano (les Tsimafotsy d’Ambohimanga ) selon la volonté du roi défunt.

     Il prit alors le nom d’ANDRIANAMPOINIMERINA (dit Nampoina) qui signifie "Prince désiré par l’Imerina" ou encore "Prince cher au cœur d’Imerina".

     La figure dominante de toute l’histoire malgache, celle pour laquelle on peut parler de génie, est incontestablement le « Prince désiré de l’Imerina » ou « au cœur de l’Imerina » (sens du nom Andrianampoinimerina). Aucun homme d’Etat malgache ne montra, en effet, un tel ensemble de qualités tant comme conquérant que comme organisateur de société, bâtisseur d’un Etat ; ses conceptions et ses réalisations le placent au premier rang des êtres d’élite. Né en un pays situé un peu moins à l’écart des scènes où se complait l’Histoire. Andrianampoinimerina serait aujourd’hui présenté, bien au-delà des frontières de son pays, comme l’un de ces personnages exemplaires dans lesquels les restant des hommes cherche un modèle à admirer.

      Le propre d’un homme de génie est de réaliser les tendances d’une société, d’en accomplir les aspirations profondes, d’accélérer son mouvement interne et de rendre réelles toutes ses possibilités avec une telle évidence qu’elles en paraissent comme inédites et comme inventées par lui. De nombreux auteurs ont surnommé « le vieux Nampoina » le « Napoléon malgache ». Arbousset est plus près de la vérité lorsqu’il le compare, non pas à son contemporain européen, mais à Charlemagne. La société malgache d’alors nous paraît plus proche, en effet, de la société féodale occidentale du IXe siècle que de la nouvelle société née de la Révolution française qui représente l’une des grandes « mutations » des sociétés humaines. Quoi qu’il en soit les parallèles sont toujours hasardeux et le gouverneur Deschamps « actualités du vieux Nampoina » a eu raison de souligner à quel point ce génie était malgache et ses réalisations issues du fond traditionnel.

Colline de Kaloy, berceau d’Andrianampoinimerina

Kaloy est sans doute la colline sacrée la plus éloignée du centre-ville d’Antananarivo. Située dans la partie nord de la capitale, elle semble s’être égarée au milieu d’un paysage au relief vallonné. Une case royale traditionnelle en bois et des tombes surmontées d’une maison mortuaire sont érigés sur le site.

A l'instar des autres palais royaux d'Antananarivo, la cité de Kaloy est entourée par une enceinte en terre rouge. Le portail donnant accès à la forteresse est constitué d'une pierre ronde qu'une dizaine d'hommes devait faire rouler sur le côté le matin et le soir.

Sur le point culminant, un « tranomasina » a été érigé. L'ancienne demeure royale est également agencée à flanc de colline. Divers objets utilisés quotidiennement par les souverains de l'époque sont exposés dans ce musée.

Un lieu d'offrandes a également été aménagé au cœur des jardins royaux. Les visiteurs et les descendants des souverains viennent y déposer de l'argent, des friandises ou des bijoux pour demander la bénédiction des ancêtres.

A une dizaine de kilomètres en amont du village royal, un immense bloc rocheux témoigne de la notoriété du roi Andrianampoinimerina.

Historique de Kaloy

Le village de Kaloy tient un rôle clé dans l'histoire de la royauté Merina. C'est en effet sur les lieux qu'Andrianampoinimerina a vu le jour. Selon les récits, Kaloy aurait aussi été le village natal du roi Ralambo. Il y aurait vu le jour au milieu du 16e siècle.

Andriambelomasina fut aussi l'un des souverains notoires de Kaloy. C'est sous son règne que l'unité de mesure du riz « vata de Kaloy » aurait été adoptée.

     On sait en effet que son père était originaire d’Anjafy, près de Kaloy au nord d’Ambohimanga, et que sa mère était la fille aînée d’Andriambelomasina, roi d’Ambohimanga, petit-fils d’Andriamasinavalona. Une princesse du sang qui épousa un simple noble, qui donna néanmoins à l’Imerina, son plus grand roi. Etait-ce par attachement à sa mère qu’Andrianampoinimerina par la suite marqua sa préférence dans la branche des femmes parmi ses successeurs, et notamment de sa mère Ranavalonandriambelomasina, de sa grand- mère Rasoherimananintany, de sa sœur Ralesoka et de se nièces Rabodonandriamanompo et Ratavanandriana ?

    En tout cas Rajemisa Raolison trouve là une explication aux noms des reines qui accédèrent au trône, et notamment celles qui prirent les noms de Ranavalona et Rasoherina.

La généalogie du prince RAMBOASALAMA

            1) Sa mère :

Le prince RAMBOASALAMA, fils de la princesse RANAVALONANDRIAMBELOMASINA elle même était la fille de Rasoherimananitany, femme d’Andriambelomasina, roi régnant à Ambohimanga et née à Ambohitrontsy.

             2) Son père :

     Selon les traditions ANDRIAMIARAMANJAKA était repertorié comme état origiaire d’Anjafy près d’Ikaloy au nord-est d’Antananarivo et encore plus au nord qu’Ambohimanga même. Selon les descendants d’ANDRIAMAMILAZA, ADRIAMIARAMANJAKA était fis d’ANDRIAMBEMANJAKA dont la mère, RANDRANOBENARIVO était originaire d’Ikaloy. Cette généalogie fut fidèlement répertoriée par le Pasteur RAMILISON (1951), généalogiste des descendants d’ANRDRIAMAMILAZA. Cette grand-mère d’ANDRIAMIARAMANJAKA était en fait une descendante d’ANRDRIAMAMILAZA qui, bien que noble avéré, ne fut pas par RALAMBO dans la classification des Andriana de sa dynastie. La famille royale merina avait pourtant ANRDRIAMAMILAZA comme ancêtre car l’épouse de RALAMBO, mère d’ANDRIANTOMPOKOINDRINDRA ‘Ambohimalaza étila fille d’ANRDRIAMAMILAZA, lors qu’ANDRIAMASINAVALONA descendait en ligne directe d’ANDRIANTOMPOKOINDRINDRA. 

    ANDRIAMIARAMANJAKA était « roi » d’Ikaloy, et ainsi ANDRIAMBELOMASINA, conscient de sa puissance et de sa force, avait conclu avec e dernier un pacte. ANDRIAMIARAMANJAKA confia son « royaume » à ANDRIAMBELOMASINA et sa sœur RENIBODONIMERINA comme épouse, et en  contrepartie ANDRIAMBELOMASINA lui donna sa fille comme épouse ; l’enfant issu de cette union serait le maître de eu royaume réunis. Le royaume d’ANDRIAMBELOMASINA serait donc dévolu à son petit-fils issu de sa fille aînée en vertu d’un accord entre lui et son gendre.  

L’Imerina à la naissance du roi.

       A la naissance du roi, l’Imerina de son grand ancêtre Andriamasinavalona est en pleine déliquescence. Ambohimanga lui même, berceau de la royauté des Merina du Nord, doit faire face à l’assaut des Sakalava de Tsimitovizaka, qui constamment ravagent cette région. Seule l’idole Ramahavaly réussira à les empêcher d’investir Ambohimanga. Cette période est aussi celle des guerres inter-familiales, c’est la période la plus sombre de l’histoire des Hautes terres : chaque jour des hommes, des femmes et des enfants sont "exportés" vers la côte pour grossir les colonies d’esclaves des amériques et des antilles.
      Dans leur désir puéril de conquête, les roitelets des Hautes terres, bons paysans, mais piètres guerriers, appellent en renfort les guerriers Sakalava, avec en prime, la population du village investi. Même la famille du roi Andriambelomasina sera victime de cette humiliante condition : être prisonnier d’autres Merina. Le roi des Merina du Nord devra payer aux Merina du Sud, ravisseurs de sa famille, la somme énorme de cinquante piastres pour retrouver ses neveux et leur mère.
      Mais, lui même, Andriambelomasina se servira des Sakalava pour faire attaquer Antananarivo ou règne Andriamponimerina, à ne pas confondre avec le futur roi Andrianampoinimerina.
      Le résultat de ces guerres fratricides et incessantes : deux famines successives.Ce sera pendant l’une de ces famines que le roi Andriambelomasina créera une mesure étalon unique pour le riz. Cette mesure sera déposée à Kalohy.
Mais comme son grand ancêtre Andriamasinavalona, le roi Andriambelomasina aura la même faiblesse, son amour pour ses enfants. Lui aussi va saupoudrer son royaume avec des Andriana régnant sur une fraction de l’Imerina, multipliant de ce fait les guerres inter-familiales.
C’est dans cette atmosphère de guerres fratricides et de famines quasi permanentes que Ramboasalama va grandir, observant la décomposition d’un ancien grand royaume qui naguère faisait trembler ses voisins, et qui en est maintenant la risée.

La conquête de l'Imerina

      Jeune prince populaire, il monta sur le trône d'Ambohimanga vers 1787. Il acquit aussitôt l'estime du peuple. 1787 à 1794, furent sept années d'un règne pacifique. A partir de 1794, Andrianampoinimerina entreprit des conquêtes en vue d'unifier le pays et obtenir ainsi une paix réelle et durable.

      La conquête de l'Imerina fut assez dure. Il dut livrer trois batailles avant d'occuper Antananarivo. Une à une, soit par la force, soit par la diplomatie, les villes de l'Imerina furent conquises par ce grand Roi. Il poursuit son action et étendit sa domination merina sur tout le pays betsileo et d'autres régions de Madagascar. Andrianampoinimerina se montra également grand roi par sa sagesse, sa bonté et son organisation administrative efficace et performante.

      Il partagea le gouvernement avec le peuple et établit un code civil, du point de vue législatif, conforme au droit naturel et aux mœurs du pays, ainsi qu'un code pénal. Il réorganisa l'armée et la vie économique de son royaume. Ses efforts portèrent sur l'agriculture et le commerce et il créa de nombreux marchés à travers tout le pays. Il déclara l'égalité de tous en droit et devant le travail. Il épousa douze femmes issues de villages rivaux, afin de réunifier et pacifier l'Imerina. Il s'éteint en 1810 à Ambohimanga, après avoir désigné son fils Radama 1er comme son successeur. 

La famine "Mavovava"

      Lors de la grande famine Mavovava l’ainée ; par rapport à la précédente moins virulente, la cadette, il n’y avait pas de riz, ou si peu qu’on le cachait et que l’on se disputait si on en voyait. On le cuisait la nuit, pas le jour.
      Si le parfum se répandait, on se battait pour en avoir. La mort était préférable au manque de riz. On "prenait" les Lamba mena réservés à l’enveloppement des morts, pour les échanger contre du riz. Et même contre ce bien précieux on n’était pas sûr d’en obtenir.
      Lorsque l’on sait la valeur morale et matérielle qui s’attache à cette pièce d’étoffe qu’est le Lamba mena, on mesure à quel degré de désespoir était arrivé le peuple des Hautes terres.
     Ces deux grandes famines, vont retenir le souvenir du roi, ce sera sa hantise, manquer de riz. Il mettra en place toute une série de mesure draconiennes et sera impitoyable dans leur application :
chaque sujet de son royaume doit manger à sa faim, mais pas plus.

Devant l’importance grandissante que prenait son royaume, Andrianampoinimerina songa à préparer sa succession. Il fit appeler des devins Antaimoro  pour l’aider dans son choix, car la réputation de ces derniers était parvenue à son oreille. En fait, le roi comptait sur eux pour éduquer et former son fils (son futur successeur) le jeune Koto kely. Ce qui fut fait : on lui donna le nom de Radama et on lui appris à lire et à écrire le Sorabe (écriture arabico-malgache). Radama acquit une solide culture, notamment sous la férule d’Andriamahazonoro, le katibo (érudit Antaimoro) qui deviendra son conseiller personnel.

Tout cela fut fait selon la volonté d’Andrianampoinimerina qui voulait préparer le mieux possible son successeur aux exercices du pouvoir…… »

Devenu roi il reprendra à son compte les paroles de son grand père : "Voici ce que je vous proclame, à vous, de l’Avaradrano; c’est MOI qui suis l’élu de Dieu "Andriamanitra" pour être le seigneur de l’Avaradrano, succédant à Andriantsimitoviaminandriandrazaka, car dans la suite, il faut que l’Imerina entière m’appartienne ; celle que m’a laissée Andriamasinavalona”.
Et sous son règne, cette parole va devenir réalité, il va reconstituer le royaume de son grand ancêtre.
Mais que des péripéties et de difficultés de toutes sortes; que de morts, que d’incendies de villages, et que de vaincus , réduits en esclavage ou bien morts pour la réalisation de ce grand Imerina. Avant sa mort, le roi résume très bien tout ce qu’il a enduré pour y arriver.

Il était né sous le destin d’Alahamady (el hammal) vers 1740, un signe astrologique particulièrement faste pour les princes de sang. Prince doté d’une exceptionnelle intelligence, il fut un redoutable stratège. Son  accession au trône, à l’image e sa forte personnalité fut présentée comme limpide par les tradition officielles mais reste pour les historiens une énigme. Quel fut l’élément essentiel qui détermina sa prise de pouvoir : son intelligence ?  Sa ruse ? Sa puissance financière ? Sa légitimité ? La bénédiction ? Sa cruauté ? Sa psychologie ?

Quelques explication avant de vous parler du Roi "Andrianampoinimerina" :

Selon la légende, le roi régnant à l’époque de l’enfance de RAMBOASALAMA (ANDRIANAMPOINIMERINA), prit conscience que son règne allait prendre fin.

Ainsi, il décida de partager entre ses descendants sa fortune.

Ses nombreux trésors furent rassemblés dans la salle de trône et ses enfants et petits-enfants furent conviés à choisir parmi les bijoux, pierres précieuses, or et bien d’autres encore…

Tous s’empressèrent de prendre les plus beaux trésors hormis RAMBOASALAMA.

A l’écart du groupe, il trouva et pris un pot de terre posé discrètement au coin de la pièce.
Tout le monde se figea, le roi sourit et déclara à l’assemblée : « Ainsi donc, la terre lui appartient et sera mon héritier … »

A la mort du roi ANDRIAMBELOMASINA, son fils ANDRIANJAFY monta sur le trône et désigna comme successeur légitime, son propre fils, allant à l'encontre de la volonté de son défunt père (qui désigna RAMBOASALAMA comme successeur).

Ramboasalama avec peu de moyens se souleva contre le Prince Andrianjafy et s'empara de sa capitale en peu de temps. Réfugié dans la ville d'Ilafy, Andrianjafy continue de résister. Andrianampoinimerina signa rapidement un traité de paix avec la principauté d'Antananarivo et en 1790 mit fin au règne d'Andrianjafy.

Celui-ci accéda au trône d’Ambohimanga en 1787, grâce à un coup d’Etat mené de main de maître avec l’appui des Hova d’Avaradrano (les Tsimafotsy d’Ambohimanga ) selon la volonté du roi défunt.

Il prit alors le nom d’ANDRIANAMPOINIMERINA (dit Nampoina) qui signifie "Prince désiré par l’Imerina" ou encore "Prince cher au cœur d’Imerina".

Intronisation d'Andrianampoinimerina

andrianampoina-5-copie-1.jpgL’intronisation d’Andrianampoinimerina donna lieu à des réjouissances populaires. Lors de la cérémonie proprement dite, le nouveau monarque se montra sur la pierre sacrée de Fidasiana, portant un lamba pourpre et une coiffe de la même couleur. Une pagne de soie lui ceinturait la taille, et des chapelets de corail écarlate lui ornaient les chevilles…

Il commence son règne comme souverain du petit royaume d'Ambohimanga, situé au nord de Tananarive pendant sept ans, avant d'entreprendre la réunification de l'Imerina.

Devant la résistance opiniâtre du roi Andrianambotsitsimarofy, il lui a fallu trois campagnes successives pour conquérir Antananarivo en 1794. Il étendit ensuite son royaume jusqu’à Ambatomanga à l’Est, au Vakinankaratra au Sud, au-delà du lac Itasy à l’Ouest, et jusqu’à Andriba au Nord.

On lui doit l’institution des « Douze collines sacrées de l’Imerina », plaçant chacune d’elles sous l’autorité de l’une de ses… douze épouses ! Ce que femme veut…

Quand il commença à regner, son nom devins Adrianampoinimerina ou Nampoina certains l’appela aussi Ombalahibemaso.

      Devenu roi il reprendra à son compte les paroles de son grand père : "Voici ce que je vous proclame, à vous, de l’Avaradrano; c’est MOI qui suis l’élu de Dieu "Andriamanitra" pour être le seigneur de l’Avaradrano, succédant à Andriantsimitoviaminandriandrazaka, car dans la suite, il faut que l’Imerina entière m’appartienne ; celle que m’a laissée Andriamasinavalona”.
Et sous son règne, cette parole va devenir réalité, il va reconstituer le royaume de son grand ancêtre.
Mais que des péripéties et de difficultés de toutes sortes; que de morts, que d’incendies de villages, et que de vaincus , réduits en esclavage ou bien morts pour la réalisation de ce grand Imerina. Avant sa mort, le roi résume très bien tout ce qu’il a enduré pour y arriver.

Prémices du règne

     ANDRIAMAHAZONORO, son frère aîné RATSILIKAINA et ANDRIAMBITA étaient des Anakara faisant partie de la délégation de 5 "érudits" Antemoro que le roi ANDRIANAMPOINIMERINA fit chercher auprès de leur roi à Matitanana, à Vohipeno-Manakara EN 1794, pour l'aider à l'unification du royaume avec leurs sciences divinatoires (le secret de l'Al Iklil dans l'astrologie malgache héritée du pays du Patriarche ABRAHAM en Chaldée), et aussi leur capacité d'intermédiation auprès des autres tribus de l'Ile. Ils introduisirent pour la première fois l'écriture connue sous le nom de "SORABE" à Ambohimanga, et instruisirent le roi Andrianampoinimerina et son fils Radama Ier de tout leur savoir.

    Les Antemore Anakara sont les descendants d'immigrants juifs (vers l'an 1495) dépositaires de saintes reliques provenant des prophètes Moïse et Daniel et du roi David. Ils avaient habité à La Mecque pendant un certain temps. Mais pour soustraire ces reliques de la convoitise du sultan de La Mecque, le saint homme ALI-TAWARATH ancêtre des Anakara (connu en malgache sous le nom de Ralitavaratra) décida de quitter l'Arabie pour un autre pays, là où la volonté de Dieu conduira:la communauté qu'il amena avec lui: Madagascar !

    Voici la liste de ces objets sacrés:
- un morceau de la tablette des 10 Commandements donnés par Dieu à Moïse, et contenant le quatrième commandement;
- la canne que Moïse a utilisé pour faire jaillir l'eau du désert, et pour séparer l'eau de la Mer Rouge
- deux livres écrits par Moïse
- deux sabres ayant appartenu au roi David
- livre de prophétie de Daniel ou Sat-el-habar

    L'histoire de cette exode écrite en 1506 en caractères arabes et consignée dans le "FANDRAKA" (parchemin en papyrus contenant la relation d'évènements importants) a été traduite en malgache moderne par un de leurs descendants KASANGA Fernand membre de l'Académie malgache 450 ans après. Le nom de dernier est donné à la rue qui descend à Tsimbazaza.

    Les descendants d'Andriamahazonorço épousèrent les descendants du grand Roi Andrianampoinimerina et contribuèrent à l'épanouissement de la Monarchie malgache.

     La réunification assez rapide de l'Imerina par le roi Andrianampoinimerina lui permit après la reconquête d'Antananarivo, de passer à la réalisation de ses autres objectifs, plus ambitieux certes, mais tout à fait légitimes si l'on se conforme à sa politique. Il voulait simplement contrôler la totalité des Hautes Terres, en débordant quelque peu les frontières naturelles de l'Imerina. Très habile, il y parvint sans trop de difficultés, jouant tour à tour de la force, en lançant des campagnes militaires, et de la diplomatie en épousant de-ci, de-là, quelques princesses à héritage. Il compta une douzaine de femmes légitimes, et nui n'a jamais pu dénombrer exactement le nombre de ses concubines. Intelligent, il ne se contentait pas de conquérir : chaque contrée gagnée à sa cause était placée sous la responsabilité de gouverneurs-vassaux qui n'étaient autres que les anciens princes locaux, aidés dans leur tâche par des communautés villageoises, contrô­lées discrètement et sévèrement par le pouvoir central.

     Pour mieux régner et assurer la paix dans son royaume, Andrianampoinimerina divise l'Imerina en six grands territoires: 
            1°- l'Avaradrano au Nord et au Nord-est d'Antananarivo
            2°- le Vakinisisaonyu à l'Est et au Sud-est
            3°- l'Ambodirano à l'Ouest et au Sud-ouest
            4°- le Marovatana au Nord d'Ambodirano
            5°- le Vonizongo au Nord encore du Marovatana
            6°- le Vakinankaratra au pied du massif de l'Ankaratra.
      II crée d'abord 50, puis 70 vadintany qu'il appelle "ses yeux, ses oreilles et ses mains" et qui distribuent les corvées, font les levées des soldats, perçoivent les impôts, examinent les procès graves. Et s'il n'institue pas le fokonolona, du moins réorganise-t-il presque complètement ce type de collectivité socio¬économique s'administrant elle-même et assurant sa propre police et son propre jugement jusqu'à un certain degré, et dont les activités reposent sur un vigoureux esprit de corps par lequel tous travaillent pour chacun, à titre de revanche, et chacun gardant ses propres biens. Même si le roi est souverain absolu des personnes, des biens et des terres, seul législateur, maître des corvées.
     Mais il ne prend jamais seul les décisions, puisqu'il le partage avec ses sujets qu'il consulte maintes fois après avoir pris l'avis de ses propres conseillers: "Je vous consulte vous tous, vous les grands et mes conseillers, car je n'impose pas ma volonté." Et bien souvent, il les écoute, comme Hagamainty et Andriantsilavo qui corrigent plus d'une fois ce qui est rigoureux dans sa manière de gouverner, notamment en ce qui concerne le code pénal.

Ramorabe du Marovatana à Ambohidratrimo

      La première "dhésion" à un règne de Ramboasalama, va venir fort curieusement du pays Marovatana, qui est pourtant voisin ennemi d’Ambohimanga.
      Mais il faut dire que les liens familiaux entre les Andriana sont tels que : Ramorabe la reine mère régnante à Ambohidratrimo capitale du royaume Marovatana, est la grand-mère du petit Ramboasalama, grand-mère qui mène d’une poigne de fer son royaume et dont plus d’un prince aura à subir la colère.
      L’Andriana Andriambelo, qui règne chez les Antehiroka, le groupe guerrier du Marovatana, va commettre tellement de choses qui déplaisent à Ramorabe, que celle-ci va le mettre à mort sans en référer au peuple. Toutefois, Ramorabe abuse de ses pouvoirs, et le peuple aussi a son mot à dire pour ce qui touche les Andriana qui vont le mener. Aussi lorsque Ramorabe va proposer Andrianavalona, en remplacement de l’Andriana exécuté, le peuple va refuser : "Nous n’aimons pas celui que vous aimez Ramorabe, vous avez fait mettre à mort notre roi, alors maintenant nous choisissons Rabelanonana d’Ambohimanoa".
      Ce nouveau roi ne règnera que brièvement, il sera chassé par la sœur d’Andriambelo, le roi détrôné sera envoyé en exil à Belanitra, Ravorombato elle, règnera sur un tiers de l’Imerina du temps des guerres intestines, ce qui est très peu. A la mort de cette reine, ce sera Rabehety qui règnera.
      Mais pour le moment, c’est Ramorabe qui fait et défait les rois, et qui va prendre fait et cause pour Ramboasalama, il ne constitue pas vraiment un danger, puisqu’il ne revendique que le royaume d’Ambohimanga, du moins pour le futur immédiat.
      Pour justifier cette prétention sur le royaume d’Ambohimanga, Ramboasalama fait sienne des paroles attribuées à son grand père Andriambelomasina: "Ramboasalama succèdera à Andrianjafy" roi d’Ambohimanga et Ilafy", car aujourd’hui ce que je donne à Andrianjafy appartiendra demain à Ramboasalama. Si ces paroles ont été prononcées, c’est peut-être pour rassurer le père de Ramboasalama, l’Andriana régnant sur Kalohy et dont le site fortifié en fait un bastion imprenable à l’époque.
      D’ailleurs la similitude de site entre Ambohimanga et Kalohy est frappante. De plus, ce site n’est qu’à une journée de marche d’Ambohimanga, mais ce qui en fait un site privilégié à l’époque, c’est qu’il est plus au Nord. De plus, ce site pour Andriambelomasina revêt une grande signification, puisqu’il y institue la mesure étalon connue après lui sous le nom de "vata de Kalohy", et qui sera conservée plus tard comme mesure à riz. Mais l’histoire est ainsi faite ; l’on prête des paroles aux gens qui ne sont plus pour affirmer ces paroles ou les démentir.
Le roi Andrianjafy qui règne à Ambohimanga, se livre à des actes assez peu compréhensibles, et peu royaux. Il fait attaquer les villages de Faliary et Hiaramy qui font partie de son propre royaume par le prince Sakalava Manava, ce qui aggrave le désordre, la misère et la disette.

Entrevue Ramboasalama - Ramorabe à Ambohidratrimo.

      Jeune homme Ramboasalama se rend chez sa grand-mère Ramorabe à Ambohidratrimo : arrivé dans la capitale du Marovatana, au lapa royal de sa grand-mère, il se fait annoncer au portail Ouest du Rova. Un tandapa, serviteur royal, lui demande les raisons de sa venue. Et Ramboasalama de dire "Dites à la noble dame de ce palais que quelqu’un vient lui rendre visite". Et, comme le veut la coutume, le jeune prince s’est muni de petits cadeaux : des crevettes et du miel.
      Mais, n’entre pas qui veut dans une demeure royale, il faut consulter les oracles : et Ramorabe fait tirer le "Sikidy" pour savoir si le visiteur vient avec de mauvaises intentions ou non. Mais c’est assez long, et Ramboasalama s’impatiente et crie à l’intention de sa grand-mère : "C’est ton enfant du Betsimitatatra qui te rend visite". Le responsable du palais fait remarquer à la reine mère que le prince Ramboasalama n’est vêtu que de jabo sale, tissu du peuple, et qu’il aura honte devant les enfants de celle-ci.Pour éviter cette humiliation, Ramarobe emprunte un lamba et un salaka à son mari, pour que Ramboasalama soit présentable.
       Lorsque le prince se présente à la porte du lapa royal, Ramorabe entourée de ses gens, lui témoigne les plus grandes marques de respect, affirmant ainsi publiquement l’importance du visiteur ; tous s’inclinent devant lui, y compris les enfants de Ramorabe. C’est un cérémonial royal qui lui est prodigué par sa grand-mère la reine douairière.
      Ce type de cérémonial en ces temps là obéit à un protocole rigide qui remonte loin dans le temps : prenant de l’eau avec laquelle on asperge les Andriana qui viennent en visite, et qui leur est exclusivement réservée, elle en asperge trois fois Ramboasalama devant le seuil de la porte du palais, avant de le laisser pénétrer à l’intérieur, où le cérémonial va se continuer : elle lui demande de se tenir debout près du pilier Nord, ce pilier qui revêt une importance particulière pour se mettre en harmonie avec les "esprits" de l’habitat cosmos. Là encore elle l’asperge trois fois pour attirer la bénédiction des ancêtres, puis elle lui demande de faire trois fois le tour de la salle et le bénit à nouveau en lui demandant de s’arrêter cette fois près du pilier royal où elle le bénit encore une fois, puis lui demande de se rendre au pilier Nord où elle le bénit encore trois fois.
Cette circumambulation terminée selon tous les rites, elle lui demande de s’asseoir au Nord du foyer, la place d’honneur. Alors seulement, elle fait les salutations d’usage.
     Ces rites nous semblent un peu compliqués, mais il ne faut pas oublier qu’à cette époque, vivants ; morts, ancêtres et Dieux sont intimement mêlés et ont droit chacun à un certain rite, avec la volonté première : n’en mécontenter aucun.
La reine demande de faire cuire une oie ; elle est rôtie devant son neveu Ramboasalama, afin d’éviter le mauvais sort ou la malice que l’on peut faire pendant la cuisson. Il est très important que la nourriture soit préparée devant l’hôte, car si celui-ci est ensuite pris d’un malaise, toute la maisonnée perd la face. A cette époque, la maladie naturelle n’existe pas, la mort naturelle non plus; du moins pour un Andriana ou un roi.
Mais toutes ces marques ostentatoires de respect, indisposent les enfants de Ramorabe qui lui en font le reproche, "il a déjà le Betsimitatatra et si tu penses lui faire des faveurs chez nous : que nous restera-t-il ?  Vraiment tu portes bien ton nom Ramorabe "la douce".
A cela, la reine de répondre : "Que voulez vous y faire les enfants, c’est la part qui lui revient de par son "vintana", destin. Après trois jours passés dans une case à l’Ouest du palais, au Nord de l’enceinte et qui sont les lieux dévolus aux Andriana en visite, Ramboasalama dit à sa grand-mère : "Je dois partir maintenant, je dois rentrer chez moi". Elle en éprouva du chagrin, et elle le bénit en disant : "Réussis dans tes entreprises mon fils et que nos ancêtres te bénissent. Tu es le " Désiré de l’Imerina", réussis, ne tue pas de justes, ne soit pas accusé injustement par le peuple".
      Et signe tangible de la reconnaissance officielle du destin de Raboasalama de régner un jour sur l’Imerina, elle le fait monter dans son "filanjana" palanquin royal.
      Une dernière cérémonie, lourde de conséquences pour l’avenir politique du jeune prince, elle va convoquer le groupe des guerriers Antehiroka pour leur dire : "Eh venez ici Antehiroka, fils d’hommes, gros crabes, taureaux de la vieille femme ; qui allons nous faire régner" ? Et les Antehiroka de répondre : "Celui que vous aurez béni", alors Ramorabe dit : si vous ne changez pas mes paroles, voici ce que je dis : "C’est Ramboasalama que j’ai choisi pour régner"; les Antehiroka de répondre : "Nous ne la changerons pas".
      Alors, s’il en est ainsi, je ne changerai pas les coutumes de vos ancêtres dit Ramorabe affirmant ainsi leur différence par rapport aux autres sujets du royaume. Le chef des Antehiroka, Ramahajanga s’approcha de Ramboasalama sur le départ en disant : "Salut à toi que l’on a béni pour régner". Avec ces paroles prononcées par le chef des Tehiroka, le destin du prince est en marche. En temps voulu, le chef des Antehiroka montera à Ambohimanga pour appuyer Ramboasalama. Même si ce n’est qu’une fraction du groupe Antehiroka qui a pratiquement fait allégeance, le geste est quand même d’importance.

Les rois d'Ambohimanga et d'Antananarivo avant Andrianampoinimerina

DATES APPROXIMATIVES DE DEBUT ET DE FIN DE REGNE

ROIS D'ANTANANARIVO

ANDRIANJAKA 1610-1630
ANDRIANTSITAKATRANDRIANA 1630-1650
ANDRIANTSIMITOVIAMINANDRIANDEHIBE 1650-1670
RAZAKATSITAKATRANDRIANA 1670-1675
ANDRIAMASONAVALONA 1675-1710
ANDRIANJAKANAVALOMANDIMBY 1710-1727
ANDRIANAMPOINIMERINA 1727-1747
ANDRIANAVALOBEMIHISATRA 1747-1767
ANDRIAMBALOHERY 1767-1774
ANDRIANAMBOATSIMAROFY 1774-1796

 

DATES APPROXIMATIVES DE DEBUT ET DE FIN DE REGNE

ROIS D'AMBOHIMANGA

ANDRIANTSIMITOVIAMINANDRIANA 1710-1730
ANDRIAMBELOMASINA 1730-1770
ANDRIANJAFY 1770-1787

 

ROI DE L'IMERINA

ANDRIANAMPOINIMERINA 1787-1810

 

L'œuvre d'Andrianampoinimerina

      L'œuvre d'Andrianampoinimerina est considérable: il n'est pas un domaine de la vie sociale que le grand roi n'ait marqué de son empreinte. Il ne peut être question d'en faire ici un tableau complet

     Comme conquérant et chef de guerre, "le Prince au cœur de l'Imerina" a tout d'abord réalisé ce qui fut la vocation première du minuscule royaume de Merimanjaka et d'Alasora. Celle-ci, par la faute d'un de ses plus grands rois, avait marqué un temps d'arrêt: en effet, après avoir élargi les limites du royaume, réorganisé l'échelle des castes et poursuivi la construction des digues, le grand Andriamasinavalona eut la faiblesse de partager de son vivant le royaume entre ses quatre fils.

     La longue période d'anarchie qui s'en suivit arrêta l'expansion du royaume merina qui progressait normalement: les quatre royaumes nés du partage se firent une guerre continuelle. Leur réunification sous le même sceptre fut réalisée par Andrianampoinimerina, parti comme simple héritier désigné de son oncle utérin, le roi d'Ambohimanga.

     Non seulement il réunifia l'ancien royaume morcelé, mais l'agrandit aux limites de l'Imerina proprement dit, en conquérant notamment les villages bezanozano du haut de la falaise tels Ambohimanambola et Ambatomanga et le Vakinankaratra. Mais déjà, il étendait ses conquêtes au-delà du pays merina, amorçant la deuxième étape de l'expansion duroyaume merina: la conquête de toute l'île, idée qu'il fut le premier à concevoir et à formuler et qu'il légua à ses descendants comme l'objectif suprême à atteindre. Il imposa sa suzeraineté aux Sihanaka et à une grande partie du Betsileo ; enfin, après avoir refoulé les Sakalava de l'ouest des Hautes Terres, il jeta des jalons dans le Menabe et le Boina pour une future conquête du pays sakalava qui fut, avant que ne s'imposa le "Prince au cœur de l'Imerina", le royaume malgache le plus puissant au XVIIIe siècle.

Et l’histoire.

       La justification par l’histoire de la prise de pouvoir à Ambohimanga repose sur toute une série de paroles en forme de prophéties des ancêtres royaux du prince.
      Ramorabe d’Ambohidratrimo, son grand-père roi d’Ambohimanga Andriambelomasina qui aurai dit : "C’est Ramboasalama que je désigne pour succéder à Andrianjafy, car il doit régner en dernier lieu. Et comme ces paroles font suite à celles encore enigmatiques du roi Andriamasinavalona : "L’enfant blanc qui vient qui vient du coin "Alahamadintany", Alahamady de la terre (coin Nord-Est du du royaume) est celui à qui je donnerai le royaume en dernier lieu : "Io zaza lahifotsy io avy alahamadintany io, nomen Andriamasinavalona".
Il est évident que ces "deux volontés" d’ancêtres aussi illustres, prédisposent Ramboasalama à régner un jour, mais quand ? Après la mort d’Andrianjafy ? De plus, depuis ces prophéties, celui-ci a un fils, Ralaitokana, que sa mère, désire voir régner : "Je n’attraperai pas de sauterelles pour l’enfant d’un autre, et c’est Ralaitokana qui héritera de l’Avaradrano".

Et tout va basculer.
Car, il y a les devins, ces personnages plus puissants que les rois, interrogateurs des ancêtres et lecteurs des oracles du "vintana" destin. Or, si les devins ont attribué à Ramboasalama, un destin hors du commun, il n’en est pas de même pour Andrianjafy. Ils avaient déclaré à sa naissance : "Cet enfant ne possédera pas ce qui a été laissé à Andrianjaka et Andriantsimitoviaminandriana, le destin du roi est mauvais".
Sur les hautes terres, à cette époque, la parole des devins pèse lourd pour le futur. Alors ? Destin négatif pour Andrianjafy et positif pour Ramboasalama? La lutte pour le pouvoir est inévitable.
Ramorabe d’Ambohidratrimo a béni Ramboasalama et donné son accord pour qu’il règne : bien que devinant que cela signifie la fin de l’indépendance de son royaume vis à vis de celui d’Ambohimanga ; mais, c’est sa volonté. Mal aidée par ses enfants elle choisi son neveu, qui pour une Malgache de l’époque est pratiquement un fils.
Maintenant la lutte pour le pouvoir à Ambohimanga va commencer, la neutralité bienveillante, sinon agissante des Tehiroka est acquise à Ramboasalama.

La lutte pour Ambohimanga.

A la mort d’Andriambelomasina, Andrianjafy lui succède à Ambohimanga, bien que le nouveau roi préfère Ilafy, dont il est également le roi. Ramboasalama, lui demeure à Ambohimanga. Conscient du danger que représente pour lui le jeune Ramboasalama et sa volonté affichée de conquérir cette localité, le roi Andrianjafy son oncle va donc essayer par divers moyens de se débarrasser " accidentellement " de son neveu. Mais l’entourage du jeune prince veille, les diverses tentatives, plus maladroites les unes que les autres vont échouer.
Andrianjafy avait dit à sa femme : "La ruse triomphera de Ramboasalama", et ses ruses seront nombreuses. Il convie le jeune prince à écouter de la musique à Ambatomiandra, mais les oncles de Ramboasalama, les frères d’Andrianjafy mettent en garde le prince, en réalité son oncle veut le faire précipiter du haut d’un précipice dont le chemin est bordé, et lui conseille de feindre d’être malade.
Une autre fois Andrianjafy se fait passer pour malade et invite Ramboasalama à son chevet, là aussi ses oncles frères d’Andrianjafy le mettent en garde. Après cette série d’échecs le roi Anrianjafy, qui ne désarme pas, décide de faire les choses en grand et de se débarrasser de son rival, et comme le ferait un roi.
Il décide d’envoyer ouvertement des tueurs "officiels" à Ambohimanga. Confiant dans l’issue de cet assassinat, il fait procéder aux préparatifs pour un enterrement princier. En effet, dans le cas d’élimination physique d’un Andriana, même si le roi est l’auteur ou l’instigateur de cette élimination, il doit respecter les rites ancestraux, sous peine, d’être la cause de la rupture de la ligne Andriana-Ancêtres et Dieux donc, il n’a pas le choix. Il fait fabriquer la pirogue pour ensevelir le futur mort, puis il convoque son frère qui réside à Ambatomanohina, et lui dit ; on va régler le compte de ton enfant et lui faire une belle sépulture ; voici la pirogue d’argent, le "salaka" pagne de soie, le "lamba mena" linceul en soie orné de grains d’étain, ceci est pour sa dernière demeure ; c’est demain qu’on va le mettre à mort.
C’était un mercredi, mais l’oncle du roi le met en garde: "Je ne comprends pas pourquoi tu fais cela, car tu violes la parole d’Andriambelomasina, aussi je vous laisse à toi et Andriankira la responsabilité de ce que vous allez faire". Le frère du roi va faire plus ; il expédie un messager à Ramboasalama : "Pars immédiatement, pars cette nuit même, car viendra Andriankira le chef des tueurs royaux avec des aides pour te mettre à mort". Pourtant la soirée étant très avancée, le prince se contente de rassembler tous ses biens, et de partir le lendemain très tôt, car le prince ne pouvait être surpris par la nuit hors d’une habitation, à cause des entités dont la nuit est le royaume, et qui sont néfastes aux princes.
Dès l’aube, le lendemain, il fait partir sa femme et ses enfants avant lui, leur demandant de l’attendre tout au Nord d’Ilafy. Il veut se rendre à Kalohy, le fief de son père, qui, par sa situation géographique et ses défenses élaborées, est hors d’atteinte d’Andrianjafy.
L’inquiétude à Ambohimanga est grande, les préparatifs de départ du prince ne sont pas passés inaperçues. Les gens se demandent, inquiets, les raisons de ce départ précipité, les notables se concertent : "Mais où va donc Ramboasalama en emportant tant de paquets, va-t-il se sauver là-bas au Nord par crainte d’être assassiné par Andrianjafy ?"
Ratendro le Devin, censé travailler à ses rizières, mais qui, en réalité, attend Ramboasalama, sans vouloir perdre la face : "Mais où vas-tu donc prince ?" Le prince de répondre : "Je fuis à Kalohy, père, car Andrianjafy veut me faire périr, et je dois préserver ma vie". Ratendro, devin célèbre et fort écouté, conseille au prince de demeurer et d’offrir un sacrifice aux dieux.
En arrivant en bas d’Ambohimanga, côté Nord, le jeune prince est interpellé par Ratendramboangy, il est supposé faire ce sacrifice directement à "Andriamanitra" Dieu, sans passer par les ancêtres afin que les ancêtres d’Andrianjafy ne puissent intervenir, c’est une cérémonie hors de la normale, et que seul un grand devin peut conseiller : "Va sacrifier un bélier aux cornes retournées en arrière, c’est à Mangabe que tu devras accomplir ton sacrifice, et tu utiliseras pour cela le "Sikidy qui dépasse la connaissance des ancêtres". En devin avisé, Ratendro fait exécuter par le prince un sacrifice hors du commun, le plaçant en position de roi-dieu-devin.

Ramboasalama fait part de sa crainte que les assassins le rejoignent et que sa mort soit inutile. Le devin calme les appréhensions du prince, et lui tend un bélier qui répond aux caractéristiques imposées "offre ton sacrifice, ils ne te rejoindront pas", et Ratendro remonte vers Ambohimanga. Le sacrifice se déroule selon les vœux du devin, tout est prêt.
A partir de cet instant, le pouvoir va basculer. Un devin est plus puissant qu’un roi, un devin connaît l’avenir, et ce devin est celui qui "a tiré" l’horoscope du prince et roi Andrianjafy, il sait donc de quoi il parle, et ce qu’il faut faire en cette circonstance. Il réunit les notables et les anciens du village, il leur expose la situation, ses paroles pèsent lourd, on ne déplait pas au devin, et lui a décidé que Ramboasalama doit régner : il régnera, telle est la puissance des devins de cette époque

Conforté par les marques de respect que lui a prodigué sa grand-mère Ramorabe, reine mère d’Ambohidratrimo, Ramboasalama se cherche des alliés pour continuer à s’affirmer en tant que prince régnant, et, s’il rencontre certains appuis…pourquoi pas roi.
Il va en trouver, mais de bien modestes, en pays Mandiavato, il va régner à Ambohibemasoandro, village de douze feux, ou famille. Ce village sera mis à sa disposition, par les trois Andriana régnant sur cette fraction du pays Mandiavato. C’était le fief d’Andrianavalondambo qui régnait sur le cinquième du Mandiavato. A sa mort, ses trois fils vont administrer en commun ce fief qui comprend, Ambohibemasoandro, Ambohidralambo, Ankazobe, Ambohidiala et Andranovelona, où demeurent les trois Andriana; au Nord d’Ambohitrabiby, à la limite du fief d’Anjafy de Kalohy.

Andrianjafy, le roi d’Ambohimanga, lui, ne semble pas s’inquiéter de l’installation de ce nouvel Andriana, dans un fief qu’il ne cherche pas à revendiquer. Une grande agitation, mais discrète va régner dans cette minuscule région. Les descendants des premiers occupants de la régions d’Ambohimanga, vont petit à petit organiser la "royauté" et le pouvoir de Ramboasalama cet Andriana natif de Kalohy. Ce site fortifié proche d’Ambohimanga et qui présente beaucoup d’analogies dans le système de fortification, et en dehors du village "royaume", un des lieux de rendez-vous préféré des agitateurs, est le village d’Ankadifinaritra, qui plus ou moins sans habitant, est entouré d’un profond fossé circulaire, de plus il est situé au Sud-Ouest de Langaina très au Nord d’Ambohimanga, donc à l’abri des oreilles d’Andrianjafy. C’est en ce lieu que les guerriers ralliés vont faire le serment du lefon’omby et sotro-vokaka. Mais ils prennent la précaution de rentrer à Ambohimanga avec une angady ou des fagots ou même de l’herbe, comme de braves paysans. Un second lieu de rencontre Fieferamanga, village ou le serment de fidélité sera renouvelé devant toute la population du village. A quelque temps de là, le nouveau "roi", Ramboasalama, va décider d’aller plus avant, il se rend à Hadivorimasina, où il monte sur la pierre sacrée d’Ambatomenaloha : à cet instant, il consacré "Roi".
Il se déclare ensuite à Ankasina, où les douze guerriers lui présentent le "Hasina" ; symbole de soumission et d’allégeance à sa personne. De là, ils se rendent dans la maison de Rabefiraisana, ils y font un serment plus guerrier : "Qu’ils périssent ceux qui doivent périr, qu’ils meurent ceux qui doivent mourir". Et il en mourut un assez grand nombre.
Le roi Andrianjafy, ne peut plus ignorer ces événements qui se déroulent à la porte de son royaume et qui le mettent en péril. Alors, le roi Andrianjafy de dire : "Ces trois là (les trois Andriana), eux et leurs femmes et leurs enfants, je les couperai en petits morceaux, même ceux dans le ventre de leur mère". Les Andriana prirent peur, ils prièrent Ramboasalama de faire quelque chose pour eux, puis ils se cachèrent dans un trou à riz à Andranovelona. Le roi Ramboasalama envoya un message, prévenez tout le monde, je viendrais jeudi pour la présentation au peuple, vendredi je serai vraiment le roi.
Et tout le monde se réunit à l’Est d’Andranovelona, Ramboasalama monta sur un rocher et encouragea les Mandiavato et les Zafinandriamamy : "Ayez confiance, aujourd’hui je règne ici, demain à Ambohimanga".
Maintenant, Ramboasalama, malgré sa crainte du roi Andrianjafy son oncle, doit prendre la couronne royale d’Ambohimanga, il lui faut continuer, il est allé trop loin, reculer c’est se condamner à mort. Pour pouvoir continuer, il va beaucoup promettre au Tsimahafotsy et Mandiavato, vraiment beaucoup, ils ont pris, il est vrai de grands risques pour eux et leur famille, surtout Rabefiraisana.

Ils passèrent à la postérité.
Les notables favorables à Ramboasalama sont pour certains descendants des premiers habitants d’Ambohimanga ; ils sont d’abord douze en dehors de Ratendro le devin, ce sont :
 1 Rabefiraisana, un Ampanarifito
 2 Andriambolaina, un Ampanarifito
 3 Rabefanonta, un Zazamarofatsy
 4 Andriahimavo, un Zanakandriamanarefo
 5 Andriambakoka, un Zanakandriamanarefo
 6 Ralofika, un Zanakamanga
 7 Andriantsara, un Zazamarofatsy (ou Andriantsandra)
 8 Rabevanga, un Zazamarofatsy
 9 Tsingala, un Zanakandrianilanona
10 Andrianjarakely, un Zanadahy
11 Andriamiandra, …(ou Andriamianandrana°
12 Rabetsisahana, un Zanadahy

A leur nombre s’ajoute les trente descendants d’Andriamarofatsy et d’Andriantsiravindravinandriana, eux aussi habitants de vielle souche.
Ratendro prend la parole devant la foule assemblée : " Voici ce que j’ai à vous déclarer, Andrianjafy veut mettre à mort sans raison Ramboasalama, je l’ai rencontré pendant que je travaillais à ma rizière, il quittait Ambohimanga, je l’ai arrêté et lui ai conseillé de faire une offrande sur la "vatomasina" pierre sacrée de Mangabe, faites ce que vous voulez, mais l’on veut changer les paroles de notre roi chéri Andriambelomasina."
Tous les notables et les trente hommes déclarèrent : "même si le ciel doit s’abaisser et la terre s’élever, alors qu’ils meurent ceux qui doivent mourir, qu’ils périssent ceux qui doivent périr, s’il en est ainsi que Ramboasalama soit notre roi, tout de suite."
Ramboasalama n’était pas complètement rassuré car maintenant Andrianjafy avait un motif pour le faire périr. Les douze hommes dirent au prince qu’ils le voulaient pour roi, qu’il n’avait rien à craindre, qu’il était sous leur protection. Pour mieux affirmer leur résolution ; il firent ramener la famille et les bagages de Ramboasalama à Ambohimanga.

Le coup de force.

Maintenant, il n’était plus question de faire marche arrière, le coup de force se devait de réussir. Il est donc décidé de convoquer l’ensemble de la population pour la mettre au courant de la situation et la convaincre de proclamer Ramboasalama roi d’Ambohimanga. C’est entouré des notables armés de sagaies que la foule est fermement invitée à se rallier à Ramboasalama. "Voici de quoi il s’agit ô Tsimahafotsy, on veut changer les paroles de votre défunt roi Andriambelomasina, alors quel est votre avis?"
Ce que veulent les notables c’est une approbation totale mais malheureusement dans la foule assemblée, un homme du peuple Ravolana objecte qu’Andrianjafy règne encore, ici ! Mais aussitôt les sagaies le font taire, il meurt. Pourtant sur le fond, il a raison, Andrianjafy règne, et si Ramboasalama doit lui succéder, personne n’a dit quand…
De toute façon, il est trop tard, les notables se sont trop engagés pour faire marche arrière. Un autre homme dans la foule, nommé Rainimany objecte à son tour "que faire d’Andrianjafy", un coup de sagaie le rappelle à l’ordre, il ajoute pour avoir la vie sauve "celui qui règnera, je le servirai".
C’est fini, les habitants de la ville "ambony" (haute), la ville fortifiée sont ralliés à Ramboasalama.

Toute la nuit l’effervescence est grande dans les alentours immédiats de la ville. Les gens des murs vont se rallier à Ramboasalama, en premier ceux d’Amboatany. Le frère d’Andrianjafy, Andriankira quitte Ambohimanga en catastrophe pour Ilafy, près de son frère. Ramboasalama, consulté, décide de le laisser partir, c’est son oncle après tout.
Pendant ces évènements, Andrianjafy est fort occupé à présider une cérémonie très importante à l’époque, la circoncision. C’est une des plus grandes cérémonies de ce temps, et celle-ci se déroule près d’Ilafy. Les conjurés ont bien choisi leur moment pour rendre Ambohimanga indépendant d’Ilafy. Le roi est bien au courant d’une vague agitation, mais n’y prête qu’une attention distraite, même un coup de fusil, tiré d’Ambohimanga, chose rarissime à l’époque ne l’émeut pas car pense-t-il "un enfant est un enfant, il ne peut me vaincre, même s’il tire un coup de fusil", ce en quoi il a tort, son pouvoir est plus menacé qu’il ne le pense.
Un "zoma" vendredi, jour faste, les envoyés d’Andrianjafy chargés d’occire Ramboasalama, se présentent à la porte d’Ambohimanga. Celle-ci est fermée, la grosse pierre a été roulée, les gardiens de cette porte sont armés, même la foule amassée sur les remparts de défense est armée. Les gardiens interpellent les envoyés d’Andrianjafy : "où allez-vous?". Confiants dans leur mission officielle, ils répondent "nous venons mettre à mort Ramboasalama, selon les paroles de notre roi bien aimé, Andrianjafy". Les gardiens répondirent "allez- vous en, et ne parlez pas pour ne rien dire, Ramboasalama est sous la protection des Avaradrano des deux villages : Amboatany et Ambohimanga".
Il existe plusieurs variantes à ces faits, mais toutes aboutissent à la même conclusion, seul le nombre de victimes diffère, entre deux et vingt qui n’approuvaient pas cette décision, lourde de conséquence pour leur devenir.

Les envoyés d’Andrianjafy se retirent fort piteusement pour aller rendre compte de l’échec de leur sinistre mission. Andrianjafy est furieux "est ce qu’un enfant va nous tenir tête, pourquoi Andriambelomasina m’a invité à élargir le lobe de mes oreilles, en me déclarant que je serai roi, et voilà qu’un enfant se dresse devant moi ?" En ce temps là, les princes et les rois élargissaient les lobes de leurs oreilles pour y introduire des anneaux de grandes dimensions. Cela se traduisait souvent par un déchirement du lobe : d’où le surnom des Andriana Merina "les Amboalambo" les gens dont les lobes des oreilles sont déchirés comme les oreilles des chiens qui combattent les sangliers ; d’après la parole d’un ancien; et ajoute-t-il, il n’y a là rien d’injurieux, contrairement à ce qui a été écrit par divers étrangers.
Ne pouvant atteindre son neveu, Andrianjafy va reporter sa fureur contre son frère qui l ‘a aidé par ses conseils à échapper aux attentats que le roi d’Ilafy avait imaginés pour se débarrasser d’un rival envahissant.
Le frère d’Andrianjafy, malade, s’était alité dans sa maison d’Ilafy; son frère Andrianjafy vient lui rendre visite pour s’enquérir de sa santé, et aussi lui poser quelques questions sur la situation "politique". Qui est votre enfant demande le roi au malade ; celui qui est là bas dans la forêt : (Ambohimanga) ? Oui, répondit le malade. Alors Andrianjafy prie son frère de lui tendre la main afin qu’il y mette un remède (sikidy), charme sensé guérir le malade, et le roi de le tirer vivement en avant et de le faire choir sur le sol, et achever par ses bourreaux. Il fut enterré dans une fosse très profonde afin que son "Ambiroa" âme, ne vienne pas troubler le sommeil du roi. Et le roi ajouta, c’est lui qui voulait m’empêcher d’arriver chez mon père et ma mère "d’être le maître du royaume". Cet enterrement en violation très grave de la coutume, va achever de déconsidérer le roi.
L’Imerina du Nord compte donc un roi de plus, ..... il règne sur un minuscule royaume d’à peine 15 km de rayon, Ambohimanga en est la capitale, les prophéties sont à moitié réalisées….Alors… Mais c’est plus que sur 12 feux.
Dès son accession au trône d’Ambohimanga, Ramboasalama, porte son regard sur Ilafy, ce sera pour un grand royaume futur, celui d’Andriamasinavalona.
Mais il importe de se garder du côté d’Ambohitrabiby, à quelques kilomètres d’Ambohimanga ; de simples tractations de territoire suffiront à se rallier les Mandiavato, qui doivent se méfier du roi d’Ilafy.
Une période de "ni guerre ni paix" règne entre les deux capitales ; et Andrianjafy avance toujours les mêmes arguments "ô vous, mes amis, quelle est votre opinion? On croyait que je n’aurais pas d’enfant, mais j’en ai un maintenant, Ramboasalama est né d’une fille du roi,
et mon fils Leitokana, d’un des fils du roi, alors ? Qu’en pensez-vous ?"
Mais les paroles des rois ancêtres sont incontournables de par leur qualité de rois intercesseurs vers Dieu, ce Dieu qu’il faut éviter de mécontenter. Donc à chaque fois que le roi avance qu’il a un fils, la réponse est : "ainsi vous changeriez la parole des ancêtres, ce n’est pas acceptable."
La situation à Ambohimanga est très curieuse : Ramboasalama est roi par la volonté d’une fraction importante de la population, des notables et d’un grand devin, mais Andrianjafy est toujours le roi de ce même lieu. Et personne n’a encore osé ce dresser contre lui.
Mais son mauvais "destin" continue à le desservir : pendant la danse royale et sacrée de la circoncision à Ambatomiandra, Ramboasalama fait son apparition avec les attributs royaux, parasol rouge et filanzana. Cette apparition remarquée et comme une provocation, perturbe tellement Andrianjafy, qu’il manque un pas de danse et tombe à terre ; ce que le peuple regarde comme une soumission envers Ramboasalama, laissant présager la fin prochaine du roi d’Ilafy, car la cérémonie donc la danse, n’est pas acceptée par les ancêtres.
Andrianjafy peut toujours se rendre à Ambohimanga; et ce, en toute quiétude. Pendant ce temps Ramboasalama et ses affidés, doivent chercher des coins tranquilles pour mener à bien les tractations avec les différents villages qui dépendent d’Ambohimanga ou Ilafy. Il va choisir Ankadifinaritana, village désert au Nord d’Ambohimanga et Sud-Ouest de Langaina, assez loin pour des discussions discrètes.
Ramboasalama, va accorder à ceux qui acceptent de le reconnaître pour roi, des privilèges pour eux et leurs descendants "si je règne, je ferai en sorte que vous puissiez vous et vos descendants, me rappeler à toute instant, les services que vous m’aurez rendus ; si se sont encore les descendants de Rasoherina qui sont souverains. Je ferai en sorte que, si vous mourez le jour, je vous ressusciterai la nuit suivante. Je ne toucherai pas à tout jamais à vos revenus." Et le futur Andrianapoinimerina respectera toujours les engagements de Ramboasalama; tous les gens ayant pris parti pour lui dès les premiers jours, seront comblés de biens, d’honneurs et de pouvoirs, sur le reste des habitants de l’Imerina.

Le choix.

Le jour où ces promesses royales furent faites, Andrianjafy était à Ambohimanga. Les gens de Ramboasalama durent prendre des précautions pour se rendre à Ankadivorimasina, afin que le nouveau roi monte sur la pierre sacrée de consécration d’Ambatomenaloha. De là, ils se rendent à Ankasina, où pour la première fois les douze présentent le hasina, consacrant ainsi définitivement le roi. La cérémonie continue à Ambohiniarenana, à la maison de Rabefiraisana. Ils renouvellent leur serment d’allégeance, par la cérémonie du "lefon’omby".
Maintenant Ramboasalama règne, toutes les présentations et cérémonies pour les ancêtres ont été faites, le prince à été intronisé intercesseur privilégie auprès des entités du panthéon Dieux-idoles-ancêtres.
Ramboasalama prend conscience qu’il est maintenant vraiment roi, et il demande : "comment ferons-nous sortir Andrianjafy d’Ambohimanga ?". "Demain, nous proposerons à Andrianjafy de venir danser à la fête de la circoncision ; le roi se doit d’y effectuer la danse royale sacrée pour les ancêtres".
Andrianjafy acceptera…il dansera …il trébuchera.
Pour cette cérémonie de la danse royale de circoncision , la population accompagne son "roi", jusqu’au lieu dit Andranotsitakady et, invoquant le fait qu’aller plus loin serait laisser Ambohimanga, sa ville sans défense, Andrianjafy accepte que son escorte le quitte, parmi elle, les douze.
Le roi trébuche…tombe à terre, Ramboasalama continue son chemin. L’Antsiva fait entendre sa voix, alors le roi comprend qu’il a été dupé. Il se tourne vers la foule inquiète : "quelle est cette haute trahison, ô gens d’Ambohimanga? Ah, j’ouvrirai le ventre de Rabefiraisaina, j’éteindrai jusqu’a sa descendance et quand je reviendrai à Ambohimanga,les siens en seront chassé". Alors tous les Tsimadiloavaradrano d’Ambohimanga se mirent en état de guerre.
Pendant la cérémonie du lefon’omby chez Rabefiraisaina, il y avait le responsable du "lapa" palais royal d’Andrianjafy, le nommé Andriamaroandriana, fils d’Andriamborona. Lors de la cérémonie, il balbutia "mais ou est donc Andrianjafy" ? La foule, à ces paroles, voulut le mettre à mort, mais son beau frère Andriankakafotsy intervint en sa faveur et dit : "tu vas dire si quelqu’un d’autre que Ramboasalama doit régner, puisse-je voir périr ce petit veau, tu ne t’engages pas beaucoup, puisque ce n’est qu’un jeune veau". Ce qui fit beaucoup rire les douze et lui gagna la réputation de malin, car il n’avait pas rompu son serment de fidélité à Andrianjafy, les ancêtres avaient pris sur eux la mort du petit veau.

Le lendemain, Andrianjafy va tenter de rentrer dans Ambohimanga, par la porte Sud, celle des Mainty. L’un des responsables de cette porte, Rabetsimandrombaka, le lui déconseilla : "nous ne voulons pas voir couler le sang du roi, alors retirez-vous, c’est Ramboasalama qui règne ici maintenant".
Avec le ralliement des Andrianatoro, dont essentiellement Andriandoria, Andravoromanga, les Andriandapa, Ambohijina, Antokomaro et les Miandanimerina, le royaume d’Ambohimanga en sa totalité, se rangeait aux côtés de Ramboasalama.

La guerre Ilafy/ Ambohimanga.

Et la guerre commença entre les deux rois par la bataille de Marintampona.
Ilafy et Amnohimanga décidèrent de s’affronter en une bataille traditionnelle en rase campagne, selon les règles très strictes de l’époque.
Le lieu de la bataille est fixé d’accord-parties, ce sera Marintampona à l’Est d’Ambohidava. Dans ces batailles Merina-Merina, les rois, de par leur nature divine, ne participent pas directement au combat. Ils en sont les spectateurs arbitres. Andrianampoinimerina, c’est le nouveau nom de roi de Ramboasalama, assiste au combat depuis Ambatomiandra, et Andrianjafy depuis Ilafy. Le combat donne avantage à Ambohimanga, bien qu’avec de piètres résultats. Alors les deux parties se donnent rendez-vous pour un autre combat.

Andriantsilavo d’Ilafy.

Le second combat se déroule à Anosy de Namehana, Andrianampoinimerina y assiste depuis Amboniloha, qu’il fait aménager pour la circonstance. Fort curieusement la bataille s’engage de nuit, puis elle se déplace vers le Nord d’Anosy ; elle dure deux jours, et les guerriers d’Andrianjafy battus se replient sur Ilafy. Le roi fait d’amers reproches à ses hommes : "Dois-je régner sur vous ô Tsimiambolahy? Vous combattez mal, votre mollesse fait que je me demande si je vais régner ou non, tous les jours, vous êtes battus, et ma confiance n’est jamais exempte de peur". Le roi a raison, ses guerriers sont las de sa façon de gouverner et de ses exactions. Et les notables d’Ilafy vont prendre des contacts discrets avec le roi d’Ambohimanga.
C’est Andriantsilavonandriana, chef des Tsimiambolahy, poussé par la population qui va prendre contact avec Ambohimanga. "Je viens à vous, Andrianapoinimerina, car je vous plains, Andrianjafy est votre parent, et comme tel je ne veux pas qu’il soit dévoré par les chiens. Je ne complote pas contre vous, et c’est parce que je vous estime que je viens ici, en cachette, et de nuit pour vous assurer de ma soumission et de celle d’une partie des miens. Ayez confiance "Andriamanitra" Dieu vous donne ce royaume”. Et le roi de répondre : "Que Dieu vous fasse vainqueur, toi et tes enfants, puisse-t-il y avoir parmi tes descendants des hommes redoutables". Les paroles du roi d’Ambohimanga doivent toujours être comprises dans un sens différent que ce que veulent dire les mots seuls.
Arrivé à Ilafy, Andriantsilavo, contacte dans la plus grande discrétion les principaux notables, il leur fait part de son entrevue avec le roi d’Ambohimanga, et il va les persuader de se rallier avec lui à Andrianampoinimerina. "C’est Ramboasalama qui règne maintenant, selon la volonté d’Andriambelomasina ! comment pourrions-nous supporter encore longtemps les vexations d’Andrianjafy ? Nous connaissons tous son mauvais "vintana" (destin), il use de violence et de querelle avec tous ; par la force, il s’approprie tous nos biens les plus chers en faisant comme une vente, mais contrainte et forcée”.

Ilafy chasse Andrianjafy.

Les Tsimiamboholahy, doivent prendre une grave décision, ils doivent chasser leur roi, pour en prendre un autre. Et Andriantsilavo, aidé des notables et des guerriers, chasse son roi.
Avant de partir, le roi va laisser éclater sa colère une dernière fois et prononcer des paroles qui vont faire d’Ilafy un village dont on parlera peu, ou pas du tout, dans l’avenir. Paroles du roi : "vous m’avez trompé, Tsimiamboholahy perfides … vieilles souches pourries, vous m’avez dit de me rendre à Antananarivo pour chercher de l’aide auprès de son roi, et pendant ce temps vous vous êtes rangés du côté d’Ambohimanga et d’Ambohitrabiby. Vous êtes vraiment comme un arbre fendu flottant sur l’eau (vous agissez au gré des événements et sans volonté propre)" . Andrianjafy va demeurer chez Andrianamboatsimarofy, roi d’Antananarivo et mari de sa fille Ratsimiantaha. Mais, il ne renonce pas pour autant. Il se met en quête de guerriers pour l’aider , bien que son gendre, le roi d’Antananarivo, le mette en garde contre de possibles trahisons . Et Ilafy va devenir "tanàna vaky tronga" .

La fin d’Andrianjafy.

Plusieurs versions existent sur la fin de ce roi. Nous ne retiendrons que la plus communément relatée.
Trente guerriers Zanamanarefo, d’Ambohitrarahaba vinrent trouver Andrianjafy à Antananarivo pour se mettre à son service et lui demander de revenir parmi eux . Ces hommes sont d’anciens sujets de ce roi. Le roi d’Antananarivo met en garde son beau père contre la duperie évidente de ces Zanamanarefo, mais celui-ci, trop heureux de retrouver une parcelle de son pouvoir, ne tient pas compte de cette mise en garde. Il monte dans son filanjana et part pour son destin , et ... sa fin.
Arrivé au Nord d’Ambojitrarahaba , le roi se rend compte qu’effectivement on le trompe, mais il est trop tard. Les Zanamanarefo garrottent le trop confiant souverain et ils dépêchent des émissaires à Ambohimanga, pour faire connaître qu’ils tiennent le roi d’Ilafy à leur disposition : comme il avait été convenu.
Andrianjafy est conduit à Antsahafady, situé en bas d’Ambohimanga , et il est mis à mort selon la coutume : par ses neveux , ce qui est une fin honorifique ; de plus , il sera enseveli comme un Andriana ayant régné , mais à Ambohimanatrika .
Toutefois d’autres sources le font périr à Ambatolava près de Mangabe , son corps remis à son gendre le roi d’Antananarivo. Pendant cette exécution, le roi d’Ambohimanga , comme le veut la coutume n’est pas dans son palais , aucune entité qui pourrait le punir pour ce "crime autorisé" ne doit pouvoir le trouver : il est en voyage "privé".
Maintenant, Ilafy et Ambohimanga appartiennent au même souverain. Maintenant Ramboasalama-Andrianampoinimerina va être reconnu seul souverain de l’Imerina du Nord, royaume encore bien modeste, mais le jeune souverain est ambitieux.

Intronisation d’Andrianampoinimerina

       Les notables et crieurs royaux vont tenir "kabary" discours, sur les marchés et les places publiques, d’avoir à se préparer à la cérémonie d’intronisation officielle du nouveau roi. Le roi de l’Imerina du Nord, celui d’Andriambelomasina , la parole des rois ancêtres va être respectée .
Cette cérémonie pour le peuple, doit être la plus digne et la plus fastueuse possible. L’on va acheter des lamba à franges tressées. "On se mit sur la tête des parures d’argent , les femmes portèrent de riches robes de soie, les hommes des pagnes de soie tombant jusqu’aux genoux , les adultes , selon leur rang ou leur caste ,se drapèrent dans des lamba rouge ou de soie , intercalés de grains d’étain formant des perles . Les hommes portèrent des coiffures traditionnelles ornées d’une longue queue, des bandeaux rouges , des pendants d’oreilles et des bracelets en argent".
      Au jour et à l’heure fixé par les devins , le roi va montrer sur la pierre sacrée de Fidasiana . Il porte une coiffure à longue queue rouge ; des anneaux creux lui garnissent les lobes d’oreilles élargis depuis son enfance pour cette circonstance ; une énorme perle rouge de corail . Un lamba rouge enveloppe son torse, un pagne de soie blanche lui tombe jusqu’aux genoux, il a des grains de corail rouge en forme de bracelets aux pieds , d’autres bracelets de fausses perles blanches et rouges intercalées selon le "sikidy" ornent ses genoux . Il est évident qu’une telle tenue n’est pas le fait du hasard, mais est due aux devins et à la tradition qui veille sur les coutumes.

     Lorsqu’il monte sur la pierre sacrée pour être vu de tous les Ambanilanitra du Nord , le peuple se lève et le salue avec gravité car il est le représentant des dieux sur la terre et celui des ancêtres. Il apparaît donc revêtu de toute la puissance de ceux-ci , il est l’intermédiaire privilégié vers le seigneur inaccessible "Andriamanitra" le seigneur parfumé , si indifférent au sort de l’homme sur la terre .
     Les offrandes vont êtres présentées par les douze qui l’on fait ce qu’il est : le roi . Ces offrandes seront , en priorité un bœuf , l’offrande d’une civilisation pastorale qui se représente la richesse sous cette forme : le taureau. Et ce sont deux civilisations qui s’ interpénètrent, la pastorale et celle de l’eau : le riz .
     A la suite de ce symbole, sont offerts un bœuf malaza , un bœuf volavita , l’un symbole de prospérité , l’autre de spiritualité . Puis va venir l’offrande du hasina , l’offrande de soumission et d’allégeance . Ce hasina , se présente sous forme d’une piastre d’argent intacte , car tout ce qui touche le roi doit être complet . Les devins voyaient là la brillance de la lune dans sa plénitude et son intégralité . Après les serments de fidélité et les compliments de circonstance , le "kabary" : cette magie des mots qui, disent les "mpanandro" devins , est aussi importante que l’autre, celle du caché et du secret .
     Les notables vont terminer leur "kabary" par ces phrases: "même si le ciel venait à tomber sur la terre, et la terre se soulever, tu resteras notre seul souverain , nous ferons notre possible pour que toute la terre t’appartienne".
     Le roi va remercier publiquement les notables qui l’ont porté au pouvoir , il reconnaît en cela leur action qui a été déterminante pour lui : "assurément , ô , vous les douze chefs, les propos que vous me tenez me sont doux , vous avez souffert avec moi, et aussi vrai que je suis aujourd’hui roi , je vous récompenserai , je ne permettrai jamais que votre histoire tombe dans l’oubli , vos efforts pour que je devienne roi ; vous m’avez élevé au trône , je vous aime , vous les douze chefs comme j’aime mes femmes ; si je puis régner , c’est à vous que je le dois . Et voici ce que je vous dis, ô Avaradrano , ayez confiance en moi , car je suis bien le roi , les petits comme les grands peuvent jouir en paix de leurs biens . Il y a encore beaucoup à faire, mais il faut que cette terre soit à moi , que la mer soit la limite de mon royaume”.
     Conscient de la part déterminante de Rabefiraisana dans son accession au trône, le roi décide , sur les conseils des devins, que dorénavant , les souverains monteront sur la pierre centrale du foyer de la maison de Rabefiraisana, car c’est dans cette maison que les douze décidèrent de faire roi celui qui n’était que le prince Ramboasalama .
Cette décision est bien dans la logique de cette époque, ou rien n’est le fait du hasard , mais la volonté des "zavatra", choses agissantes qui guident nos moindres actes. Et comme le foyer est à cette époque l’âme de la vie, il est logique de se faire sanctifier par les ancêtres, à travers cette pierre .
     Le roi va récompenser de façon plus classique et ostentatoire les douze qui deviendront ses conseillers et même … bien plus , sauf un qui sera plus tard exclu de ce groupe .

    Si les douze mirent sur le trône Ramboasalama, l’artisan premier, en est le mpanandro Ratendro .Pour le peuple, Ratendro est le maître des jours fastes et néfastes, celui qui sait ce que le commun des mortels ne sait pas, celui qui est en contact avec les intermédiaires de Dieu .
     Le roi va en faire l’astrologue royal, mieux même, le roi n’entreprendra rien sans le consulter au préalable, aucun combat ni départ en campagne, ne se fera sans son approbation . Le roi va également changer le nom de Ratendro en Tsimilefa . Ce devin vivra très vieux, il établira l’horoscope des enfants royaux, y compris celui du futur Radama I. En dernier, Ratisimilefa très vieux, ne vivant plus qu’accroupi, fera l’objet de la sollicitude royale, et lorsque Andrianampoinimerina passe devant ce vieillard artisan de sa puissance et que celui-ci éternue, le roi dit : vraiment cet homme m’a fait ce que je suis .

La conquête de l'Imerina

L’imerina des trois royaumes ou la paix avant la conquête

     Les souverains d’alors, régnant aussi bien sur l’Imerina du Nord, que celui du Sud, vont s’entendre pour remodeler et redéfinir “leurs frontières”.Ils sont trois souverains, ce sont : Ramanandrianjaka à Ambohidratrimo, qui règne sur le Marovatana et l’Antehiroka,    Andrianamboatsimarofy qui règne sur tout l’Imerina du Sud, il possède le plus grand royaume . Le troisième est Andrianampoinimerina, maître du nord .
     Les trois souverains vont se rencontrer au sud d’Ambatobe, ils sont tous parents . Ils vont prononcer le serment imprécatoire du “lefon’omby” bœuf sagayé. Ce serment de ne plus s’attaquer, de vivre chacun à l’intérieur de ses frontières .
     Pour cela, ils les redéfinissent avec précision . Ils décident aussi de reconnaître officiellement le nouveau roi du Nord . Et pour mieux sceller ces accords, ils vont procéder à des alliances par le sang. La fille du roi d’Antananarivo devait devenir l’épouse du roi d’Ambohimanga, lorsqu’elle serait en âge de se marier. Cette fille, Ravoanimerina, va devenir la cause d’une future guerre entre les trois rois. La sœur du roi des    Merina du nord, Ralesoka devait devenir l’épouse du roi d’Antananarivo. Pour cet accord, le serment du “Velirano” va être prononcé à Nanisana .    Pour cette circonstance, le roi d’Antananarivo et sa suite vont camper à Ankadindramamy, le roi d’Ambohimanga et les siens à Analamahitsy . Les paroles rituelles furent prononcées : “Si ma sœur Ralesoka ne devient pas femme d’Andrianamboatsimarofy puisse Ambohimanga devenir une rizière d’Antananarivo ; et si Ravaonimerina (11° épouse) ne devient pas femme d’Andrianamponimerina, puisse Antananarivo devenir une rizière d’Ambohimanga”.
     Profitant de cette paix et pour les remercier, Andrianamponimerina va faire d’Ambohitrarahaba, ce village qui lui a livré Andrianjafy, un poste frontière face à Antananarivo

     Mais le danger présent vient du nord ; des farouches guerriers de cette région devenue indépendante sous les guerres inter-merina vont faire l’objet de l’attention du roi. Il va créer quatre villages frontières confiés aux Zanakandrianato et Zanakandriambe. Ce sont les villages de: Andrainingialy, Andrainarivo, Ambohimila et Ambohitrandriana . Plus loin, la frontière sera poussée beaucoup plus avant dans le Nord.
Dans l’immédiat, cette frontière est très importante pour Ambohimanga, car c’est au-delà de la rivière Sahasarotra que résident les Merina-Sihanaka qui enlèvent femmes et enfants du Nord, surtout Ambohitrabiby et Ambohimanga pour les vendre comme esclaves sur la côte aux négriers étrangers qui fréquentent la baie d’Antongil .
De tous ces villages frontières, Ambohitrandriana fut le plus difficile à réaliser, et l’on dut avoir recours à la méthode d’érosion par l’eau "hadi-rano" . Ces villages frontières attiraient peu de volontaires, et le roi proféra des menaces très claires pour ceux qui fuyaient leurs responsabilités en les abandonnant : "Quiconque quittera le pays et s’établira au-delà d’Ambatomafana, ne possèdera plus aucun bien dans mon royaume car il ne vaudra pas plus que le bouclier d’un lâche qui tourne le dos et mérite de perdre la vie". Malgré tout conscient de la difficulté des ces frontaliers, le roi y installe d’excellents guerriers, les Zanakandrianato, il est vrai que ceux-ci, chose rare pour l’époque, sont bien fournis en armes à feu .
Dés le début de son règne, le roi s’est inquiété de cette faiblesse en armement, et il a demandé conseil aux Zanakandrianato sur la façon d’y pallier.
Les Zankandrianato prirent la décision suivante : "ceux qui possèdent un esclave, achèteront avec, un fusil angalisa, "brown bess anglais, ceux qui possèdent huit bœufs achèteront un fusil "marovy" à garnitures en fer et non en laiton, donc moins cher et avec sept bœufs, achetez un fusil "tsifidiana" fusil de traite que l’on ne choisit pas .La valeur d’un fusil en Imerina à l’époque était selon sa qualité, d’environ soixante piastres".
Le choix par le roi des Zanakandrianato était judicieux, car l’idole en était "Zanaharitsimandresy", le créateur qui ne dort pas. Elle défendait aux guerriers de reculer, de manger du porc, de ne pas retourner de côté la viande qui cuit, de ne pas manger de gras double, l’œil ou le genou du bœuf . En cours de combat, interdiction de faire un pas en arrière, de parler, il faut demeurer la bouche fermée.Si un guerrier tombe à droite ou à gauche, l’autre continue d’avancer et ne jamais reculer. Cette idole résidait à Andrainaivo. Ces interdits rappellent beaucoup ceux des guerriers Tehiroka.
Le roi va fortifier le village d’Ambatolampy, on va y creuser un fossé profond de six brasses et transformer l’entrée du village en passage souterrain, fermé à l’aide d’une grosse pierre ronde. Le village d’Ankosy sera fortifié sur le même principe ,il est au sud d’Imerimandroso.Ce village frontière d’Andranovintana va garder le Marovatana, plus tard il sera le fief d'un des hommes les plus illustres de ce temps: l’Andriana Andriamambavola.

La frontière Tsimiambolahy

Pour garder cette frontière, l’on va construire Imerimandroso, l’Imerina qui avance. Si au début se furent des Tsimiambolahy qui gardaient ces frontières, très vite ils sont remplacés par des Tsimahafotsy, qui vont prendre le nom de "Manindrilahy" qui repoussent l’ennemi. Le roi fera aussi fortifier Avomby, qui va devenir Mahazina. La nécessité d’y installer des hommes courageux, vient de ce que les Marovatana et les Tehiroka enlevaient des sujets du roi d’Ambohimanga, en leur coupant la route à Antolomasaka, sud d’Avomby, de là les Marovatana fuyaient en pirogue avec leurs prisonniers, pour les vendre aux traitants de la côte ouest, dans le Boina ou à Ampombitokana.

Frontière limite des eaux

Alors le roi déclara "je place à Anosiarivo le nommé Andriantomponavalona, les gens d’Anosiarivo devront le reconnaître comme le seigneur, car mes sujets, de jour comme de nuit sont enlevés par les Tehiroka du Marovatana; aussi je le place là pour garder la frontière à la limite des eaux”.
Comme toujours chez ce roi, tout est calcul subtil, très habilement il place à la tête d’une place forte cruciale, un Andriana en qui il peut avoir confiance. En effet ce n’est autre que le fils du frère du roi Andriambelomasina, Ramasimanjaka, et donc la sœur Rasahitra, deviendra une épouse du roi.
Depuis ce point fortifié, le roi va traverser les marais de l’Ouest d’Anosiarivo et s’emparer du Vakinintoalaza
qui n’appartient à aucun des trois rois. La tactique du grignotage a commencé, et ce roi va la poursuivre toute sa longue vie.
L’ouest et le roi
Le Mandridrano Fortifié, le roi va désigner des colons pour habiter cette frontière. Il va prendre des Tsimahafotsy et des Tsimiambolahy. Les villages fortifiés étaient divisés en trois groupes qui devaient se suffir à eux-mêmes, en aucun cas, l’un des groupes devait venir au secours de l’autre, afin de ne pas créer une brèche et éviter de tomber dans un piège tendu par l’ennemi. Mais en cas d’attaque importante de ces villages frontières, les gens de la plaine et même d’Ambohimanga iraient au secours des villages attaqués par les Marovatana Tehiroka. Comme on le voit, ce roi attache une importance extrême à cette frontière. C’est en ces temps là que Rambolamasoandro (1° épouse) du Marovatana va devenir l’ épouse du roi de l’Avaradrano d’Ambohimanga, et plus même, elle lui donnera son fils qui lui succèdera : Radama.
Rambolamasoandro, va donner naissance à un fils : Idama. Le roi d’Ambohimanga son père, en est tellement heureux que, lorsqu’il célèbre la circoncision de ce fils, il va envoyer aux rois d’Antananarivo et d’Ambohidratrimo, à chacun, mille bœufs. Le roi avait déjà plusieurs enfants, mais la naissance de celui-ci avait pour les devins une signification très forte ; il était fils de roi et non de prince, chose très importante dans la coutume.
Mais les deux rois, vont considérer que ces cadeaux recèlent un piège, ils refusent le cadeaux du roi d’Ambohimanga en prétextant qu’un sortilège s’attache à ces bœufs. En réalité, ces deux rois sont inquiets par les mesures prises par le roi d’Ambohimanga, car il y a toujours la parole de l’ancêtre roi Andriamasinavalona… l’enfant blanc. D’ailleurs la coalition des deux royaumes Antananarivo et Ambohidratrimo était très profonde, puisque Ravoanimerina (11° épouse), promise à Andrianampoinimerina, avait été donnée en mariage au roi d’Ambohidratrimo, par son père le roi d’Antananarivo. Cette rupture qui viole la parole donnée selon les coutumes ancestrales est très grave, car elle déstabilise tout un processus en vigueur depuis des temps immémoriaux. Le motif d’une guerre légitime existe ; mais le roi d’Ambohimanga devra faire face aux guerriers des deux royaumes.
Ce sera donc la guerre…pour une femme…et un serment ancestral violé.
Avant de déclarer la guerre, Andrianapoinimerina va haranguer les autres rois : "que faites vous de l’engagement contracté, en agissant ainsi vous violez la parole donnée et consacrée par les coups de fusils tirés du Sud d’Ambatobe". Les Merinatsimo, du Sud et les Marovatana de répliquer : "fortifiez bien votre village, car nous allons vous y retrouver (l’envahir)”. Ce qui montre bien que le refus des bœufs n’est qu’une provocation prétexte.

La conquête de l'Imerina

La conquête de l'Imerina fut assez dure. Il dut livrer trois batailles avant d'occuper Antananarivo. Une à une, soit par la force, soit par la diplomatie, les villes de l'Imerina furent conquises par ce grand Roi. Il poursuit son action et étendit sa domination merina sur tout le pays betsileo et d'autres régions de Madagascar. Andrianampoinimerina se montra également grand roi par sa sagesse, sa bonté et son organisation administrative efficace et performante.

Il partagea le gouvernement avec le peuple et établit un code civil, du point de vue législatif, conforme au droit naturel et aux mœurs du pays, ainsi qu'un code pénal. Il réorganisa l'armée et la vie économique de son royaume. Ses efforts portèrent sur l'agriculture et le commerce et il créa de nombreux marchés à travers tout le pays. Il déclara l'égalité de tous en droit et devant le travail. Il épousa douze femmes issues de villages rivaux, afin de réunifier et pacifier l'Imerina. Il s'éteint en 1810 à Ambohimanga, après avoir désigné son fils Radama 1er comme son successeur.

Et Andrinapoinimerina s’exprima ainsi…"Je donne le territoire d’Antananarivo aux Tsimahafotsy, aux Tsimiambolahy et aux Mandiavato.
Vous, donc, habitants d’ici, enlevez vos morts et enterrez-les dans les champs…En bas".
Les trois royaumes vont donc s’affronter. Comme de coutume un emplacement de combat en rase campagne est donc fixé. Les combattants d’Antananarivo, les Merina du Sud vont aller camper au village de Fahitra, à l’Est d’Ambohijanahary. Leurs alliés les Marovatana au Sud d’Andranovintana.
Le roi d’Ambohimanga et des Merina du Nord, va, lui, créer une surprise ; au lieu de se diriger vers l’endroit fixé par les parties, il marche sans s’arrêter, bifurque et se dirige directement sur Antananarivo. Panique des Merina du Sud, car, Antananarivo est complètement dégarni de défenseurs.
Il est trop tard pour eux, les guerriers d’Andrianampoinimerina s’emparent sans difficulté de la ville, qui à cette époque est à peine plus importante qu’Ambohimanga, et pour conforter cette prise, s’emparent des villages de protection Soamanandrarina, Ankadindramamy, Ankadifotsy et Andraisoro. Cette prise d’Antananarivo et d’une partie de ses défenses, sera de courte durée, car les Manisotra, ces redoutables guerriers demeurés fidèles au roi d’Antananarivo, vont reprendre cette ville sans trop de difficultés.
Les chroniques du temps avancent qu’une épidémie de variole sévissait à Antananarivo. Et ceci peut expliquer cela ; la facilité de conquête de la capitale du Sud, et la même facilité de reprise de cette capitale par les Merina du Sud, les deux parties ayant été victimes de cette maladie fort redoutée à l’époque et dont les remèdes sont effrayants.

La variole et ses remèdes

Pour le roi d’Ambohimanga, cette épidémie lui a donné une victoire sans lendemain, et surtout, la variole, car ses hommes vont en être atteints. Et Andrianampoinimerina n’entrera pas vainqueur dans cette capitale malade.
Le seul résultat tangible est, que maintenant chaque protagoniste demeurera derrière ses frontières. Le défi a vécu, la guerre d’usure commence.
Mais on ne soigne pas la variole, on la combat en prenant des mesures draconiennes : "enterrez-les vivant dit le roi" , car c’est une mauvaise maladie et qui se répand chez les miens. "Je ne veux pas qu’elle détruise mon peuple". On enterrait donc vivants ceux qui étaient atteints. On creusait des fosses profondes, on les mettait dedans, et lorsqu’ils étaient à l’agonie, on les recouvrait de terre rapidement.
Le roi savait que les familles reviendraient chercher les corps pour les mettre dans le tombeau familial, ce qui contribuait encore à répandre la maladie. Aussi le roi, dans un kabary va s’opposer à cette façon de faire. "Si l’un de vous, aussi puissant soit-il, dérobe le cadavre de l’un des siens mort de cette maladie pour le mettre dans son tombeau, je ferai de son épouse une captive et vendrai ses enfants pour être esclaves, et, je déciderai de ce que je ferai de cet homme. Ceci est une défense formelle, ô Ambanilanitra". Mais avec l’intensification de cette maladie, cette mesure va être adoucie, le roi va donner six mois pour guérir les malades, on les soigne dans un lieu isolé, et après trois mois, on met une personne valide avec les malades, si elle en réchappe au bout de trois mois, ils sont guéris, on doit brûler tous leurs vêtements
Mais dit le roi "que jamais les morts, jamais leurs cadavres ne doivent revoir le jour".

La seconde conquête

Cette seconde conquête pas plus que la première ne sera durable. Les guerriers d’Ambohimanga sont bien dans Antananarivo, victorieux, et ils célèbrent la fête du fandroana, fête du bain royal rituel, et qui cette année là est en Assimbola… en août. Les Merina du Nord son trop confiants, de plus ils n’ont prévu aucun appui avancé, et ils célèbrent dans la joie cette fête, le roi a regagné Ambohimanga pour l’y célébrer. Le partage des boeufs à sacrifier, relâche la vigilance des guerriers, et, la ville est attaquée par trois côtés à la fois, la surprise est totale, la déroute aussi. Chez les Merina du Nord c’est la panique, car ils n’ont aucune clémence à espérer des Manisotra.
Les Merina du Sud, se sont montrés fort avisés en menant leur attaque par Ambohipotsy, Antsampanimahazo, Anjoma et par Faliarivo. Les gens d’Ambohimanga se sauvent par ces endroits et même par Andranobevava, par Anosizato, et Andohatapenaka. Cela va se traduire par beaucoup de prisonniers, beaucoup de gens à racheter. La sœur du roi, Ralesoka, qui représentait le roi à la cérémonie du Fandroana, va réussir à échapper aux gens du Sud, et regagner Ambohimanga la nuit venue.

Pour que chaque partie récupère les siens, un marché spécial est institué à Alarobia à l’Ouest d’Amboniloha. Coutume forte curieuse que cette vente de prisonniers et de cadavres. Le jour du marché, un grand feu est allumé à Amboniloha, les combats cessent, et les gens ayant des disparus s’y rendent ; aussi bien les gens du Nord que du Sud. Ils rachètent leurs parents, vivants ou morts, et regagnent en hâte leur village car dès la nuit tombée, la trêve cesse, et ils peuvent à leur tour être prisonniers. A cette époque un vivant coûtait la moitié du prix d’un mort.

Troisième combat pour Antananarivo

Ces deux échecs successifs ont irrité le roi Andrinapoinimerina, aussi il va préparer avec beaucoup plus de soin sa troisième attaque contre la capitale du roi Andrianamboatsimarofy. Cette fois les tactique d’attaque et de conservation seront mieux étudiées, de plus les guerriers seront encadrés par des Andriana forts réputés. Les groupes d’attaque seront trois, les Ambohidralambo et Tsimahafotsy attaqueront par Ambaravarambato, la porte de pierre ; les Tsimiambolahy par Anjohy et les Mandiavato épaulés par les guerriers royaux, les Tsierondahy, attaqueront par Ambanidia. Le roi lui suit le combat depuis Ambohimanga. Cette fois la victoire bien que difficile, va être totale et l’occupation très organisée.
Le roi donne des ordres à ses hommes "ne pillez pas, n’enlevez rien excepté les poules.". Et le roi sonna de l’antsiva, la conque marine pour rassembler la population et désigner ceux qui occuperont définitivement Antananarivo. Mais aussi, et surtout, donner ordre aux vaincus de quitter leur ville et d’emporter avec eux leurs morts. Les vaincus vont descendre dans la plaine avec leurs morts, et abandonner à tout jamais l’idée de revenir.

En cette circonstance, le roi va désigner les nouveaux occupants vainqueurs par un nom "Voromahery" aigles, éperviers, sous entendu, royaux.
Par la suite ces nouveaux nommés, seront fiers de leur nom, ils demeureront toujours un petit cercle très fermé.
Si Antananarivo, à chaque attaque succombe, c’est que dès la première alerte, le roi d’Antananarivo, Andrianamboatsimarofy ; quitte sa capitale pour se réfugier chez son fils qui règne sur l’un de ses fiefs, Fenoarivo. Ce lieu étant plus éloigné d’Ambohimanga, et plus près de son allié du Marovatana.
Cette victoire va avoir pour effet de nombreux et conséquents ralliements, dont une partie des Manisotra. Il faut dire qu’ils sont non Merina et qu’ils habitent à Tanjombato au pied d’Antananarivo. Toutefois les Manisotra d’Ambohijoky, gardent leur fidélité au Marovatana, redoutables guerriers, le roi se heurtera très vite à eux.
Pour conforter sa prise, tous les accès vont être confiés à des hommes de confiance. Fiadanana est confié aux Voromahery ils gardent le chemin menant à Ambohijanahary, qui lui est aux mains des Merina du Sud. Treize Zanadahy sont installés à Ambatoroka pour garder le débouché de la route de l’Est. Ankandimbahoaka est également occupé militairement ; de cette façon, la ville est imprenable.
Les quatre chefs d’expédition se sont particulièrement distingués ; Andriamambavola qui commandait l’assaut du Nord par Anjohy, Rabesarazaka dit Rainimahay, qui lui monta par Ambatovinaky, Rakotonavalona qui lui est monté côté Nord-Est, et qui aura une cuisse cassée par une balle, et Raberanto qui lui est arrivé par le côté Sud.

Le partage de la ville Antananarivo conquise

Si le roi, suprême humiliation rétrograde les vaincus dans la hiérarchie des ancêtres, il fait la part belle aux Tsimahafotsy, ils auront tout le versant Est, depuis Ambatomitsangana jusqu’à la limite d’Ambohipotsy, avec une part minuscule pour les Tsimiambolahy. Les Tsimahafotsy auront tous les terrains depuis le bas d’Antsahatsiroa jusqu’au Sud, puis jusqu’à Imahamasina; ainsi qu’Amberontsangana ; Fiadanana, Ankadimbahoaka et toute la partie Est de Soanierana.Pour les Tsimiambolahy, quoique plus modeste, leur part sera assez conséquente, la partie qui s’étend depuis Antsampanimahazo en allant vers l’Ouest jusqu’à Isotry, et une petite partie en haut et à l’Ouest d’Imahamasina, Hagamainty, lui, prendra Tanimena. Les Mandiavato auront Ambatovinaky, Faravohitra et Mananjary au Sud d’Ambohijanahary. Même les gens dépendant directement du roi auront leur part de ce dépeçage, les Tandapa, gens du palais auront Amparibe, les Mainty, noirs non Merina auront Ambanidia et Faliarivo.

Pour les vaincus c’est la relègue dans les plaines marécageuses au Nord d’Anosizato, Ambaniala, et ses environs. Mais certains iront chez les Tsimilefa, les Marovatana. Pour assurer la subsistance des nouveaux arrivant, le roi va découper la plaine rizicole en hetra et les attribuer aux vainqueurs.
Même les morts futurs vont se voir attribuer des emplacements pour leurs tombeaux, mais volonté formelle du roi, ce ne sera que dans les environs immédiats, plus jamais sur la colline. Les Voromahery auront les leurs à l’Est d’Ampanantonandoha au Nord d’Ambohijanahary, également à Ampanibe à l’Est et enfin Ambohipotsy. Les Tsimiambolahy en bas à l’Ouest d’Ampanantonandoha jusqu’au Sud d’Andranobevava, également Isotry, Ambohitsirohitra et Tanimena. Les Mandiavato eurent Faravohitra et Andrainarivo.
Antananarivo a de nouveaux habitants, ceux du Nord.
L’on peut donc dire que la quasi totalité de la population dont tous les grands, n’habite Antananarivo que depuis sa dernière prise par Ambohimanga.

L’Imerina guerrier

Les guerres pour le grand royaume
Première conséquence de la conquête d’Antananarivo,
l’Imamo occidental se rallie à Ambohimanga. Ce ralliement est en fait la peur d’une guerre et peut être le geste du roi qui, ayant parmi les prisonniers d’ Antananarivo, les filles du roi de l’ Imamo et épouses du roi Andrianamboatsimarofy, les fait raccompagner chez leur père en lui faisant dire : "Ce sont mes enfants et je les fais reconduire chez leur père" .Et ainsi le roi Andriamary se reconnaît le vassal du roi d’ Ambohimanga et garde son royaume. L’Imerina du Nord, considérablement agrandi et renforcé, va tourner ses guerriers contre le Marovatana.

Les guerres du Marovatana

Maintenant les choses sérieuses vont commencer pour les guerriers d’ Ambohimanga, car le Marovatana est composé de meilleurs guerriers que ceux des Merina du Nord, et bien des revers attendent ceux d’Ambohimanga.
Le Marovatana est un très grand royaume depuis que le roi Andriamasinavalona l’a donné à son fils Andriantomponimerina, c’est son successeur Ratrimonibemihisatra , qui a donné son nom à sa capitale, le village de Ratrimo, Ambohidratrimo. Puis ont régné Andriamananimerina , époux de Ramorabe, la grand mère du roi Andrianampoinimerian, puis Andriambelo régnera peu et sera tué par Ramorabe. Une femme Ravorombato deviendra reine sous le nom de Ramananandrianjaka , et maintenant c’est Rabehety qui règne sous le nom de Andriantomponimerimandimby.

Les mercenaires

Conscient que ses guerriers ne peuvent venir à bout de ceux du Marovatana, le roi d’ Ambohimanga, comme il est hélas trop fréquent à cette époque, va " importer" des guerriers Sakalava du Nord et de l’ Ouest pour l’ aider dans ces guerres, avec en prime pour les guerriers Sakalava, les prisonniers pour être exportés comme esclaves. Ces Sakalava sont des errants qui guerroient pour le profit. Ils campent dans la partie Ouest de la rivière Vakinitoalaza près d’ Andranovintana.
Cette rivière de l’ Ankosy prend sa source près de Masoandro et forme les marais près d’ Ambohidratrimo. Mais la première attaque des mercenaires Sakalava va complètement échouer devant Ambohimasina et Andranomasina. Mieux même, les guerriers Marovatana qui ont aussi avec eux des " alliés" Sakalava , vont attaquer Ambohimanga. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette ville supporte les assauts des Marovatana. Ils auront plus de chance que les gens d’ Ambohimanga, ils campent au lieu dit Ankadifinaritana et s’emparent du village d’Ambohilolona, mais vont échouer sur Ambohimanga à cause des corbeaux qui, dérangés pendant l’ attaque de nuit, se mirent à croasser, ce qui éveilla le roi.
Ce perpétuel recommencement de guerriers non Merina pour la reconquête du pays Merina ramène le roi en arrière, au temps de sa jeunesse. Alors il va complètement changer de tactique. Il va renvoyer les Sakalava avec des bœufs et des cadeaux, puis armant ses guerriers, il va reprendre Ambohilolona. En se retirant les gens du Marovatana mettent à mal le village d’ Amparihibemaso, puis se retirent chez eux.
Maintenant le roi va mener des combats plus destructeurs, moins soucieux de protéger la vie des gens et leurs biens, il y a un changement dans le caractère du roi. Il semble que les Tsimahafotsy olona, ceux qui ne craignent personne, pas même les gens de caste libre, ont réussi à convaincre le roi d’avoir une attitude plus féroce.

Politique de la terre brûlée : La campagne du Marovatana va commencer par l’utilisation d’un sortilège, le "fandravalaka".

Ce sortilège consiste à prélever le sang d’une chèvre, le mettre dans une calebasse, le devin par des incantations spécifiques, le " charge" d’une puissance surnaturelle qui va mettre hors de résister le village à investir, mais il faut pour cela briser la calebasse sur la place du village. La viande du sacrifice ne doit pas être consommée mais enterrée. Dans ce cas précis, il ne semble pas que ce fut efficace, mais peut-être le village avait-il un contre fandravalaka. Contrairement à ce que l’on peut penser, cette opération est jugée très importante, puisque les porteurs du charme, au nombre de trois, seront faits " tsimatimanota" , exemptés de la peine de mort par le roi, en cas de délits ou fautes graves.
Le village visé par le fandravalaka était Andranomasina et ne pourra être investi par les guerriers d’ Ambohimanga. Pour remonter le moral des guerriers, et sur les instances de Rainimahay, on va livrer l’assaut à Ampanananona, village plutôt modeste qui sera pris et brûlé. Cette action du feu va se poursuivre, toute une série de petits villages mal défendus seront la proie des flammes, et commencé avec un, cela se continuera , d’Ankazonandriampianinana jusqu’à Ambohimirimo, ce ne seront qu’incendies. Le roi espère par ce jamais vu de la terre brûlée faire plier les Marovatana, mais cela ne fait que renforcer leur résistance.
Andrianampoinimerina devra poursuivre son œuvre de destruction par le feu d’une grande partie du royaume Marovatana et il n’hésitera pas à incendier de gros villages comme Merinarivo à l’ouest d’ Ambohimanga. Les habitants de villages incendiés se réfugient dans les très gros, comme Andramasina et Ambohidratrimo. Devant cet échec de sa politique du feu le roi va s’ attaquer à Ambohimasina et Ambohitriniarivo.

Mais Ambohitriniarivo est le fief des Tehiroka et ceux –ci sont dans doute les meilleurs guerriers de leur temps. Et malgré une tentative d’ incendie, les guerriers d’ Ambohimanga doivent se retirer sous la pression des Tehiroka. Voyant que toutes ces opérations ne faisaient que renforcer la résistance des Marovatana, tout en semant la ruine et la désolation dans toute une partie de l’Imerina qu’il voulait s’approprier, Andrianampoinimerina va changer à nouveau complètement de tactique. Il va essayer de semer la zizanie chez les Marovatana. Pour ce faire il fait persuader contre honneurs et récompenses certains personnages influents du Marovatana de l’ inanité de leur résistance, sous le vocable "le roi est bon, le roi est généreux, le roi est magnanime". Le village d’ Andranomasina, site très fortifié, sera pris de cette manière. Mais par contre à Miakotso, le roi en personne conduit les opérations mais une débandade de ses troupes va le conduire à une retraite précipitée.

Miakotso

Les habitants dirent au roi d’ Ambohimanga "nous ne voulons pas être au service d’ un homme qui est notre égal" . Ils sortirent en salaka de rabane et furent vainqueurs. Les guerriers Tsimahafotsy s’enfuirent vers l’ Est, lorsque les troupes en déroute arrivent à Mamionby, le roi fait venir Andriamahaniry et Andrianambohitsianihina qui connaissent bien les gens de Miakotso. Ensemble ils vont élaborer une machination, à la limite de la traîtrise, ainsi sera conquis Miakotso.
Ensuite le roi va attaquer Ambohiboromanga, là aussi le village ne se rendra
Qu’après une lutte acharnée. Ambohipoloalina , bien que très fortifié, travaillé par la propagande intérieure, se rendra sans combattre, car là aussi des tractations entre l’ Andriana du village et les envoyés royaux amèneront le peuple à se rendre sans combattre.

On tire sur le roi

La conquête du Marovatana est très dure, elle ne ressemble en rien à la conquête de l’ Imerina du Sud. Lors de l’ assaut contre A,kosy, un Tehiroka nommé Ravovona tire sur le roi et le blesse. Le roi, furieux car c’était une atteinte directe à sa dignité de Roi-Dieu-Ancêtre s’ exclame "s’il est dans la terre, je le déterrerai, s’il est dans le ciel, je l’ atteindrai avec une échelle".
Lorsque Fenoarivo sera pris, le roi va retrouver Ravovona parmi les défenseurs, et il va dire "Voici ce que je vous dis à vous Zanadahy, Ravovona est un homme qui tira sur moi, je vous demande à vous Antehiroka de m’autoriser à l’ enterrer vivant, car je sais qu’on ne fait pas couler votre sang à vous les Antehiroka". Les Tehiroka ne purent refuser, et il fut enterré vivant dans une fondrière au Nord Est d’ Ambohipo, lieu d’ exécution des castes dont on ne pouvait faire couler le sang.
Cette exécution relève plus du symbole, le roi est par sa nature intouchable par un simple guerrier, si valeureux soit-il, même Tehiroka.

Le roi, en homme avisé mais pressé, va encore changer de tactique. Il va s’ attaquer à la capitale du royaume du Marovatana, Ambohidratrimo, la ville de sa grand mère Ramorabe qui la première, avait reconnu en lui un futur roi. Tout de même, le roi est conscient qu’il s’ attaque là à sa propre famille, et il va essayer de se justifier : " Je ne cherche pas à faire des prisonniers de guerre (pour les vendre), je ne veux pas me moquer des autres (croire qu’ils sont poltrons) , je m’ efforce au contraire de donner la paix au peuple, de placer l’ Imerina sous un seul maître pour lui donner cette paix. Elle était heureuse sous Andriamasinavalona, n’ ayant qu’un seul roi, mais voilà, elle s’ est partagée en quatre qui cherchent à s’ entretuer, car chacun veut agrandir sa part de territoire". En entendant cela les Marovatana se raidirent dans leur orgueil "personne n’acceptera cela, qu’ils meurent ceux qui doivent mourir, qu’ils périssent ceux qui doivent périr". Le roi d’ Ambohimanga essaya encore de les raisonner en s’ adressant directement au roi d’ Ambohidratrimo: " dites à mon parent qu’il ne doit pas agir de façon déraisonnable, car il gouverne, et un pays ayant à sa tête un prince fou se couvre de longues herbes, mais un prince sage le rend heureux". Dans sa harangue le roi d’Ambohimanga ne donne plus à celui d’ Ambohidratrimo son titre de roi mais celui d’ Andriana, prince, se plaçant ainsi au – dessus de lui. Et il va continuer en parlant d’Andriamanitra, Dieu, qui fait les rois "c’est par la volonté de Dieu qu’un Andriana est un Andriana, un prince un prince, je suis donc exempt de blâmes envers vous, si vous voulez imiter le prince qui voulait remplir sa maison sans penser à Dieu, faites !". Mais finalement Andrianampoinimerina prend conscience que son attitude actuelle n’est peut – être pas la bonne, et il se retire, le royaume Marovatana continua d’ exister. Fidèle à ses anciennes habitudes le roi va continuer à acheter ou incendier ce qu’il ne peut acheter dans le Marovatana . Puis Dieu vient au secours d’Andrianampoinimerina, le roi d’Ambohidratrimo trépasse.

A cette nouvelle, les guerriers d’Ambohimanga pressent le roi d’attaquer la capitale du Marovatana,. Le roi est d’un avis absolument contraire " Vous ne réfléchissez donc pas, et c’ est maintenant que la guerre sera dure, car c’est un enfant qui règne". Etonnement des guerriers qui ne comprennent pas " Pourquoi dites vous cela, roi, sous le règne de son père il s’ en est fallu de peu pour que l’on s’ en empare, alors ?". Le roi de dire " Le père avait des défauts, le fils est encore sans défaut". Le roi pour calmer ses guerriers intensifiait ses campagne, et à la vue des pavillons des idoles Magazavola et Mahazotany, les petits villages se rendaient sans combattre.
La fin du royaume d’Ambohidratrimo approchait.

La fin d’Ambohidratrimo capitale du Marovatana

Selon sa formule et ses habitudes "ce que la force ne prend pas, la ruse le conquiert", le roi va s’ attacher certains personnages influents du Marovatana pour faire de la " propagande". Pour justifier leur attitude, ces personnages disaient "Nous avons mis Rabehety ( le roi d’Ambohidratrimo) sur notre dos, une fois sur notre dos il est descendu sur nos fesses, de là on ne peut plus le retenir, c’est donc Andrianampoinimerina qui règne". Mais le roi est mal à l’ aise devant ce jeune roi et par son verbe il essaie de se justifier. "Je vous prends pour un imposteur, vous vous unissez à d’ autres pour me battre, je vais faire en sorte que vous n’ ayez rien, et que faites – vous des recommandations de Ramorabe et de Ramanandrianjaka, vous vous rangez du côté d’Andrianamboatsimarofy, moi je m’ en tiens au serment fait par les trois".
Et le processus d’ Ilafy va se répérer, le peuple travaillé par les gens d’ Ambohimanga, va se rallier à son roi. Et comme pour Andrianjafy, la population va chasser son roi " allez- vous – en, nous ne voulons pas vous mettre à mort, nous ne voulons pas attenter à votre vie, faites en sorte d’avoir la vie sauve, nous allons nous donner à Ambohimanga".
Lors du départ de leur roi pour Ambohitrinimanjaka avec ses fidèles Manisotra et Tehiroka, le roi Andrianampoinimerina fit prêter serment aux nouveaux ralliés "Je vous dis ceci ô Marovatana, je mets pêle-mêle les Ambohidratrimo et les Ambohimanga, je considère les Marovatana et les Tsimahafotsy comme les enfants des deux sœurs". Ce qui ne sera pas tout à fait exact par la suite.

Le roi d’ Ambohimanga ne désarme pas, bien qu’exilé le roi Rabehety le gêne, il est un symbole pour les Marovatana, il décide de s’ emparer à nouveau de ce village et il crie aux habitants "Lemitohina, je sais que tu aimes ton roi, tu ne veux pas l’ abandonner, tu es fidèle à ta parole, je ne te condamnerai pas toi et tes compagnon qui avez pris parti pour lui, vous me donnerez simplement un omby volavita et une piastre comme hasina, rentrez dans le village de vos ancêtres, je vous aime vous qui êtes des sujets de ma grand mère, je n’aime pas ni mettre à mort ni punir, je considère que vous êtes les enfants de deux sœurs, prends tes responsabilités et maudis – toi quand tu seras pris, tu seras condamné". Conscient de l’ inutilité de sa résistance, Lemitohina et ses compagnons se soumirent à Andrianampoinimerina.
Comme Andrianjafy, Rabehety fut fait prisonnier et mis à mort sur ordre de son vainqueur. Et ne tenant pas tout à fait sa parole, et sous la pression de ses guerriers, le roi fit vendre les prisonniers. Un marché spécial s’ouvrit, un prisonnier valait trois piastres et un bœuf quatre sous.
Ambohitrinimanjaka était le fief d’Andrianilana, frère du roi Rabehety, son fief conquis, celui-ci se retira dans l’Ouest en laissant sa fille Ramisa, qui deviendra l’épouse du roi, celui-ci la laissera sur place pour diriger le fief conquis.

Ravaonimerina (11° épouse)
Cette femme, cause première "prétexte" des guerres entre les trois royaumes deviendra comme prévu à l’origine, femme d’Andrianampoinimerina.
Elle n’en aura pas d’enfants, plus tard, elle sera déclarée par le roi "mère de Lahidama" au même titre que Rambolamasoandro (1°épouse), et l’on devra dire: "vive les deux mères". Le roi va la réinstaller à Antananarivo où elle est née. En faisant cela le roi atténue le côté Marovatana de son fils préféré.

Pendant les guerres de conquête du Marovatana, des envoyés du Vonizongo, vinrent trouver le roi pour le reconnaître comme leur souverain. Puis changèrent d’avis et se rangèrent du côté de Rabehety. Ce roi mort, Andrianapoinimerina va infliger une amende à ceux qui se sont récusés.

Ceux qui resistent
Andriantsivikia, sera chargé par le roi de conquérir les villages qui lui sont encore opposés
, l’attaque des guerriers va se porter en premier sur Ambohitsoa. C’est un village bien fortifié et entouré de forêts. Les habitants y sont particuliers, des Mainty, soit Manendy ou Manisotra, de très bon guerriers non Merina et relevant directement des anciens rois, donc présentement sans maître véritable. Le village est pourvu d’eau, d’où l’inutilité d’un siège. Aussi les Tsimahafotsy ont recours à leur tactique habituelle, peu guerrière et peu meurtrière pour eux : ils détruisent le riz sur pied. Manquant de vivres, les habitants ne se rendent pas, mais se dispersent. Ils iront se réfugier à Manohilahy.
La saison de campagne touche à sa fin, les guerriers doivent redevenir paysans, et la frontière
occidentale du Vonizongo est trop puissamment défendue, le roi doit remettre à plus tard sa
conquête.

Alasora et les Tahiamangoana
Le Vakinisisaony

Le roi décide d’une campagne contre Alasora. Elle se déroulera alors que les guerres du Marovatana ne sont pas achevées.
Si chez les Marovatana, le roi a eu affaire à de valeureux adversaires, ceux qu’il va affronter sont plus redoutables, mais autrement : ils ont des idoles et des devins "mpitahiry sampy" fort craints depuis des temps anciens.

Le roi est blessé par balle
Arrivant à Ambohinierana, à l’Est d’Ambohipeno, le roi interpelle les habitants : "le pays veut-il se soumettre? qu’avez-vous l’intention de faire ?" Les Tahiamanangoana répondirent: "chacun est roi chez soi". Le roi de répliquer: "pourquoi dîtes-vous chacun est roi chez soi ?". La réponse des habitants n’est pas celle que le roi attend : ils tirent un coup de feu sur le roi, le blessant au genou. La balle sera extraite, mais dorénavant, le roi boitera.
"Quoique ce village s’obstine et m’a blessé, c’est Alasora qui demeure notre objectif, mais je m’emparerai de ce village" dit le roi.
Andrianavalonjafy, était roi d’Alasora et d’Ambalanirana, ce fief royal, sera pris après un siège en règle et un combat très meurtrier. Andrianavalonjafy est fait prisonnier, il n’est pas mis à mort, mais simplement exilé à Hiaramy à l’Est d’Ambohimanambola. Plus tard, il sera déplacé beaucoup plus loin dans le Nord, à Vohilena, où il mourra.
Si Ambalanirana est tombé, le roi exilé, Alasora demeure. Se plaçant à Ampandrianomby à l’Est de la capitale, le roi harangue la population "que va faire Alasora, veut-il se soumettre à moi ?" les habitants dont le roi était déjà prisonnier répondirent, "les enfants ne se battent pas contre leur père", et Alasora se soumit sans combattre.

Les rois d’Alasora
Alasora est la capitale de l’un des plus vieux royaumes protohistoriques d’Imerina, il a une longue lignée de rois. Pour situer plus près de nous ses rois, disons que Andrianavalonjafy est fils d’Andriamohara, lui-même frère aîné d’Andriambelomasina. Ranavalonjafy, a une fille Ramanantenasoa ( 2° épouse), que le roi Andrianapoinimerina, selon son habitude épouse. Le roi vaincu devient le beau père du roi vainqueur.

Ambatomanga
Délaissant les Tahiamanangoana, le roi porte son effort de guerre sur Ambatomanga, et conscient de la solide défense de ce lieu, il va rassembler des forces considérables pour livrer un assaut qui va échouer, les gens d’Ambatomanga étant aussi bien pourvus en fusils que le roi, sinon mieux.
Alors le roi va faire la guerre aux Vakinampasina et Vakinidiana, seule la rivière Idiana sépare ces deux groupes. Là aussi les combats sont furieux, mais les Vakinidiana et Vakinampasina, sentant qu’ils ne peuvent résister, se replient sur Ambatomanga. Le roi voyant qu’il n’est pas de force à vaincre ces gens, regagne sa base. Un roi ne peut rester sur une défaite, les conséquences en seraient incalculables. Alors, il rassemble tous les Tsimahafotsy, leur expose la situation, et les guerriers d’Ambohimanga reprennent le chemin d’Ambatomanga.
La première attaque se solde par un échec, ce ne sera que le troisième jour que ce modeste village, sans roi, tombera en combattant. Mais, là le roi tient un langage différent, il est conscient que ce qu’il va dire et faire va aggraver ou calmer la situation de cette région qui n’est plus tout à fait l’Imerina des trois royaumes. Un rien peut lui mettre à dos tous les Bezanozano.

Contrairement à ses habitudes, le roi fait un discours à ses guerriers, "bien qu’à l’assaut de ce village vous avez risqué votre vie, la perte de vos enfants et de vos biens, n’emmenez pas les habitants en esclavage. Ne vous attristez pas, il y aura encore ailleurs du butin, s’il n’en était pas ainsi, ce serait un sérieux dommage aussi bien pour vous que pour moi".
Le roi sait que la motivation première de ses guerriers est le butin. Il risque de mécontenter ses guerriers, mais c’est qu’il économise du temps, des forces et des peines à son peuple.
Cette attitude va amener le village d’Amoronkay, du chef Bezanozano Andriantsaratandra à se rendre sans combattre… deux autres chefs, Andrianjomohina et Trimofamay feront de même. Seul Andrarankasina devra être conquis par les armes.
Ambatomanga se révoltera deux fois contre le roi, la seconde fois, il y enverra ses Manisotra qui règleront le problème en une journée, capturant hommes, femmes, enfants et bœufs. Leur butin.

Les Tahimanangoana
Ambohimanambola et Ambohipeno

Dans cette région, ce sont les deux seuls villages qui résistent encore au roi. Mais celui-ci, sur les conseils de son devin, a toujours hésité à attaquer ces villages; car les attaquer c’est attaquer Ikelimalaza, sampy redoutable, or le pouvoir du roi vient en grande partie de ses idoles.
Faiblesse ou peur, toutes les attaques des guerriers du roi vont échouer, normal puisqu’ils sont sous la protection de leurs idoles. Les Tahiamanangoana, sont tellement confiants qu’ils ont tiré sur le roi et l’ont blessé au genou. Et le roi de dire "Ikelimalaza est puissante, aussi nous n’avons pu nous emparer du village, je ne lui livrerai plus d’assaut, si elle se soumet à moi c’est bien, si elle ne se soumet pas, je la laisse tranquille, je ne ferai pas la guerre à Ikelimalaza".


Le roi étant maître de la région, la vie de ces villages va devenir difficile. Aussi vont-ils se soumettre. Le roi va faire d’Ikelimalaza une idole royale, mais il va considérer les deux autres idoles Matsatso et Tafika comme nuisibles et à détruire : en "entendant cela" les deux idoles s’enfuirent vers le Sud, d’où elles venaient, faisant dans la montagne une crevasse au lieu dit depuis : Ankadin’Imatsatso.
La clémence du roi ne va s’appliquer qu’a Ambohimanambola, Ambohipeno va être évacué de ses habitants, et plus jamais les morts ne seront enterrés dans les tombeaux de ce village. Les Tahimanangoana ne retourneront plus dans leur village, le roi va prendre des gens d’Ambohimanga et Ambohitraina pour occuper le village. Les habitants eux vont être déplacés, "voici la contrée du Sahafa où je les place, car je ne leur ôte pas la vie, ils payeront une amende de sept piastres par maison”. Seule une partie des habitants ira à Sahafa, les autres vont se répandre dans tout le royaume.
L’indulgence du roi à leur égard, outre la peur des représailles des idoles, est due au fait que depuis les temps anciens, ils sont exemptés de la peine capitale. Cette récompense et apanage royal, ne peut plus être remise en cause par les souverains
suivants. Dans la présentation du Hasina au souverain ils viennent tout de suite après les Andriandranandro; et privilège des Andriana, ils portent un lamba rouge à cette occasion. Tout cela est qualité de possesseurs et mpitahiry sampy, devins, et tsy maty manota.

Les Tehiroka du Marovatana
Si le Marovatana est vaincu comme royaume, une partie de ses habitants résistent toujours : ce sont les Tehiroka. En effet, seule une partie de ce clan a cessé de combattre Ambohimanga. Comme pour les Tahiamanangoana, le roi se heurte à des gens qui n’ont absolument pas peur de lui, ni de ses Tsimahafotsy. Mais si les Tahiamanangoana sont craints pour leurs Sampy et amulettes, les Tehiroka ne sont craints que pour leur courage, et uniquement pour cela.
Pour venir à bout des villages Antehiroka qui lui résistent encore, le roi n’hésitera pas à en incendier quatre, pour inciter les autres à se rendre. On creusa des tranchées en bas et du côté sud d’Ambohimasina, d’Ambohitrakolahy et Ambatomainty. Pendant que les Tehiroka surveillaient d’un côté, les guerriers d’Ambohimanga incendiaient Ambohimasina, Ambohitsimeloka, Ambohitriniarivo et Antanambe.
Devant la furie incendiaire des guerriers d’Ambohimanga qui refusaient le combat, mais détruisaient tout, attitude fort peu guerrière mais très efficace, devant cette destruction systématique des biens et des récoltes, les Tehiroka firent leur soumission. Le Marovatana était entièrement entre les mains d’Ambohimanga, mais à quel prix, des dizaines de villages incendiés, des centaines de maison détruites, et des milliers de gens sont, ou morts ou sans abri.
Aucune partie de l’Imerina n’aura autant souffert pour qu’Ambohimanga agrandisse son royaume. Mieux même, le roi va agir comme pour les Tahiamanangoana : disperser les Tehiroka. Ils font tellement peur que les Tsimahafotsy eux réclament leur élimination physique pure et simple, et ils le font savoir au roi : "Nous vous déclarons ceci ô roi, nous élevons une protestation si les Antehiroka ne sont pas tous massacrés". Le roi est surpris de leur propos, et tout ce qu’il trouve à répliquer. "Je suis servi par des hommes qui ne m’aiment pas". Les Tehiroka de leur côté dirent : "Si on nous chasse de la terre de nos ancêtres nous ne reviendrons pas", sous entendu nous combattrons jusqu’à la fin.
Le roi se trouve devant un dilemme, massacrer les Tehiroka signifie le désordre dans le royaume, car on ignore ce que feront les autres Tehiroka, ou même le Marovatana. Alors comme à l’accoutumée, le roi va céder partiellement aux Tsimahafotsy. Ils n’auront pas ce qu’ils n’ont pu faire en tant que guerriers, tuer des Tehiroka, mais le roi leur donne les rizières et les villages Tehiroka, seul Ambohitriniarivo sera laissé en l’état et sans habitants. Les Tehiroka seront répartis dans le Marovatana.

L’Avaradrano aîné des territoires, les Tsimahafotsy aînés des sujets

Publié le par Alain GYRE

L’Avaradrano aîné des territoires, les Tsimahafotsy aînés des sujets

Avant de s’attaquer aux régions voisines et plus ou moins lointaines, Andrianampoinimerina s’attelle à la réunification de l’Imerina en appelant sous sa protection les chefs des principautés et autres fiefs qui forment alors ce que l’on pourrait dénommer le Grand Tana de l’époque. Il use de diplomatie, d’alliances maritales, n’employant la force qu’en tout dernier recours.

Selon le RP Callet (« Tantara ny Andriana eto Madagascar »), pour mieux administrer son royaume, le grand monarque le constitue en six territoires ou

« Imerina enin-toko », formé de l’Avaradrano, du Vakinisisaony, du Marovatana, d’Ambodirano, du Vonizongo et du Vakinankaratra. Il subdivise également chaque territoire en six parties. Ainsi, l’Avaradrano a pour capitales Ambohimanga, Antananarivo, Ambohidrabiby, Ilafy et Namehana. Le Vakinisisaony, au sud-est d’Antananarivo, a pour chefs-lieux Alasora, Tsiafahy… Le Marovatana, au nord-ouest, a pour villes principales Ambohidratrimo, Ampananina, Ambohitrimanjaka, Ambohimanoa… Dans l’Ambodi­rano, au sud-ouest d’Antananarivo, se trouvent Fenoarivo, Antongona, Antsahadinta, Ambohimandry… Le Vonizongo, à l’ouest du Marovatana, constitue la limite à l’extrême-ouest de l’Imerina, avec Lohavohitra et Babay, près de l’actuel Ankazobe. Et enfin le Vakinankaratra, au sud du Vakinisisaony, avec pour villes principales Betafo et Antsirabe.

Comme la paix intérieure est revenue en Imerina, chaque territoire a l’obligation de verser le « hasina » (piastre non coupée) et les impôts dont le « isam-pangady», impôt par bêche, sorte de dîme prélevée sur les terres, de travailler la terre pour subvenir à ses propres besoins pour éviter de mendier ou de voler… Il organise même des concours entre territoires à l’issue desquels les perdants doivent payer le « lokampanompoana », amende que doivent payer les mauvais sujets, qui vient remplacer le « lokanady » ou lot obtenu par les meilleurs guerriers (lire précédente Note).

Il s’agissait d’une somme conséquente de 1000 ariary (1000 piastres) à verser au roi pour avoir mal accompli les corvées de production royales.

Dans cette structure administrative, Andrianampoinimerina classe les territoires en fonction de l’imortance qu’il accorde à chacun. Le premier est l’Avaradrano d’Ambohimanga qu’il considère comme l’aîné de l’Imerina. C’est d’Ambohimanga qu’il part pour pacifier tout l’Imerina et étendre son royaume vers les pays voisins, Betsileo, Bezanozano, etc.

S’ensuivent le Vakinisisaony d’Alasora, le Maro­vatana d’Ambohidratrimo, l’Ambodirano de Fenoarivo, le Vonizongo de Babay ; et le cadet de tous, le Vakinan­karatra.

Le territoire de l’Avaradrano est composé de trois grandes castes de Hova (roturiers, sujets libres), les Tsimahafotsy d’Ambohimanga, les Mandiavato d’Ambohidrabiby, les Tsimiamboholahy d’Ilafy et les guerriers Voromahery. Là également, Andrianam­poinimerina fait des Tsimahafotsy les aînés de ses sujets car c’est eux qui l’intronisent à la tête du royaume d’Imerina, c’est eux qui font et défont les souverains, à l’instar de la lignée des Premiers ministres, d’Andrian­tsilavo à Rainilaiarivony en passant par Rainiharo et Rainivoninahitriniony.

Si les Tsimahafotsy sont les aînés, les Tsimiamboho­lahy sont les « Vakitronga » (comme les troncs d’arbre), les Mandiavato, les « Hasin’Imerina » (la force, l’appui, l’honneur de l’Imerina), les Voromahery ou les « fianaram-panompoana » (modèles de serviteurs), les fils d’Ambohimanga, d’Ilafy et d’Ambohidrabiby.

Andrianampopinimerina a totalement confiance envers les Tsimahafotsy et pour prouver sa reconnaissance, il souhaite les anoblir. Mais réputés pour leur sagesse, ils refusent la proposition estimant qu’ils risquent de se faire détester par le peuple, et choisissant l’autre option présentée par le souverain qui est « d’alléger leurs charges ». Ils recevront des terres dans différents territoires qu’ils devront exploiter en tant que guerriers-colons, dans l’Imamo, dans le Vakinisaha­sarotra, etc.

Chaque territoire est enfin rattaché à une caste d’Andriana, telle celle des Zanadralambo dans l’Avaradrano, entre Tsimahafotsy et Tsimiamboholahy.

Pela Ravalitera


Toutefois, à titre de compensation, et pour faire comprendre aux Tsimahafotsy qu’ils demandaient trop, le roi va réaffirmer les privilèges s’attachant à ce groupe. Une pierre pour sceller les paroles du roi, sera dressée au Nord d’Ankadindravola et deviendra Ivato. Le roi dit à cette occasion : "ce sont des taureaux qui ne piétinent pas les rizières (ils ne sont pas le commun du peuple), ce ne sont pas des sujets de seigneurs, ils relèvent directement du souverain".
Les Tehiroka comportaient deux clans, l’un du Sud, descendant d’Amdriambodivola et enterré à Ambohimanarina. Ils résidaient à Ambohimanarina, Ambohitrinimanga, Ambohidroa, Merinafovoany, Ambohibao, Ambohijanahary et Ankadrindravola, d’Ivato.
Ceux du Nord, descendent d’Andriantsimandafikarivo, et sont enterrés à Ambohitriniarivo. Ces deux ancêtres étaient contemporains du roi Andrianjaka.

L’Ambodirano
La fin du roi Andrianamboatsimarofy
Lors des batailles pour Antananarivo, le roi Andrianamboatsimarofy se réfugiait chez son fils, soit à Anosizato, Fenoarivo ou Antsahadinta. Avant que le roi d’Ambohimanga ne s’empare du reste du royaume d’Antananarivo, le roi de ce royaume mourut. Il va être enterré à Fenoarivo, puisque son tombeau ancestral est dans Antananarivo, aux mains des Merina du Nord.
Ce décès deux ans après la prise définitive d’Antananarivo, va aider à la conquête de ce royaume des Merina du Sud. Le nouveau roi Ramaromanompo, n’est pas de taille à s’opposer au roi d’Ambohimanga, surtout après toutes les conquêtes de ce dernier.
Le roi Ramaromanompo décide de se soumettre à Andrianapoinimerina. Mais comme pour les Marovatana : c’est "à merci". Après sa soumission il sera placé à Mangarano, à l’Ouest de Merimandroso. Sa fille Ravomanjaka (12° épouse) va devenir l’épouse officielle d’Andrianapoinimerina et placée à Fenoarivo afin de surveiller l’Ambodirano pour son époux le roi.


Le roi d’Ambohimanga règne sur trois royaumes, et maintenant se sont des guerres d’expansion qu’il va mener. Il commencera par Andriampoetsakarivo, qui règne sur l’Imamo de l’Ouest.
Là aussi, à Ambohibeloma, il va se heurter aux Manisotra qu’il a chassés d’Ambohijoky, il ne pourra pas prendre Ambohibeloma, mais par contre, une grande partie de l’Imamo va tomber entre ses mains, après toutefois de durs combats. Pour que sa victoire soit déterminante, le roi doit se rendre maître du poste frontière de Sahavondrina, qui est défendu par Andriamarobasy. Il faudra six mois aux troupes des Merina du Nord pour prendre ce site fortifié. Et encore, ce n’est qu’après avoir coupé l’eau du site que ses défenseurs vont abandonner le combat. Andriamarobasy, lui, va s’échapper et rejoindre le Valalafotsy. Mais, Arivonimamo, Ambatolevy et Ambohitrambo tombent à leur tour.
Ambohibeloma résiste toujours, et le roi, comme à son habitude va prendre un biais pour mettre fin à cette résistance. Il va envoyer des Manisotra à son service pour s’opposer aux Manisotra d’Ambohibeloma. Mais les Manisotra ne se battent pas entre eux, et ils vont quitter le village. Avec cette défection, Ambohibeloma ne peut que se rendre. Le roi Andriampoetsakarivo se réfugiera avec une partie de ses gens dans le Betsileo.
Andrianapoinimerina va installer Rabasivalo, le mari de sa sœur Ralesoka à la tête d’Ambohibeloma.

Comme de coutume les gens du site seront déplacés, des Tsimahafotsy les remplaceront.

Une fois le royaume Merina unifié, Andrianampoinimerina voulut réaliser son vœu, jetant son dévolu sur les peuples de la mer, en l'occurence les Sakalava de l'Ouest. Il signa un traité de paix avec la puissante Ravahiny, reine du Borna mais n'eut pas le même succès avec Ramitraho, qui régnait sur le Menabe et refusa de se rendre à une convocation à Antananarivo. La guerre était ainsi déclarée et les Merina, malgré leur organisation militaire et leur puissance, ne réussirent pas à dompter les Sakalava, exceptionnellement doués pour la guérilla.

La frontière Nord - L’Antsihanaka Manohilahy.
Infatigable et éternel insatisfait, Andrianampoinimerina, va porter son attention sur le Nord d’au-delà de Kalohy, l’Antsihanaka. Pour conduire l’expédition, il va choisir l’un de ses fils, Rabodolahy. Si l’objectif final est le site de Manohilahy, en chemin il va mettre à sa merci les petits villages qui ne peuvent lui résister.
Cette campagne va tourner court, car Rabodolahy avec quelques épouses du roi sont trop optimistes, et méconnaissent la valeur de ces guerriers Merino-Sihanaka, il va l’apprendre à ses dépens.


La nuit, le fils du roi et sa suite campent dans une petite forêt au Nord d’Andrainarivo, c’est de cet endroit qu’il va mener son attaque contre Ambohitsitakady.
En réalité, ce lieu comporte plusieurs sites très fortifiés et difficile à prendre. Rafaralahy a été pendant un moment l’Andriana. Bodolahy va être mis en déroute par les Sihanaka, il ne doit son salut qu’à sa fuite éperdue. Bien de ses hommes vont se noyer en traversant la rivière de Tatamo. Le roi est furieux de l’échec de son fils, aussi il le renvoie avec de nouvelles troupes contre Ambohitsitakady. De nouveau elles sont défaites et doivent de replier en désordre. Malheureusement, des Andriana et des femmes de sang royal sont aux mains des gens d’Ambohitsitakady. Le roi est honteux de la conduite peu guerrière de son fils, et lui adresse d’amers reproches "tu n’iras plus au combat, que deviendra la renommée du fils d’Andrianapoinimerina si vous fuyez. Je n’aime pas cette façon d’agir, car je jouis d’une bonne réputation". Et Robodolahy n’alla plus à la guerre.
En disant cela, le roi songe aux villages nouvellement conquis, qui peuvent penser qu’après tout ce roi n’est pas aussi fort qu’il y paraît. Et cela, Andrianapoinimerina en ressent bien le danger, il faut donc au plus vite en finir avec cette frontière Nord. Et dans un premier temps, il charge son beau frère Rabasivalo de s’occuper du Nord, et particulièrement Ambohibeloma, pour mettre fin à une situation qui le ridiculise.
Des manuscrits anciens l’on gardé en mémoire.

Rabasivalo et Mafaitra.
Andrianapoinimerina, va envoyer Rabasivalo le mari de sa sœur Ralesoka, venger son honneur, car le roi a été battu par la force des amulettes de Mafaitra Ombiasy. Car Mafaitra a de puissants alliés, les ody. Quand Rabasivalo arrive, Mafaitra lâche sur lui et ses troupes un bœuf sikidy à tête blanche. Et les hommes de Rabasivalo prennent peur et vont s’enfuir en abandonnant Rabasivalo. Les hommes du village d’Ambohibeloma poursuivent les hommes d’Andrianapoinimerina, et au cours d’eau, pendant que les hommes traversent, grâce au sikidy, ils font monter l’eau, beaucoup de gens sont morts. Rabasivalo lui est Andriana, et les gens vont le relâcher. Le roi demande à Rabasivalo, "où en est la conquête d’Ambohibeloma, quelles sont ses défenses?" et Rabasivalo dit : "double enceinte, double fossé". le roi alors dit, "je vais moi-même y aller, je le jure sur Lesoka. Où est Razakandraina, qui m’a promis de venir avec ses hommes ?" Et le roi partit à la tête de ses guerriers.


Le roi va se rendre à Manohilahy et va s’adresser aux habitants, "ô gens de Manohilahy, je vous demande la permission de passer, car je vais me promener à l’Est, car le royaume est à moi, j’en suis le roi."
Mais les habitants de répondre, "nous sommes des hommes qui ne permettent pas que d’autres passent chez eux, mais montez, car la tête du bœuf est cuite". Et le roi de répondre, "faites bonne garde, car je vais venir, réunissez femmes et enfants et faites votre soumission, car je n’aime pas les voir pleurer. Oui ô roi, montez, la tête du bœuf est cuite".
Le roi va devoir faire le siège de cette place forte. Et il va répartir ses hommes sur le terrain, lui-même se fait faire un emplacement pour surveiller les opérations, et le siège va commencer. Le village ayant de l’eau, le siège dura longtemps, très longtemps. Mais un jour Andriambao, de la caste des Andriantompokindrindra, vint au devant du roi en portant une valiha en signe de soumission, il dit au roi: "nous allons nous soumettre, et je suis un Andriantompokoindrindra, nous sommes parents, et le peuple fit retentir des "Angaroha " en l’honneur de ce jour, ceci en remplacement du tambour ou de l’Antsiva”.
Les Sihanaka, accusés d’être des sorciers, quittèrent Manohilahy, pour s’installer plus au Nord, après la forêt.

Sur le Nord.
Cette région du Nord, a toujours prêté à confusion dans la pensée des conteurs et des compilateurs, les sites et lieux , même après enquête n’ont pas livré toute leur histoire.

Déjà…il y a confusion entre les sites, entre celui d’Ambohitsitakatra et celui d’Ambohitsitakady, les deux sont dans cette région ; le premier est un site attribué aux rois de la protohistoire, déjà désert au temps d’Andrianampoinimerina, et au système défensif modeste et archaïque.
De plus il est relativement facile d’accès. Le second par contre, est plus intéressant, mais n’est pas pris en compte par les conteurs, et il n’ est fait… aucune mention de ce site. Pourtant il est donné par Coppalle pour avoir été le fief du père de Faralahy-Andriantiana, celui des Zanakandrianisy.
L’Andriana, son père, est mal identifié, mais régnait sur l’ensemble d’Ambohibeloma Ambohitsitakady, et peut-être Manohilahy. Le récit où les papango-hazo auraient détruit Ambohibeloma, sont à déplacer sur Ambohitsitakady, qui lui fut réellement la proie des flammes d’après les fouilles et Coppalle, par sa description seulement une trentaine d’année après, nous décrit Ambohibeloma village vivant, aux maisons anciennes alors qu’à Ambohitsitakady sont visibles seulement des pans de murs couverts de végétation.


La filiation nobiliaire de l’Andriana de ces lieux est elle aussi une inconnue, était-il un Zanakandrianisy, ou un Andriantompokoindrindra, loin de son fief d’origine et placé là par le roi Andriamasinavalona pour garder la limite Nord de son royaume ?
Pour Ambohibeloma, Coppalle nous dit, le père de Radama ne l’a pris qu’au bout de trois ans, "il fut pris d’assaut sur un petit nombre d’Habitants qui avaient échappé à la soif, à la famine et aux maladies".
Il ne fait aucune mention de destruction par le feu, alors que ce désastre serait demeuré dans les mémoires. Au contraire il nous montre un village actif, et aux portes anciennes et décorées. Disons que Rafaralahy Andriantiana le fils de l’Andriana du lieu, sera près du roi en 1800 à la réception des devins Anakara. Que Radama le mettra à la tête du port de Foulpointe, dont le chemin vers Antananarivo passe par Ambohitsitakady et Ambohibeloma.
Que le fils de Rafaralahy Andriantiana, éxilé sur l’ordre de la reine, sera enterré à Ambohitsitakady, ou un imposant tombeau de pierres taillées existe encore.

Ambohibeloma.
Ce site Merina-Sihanaka, va résister pendant trois campagnes annuelles au roi d’Ambohimanga.
Ici, ce sont des paysans guerriers, pillards à l’occasion, et habitués à être assiégés, du fait de leur position sur la frontière.
Leur résistance sera acharnée, et pour en venir à bout, le roi devra se résoudre à créer des bastions avancés pour que ses guerriers puissent mieux contrôler les accès au village.
Si aux deux premières campagnes , ce sont les guerriers d’Ambohimanga qui mènent les combats, avec peu de résultats, à la troisième campagne, ce sont les Manisotra qui sont en renfort, d’autant plus que ceux-ci ont quelques prisonniers à Ambohibeloma, et à ce sujet une controverse va mettre face à face le roi et les chefs Manisotra, Ranoko et Ralaby. Les Manisotra estiment que les leurs furent faits prisonniers car ils protégeaient l’arrière garde des fuyards, et que comme les autres Manisotra prisonniers devant Ambatomanga, ils étaient victimes de leur courage. Le roi passe un accord avec eux ; ils auront les prises qu’ils voudront, si ils réussissent à investir Ambohibeloma, car le roi est fatigué de cette guerre qui dure trop.
Après consultation des sikidy, l’heure, et le jour de l’assaut sont précisés. La façon de faire des Manisotra est particulière, si leurs idoles sont favorables, les guerriers ne reculerons pas, ne parleront pas, ne se retourneront pas. Ils marchent droit sur l’ennemi.


Dans la nuit qui s’achève, ils passent sur le tronc d’arbre qui amène l’eau au village, descendant dans le fossé au moyen de leur lamba, escaladent les défenses, se glissent silencieusement jusqu’aux sentinelles, les tuent, ouvrent la porte de pierre en la roulant, les Ambaniandro entrent, c’est fini, le village est pris, tous les hommes tués, les femmes et enfants deviennent le butin de guerre. Ce village a résisté car il possédait un "sorcier" réputé, Tohana, et la peur viscérale des sortilèges, paralysait les Ambaniandro.
Le roi va placer près d’un millier d’hommes répartis en plusieurs villages, ce sera la frontière, face à Ampamoizakova, principale lieu de traite, ou se rendent les étrangers trafiquants d’armes et d’esclaves de cette région.

Ambohitsitakady.
La prise d’Ambohitsitakady, va être différente de celle d’Ambohibeloma, ce site se compose en réalité de quatre villages fortifiés successifs qui forment un ensemble défensif remarquable, sur une hauteur assez importante.

C’est la capitale de l’Andriana du lieu, elle ne va pas se rendre sans disputer chèrement sa survie.
Les mois et les campagnes passent, le site reste intact. Le roi demande conseil aux Manisotra sur la façon de pendre ce site. Ils répondent : "comme pour le Marovatana, par le feu".
Le lendemain, les hommes remplissent les fossés d’herbes sèches, les Manisotra manipulent des espèces de cerfs volant, les papango hazo, au dessus des toits de chaume,… et qui vont s’embraser aussitôt. Les habitants paniqués ouvrent le disque de pierre de la porte, les Manisotra entrent, c’est terminé. Et l’Andriana va demeurer introuvable. Le feu est encore une fois l’allié d’Andrianampoinimerina.
Le village, va déclarer le roi, restera désert, tous les habitants seront prisonniers de guerre, les hommes tués. Seul l’Andriana pourra continuer à y enterrer ses morts, peut-être, pense le roi, qu’ils sont quand même de ses lointains parents.

Le Vakinankaratra.

Maintenant que sa frontière Nord est bouclée, le roi jette son dévolu sur le Vakinankaratra, mais la tâche est malaisée, car c’est s’attaquer au Betsileo, qui lui touche aux royaumes des Islamisés, des Sakalava du Menabe, et même de l’Androy.
Prudent, le roi commence à envoyer des observateurs chez Andriamanalina, roi du Fisakana. Devant les menaces de mort proférées par les Betsileo, les envoyés royaux regagnent précipitamment l’Imerina. C’est un échec.. Un deuxième groupe plus important repart pour le Betsileo, mais sous les apparences de marchands, ce qu’ils sont d’ailleurs, qui connaissaient bien le Fisakana et ses points faibles. Après tout un cérémonial de tractations, tout un échange protocolaire royal, va s’établir entre les deux souverains.
Il est vrai que là aussi, on attribue à Andriamanalina des ancêtres venus d’Imerina au temps supposé d’Andriamasinavalona, en la personne d’Andrianony, Ramanalinarivo, Ramanjaka.

IVATO  La pierre d’Andrianampoinimerina, à l’origine d’Ivato

Pierre levee kaloyComme tous villages, ou plutôt localité, pour ne pas dire ville, Ivato a son histoire. Du temps de l'hégémonie de la monarchie merina, Andrianampoinimerina, dans le cadre de la campagne d’unification du pays qu’il a menée, pour rappeler son pouvoir, a fait édifier deux pierres au centre du village d’Ivato, dont l'une plus élevée, symbolisait son pouvoir, et l’autre, de loin plus basse, les habitants des lieux. Ces édifices ont été appelés « pierres sacrées ». Jusqu’à ce jour, le lieu où elles se trouvent sert toujours de site cultuel traditionnel. Ces pierres constituent une des références sur l’origine du nom « Ivato », signifiant texto « lieu de pierres ». Une autre version fait allusion à l’assemblage des mots « iva » et « ato » signifiant littéralement « Ici c’est moins élevé ». Une autre explication se rapporte à l’existence de la première maison des lieux qui a été construite sur un rocher, dont la traduction malgache est « vato ». Dans les années soixante, alors que la base aérienne était encore occupée par l’armée française, Ivato, comme toutes les villes militaires, était surtout marquée par l’abondance de prostituées.

Extrait d’un texte de Rivo Steph à consulter sur le site:http://www.les-


L’ankaratra : premiers ancêtres
Récit d’anciens 1948 :
L’Ankaratra est une chaîne de montagne qui donne son nom à toute cette région de hautes terres jusqu’à la Mania.

Andrianampoinimerina, pour justifier son "héritage" et ses futures conquêtes, va utiliser cette "généalogie" le curieux est qu’une fraction de celle-ci se retrouve en partie dans les recits Sora-be des Katibo.
Voici le premier habitant de l’Ankaratra, ce fut Rasoala, ensuite les Zafintsimeto, Zafintakara, Kiboandrano…et Andriampenitra,et les Anteva. Ces Anteva etaient puissants à cause de leurs "ody" amulettes, ils emmenèrent les gens en captivité. les Zafintsimeto et Zafintakara connaissaient l’écriture, ils la transmirent aux Kiboandrano, qui oublièrent. Seuls les Tanosy de sixième génération la connaissaient.
Ces Tanosy étaient dans l’Ankaratra avec leurs sikidy. Mais ils repartirent chez eux avec Kelilavavolo et d’autres, en jetant un sort sur les rizières. Et lorsque les habitants augmentaient, les Onteva, les emmenaient prisonniers dans l’Est. Mais ils laissaient des "ody" contre la grêle du riz.
Le royaume d’Andriamanalina, comprenait :le Vakiombifotsy, jusqu’à Hekiana vers le Sud, et jusqu’à Molo au Sud.la capitale du royaume était Fandana. Ce roi n’eut pas d’enfants, mais comme de coutume adopta ses neveux.
Le roi de Fandana, se reconnaissait plus ou moins vassal du roi Andrianampoinimerina, tout en restant à la tête de son royaume, et aura comme représentant de son "aîné", le nommé Andriantsoanandriana, conseil auprès du roi de Fandana.
Le serment d’allégeance va être confirmé à l’Est de Faliarivo. Mais l’année suivante, quand le représentant du roi des Merina arrive ; il trouve le roi très malade. Le représentant royal va réclamer au roi de Fandana les Manisotra d’Ambohijoky qui se sont réfugiés là, en Betsileo, après la prise de leur village. Et les zizanies commencent, les neveux du roi ne sont pas d’accord "pourquoi donnerions nous aux Merinalavasofina" aux longues oreilles, les gens qui se dirigent vers notre porte ? Combien d’années les Merinalavasofina décortiqueront-ils du riz pour servir de provisions de voyage avant d’arriver jusqu’ici, combien de fusils mettront ils bout a bout avant d’atteindre le pays des Betsileoerantanidanitra sur la terre et le ciel.
Ce refus rend la guerre inévitable, d’autant plus que les princes Betsileo ont décidé de se débarrasser des envoyés Merina. Prévenu en cachette, Andriantsoanandriana revient en hâte en Imerina, et expose à son roi la situation. Et ce sera….encore la guerre.

La conquête de l'Imerina fut assez dure. Il dut livrer trois batailles avant d'occuper Antananarivo. Une à une, soit par la force, soit par la diplomatie, les villes de l'Imerina furent conquises par ce grand Roi. Il poursuit son action et étendit sa domination merina sur tout le pays betsileo et d'autres régions de Madagascar. Andrianampoinimerina se montra également grand roi par sa sagesse, sa bonté et son organisation administrative efficace et performante.

Il partagea le gouvernement avec le peuple et établit un code civil, du point de vue législatif, conforme au droit naturel et aux mœurs du pays, ainsi qu'un code pénal. Il réorganisa l'armée et la vie économique de son royaume. Ses efforts portèrent sur l'agriculture et le commerce et il créa de nombreux marchés à travers tout le pays. Il déclara l'égalité de tous en droit et devant le travail. Il épousa douze femmes issues de villages rivaux, afin de réunifier et pacifier l'Imerina.

Les Merina vont attaquer ce roi qui s’est réfugié en sa capitale de Fandana. Mal préparée , cette campagne est un échec pour les Merina, les vivres vont manquer. Mais Andrianampoinimerina va mieux préparer la deuxième campagne.
Pour cette deuxième campagne, il scinde son armée en deux, une partie passe par l’Est de l’Ankaratra :par Mahavika, à l’Ouest :par Ambohimitsara, ceci afin d’éviter le manque de vivres, par une trop grande concentration d’hommes.
Pour la première fois, le roi a placé son fils Lahidama à la tête d’un groupe armé en dehors de l’Imerina.

Rabefanota

Rabefanota commanda, en chef, l’armée du roi Andrianampoinimerina et la conduisit à la conquête du Marovatana et de la contrée du sud de Tananarive jusqu’au pied du massif de l’Ankaratra. Il mourut, au combat, dans cette région.

Son corps fut ramené à Ambohimanga, où il fut enseveli, au sommet de la colline, dans un lieu-dit " Mahazaza ", cimetière réservé aux " Andrianas " ou " nobles " de Haute Caste. Cette sépulture très honorifique fut voulue par le roi. Ratsiamboho, son épouse, fut ensevelie à sa mort, dans un tombeau familial, dans une vallée au pied de la colline d’Ambohimanga. Par la suite, ses restes furent transférés au sommet de la colline, dans un lieu réservé aux nobles. Pourquoi préciser tous ces détails funéraires ?

Parce que mes ancêtres n’appartiennent pas à la caste noble, créée par le roi Andriamanelo, au 17ème siècle, autour des roitelets de l’Imerina.

Lahidama.

Le jeune prince va soumettre par la persuasion le village d’Ambohimitsara, et, celui d’Ambodiala par les armes, il va continuer vers Manazary et Ambohidrainahandrina, pour les soumettre. Là il va se heurter à Andriamanaharimy seigneur de Manazary, qui nullement impressionné par le prince Merina, à chaque invitation de celui ci de se reconnaître son vassal de répliquer : "le rendez vous n’est plus dans le Nord (vous n’avez pas affaire a des gens faibles comme dans le Nord), un homme n’est pas le serviteur d’un autre, montez ; car la tête du bœuf est cuite". La bataille va durer cinq jours, mais l’Andriana du lieu ayant été tué, le village n’a plus de raison de combattre et se rend. Il est vide de ses habitants et donné aux Merina……ainsi que les terres ; les fils de l’Andriana mort au combat, et à cause de cela, seront dépossédés de leurs terres, ils seront simplement "havanandriana" parents du roi , sans fiefs.

Amborompotsy.
L’ensemble de l’armée Merina va livrer combat à Velontsalama,neveu du roi Betsileo, qui s’est fortifié dans ce village au sud de l’Ankaratra. Ils vont être vaincus par un "sortilège", Velontsalama va faire tomber sur eux un épais brouillard. Devant ce sortilège, l’avant garde Merina reflue en désordre, et va rejoindre l’armée impuissante contre ce phénomène. Le prince ne cache pas sa colère devant cette crédulité, "allez ,vous les Tantsaha à la tête dure, vous les sept guerriers Manisotra, car ces peureux déposent des immondices devant moi". Tainigory, ses hommes et les Manisotra vont l’emporter, Amborompotsy va tomber, car là aussi Velontsalama a été tué. La victoire va impressionner les Andriana Betsileo de la région, qui vont faire leur soumission, y compris celui de Betafo.

Si le roi mène une guerre de conquête, il n’en poursuit pas moins un travail subtil de démoralisation de ceux qui s’opposent à lui, ses argument étant plus ou moins "royaux".
Tout ce travail est que le roi Andriamanalina, trahi par une partie des siens et fait prisonnier va être mis a mort. Il sera enseveli à Faliarivo et sa dépouille gardée par des guerriers Merina, de peur que ses sujets ne l’enlèvent, ses deux neveux qui s’étaient rangés secrètement au côté du roi Merina, seront chef de Menakely dans le Vakinankaratra.
Andrianampoinimerina va décider que les villages de Fandana, Fivavahana et Faliarivo demeureront déserts.
Un site fortifié très important reste à prendre, celui de Kiririoka.

Kiririoka.

Le roi de ce lieu Rivoekemboka, n’a pas du tout l’intention de livrer sa ville au roi des Merina, et le lui fait savoir. Piqué au vif, Andrianamponimerina, va se rendre en personne, pour prendre ce lieu, son prestige peut en dépendre pour ses conquêtes futures.

Recit des anciens : Andianampoinimerina va appeler Rivoekembaoka qui en est souverain: "Viens faire ta soumission, car c’est moi qui suis ton père, c’est moi qui suis ta mère", le roi de Kiririoka répond "je vais vous faire monter, car la tête du bœuf est cuite, car je suis, moi, Rivoekembahoaka et je vous appelle. Les pays qui se trouvent au Nord et ceux à l’Oeust, ont contribué à ta force: mais ici tu peux venir , car il y a un homme qui est ton pareil". Andrianampoinimerina renouvela son appel "s’il s’agit de la hauteur du Kiririoka, c’est un sommet élevé, mais cette montagne, ton lieu de résidence, ne s’en relèvera plus, elle restera à la même hauteur. Mon fusil à nom "Tsitamanda", que les fortifications ne peuvent retenir, je ne suis qu’un homme, mais tu es mon enfant, pas mon égal”.
Alors, le roi de Kiririoka fit frapper les tambours, souffler l’Antsiva, conque de guerre. Les hostilités commençaient. Sans résultat , le lieu était élevé et bien défendu, même après un siège prolongé, la place ne se rendait pas. Le roi Andrianampoinimerina dépité, rentra en Imerina, et ce n’est que très très longtemps après que Kiririoka se rendra, de plus en plus les guerres sont difficiles et coûteuses.
Cette conquête du Vakinankaratra, est jugée essentielle par le roi, car il s’agit des limites approximatives de l’avancée de l’Andriana de l’époque qui créèrent des fiefs sous Andriamasinavalona. Car le souci permanent du roi est de reconstituer le grand Imerina de son ancêtre.

Sud et Nord de la Mania. Le Fisakana.

Après la prise de Kiririoka et la fuite de Rivoekembahoaka, le roi Andrianampoinimerina va s’écrier "le royaume est à moi car il a pris la fuite, je ne poursuis pas les vaincus, maintenant je suis le maître du pays : j’ai groupé les Ambanilanitra".
Les limites que va se fixer le roi pour le royaume sont assez floues. Il va prendre l’Ontaiva comme limite, avec Andranomenalatra, Hazolava et la région qui s’étend au Nord,ainsi que Namataona.
Le roi sait bien qu’il faut s’arrêter un jour ou l’autre cette guerre de conquête. Mais il va autoriser des Andriana à aller aux confins de ce grand Imerina, pour y chercher de la main-d’œuvre servile.
Il va faire mieux, sachant qu’il ne peut surveiller ses lointains territoires, il va pratiquement livrer cette région à Andriantsoanandriana, il lui donne à gérer : le Fisakana, le Saha, le Valabetokana, le Vonizongo du Sud et l’Imamo du Sud. Cet homme est le frère d’Andriantokonavalona, beau père du roi.
Maintenant les distances rendent les campagnes de plus en plus difficiles et longues.
Or l’armée de guerriers est essentiellement formée de paysans, avec des rizières, et il est de plus en plus malaisé de concilier cultures et guerres, car ces guerres sont normalement faites en dehors du temps de ces cultures, mais avec l’éloignement, elles empiètent de plus en plus sur ce temps et rendent les paysans guerriers moins agressifs.
De plus, le roi estime que l’Imerina a retrouvé sensiblement les dimensions d’antan. Alors il va décider qu’il est grand temps d’en terminer ; le temps de la paix est venu.
Pour ses deux grands voisins du Sud- Ouest et Nord-Ouest, il va se contenter de vagues promesses de vassalité, sinon de non ingérence, mais surtout non belligérance.

Sakalava et Merina.

Pour réaliser cette neutralité - vassalité, le roi va envoyer dans le Boina ses Vadintany ; personnages importants du royaume, comme à l’accoutumée leur nombre est choisi par le devin; ils seront sept, Rainilambo à leur tête, d’autres Andriana commerçants les accompagnent, ils connaissent bien le Boina et le chemin qui y mène.
Leur "ambassade" sera couronnée de succès. La reine du Boina Ravahiny va accepter de venir en Imerina, avec comme guide d’escorte Rainilambo et ses guides Andrianteloray.
De son côté, Ravahiny est accompagnée de ses enfants, Ratafikandro et Andriantsolivola, ainsi qu’une femme au rôle mal défini, peut être simplement une devineresse.

La rencontre entre les deux souverains se déroulera à l’Ouest de Mananierana, où le roi Andrianapoinimerina attend la souveraine, avec sa famille au grand complet, c'est-à-dire ses douze femmes officielles et ses enfants . Avec le roi, tous les Andriana ou gens importants sont présents, car Andrianapoinimerina veut impressionner cette reine, en lui montrant ce qu’est devenu le petit roi d’Ambohimanga.
En signe de paix, et pour les Merina de vassalité, la reine Ravahiny, présente le hasina et un boeuf volavita.
Elle remercie le roi pour les présents que les Andriana ont offert à Majunga "nous avons reçu les deux cent piastres, les trente lamba mena, les sept habits que l’on ne trouve pas à la campagne (qui sont rares) et les sept lamba à la ceinture rouge. Je vous apporte, moi, trois canons (gros comme la cuisse) ainsi que sept barils de poudre et vingt fusils".
La réponse du roi est toute en finesse, il ne doit pas froisser la susceptibilité des Sakalava en parlant d’une quelconque vassalité, "Ravahiny, vous étiez au bord de la mer et par affection pour moi, vous êtes venue ici près de moi, je vous remercie".
En signe de joie, et peut être pour faire entendre le bruit de ceux-ci, le roi fait tirer trois coups de canons. Et il invite la reine à discuter de leurs frontières respectives : "Venez, nous allons délimiter, si vous le voulez bien, le pays où vous installerez". Et la reine de répondre : "beaucoup de gens sont insensés (ne nous comprennent pas, et voudraient continuer les razzias), et, si cela m’est permis, je voudrais partir, je suis à vous, mais vos gens ne comprennent pas". Il est évident que certains personnages importants voient d’un mauvais œil ce rapprochement des deux souverains.
De nouveau, le roi va faire d’importants cadeaux à la reine; en plus des trois cent dix bœufs, il offre à la reine mille piastres et soixante dix lamba mena, et pour sa suite cinq cent piastres, et bien d’autres petits cadeaux.
Ainsi se concrétise un fait exceptionnel, un roi des Hautes terres reçoit une reine Sakalava, d’égal à égal, sinon plus. Mais en homme avisé, le roi avait envoyé son fils le jeune Lahidama pour inciter les Sakalava à entreprendre ce voyage. Et c’est aux confins de l’Imerina, sur la frontière, que le jeune prince sonde les principaux chefs et Lohahazo, et c’est seulement après avoir constaté une volonté positive des Sakalava que son père le roi, va inviter Ravahiny.


Selon son habitude, les canons vont être dotés d’un nom. Le premier, Miandrifanjakana, placé à Andohamandry, le second Befafana au portail Ouest, le troisième au portail Nord.
Ambohimanga est bien protégé.

Le Menabe et l’Imerina.

Pour que le royaume du Menabe imite le Boina, la politique du roi sera différente, car les conditions sont différentes.
Ce royaume est mal connu, car loin et à l’écart des zones commerciales traditionnelles des Hautes terres. De plus les relations se sont tendues, suite aux guerres avec les Betsileo, mais le roi veut absolument avoir la paix sur sa frontière Ouest et Sud Ouest.
Il ne va envoyer qu’un petit groupe d’émissaires, trois seulement, et aucun Andriana, mais uniquement des Hova courageux et qui connaissent le pays.
Le but de cette délégation est de prendre contact avec les Andriana de la région de Mihary et Maroakora, d’où ils vont lancer une invitation aux Sakalava pour venir écouter la parole de leur roi.
Les Andriana vinrent, les Sakalava vinrent, l’entreprise évolue donc vers le succès, bien que Ramitraho ne soit pas venu. Des piastres sont distribuées, les principaux chefs de cette région vont suivre les envoyés du roi, jusqu’ en Imerina, jusqu’au roi Andrianapoinimerina.
Ils vont attendre une semaine à Ambatonakanga, puis cinq jours à Manjakaray, "conseil des devins". Puis ils montent à Andohalo près du roi. Ils prêteront les trois serments d’usage, mais rien dans le discours du roi ne laisse supposer qu’il impose aux Sakalava de se reconnaître "ses enfants", et ils vont repartir chez eux dans le Menabe avec des cadeaux.
Le roi informe les Ambanilanitra que " tous " les Sakalava de l’Ouest sont venus faire leur soumission, et que maintenant le pays est en paix.
Bien que ce soit un échec relatif, le Menabe va être considéré comme un "enfant d’Antananarivo".


Lorsque le roi veut partir en guerre, il sollicite l’autorisation d’entrer en guerre avec toute une dialectique de circonstances dans une politesse à double… sens, et dont les anciens ont gardé le souvenir en mémoire.
Le roi sollicitait l’ autorisation de la population pour partir en campagne: "je vais partir en campagne, et je vous en informe, ô vous, les Ambaniandro, je vous demande si cela vous agrée". Et la population de répondre: "Nous vous donnons notre parole ô roi, ayez confiance en nous, si quelqu’un vous dérange pendant votre repas, au point de vous lever, nous l’ en empêcherons .Nous vous donnons notre parole, nous qui vous appartenons, var il n’ ‘et rien qui ne vous appartienne dans toute l’ étendue de la terre et du ciel, ô roi".
"Puisque telle est votre déclaration, ô mes sujets, j’ai confiance, car c’est moi qui ai été béni pour être le maître de la terre et du ciel, et si je parviens à m’assurer toute l’étendue de la terre et du ciel, il y aura pour vous des récompenses".
Après ce discours du roi, la population offrait le hasina au roi et un bœuf volavita.
Maintenant, les choses sérieuses commencent, la durée de la campagne et la date du départ, en accord avec les devins. Puis on désignait ceux qui devaient partir, car une seule moitié de la population partait, à tour de rôle. Ceux qui restaient devaient veiller sur les femmes et les enfants.
Le chef de guerre désigne au roi ceux qui ne partent pas. Alors le roi disait
"Je ne réduirai pas, moi, vos femmes et vos enfants en esclavage, mais que ceux qui ne sont pas partis la dernière fois partent, ou alors je leur ferai payer une amende de cinq piastres, car ils abandonnent leur roi".
Après avoir tracé les limites de la lâcheté et de la maladie, après avoir précisé les empêchements pour une charge quelconque, vitupéré sur les poltrons, on se prépare à partir.


A cette occasion, un grand discours avait lieu à l’ endroit du rassemblement. Le discours terminé, on sort les boucliers et les armes.
Pendant ce temps, les femmes pilent le riz car chaque guerrier doit emporter sa subsistance au moins jusqu’au lieu des combats. Des esclaves suivaient, portant le ravitaillement de leur maître. Pour les armes, c’est la même chose, chaque guerrier achète et son fusil, et sa poudre et ses silex, le roi ne fournissant que l’ espérance de butin.
Une arme à feu de qualité avec garniture de cuivre se vend près de cinquante piastres. La poudre elle se vend trente piastres une très petite corne. Mais il y a la poudre de fabrication locale, qui est bien moins chère, alors souvent, on mélange les deux, car l’ essentiel est de faire du bruit, se montrer, ma sagaie étant, elle, l’ arme de combat par excellence.
Pour acheter des armes à feu, on va se défaire de ses esclaves et de ses bœufs, avec l’ espoir d’ en avoir d’ autres plus tard. L’on va arriver à ce paradoxe que des Ambaniandro vendent d’autres Ambaniandro, leurs remords étant simplement la protectiion que leur accorde leur place dans la hiérarchie Ambanilanitra . Mais le roi approuve cette façon de faire, la fin justifiant les moyens.
Mais se procurer une arme n’ est pas évident, l’ Imerina est isolé de la côte, soit par les Sihanaka et le Bezanozano, soit par les Sakalava du Boina, et aucun de ces groupes n’a intérêt à ce que les Merina renforcent leur armement, sinon, fini les razzia de personnes et de bœufs.
L’on va arriver à ce paradoxe que des Merina vont vendre d’autres Merina qui ont eu simplement le malheur d’ être vaincus par les armes, ou simplement pris dans une embuscade.
Mais la chose primordiale, la plus importante, la plus nécessaire, et sans laquelle tout est voué à l’ échec, c’est que les dieux soient favorables, mais les dieux sont inaccessibles, alors on va implorer leurs représentants et intermédiaires.

On exalte les idoles.
Nul n’ était sans idole autrefois.
Les rois avaient douze saintes idoles.
Toutes les idoles étaient saintes ,
mais voici celles qui avaient été choisies
par les souverains comme idoles royales.
Les ancêtres.

Récit des anciens :
"Dans toutes les campagnes, les idoles ont toujours été près du roi pour le sanctifier et le protéger. C’est le roi qui décide quelle idole va participer à ses "guerres"…
Et que " Ceux qui ont des idoles les prennent avec eux, il nous faut partir en campagne" disait le roi. Pour sanctifier les idoles, on faisait sortir un bœuf qui gratte la terre de ses cornes pour le sacrifier aux idoles, car disait-on, on va réaliser l’ unité du royaume.
Ces idoles ont chacune un jour particulier pour accepter le sacrifice du boeuf, une fois abattu, on offre à l’idole une paire de perles et une paire d’ anneaux d’ argent. Et le roi dit : "Je vous offre ceci afin de vous sanctifier, pour que je puisse acquérir le royaume".

Les Hautes terres ne conçoivent aucune opération importante sans y mêler un sacrifice de bœuf. Ce recours à ces bovidés est constant, auparavant seuls des béliers ou des volailles étaient sacrifiés, mais maintenant c’est le règne du taureau.

Les dignitaires du Royaume : des grands propriétaires de bœufs

Boeufs copieLes traditions recueillies par Callet dans le Tantara ny Andriana (TA, 1981, t. 2 : 686-688 ; 745) rapportent que les bœufs étaient encore rares en Imerina à l’époque d’Andrianampoinimerina (1787-1810), par suite de manque de pâturages. Ils ne se multiplièrent que plus tard, quand le roi opéra l’unité des chefferies merina et de l’ensemble de l’Imerina. Les bœufs du roi provenaient en grande partie des butins de guerre : les deux tiers lui revenaient, le troisième à ceux qui s’en étaient emparés.

Le roi Andrianampoinimerina était devenu un grand propriétaire de bœufs. Il se réservait le monopole des bêtes de type rare qu’il rachetait à leurs propriétaires. Ces bœufs royaux ne se mêlaient pas à ceux de la population, ni même à ceux de leurs gardiens. Ils étaient placés dans les zones périphériques de l’Imerina : au Nord, Vohilena, Andraopasika et Miakotso ; à l’Ouest, Ifanja dans l’Imamo ; au Nord-Est, Beorana en bordure de la forêt et Ampanangonana. Andrianampoinimerina distribuait souvent un grand nombre de zébus pour nourrir la population, quand une place a été prise et que la population assiégée s’est soumise en prêtant serment. Il en offrait aussi quand ses sujets exécutaient des travaux, qu’il s’agisse de grands travaux (comme la construction des digues pour la protection des rizières) ou de petits travaux : c’était là sa façon de les administrer. Enfin, il en donnait en signe de pacte d’amitié à ses ennemis devenus ses alliés.

Le sacrifice.

On fait passer l’ idole au dessus de bœuf qui gratte la terre, après quoi le gardien de l’ idole sanctifie le roi en lui remettant une piastre entière et un bœuf volavita.
L’idole est présentée au dessus de la gorge du bœuf qui vient d’être ouverte, avec ces paroles : "Nous vous indiquons ô sainte idole, ce que nous voulons, protégez notre roi et faites qu’il s’ empare du royaume". Le roi aussi l’ invoque directement : "Je vous invoque, ô toutes les saintes idoles, puisse le royaume me revenir, faites que j’en sois le seul roi et que je l’ agrandisse, et qu’il me revienne tout entier". L’idole va avoir un morceau de la bosse pour faire de l’ Huile que l’ on va mettre dans u ne lampe, qui brillera toute la durée de la vampagne, nuit et jour. Personne, même les gardiens, n’ont le droit de l’éteindre.
Les idoles exaltées, on ba attendre le jour propice fixé par le devin astrologue. En cet instant, le roi va excuser ceux qui souhaitent rester pour des raisons familiales. Cette époqie est celle du flou merveilleux, où même les animaux parlent un langage intelligible aux hommes.
Les anciens disaient : "les bêtes disent qu’Andrianampoinimerina sera seul souverain au moment où il unifiait le pays, une chienne parla en ces termes à Ambohimanga" “Vous régnerez seul en ce pays Andrianampoinimerina". Cette chienne appartenait au roi , alors on désigna quelqu’un pour s’ occuper d’ elle et on lui réserva un arrière train de bœuf à chaque marché d’ Ambohimanga. Lahidama par la suite, élèvera des chiots issus de cette chienne.

Le roi part en campagne de guerre.

23 Sept. 1802: Andrianampoinimerina dépêcha auprès de Ravoajanahary, roi Antemoro d'Ivato-Matitanana, une délégation conduite par Andriamiray et Rainitsimba (originaires d'Ambohimanambola et d'Alasora) pour le prier de lui envoyer des devins compétents "Ombiasa" pour une durée qu'il ne voulut pas préciser. Cinq personnes furent désignés et trois castes Antemoro envoyèrent des représentants:
1- Imosa, des Zafimolajia
2- Ratsimezy, des Antesavana
3- Andriambita,
4- Ratsilikaina, l'aîné et son frère cadet
5- Andriamahazonoro, ces trois derniers étaient des Anakara, descendants de Ralitavaratra.

Ils furent reçus par Andrianampoinimerina le 17 Octobre 1802 pour être notifiés qu'ils résideront désormais à la Cour d'Imerina pour l'aider à réaliser l'unité du pays. avec l'aide du Conseil d'Etat réuni pour l'occasion: Hagamainty et son fils Rabemanantsoa, Andriantsilavonandriana et ses trois fils Ingahivony (futur Rainiharo), Rajery et Ratsimanisa, Hagafotsy et son fils Iantoandro, Ralala et son fils Rahaba,Ralainanahary, Rabasivalo (mari de sa soeur), Andriamambavola, Rakotonavalona, Andrianavalona (père des jumeaux Raombana et Rahaniraka), Rafaralahiandriantiana et son fils Andriantsitohaina.


Avant le départ, le roi désigne ceux qui commanderont les hommes au combat, doit le roi mène lui - même la campagne, soit il n’y participe pas.
C’est le départ, avec le roi . La conque marine "Antsiva" a fait retentir son mugissement, les chanteuses royales font entendre leur chant. Les applaudisseurs battent des mains, et le roi se met en route, il est porté par huit hommes, le groupe des porteurs et de trente à quarante, qui vont se relayer jusqu’au camp qui, lui, a été préparé depuis un certain temps.
Tous les portraits d’Andrianampoinimerina sont imaginaires. Voilà un qui se rapprocherait davantage de la réalité sur la base de témoignages de voyageurs européens qui l’ont physiquement rencontré.


Les devins Antemoro, présents pendant 20 ans à Antananarivo, avaient consigné par Sorabe bien de secrets inédits et parfois ignorés des Merina eux-mêmes...

Mais un roi ne se déplace pas simplement. Les idoles doivent scruter la route, en tête est Ramahavaly, dont c’est la mission principale, flairer tous les sortilèges qui sont "sous terre" sur le chemin que suivra le roi.
Les Tsindranolahy ou les Tsierondahy forment la garde rapprochée du roi, tous armés de fusils qui ne les quittent kamais. Suivent immédiatement après, les douze, car ce sont les aînés qui l’ ont porté au pouvoir. Immédiatement après les douze, sont les cinquante et les soixante dix, et enfin le peuple, armé de ce qu’il peut.
L’armement royal est varié et disparate et, s’il ne comporte pas de canons, sauf exception, il comporte des couleuvrines portées par quatre hommes, des fusils de rempart et des tromblons "ray basy".

Récit d’un ancien :
Les petits fusils étaient en grand nombre. Il n’y avait pas encore de gros canons, mais de gros fusils "les pères des fusils" portés par quatre hommes. Les autres armes utilisées par les ancêtres étaient la lance et le bouclier, le long couteau et la fronde, on pratiquait beaucoup la fronde à l’approche de l’ ennemi, c’est elles qui marchent en premier , rien n’est interdit au combat même les gros morceaux de bois, tout ce qui tombe sous la main. Il n’y avait pas encore de soldatsnc’était le peuple qui menait la guerre.

Tenue en campagne.

Le roi et la population avaient les cheveux longs, parce qu’il était interdit de se les couper ou de porter un toupet, seuls les enfants le pouvaient. On ne portait ni chapeaux ni vêtements à l’ Européenne, on n’avait que le "salaka" pagne court, et on convenait de chapeaux à porter. Tels étaient les ordres du roi..
En ce temps là, tout le monde garde et soigne sa chevelure et la couper représente un sacrifice, qui ne peut se faire que pour la mort du roi. La chevelure était critère de classification, surtout chez le peuple, fier de ses cheveux longs. Radama roi, sera confronté à une révolte des femmes du Marovatana, au moins un millier, lorsqu’il voudra faire couper les cheveux de ses "soldats" , cheveux longs et shako étant incompatibles. Il devra faire tirer sur ces femmes, sans les convaincre.


Récit d’un ancien :
"Lorsque le roi est arrivé à l’emplacement du camp, il fait aussitôt abattre des bœufs pour le peuple. Et le camp était ainsi : lui était au milieu, dans une enceinte en bois, les idoles sur les côtés des portes et à l’ intérieur. Les deux portes étaient l’une à l’ Est, car c’est là qu’on prie le soleil, le roi sort par là quand il va prier et offrir un sacrifice aux idoles, l’autre à l’ Ouest, car c’est par là qu’il sort pour se livrer à la joie ou pour faire un kabary au peuple. Les gens du pais, les Tandapa entourent l’ enceinte, les Tsierondahy entourent les Tandapa, le peuple entoure lui, les Tsierondahy. Les gardes sont à l’ extérieur des guerriers du peuple, ces gardes sont des hommes désignés dans chaque groupe de population. Les sentinelles avancées ceux qui couchent sans feu doivent donner l’alarme si l’ennemi arrive pendant la nuit. Les chefs des groupes de guerriers logent à la porte, à côté de la voie d’ accès au camp, et à l’ intérieur, les aides des chefs de groupes sur les voies d’ accès au camp côté Nord, leurs aides sur les voies d’ accès Ouest et Sud. Le camp forme quatre coins et a quatre voies d’ accès, au Nord, à l’ Est, à l’ Ouest et au Sud, toutes ces voies mènent au centre. Les notables eux, sont aux quatre portes selon leur lieu d’origine cardinal . On se partage tout le camp, mais selon ses origines cardinales.
Pour s’ abriter, le peuple se réfugie sous les chaumes. On creusait la terre pour faire une fosse, on la recouvrait de bois et d’un peu d’ herbe sèche, c’est tout.
Le roi avait une tente de toile rouge, l’idole Manjakatsiroa partageait la tente royale. Les autres idoles, Ikelimalaza, Rafantaka et Ramahavaly, sont à l’ intérieur et entourent le roi, chacune a sa maison, recouverte d’un lamba blanc, sauf Ikelimalaza, reine des idoles qui a un lamba rouge”.

Doter le royaume d'une armée structurée et bien forte.
Etat souverain jusqu'en 1896 année de sa réduction à 1'état de colonie française, Madagascar disposait depuis des siècles d’une armée qui fut modernisée sous le règne du roi Radama 1° (1810-1828).
Ce souverain fut le premier à avoir porté, à partir de 1817, le titre de roi de Madagascar qui fut reconnu par une grande puissance de cette époque à savoir l'Angleterre, et la signature d'un traité d'amitié avec ce pays lui avait permis d’apporter des nouveautés dans son royaume
Une des préoccupations de ce roi encore jeune car il n’avait que 18 ans au moment de son accession au pouvoir fut l’acquisition d’une force armée grâce à laquelle il pourrait entreprendre la conquête du reste de l’île comme l’avait rêvé son père Andrianampoinimerina. Et cette unique autorité voulant s’imposer sur tout le territoire avait comme but le regroupement de toutes les forces existant dans toute l’île pour faire front aux assauts menés par les étrangers.
TRAITE NEGRIERE
A cette époque ces derniers ne pensaient qu’à vider le pays de sa population pour la revendre dans les autres continents du monde, la traite des esclaves était à ce moment là une activité très lucrative à laquelle s’adonnaient les négriers de toutes les nationalités.
Avec les moyens dont ils disposaient, tous les prédécesseurs de Radama essayèrent de se défendre contre les guerriers Sakalava devenus des voleurs d’homme et de bétail dans les autres régions du pays et qui travaillaient pour le compte des négriers. Un grand changement s'opéra cependant avec l'arrivée au pouvoir du jeune roi, ouvert aux influences extérieures, car il estimait que la meilleure façon de se défendre était de doter le royaume d'une armée structurée et bien forte.
C'est ainsi qu'il créa en 1823 une première armée formée d'éléments, prélevés dans les différente, divisions de l'Imerina et qui reçurent une initiation militaire donnée par des assistants techniques anglais, suivant le système moderne, existant dans les pays avancés d’Europe.

Le peuple et la guerre.
Les femmes.

Le menu peuple sert de réserve, une seule moitié monte au combat, l’autre reste au camp pour protéger le roi, car il n’est pas permis au roi de combattre, de même les idoles restent au camp, c’est un simple substitut supposé chargé de leur puissance qui monte au combat.
Ramahavaly est, elle chargée de puissants charmes contre l’ennemi, le Fandravalaka et le Fangrohorona. Le porteur les jettera ou les brisera au milieu du site attaqué, pour agir, le charme doit se briser et si par malheur le porteur de l’ idole Ramahavaly vient à être tué , l’ ennemi aura beaucoup de pertes, c’est la vengeance de l’ idole.
Les combattants pour se protéger, portent des charmes individuels.
Les femmes du camp chantent le Mirary afin de fortifier les combattants pendant la bataille. Elles chantent en portant une tige de tsontsoraka qu’elles manient comme une lance, leur chant dit : "puissent-ils être forts les nôtres, échapper au malheur".
Dans les villages où des guerriers participent à la campagne, les femmes elles aussi, matin et soir, chantent le Mirary, elles demandent au grand Dieu "Andriamanitra" de protéger les leurs et de les faire revenir sans et saufs.
Comme on le voit, les femmes ont un rôle important comme " supporters" , par leurs chants elles magnifient le courage des guerriers. Ces chants ne cesseront qu’avec le retour de ceux-ci.
Si par malheur la troupe faiblit ou recule, alors le roi va de nouveau implorer les idoles.

Récit d’un ancien ;
"Si les opérations sont difficiles, si le peuple recule, on va trouver le roi et lui demander de prier à nouveau les idoles. Le roi va leur présenter le hasina et leur donne un beouf qui gratte la terre et de l’ encens de ramy, puis on immole le bœuf de cette intercession en disant :" Je ne cesserai pas avant d’avoir eu ce royaume, je vous demande vos bénédictions, à vous toutes, les saintes idoles". Et le roi de dire: "Faites ce que disent les idoles, attaquez et vous prendrez".
Si par malheur on ne prend pas, c’est que les défenseurs ont des idoles puis puissantes. De toute façon, les combats cessent à la date prévue pour le retour. On recommencera la prochaine saison.
Si le combat tourne à l’ avantage du roi, alors celui-ci se met à danser, l’Antsiva retentit, les chanteuses royales entonnent un chant de victoire. Dès que l’ ennemi a fait sa soumission, le roi ordonne l’ arrêt des combats, il félicite ceux qui se sont bien battus.
Dès qu’une place est prise, les vaincus font serment d’allégeance au roi. “Nous sommes à vous, nous les vaincus, car Dieu vous a fait abandon du ciel et de la terre”. Et le roi précise ses intentions pour les vaincus. Et il demande aux guerriers l’autorisation de rentrer.
A l’approche de la capitale royale, on fait de nouveau une offrande aux idoles, on va de nouveau immoler un bœuf et recommencer les offrandes aux idoles, le hasina et les perles avec un aneau d’argent pour les sanctifier et les remercier.

Le butin.
En dehors de la plus grande gloire du roi et l’agrandissement du royaume, les guerres de l’ époque sont génératrices de butin. Ce butin est essentiellement constitué des bœufs et des prisonniers, hommes, femmes et enfants, ce qui permettra au guerrier paysan de rentrer partiellement dans ses dépenses, car pour la guerre,le roi ne prend rien en charge, le guerrier doit tout acheter, son armement, son ravitaillement, et payer les gens chargés de ses effets. Le principe du roi, bien connu sous d’autres cieux, pas de butin, pas de paie.
Chaque groupe de combattants ou chaque guerrier suppute en partant ses chances de se distinguer, ou de rapporter beaucoup de butin. Les paris peuvent atteindre des sommes importantes, jusqu’à mille piastres, par exemple pour un pari entre Avaradrano et Vakinisisaony. Le roi encourage et arbitre cette émulation, peu onéreuse pour lui.
Le butin pris au cours des campagnes faisait l’objet de partages bien précis. Les deux tiers revenaient au roi… le dernier tiers aux hommes qui s’en étaient emparés. Le roi faisait payer trois piastres par captif que le guerrier voulait garder. Mais si le roi désirait s’approprier les captifs pour en faire ses serviteurs, ou pour toute autre raison, le roi payait lui aussi trois piastres par prisonnier, homme ou femme.
Pour les bœufs, les deux tiers lui revenaient, le troisème à celui qui s’en était emparé, mais ceux-ci devaient payer au roi deux francs cinquante par animal. Si le roi dépassait sa part, il devait payer aux guerriers également deux francs cinquante. Les bœufs royaux avaient immédiatement les oreilles taillées en pointe. Pour les objets ou tissus, ils étaient la propriété de celui qui s’en emparait, là le roi ne prélevait rien.
Quant aux idoles captives, soit elles devenaient la propriété du roi, soit elles étaient détruites. Car cela contribuait à étendre son pouvoir, d’une façon ou d’une aure.

Honneurs et récompenses.
Récit d’un ancien :
Aux courageux, le roi attribua de grands honneurs, des chapeaux rouges et longs qui permient de les reconnaître, il leur donna des piastre, des baudriers d’ argent, des salaka et des lamba blancs qui permirent de reconnaître ceux courageux au combat. Sue leurs maisons, il les autorisa à mettre de longues cornes de bois, quelquefois surmontées d’oiseaux, et si plus tard il avait été poltron au combat, le roi faisait couper les cornes, toutefois cet homme pouvait les remettre à nouveau s’il avait été courageux. Ceux dont les cornes étaient coupées se voyaient, eux et leurs familles, l’objet de moqueries des autres.
Mais la plus grande honte pour un guerrier poltron, était que sur ordre du roi, sa femme devait laver les pieds des vainqueurs, avec de l’ eau prise très loin en contrebas ,l’eau de la honte. Mais le pire était ue La femme du poltron devait esuyer les pieds du courageux avec ses cheveux. Aussi les femmes tenaient à ce que leurs époux soient courageux.
Dans les cas graves de désertion devant l’ ennmi ou de fuite en combat, l’homme fuyard voyait sa femme et ses enfants résuits en esclavage, mais cet esclavage auprès du roi pouvait prendre fin si, à nouveau l’homme redevenait courageux, le roi pardonnait.
Bien d’autres tracas attendaient les poltrons, on leur faisait porter des salaka d’écorce de bananier, par dérision, on leur chargeait la tête de lourdes pierres, et ainsi accoutrés, on leur faisait faire le tour du village, ou piétiner les rizières pendant des heures. Mais le roi disait: "s’ils sont ainsi c’est à cause de leurs femmes, ils craignent d’être séparés d’elles, vous les femmes, je vous considère comme votre mari, déshonorées, aussi donnez des conseils à votre époux". Alors les femmes promirent, et le roi sacrifia des bœufs pour laver les salaka d’écorce de bananier.
Lorsque le roi voulait s’emparer d’un village, il s’informait du nom de l’idole protectrice, il demandait à Ramahavaly, si c’était une bonne ou mauvaise idole. Et Ramahavaly l’idole préférée du roi répondait oui, ou non. Selon la réponse le roi la conservait ou la faisait enfouir dans la boue.
Ce roi avait une grande confiance dans son idole, comme le peuple, aussi le précédait-elle ou le suivait-elle partout où il allait, et le roi disait, "j’ai maintenant touest les idoles des Ambaniandro, tous me reconnaissent comme leur roi, que les femmes et les enfants aient confiance, et vous aussi, ô Ambaniandro, le pays et l’Etat son unifiés, vous pouvez vous coucher sur le dos, et être sans crainte".

Sur les armes.
Lorsque Ramboasalama est porté au pouvoir, les armes à feu sont relativement rares en Imerina, bien que certains Andriana en possèdent quelques fois plusieurs, mais elles sont plus une marque de noblesse et de pouvoir, que des armes d’attaque ou de défense. Les possibles fournisseurs sont les gens du littoral, plus enclins à razzier les Merina qu’à les armer.
Pourtant lorsque Ramboasalama sera porté au pouvoir, ce ne sera pas par des notables armés de fusils. Dès qu’il arrive au pouvoir, le roi incite ses gens à se procurer des armes, même en vendant leurs esclaves. Si les Merina, depuis Andriamasinavalona, savent faire de la poudre, bien que de médiocre qualité car ils manquent de salpêtre, il ne trouvent pas de silex, et sont toujours à l’affût de cette amorce.
Pour autant que le roi aura des armes, il ne cessera pourtant de répéter, "mes fusils sont peu nombreux en Imerina".
Mais à cause des guerres, les besoins en armes augmentent, alors le roi va créer un impôt d’une demi vata de riz, pour ceux qui pour une raison quelconque, ne vont pas au combat.
Pour se passer des intermédiaires, et de leurs prix abusifs, le roi va envoyer à Toamasina, un groupe d’Andraindranandro, c'est-à-dire des forgerons, pour acheter des armes, de fait, des gens compétents en armes.
Très vite, au courant des guerres d’Imerina, les traitants de l’Ile de France et Bourbon, vont être présents aux frontières d’Imerina, en Ancaye, pays Bezanozano, ou Ampamoizankova. Il est très possible que certains : tels Chardenoux, Mayeur, Lebel ou Hugon, rencontrèrent Andrianapoinimerina. La mission des Andriandranandro, est un succès, ils rapportent de la poudre, des balles, des fusils, et même un canon, que le roi dénomme aussitôt, Besafara.
Sur les frontières d’Imerina, il existe aussi des marchands d’armes malgaches, à Maharidaza, c’est un nommé Tongahasina qui en vend, à Ambodifahitra, c’est un Zanadralambo,Raberanto qui est parmi les plus importants. Les villages de traite fusils/ esclaves, sont : Ampamoizankova, le plus réputé et le plus connu, puis Ambohitrambo et Alarobia à l’Ouest. Il se trafique également des armes à Angavokely et Ambatomanga en pays Bezanozano.
En orateur consommé, et qui connaît l’amour de son peuple pour les mots au sens caché, le roi vante son armement : il donne un nom évocateur à tous ces fusils ; Behafana, grande charge, Behafo, beaucoup de feu, Behataka, beaucoup de bruit, etc.
En campagne, le roi emporte ses armes "lourdes" , foconneaux et fusils de rempart, mais rarement des canons, la seule fois, où les guerrier du roi ont emporté un canon c’était pour la campagne du Vakinankaratra, encore c’était plus pour le prestige de son fils Idama, que pour la guerre, un canon consommant trop de poudre. Conscient de la fragilité des armes à feu aux intempéries, le roi va demander qu’elles soient protégées, aussi va-t-on voir apparaître sur les marchés, des housses en Zozoro, papyrus. Ces housses selon leur qualité, se vendent de cinq à dix sept centimes.
La poudre, elle est hors de prix, trente piastres la corne. Ce qui explique la parcimonie avec lequel on l’emploie, et les tentatives d’en fabriquer sur place. Les balles elles, pour le roi, sont fabriquées par les Andriadranandro, et pour le peuple, on emploie de simples morceaux de cailloux ronds, ou même des morceaux de fonte ou fer, ce qui n’arrange pas les canons et fusils.
En réalité, l’arme à feu, est plutôt un signe de prestige guerrier, qu’une arme à gagner les batailles. La reine des batailles, c’est la sagaie ou lance, ou le grand couteau sabre.
L’envie de posséder des armes à feu est telle, qu’elle peut causer la perte d’un village, comme à Miakotso: ce village était tenu par des gens résolus et les guerriers du roi ne pouvaient s’en emparer ; alors, une ruse va être utilisée, sachant que ces gens sont déguisés en marchands pour leur en vendre. Selon la coutume, ils exigent d’être payes en adultes mâles, le nombre d’échangés est tel, que la garnison du village va s’en trouver affaiblie, car ce sont des défenseurs qui sont prisonniers, et espèrent toujours s’échapper, ce qui arrive très fréquemment.
Pour protéger le guerrier contre les balles, le roi va faire confectionner des charmes contre les balles. L’efficacité du charme étant renforcée par la maladresse du guerrier, la médiocrité de la poudre, et surtout la mauvaise habitude que les guerriers ont de serrer la crosse sous le bras, au lieu d’épauler.
Certains faits incroyables, renforcent cette crédulité, mais le plus souvent, la cause première est la maladresse.
Emblêmes guerriers
Le fusil tromblon :
Le roi possédait plus de vingt fusils, dont une petite quantité acquise par lui directement. Les chefs, ou autres rois, et même les Andriana qui rendaient hommage au roi Andrianampoinimerina, offraient des armes à feu.
Ces calibres étaient très variés ; depuis le " ray basy " père des fusils, de très gros calibre comme le fusil de rempart, et à cela s’ajoutaient le tromblon d’assez gros calibre, puis les " Anglisa ", fusils de faible calibre. Toutes les armes figurant au Palais de la Reine, sont des armes " mortes " qui n’auraient du revoir le jour, si ce n’était l’exhumation forcée du roi et de ses objets de 1897.
L’arme représentée sur la couverture est très attachante par sa particularité : la crosse comporte un guerrier sculpté, comme le montre en détail la figure de droite, guerrier qui épaule un fusil, mais conservant son bouclier. Cette représentation humaine est la plus ancienne connue en Imerina sur une arme, car l’Imerina est très pauvre en ce type de gravures. Les anciens ne représentaient pas l’être humain.
La sagaie :
Celle du roi est à large fer " Tsarababay ". Elle est réservée soit à l’apparat, soit au combat rapproché, ne se lance qu’en toute dernière extrémité.
Le hachereau :
Le roi est toujours muni d’une arme courte, ici ce type d’arme est mentionné par les premiers visiteurs lorsqu’ils rencontrent un roi " Filohany " sur le littoral.
Toutes ces armes ont la particularité d’être cloutées d’une façon particulière qui représente des expressions du " Sikily ", exception faite d’une arme qui porte une couronne royale et faite de petits moreaux d’argent. Cette représentation est vraisemblablement l’arme offerte au roi par un traitant qui voulait l’honorer.
Le bouclier :
Ou rondache est du type apparat par ses dimensions restreintes, les boucliers couvrant une grande partie du corps.
Mais le plus remarquable est ce que l’on pourrait qualifier de : sceptre du pouvoir royal magico-religieux.
En donner tout le symbolisme, sortirait du présent cadre.
Nous dirons qu’il est l’emblème royal à travers le bœuf dit : " Sikily ". Ce sceptre d’environ six pieds, reposait cassé " mort " dans la trano-masina, l’on ignore ce qu’il est devenu par la suite.
L’angady :
Représentation de la richesse, elle aussi reposait avec les objets " morts " dans le tombeau royal.
Le souverain plaçait en priorité la culture du riz ; cet instrument était le seul outil de labour connu, sa lame avalait un pied de long, pour de large. Elle était
fabriquée sur les hautes terres depuis des temps immémoriaux.

Les origines des villages fortifiés des hautes terres, avec les fossés et la porte avec son disque de pierre pour en barrer l’accès, sont extrêmement anciennes, peut être avant les royaumes Merina.

Pour une fois, la paternité de ce genre de fortifications n’est pas attribuée à ce roi, bien qu’il poussera ce système à un tel degré de perfection qu’il ne sera plus possible de l’améliorer. De toute façon, avec l’arrivée massive d’armes à feu et le développement du royaume Merina, ces fortifications, en hauteur, vont être abandonnées très rapidement, et les villages descendre dans les plaines, près des rizières.
La lente progression du peuple des Ambaniandro, s’accompagne le plus souvent de sites fortifiés, soit naturels comme les abris rocheux, soit avec des fortifications artificielles et des fossés et remparts de pieux.
Leur qualité d’intrus immigrants, les mettant le plus souvent en opposition armée avec les gens du lieu, un perpétuel réflexe de défense va être leur souci quotidien, aussi bien contre les naturels du lieu, que contre eux même.
Les anciens nous disent que les Vazimba sont les possesseurs du sol, à l’arrivée du groupe Ambaniandro-Hova, qui va repousser ou éliminer ces Vazimba, et ce jusqu’à la prise d’Analamanga-Antananarivo par Andrianjaka.
Un sentiment de culpabilité va naître à l’égard de ces Vazimba dans le peuple, et ce peuple pour "s’excuser" et se déculpabiliser, va en faire des entités supérieures, et leur faire des offrandes de pardon. Car, la réalité Vazimba est un fait, trop de souvenirs du passé en font état, mais ce n’est pas obligatoirement ceux des "contes" populaires.
La mémoire des conteurs successifs, a enregistré le fait Vazimba sous plusieurs paradoxes : "les Vazimba sont craintifs, armés seulement de sagaies à pointes d’argiles", déjà cette version est difficile à croire, puis, les mêmes conteurs nous parlent de fortifications Vazimba ?
"Une grande porte de pierre constituait l’unique passage pour la route qui descend et pénètre dans la vallée de Mandroseza. Cette porte remontait à l’époque des Vazimba d’autrefois". Cette porte est celle d’Ambavahadimitafo, qui barrait l’accès à Antananarivo, la porte avec toit.
Il est un site très ancien qui est attribué historiquement aux Vazimba, c’est le site d’Ambohitsitakatra. Ce site était le fief du roi Vazimba Merina Andriandravindravina, considéré par les anciens des Hautes terres comme l’un des premiers souverains de l’époque mythique Ambaniandro. Une simple visite des lieux, fera ressortir la modestie, et du lieu et de sa porte à disque de pierre.
Il est vrai que ce roi règnera à l’époque où il n’y a, ni riz ni manioc, ni patate, la seule nourriture étant celle de la cueillette, le bœuf, lui, n’étant pas encore présent. Ce lieu, par son implantation sur un site élevé, fut déserté sans doute très tôt, et fut souvent confondu par nos conteurs avec le site plus au Nord, d’Ambohitsitakady.
Ce système défensif de disque de pierre, va apparaître dans ce que l’on pourrait appeler, la civilisation du Mangoro. L’exemple le plus typique, est celui d’un village, sur le fleuve Mangoro, à une centaine de kilomètres du littoral, avec une porte à disque de pierre, et que les pirates marchands d’esclaves auront le plus grand mal à prendre, ils devront utiliser la poudre pour faire sauter la porte, leur étonnement sera encore plus grand, d’entendre les gens de ce village parler un langage différent des gens de Foulpointe et de Fenerive.
Il est vrai que le fleuve Mangoro, avec son affluent fleuve Onive, ont été une route de pénétration dans les Hautes terres, en tous cas c’est celle des islamisés d’après les Sora-be ou les manuscrits anciens.
Le voyage de Ravahinia, princesse islamisée, vers les Hautes terres, lui fait emprunter ce fleuve, jusqu’à la source de l’Ikopa, et s’y marier avec un Andriana du lieu : Andriamboaka, ce prince sera enterré au milieu du lac Tasy sur ces Hautes terres. Cette montée des islamisés ou autres est peut être liée à l’arrivée des perturbateurs Européens, qui sont avides de conquêtes, d’or, donc de sang.
Cette montée par l’Onive, est également mentionnée indirectement par Andriamasinavalona, dont l’astrologue Andriamampandry demande de se souvenir d’Antananarivo-kely, au Sud d’Andramasina, lieu où l’Onive prend sa source. Le roi Andriamasinavalona, suivant les conseils de son devin- astrologue, donnera les noms de cette ancienne métropole au nouveau site d’Antananarivo, d’après les manuscrits des anciens.
Ce système défensif de disque de pierre, va apparaître dans ce que l’on pourrait appeler, la civilisation du Mangoro. Il est vrai que le fleuve Mangoro, avec son affluent fleuve Onive, ont été une route de pénétration dans les Hautes terres, en tous cas c’est celle des islamisés d’après les Sora-be ou les manuscrits anciens. Cette montée par l’Onive, est également mentionnée indirectement par Andriamasinavalona, dont l’astrologue Andriamampandry demande de se souvenir d’Antananarivo-kely, au Sud d’Andramasina, lieu où l’Onive prend sa source. Le roi Andriamasinavalona, suivant les conseils de son devin- astrologue, donnera les noms de cette ancienne métropole au nouveau site d’Antananarivo, d’après les manuscrits des anciens.
Donc, très tôt, les Ambaniandro utilisent le disque de pierre pour barrer les accès de leurs villages. Il est curieux que s’ils utilisent le disque de pierre, ils n’utiliseront jamais la roue comme moyen de roulage pour les fardeaux.
L’objection de régions à reliefs tourmentés n’étant pas une raison suffisante pour justifier ce rejet de la roue, aucune explication satisfaisante n’est avancée par les anciens.
Ce qui est certain, c’est que sans cesse les Merina vont perfectionner leurs systèmes défensifs, pour en arriver au complexe Ambohitsitakady, Ambohibeloma Nord, où ils vont creuser des tranchées énormes à l’aide de l’eau le plus souvent.
C’est grâce à ce système, que ces lieux vont tenir tête au roi. La faiblesse du grand roi Andriamasinavalona, qui va partager son royaume entre ses quatrede fait des guerres inter localités, va accélérer la fortification des villages, car la faiblesse, liée à l’inconséquence des roitelets Andriana, va amener en Imerina un brigandage qui va se traduire par des razzias massives des habitants, d’où la nécessité de renforcer les défenses, et de construire les villages en des lieux escarpés et difficiles d’accès.
Cela va cesser avec le grand roi, Andrianampoinimerina

Et le temps de la guerre va prendre fin
Avec un certain faste, le roi va matérialiser et affirmer cette fin de guerre de reconquête.

Il va faire construire un dépôt aux murs en pierre, ce qui est tout à fait exceptionnel, car sous ce roi, tous les bâtiments sont, soit en bois, soit à la rigueur en terre. La pierre n’est employée que pour construire les tombeaux, ou les entrées de village, sous forme de disques. Un fady, interdit magico -religieux l’a confinée en ces deux fonctions.
Ce bâtiment de pierre va prendre le nom de "Fiadanana", la paix. Seront déposés à l’intérieur, en grande pompe, de la poudre, des balles, des silex, une conque marine "Antsiva". Puis deux sagaies à larges lames comme protection. On y ajoute : des ciseaux, un couteau, pour la viande des guerriers.
Le roi en un grand discours annonce la fin de la guerre et dit au sujet de ce dépôt, "n’en retranchez rien, n’en ajoutez rien".
Maintenant le roi va administrer son royaume.

D’Andrianerinerina à Andrianampoinimerina
Andrianerinerina d’Anerinerina, est enterré au Nord d’Ambohimalaza. Anerinerina est situé au Nord d’Angavokely ; Kilonjy est Nord d’Anerinerina (c’est un village abandonné ; le tombeau des Zanakambony est à Kilonjy.)

Andrianerinerina engendra Andriananjavonana qui vécut à Angavoantsinanana.
Cet Andrianerinerina, dit le manuscrit, était le fils d’Andriamanitra descendu du ciel pour jouer avec les Vazimba à Anerinerina.

Andriananjavonana engendra Andrianamponga.
Andrianamponga engendra Andriandranolava, qui vécut à Ambohimanjaka.
Andriandranolava engendra Andrianamboniravina, qui vécut à Beravina, à l’Est d’Ankadivoribe
Andrianamboniravina engendra Andriampandrana, qui vécut à Ampandrana
Andriampandrana engendra Andriandohafandrana.
Andriandohafandrana engendra Andriampandramanenitra
Andriampandramanenitra engendra Rafandrapohy
Rafandrapohy engendra Rafandrandava
Rafandrandava engendra Rangita et Rafohy, qui vécurent à Merimanjaka
Rafohy engendra Andriamanelo qui vécut à Alasora

D’Andriamanelo à Andrianampoinimerina
Andriamanelo engendra Ralambo, qui vécut à Ambohitrabiby
Ralambo engendra Andrianjaka, qui vécut à Antananarivo
Andrianjaka engendra Andriantsitakantandriana qui vécut à Antananarivo
Andriantsitakantandriana engendra Andriantsimitoviaminandriana
Andriantsimitoviaminandriana engendra Andriamasinavalona

Andriamasinavalona engendra les quatre fils ci-après:
Andriantomponimerina qui vécut à Marovatana ;
Andrianjakanavalomandimby qu’il laissa à Merinatsimo ;
Andrianavalonimerina qu’il laissa à Ambohitrabiby ;
Andriantsimitoviaminandriana qu’il laissa à Ambohimanga.
Ravololondralambo, fille de sa sœur (nièce), qu’il laissa à Lafy (Ilafy) et qu’il maria à un cousin (fils de frère et sœur) de celle-ci.
Andriambelomasina qui fut le maitre de l’Avaradrano et dont le fils s’appela Andrianjafy.
Andriambelomasina fit cette déclaration sous serment : " A toi le jour entier ; mais à Ramboasalama la suite. " Ramboasalama n’est autre qu’Andrianampoinimerina.
Andrianampoinimerina, qui réalisa l’unité Merina.
Andrianampoinimerina , époux de Rambolamasoandro, à Ambohimanga

Oraganisation de la famille

Sous forme de Kabary (discours au peuple), ANDRIANAMPOINIMERINA a abordé dans ses aspects fondamentaux toutes les questions juridiques qui lui paraissaient d’une importance vitale pour l’existence de son peuple. Si l’on s’en tient aux grandes règles de droit privé qu’il a posée, on peut dire que le principal souci d’ANDRIANAMPOINIMERINA a été d’organiser la famille, de proteger les biens de ses sujets et d’instaurer un embryon d’organisation judiciaire. A la suite des Kabary d’ANDRIANAMPOINIMERINA se place la serie des Codes malgaches : le Code de 1828 de RANAVALONA 1ère en 48 articles, le Code du 12 Alahasaty 1862 de RADAMA II en 50 articles, le Code du 10 Adimizana 1863 de RASOHERINA en 16 articles, un cond Code de Rasoherina du 26 septembre 1863 en 68 articles, le Code du 3 septembre 1868 de RANAVALONA II en101 articles, les instructions aux Sakaizambohitra du 14 juillet 1878, le Code du 29 mars 1881, plus connu sous le nom de Code de 305 articles, et enfin les réglements des gouverneurs de l’Imerina de 1889. Ces différents textes ne se substitueront pas les uns aux autres : ils se succèdent en se complétant, constituants un ensemble assez complexe qui remonte aux Kabary d’ANDRIANAMPOINIMERINA, que l’on peut situer à la fin du XVIIIe siècle.

DES FIHAONANA AUX TSENA

Avant Andrianampoinimerina, au temps où les roitelets de l’Imerina guerroyaient en permanence pour le contrôle d’une colline, les échanges se limitaient aux prises de guerre. C’était le temps des « Fihaonana », sorte de trêves sacrées pendant lesquelles les belligérants convenaient de se rencontrer pour négocier entre eux  des esclaves, des fusils, ou de la poudre. Et les hostilités pouvaient reprendre le lendemain avec une vigueur  nouvelle jusqu’au « Fihaonana » suivant.

Quand il eut réussi l’unification de l’Imerina, Andrianampoinimerina s’attela à effacer des mœurs ces rencontres, proposant de les remplacer désormais par des échanges plus pacifiques. « Je ne les appellerai plus Fihaonana », déclara-t-il, « parce que vous y faisiez de mauvaises rencontres. Je les désignerai par le mot Tsena ». Hagamainty le plus sage d’entre ses conseillers suggéra de lancer dans un premier temps des « Tsena » expérimentaux sur lesquels à la fois le Roi et le peuple jugeront. Le choix pour cette grande innovation se porta sur l’Avaradrano.

Andrianampoinimerina s’adressa en ces termes à la population de cette région au nord d’Antananarivo : « J’institue des marchés dont je fais des places où les gens vendront les produits dont ils disposent, et où ceux qui n’en ont pas pourront les acheter. Que les travaux et l’élevage auxquels vous vous livrez soient une source de richesse et un moyen de subsistance qui contribuera à la prospérité des marchés. Si les marchés sont animés j’en aurai du plaisir, et vous aussi ». Et de poursuivre : « Les sept jours de la semaine seront tous jours de marché chez vous les Avaradrano. Mais je ne les mettrai pas trop rapprochés les uns des autres, car cela avilit le prix des denrées et  ne contribue pas au développement de ces marchés ».

Et il décida la répartition suivante :

                -le dimanche ( Alahady) chez les Andrianteloray,

                -le lundi (Alatsinainy) chez les Tsimahafotsy à Imerimandroso,

                -le mardi (Talata) chez les Mandiavato à Ivolonondry,

                -le mercredi  (Alarobia) chez les Tsimiamboholahy à l’est de Namehana,

                -le jeudi  (Alakamisy) au sud d’Ambohimanga,

                -le vendredi ( Zoma) chez les Voromahery à Fiadanana au sud d’Antananarivo,

                -le samedi  (Asabotsy) chez les Anativolo.

 

Le premier Zoma a donc été installé au sud d’Antananarivo et il a transité par d’autres endroits dont Antaninarenina avant de se fixer à Analakely.

Son initiateur voulait en faire un lieu de rencontre « tsy manam-paharoa », à nul autre pareil.

Une prédiction réalisée des siècles plus tard puisqu’ avant son démantèlement pour cause d’engorgement devenu incontrôlable, le Zoma  était réputé être le plus grand marché à ciel ouvert du monde.

Les « Tsena » de l’Avaradrano connurent rapidement un succès tel que les autres régions ne tardèrent pas à réclamer elles aussi les leurs. C’est ainsi que les les Zafimbazaha eurent leur « mercredi » à Amboanjobe, les Zanamihaotra leur « samedi » à Andoharanofotsy, les Keliampinga leur « jeudi » à Ambohipeno.

Quand les six divisions de l’Imerina furent convenablement dotées, Andrianampoinimerina rappela une dernière fois au peuple les grandes lignes de sa conception des marchés : « On y portera tout ce dont la population se nourrit : du manioc cuit, des pieds de bœuf cuits, des galettes de riz …

On y portera même de l’eau pour désaltérer les gens, et nul ne pourra se faire donner à boire sans un objet d’échange car c’est là le gagne-pain des pauvres.  L’honnêteté devra y être de rigueur car tous ces marchés sont mes palais, tout comme Ambohimanga et Antananarivo, ou l’une des douze Collines Sacrées. Si quelqu’un y est surpris en train de voler, son délit sera considéré comme un vol commis dans un de mes palais et le coupable sera mis à mort sur le champ ».

Les marchés vinrent tout naturellement étoffer les proverbes.

« Se mettre tout le monde à dos comme celui qui vole sur un marché »…

« Etre comme un chien qui erre au marché : s’il ne trouve rien il ne peut en vouloir à personne, et ce qu’il trouve il n’a pas non plus à le partager »…  « Etre tout le temps malade comme l’herbe  qui pousse sur une place de marché »…

« Etre comme un idiot qui a reçu trop de leçons : même dans la foule d’un marché il demandera son passage »…

« Avoir beaucoup de désirs mais très peu de moyens comme un pauvre qui habite près d’un marché ».

Et bien d’autres encore…

Texte rédigé par Thompson ANDRIAMANORO

     A la fin du XVIIIè siècle, le Roi ANDRIANAMPOINIMERINA amorçait le prélude de la naissance d'une unique et seule Nation malagasy. Il déclarait alors : « Ny ranomasina no ho valamparihako » ( La mer sera ma frontière ). Le futur Etat malgache va naître.

Il entreprend ensuite de réunifier presque tous les pays pour en devenir, à partir de 1806 ou 1807 l'unique souverain. Cependant, Andrianampoinimerina n'est pas seulement un conquérant mais aussi un législateur et un « orateur » de grand talent, ce qui, dans le cadre traditionnel, implique la maîtrise littéraire et une profonde sagesse. Son œuvre et ses discours, rapportés par les traditions orales et écrites compilées ensuite par un missionnaire dans le monumental Tantaran'ny Andriana (« L'Histoire des Rois ») constituent ainsi la source principale des traditions, aussi bien politiques que littéraires et philosophiques des Merina depuis le XIXe siècle.

Le départ de l'unification de Madagascar

Andrianampoinimerina filanjana 2Quand ANDRIANAMPOINIMERINA arrivait au pouvoir, il mettait en place des stratagèmes pour asseoir son autorité sur l'étendue du territoire. Les Mandiavato, clan d'Ambohitrabiby, avec le clan Tsimahafotsy d'Ambohimanga et le clan Tsimiamboholahy d'Ilafy avaient été les artisans de la montée au pouvoir de ce Roi. Ce qui leur conférait le titre d'aîné de la Nation dans l'organisation de l'Etat d'alors : on les surnommait les « Voromahery » ( Aigle ).

A ceux qui l'acceptaient, il offrait son alliance. Aux autres, il déclarait la guerre. Madagascar était alors dirigé par des Gouverneurs Andriamasinavalona ou des gouverneurs militaires qui géraient les territoires au nom du Roi avec une certaine autonomie.

Le Royaume grandissait avec de nouvelles alliances et de nouvelles conquêtes. Le poids de l'administration se faisait de plus en plus sentir. Le pouvoir central avait changé le mode de gouvernance de chaque Région avec l'arrivée des représentants de l'Etat : Les Sakaizam-bohitra.

sampy-4.jpgMais un roi ne se déplace pas simplement. Les idoles doivent scruter la route, en tête est Ramahavaly, dont c’est la mission principale, flairer tous les sortilèges qui sont "sous terre" sur le chemin que suivra le roi.
Les Tsindranolahy ou les Tsierondahy forment la garde rapprochée du roi, tous armés de fusils qui ne les quittent kamais. Suivent immédiatement après, les douze, car ce sont les aînés qui l’ ont porté au pouvoir. Immédiatement après les douze, sont les cinquante et les soixante dix, et enfin le peuple, armé de ce qu’il peut.
L’armement royal est varié et disparate et, s’il ne comporte pas de canons, sauf exception, il comporte des couleuvrines portées par quatre hommes, des fusils de rempart et des tromblons "ray basy".

Récit d’un ancien :

Les petits fusils étaient en grand nombre. Il n’y avait pas encore de gros canons, mais de gros fusils "les pères des fusils" portés par quatre hommes. Les autres armes utilisées par les ancêtres étaient la lance et le bouclier, le long couteau et la fronde, on pratiquait beaucoup la fronde à l’approche de l’ ennemi, c’est elles qui marchent en premier , rien n’est interdit au combat même les gros morceaux de bois, tout ce qui tombe sous la main. Il n’y avait pas encore de soldatsnc’était le peuple qui menait la guerre.

Guerres de conquête

Au début du XIXe siècle, le roi Andrianampoinimerina repousse les Bezanozano vers l'est, conquiert à l’ouest les royaumes de l’Imamo oriental et, après plusieurs batailles contre les Sihanaka et les Bezanozano, porte ses frontières à la limite orientale du plateau. Il conquiert ensuite le royaume d’Andrantsay, puis les quatre royaumes betsileo, qui ne parviennent pas à faire leur unité. Il obtient la soumission de Mikala, souverain du Ménabe, puis entre en relation avec Ravahiny, reine du Boina, et avec les chefs des royaumes antemoro qui étaient représentés par les membres du clan Anakara Andriamahazonoro, Ratsilikaina et Andriambita. C'est d'ailleurs grâce aux négociations menées par ces derniers que l'union entre le fils du roi, Ilaidama (futur Radama Ier), et la princesse Sakalava Rasalimo a été possible.

Organisation du royaume

Andrianampoinimerina organise ses États en s’appuyant sur la coutume. Selon que la conquête a été pacifique ou violente, les territoires intégrés conservent leurs anciennes autorités ou subissent une colonisation pure et simple de la part des migrants hova et andriana, dont les plus heureux reçoivent des domaines occupés par 7 000 chefs de famille capables de porter les armes et de payer des impôts. Le roi (mpanjaka) a un pouvoir en principe absolu mais il existe une convention entre lui et le peuple (fenitra), « scellée pour l’éternité ». Une assemblée populaire, le kabary, représentant les principaux groupes sociaux et les divisions administratives du royaume, règle les questions les plus importantes. Le royaume est divisé en six toko (districts), dirigés chacun par deux hommes, un andriana et un hova issus ou non de la population locale. Ces toko sont subdivisés en foko, qui correspondent à des villages. À l’échelle du foko, des assemblées villageoises (fokon’olona) règlent les problèmes administratifs, judiciaires et de police et organisent les travaux collectifs.

Il partagea le gouvernement avec le peuple et établit un code civil, du point de vue législatif, conforme au droit naturel et aux mœurs du pays, ainsi qu’un code pénal.

Il déclara l’égalité de tous en droit et devant le travail.

Pour tenir en main son royaume, Andrianampoinimerina met sur pied un réseau parallèle d’informateurs et de représentants du roi : les épouses royales, au nombre de 47 mais dénommées "les Douze" pour des raisons symboliques - relatives aux douze collines sacrées de l'Imerina (symbole de son alliance avec les anciennes dynasties régnantes ralliées ou soumises) -, sont un relais de son autorité dans les provinces. Aussi sont mis en place les soixante-dix vadin-tany (époux de la terre), possédant à l’échelon des foko les pouvoirs exécutifs et judiciaires.

Mesures de capacité

Ses efforts portèrent sur l’agriculture et le commerce et il créa de nombreux marchés à travers tout le pays.

Après la pesée de l'argent, le roi imposa de nouvelles mesures de capacité pour le riz. II existait bien depuis fort longtemps une mesure de capacité type; c'était la "vata". Malheureusement, cette mesure n'était pas bien reproduite par les fabricants de corbeilles. Aussi, le roi décidat - il de faire détruire toutes les Vata en usage, et en imposa une autre, la vata "menalefona", ce fut la mesure étalon. II envoya sur les marchés douze Tsierondahy bourreaux, avec ordre de mettre à mort tous les marchands n'employant pas la nouvelle mesure.
Dans un royaume où tout est basé sur le riz, cela peut se justifier. Mais le roi est confronté à un dilemme ... II existe une autre vata royale, mais plus petite et instituée par son père, le roi Andriambelomasina lors de la grande famine qui ravageait le royaume. Ne pouvant désavouer son ancêtre royal, le roi décide que cette mesure sera employée où elle a été créée: à Kaloy, et uniquement là.
La civilisation du riz va vraiment atteindre son apogée sous ce roi, il va apporter la plus extrême attention pour tout ce qui touche le riz. II dit: "J'en viens à vous les marchands de riz; nombreux sont les pauvres qui n'ont pas les moyens d'acheter une grande mesure de riz, mais seulement la moitié, le tiers, le quart ou le cinquième. Quand ils viennent sur le marché, vous les faites souffrir. Si vous faites cela, vous ne vendrez plus sur les marchés, la vente sur les marchés doit permettre aux pauvres et aux orphelins de vivre".
Pour mieux aider le peuple, il fixe le prix du riz : cinq petites mesures valent quatre vingt centimes, le famarana en vaut quatorze, la grande mesure vaut cinq francs soixante ou six francs.

Prélèvements sur les marchés

Très vite, le succès des "tsena", marchés va crée chez les notables responsables des différents groupe Ambaniandro une envie: prélever sur les marchés, comme leur rang de naissance ou de commandement leur en donne le droit ancestral.
Hagamainty, conseiller du roi est le premier à s'opposer aux notables rassemblés au Rova. II va le faire avec conviction et ardeur, comme tout ce qu'il fait ou dit. Mais comme de coutume, la demande est indirecte: "Les marchés sont prospères, vous pouvez prendre pour vous de toute sorte ô roi'. Le roi de demander: "Que prendrons nous ?", et les notables de répondre "depuis le manioc jusqu'à l'esclave".
Ch. G. Mantaux et H. Katsimieb Copyright L'Express de Madagascar

Un grand monarque tourne le dos

      Sentant ses forces diminuer, le grand Andrianampoinimerina décide d'aller à Anosifito pour "consulter son ombre". II s'arrête d'abord à Ampitantelo, près d'Andrainarivo, sur le territoire des Zanakandrianato qui viennent lui offrir le "hasina", marque de sa souveraineté, ainsi que du ravitaillement pour la route.
     Arrivé à Anosifito, il se dirige vers la source de la Mananara, lieu sacré pour consulter son ombre, en se mirant dans l'eau. De là, il se dirige vers Ambodivato pour la même raison. A chaque fois, il semble découragé, ce qu'il y voit le rend pessimiste. II ne devra "tourner le dos" qu'un an plus tard car, selon la croyance populaire, un monarque décède un an après être allé à Anosifito.
     Dès qu'il rentre à Ambohimanga, il commence à se sentir maladif et devient de plus en plus distrait, "lasalasa ambiroa". Evidemment, les gens du Palais et les émissaires royaux croyant sans doute qu'il leur survivra étant donné son charisme, sa gloire et son pouvoir accusent les Zanakandrianato d'avoir provoqué sa maladie. Zanakandrianato qui sont convoqués sur le champ, non pas parce que le Roi doute d'eux, mais pour les laver de tout soupçon. Ils passent un jugement par le tanguin pratiqué sur des poulets, qui y survivent.
     Comme leur accusation n'est pas fondée, c'est au tour des hommes du palais de subir une ordalie, directe cette fois-ci: le chef des "tandonaka" en meurt. Mais cela ne guérit pas pour autant le Roi, qui décède au bout d'un an de maladie, à la fin de la saison pluvieuse 1810.
     Quand le moment approche, Andrianampoinimerina réunit sa parenté et les grands du Royaume "qui l'ont soutenu dans la réunification du Royaume légué par Andriamasinavalona, dans la consolidation, l'extension et la préservation de sa souveraineté". II leur annonce le nom de son successeur, Laidama. "Je vous le confie, mais laissez-le, cependant, vivre sa jeunesse, il est assez sensé pour distinguer le bien du mal".

Paroles du roi à son lit de mort

"Te voici maintenant, ô Dama, car, je vais retourner et t’installer. Que d’histoire dont tu as été l’auditeur et le spectateur ! Quelles n’ont pas été ma force et ma gloire ! Il n’est pas de forêt que je n’aie traversée et pas de sommet que je n’aie escaladé ; il n’est pas de colline sur lequel je n’aie combattu. Car Dieu m’a donné avec largesse ; il m’a donné des biens et m’a gardé ; j’ai eu aussi les bénédictions des ancêtres, car je m’appelle Ramboasalama. J’ai été aidé par les populations du centre : aussi ai-je été puissant au centre de l’île et connu sous le nom glorieux d’Andrianampoinimerina. J’ai balayé l’emplacement qui entoure ma maison pour ne plus avoir à l’épousseter. Je me suis entouré des portes d’autres gens avant de me construire une maison. J’ai du faire de grandes dépenses avant de me trouver des amis. J’ai vomi le foie et la bile "subi de grandes souffrances" avant de faire honneur à ma famille. Et, non seulement cela, mais j’ai échangé de la viande cuite pour de la crue avant de réussir. J’ai subi de dures privations et mangé ou bu le sang de bêtes inconnues avant d’être le maître de ce monde.
O Dama ! Mais vraiment la force ne l’emporte pas sur l’esprit; et le bien se cache à l’intérieur du mal. Je considère que tu as de la chance, toi qui règneras, entouré par ces vieux taureaux : si tu les soutiens bien, tu obtiendras tout ce que tu désires ; même si la pierre sur laquelle ils font tourner du bois pour obtenir du feu est percée, car les bêtes ne sont pas supérieures au caïman. N’en fais pas des vaincus, de ceux qui sont avec toi qui es fort. Ne permets pas que d’autres leur servent d’intermédiaires, car c’est moi le propriétaire de ce pays. Ils sont les boucliers impénétrables par les balles, les boucliers plats qui nous protègent contre les lances ; ils ont fait les plus grands efforts pour que je sois le seul souverain."
Les paroles du roi, sont dans la plus pure tradition de ce temps, et doivent être acceptées dans leur contexte ésotérique : "j’ai fait le vide dans ma famille, avant de m’attaquer aux autres. J’ai balayé l’emplacement qui entoure ma maison pour ne plus avoir à l’épousseter".

      Le lendemain, c'est au tour de ses épouses et de ses enfants de l'entourer. Après avoir confirmé que Laidama lui succédera, il lui donne ses ultimes conseils: s'occuper des épouses et des concubines de son père, préserver le Royaume et l'étendre jusqu'à la mer, régner avec sagesse en recourant aux conseils des grands du Royaume avant toute prise de grande décision, et se faire aimer de ses sujets. II conclut en annonçant son souhait d'être "caché" auprès de ses ancêtres à Ambohimanga, tout en précisant que Laidama, lui, le sera à Antananarivo, dans le Fitomiandalana.
      Quand Andrianampoinimerina tourne le dos, selon la coutume, on proclame d'abord le nom de son successeur avant son décès. Au nom de Laidama, les sujets ovationnent et lui promettent fidélité, "car tu as été choisi par Andrianampoinimerina ". Radama, de son côté; les rassure: "Si vous respectez les paroles de mon père, je vous assure protection et bonheur".
Comme de tradition aussi, certains sujets "qui en ont besoin", sont purifiés par le tanguin, notamment "ceux suspectés d'avoir provoqué la maladie d'Andrianampoinimerina" les uns en survivent, les autres en meurent; les descendants de ces derniers sont maudits et "bon nombre deviennent lépreux".
     Tous les hommes se coupent les cheveux pour marquer le début du deuil avant que le "masina" (dépouille mortelle du Roi) ne soit transporté au palais Besakana du Rova d'Antananarivo où se tiendra, pendant une semaine, la veillée mortuaire. Les sujets accourent de tout l'Imerina élargi et campent par territoire : les Avaradrano à Ambatomena (Mahazoarivo), les Vakinisisaony à Ankadimbahoaka, les Ambodirano du côté d'Anosizato, les Vakinankaratra près des Ambodirano, les Marovatana et les Vonizongo à Andohatapenaka.
      Dans la journée, femmes et enfants montent au Rova pour pleurer, tandis que les hommes tirent des coups de fusils. Quand vient la nuit, c'est aux hommes d'aller au Rova pour se relayer en une garde d'honneur autour du Besakana. En moyenne, 200 boeufs gras des troupeaux royaux et 300 dans la nuit, sont abattus pour nourrir le peuple. Leurs os et leurs cornes sont profondément enterrés, selon les directives du Roi défunt, "pour qu'ils ne soient pas éparpillés et dévorés par les chiens". Plus tard, Radama fait déterrer les cornes pour en fabriquer des cuillères, et les sujets s'y précipitent.
     Au bout d'une semaine, on ramène le "masina" à Ambohimanga pour être caché dans la "Tranomasina" érigée par les Zanadahinarivo, après avoir été recouvert par des dizaines de linceuls (10 par territoire et 10 donnés par les Havanandriana comme le veut la loi, sans compter ceux offerts par les simples sujets) et déposé dans la pirogue d'argent fabriquée par les Andrianteloray. On le cache à Mahandrihono, au nord du caveau de son grand-père Andriambelomasina, et selon la tradition, cela se fait de nuit, en comité restreint, tandis que les sujets se prosternent de loin. Le deuil durera un an.

Le grand roi Merina mourut en 1810, laissant un État solide à son fils qui régna sous le nom de Radama 1er sur plus de la moitié de Madagascar. À la passation des pouvoirs, l'idée fixe du père ne s'était pas estompée puisqu'il demanda sous serment à son successeur de conquérir le pays jusqu'à la mer. 

Tafondro niteraka basy angalisa : ny feon-drainy ihany no feon-janany ! (La refonte d'un canon permit de forger des mousquets : la voix du métal resta la même !)

 

 

 

 
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Date de dernière mise à jour : mardi, 12 Juillet 2016

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