RANAVALONA II

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LA CHRETIENNE

Banniere ranavalonaii copie

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina.fr)

La mort de la Reine RASOHERIMANJAKA

Ranavalona i voyage sur le filanjanaDe retour de son voyage sur la côte est, RASOHERIMANJAKA tombe gravement malade. Elle partit d'Anatirova pour se reposer et se refaire une santé, mais son état s'aggravait. Elle alla se reposer dans la maison de RAINILAIARIVONY à Amboditsiry. Comme on ne trouait pas la Reine dans son Palais, le bruit courut qu'elle était morte mais que certains hauts dignitaires voulaient le cacher au peuple. Certains Hauts dignitaires voulurent en profiter pour essayer de mettre sur le trône le prince RASATA, fils de RAHAROLAHY, petit-fils de RABODOSAHONDRA, sœur de RADAMA I, pour succéder à RASOHERIMANJAKA. Parmi, les partisans de cette solution était RAINIVONINAHITRINIONY, premier Ministre déchu et exilé à Antsirabe.

Mais au moment où les conjurés étaient rassemblés  au Rova, la Reine apparut publiquement en filanjana, venant d’Amboditsiry, entrant dans le Rova, acclamée par la foule. Les conjurés furent confondus, puis arrêtés et interrogés.

Rasoherina funeraire1

La nuit du 1er avril 1868, la reine RASOHERIMANJAKA mourut. Le deuil de RASOHERINA ayant duré jusqu'au 15 juin et les discussions relatives à la conclusion du traité français, ayant occupé le gouvernement jusqu'au 8 août 1868, le couronnement de RAMOMA avait dû être différé.

Ranavalona II au pouvoir

      Dès la nouvelle de la grave maladie de la reine RASOHERINA (la Chrysalide), une quinzaine d’officiers supérieurs du palais royal tenta pourtant d’affaiblir RAINILAIARIVONY, accusé d’absolutisme, la manœuvre consistant à porter sur le trône, soit le prince Rasata, petit-neveu de RANAVALONA 1ère, soit RAVAOZOKINY, cousine de RADAMA 1er.

   La nuit du 1er avril 1868, la Reine RASOHERIMANJAKA mourut.    

La nomination officielle

     Quelques heures seulement après la mort de Rasoherina, Rainilaiarivony réussit à organiser la continuité des affaires de l'état en ayant résolu le choix de la succession au trône. Les Hauts Dignitaires, les 15 Honneurs et les 16 Honneurs, se sont concertés et ont décidé que Ramoma, cousine de Rasoherina sera la prochaine Reine.

      A quarante trois ans, RAINILAIAIRVONY, le Premier ministre de cette époque avec quelques officiers s’est déjà choisi une nouvelle épouse morganatique. Ils décidèrent que ce serait la princesse RAMOMA, fille de RAZAKARATRIMO, noble originaire d’Ambohitrantenaina Imamo, une dynastie parallèle à celle de l’Imerina mais qu’ANDRIANAMPOINIMERINA intégra, et de la princesse RAFARASOA, sœur cadette de la mère de RASOHERINA, qui devrait être la nouvelle souveraine. Un bon choix, RAMOMA, à trente neuf ans, étant une bonne chrétienne, douce et obéissante, discrète et débonnaire, bref l’idéal pour un RAINILAIARIVONY dévoré par l’envie de l’exercice exclusif et solitaire du pouvoir.

      Le lendemain, furent annoncés au peuple, à la fois la mort de la reine Rasoherina et le nom de son successeur, en bien précisant que le choix de la nouvelle reine était conforme au code formulé par Andrianampoinimerina pour la succession. La reine désignée était, en effet, une fille de Ramasindrazana, la soeur de Ranavalona I.

Biographie

Ascendance

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
4. Andriantokanady Andriamarotafika
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2. Prince Razakaratrimo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1. Ranavalona II
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Roi Andriambelomasina d'Avaradrano et Imerinatsimo
 
 
 
 
 
 
 
 
12. Prince Andriantsimitovizafinitrimo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Princesse Rasoherimananitany
 
 
 
 
 
 
 
 
6. Prince Andriantsalamanjaka
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Andrianampianarivo
 
 
 
 
 
 
 
 
13. Rabodomanjaka
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Ratomponivololona Ravololonandriantsimitovy
 
 
 
 
 
 
 
 
3. Princesse Rafarasoa Ramasindrazana
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Andriamiaramanjaka
 
 
 
 
 
 
 
 
14. Prince Andriandamboranto
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Princesse Ranavalonandriambelomasina
 
 
 
 
 
 
 
 
7. Princesse Rabodonandriantompo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Andriankirahinimerina
 
 
 
 
 
 
 
 
15. Princesse Ramboakovelo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Princesse Ranavalonjananjanahary
 
 
 
 

Avant son accession au trône, RANAVALONA II s’appelait RAMOMAZANAKANDRIANA qui veut dire Princesse RAMOMA.

       C’est dans le palais d'Ambatomanoina, quartier de Masombahiny qu’elle est née en 1829 (le dimanche 18 Alahamady, di-on). Elle est la fille de RAZAKATRIMO, qui était prince d’Ambohitrambo de par sa femme et de la princesse Rafarasoa RAMASINDRAZANA, originaire du village d’Ambatomanoina, fille de la sœur d'ANDRIANAMPOINIMERINA, ce qui lui conférait la légitimité du pouvoir, selon la règle de succession érigée par le grand roi. Elle appartenait à la dynastie Merina.

       La princesse Rafarasoa RAMASINDRAZANA a donné au trône d’Antananarivo trois reines et un roi : RANAVALONA I (1828-1861), RADAMA II(1861-1863), RASOHERINA (1863-1868) et RANAVALONA II (1868-1883).

       RAMOMA avait trois frères : RAMBOASALAMA, RAMONJAMANANA et RAMAHATRARIVO appelé aussi ANDRIANTSALAMA.

Enfance et jeunesse

      RAMOMA a été élève dans une des écoles de la London Missionary Society où elle a reçu une éducation élémentaire (R. BARON). ANDRIANAIVORAVELONA d’ajouter : « Elle savait lire couramment et écrire aussi »

      Il existe aux Archives de la République Malgache une page manuscrite qui – selon toute probabilité – a été écrite de la main de RAMOMA. Elle est datée du 10 Adalo 1861 et constitue son testament P.P 34 EX 1083, p. 2

« Antananario 10 Adalo 1861,
Ary izao nofiteny ndRamomazana kandriana, Niaminy izao aho izao
na firy nafiry zanako, Rakoton dradama, pirins ihany no mandidy sy
lahimatoa fa Rakoto no Ikaky sy Ineny sady Tompo no Havana,koa
na ny zanako naterako na ireto zaza nalaiko dia Rakoton dradama
pirins no mahalala izay andidiany azy”.   
 

        A l’école, elle ne s’occupait pas seulement de lecture et d’écriture mais écoutait avec avidité ce que l’instituteur dévoilait de temps en temps sur la vraie religion du Dieu vivant.

       On lui donna comme époux le premier ministre RAINILAIARIVONY, fils de RAINIHARO et de RABODOMIARANA, car il était le représentant des Hova. Il épousa successivement les trois femmes régnantes : RASOHERINA, RANAVALONA II, et RANAVALONA III. Il était premier ministre de Madagascar entre 1864 et 1895.

      RANAVALONA II n'a pas eu de descendant, mais ses frères RAMBOASALAMA, RAMAHATRARIVO, et RMONJAMANANA jouissaient d'une nombreuse postérité.

     RAMOMA grandit dans un milieu proche des premiers chrétiens et elle prit même part à des réunions de prières clandestines pendant les persécutions. Elle fut élevée par RAINIASIVOLA. Son frère RAMONJAMANANA, appelé aussi RAMONJA, était un prince chrétien. RAMOMA était parmi les élèves d'ANDRIANTSIAMBA, qui était un ami de son frère RAMONJA. C'était chez son frère, à Imarivolanitra, qu'elle avait fait sa connaissance. ANDRIANTSIAMBA lui demanda de se convertir au christianisme. RAZAFINIRINA lui a donné une Bible. Dès avant son accession au trône RAMOMA s'était déjà convertie au christianisme. C'était une femme active et intelligente.

     Dès qu'elle fut nommée reine, elle n'oublia pas d'envoyer aux missionnaires de la London Missionary Society (L.M.S.) travaillant à Madagascar une lettre de réconfort en leur promettant qu'elle ferait le nécessaire pour les aider.

     La nuit de la veille de son couronnement, elle pria en privé avec le premier ministre et les pasteurs ANDRIAMBELO, ANDRIANAIVORAVELONA, RAINIMANGA Rahanamy, RATSILAINGA, et RAINITAVY--tous de grands pasteurs mûris par la persécution--pour placer entre les mains de Dieu la lourde charge qu'elle allait entreprendre.

Sacre de la Reine RAMOMA (RANAVALONA II)

Andohalo sacreLa veille du sacre, 2 septembre 1868. Il était 2 heures de l'après-midi, les soldats et autres Malgaches venus de loin, et campant dans la plaine sous des milliers de tentes, s'étaient rassemblés au Champ-de-Mars qui s'étend en vaste carré à l'Ouest, au pied de la capitale. Un coup de canon retentit et commande l'attention. C'était le drapeau national qu'on arborait sur le point culminant du palais royal, d'où il dominait la ville et les environs. La foule l'acclame avec enthousiasme. On le salue du chapeau, de la voix, des mains ; et tous les canons que le rocher de Tananarivo porte à mi-hauteur comme une ceinture de respect, tonnent et donnent leur salve la plus solennelle. Le Champ-de-Mars s'agite. Une humeur guerrière échauffe toutes les poitrines, et l'on voit des simulacres de combat à outrance, pour défendre le drapeau et la gloire qu'il recèle dans ses plis : ce drapeau est une bande de soie blanche de trois ou quatre mètres de long sur deux de large, bordée d'ornements en soie rouge tout autour, et présentant d'abord une couronne au bas de laquelle on voit les deux lettres majuscules R.M. liées ensemble par un trait d'union renfermant une croix ; au-dessous sont deux fers de sagaie dos à dos, présentant leur pointe à tout ennemi qui approcherait ; le tout est en velours rouge, excepté la couronne qui naturellement imite l'or. La sagaie est l'arme primitive et toujours chère aux Malgaches. Les deux majuscules sont les initiales du nom et du titre de la souveraine : Ranavalona Manjaka, (Ranavalona reine).

Commençons sans plus long préambule le récit de cette grande journée, appelée "andro iray toa zato", (un jour comme cent).

La présentation au peuple

Dès qu'elle fut nommée reine, elle n'oublia pas d'envoyer aux missionnaires de la London Missionary Society (L.M.S.)[5] travaillant à Madagascar une lettre de réconfort en leur promettant qu'elle ferait le nécessaire pour les aider.

Rainilaiarivony fut confirmé à son poste de premier ministre à qui elle laissa le soin de son gouvernement.

La nuit de la veille de son couronnement, elle pria en privé avec le premier ministre et les pasteurs Andriambelo, Andrianaivoravelona, Rainimanga Rahanamy, Ratsilainga, et Rainitavy--tous de grands pasteurs mûris par la persécution--pour placer entre les mains de Dieu la lourde charge qu'elle allait entreprendre.

La traditionnelle apparition publique fut effectuée après le deuil de la reine défunte. Elle prit comme nom Ranavalona Manjaka II, la première à se faire couronner en tant que reine chrétienne à Madagascar.

La cérémonie de présentation de la nouvelle reine eut lieu, comme d'habitude à Andohalo.

Andohalo 1La place d'Andohalo n'est pas belle, mais elle est célèbre par les grandes assemblées qui s'y sont tenues, et par la pierre sacrée qu'elle possède. Elle se trouve dans la partie haute de la ville, à un quart d'heure du palais royal. Elle peut contenir 100.000 hommes. Un baldaquin dont on achevait les décors était vraiment beau. Élevé sur une large estrade dans la partie Est de la place, il ombrageait de son dôme porté par quatre colonnes le trône que Ranavalona II devait occuper pendant la cérémonie. Le haut de ce dôme était surmonté du Voro-mahery, l'oiseau fort par excellence, espèce d'aigle pris par Andrianampoinimerina pour emblème de sa dynastie.

Ranavalona avenement voninahitra copieAux quatre points cardinaux on lisait les quatre inscriptions suivantes, en grandes lettres d'or: Andriamanitrako amintsika. — Voninahitra ho an'Andriamanitra. — Fiadanara amy ny tany. — Fankasitrahana amy ny olona. Que Dieu soit avec nous! — Gloire à Dieu! — Paix à la terre! — Remerciement au peuple! Jugez de la joie que notre cœur de missionnaire a éprouvée, quand nous avons pu lire de nos yeux ces consolantes paroles. » Inutile de faire remarquer ici de nouveau que l'auteur de cette lettre, emporté par sa bienveillance naturelle pour le gouvernement malgache, a trop favorablement interprété dans un sens libéral les dernières paroles du texte biblique protestantisé, et n'a pas vu se cachant sous ces inscriptions l'abîme hérétique, tel que le Rév. Sibree nous l'a fait entrevoir. Mais continuons.

Rova tafondro copieA 7 heures du soir, tous les canons de la capitale annoncent solonnellementla grande journée de demain, et la saluent en tonnant de leur mieux. C'était aussi le signal de l'extinction des feux dans toutes les maisons de la ville; mesure de prudence contre les incendies très fréquents à Tananarivo, où la plupart des maisons sont couvertes en joncs, ou en chaume. Demain les blancs seuls pourront faire du feu. Cette voix du canon dans le silence de la nuit, la proximité du grand acte qu'elle notifiait, l'attente de la nation, le poids du fardeau qui allait peser sur ses épaules de femme, que sais-je encore, firent alors impression sur la souveraine. On l'a vue prier et se recommander humblement à Dieu. Puisse le Roi des rois être avec elle, pour qu'elle le glorifie pendant son règne, selon son vœu exprimé sur le baldaquin, et répété peut-être dans cette prière restée secrète !

Ranavalona2 couronnement copie3 septembre 1868, le grand jour du Fisehoana.

- A 4 heures du matin, le canon réveille la capitale - A 9 heures, il tonne de nouveau et annonce que Sa Majesté quitte le palais royal et vient se faire sacrer. Elle est portée sur un magnifique palanquin; quinze ou vingt mille hommes l'accompagnent, dont deux mille cinq cents gardes du corps. Cent mille personnes l'attendent sur la place d'Andohalo, plus de cinquante mille autres sont échelonnées autour de la place, devenue trop petite pour contenir la foule. Les terrasses, les portes, les fenêtres des maisons fourmillent de têtes. Nous sommes là, Français et Anglais.au bas de l'estrade, sous la présidence de M. Garnier, commissaire impérial qui est en grande tenue. Point de consul anglais, ni de consul américain . Ils sont à Tamatave. Bientôt nous voyons pénétrer, dans l'enceinte où nous sommes, la tête de la longue procession formée par le cortège de Sa Majesté, deux grosses pièces de campagne traînées par une compagnie d'artilleurs.

C'était comme disaient les Anciens un"andro iray toa zato (un jour qui en vaut cent)". Les troupes de l'imerina ainsi que de nombreuses députations venant des différentes régions de l'Imerina  y ont été convoquée. Leurs tentes rangées en carré par groupes de 400 à 500 ont ouvert une partie de la grande plaine. Au milieu de la Place d'Andohalo où se trouve la pierre sacrée, une grande estrade richement décorée a été dressée. Au centre de celle-ci, le trône placé sous un dais de velours  rouge que surmonte le Voromahery, le faucon royal. Le dais est soutenu par quatre colonnes en vert avec des moulures dorées portant des inscriptions sur chacun de leurs côtés.

A 9 h. 1/2, la souveraine, en vêtements de style européen, fabriqués localement, la tête couronnée, un sceptre d’or à la main, précédée d’un parasol rouge, se rendit depuis le rova jusqu’à Andohalo, grand espace libre en forme de coque situé en contrebas du palais, pour y monter sur la pierre sacrée, renouant avec la tradition par-delà les innovations du Fisehoana de 1862. Elle était acompagnée par ses chanteuses, de blanc vêtues, qui repetaient en battant des mains le chant ancestrale exaltant la souveraine :

Notre reine, e! e! e! est une bonne reine, e! e! e!

Notre reine, e! e! e! est notre soleil, e! e! e!

Notre reine, e! e! e! est notre Dieu, e! e! e!

Les officiers et les princes étaient resplendissants dans leurs uniformes et une foule d'environ 150.000 acclamait et saluait la reine. Toute la cérémonie était faite pour donner le plus d'éclat possible à l'événement, comme pour réagir contre toutes les difficultés que le pays a eue depusi la règne de Ranavalona I.

Une fois montée sur la pierre, dans le plus profond silence, elle écouta le Premier Ministre et Chef de l’Armée, commander de saluer Ranavalona Manjaka II, Reine de Madagascar.

Elle se dirigea ensuite vers l'estrade proche et s'y assis sous un dôme de velours cramoisi.

L'organisation protocolaire de la cérémonie fut parfaite.

Le discours du trône

La reine RANAVALONA II prononça un bref discours "kabary" qui présentait les principaux points de sa politique de gouvernement, notamment, sa décision de suivre la religion chrétienne, la liberté de chacun de suivre la religion de son choix, sa résolution d'être inflexible dans la defense de son pays et de sa charge.

Elle rappela la source de son pouvoir : à la foi de Dieu et les ancêtres royaux ; elle confirma les tâches de protection des sujets et du territoire pour lesquelles Dieu l’avait désignée comme Reine de l’île, elle proclame son intention de gouverner "selon la justice et le droit" et présenta "le livre des lois", qui fut ensuite lu à la foule. Enfin, elle garantit la liberté religieuse  de ses sujets : "Pas de pression, pas d’empêchement, parce que c’est Dieu qui vous a faits".

Quand elle a fini son discours, elle s’assit et fit lire le texte du "Code de Cent et Un articles", qui stipula entre autres que la pratique religieuse était désormais libre dans son royaume. Elle abrogea tout ce qui, dans les anciennes coutumes, était en contradiction avec les principes généraux de la morale chrétienne, comme la polygamie. Elle publia un décret rendant obligatoire l'éducation des jeunes, y compris des jeunes filles, jusqu'à l'âge de quatorze ans. Cela favorisa l'extension de la scolarisation jusqu'à la région du Betsileo et dans les différents milieux sociaux entrepris par les missionnaires de la L.M.S.

Elle n’avait pas une voix très forte mais s’exprimait avec clarté et sans hésitation. Elle ne faisait pas de geste sauf  lorsqu’elle levai son sceptre pour demander l’approbation e l’assistance.

Les divers foko présentèrent lors leurs hasina à la souveraine.

Rainilaiarivony long1 copiePuis, le premier Ministre RAINILAIARIVONY prononça au nom du peuple malgache un discours dan lequel il transmet les respectueuse salutations du peuple et ses serments e fidélité e de dévouement.

"Nous remercions Dieu de vous avoir désignée comme Reine de ce pays. Moi, le premier Ministre, tout le peuple et toute l'armée feront de nos corps le rempart de défense de la patrie pour vous assurer que vous êtes notre souveraine..."          

Le lendemain, 4 septembre 1868, il y eut une grande fête populaire à Mahamasina, au cours de laquelle des centaines de milliers de gens acclamaient la reine. Son règne fut marqué par de grands événements historiques qui relancèrent le christianisme à Madagascar, après la longue période de persécution des chrétiens sous Ranavalona I (1835-1861), qui n'était autre que sa tante. Il laissa une lourde empreinte dans le changement des mœurs malgaches pour adopter une morale plus chrétienne dans la société ; pas une seule vie humaine ne fut supprimée par sentence énoncée par la reine seule.

La reine Ranavalona II faisait beaucoup pour asseoir la religion chrétienne dans le pays. Durant toute l'année 1869, le pouvoir se lança dans la destruction des sampy (idoles)--à commencer par ceux du souverain--puis ordonna la liquidation collective de ces talismans que détenaient les familles et les clans. La religion protestante gagna du terrain parmi les dignitaires du régime et dans la population dans son ensemble.

La reine Ranavalona II se convertit au christianisme, ainsi, le dimanche 29 février 1869, la reine et son époux, le premier ministre Rainilaiarivony furent baptisés par le pasteur Andriambelo, à Imanampisoa, une des maisons royales bâties dans l'enceinte du palais. L'assistance, qui comprenait la famille royale, les dignitaires du royaumes, ainsi que les dirigeants des églises à Antananarivo et même le pasteur Andriambelo qui la baptisa était émus, les larmes aux yeux, en voyant la reine faire sa promesse devant Dieu, au cours du sacrement, que Dieu serait son seul maître jusqu'à sa mort. Le baptême d'une reine aurait été inimaginable dix années auparavant. Leur mariage fut aussi célébré religieusement en même temps. Ils devinrent membres de la Sainte Cène, le 4 juillet 1869, après quatre mois d'études du catéchisme.

Ranavalona II oeuvrait pour l'évangélisation en versant tous les ans, à l'occasion de Noël, de fortes sommes au trésor de l'église protestante pour l'entretien des neufs paroisses à Antananarivo et de leur filiales dans les zones rurales aux alentours. Sa contribution permettait d'envoyer des évangélistes dans des régions non encore atteintes par le christianisme.

En juin 1868 la reine Ranavalona II promulgua une loi qui permit de construire en pierre et en brique, alors que jusque-là, les résidences étaient en matériaux "vivants" ou périssables comme le bois ou le bambou. Le Rova (le palais) et toute la ville changèrent de physionomie. La façade extérieur du Rova fut aussi recouverte de pierre. Dans la capitale, entre 1867 et 1870 furent inaugurés les temples encore appelés trano vato ("construits en pierre"), dédiés au souvenir des martyrs à Ambatonakanga, à Ambohipotsy (Rasalama, martyr), à Faravohitra (des martyrs mis au feu), et à Ampamarinana (ceux précipités dans les ravins). D'autres furent construits en brique, dans la ville même, dans tout l'Imerina et le pays Betsileo. Du point de vue urbain, le règne de Ranavalona II modifia considérablement le paysage de la ville, faisant apparaître des constructions de plus en plus massives et résistantes.

Temple du palais 1Elle décida en même temps de faire construire un temple en pierre dans l'enceinte même du palais. Ce Tranovato représentait une rupture audacieuse avec la tradition par l'utilisation de la pierre comme matière, dont l'architecture était conçue par William Pool, missionnaire de la L.M.S. et qui en dirigea aussi les travaux de construction.

La première pierre fut posée le 20 juillet 1869 et a nécessité 11 ans de corvées. Ce temple inauguré le 8 avril 1880 marquait aussi une véritable révolution dans la conception de l'espace des Malgaches.

Le temple du palais signait la conversion d'une reine au protestantisme et rompait avec les règles établies. Cette mutation était le prix à payer à la nouvelle religion [...]

La reine, dès son accession au trône, se déclara chrétienne et démontra ce changement d'une façon révolutionnaire. En plus de la pose de la première pierre du temple au palais, une marque de la volonté de remplacement d'un culte par un autre, Ranavalona II ordonna la destruction de toutes les sampy royales.

Les églises protestante et catholique.

   Eglise ambatonakanga copieEcoleEglise andohalo3

Depuis le baptème protestant de la Reine Ranavalona II, les églises et les écoles protestantes faisaient beaucoup de progrès. Les protestants bénéficiaient de beaucoup d'avantage s et recevaient des dons importants des missions réligieuses britanniques. La France en été peinée, car Madagascar était censé être dans la zone d'influence de la France et par conséquent, le Royaume Uni ne devrait plus intervenir aussi activement à Madagascar. Aux yeux des français, le protestantisme était devenu une réligion d'état que les Britanniques utilisaient pour s'immiscer dans les affaires du Palais. Ils disaint même que Ranavalona II était une sorte de "papesse" qui gèrait les églises protestantes.

    Les catholiques, quand à eux, étaient relativement gênés dans leurs activités sous la Reine protestante Ranavalona II, puis strictement contrôlés lors de la montée des tensions entre le Royaume de Madagascar et la France (1883-1895).

    La conversion opportuniste de Ranavalona II, en 1869, donne une ampleur nouvelle à l’évangélisation. Le protestantisme devient quasiment religion d’État, et le christianisme partie intégrante de l’identité malgache. Et la LMS est alors renforcée par les anglicans, les réformés, les luthériens et les quakers. Côté catholique, les Jésuites sont rejoints par les Frères des Écoles Chrétiennes, les Lazaristes, les Spiritains, les Salettins, et, bien sûr, les Frères Maristes en 1911 ; les congrégations féminines, elles, sont représentées par les sœurs de Cluny, puis les Franciscaines Missionnaires de Marie, les Filles de la Charité, etc.

    La présence protestante anglaise, soutenue par les protestants français, devançait largement celle des catholiques malgré l'aide du gouvernement français pour la Mission Catholique. Des députés et sénateurs de La Réunion reprochaient pourtant une certaine tiédeur catholique sur la Grande Île.

    La présence protestante se renforce avec l'arrivée de missionnaires luthériens envoyés par le Norvegian Lutherian Church of America (1888) et le Lutherian Board of Mission (1890). L'expansion de ces missions concernait toute l’île. Les luthériens s'emparent du Sud de l'île, chez les « Betsileo », à Fort Dauphin et à Tuléar, les Anglais travaillaient à l'Est et à Antananarivo depuis 1875.

    C’est à partir de 1861 qu’une véritable concurrence intermissionnaire a eu lieu entre les protestants et les catholiques surtout pour la scolarisation des nouveaux fidèles. « À travers les enfants, on visait des objectifs plus lointains et d'abord à former l'adulte non seulement en tant qu'homme mais surtout en tant que catholique ou protestant » écrivait, en 1985, Ravelomanana, un artisan connu du protestantisme malgache. Les mariages mixtes étaient très mal perçus voire considérés comme un péché mortel.

Les hauts responsables politiques

Mari et Premier Ministre

Rainilaiarivony, premier ministre pendant 31 ans (1864 -1895). Hova originaire d’Ilafy, il appartenait à l’une de ces familles d’Avaradrano proches du Grand Roi Andrianampoinimerina. Ses grands-pères Hagamainty et Andriantsilavo avaient déjà été les conseillers intimes de ce dernier.
Son père Rainiharo, était le Premier ministre de Ranavalona 1ère, et son frère Rainivoninahitriniony, le Premier ministre de Radama II (1861-1863) et des premiers jours de règne de Rasoherina (1863-1864).
Rainilaiarivony à travers les trois règnes de Rasoherina, Ranavalona II et Ranavalona III, se fera remarqué par son redoutable autocratie et son ambition, caractère qu’il avait dès son très jeune âge. C’était également un homme très remarquable par sa droiture en affaire d’où son surnom «Radilifera» qui venait de «the man who deals fair».
Malgré sa détermination et ses efforts , il ne réussira qu’à que retarder la montée des troupes françaises à Antananarivo le 30 septembre 1895.

Il apporta rapidement des innovations dans toutes les sphères de la société et de l'État.

rainilaiarivony-entier1-copie.jpgIl était petit et de taille bien prise, qu'il réhaussait par des chaussures à hauts talons. D'autres ont dit avant moi qu'il avait des yeux pétillants d'intelligence, c'était exact. C'était ce que l'on remarquait chez lui au premier abord. Toujours habillé avec recherche d'un vêtement qui le moulait et ressemblait à un uniforme, on le sentait toujours en représentation, mais il n'était aucunement ridicule.

Il voulait et savait en imposer à la foule à laquelle il parlait d'une voix claironnante, par phrases hachées, comme des commandements. En particulier, il avait le geste rare, condescendant et protecteur.

L'exercice de l'autorité depuis plus de trente ans pendant une période où il avait rencontré des difficultés de toutes sortes, toujours surmontées avec bonheur, lui avait permis d'acquérir certaines qualités de l'homme d'Etat qu'on ne pouvait lui dénier. C'était évidemment un Malgache exceptionnel"

le Premier Ministre Rainilaiarivony a été exilé le 6 février 1896, comme la Reine Ranavalona III, à Alger où il mourut cinq mois plus tard.

Mais surtout, le P.M. Rainilaiarivony a eu de sa femme Rasoanalina (sa cousine) 19 enfants dont 11 garçons et 8 filles. QUEL ARBRE GENEALOGIQUE !

Les Grands Dignitaires

   C'était ceux qui avaient 16 et 15 Honneurs. Ils ont perdu beaucoup de membres après le complot de 1868. Ceux qui restaient furent - Rainingory, 16 Honneurs, Commandant adjoint de l'Armée et Chef des Mainty (noirs) - Rainimaharavo, 16 Honneurs, Chef de la Maison Civile. Il y avait 17 Dignitaires de 15 Honneurs, dont Rainandriantsilavo, Ravoninahitriniarivo, Rainifiringa, Ramiandravola et Rainibeso.

Randriamamonjy Frédéric, Membre titulaire de l'Académie Malagasy

La réforme du Gouvernement

    Le 29 mars 1881, il ya avait une grande reforme du Gouvernement. Les grands services de l'Etat furent regroupés puis rattachés aux huit départements suivants suivants qui avaient chacun un chef dénommé "Chef des Fonctionnaires"

    1. Le Département de l'Intérieur, dirigé par Rainitsimbazafy, 15 Honneurs ;

    2. Le Département des Affaires Etrangères : Ravoninahitriniarivo 15 Honneurs ;

   3. Le Département des Armées : Rainilambo, 15 Honneurs ;

   4. Le Département de la Justice : Ralaitsirofo, 15 Honneurs ;

   5. Le Département des Lois : Razanakombàna, 14 Honneurs ;

   6. Le Département de l'Industrie, du Commerce, de l'Agriculture : Rainimiadana, 14 Honneurs

   7. Le Département des Finances Publiques : Rainimahajere, 14 Honneurs ;

   8. Le Département des Ecoles : Andriamananizao, 14 Honneurs.

   Il y avait aussi des postes de Conseillers qui étaient tenus par les dignitaires du Palais.

Randriamamonjy Frédéric, Membre titulaire de l'Académie Malagasy.

L'Armée

   Elle comptait 30.000 hommes. C'était une obligation pour les hommes de plus de 18 ans de servir dans l'Armée pendant cinq ans. Rainilaiarivony était le Commandant en Chef de l'Armée et Rainingory, le Commandant Adjoint. Il y avait 1000 officiers, ceux qui avaient 5, 6 et 7 Honneurs. En 1879, l'armée a reçu de nouveaux fusils et des mitrailleuses.

Les nouvelles lois.

    Au nom de la Reine de Madagascar, Ranavalona Manjaka II, le Premier ministre, Rainilairivony procède à une réorganisation administrative, renforçant le contrôle du pouvoir central à travers tous les trritoires de la Couronne. Code civil et code pénal (1865 et 1881) sont élaborés, l'organisation judiciaire définitivement fixée. La faiblesse du royaume inquiète pourtant Rainilaiarivony : l'armée de métier a pratiquement disparu avec Radama 1er. Allérgique aux méthodes européennes, Ranavalona 1ère était revenue à la conscription et à la mobilisation ponctuelle, lors d'expéditions miltaires de pacification ou de représsion. Radama II a porté le coup de grâce en refusant systématiquement de s'intéresser aux affaires militaires. L'armée s'est donc réduite aux officiers du Palais et aux hauts fonctionnaires, ainsi qu'à des milliers d'aides de camp et de courtisans. Rainilaiarivon, qui fut commandant en chef des troupes hétéroclites de Ranavalona 1ère, a voulu, sous le règne de Rasoherina, reconstituer une armée de métier. Il n'y parviendra que devant la recrudescence des insurrections régionales, à partir de 1880 et surtout à l'approche d'une nouvelle guerre franco-malgache, dix ans plus tard.

    Ces préparatifs de guerre se justifient par la détérioration des rapports avec la France qui prétend avoir des droits sur le nord et le nord-ouest du pays en vertu de traités passés en 1832 et en 1542 avec des princes locaux. Deux affaires privées serviront de prétexte à la guerre : le refus malgache de reconnaître, au nom de l'incessibilité d'une partie du sol national, la prétention d'un colon français sur des terres qu'il aurait achetées ; le même refus d'admettre les droits des héritiers de Jean Laborde sur les terrains que, de son vivant et pour service rendus à la Couronne, il occupait.

    En 1828, apparaît le premier code malgache, celui de la Reine Ranavalona I (1828-1861), rédigé sous forme d'instructions aux gouverneurs des provinces.

    En 1862 fut promulgué le code de Radama II (1861-1863) en 50 articles.

    Et, ne 1863 le second code de la Reine Rasoherina (1863-1868) en 73 articles.

    Ces trois codes comportent essentiellement des dispositions pénales.

    Au cours de son règne, la Reine Ranavalona II (1868-183) édicta trois documents :

    - en 1868, un code en 101 articles, qui sera le premier à être imprimé ;

    - en 1878, les instructions aux Sakaizambohitra (amis du Village) ;

    - le 29 mars 1881, le fameux code des 305 articles, promulgué sur la place d'Andohalo à Tananarive.

    La Reine disait au peuple : "Voici les lois de mon royaume de Madagascar, je les ai confiées afin qu'elles constituent pour vous une règle de conduite et que vous sachiez rester dans le devoir car il m'est par-dessus tout pénible de vous prendre en faute...".

    Le code des 305 articles reste essentiellement un code pénal, mais il contient une foule de règles de droit civil qui restent l'une des sources les plus importantes du droit Hova. Notons l'article 263 qui est essentiel pour tous ceux qui ont à dire le droit : "Les lois et les coutumes anciennes jusqu'à ce jour observées, alors même qu'elles ne figureraient pas parmi les présentes, restent en vigueur et doivent être appliquées, à l'égard des lois écrites réunies dans le présent code".

1. Le Code des 101 articles.

 Lors de son avènement, le 3 septembre 1868, Ranavalona II promulgua le Code des 101 articles, qui stipula entre autres que la pratique religieuse était désormais libre dans son royaume. Elle abrogea tout ce qui, dans les anciennes coutumes, était en contradiction avec les principes généraux de la morale chrétienne : suppression de l'épreuve du tanguin, de l'emploi des idoles et des "sikidy". Le peuple doit prier le dimanche et les enfants doivent fréquenter l'école, la monogamie est instituée, le concubinage et le divorce interdit, de même que la fabrication et la consommation d'alcool...

Cela favorisa l'extension de la scolarisation jusqu'à la région du Betsileo et dans les différents milieux sociaux entrepris par les missionnaires de la L.M.S. 

C'était la première loi, imprimée et diffusée à Madagascar. 

2. Le Code sur les Sakaizambohitra

AntilyLe 4 juillet 1878, l'Imerine fut divisé en 194 circonscriptions administratives. 6.500 anciens militaires furent repartis dans ces circonscriptions pour être chargés de tâches administratives diverses. On leur donna d'abord le nom de "Sakaizambohitra" puis "Antily"

Ils travaillaient en rélation avec les chefs de circonscriptions coutumières et avec les Fokonolona.

Plus tard, les Sakaizambohitra recevaient les ordre directement du Premier Ministre.

Les tâches dévolue aux Sakaizambohitra étaient variées. Ils s'occupaient de l'ordre public, de diverses écritures publiques, des affaires de familles, concernant les héritages ou les donations. Ils supervisent la scolarisation des enfants, l'assiduité des gens aux services réligieux et le respect du dimanche. Il veille au respect de l'interdiction du tanguin, du divorce, de la polygamie, de l'ivrognerie etc...

Code des 305 articles promulgué par la reine Ranavalona II, le 29 mars 1881.

Il fut promulgué le 29 mars 1881. Il peut se diviser en quatre parties :

    a) les articles 1-188, s'appliquentà tout le monde et compte 12 crimes capitaux punissables de mort, et des crimes qui engagent la responsabilité des gens, de leurs femmes et de leurs enfants ;

    b) la deuxième partie (articles 189 à 265) concerne les litiges et la justice ;

Extrait :

    - Art. 218 - Violence : Si une personne s’empare par la violence de biens dont il revendique la propriété sans attendre la confrontation devant la justice, il devra restituer les biens pris de force à leur premier détenteur, sera puni d’une amende de 10 boeufs et de dix piastres et mis, en outre, dans l’obligation de rembourser au demandeur les droits prévus à l’article 193, de 1 fr. 65 par esclave, 0 fr. 20 par boeuf, etc…, avant que le procès puisse commencer. S’il ne peut payer l’amende ou n’en verse qu’une partie, il sera mis aux fers à raison d’un sikajy par jour jusqu’à concurrence de la somme totale.

    - Art. 223 - Disparition des derniers témoins : Si vous revendiquez, soit des droits sur un fief menakely, soit la propriété de terres patrimoniales ou un héritage, et que vous reveniez sur les volontés des ancêtres, attendant, pour élever vos contestations, la disparition des derniers témoins, alors que, du vivant des grands-pères et grands-mères, des pères et mères vous n’aurez rien dit, en agissant ainsi, vous n’aurez droit à rien, votre procès sera perdu et vous serez, en outre, condamné à une amende de 10 boeufs et de 10 piastres. Celui qui ne pourra payer l’amende ou n’en versera qu’une partie sera mis aux fers à raison d’un sikajy par jour jusqu’à concurrence de la somme totale.

    c) la troisième partie (articles 266-301) est relative aux écoles ;

    d) et la quatrième partie (articles 302-305) est relative aux boissons alcooliques.

La Justice

    La justice malgache organisée par Andrianampoinimerina comprenait les degrés suivants :

    - excuses verbales et regrets exprimés devant les témoins immédiats pour les petits incidents entre voisins ou enfants de voisins.

    - recours à un nombre plus importants de voisins en cas de différends plus compliqués - recours au Fokonolona, à l'ensemble du village ou à l'ensemble des villages voisins pour des différends encore plus complexes (héritages, affaires conjugales sérieuses...).

    - à partir d'un certain niveau de coplexité où il y a un problème relatif aux lois, la justice devient affaire de l'Etat et fait intervenir des fonctionnaires et autres représentants de l'Etat : Ben'ny Tany (autorité politique traditionnelle) - Vadintany de différents niveaux et finalement pour les cas graves, ils relèvent des Andriambaventy d'Antananarivo.

    - Les crimes capitaux sont jugés seulement par les Andriambaventy d'Antananarivo.

    - Dans les Provinces, les affaires sont jugées au niveau du Gouverneur ou des Andriambaventy de centres importants comme Toamasina et finalement par les Andriambaventy à Antananarivo. 

    Le Tribunal des Andriambaventy d'Antananarivo étaient au nombre de six :

    1. Le Tribunal d'Ambatovinaky pour les affaires criminelles graves.

    2. Le Tribunal d'Ambahadimitafo Ambony, pour les affaires criminelles mineures et pour les affaires judiciaires simples.

    3. Puis, il y avait quatre tribunaux pour les délits simples, à Ambavahadimitafo Ambany, à Ambatondrafandrana, à Anteza et à Avaradrova.

    4. Le Tribunal d'Avaradrova était habilité à réconcilier les parties pour certains délits.

    5. Les justiciables peuvent demander un recours, d'après le Code des Trois Cent Cinq articles.

    6. La Cour Suprême est constitué par le Premier Ministre et les Chefs des départements Gouvernementaux.

Destrution des sampy (idoles)

     La reine Ranavalona II faisait beaucoup pour asseoir la religion chrétienne dans le pays. Durant toute l'année 1869, le pouvoir se lança dans la destruction des sampy (idoles)--à commencer par ceux du souverain--puis ordonna la liquidation collective de ces talismans que détenaient les familles et les clans. La religion protestante gagna du terrain parmi les dignitaires du régime et dans la population dans son ensemble.

    Le 21 février 1869, la reine RANAVALONA II et son époux, le premier ministre qui s’étaient convertis et avaient choisi le protestantisme, ont demandé le baptême qui leur fut administré en dehors de la présence de tous les étrangers, pasteurs anglais compris. Le 10 septembre de la même année, ils ont ordonné la destruction des idoles dans tout le Royaume. "Nous n’avons pas de raison de douter de la foi des souverains qui selon certain historiens, aurait voulu ainsi, éviter la mainmise européenne sur le pays".

    Une grande partie du peuple les a suivis, et rapidement de nombreux temples on été contruit.

    La Reine envoya une circulaire sur l'obigation de respecter le dimanche, jour férié et consacré à la réligion.

Mgr Etienne Fourcadier a reconnu que « RANAVALONA II était protestante zélée. Ses correligionnaires l’appellent la Sainte, parce qu’elle a ordonné la destruction des sampy, défendu toutes les pratiques superstitieuses et idôlatriques, rendu obligatoire la sanctification du dimanche et opéré plusieurs autres réformes heureuses. Il faut reconnaître qu’en prenant ces mesures, elle coopéra au redressement moral de son peuple »

Seuls, au début, ses familiers connaissaient son véritable état d’esprit et étaient au courant de se relations déjà anciennes avec les milieux évangéliques.

Jusqu’à son avènement elle était restée ns l’ombre. Le peuple en avait peu entendu parler : elle avait la réputation d’être aimable, bonne et, d’abord facile, mais elle avait été fort discrète dans la profession de ses sentiments intimes.   

 

Les Tabous des Idoles royales

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      Avant l'adoption de la religion chrétienne (le protestantisme) par les plus hauts dignitaires de l'Etat (la reine RANAVALONA II et son époux RAINILAIARIVONY, Premier Ministre et Commander in Chief, tous les souverains, pour gouverner, faisaient appel à l'astrologie (répandue par les Antemoro), aux idoles, et à l'épreuve du tanguin.
Les idoles étaient des représentations de "forces divines", et la première idole connue fut celle dénommée "RAKELIMALAZA", car déjà le roi Ralambo lui faisait confiance, ainsi que son fils Andrianjaka et ses descendants ANDRIAMASINAVALONA, ANDRIANAMPOINIMERIA et RABODONANDRIANAMPOINIMERINA, alias RANAVAONA 1ère

     ANDRIANAMPOINIMERINA avait choisi, après avoir testé leur "efficacité" et leur "sainteté", douze idoles sacrées, laissant les autres au peuple et ces idoles royales furent placées sous la surveillance de gardiens, au pouvoir plus ou moins étendu, suivant le souverain régnant.

     Après "RAKELIMALAZA", il y avait par ordre d'importance les idoles nommées Ramahavaly, Rafantaka, Manjakatsiroa, Rabehaza, Ratsimahalahy, Ramasoandro, Ramanjaibola, Rafaroratra, Ratsimitako, Rahodibato, Rabefaravolo.
Chacune de ces idoles avait sa spécialité et elles devaient figurer dans la suite royale à chaque déplacement du souverain.

     Du fait de ce rôle important qu'elles assumaient, ces idoles étaient entourées de toutes sortes de "tabous" qu'il fallait observer, et sur lesquels veillaient leurs gardiens, jour et nuit, mais aussi le peuple, du fait de ce rôle de protection que ces idoles jouaient sur la personne royale. Chaque idole avait ses tabous particuliers.

     Ainsi, pour la reine des idoles, Rakelimlaza, les gardiens interdirent le porc, la chèvre, les escargots, le sel extrait du jonc de la passion. Ces produits ne devaient jamais pénétrer dans le village où l'on gardait l'idole.

     Certaines variétés d'arbustes aussi furent frappées par le même interdit. De même, les gardiens de cette idole ne pouvaient pas élever des animaux à poil ou à plumage noir, les boeufs ou autres animaux sans cornes.

     D'autres produits ne devaient pas être consommés par les gardiens de cette idole: les anguilles, certaines brèdes, les viandes provenant des animaux abattus lors d'un décès. Ces gardiens devaient mener une vie particulière, car ils ne pouvaient pas pénétrer dans un maison où il y avait un décès, même s'il s'agissait de leurs propres familles. Ils ne pouvaient pas non plus porter de chapeau, ni travailler aux champs le samedi. Il était interdit aussi de détruire les nids d'oiseau appelé "takatra", genre d'ombrette, car l'idole RAKELIMALAZA l'aurait adopté comme ami, et ce fut la raison pour laquelle les boeufs abattus pour cette idole devaient être de couleur brunâtre comme cet oiseau.

     Même si ces idoles étaient "invisibles", elles étaient tout de même représentées par des colliers de perles, des bouts de bois, enveloppés dans un "lamba" (tissu) en soie de couleur rouge. Et quand ces étoffes étaient usées, il fallait les remplacer par des neuves. La fabrication de ces étoffes fut un travail spécial car il fallait tout terminer dans la même journée: l'extraction des fibres des cocons, le lavage, le filage, la teinture, le tissage, l'assemblage, et durant ces heures laborieuses, les différents artisans avaient à peine le temps de penser à autre chose.

     La plupart des tabous cités étaient aussi observés pour toutes les idoles existant à cette époque jusqu'à leur destruction par la reine RANAVALONA II en 1869, quand elle eut adopté la religion protestante.

RANAVALONA II fit brûler toutes les idoles

Le 8 septembre 1869, RATAHOTRA, chef des conservateurs de Rakelimalaza monta d’Ambohimanambola, accompagné par une foule nombreuse, porté en filanja, habillé de pourpre, portant le parasol rouge, orné de bijoux d’argent et de divers colliers. L’objet de son voyage fut e rappeler à RANAVAONA II que suivant la tradition, elle doit sacrer Rakelimalaza en ce début de son règne, car c’est elle qui est la souveraine et propriétaire de Rakelimalaza.

"Comme je suis le propriétaire de Rakelimalaza dit RANAVALONA II à tous les Haut dignitaires qui l’entouraient, je vais brûler me idoles car elles trompent mon peuple. Elles prétendent être dieu et ne sont pourtant capables de faire quoi que ce soit. Je vais donc brûler mes idoles pour que vous soyez témoins, ô mon peuple de leur imposture, car elles vont devenir fumée et cendre".

Alors, la Reine envoya de hauts responsables politiques, des Vadintany, à Ambohimanambola, lieu de conservation d’Ikelimalaza mâle et à Amparafaravato, lieu de conservation d’Ikelimalaza femelle, à Ambohimanga lieu de conservation d’Ifantaka et à Amboatany où est conservé Imahavaly. RANAVALONA II leur don les instructions suivantes : 

"Quand l’ensemble des gens disent clairement que les idoles appartiennent à la Reine, vous leur direz ceci : Voici, ce que dit la Reine : Moi, RANAVALOMANJAKA, je suis la propriétaire de ces idoles donc je suis libre d’en faire ce que je veux. Ainsi, je vais les brûler car elles mentent et trompent mon peuple en se prétendant dieux mais en étant rien du tout".

Ainsi, Ikelimalaza fut brûlé à Ambohimanambola le 8 septembre 1869. Le lendemain 9 septembre Ramahavaly, Manjakatsiroa, Rafantaka et Rabehaza furent aussi brûlés. Le 10 septembre, le Zanaharitsimandry, idole des Zanakandrianato et des Zanakandriandray de Fihaonana et de ceux de Mandiavato fut brûlé. Tsimahalahy, idole d’Ambohitrolomahitsy et Rahodibato idole de Vakinisisaony furent brûlés. En un mois furent brûlés la plupart des idoles célèbre en Imerina et les gens s’activaient à la construction d’églises.     

  Ranavalona 2 rainilay copieLe 21 février 1869, la reine RANAVALONA II et son époux, le premier ministre RAINILAIARIVONY qui s’étaient convertis et avaient choisi le protestantisme, ont demandé le baptême. Ainsi, le dimanche 29 février 1869, ils furent baptisés par le pasteur ANDRIAMBELO, à Imanampisoa, une des maisons royales bâties dans l'enceinte du palais en dehors de la présence de tous les étrangers, pasteurs anglais compris. L'assistance, qui comprenait la famille royale, les dignitaires du royaumes, ainsi que les dirigeants des églises à Antananarivo et même le pasteur ANDRIAMBELO qui la baptisa était émus, les larmes aux yeux, en voyant la reine faire sa promesse devant DIEU, au cours du sacrement, que DIEU serait son seul maître jusqu'à sa mort. Le baptême d'une reine aurait été inimaginable dix années auparavant. Leur mariage fut aussi célébré religieusement en même temps. Ils devinrent membres de la Sainte Cène, le 4 juillet 1869, après quatre mois d'études du catéchisme.

La Reine RANAVALONA II oeuvrait pour l'évangélisation en versant tous les ans, à l'occasion de Noël, de fortes sommes au trésor de l'église protestante pour l'entretien des neufs paroisses à Antananarivo et de leur filiales dans les zones rurales aux alentours. Sa contribution permettait d'envoyer des évangélistes dans des régions non encore atteintes par le christianisme.

Reine victoria ranavalona ii copie

      Dès son accession au trône la reine RANAVALONA II, adresse une lettre à la Reine VICTORIA, pour lui annoncer son avènement au trône et lui déclarer en même temps qu'elle désire conserver avec l’Angleterre des relations amicales. La reine demande à Londres des missionnaires pour éclairer et la civiliser à l'européenne ; il demande surtout des artisans pouvant faire de ses sujets de bons ouvriers et un armurier pour remplacer Jean LABORDE.

Palais 007Sortie palais 2Eglise ambatonakanga copie

 

En juin 1868 un édit royal lève l'antique loi interdisant les constructions en pierre et en brique, alors jusque-là, les résidences dans l'enceinte de la vieille ville étaient en matériaux "vivant" ou périssables comme le bois ou bambou.

Les grands du royaume se font construire de superbes édifices avec colonnades, parquets précieux, voire même des cheminées décorées (plus décoratives qu'utilitaires). De son côté, la Reine RANAVALONA II demande à CAMERON, en 1869, de recouvrir le Palais de MANJAKAMIADANA, d'une ossature en pierre.

Le Rova (le palais) et toute la ville changèrent de physionomie. La façade extérieur du Rova fut aussi recouverte de pierre. Dans la capitale, entre 1867 et 1870 furent inaugurés les temples encore appelés trano vato ("construits en pierre"), dédiés au souvenir des martyrs à Ambatonakanga, à Ambohipotsy (RASALAMA, martyr), à Faravohitra (des martyrs mis au feu), et à Ampamarinana (ceux précipités dans les ravins). D'autres furent construits en brique, dans la ville même, dans tout l'Imerina et le pays Betsileo. Du point de vue urbain, le règne de RANAVALONA II modifia considérablement le paysage de la ville, faisant apparaître des constructions de plus en plus massives et résistantes.

De grands édifices religieux et civils ornent alors la ville, les services publics commencent à se développer, les cases en bois cèdent la place à des constructions en dur, mais les infrastructures urbaines restent inexistantes : ni voirie, ni égouts, ni eau courante. Les ruelles pavées restent rares et le premier tronçon pavé, reliant ANDOHALO au Palais, ne sera réalisé qu'en 1888 par l'ingénieur anglais BOUTS.

Quatre chemins importants traversaient alors la ville : ANDOHALO à ISOTRY ; ANDOHALO à FARAVOHITRA ; Palais de Justice à AMBANIDIA, par la Porte d'AMBAVAHADIMITAFO et enfin, AMBATONAKANGA à MAHAMASINA . Ces quatre axes n'étaient pavés que grossièrement, mais ils serviront plus tard d'épines dorsales pour le développement du réseau voierie de la ville.

D'un point de vue urbain, le règne de RANAVALONA II modifiera considérablement le paysage de la ville, faisant apparaître des constructions de plus en plus massives et résistantes.

Mais la Reine fera également beaucoup pour asseoir la religion chrétienne dans le pays.  Elle fait construire par l'architecte POOL, au sein du ROVA, un temple.

Eglise rovaLe temple du rovz

Le monument le plus important laissé à la postérité par Ranavalona II fut le temple d'Anatirova (le Temple du Palais), construit en pierre, dont l'architecture était conçue par William POOL, missionnaire de la L.M.S. et qui en dirigea aussi les travaux de construction. La première pierre fut posée par la Reine le 20 juillet 1869. Ce temple inauguré le 8 avril 1880 marquait aussi une véritable révolution dans la conception de l'espace des Malgaches.

Le Palais de Justice d’Ambatondrafandrana

Palais de justiceSe trouvant dans la “Haute Ville” d’Antananarivo, le Palais de justice d’Ambatondrafandrana illustre une famille du temps de la royauté, bien avant même Andrianjaka.

Il fut commandé et inauguré par la reine Ranavalona II en 1881. Bâti à l’emplacement du tombeau de Rainimahay, cet édifice construit en pierre avec ses 16 colonnes d’ordre ionique est une architecture grecque ouverte à l’extérieur pour que tout intéressé puisse entendre les verdicts au calme et à l’abri.

Appelé également Tranovato, ce Palais était le lieu de jugement auquel toutes les personnes jugées étaient soumises au Tangena c’est-à-dire boire un poison mortel après l’annonce de la sentence.

Dans le cas où ces personnes ne décèdent pas immédiatement, elles sont amenées pour être décapitées plus loin.

Trois motifs sont sculptés sur la charpente de la façade Sud du Palais : la sagaie appelée Tsy tia lainga (qui n’aime pas le mensonge) symbolisant la justice impartiale ; les initiales R et M signifiant Ranavalomanjaka, nom de la reine ; la couronne royale.

Le Palais d’Ambatondrafandrana fait partie des monuments historiques malgaches. Son état étant détérioré, il lui a fallu quelques réhabilitations au niveau de la boiserie et des grilles métalliques entourant le Palais. Ces réhabilitations qui ont débutées le 06 Décembre 2005 et achevées le 20 Février 2007 sont évaluées à 16 millions d’Ariary.

Cette restauration est assurée par l’association Amis du Patrimoine de Madagascar ou Aron’ny harem-bako-Pirenena Malagasy qui est une association à but non lucratif et apolitique ayant pour objectifs de sauvegarder, promouvoir et valoriser le patrimoine malgache.
Il est constitué par un Conseil d’Administration :

- Président : Désiré RAZAFINDRAZAKA

- Vice Président : Général Désiré Philippe RAMAKAVELO

- Secrétaire général : Frère Jacques TRONCHON

- Secrétaire adjointe : Francine RAMAHOLIMIHASO

- Trésorier : Zoé RAZAKAHARINIVONTSOA RANDRIAMIHARY

- Trésorier adjoint : Dominique RAKOTOMALALA

- Conseillers : - Nelly RATSIRISON - Gisèle RAKOTOARIVONY - Yvette SYLLA - Yvette RANJEVA

La Reine RANAVALONA II est à l'origine e la promulgation du 1er code malgache

     Certaines lois anciennes restent d’actualité. Parmi ces législations, les plus connues sont les Codes des 101 et des 305 articles promulgués par Ranavalona II.
     Bien avant elle cependant, on peut citer par exemple Ralambo qui institue la fête du Fandroana en souvenir, dit-on, du jour où il mange pour la première fois de la viande de bœuf, et jette les fondements de l’ordre des castes royales, plus tard réformé par Andriamasinavalona.
    On peut également évoquer Andrianampoinimerina, le Désiré de l’Imerina, qui établit un code civil parfaitement conforme au droit naturel et aux mœurs du pays, ainsi qu’un code pénal dont le seul défaut, semble-t-il, est une « sévérité excessive ».
    En effet, si certains approuvent que le rapt de personnes destinées à la traite et le trafic de la justice sont punis de la peine capitale, ils tolèrent peu que le fait de boire de l’alcool, de fumer du chanvre sinon de chiquer du tabac soit passible de la peine de mort. Heureusement, en cours d’exécution de précieux conseillers tels Hagamainty et Andriantsilavo corrigent plus d’une fois ce que ce code pénal a de trop rigoureux.
    Il en est de même en ce qui concerne le vol sous toutes ses formes et Andrianampoinimerina aurait pu donner des leçons d’économie politique à plus d’un à l’heure actuelle. « Si quelqu’un vole jusqu’à une racine de manioc ou s’approprie quoi que ce soit jusqu’à un saonjo, je le punirais.    Travaillez donc pour avoir des biens, nul n’a rien sans peine ».
    Il s’oppose aussi de toute son autorité et de manière formelle « aux abus des grands, des riches ou des forts ». Déjà dans sa jeunesse, il aimait à dire: « Je ne suis pas, moi, un jeune prince qui s’approprie les bœufs d’autrui, je les achète! » Et plus tard quand il règne, il répète souvent: «    Je ne suivrai pas dans mon royaume les fantaisies de mes femmes et de mes enfants». Car en édictant sa législation, Andrianampoinimerina n’a qu’un objectif dans l’intérêt de son peuple, l’égalité économique pour que « les petits jouissent de ce qu’ils ont et les grands aussi, tout en faisant en sorte que les maigres s’engraissent et les petits grandissent ».
    Son successeur, son fils Radama I pour sa part, s’occupe surtout de la réorganisation de la justice par la suppression de l’épreuve par le tanguin- usage repris par son épouse- et la nomination des Andriambaventy, mot qui désigne aussi bien les conseillers du roi, les hauts fonctionnaires ou les personnages influents des tribus provinciales que les juges.
    Le règne de son épouse Ranavalona 1ère est surtout marqué par la loi spéciale édictée en 1845 aux termes de laquelle traitants et commerçants étrangers établis à Antananarivo, sont mis en demeure de quitter l’île ou d’être assujettis aux corvées de la reine, à tous les travaux et même à l’épreuve du tanguin. Ce que son fils Radama II s’empresse de lever dès qu’il accède au trône. Et si le règne de Rasoherina n’est marqué d’anciens faits saillants en matière de législation, Ranavalona II laisse son empreinte notamment avec les Codes des 101 et des 305 articles.
    "Iray venty amby zato" est promulgué par la reine le jour de son intronisation le 3 septembre 1868, et s’inspire largement de la doctrine du christianisme qu’elle vient d’embrasser. Les articles les plus importants de ce code ont trait à la liberté de religion (chrétienne) et à l’esclavage. Il y est, entre autres, stipulé que quiconque fait sortir à l’extérieur des esclaves ou en fait entrer, est condamné aux fers à perpétuité; que les esclaves servant en Imerina ne peuvent être vendus en-dehors de la région…
    Les "Dimy venty sy telon-jato" viennent compléter les 101 articles, le 29 mars 1881. Ce second Code touche les crimes punis de mort, les égards dus à la reine, l’homicide, le vol, le mariage, l’esclavage, les ventes et locations, les procès, les écoles, l’alcool…
Partant "d’idées d’humanité, de justice et de progrès", il s’inspire des us et coutumes en ce qui concerne le mariage entre castes différentes (art. 59-62) ou la prise en charge par le fokonolona de la sépulture d’un pauvre décédé (art.112). Certains articles portent aussi "le cachet d’une humanité compréhensive et juste", tel celui qui évoque un voleur de produits maraîchers "non pour les emporter mais pour apaiser sa faim sur place" (art.33).
    D’autres ont "un souci aigu du progrès ou de la propreté morale", tels l’article 289 prévoyant un examen plus élevé pour ceux qui se destinent à l’enseignement; ou l’article 146 condamnant à trois mois de prison ceux "qui produisent des écrits pornographiques, les font imprimer dans le but de les répandre, ou qui dessinent des choses obscènes".
   Quelques-uns s’inspirent de la politique, dont l’article 85 qui ne permet "de vendre des terrains ou de les donner en garanties de capitaux placés, qu’entre sujets du gouvernement malgache". On y lit aussi des articles inattendus, vu le caractère particulier de leur objet, "mais qui n’en traduisent pas moins la civilisation malgache atteinte à cette époque". Ainsi l’article 26 sur le vol d’objets dans un édifice religieux qui est puni de sept ans de prison. Ou celui sur « l’indiscrétion qui porte à lire les écrits appartenant à un particulier », qui est punie d’une amende de 10 bœufs et de 10 piastres.
    Enfin le Code des 305 apporte un notable changement par la création des administrations centrales ou ministères pour remplacer "les secrétaires et aides de camp qui attendaient les affaires à la porte nord du Palais" et par l’institution, à la place des Sakaizambohitra, des Antily. Il s’agit d’un corps d’agents publics dont les attributions sont celles de la police et aussi de la voirie.

Ranavalona ii code des 305 article copieLors de son avènement, RANAVALONA II promulgua le Code des 101 articles, qui stipula entre autres que la pratique religieuse était désormais libre dans son royaume. Elle abrogea tout ce qui, dans les anciennes coutumes, était en contradiction avec les principes généraux de la morale chrétienne, comme la polygamie. Elle publia un décret rendant obligatoire l'éducation des jeunes, y compris des jeunes filles, jusqu'à l'âge de quatorze ans. Cela favorisa l'extension de la scolarisation jusqu'à la région du Betsileo et dans les différents milieux sociaux entrepris par les missionnaires de la L.M.S.
Le règne de RANAVALONA II fut marqué par une occidentalisation rapide du pays grâce, notamment, à une intense coopération avec les missionnaires britanniques. Cette occidentalisation conduisit aussi à l'adoption d'un Code des 305 articles, paru en 1881, qui abolit la polygamie et de manière plus générale, réglementa l'ensemble de la vie politique et sociale des Malgaches. Elle poursuivit également la politique de sa cousine et prédécesseur, la reine RASOHERINA, en interdisant le commerce de l'alcool et celui des esclaves.

D'autre part, en cherchant à abroger le traité franco-malgache de 1868 qui impliquait une reconnaissance implicite de la mainmise de la France sur les terres du royaume, Ranavalona II attisa le mécontentement des Français qui, en représailles, bombardèrent les principaux ports du pays, Tamatave et Majunga, en 1883.

Envoi d'une délégation diplomatique en Europe et en Amérique

Debout de gauche à droite: Tacchi, Andrianisa, Ranjalahy, Rabibisoa; assis, de gauche à droite : Ravoninahitriniarivo et Ramaniraka. Document tiré de l’ouvrage de Suzanne Razafy-Andriamihaingo: « Colline sacrée des souverains de Madagascar », L’Harmattan, 1889 – reproduction interdite).

    A cause des litiges entre Madagascar et la France, concernant les terres que les Français réclamaient comme leur appartenant, le gouvernement de la Reine pensait qu'il serait utile d'envoyer en France et dans les grands pays (Royaume Uni, Etats-Unis, Allemagne) une délégation de haut niveau pour faire comprendre la position de Madagascar.

Une ambassade malgache conduite par Ravoninahitriniarivo, 16 Hon..., Ministre hova des Affaires étrangères et composée de Ramaniraka, 14e honneur, Andrianisa interprète anglais, de Marc Rabibisoa, interprète français et de quelques conseillers, essayèrent de susciter les bons offices d'une Puissance amie en commençant par la France.   

...La reine Ranavalona II s’adresse aux puissances étrangères en ces termes, qu’elle transpose en forme de lettres de créances confiées au chef de l’ambassade itinérante : « Nous venons Vous saluer par les présentes et Vous annoncer que Nous avons choisi des personnalités de toute confiance, Ravoninahitriniarivo (15 honneurs), Officer du Palais, Ministre des relations extérieures, et Ramaniraka (14 honneurs), Officier du Palais, un de Nos conseillers privés, comme ambassadeurs plénipotentiaires… Nous déclarons leur avoir donné pleins pouvoirs pour traiter les affaires au sujet desquelles Nous les avons envoyés ». La même forme de lettres de créances est ainsi adressée aux chefs d’Etat français, anglais, allemand et américain...

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

     La délégation qitta Tamatave le soir même du 19 avril 1882. Ce fut le début d'un périple, prévu déjà avant le départ de Tananarive, qui allait les conduire à Paris puis à Londres, à New-York, à Berlin, avant de regagner Tananarive au mois d'octobre 1883.

Pourparlers auprès de la France

DuclercElle fut reçue par Charles Duclerc, Ministre des Affaires Etrangères. Les entretiens furent longs et très animés. Aux réclamations de la France sur son protectorat de la baie de Pasindava les ambassadeurs hova répondirent en exposant dans un discours les raisons de leur Gouvernement qui les amenaient à nier catégoriquement les droits politiques de la France dans la région.

     Aux arguments sempiternels que nous connaissons déjà, ils ajoutaient que : "...la France n'avait jamais notifié au Gouvernement malgache le prétendu protectorat sur les territoires du Nord-Ouest ; qu'en 1840 le consul de France à Maurice et quatre de ses compatriotes, après avoir tenté d'en extraire du charbon, en furent expulsé par ordre de Ranavalona 1re, sans soulever une protestation ; que les Sakalava de la baie de Pasindava venaient régulièrement à Tanaarive faire acte d'allégeance et qu'en 1882, en rentrant chez eux, ils arborèrent l'emblème royal malgache sans la moindre opposition de la France".

     Les Français n'y répondirent pas directement mais, en novembre 1882, leur adressèrent une note invitant la reine Ranavalona II à faire disparaître volontairement de la côte Nord-Ouest ses pavillons, ses garnisons et ses postes de douanes.

     L'envoi dune délégation conduite par le ministre des Affaires Etrangères à Paris se solde par un échec. Suite aux réserves émises par les émissaires malgaches sur la durée des baux et les droits historiques de la France et le refus de signer la note dans laquelle sont contenues ces exigences, les pourparlers sont rompus le 26 novembre 1882.

Pourparlers auprès de l'Angleterre

Granville Reine victoria

La délégation alla ensuite à Londres. Elle fut reçue par Granville Georges Leveson-Gower, 2e comte Granville, un homme politique et diplomate britannique, secrétaire d'Etat aux Foreign Affairs. (Son action, basée sur la patience, la recherche de la paix et le refus des alliances, maintient l'Angleterre à l'écart des guerres européennes. Il travaille de plus à améliorer les relations de son pays avec les autres Etats).

     Malgré des appuis en Angleterre, les envoyés de la reine n'obtiennent pas du gouvernement anglais son aisde militaire et la voie est libre pour l'humeur belliqueuse de la France sous la direction du contre-amiral Pierre.

Lors de sa visite à Londres, Rainivoninahitriniarivo manifeste sa surprise : « Nous avons vu des choses que nous n’imaginons pas. Ces choses ne sont pas simplement liées aux signes de la première révolution industrielle.

Le 13 décembre 1882, l’ambassade malgache invité à déjeuner par la Reine Victoria, le chef de la délégation remarque : « J’ai beaucoup admiré l’ordre qui régnait sur la table. Toutes les assiettes étaient en argent. Les plats étaient bien présentés et décorés et il y avait à manger pour tout le monde, mais sans reste. Les valets faisaient le service en silence et sans qu’on leur donnât  des ordres. Tout était bien organisé ».

Pourparlers auprès des Etats-Unis d'Amérique

Mars 1883 : Arrivée à Washington d'une Ambassade Malagasy.

C'est dans le but de procéder aux formalités de ratification  du traité Américano-Malagasy d'Amitié et de commerce que l'Ambassade Malagasy dirigée par le Ministre des Affaires Etrangères Ravoninahitriniarivo, accompagné de son adjoint l'Ambassadeur Ramaniraka et d'autres diplomate, ainsi que du consul William W. Robinson se rendirent à Washington et y arrivèrent le 3 mars 1883.

     Ce traité ayant reçu l'agrément du Sénat Américain le 27 février et l'aprobation du Président des Etats-Unis Chester A. Arthur le 12 mars, le protocole d'échange eut lieu le 12 mars et le traité Américano-Malagasy d'Amitié et de Commerce fut proclamé le 13 mars 1883. 

    "Nous sommes persuadés que le traité qui vient d'être signé conduira à des résuktats et que les relations entre les deux gouvernements continueront à être des plus amicales", disaient Ravoninahitriniarivo et Ramaniraka dans une lettre d'adieu au Secrétaire d'Etat F.L. Frelinghuysen.

     Une fois accomplie la partie diplomatique de sa mission, au cours de laquelle elle a rencontré le Président Chester A. Arthur à la Maison-Blanche, le Secrétaire D'Etat F.L. Frelinghuysen au Département d'Etat, des sénateurs et des députés au Capitole, l'Ambassade Malagasy consacrait une partie de son séjour aux Etats-Unis à des informations sur les industries et le commerce, à des visites d'usines et d'exploitations agricoles et à des contatcs avec des hommes d'affaires et des journalistes.

     Du 13 mars 1883, où il obtenait son plein effet, jusqu'au moment où Madagascar devient colonie française, le traité de paix, d'amitié et de commerce de 1881 n'aurait fait l'objet d'aucun litige, et les relations américano-malagasy étaient restées forts amicales.

Chester arthurRanavalonaii

     Le Président Américain Chester A. Arthur fit aux Ambassadeurs Malagasy un chaleureux acceuil et exprima le souhait que soit encore renforcée l'amitié entre Madagascar et les Etats-Unis.

     La Reine Ranavalona II a toujours manifesté à l'égard des Etats-Unis ses sentiments de cordialité et de haute estime pour les relations amicales entre les deux gouvernements et les deux peuples.

 Lettre chester

Le traité de 1883 ratifié par le Président >Chester A. Arthur.

Frederick americain

     Le Secrétaire d'Etat Frederick T. Frelinghuysen a beaucoup aidé les Ambassadeurs Malagasy dans l'accomplissement de leur mission aux Etats-Unis.

 Americ lettre 002

     Lettre d'adieu du 29 mars 1883 adreséé par l'Ambassade Malagasy au Secrétaire d'Etat avant de quitter les Etats-Unis.

     Le 17 avril, la délégation quitta New-York pour se rendre en Allemagne.

Pourparlers auprès de l'Allemagne

Allemagne bismarck1

     A propos du voyage des Ambassadeurs hova en Allemagne, Paris s'était beaucoup inquiété de l'attitude que pouvait prendre Berlib, car il ne pressentait pas encore les dispositives du "Chancellerie de fer", en ce qui concernait les questions pendantes qui opposaient le Gouverement français et le Gouvernement hova de la Grande Île.

     Ainsi, par des tractations secrètes et habiles auprès de la Chancellerie allemande, le Baron de Courcel, ambassadeur de France à Berlin, avit pu obtenir la confidence du Comte de Hatzfeld, qui n'avait pas encore reçu les envoyés malgaches, que de la part du Prince de Bismark, le cabinet de Berlin fidèle à la ligne de conduite qu'il observait à l'égard du Gouvernement français, ne se prêterait à aucun arrangement qui pût être tourné contre la France et que, si dans l'intérêt du commerce allemand, il était amené à signer une convention, il se bornerait à stipuler le traitement de la nation la plus favorisé sans reconnaître au profil des Malgaches aucun droit contraire aux vues de la France.

     De ce fait, en recevant les plénipotentiaires, le Comte Hatzfeld avait ménagé les susceptibilités de la France en réduisant la "convention" à des proportions très restreintes pour ne pas risquer de se trouver en contradiction avec les vues de la France sur Madagascar.

     Les négociations germano-malgaches aboutirent donc à la signature d'un simple traite de commerce.

     Toutefois, la situation ne pouvait pas être entièrement en faveur de la France, car, comme disait l'ambassadeur de France lui-même à Berlin, le fait de la conclusion d'une convention qui consacre les relations officielles de avec le Gouvernement de la reine Ranavalona ne saurait être considéré comme un incident sans valeur.

     Enfin, la convention germano-hova amena les Allemands à reconnaître, du moins tacitement, la souveraineté de la reine Ranavalona sur tout Madagascar, tout en les obligeant, comme firent les Américains et les Anglais à abandonner tout droit de propriété dans l'île.

     Et pour que les envoyés malgaches abrèget leur voyage, le Gouvernement Impérial les avait laissés voyager et se loger à leur propre frais.    

Le Chancelier a nommé M. Kock Consul à Tamatave et a nourri le dessein de signer un traité de commerce avec la Cour de la Reine Ranavalona II. Après Berlin, la délégation malgache termina son séjour à Essen. La ville qui abrite de nos jours le siège de l'association germano-malgache.

SIGNATURES PAR DES AMBASSADEURS MALGACHES
 

     Cette ambassade itinérante n'était pas, malgré tout, un fiasco total pour les Malgaches, car ils avaient pu signer de nouveaux traités de commerce, faire connaître implicitement la souveraineté de la reine sur l'ensemble de Madagascar par les Puissances qui les avaient reçus, et apporter des modifications, à leur avantage, sur les traités anciennes :

Londres :

- 10 février 1883 : signature à Londres, entre Lord Granville et les ambassadeurs malgaches RAVONINAHITRINIARIVO et RAMANIRAKA, d’un accord modifiant l’article V du traité de l’accord du 27 juin 1865.

- 16 février 1883 : renoncement de l'Angleterre pour ses ressortissant au droit de propriété stipulé par l'article IV du traité anglo-malgache de 1865. Le mot "vente" y fut remplacé par "location à long terme".

Washington :

- 12 mars 1881 : signature à Washington d’un nouvel accord américano-malgache, par le président CHESTER A Arthur et les ambassadeurs malgaches RAVONINAHITRINIARIVO et RAMANIRAKA.

Berlin :

- 15 mai 1883 : signature à Berlin d’un traité d’amitié et de commerce passé entre l’empereur d’Allemagne et le gouvernement malgache, représenté par ses ambassadeurs RAVONINAHITRINIARIVO et RAMANIRAKA.

Londres :

- 6 juillet 1883 : signature à Londres entre le compte NIGRA, ambassadeur d’Italie et les ambassadeurs malgaches RAVONINAHITRINIARIVO et RAMANIRAKA. d’un traité d’amitié entre les gouvernements malgache et italien.

     Il appert de ces divers traités que nous avions des ambassadeurs et des chargés d’affaires en Europe et en Amérique et que le gouvernement malgache avait été organisé comme ceux des nations civilisées de l’ancien et du nouveau monde.

     Il se composait de huit ministères placés sous la direction du Premier ministre et commandant en chef de l’armée, à savoir : Finance, Guerre, Affaires Etrangères, Commerce e Travail, Lois, Enseignement, Intérieur et Justice. 

     L'ambassade revint 04 Octobre 1883 à Madagascar et accosta à Vohipeno, Manakara où elle dut faire un détour, car les ports de Tamatave et de Majunga étaient déja pris par la marine de guerre française.
    De nouvelles négociations avaient de nouvelles raisons d'être à l'avènement d'une nouvelle reine. Elles traînèrent d'Octobre 1883 à Avril 1884. 
Rainilaiarivony se proposait d'abandonner à la France les îles du nord-ouest et Sainte-Marie.   

Une occidentalisation accrue

       Les manifestations de l'européanisation du royaume sont ainsi surtout religieuses. Outre la religion officielle, l'installation des missionnaires britanniques est favorisée et par conséquent la construction d'établissement scolaires. L'indépendance qui tend à disparaître ne pas pourtant pas sans une forme de modernisation, qui passe aussi par des réformes institutionnelles : ainsi, les lois deviennent codifiées et le journalisme connaît un certain essor. Les Britanniques présents sur place sont autorisés à publier une revue scientifique, l'Antananarivo Annual. La capitale, Tananarive, se dote de grands édifices et le pavement des rues est réalisé.

      Pourtant, le choix diplomatique d'être plus conciliant avec l'Occident s'accorde mal avec le phénomène européen de colonisation et finit par attiser les ambitions françaises, malgré les tentatives de la monarchie de contrecarrer cette influence grandissante en jouant la carte britannique.

       RANAVALONA II mourut subitement, le vendredi 13 juillet 1883, à l'âge de 54 ans. Le lundi 16 juillet, on emmena sa dépouille mortelle au Temple du Palais, dans l'enceinte même du palais, pour un culte d'actions de grâce. Le premier ministre et les hauts dignitaires du royaume ainsi que les missionnaires de la London Missionary Society, Friends' Foreign Missions Association (F.F.M.A.), Norwegian Mission Society (N.M.S.), Society for the Propagation of the Gospel (S.P.G.) et d'autres représentants étrangers étaient présents. Son corps fut inhumé dans la tombe royale, dans l'enceinte du palais à Anatirova.
      Une crise de succession s'ouvre rapidement car la Souveraine n'a pas  de descendant direrct. Il y a bien la Princesse RAKALOBE, petite fille d' ANDRIANAMPOINIMERINA, mais elle refuse le trône lorsqu'on lui suggère qu'elle devra quitter son mari pour épouser le Premier Ministre. Il y'a aussi la Princesse RAMPELASINORO que RANAVALONA II a adopté et qui refuse également le trône pour les mêmes raisons. Enfin la future RANAVALONA III RAZAFINDRAHETY, petite nièce de la souveraine précédente. RAINILAIARIVONY avait déjà fait exécuter son mari (l'Andriana RATRIMOHARIVONY) trois mois avant la mort de RANAVALONA II, sait-on jamais. La Princesse accepte donc le pouvoir qui lui est proposé à 22ans et reprend le nom de Ranavalona (celle qui a replié son lamba avec soin) Manjaka (celle qui dispose selon sa volonté).
      Sa cousine RANAVALONA III lui succéda et régna entre 1883 et 1896. Elle était la dernière reine de Madagascar avant l'occupation française, le 6 août 1896, date à laquelle Madagascar est déclaré colonie française.

Berthe Raminosoa Rasoanalimanga

En 1883 la reine Ranavalona II tombe gravement malade. Son époux, Rainilaiarivony, qui est le premier ministre, prépare sa succession. En effet, soucieux d’assurer la continuité  de l’Etat et de la Couronne, Rainilaiarivony s’est institué premier ministre à vie,  et a décrété qu’en tant que tel il serait l’époux attitré de la reine. C’est ainsi que de 1863 à 1868 il a déjà été le premier ministre et l’époux de la reine Rasoherina et que depuis 1868 il est le premier ministre et l’époux de la reine Ranavalona II.

La princesse Razafindrahety est pressentie pour assurer la succession, bien qu’elle soit déjà mariée au prince Ratrimoarivony. Le destin veut que celui-ci tombe gravement malade. Il meurt le 7 mai 1883, à l’âge de 21 ans. La reine Ranavalona II meurt trois mois plus tard, le 30 juillet 1883.

 

Commentaires (2)

1. ralaitsirofo andriatiana timoty vendredi, 17 Février 2017

Misaotra betsaka anareo nanoraratra ny tantara hahafana nahafantatra zavatra maro momba ny firenena.Fa raha ny hita taminy izany fotoana dia nanana ny maha izy azy i Madagasikara taminy izany fotoana satria dia ny presida Amarikaina mihitsy no nandray azy.ankehitriny anefa toa mampalahelo ny tantara fa toa fahantrana sy kolikoly ny lova napetraky ny mpanjanaka Frantsay teto .tantara vao2 indray izao no hatrehany madagasikara dia ny fomba rehetra hialana @izao fanambakana sy fanjanahana ankolaka ataony frantsay miafina ao ambadiaka mpanao politika malagasy izao.

2. Razanajao, Claude vendredi, 24 Avril 2015

Bonjour,

Vous représentez sur cette page des "idoles malgaches" dont trois ne sont pas d'origine malgache! Certaines sont même reproduites sur d'autres pages de votre propre site. J'ai le regret de devoir vous rappeler que vous induisez les lecteurs en erreur en publiant des informations erronées sur un site qui n'est par ailleurs qu'une vaste compilation d'articles pompés à droite et à gauche sur le web.

Claude Razanajao

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Date de dernière mise à jour : jeudi, 28 Juillet 2016

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