RASOHERINA

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recueilis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Rasoherina, née en 1814 et décédée le 1er avril 1868 est une reine malgache, sous l'influence de son Premier ministre et second époux Rainilaiarivony, succédant à son premier mari assassiné, Radama II

Intronisée Reine à ANDOHALO, elle poursuit l'action menée par son défunt mari Radama II, en maintenant l'ouverture du pays sur l'EUROPE mais rétablit l'interdiction aux étrangers d'accéder à AMBOHIMANGA.

Biographie

Origines et succession

Rasoherina naît sous le nom de Rabodozanakandriana (ou Rabodo) en 1814. Elle est la fille d'Andriantsalama et de Rafaramanjaka et donc la nièce de la reine Ranavalona Ire.

Elle épouse le fils et héritier de Ranavalona, Rakoto. Il succède à sa mère en 1861 sous le nom de Radama II et Rabodo est couronnée reine consort. Après l'assassinat de Radama II en 1863, un conseil réunissant de princes mené par Rainilaiarivony approche Rabodo, le jour suivant la mort de son mari. Ils lui donnent alors les conditions à remplir sous laquelle elle pourrait obtenir le trône. Ces conditions incluent la défense par la monarchie de la liberté de culte. Rabodo est couronnée le 13 mai 1863 sous le nom de règne Rasoherina.

Une reine sous l'influence de son Premier ministre

 Le Premier ministre Raharo prend la tête d’une conspiration et proclame reine Rabodo, première femme du roi Radama II. Certains auteurs pensent que Radama est tué ce jour-là, d’autres estiment qu’il a pu s’échapper et se réfugier en pays Sakalava où il serait mort quarante ans plus tard.

Le Premier ministre Raharo épouse la reine Rabodo qui prend le nom de Rasoherina (la chrysalide). Le pouvoir exécutif, jusqu’alors prérogative du souverain, passe dans les mains du Premier ministre qui gouverne en dictateur.

Douce et ferme, elle gouverna avec son Premier Ministre Rainivoninahitriniony, qu'elle épousa par la suite de façon à assurer un équilibre des pouvoirs entre la noblesse (andriana) et le peuple (hova).

Cette union matrimoniale servit de modèle pour la suite et fut

Le réel détenteur du pouvoir au début de son règne est le Premier ministre Rainivoninahitriniony, Rasoherina le remplace en nommant Rainilaiarivony Premier Ministre. C'est de facto le réel dirigeant de Madagascar, et plus tard aussi l'époux de la reine.

La capitale, Tananarive, se modernise et voit émerger des maisons bourgeoises, souvent de type anglais.

Diplomatie

Les Malgaches se souviennent aujourd'hui de la reine Rasoherina pour avoir envoyé des ambassadeurs à Paris et à Londres et pour avoir fait interdire les marchés le dimanche. Le 30 juin 1865, elle signe un traité avec le Royaume-Uni donnant aux citoyens britanniques le droit de louer et posséder des terres sur l'île. Avec les États-Unis, elle signe un accord de commerce qui limite l'importation d'armes et l'exportation de bétail. Mais surtout, la reine signe avec la France un traité de paix entre ses descendants et ceux de l'empereur des français, Napoléon III.

L’AMBASSADE ROYALE MALGACHE DE 1863

Ambassadeurs 1863

L’Ambassade itinérante malgache de 1863, avec les ambassadeurs Rainifiringa (à gauche) et Rasatrananbo, à droite, et au centre le révérend John Duffus – Photo tirée de l’ouvrage « Colline sacrée des souverains de Madagascar, le Rova d’Antananarivo, L’Harmattan, 1989 – Reproduction interdite.

La fin de règne du roi Radama II révèle, après la longue période du règne de sa mère Ranavalona 1ère, l’installation définitive, permanente et omnipotente au pouvoir des deux clans roturiers des Tsimiamboholahy et des Tsimahafotsy. La Reine Rasoherina, épousée par le Premier ministre Raharo pour mieux l’obliger et afin de la réduire à un rôle symbolique, lui abandonne les rênes du pouvoir ainsi que les prérogatives politiques (voir nos développements sur ce même Blog dans « Réformateurs et modernisateurs de Madagascar », 7ème partie).

Alors que la Reine souhaite entretenir avec Français et Anglais les meilleures relations possibles, dès le 15 septembre 1863 le gouvernement malgache, réfractaire, lui, à tout l’héritage radamien, entend mettre en place une nouvelle politique étrangère exclusivement dirigée contre la France et refuse de reconnaître le traité d’alliance et de commerce de 1862 passé entre la France et Madagascar. Jean Laborde, le consul de France, décide alors le 18 septembre 1863 d’amener le pavillon français. Cette soudaine flambée de tension franco-malgache ne peut trouver, pour Madagascar, aucune atténuation du côté anglais puisque par les effets et les engagements du traité de commerce de 1860 liant la France et la Grande-Bretagne ces deux pays, par ailleurs unis dans une concorde relationnelle voulue par l’Empereur Napoléon III, prennent soin de ne se gêner nullement par des prises de position qui seraient contradictoires.

C’est dans ces conditions et dans l’ignorance de ce contexte géopolitique qu’en novembre 1863 est décidé par le gouvernement malgache l’envoi en Angleterre, et « accessoirement » en France, d’une ambassade itinérante, co-dirigée par Rainifiringa et Rasatranabo, pour expliquer les nouvelles orientations de la politique étrangère malgache. Le révérend John Duffus fait fonctions de secrétaire et d’interprète de l’ambassade. Un projet de traité à négocier seul avec l’Angleterre est élaboré, dont les ambassadeurs malgaches ont en charge de faire accepter les termes par le gouvernement anglais, avant qu’ils n’envisagent de se présenter à Paris munis d’un traité signé en bonne et due forme avec l’Angleterre, le gouvernement malgache s’imaginant qu’une telle stratégie d’approche, par le truchement anglais, pourrait amener la France à traiter favorablement avec Madagascar malgré la récente rupture entre les deux pays.

L’ambassade quitte Tamatave le 26 novembre pour n’arriver en Angleterre qu’en février 1864. A Londres, les ambassadeurs malgaches sont reçus le 3 mars par Lord Russel, Secrétaire d’Etat au Foreign Office, et une semaine après par la reine Victoria au château de Windsor, puis quelques jours après par Lord Palmerston, Premier ministre, celui-là même qui, étant Secrétaire d’Etat au Foreign Office en 1837, avait déjà traité avec les ambassadeurs de Ranavalona 1ère.

Les négociations, que les Malgaches pensaient aisées, s’avèrent difficiles. Car, d’emblée et dans un premier temps le projet de traité, présenté au gouvernement anglais par les ambassadeurs malgaches au nom du gouvernement de Raharo, est prestement rejeté par les Anglais ! Néanmoins, ces derniers consentent à discuter, mais c’est finalement pour signifier à la partie malgache qu’en l’état l’Angleterre ne saurait s’engager seule sans connaître l’avis du gouvernement français.

C’est ainsi que sous les fortes et insistantes recommandations du gouvernement anglais, les ambassadeurs malgaches sont contraints d’entamer des négociations avec le gouvernement français, charge à eux de revenir en Angleterre pour y poursuivre les négociations avec le gouvernement anglais, occurrences quelque peu embarrassantes pour les Malgaches, mais ceux-ci relèvent le défi et acceptent de suivre la suggestion anglaise. Comme pour compenser quelque peu leur exigence, les Anglais consentent tout de même, quant à eux, à remettre aux ambassadeurs malgaches un contre-projet de traité que Rainifiringa et Rasatranabo décident de faire parvenir à Madagascar pour consultation…

Et, c’est le 1er juillet 1864 que l’ambassade itinérante malgache parvient à Paris où, le 6 juillet, elle est reçue par Drouyn de Lhuys, Ministre français des Affaires étrangères, lequel réserve aux ambassadeurs malgaches un accueil froid et plein de reproches. L’Empereur Napoléon III, pour sa part, refuse de recevoir les ambassadeurs malgaches. De fait, il est reproché à Madagascar d’avoir rompu unilatéralement le traité d’alliance et de commerce conclu en 1862, ainsi que la « Charte Lambert ». Si initialement les ambassadeurs malgaches étaient missionnés par leur gouvernement pour aborder éventuellement le sort de ce traité avec le gouvernement français, ce dans les conditions rappelées plus haut, par contre il leur était interdit d’aborder la question de la « Charte Lambert », sujet brûlant. Des négociations aussi mal engagées ne pouvant qu’échouer, et l’accentuation anti-française de la politique étrangère malgache se poursuivant (cf. « Réformateurs et modernisateurs de Madagascar » 7ème partie, sur ce même Blog), le constat tombe dès le 12 juillet 1864, exprimé par Herbert, le Ministre français du Commerce et de l’Industrie, qui invite tout simplement mais fermement les ambassadeurs malgaches à regagner Madagascar, ce sans même être porteurs d’un message quelconque.

L’échec de cette ambassade itinérante, certes moins évident que celui qui avait été enregistré par l’ambassade de 1836-37 (voir sur ce même Blog : « L’expédition diplomatique malgache de 1836 »), apparaît cependant dans une certaine relativité, car l’Angleterre ne voyant finalement aucun scrupule à devancer la France à Madagascar, se décide soudainement à signer un nouveau traité avec Madagascar le 27 juin 1865 et, pour sa part la France, ne souhaitant pas se laisser distancer dans une période bien difficile pour elle avec la récente et humiliante défaite mexicaine suivie de l’exécution de l’empereur Maximilien en 1867, suivie du péril prussien qui remet brusquement en cause l’équilibre des forces en Europe, signe un nouveau traité le 8 août 1868 avec Madagascar malgré que la « Charte Lambert » ait été brûlée en juillet 1866 à l’instigation du gouvernement malgache comme on brûlerait une figure haïe (voir les péripéties environnantes sur « Réformateurs et modernisateurs de Madagascar », sur ce même Blob, 7ème et 8ème parties). Comble d’humiliation pour la France, Madagascar venait de conclure, en décembre 1866, un accord sur un traité de commerce avec les Etats-Unis, cette puissance montante qui, en application de la « doctrine Monroe », avait forcé les Français à évacuer du Mexique leur force expéditionnaire, ce qui avait hâté la chute d’un empereur Maximilien installé sur un trône mexicain bien trop fragile…

Mais, pour autant, aucune véritable embellie diplomatique ne s’ouvre pour Madagascar, qui devient enserrée par l’Angleterre seule. Jean Laborde, qui est tout de même resté sur place à Antananarivo en sa qualité de consul, est le témoin d’une monopolisation forcenée de tous les pouvoirs par un Rainilaiarivony triomphant qui n’hésite plus à instrumentaliser ostensiblement une reine, Rasoherina, très affaiblie par la maladie et qui meurt finalement en avril 1868.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

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Reproduction, même partielle, interdite des textes et illustrations

Un an après le début de son règne, trois missionnaires anglais, POOL, SIBREE et PARRET, rejoignent CAMERON et LABORDE en tant que maîtres d'œuvres. Leur influence sera très importante pendant près de vingt ans. Le style "anglais" sera ainsi très largement employé, notamment pour les maisons bourgeoises.

En 1864, RAINILAIARIVONY, est nommé par la Reine, Premier Ministre. Son influence sur la politique du pays aura une certaine importance, puisqu'il sera de 1864 à 1895, l'époux successif des trois dernières reines de MADAGASCAR.

Dès 1866, les missions catholique, luthérienne et norvégienne s'installent à leur tour, non sans frictions entre ces différents congrégations. Il en résultera une prolifération d'édifices cultuels, en ville et dans sa périphérie. L'architecture des ces édifices rappelle alors les origines culturelles des différentes congrégations.

Peu de grandes dates marqueront son règne si ce n'est le 22 janvier 1867 l'inauguration, après trois années de travaux, du Temple d'AMBATONAKANGA (architecte : SIBREE), premier grand édifice en pierre de la ville. Il faut également signaler l'inauguration au ROVA, la même année du Palais de MANAMPISOA (architectes : POOL et CAMERON).

Une coutume mal comprise

Chaque pays a ses coutumes et ses usages que les étrangers ont du mal à comprendre et à Madagascar, durant des siècles, la loi de l'hospitalité veut que l'on meuble la solitude de l'étranger de passage, en lui fournissant une compagne durant la durée de son séjour. Une telle coutume est accueillie avec le consentement total des voyageurs anonymes, trop contents de l'aubaine. Mais les missionnaires et les diplomates voient la chose d'un autre oeil, considérant une telle proposition comme scandaleuse.

En quittant son palais, la Reine RASOHERIMANJAKA entra à Mahitsielafanjaka (case d’ANDRIANAMPOINIMERINA. Elle en sortit pour aller prier aux sept tombeaux (ceux des anciens rois), puis à celui de RADAMA 1er. En quittant ce dernier, elle alla faire ses dévotions près de Kelimalaza et de Rafantaka. » ; en 1867, ces deux fétiches conservent encore toute leur puissance. Ils ont leurs cases et leurs prêtres dans l’enceinte même du Rova, et la reine n’ose entreprendre aucun voyage sans d’abord se les rendre favorables.

La reine de Madagascar Rasoherimanjaka et tous les sujets qu’elle avait désignés pour l’accompagner à Andevoranto, se mirent en route le jeudi 20 juin 1867 dans la deuxième période d’Alahamady, à 8 heures et demie du matin.

En arrivant à Ambohi­manambola, elle fit un détour et quitta la route de Tamatave pour aller visiter Kelimalaza. Elle pria. Rasamo (le grand-prêtre) fit le kabary dans les formes voulues, puis elle continua sa route.

Elle part en villégiature à Andevoranto avec toute sa Cour et une foule de curieux de plusieurs milliers de personnes. De Toamasina, le consul d'Angleterre, M. Packenham, estime l'occasion propice pour gagner les bonnes grâces de la souveraine. Il lui demande la permission de présenter ses hommages. On le remercie de ses intentions et on lui donne un rendez-vous. Le consul se rend donc à Andevoranto avec plusieurs ressortissants anglais au début du mois d'août 1867 il souhaite faire aboutir des négociations relatives à la conclusion d'un traité anglomalgache, en suspens depuis plusieurs mois, conséquence d'un différend entre lui et le Premier ministre Rainilaiarivony.

La délégation anglaise reçoit un bel accueil avec tous les honneurs qui lui sont dus. Mais au moment où elle doit être présentée par la reine, il se produit un événement que le consul n'a pas prévu.

Des invités scandalisés

En effet alors qu'elle reçoit les représentants de Sa Majesté la reine Victoria, la souveraine malgache fait venir un groupe de danseuses de réputation douteuse. Les visiteurs sont scandalisés au plus haut point comprenant immédiatement pourquoi elles sont là.

Offensés de ce qu'ils considèrent comme un manque de respect à leur égard, le consul Packenham et sa délégation se retirent très vexés. La reine et son entourage sont très étonnés ils pensaient leur faire passer quelques bons moments en agréable compagnie durant leur séjour.

Telle est donc la conviction de Rasoheri­manjaka, du Premier ministre Rainilaiarivony qui l’accompagne et de toute sa Cour en 1867.

L'affaire ne s'arrête pas là. En effet, le consul anglais riposte vigoureusement par écrit contre l'imposition d'une coutume locale à des sujets de la reine d'Angle¬terre qu'ils représentent. Par conséquent il leur est impossible d'accepter la présence de femmes de petite vertu à cette audience. Personne ne comprend le mouvement d'humeur du consul anglais. En effet, lors du couronnement de Radama 11, quelques années auparavant, toutes les jeunes filles et jeunes femmes de la Cour avaient été réquisition¬nées pour tenir compagnie aux membres de la délégation française. Le roi les avait même obligées à s'asseoir sur les genoux de ces derniers devant lui. Une seule princesse avait refusé de se plier à ce caprice du roi et quitta la salle : l'accès de la Cour lui fut interdit à partir de ce moment-là.

Décès et succession

À sa mort, en 1868, Ramoma, cousine de Rasoherina, lui succède sous le nom de Ranavalona II.

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Date de dernière mise à jour : vendredi, 06 Mars 2015

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