DECOUVERTE DE MADAGASCAR

Dada roby

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établissements de colonies en pays nouvellement découverts

recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com)

Peuplement malgache

L'origine austronésienne du peuplement malgache est commune à toute l'île : l'origine provient majoritairement de l'archipel indonésien. Arrivés probablement sur la côte Ouest de Madagascar en canoé à balancier (waka) au début de notre ère - voir 300 ans avant selon les archéologues - ces pionniers navigateurs austronésiens sont connus de la tradition orale malgache sous le nom des Ntaolo (les "hommes d'avant", les "anciens"). Il est également probable que ces anciens se nommaient eux-mêmes les Vahoaka ("peuple/ceux des canoés" ou "peuple de la mer"), terme signifiant simplement aujourd'hui le "peuple" en malgache.

Ces vahoaka ntaolo ("peuple d'origine", les "premiers") austronésiens sont à l'origine de la langue malgache presque commune à toute l'île, ainsi que du fond culturel malgache : coutumes anciennes, agriculture ancienne (la culture du taro-saonjo, de la banane, de la noix de coco et de la canne à sucre), l'architecture traditionnelle (maison végétale à base carrée sur piloti), la musique (les instruments comme la conque marine antsiva, le tambour de cérémonie hazolahy, le xylophone atranatrana, la flûte sodina ou encore la valiha) et la danse (notamment la "danse des oiseaux" que l'on retrouve à la fois au centre et dans le Sud chez les Antandroy notamment). Au tout début du peuplement appelée "période paléomalgache", les Ntaolo se subdivisèrent, selon leurs choix de subsistance en deux grands groupes : les Vazimba ("ceux de la forêt") qui s'installèrent - comme leur nom l'indique - dans les forêts de l'intérieur et les Vezo ("ceux de la côte") qui restèrent sur la côte Ouest. Le qualificatif Vazimba désignait donc à l'origine les Ntaolo chasseurs et/ou cueilleurs qui décidèrent de s'établir "dans la forêt", notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la grande île et celles de la côte Est et Sud-Est, tandis que les Vezo étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud.
 

Une récente étude génétique des populations de Madagascar met en lumière un détail du peuplement de l'île. Il est reconnu depuis longtemps que les premières populations arrivées à Madagascar (il y a 1000 à 1500 ans) ne proviennent pas du continent africain mais bien des îles d'Indonésie. Une équipe scientifique, dirigée par Murray Cox de l'Université de Massey en Nouvelle-Zélande, a examiné l'ADN mitrochondrial fournissant des données explicites sur les lignées maternelles. Les résultats suggèrent que la première colonie de l'île a eu lieu vers 830 de notre ère en impliquant un petit groupe de femmes, au nombre d'environ trente personnes, venant des îles indonésiennes. Des hommes Indonésiens les accompagnés certainement mais cette contribution indonésienne sur le plan génétique (donné par les femmes) mais également la langue et la culture continuent à être les facteurs dominants des peuples malgaches d'aujourd'hui. Par la suite, seulement, est arrivé un autre flux de migration réunissant des femmes et des hommes provenant du continent africain, s'en est suivi un métissage des populations.
 

La période féodale malgache : naissance des grands royaumes (1600-1895)

Dès la fin du premier millénaire jusqu'à 1600 environ, les Vazimba de l'intérieur autant que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux immigrants moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs arabisés) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis) voire européens (Portugais) qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale. On sait qu’entre le VIIIème et le XIème siècle, des commerçants arabes puis swahilis (mêlant tradition africaine et islamiques) ont installé des comptoirs et de petites colonies sur les côtes nord-ouest, nord-est et est de Madagascar. Bien que minoritaires, les apports culturels, politiques et technologiques de ces nouveaux arrivants à l'ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent substantiellement leur société et sera à l'origine des grands bouleversements du XVIème siècle qui conduiront à l'époque féodale malgache.
À l'intérieur des terres, les luttes pour l'hégémonie des différents clans Vazimba des hauts plateaux centraux (que les autres clans Vezo des côtes appelaient les Hova) aboutirent à la naissance des ethnies et/ou royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety et Bara. Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen orientaux et africains donnèrent naissance aux ethnies et/ou royaumes Antakarana, Boina, Menabe et Vezo (côte ouest), Mahafaly et Antandroy (sud), Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (côte est).
La naissance de ces ethnies modifièrent essentiellement la structure politique de l'ancien monde des Ntaolo, mais la grande majorité des anciennes catégories demeurèrent intactes au sein de ces nouveaux royaumes : la langue commune, les coutumes, les traditions, le sacré, l'économie, l'art des anciens demeurèrent préservées dans leur grande majorité, avec des variations de formes selon les régions
 

La route des Indes et les premières tentatives de colonisations

Abordé en 1500 par des navigateurs portugais, Madagascar devient une escale sur la route des indes orientales, avant d’exciter les convoitises européennes au XVIIème siècle. Étienne de Flacourt écrit en 1658 : «Toutes les Compagnies qui se sont formées jusqu’à présent pour les établissements de colonies en pays nouvellement découverts et parmi les nations barbares, sans religion et sans loi, ont été fondées sur l’espérance du profit et du gain, quoique l’on en ait coloré les desseins du beau prétexte de religion, du zèle de charité envers les pauvres peuples qui y habitent et de la propagation de la Foi». Il pense que si des comptoirs s’ouvrent sur les côtes les tentatives de colonisation échoueront toutes...
 
Diogo Dias appelle Sâo Lorenzo (Saint-Laurent) la grande île qu’il aborde par hasard, le 10 août 1500, alors qu’il fuit une tempête. Chargé par le roi Manoel 1er d’inventorier les ressources de la Grande Île, en 1508, Lopes de Sequeira constate que la côte orientale est dépourvue des épices tant recherchées. Les Portugais utilisent Madagascar comme escale de ravitaillement sur la route des Indes, accostant dans les baies de Saint-Augustin (Sud-Ouest), Manafiafy (Sud-Est), Antongil (Nord-Est) et sur la côte nord-ouest. Ils se désintéresseront de la Grande île au début du XVIIème siècle. Les hollandais profitent du départ des portugais pour tenter d’inclure Madagascar dans le circuit triangulaire Le cap-Maurice-Batavia. Ils fréquentent surtout la côte est et la baie de Saint-Augustin en quête des denrées et des esclaves indispensables à la colonisation de l’île Maurice, qu’ils occupent depuis 1638. L’abandon de cette dernière en 1710 mettra fin à ce trafic commercial. Les Anglais tentent, eux aussi, d’installer des colonies dans la baie de Saint-Augustin, en 1644, et à Nosy Be en 1650. Deux tentatives ruinées en moins d’un an, les colons ayant été massacrés par les autochtones.
 
En 1642, Jacques Pronis débarque dans la baie de Manafiafy. Voyant les fièvres emporter ses hommes, il décide de transférer la colonie à la pointe Tolagnaro, où le fort Dauphin est érigé en 1643. En 1648 Etienne de Flacourt remplace Pronis à la tête de l’établissement. Arrivé en compagnie de deux lazaristes, il repartira en 1655, après avoir conçu un plan d’occupation de Madagascar mais sans avoir pu mener à bien sa mission commerciale. Fort-Dauphin périclite peu à peu et, en 1674, les derniers colons gagnent l’île Bourbon (la Réunion). De 1674 jusqu’à environ 1720, les seuls Occidentaux à fréquenter la Grande Île sont des pirates et des flibustiers. Voulant faire de Madagascar une base de ravitaillement de leurs colonies Mascareignes (la Réunion, Maurice et Rodrigue) les Français tentent de se rétablir en 1768-1771 à Fort-Dauphin avec Moclave, puis en 1774-1786 dans la baie d’Antongil avec Benyowsky mais sans succès. Si le séjour des Français est un fiasco commercial, il en restera quelques ouvrages fondamentaux dont l’Histoire de la Grande Isle Madagascar, le Dictionnaire et le Catéchisme, tous trois signés de Flacourt. L’auteur consacre de belles pages illustrées à l’histoire et aux coutumes malgaches. Il dresse aussi quelques plans et constitue un herbier, conservé en partie au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

 

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