INDEPENDANCE

wikipedia.jpgdada.jpgMadagascar :

une République souveraine et indivisible.

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recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina@yahoo.fr)

L’indépendance : objectif ultime

Par essence, un parti politique est un médiateur entre les aspirations du peuple et le pouvoir central. En effet, il doit être le porte-parole de la population ou une partie de celle-ci et également un instrument qui permet à cette dernière d’orienter la politique de l’État dans le sens qu’elle veut. Ainsi, le M.D.R.M. déclare qu’un parti permet justement de « connaître le penchant de la population…de [son] désir le plus ardent dans son cœur » . Et c’est dans cette optique qu’il pense être le moyen d’expression et d’action dans la main des Malgaches dans leur quête de liberté et d’indépendance.

La marche vers l'indépendance

En 1895 le général Duchesne contraignit la reine Ranavalona III à accepter le protectorat français. Une violente insurrection entraîna l'annexion de l'île (1896), que Gallieni soumit (1897-1905).

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1915 : premier mouvement de résistance
1942 : invasion britannique

Le 29 mars 1947 éclate une insurrection dans la colonie française de Madagascar. Elle va provoquer des dizaines de milliers de victimes sans que quiconque ou presque s’en émeuve.
En date du 10 juillet 1947, le président de la République, Vincent Auriol, écrivait : « Il y a eu évidemment des sévices et on a pris des sanctions. Il y a eu également des excès dans la répression. On a fusillé un peu à tort et à travers » (extrait de www.ldh-toulon.net)

1946 : Raseta, Rayoahangy et Rabemananjara, du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) sont les premiers députés malgaches de l’assemblée constituante française.

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Madagascar : Etat libre au sein de l’Union Française

Longtemps assimilationnistes, les nationalistes malgaches sont, dans leur majorité, indépendantistes au lendemain de la guerre. Les élections de novembre 1945 le démontrent clairement. D’ailleurs, c’est à cette époque qu’il faut chercher l’origine directe de la politique du M.D.R.M. concernant le statut de Madagascar. Dans ce cas, il faut analyser le programme qui a permis à Ravoahangy et à Raseta, fondateurs du parti, de se faire élire.

La restauration de l’indépendance

Malgré la popularité du pasteur Ravelojaona, premier Malgache élu, son adversaire, le docteur Ravoahangy, est plébiscité. Une victoire qu’il doit à son programme qui revendique l’indépendance de l’île. Dès cette époque, le Comité de deux candidats propage déjà les idées qui justifient cette revendication et que le M.D.R.M. véhiculera en les adoptant comme siennes : recours à l’image du passé précolonial malgache, à la tradition française (entre autres les Principes de 1789), au « vœux international » exprimé par les grandes Déclarations internationales ; discours sur les cinquante années d’évolution sous « l’éducation française » déjà réalisée ; la nécessité de l’unité des Malgaches ; le caractère sacré du Tanindrazana (patrie)… En même temps, on dénonce les méfaits de la colonisation et ses abus. Le succès de Ravoahangy et son collègue Raseta renforce le camp indépendantiste ; à aucun moment, l’autodétermination n’est jamais aussi proche, du moins dans la conscience populaire.

Le M.D.R.M. et la question d’indépendance

À sa création en 1946, le mouvement de la rénovation est conçu pour trois buts essentiels – dans le court terme - : le retour à l’indépendance et à la souveraineté de Madagascar, la réforme sociale et économique, et enfin l’établissement d’une politique de coopération avec la France. Parmi ce trio, le premier est le plus important, même s’il est désigné sous une expression plus atténuée mais combien évocatrice de « restauration de l’ « État malgache indépendant » dans le cadre de l’Union Française ». On note ici l’une des caractéristiques du parti : le respect du cadre légal de la IVe République française dont la Constitution stipule que « la France forme avec les peuples d’outre-mer une union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs…écartant tout système de colonisation fondée sur l’arbitraire… ». Ainsi, le statut d’État libre au sein de l’ensemble institutionnel français est l’objectif officiel du parti. La proposition de loi de deux députés à la première Constituante en 1946 le montre clairement. Mais, il semble que les parlementaires malgaches changent de programme entre la période qui va de novembre 1945 à la naissance du M.D.R.M. en février 1946. Des explications s’imposent alors. On peut en citer deux.

La première vient du fait que les députés se sont heurtés à l’opposition d’une grande partie des forces politiques françaises dans leurs actions. Ils comprennent alors que dans le système politique français, ce sont les rapports de force politique qui comptent ; c’est pourquoi, ils commencent par créer une structure qui peut les créer : avec l'aide de la diaspora malgache de France, ils initient le M.D.R.M. ; puis, ils recentrent la revendication des nationalistes malgaches, du moins celles de leurs partisans. S’inspirant des accords préliminaires de Hanoï (par lesquels la France reconnaît la République de Viêt Nam proclamée en septembre 1945 comme un État libre), ils choisissent l’option « État libre au sein de l’Union Française ». En fait, cette dernière n’est qu’un consensus entre la volonté des Malgaches d’avoir leur indépendance qu'ils sont censés chercher à Paris et la politique conservatrice de la majorité des Français et des représentants des autorités métropolitaines à Madagascar ainsi que des colons plus que jamais attachés à leurs privilèges acquis. Ils auraient pensé que la modération de leur proposition, sans blesser l’amour-propre de ses électeurs, aurait attiré vers eux la sympathie et l’aide de la majorité des forces politiques françaises qui leur sont hostiles (mais, ils ont dû déchanter car seul le parti radical-socialiste de Herriot se déclare favorable à leur cause tout en posant des conditions, notamment la sauvegarde des intérêts français à Madagascar) .

Ainsi, pour la presse proche du M.D.R.M., cette option est une politique qui se veut réaliste, « dans le domaine du réalisable » argumente Ny Kintan’ny Maraina. L’administration elle-même est de même avis selon un rapport de la Direction des Affaires Politiques : « Ravoahangy est parti en France l’an dernier avec une idée fixe que l’exercice du mandat législatif et le contact des réalités semblent l’avoir entamé » .

Face aux critiques, les députés et leurs partisans se défendent et rejettent l’épithète « traîtres ». D’ailleurs, pour eux et le M.D.R.M., l’Union Française n’est qu’une étape vers l’indépendance intégrale. Ravoahangy l’affirme bien lors de ses conférences tenues pendant sa tournée en août 1946 pour promouvoir la reprise du travail. En fait, il profite des moyens mis à sa disposition par l’administration coloniale pour éclaircir la politique de son parti et renouer la confiance avec le peuple.

La seconde explication de ce « revirement » est d’ordre technique. Elle repose sur la loi d’annexion du 6 août 1896, longtemps la bête noire des nationalistes. Ainsi, l’abrogation de cette loi est, pendant des années, une de leurs principales revendications. Lors de sa conférence qui s’est tenue au stade d’Antanimena, le 10 mai 1946, Ravoahangy déclare « qu’il a présenté au gouvernement français un mémorandum relatant les relations entre la France et Madagascar entre 1863 et 1895 et dans lequel il a également demandé l’abrogation de cette loi d’annexion et l’institution d’un « État libre au sein de l’Union Française » conformément à l’article 41 de la nouvelle Constitution » car il ne peut y avoir une union librement consentie entre maître et valet. Il faut donc auparavant que nous soyons libres. De même, lors des événements du 19 mai 1946, le M.D.R.M. confie à Jules Ranaivo la confection des banderoles censées apporter au Haut-commissaire les revendications des Malgaches. L’une d’elles a comme message : « À bas la loi d’annexion du 6 août 1896 ». Raseta lui-même déclare à la tribune de l’Assemblée Nationale française le 6 août 1947 que la France n’a pas respecté le traité de Protectorat du 1er octobre 1895 en proclamant unilatéralement l’annexion de Madagascar. Ainsi, pour le M.D.R.M. et ses leaders, ce n’est qu’une loi injuste et non légitime, alors qu’elle tient l’île sous le joug colonial dans la mesure où elle légalise l’établissement et le maintien de la situation de la Grande Ile comme une colonie. Cette loi disparue, tout serait possible pour le futur statut de Madagascar y compris l’indépendance intégrale.

Cette loi abrogée, la colonisation le serait automatiquement et légalement. Ainsi, les députés et leurs partisans se soucient peu de dénominations : État libre ou indépendance, peu importe, c’est plus ou moins la même chose, on entre dans le premier (État libre) pour aboutir dans le second (indépendance intégrale) car l’accès à ces deux statuts nécessite une seule condition principale : l’abrogation de la loi du 6 août 1896. Le journal "Mongo" l’écrit sans ambiguïté quand il rappelle l’objectif du M.D.R.M. : « revendiquer le retour de l’indépendance de Madagascar, la jouissance pour les Malgaches des droits en tant que nation mais tout en restant reliés comme des frères avec la France, et cela, tout comme la France est reliée avec les autres Nations du monde » . Ici, l’emploi du terme « restauration » est à ce point explicite : le M.D.R.M. veut le retour de l’indépendance d’un « État malgache » précolonial qui avait une relation avec les grandes puissances de son époque dans le cadre d’un État à un autre (Ravoahangy parle d’un « cadre supérieur »), tandis que Rabemananjara écrit que « c’est dans l’indépendance ainsi admise de part et d’autre que se trouvent pleinement réalisées entre les deux nations les conditions de l’égalité des droits », pour sa part Raseta insiste sur le mot « indépendance » au lieu d’ « État libre » dans son discours à l’Assemblée Nationale, le 6 mai 1947 au moment où à Madagascar l’insurrection fait rage : « le mot indépendance choque horriblement quelques oreilles, mais il est français et nous le maintenons » .

Pour mieux légitimer sa revendication de l’indépendance, le M.D.R.M. réclame la reconnaissance de l’existence d’une personnalité malgache et proclame comme objectif sa rénovation dans la mesure où le Malgache est longtemps dévalorisé par les Français. Ainsi, l’administration coloniale a pris des mesures, quoique légales, mais qui sont très dévalorisantes dont l’indigénat – qui place l’indigène dans une situation d’infériorité par rapport aux autres – les travaux forcés, les réquisitions…

Afin d’y remédier, le parti réclame l’affirmation et l’épanouissement de la personnalité malgache. Aidé par une presse très active, il se lance dans une politique de « relèvement » du Malgache et de sa personnalité. L’apologue des us et coutumes malgaches en est un exemple. On exhorte les Malgaches à être fiers d’eux et de saisir « la supériorité de ce qu’on appelle des « Malgaches » . Évidemment, cette promotion du « label » malgache n’est peut être pas à dissocier, selon le M.D.R.M., d’un développement socio-économique. Ainsi, le parti prévoit déjà quelques programmes dans ce sens même s’il réserve l’essentiel au moment où il aura une marge de manœuvre beaucoup plus large, c’est-à-dire quand l’indépendance sera acquise.

1/ La loi cadre (1956)

Elle est proclamée le 23 juin 1956. Elle marque la reprise de la vie politique. Elle met en place une nouvelle organisation politique à Madagascar.

  • Proclamation du suffrage universel
  • Création de la 6ème province (Diégo-Suarez) et de ses assemblées provinciales
  • Naissance d'une assemblée législative dont le siège est à Antananarivo
  • Formation du conseil du gouvernement malgache. Le haut commissaire de la république française est le président de ce conseil. Son vice-président est Philibert TSIRANANA.
  • La France conserve les postes clefs comme la police, l'armée, les finances et la politique étrangère

2/ Le referendum (1958)

Le 28 septembre 1958, un referendum a été organisé à propos du choix de Madagascar :

  • L'indépendance totale
  • L'indépendance dans la communauté française

Les Malgaches choisissent l'indépendance dans la communauté française.

3/ Le 14 octobre 1958

La république malgache est proclamée par le congrès des assemblées provinciales. Monsieur PHILIBERT TSIRANANA est élu président de la république malgache Le 16 octobre 1958 le drapeau (Fotsy - Mena - Maintso) et l'hymne national sont créées).

4/ L'Indépendance (1960)

  • Le 26 juin 1960, l'indépendance de Madagascar est proclamée solennellement à MAHAMASINA par le Président Philibert TSIRANANA.
  • Le 20 juillet 1960 retour des exilés de 1947.
  • Le 21 septembre 1960 Madagascar est admise à l'ONU.

Drapeau

Le drapeau de Madagascar est le drapeau national et le pavillon national de la République de Madagascar. Il est composé de trois couleurs (rouge, vert et blanc) avec une bande verticale blanche, et deux bandes horizontales vertes et rouges. Les couleurs du drapeau reflètent la flore de la Grande Île, très diversifiée.

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Les couleurs du drapeau malgache :

Origine des couleurs

  • Rouge : couleur de l'argile qui revêtait les murs des maisons de l'Imerina, rouge comme le linceul des rois autrefois, ou, symbole du sang de zébu immolé pour le retournement des morts (dans l'animisme, très présent à Madagascar).
  • Blanc : comme le riz récolté (le riz est l'une des principales ressources que possède Madagascar avec la vanille) mais aussi le Lamba dont se drapaient les femmes.
  • Vert : compagnon des voyageurs avec le ravenala (arbre des voyageurs), l'emblème de Madagascar, symbole de l’union entre l’homme et la nature, ou encore les rizières.

Selon une autre interprétation, le rouge représente les Sakalava (s), peuple majoritaire de l'île, le vert les populations minoritaires du littoral, et le blanc, la paix et la liberté1. Une autre interprétation soutient que le rouge est la couleur merina, et le vert celle des populations côtières.

Anciens drapeaux  

Drapeau colonie

Drapeau du Royaume merina de 1810 à 1885

 

Drapeau colonie copie

Drapeau du Protectorat français de Madagascar de 1885 à 18966

Drapeau france

Drapeau français de la Colonie de Madagascar de 1896 à 1958

 

Hymne national

Ry Tanindrazanay malala ô !

Hymne et drapeau 001 2

Ry Tanindrazanay malala ô (Ô, Notre Chère Patrie / Ô Terre de nos ancêtres bien-aimée) est l'hymne national de Madagascar depuis 1958. Il a été composé par Norbert Raharisoa et écrit par le Pasteur Rahajason.

Hymne National

du Pasteur RAHAJASON

Traduction française

Ry Tanindrazanay Malala o!

Oh notre chère patrie

Ry Tanindrazanay malala ô !
Ry Madagasikara soa
Ny fitiavanay anao tsy miala,
Fa ho anao doria tokoa.

Fiverenena
Tahionao, ry Zanahary
Ity Nosin-dRazanay ity
Hiadana sy ho finaritra He !
Sambatra tokoa izahay.

Ry Tanindrazanay malala ô !
Irinay mba hanompoana anao
Ny tena sy fo fanahy anananay,
'Zay sarobidy sy mendrika tokoa.

Fiverenena

Ry Tanindrazanay malala ô !
Irinay mba hitahiana anao,
Ka ilay Nahary izao tontolo izao
No fototra ijoroan'ny satanao.

Fiverenena

O, notre chère Patrie,
O, Cher Madagascar,
Notre amour pour toi ne changera pas,
Mais sera pour toi à jamais

Refrain
Veille, o Seigneur,
Sur cette île de nos Ancêtres,
Pour être dans la paix et la joie
Nous serons vraiment heureux

O, notre chère Patrie,
Nous voulons te servir;
Notre corps, coeur et esprit
Trésor vraiment précieux et admirable

Refrain

O, notre chère Patrie,
Nous voulons que tu sois protégée
Que le Créateur du monde
Soit la source de ta destinée.

Refrain

Oh, Our beloved fatherland

Oh, Our beloved fatherland
Oh good Madagascar.
Our love for you will not leave,
For you, for you for ever.

Bless you, oh Creator
This island of our ancestors
To live in peace and joy
Hey! We are truly blessed.

Oh our beloved fatherland!
We wish to serve you with
The body and heart, spirit that is ours,
You are precious and truly deserving.

Oh our beloved fatherland!
We wish that you will be blessed,
So that the Creator of this world
Will be the foundation of your laws.

L’emblême de Madagascar

sceau-1ere-republique-1.jpgL’emblème de Madagascar est composé :
d’un zébu pour signifier l’importance de cet animal pour les Malgaches ;
d’une rizière (le riz est l’aliment national) de six petites barres représentant les six provinces du pays ; d’épis de blé ;
du "Ravenala Madagascarincia" ou arbre du voyageur qu’on ne trouve qu’à Madagascar. Cet arbre du voyageur est également l’emblème d’Air Madagascar.
La devise du pays est "Patrie, Liberté, Progrès ".

      La République malgache décida d'être bilingue: le français et le malgache devinrent alors les deux langues officielles. Cette politique de bilinguisme engendra une véritable situation néocoloniale: les firmes françaises et les Français conservèrent la plupart de leurs privilèges. La pratique scolaire d'assimilation, héritée de la colonisation, faisait encore de la langue malgache aux épreuves du baccalauréat une seconde langue étrangère

La République malgache

     Quatres républiques se sont succédé à Madagascar depuis l'indépendance, entrecoupées par la fracture historique de 1972-1975, par le difficile régime de transition démocratique de 1990-1992 et par la crise de 2002 qui a paralysé le pays. Ces régimes ne se comprennent qu'en prenant en considération l'impact de la présence française dans l'histoire de la Grande Île et la question de la reconnaissance internationale, devenu un enjeu important.

Chefs d'État de la République malgache 

Madagascar a connu treize chefs d'Etat depuis l'indépendance, six civils: Philibert Tsiranana, Zafy Albert, Norbert Lala Ratsirahonana, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina, et cinq militaires: l'Amiral Didier Ratsiraka, le Général Ramanantsoa, le Colonel Richard Ratsimandrava, le Général Gilles Andriamahazo et le Vice-Amiral Hippolyte Rarison Ramaroson.

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Nom                            :         Début du mandat        :        Fin du mandat                :                Fonction                     :              Note

Philibert Tsiranana                 14 octobre 1958                   11 octobre 1972             Président de la 1ère République         Père de l'Indépendance

Gabriel Ramanantsoa              11 octobre 1972                   05 février 1975              Président du régime militaire             Général de division

Richard Ratsimandrava           05 février 1975                   11 février 1975               Président Chef du Gouvernement       Colonel

Gilles Andriamahazo                11 février 1975                   15 juin 1975                    Président Directoire Militaire             Général de brigade

Didier Ratsiraka                     15 juin 1975                        21 décembre 1975           Président Conseil Suprême Révolution   Capitaine de Frégate

Didier Ignace Ratsiraka           21 décembre 1975               27 mars 1993                   Président de la 2ème République          Amiral

Albert Zafy                             27 mars 1993                       05 septembre 1996          Président de la 3ème République         Professeur-Cardiologue

Norbert Lala Ratsirahonana     05 septembre 1996               09 février 1997                Président de la République                Juriste

Didier Ignace Ratsiraka          09 février 1997                     05 juillet 2002                   Président de la 3ème République       Amiral

Marc Ravalomanana                05 juillet 2002                       17 mars 2009                     Président de la 3ème République       Homme d'affaires

Hippolyte Rarison Ramaroson 17 mars 2009                         17 mars 2009                     Président Directoire Militaire          Vice-Amiral

Andry Rajoelina                     17 mars 2009                         25 janvier 2014                 Président de la Transion                    Homme d'affaires

Hery Rajaonarimampianina    25 janvier 2014                                                              Président de la 4ème République       Economiste et Financier

Parmi ces douze chefs d'Etats, cinq ont été élus et sept désignés par les pouvoirs en place.

Le premier poste du président malgache a été accordé à Philibert Tsiranana, nommé comme "le père de l'indépendance" qui a été élu par les conseillers provinciaux le 1er mai 1959 et qui a dirigé le pays pendant la première République.

Une manifestation de la rue suivi d'une tuerie le 13 mai 1972, a obligé Philibert Tsiranana de céder le pouvoir, après 13 ans de règnes, au Général Gabriel Ramanantsoa, le 18 mai 1972.

Gabriel Ramanantsoa a dirigé le pays pendant seulement trois ans, en installant le gouvernement de militaires et de techniciens, laissant de côté les politiciens. Suite à un désaccord au sein de son entourage, ce dernier a remis les pleins pouvoirs à son ministre de l'Intérieur, le colonel Richard Ratsimandrava, le 5 février 1975.

Ce dernier a occupé, tout à lui, le poste de chef d'Etat, Chef du gouvernement ainsi que les ministères de la défense nationale et du plan. 6 jours seulement ont été donnés à ce colonel pour diriger le pays, il a été assassiné le soir du 11 février 1975 au centre ville d'Antananarivo, capitale malgache.

Un directoire militaire a été installé pour assurer la continuité de l'Etat dans la nuit de l'assassinat du colonel Ratsimandrava et qui a été conduit par le Général Gilles Andriamahazo.

Après les quatre mois de fonction du général, les membres du directoire militaire ont élu le capitaine de frégate Didier Ratsiraka pour diriger l'Etat malgache, le 15 juin 1975. Ce dernier a organisé un référendum sur la Charte de la révolution socialiste et a fait élire la deuxième Constitution de la République démocratique de Madagascar, le 30 décembre 1975.

Une autre manifestation des rues a été déclenchée en 1991 suite au mécontentement populaire. Une grande marche vers le palais d' Iavoloha, à l'extrême sud de la capitale a été effectuée par la population malgache conduite par son leader politique, le Professeur Zafy Albert entraînant des milliers de morts.

Une élection présidentielle a fait voter Zafy Albert en mettant en place la troisième République et conduisant au départ de Ratsiraka après 16 ans de dictature. Le professeur Zafy a été empêché par l'Assemblée nationale malgache, un empêchement qui a été validé par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), le 5 septembre 1996.

La HCC a désigné Norbert Lala Ratsirahonana pour diriger la transition malgache avant la sortie des résultats officiels de l' élection présidentielle. Didier Ratsiraka est sorti vainqueur de cette élection et revenu au pouvoir le 9 février 1997.

La population malgache s'est manifestée, une fois de plus, contre les résultats de l'élection présidentielle qui a avantagé Didier Ratsiraka au premier tour de l'élection face à l'ancien maire de la capitale, Marc Ravalomanana. Les partisans de ce dernier a réclamé les résultats indiquant que Ravalomanana est élu président dès le premier tour, avec plus de 50% de voix.

Ravalomanana a fait exiler Ratsiraka en France après son investiture en 2002.

Une opposition entre le président Ravalomanana et le maire de l’époque, Andry Rajoelina, en décembre 2008, a conduit Ravalomanana à donner les pleins pouvoirs à un Directoire militaire.

"Par l'Ordonnance 2009-001 en date du 17 mars 2009, le Président de la république Marc Ravalomanana a décidé de conférer à un Directoire militaire les pleins pouvoirs", ce "Directoire Militaire est dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues". 
 

Le Vice-Amiral Hippolyte Rarison Ramaroson, Président du très éphémère "directoire militaire" instauré le 17 mars à Madagascar après la démission du président Marc Ravalomanana.

Le directoire militaire n'a pourtant pas pu voir le jour et a désigné par la suite Andry Rajoelina le 17 mars 2009 comme président de la Haute Autorité de Transition, une décision qui a été validée par la HCC.

Rajoelina a organisé un référendum constitutionnel le 17 novembre 2010 et mis en place la quatrième République le 11 décembre de la même année.

L'ancien ministre malgache des finances, Hery Rajaonarimampianina, a été élu président de la République malgache avec un score de 53,50 % des voix au second tour, selon des chiffres définitifs communiqués ce vendredi par la commission électorale. Soutenu par le président sortant Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina devance son rival Robinson Jean Louis qui obtient 46,50 %.

L'élection présidentielle s'est déroulée alors que l'île traverse une profonde crise politique depuis le renversement, en 2009, de Marc Ravalomanana par le maire de la capitale de l'époque, Andry Rajoelina, devenu président de transition. Pour cette nouvelle élection, les deux hommes ont été empêchés de se présenter.

Les temps difficiles de l'indépeandance

27 avril 1960 : Signature à Paris des accords d’adhésion de Madagascar à la Communauté française.

26 juin 1960 : Proclamation de l’indépendance de Madagascar. Le nouvel État est admis à l’ONU quelques jours plus tard.

30 mars 1965 : Philibert Tsiranana, leader du Parti social démocrate créé en décembre 1956, est réélu président de la République. L’opposition est formée par le Parti du congrès pour l’indépendance de Madagascar, l’AFKM, fondé en 1958. Le PSD représente surtout les populations côtières, l’AFKM celles du plateau.

printemps 1971 : Le pays est affecté par l’agitation étudiante et la répression d’émeutes déclenchées dans le sud.

30 janvier 1972 : Tsiranana est réélu pour un troisième mandat (par 99 % des voix).

mai 1972 : Mouvements de révolte contre le président, qui doit confier le pouvoir au général Gabriel Ramanantsoa, un Mérina, nommé chef du gouvernement.

octobre 1972 : Les Malgaches adoptent par référendum une nouvelle loi constitutionnelle qui entrera en vigueur le 7 novembre et se prononcent à 94 % pour le départ de Tsiranana.

4 juin 1973 : Révision des accords économiques liant la France à Madagascar. L’île sort de la zone franc. Les forces françaises encore basées à Madagascar évacuent le pays en septembre. Le virage effectué alors se traduit également par le remplacement du malgache par le français comme langue officielle et par le développement des relations avec les pays du bloc soviétique.

1975 : Cette année est riche en événements. Elle voit en janvier la fin du gouvernement du général Ramanantsoa, l’assassinat du colonel Ratsimandrava qui lui avait succédé, la constitution d’un directoire militaire à la tête de l’État, la suspension des partis politiques et, finalement, le 15 juin, l’investiture du capitaine de frégate Didier Ratsiraka, élu chef de l’État, chef du gouvernement et président du Conseil suprême de la Révolution. Il s’agit d’un Betsimisaraka issu de la côte orientale. Le 21 décembre, un référendum conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à la proclamation de la République démocratique de Madagascar, dont les principes fondateurs sont tirés du « livre rouge » publié en août et constituant la charte de la « révolution socialiste malgache ».

1976 : Le régime militaire s’établit solidement, avec la création en avril d’une police politique, la Direction générale de l’investigation et de la documentation, et la fondation en décembre d’un parti unique, le Front national pour la défense de la révolution.

1981 : L’agitation étudiante se développe dans la capitale, relayée au printemps de 1982 par des insurrections paysannes et diverses manifestations de mécontentement qui affectent toutes les régions.

7 novembre 1982 : Didier Ratsiraka entame un deuxième mandat.

12 mars 1989 : Malgré la permanence de l’agitation et la persistance des mécontentements au cours des années précédentes, Didier Ratsiraka est élu pour un troisième mandat.

1990 : Visites de François Mitterrand (juin) et du Sud-Africain Frédérik de Klerk (août) mais le pouvoir doit compter avec l’opposition grandissante des églises qui deviennent le principal foyer de contestation.

1991 : L’opposition, conduite par le Conseil national des forces vives, se radicalise et réclame l’abrogation de la constitution de 1975 et le départ du président. Le 26 juin, celui-ci refuse la tenue d’une conférence nationale. En juillet, le pays est paralysé par la grève générale et un contre-pouvoir se met en place autour du général Rakotoharison et d’Albert Zafy, un professeur de médecine. Le pouvoir réplique en faisant arrêter ce dernier et en décrétant l’état d’urgence. Ratsiraka cherche une porte de sortie à la crise en nommant un nouveau premier ministre, M. Razanamasy, mais la grande manifestation pacifique du 10 août débouche sur une répression sanglante – 12 tués et 220 blessés –, ce qui entraîne la constitution en États fédérés de cinq régions du pays. Le 19 décembre voit enfin la formation d’un gouvernement de transition qui se veut consensuel.

1992 : Un forum national prépare une nouvelle constitution, adoptée par référendum le 19 août.

25 novembre 1992 – 10 février 1993 : Élection présidentielle à deux tours. Elle voit la victoire d’Albert Zafy (66,74 % des voix) et la défaite de Didier Ratsiraka (33,26 %).

27 mars 1993 : A. Zafy est investi comme premier président de la IIIe République. Des élections législatives ont lieu en juin. L’état de l’économie du pays fait que le nouveau président ne peut appliquer toutes les recommandations du FMI, d’autant que le pays souffre d’une grave instabilité gouvernementale.

février 1994 : Le terrible cyclone Geralda ravage 80 % de la côte nord-est de l’île. L’année voit Madagascar sortir de son isolement économique en introduisant des réformes structurelles d’inspiration libérale et en cherchant à séduire les investisseurs étrangers. Le temps du « socialisme » malgache est révolu. Cette « expérience » a contribué à la ruine du pays, confronté à une situation de famine et de faillite à peu près totale à la fin des années quatre-vingt. Les choses se sont améliorées depuis mais le socialisme malgache a lourdement handicapé les perspectives de développement d’un pays auquel l’ancienne puissance coloniale avait légué une situation tout à fait favorable, en raison notamment de l’importance des travaux d’infrastructures réalisés entre 1896 et 1960 en matière d’agriculture ou d’urbanisme et dans le domaine des voies de communication.

avril 1996 : Le mécontentement grandit contre le président Zafy, qui perd le soutien de la plupart des forces politiques, au point d’être destitué par les députés le 5 septembre et remplacé par le Premier ministre, proclamé président par intérim.

9 décembre 1996 : Didier Ratsiraka gagne les élections présidentielles par 50,71 % des voix mais les abstentionnistes pèsent autant que les votants.

16 décembre 2001 : Élections présidentielles. Marc Ravalomanana, maire de Tananarive et d’ethnie mérina, obtient 53 % des voix au premier tour alors que le président sortant n’en obtient que 35 %. La victoire du premier paraît donc acquise mais Didier Ratsiraka prétend que les résultats s’établissent en fait à 46,44 % de voix pour ses adversaires et à 40,61 % pour lui-même, ce qui doit entraîner la tenue d’un deuxième tour. Les Malgaches, très critiques vis-à-vis de la HCC, la Haute Cour constitutionnelle (« Habituée à Changer les Chiffres »), se reconnaissent dans Marc Ravalomanana, un « self made man » qui a réussi dans les affaires et qui bénéficie du soutien des Églises.

11 décembre 2010 : La transition a pris fin : Madagascar entre en quatrième République. La Quatrième République est le régime politique de Madagascar depuis sa proclamation par Andry Rajoelina le 11 décembre 2010 à Antananarivo.

Après 5 ans d’une période de transition entre le IIIè et le IVè république, les Malagasy ont un président élu au suffrage universel. Cela marque le retour à l’ordre constitutionnel que ne manquera pas de saluer la fameuse Communauté internationale.

Hery Rajaonarimampianina: premier président élu de la IVè république de Madagascar.

Voici les résultats définitifs proclamés officiellement par la Cour Electorale Spéciale ou CES, ce 17 janvier 2014 :

HERY RAJAONARIMAMPIANINA : 53,49% (2.060.124 voix)

Jean Louis Robinson : 46,51% (1.791.336 voix)

 

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