Election Présidentielle

dada.jpg

wikipedia.jpg

        c'est le processus électoral qui permet d'élire le Président

        recueillis par Robert Andriantsoa (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

 

Définition d'élection présidentielle

L'adjectif "présidentiel" qualifie ce qui concerne le président ou la présidence. Ex : régime présidentiel, élection présidentielle, allocution présidentielle.

L'élection présidentielle est le processus électoral qui permet d'élire le Président d'un Etat ou d'une République, pour une durée de mandat qui varie d'un pays à l'autre.

La tournure elliptique "présidentielle" est souvent utilisée pour désigner l'élection présidentielle.

Les deux principaux modes d'élection sont :

L'élection présidentielle détermine la personne qui sera élue président de la République pour un mandat de cinq ans (quinquennat), contre sept (septennat) avant 1991. Le premier président malgache fut Philibert Tsiranana en 1959. 

Les modalités de l'élection sont fixées par une loi organique.

Le scrutin présidentiel se déroule au suffrage universel uninominal direct. Si un candidat obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (la moitié de ces suffrages plus une voix) au premier tour, il est élu. Dans le cas contraire, un second tour a lieu deux semaines plus tard pour départager les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Là, le candidat qui obtient la majorité simple est élu.

Le 14 octobre 1958, la République de Madagascar est proclamée. Cela signifie la nécessité d'avoir un drapeau, une devise, une constitution et un président élu par le peuple (au suffrage universel). Ce dossier vous éclaire sur les candidats et sur les résultats des élections présidentielles officielles malgaches de 1959 à 2006. Sans trop de détails superflus. Juste les grandes lignées à se remémorer pour en retenir des leçons...

PREMIERE REPUBLIQUE

tsiranana-sceau-copie.jpg

Le 29 avril 1959: La Constitution de la première République malgache est adoptée, calquée sur la constitution française sous la Vè république française.

La première élection présidentielle a eu lieu le 1er mai 1959. Mais il ne s'agissait pas d'un vote au suffrage universel, étant donné que ce sont les membres du parlement de l'époque qui ont élu (choisi serait le mot plus exact) Philibert Tsiranana (18 octobre 1912-16 avril 1978), premier président de la première république malgache. Selon la constitution d'alors, le mandat était de 7 ans (septennat), renouvelable à souhait... En 1955, la population était de 4. 548.000 habitants.

Le 30 mars 1965, Philibert Tsiranana est réélu sans coup férir, dans un vote au suffrage universel.

Résultats : Philibert Tsiranana 97% des suffrages exprimés. Joseph Raseta : 54 814 voix ; Alfred Razafiarisoa : 812 voix sur les 2.583.051 électeurs inscrits à l'époque, sur une population de 5.764.000 habitants.

Le 30 janvier 1972, Tsiranana est réélu pour la troisième -et dernière- fois. Ne riez pas quant aux résultats. Le taux de participation officiel était de 98,8% et Tsiranana fut réélu sans adversaire avec 99,72% des suffrages exprimés ! Mais à cette époque de mon adolescence, il n'y avait pas Internet ni téléphones mobiles. Seule une chaine de télé et de radio existaient et les urnes étaient fabriquées en bois massif fermés avec un simple cadenas. La collecte pouvait durer des semaines, vu la saison des pluies. Le temps de bourrer les urnes.

ratsiraka-sceau1-copie.jpg

Le 7 novembre 1982, Didier Ratsiraka (photo ci-dessus, alors capitaine de corvette et ministre des Affaires étrangères du Général Ramanantsoa) est élu au suffrage universel face à un seul adversaire : Monja Jaona, père de Monja Roindefo.

Résultats : Didier Ratsiraka, 80,17% des suffrages exprimés ; Monja Jaona: 19,83%. Le mandat sera encore de 7 ans. Population : 8.609.000 habitants.

Le 12 mars 1989, Didier Ratsiraka (4 novembre 1936) est réélu, face à trois autres candidats. Le mandat est toujours de 7 ans. Population : 9.785.000 habitants.

Résultats : Didier Ratsiraka (AREMA) 62,7%, Manandafy Rakotonirina (MFM) 20%, Jérôme Marojama Razanabahiny (VONJY IRAY TSY MIVAKY) 15% et Monja Jaona (MONIMA) 3%. Lors de ces élections, les chiffres commencent à s'équilibrer. Il faut dire que la grogne commence à traverser le pays pour deux causes principales : les investissements à outrance, ayant entrainé les fameux « éléphants blancs », et le verrouillage de l'administration par l'AREMA, parti au pouvoir créé par Ratsiraka en 1975.

25 Novembre 1992 : Premier tour des élections présidentielles. Candidats : Zafy Albert (UNDD-FV)), Didier Rasiraka (MMSM), Manandafy Rakotonirina (MFM), Marson Evariste (RPSD), Ruffine Tsiranana (PSD), Jacques Rabemananjara (Indépendant), Nirina Andriamanalina (Indépendant), Tovonanahary Rabetsitonta (GRAD-ILOAFO).

Résultats de ce premier tour :

Albert Zafy 45,16% - Didier Ratsiraka 29,22% - Manandafy Rakotonirina 10,21% - Marson Evariste 4,60% - Ruffine Tsiranana 3,51% - Jacques Rabemananjara 2,87% - Nirina Andriamanalina 2,25% - Tovonanahary Rabetsitonta 2,19%.

sceau-zafy1-copie.jpg

10 février 1993 : Zafy Albert (12 décembre 1927), "l'homme au chapeau de paille" de la Place du 13-mai, est élu président au second tour avec 66,74% des suffrages exprimés, face à Didier Ratsiraka (33,26%). Celui-ci préfère quitter le pays pour aller s'exiler en France.

3 novembre-29 décembre 1996 : Premier tour des élections présidentielles, avec le retour en force de Didier Ratsiraka. Le 11 octobre 1996, la Haute Cour Constitutionnelle avait entériné la candidature de quinze des dix-sept candidats déclarés. Il s'agissait de : Pr Albert Zafy, Didier Ratsiraka, Pasteur Richard Andriamanjato, Désiré Rakotoarijaona, Herizo Razafimahaleo, Tovonanahary Rabetsitonta, Guy Willy Razanamasy, Norbert Ratsirahonana, Philippe Rakotovao, Jean Eugène Voninahitsy, Marojama Razanabahiny, Evariste Vazaha, Pascal Randriamanana, Alain Ramaroson, Charles Ramanantsoa.

fifidianana-resultat.jpg

31 janvier 1997 : Didier Ratsiraka, au second tour, est réélu président de la république face au candidat Zafy pourtant précédemment destitué par un empêchement des représentants du peuple. Toute constitution devrait interdire à un président incapable d'oser se représenter au poste d'où il a été éjecté brutalement, certes, mais légalement.

Résultats du second tour : Didier Ratsiraka 50,7% des suffrages exprimés, Zafy Albert 49,3%.

 ravalomanana-sceau-copie.jpg

16 décembre 2001 : Avec son forcing de « premier tour dia vita » (victoire au premier tour), Marc Ravalomanana est donné tombeur de Didier Ratsiraka avec 53% des suffrages exprimés contre 35%. Or, selon l'Amiral, les vrais résultats étaient de 46,44% pour Ravalomanana contre 40,61% pour lui. Cela nécessité donc un second tour. Mais on connaît la suite et ce n'est pas notre sujet dans ce dossier. Les candidats de décembre 2001 étaient : Didier Ratsiraka, Zafy Albert, Marc Ravalomanana, Herizo Razafimahaleo. En ce début d'année 2000, les Malgaches étaient au nombre de 15.364.000.

MEMENTO

Les résultats proclamés par la HCC avoisinaient ceux du ministère de l'Intérieur avec un score de 46,2% pour Ravalomanana et de 40,9% pour Ratsiraka (celui-ci évoquait même 44,64% contre 40,61% d'où la nécessité d'un second tour). Mais le comité de soutien de Ravalomanana avait estimé, qu'avec un score de 52,15% contre 35,67% pour le président sortant, leur candidat avait emporté le scrutin au premier tour. De son côté, le Consortium national pour les élections proclamait également -mais sur la base de résultats partiels- une victoire de Ravalomanana au premier tour avec un score de 50,49% contre 37,61% pour Ratsiraka.

Le 3 décembre 2006, Marc Ravalomanana (12 décembre 1949) est (ré)élu avec 54.79% pour 61.93% de taux de participation, devançant un quasi-inconnu : Lahiniriko Jean qui a engrangé 11,65%, devançant lui-même Roland Ratsiraka (10,14%). Et l'on se demande comment, pour les prochaines élections présidentielles, Monja Roindefo va-t-il remonter son 0,00%, lui qui n'a pas daigné se manifester lorsque nos compatriotes de Betroka, région sud de l'île d'où il est originaire, ont été l'objet d'attaques féroces et meurtrières de Remenabila et sa horde de dahalo. Ci-dessous les résultats complets pour les 14 candidats.

2006-election.jpg

Élection présidentielle malgache de 2013

L'élection présidentielle malgache de 2013 se déroule le 25 octobre pour le 1er tour et le 20 décembre pour le second tour.

Après avoir été annoncées le 8 mai 2013 pour le 1er tour et le 3 juillet pour le second1,2, la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENI-T) reporte le scrutin du 1er tour de la présidentielle au 24 juillet et le deuxième tour au 25 septembre3. Une controverse politico-juridique s'ensuit après la publication de la liste officielle des candidats admis à se présenter. C'est alors le gouvernement de transition qui décide de reporter le 1er tour de la présidentielle au 23 août4, la date de l'éventuel second tour demeure inchangée au 25 septembre.

Après la publication définitive de la liste des candidats autorisés à se présenter, la CENI-T décide de fixer le 1er tour de la présidentielle au 25 octobre et le 2e tour au 20 décembre 2013, le même jour que des élections législatives.

Modalités

Le président de la République de Madagascar, en malgache Madagasikara est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Les candidats qui veulent se présenter à cette élection doivent satisfaire aux conditions de la Constitution de Madagascar.

Candidats

Dépôts de candidature

Les dossiers de candidature doivent être déposés entre le 8 et le auprès de la Cour électorale spéciale6.

Le 8 avril, Hajo Andrianainarivelo, Jean Lahiniriko et Roland Ratsiraka sont les premiers à déposer leurs dossiers de candidature7.

Le 13, c'est au tour de Pierrot Rajaonarivelo, de Robinson Jean-Louis, et de Vahombey.

Le 15, Saraha Georget Rabeharisoa est la première femme à se lancer dans la course11. Puis c'est au tour de Jean-Pierre Rakoto, de Sylvain Rabetsaroana12 de la Plateforme nationale des jeunes (PNJ-Mazava). Le 21, Brigitte Rasamoelina est la 2e femme à déposer son dossier de candidature13 du parti Ampela Manao Pôlitika (AMP).

Avec Julien Razafimanazato, candidat du parti Eto Sehatry ny Daholo be, Laza Razafiarison du parti Avotra ho an’ny firenena, Camille Vital14 qui se dit « sans parti », Roindefo Monja et Joseph Martin Andriamampionona, sans parti connu, ce sont alors quinze candidats qui se sont déclarés.

Le 21, quatre autres candidats déposent leur dossier de candidature : Lalao Rakotonirainy, épouse de l'ancien président en exil Marc Ravalomanana, Avoko Rakotoarijaona, Ny Rado Rafalimanana et Roger Kolo16.

Le 26, c'est au tour de Guy Rakotomaharo Rajemison du parti MAMAFISOA , du Dr Rolland Etienne Jules du parti Madagasikara Fivoarana (MaFi), de Jean Eugène Voninahitsy17 du parti Les Autres Sensibilités (Les As), de Clément Razafisolo Ravalisaona du parti Antoko Miombon'Ezaka (AME) et de Sabine Harivola Rama­monjy de déposer leur dossier.

Le lendemain ce sont Alain Tehindrazanarivelo du parti Ezaka Nasionaly Iarahana (enina), Patrick Rajaonary, Fleury Rabarison Lezava, l'ancien président Didier Ratsiraka18, Marcel Fleury Rakotomalala, Mickael Bréchard Dofo et Tabera Randriamanantsoa qui se déclarent.

Enfin le 28, ce dernier jour voit l'enregistrement de dix-huit dossiers de candidature supplémentaires : William Noelson, James Francklin Rakotomahanina, Guy Ratrimoarivony, Malala Savaron, Richard Rakotofiringa Razafy, Ratsimbalson Faharo, Stephan Narison, Roseline Emma Rasolovoahangy, Fetison Rakoto Andrianirina, William Ratrema, Dolin Rasolosoa, Zefania Mbohoazy, Patrick Raharimanana, Hasina Rakotoaritsifa, Freddy Tianasoa, Andriamparany Radavidson, Ndakana Antony et de Edgard Razafindravahy.

Après avoir annoncé le 15 janvier qu'il renonçait à se présenter à l'élection, le président de la Transition Andry Rajoelina déclare le 3 mai qu'il briguera sa propre succession à la présidence de Madagascar.

Candidatures validées

Parmi les 49 candidats qui ont déposé leur dossier de candidature21,22,23, la Cour électorale spéciale (CES) publie le 24 la liste des candidats admis à participer au premier tour. Le est procédé au tirage au sort pour définir l'ordre d'apparition des candidats sur le bulletin unique et les panneaux d'affichage officiels.

Le revirement d'Andry Rajoelina et la validation des candidatures de Didier Ratsiraka et de Lalao Rakotonirainy provoquent la déception de la France25. Une partie des candidats conteste également cette décision : ainsi, le 21 juin, un collectif de 21 candidats annonce son retrait de l'organisation de l'élection tant que ces candidats participent; il leur est reproché de ne pas avoir respecté les conditions de dépot des candidature, Ratsiraka et Rakotonirainy n'ayant pas résidé dans le pays dans les six mois précédent l'élection et le chef de l'autorité de transition ayant présenté sa candidature hors délai26. Le 13 juillet, la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), par le biais de son médiateur Joacquim Chissano, annonce des sanctions contre le pays si ces candidats ne se sont pas retirés d'ici la fin du mois27. Le 17 août, la cour électorale retire ces candidatures controversées, 5 autres candidatures sont également annulées; il ne reste alors que 31 candidats28.

En remplacement de l'invalidation de leurs candidatures respectives, les candidats Kolo Roger et Jules Etienne proposent Hery Rajaonarimampianina comme candidat de substitution et devient ainsi le dernier sur la liste des candidats retenus à concourir à l'élection présidentielle.

Premier tour

À l'issue du premier tour le 25 octobre, Robinson Jean-Louis et Hery Rajaonarimampianina sont qualifiés pour le second tour, emportant respectivement 21,16 % et 15,85 % des voix.

Second tour

Le second tour se déroule dans le calme le 20 décembre, en même temps que les élections législatives. Le 27 décembre, après le dépouillement de 70 % des bulletins de vote, Hery Rajaonarimampianina arrive en tête avec 51,54 % des voix30. Le 17 janvier 2014, il est officiellement proclamé président de la République par la Cour électorale spéciale, avec 53,49 % des suffrages exprimés, contre 46,51 % pour Robinson Jean-Louis.

Le bulletin unique en question

Pour la première fois, les électeurs malgaches utiliseront un seul et même bulletin pour choisir leur prochain président de la République, le 25 octobre et, en cas d’ultime tour, le 20 décembre. Avantages et inconvénients d’un système impartial, mais complexe. Le bulletin unique a bonne presse. Du Sénégal à l’Afrique du Sud, en passant par le Mali, le Niger, la Sierra Leone, le Togo, le Bénin et, aujourd’hui, Madagascar, il est en voie de reléguer aux oubliettes le traditionnel bulletin de vote individuel. Le bulletin unique, c’est, en général, un papier (dont le format diffère d’un pays à l’autre) sur lequel figurent les logos ainsi que les photos de la totalité des candidats à un scrutin présidentiel.

Candidats logés à la même enseigne

Il est présenté par les spécialistes comme étant la formule la plus fiable et la plus équitable en matière d’élections. Il écarte d’emblée les accusations de ceux des candidats qui seraient amenés à se plaindre de ne pas avoir eu leurs propres bulletins en quantité suffisante dans les bureaux de vote. Le bulletin unique a un avantage indéniable : lorsqu’il y en a pour un, il y en a (forcément) pour tout le monde. Tous les candidats sont logés à la même enseigne.

Plus de marchandage des voix

Le bulletin unique limite également les controverses liées au phénomène dit de « marchandage » des voix qui conduit certains candidats à exiger des électeurs qu’ils apportent, contre rétribution, la preuve qu’ils ont effectivement fait le « bon choix ». Avant de toucher l’argent promis, l’électeur doit ainsi ramener de l’isoloir les bulletins qu’il a gardé par devers lui, à savoir ceux des adversaires de son généreux donateur.

Par ces temps de restrictions budgétaires généralisées, le bulletin unique permet par ailleurs de faire des économies, alors même que le nombre de candidatures à la magistrature suprême connaît une croissance exponentielle dans nombre de pays africains. Il concourt à une réduction des frais d’impression et de transport.

Le bulletin unique n’échappe pas pour autant à la critique. Sa complexité rebute les électeurs, surtout dans des pays habitués jusque-là à voter avec autant de bulletins qu’il y a de candidats en lice. Les électeurs ruraux sont généralement les plus rétifs. Ne pas maîtriser les règles d’utilisation du bulletin unique peut conduire à une augmentation significative du nombre de bulletins nuls : les électeurs non initiés apposent leur doigt (passé au préalable sur un support encré) ou font des croix en dehors du cadre prévu à cet effet. « Pour éviter d’en arriver là, il faut de véritables campagnes de sensibilisation à travers le pays, avec des jeux de rôle et des opérations de simulation à grande échelle », explique Clément Aganahi, expert électoral, notamment pour le PNUD et l’Union européenne.

Un système complexe

Les péripéties qui ont entouré l’introduction récente du bulletin unique à Madagascar ont ajouté à la complexité du sujet. Lorsque la Commission électorale pour la transition (CENI-T) a procédé, le 8 mai 2013, à un tirage au sort pour déterminer l’ordre de préséance des candidats sur le bulletin unique, le nombre de prétendants était de 41, tous validés par la Cour électorale spéciale (CES). Lorsque, sur pression internationale, une nouvelle CES est mise en place quelques mois plus tard, elle s’est empressée de retirer de la liste 9 candidats (41-9 = 32), puis a accepté favorablement l’intégration d'un nouveau venu (32+1 = 33), Hery Rajaonarimampianina, qui, n’ayant pas pris part au tirage au sort du 8 mai, s’octroya la position n°3 laissée vacante par l’un des 9 déboutés.

Les 33 candidats confirmés par la nouvelle CES le 21 août décidèrent de concert de plus se prêter à un nouveau tirage au sort, préférant conserver tel quel l’ordre de présentation sur le bulletin unique. Du coup, les électeurs découvriront le 25 octobre un bulletin unique sur lequel figurent effectivement 33 candidats, mais avec, curieusement, une numérotation allant de 1 à… 41. On y passe sans transition du chiffre 1 au 3, puis du 13 au 15, du 16 au 18, et ainsi de suite, parce que certains candidats ont disparu en chemin et que les survivants ont préféré, par fétichisme ou par réalisme, maintenir les choses en l’état.

Les bulletins ont été imprimés en Afrique du Sud. Selon nos informations, un premier lot a été livré à Antananarivo le 28 septembre, le second (et dernier) lot, dans la nuit du 3 au 4 octobre. Auparavant, chaque candidat devait payer de sa poche l’impression de ses bulletins de vote et assurer par ses propres moyens leur acheminement vers les bureaux de vote. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

L’élection en chiffres (*)

Nombre d’électeurs
7 823 305 électeurs recensés à la date du 9 octobre 2013 sur une population totale estimée à 22 millions d’habitants.

Nombre de bureaux de vote
20 003 bureaux de vote répartis sur un territoire de587 040 km2.

Nombre de bulletins uniques imprimés
9 millions (plus que le nombre d’électeurs, par mesure de précaution).

Nombre de bulletins factices imprimés pour les besoins de la campagne de sensibilisation
300 000

Nombre de flacons d’encre indélébile
24 000

Coût global du cycle électoral (2012-2014)
60 273 904 dollars (près de 44 millions d’€, ou 28, 7 milliards de F CFA)

Contributions effectivement versées à la veille du scrutin
28 029 588 dollars (20,3 millions d’€, ou 13,3 milliards de F CFA), soit 46,5% du total des engagements pris.

Plus gros contributeurs
L’Union européenne, le PNUD, la Norvège, le Japon, la Suisse, la Commission de l’Océan indien et, bien entendu, le gouvernement malgache qui a déboursé, jusque-là, l’équivalent en ariary (la monnaie locale) de quelque 13,7 millions de dollars (9,9 millions d’euros, ou 6,5 milliards de F CFA).

(*) Source : Note interne sur « l’Etat de la situation financière au 2 octobre 2013 », rédigée par le PNUD, sa cheville ouvrière dans la Grande Île, le Projet d’appui au cycle électoral à Madagascar (PACEM), et la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition (CENI-T).

Hery Rajaonarimampianina : premier président élu de la IVè république de Madagascar

Enfin ! Après 5 ans d’une période de transition entre leur IIIè et leur IVè république, les Malagasy ont un président élu au suffrage universel. Cela marque le retour à l’ordre constitutionnel que ne manquera pas de saluer la fameuse Communauté internationale.

François Rakotozafy, Président de la CES

Voici les résultats définitifs proclamés officiellement par la Cour Electorale Spéciale ou CES, ce 17 janvier 2014 :

 

Hery RAJAONARIMAMPIANINA : 53,49% (2.060.124 voix)

Jean Louis ROBINSON             : 46,51% (1.791.336 voix)

 

Béatrice Atallah, Présidente de la CENI-T

Pour rappel, voici les résultats provisoires proclamés par la CENI-T, le 3 janvier 2014 :

Hery Rajaonarimampianina : 53,50% (2.066.103 voix)

Jean Louis Robinson : 46,50 % (1.796.122 voix)

A présent, en attendant nos reportages vidéos, voyons qui est exactement Hery Martial Rajaonarimampianina Rakotoarimanana, le président élu à 55 ans et qui a, désormais, le nom le plus long de l’Histoire de l’Humanité, en tant que Président élu démocratiquement et en exercice ?

Economiste, plus précisément doté d’une double compétence en Sciences Economiques, en Economie financière et Développement d’une part et en Finances et Comptabilité, d’autre part, le nouveau Président de Madagascar a naturellement une double vision complémentaire dans les domaines macroéconomique et microéconomique.

Son parcours d’étudiant est une illustration de ce que l’enseignement public supérieur à Madagascar est capable de faire, à savoir une réelle capacité de former valablement les élites. Après un début classique, ayant intégré l’université à 18 ans, le Président Rajaonarimampianina a obtenu son diplôme de Maîtrise en Sciences Economiques, en 1982, à l’Etablissement d’Enseignement Supérieur de Droit, d’Economie, de Gestion et de Sciences Sociales (EESDEGS) - Université d’Ankatso Antananarivo.

Il y a par la suite effectué ses études de troisième cycle en Sciences Economiques avant de compléter sa formation supérieure à l’extérieur, cette fois-ci en Finances et Comptabilité, plus précisément à l’Université de Trois Rivières, Québec (Canada), où il décrocha en 1986 son Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Sciences Comptables.

Il fit, en 1987, un bref retour à Madagascar pour enseigner à l’INSCAE avant de parachever sa formation et stage professionnel, sanctionnés par son Diplôme d’Expertise Comptable du Certified General Accountant’s Association (C.G.A), toujours au Canada, en 1991.

Muni de tels bagages, la facilité aurait pu lui dicter le choix d’une carrière professionnelle de Financier ou d’Expert comptable à l’étranger. Hery Rajaonarimampianina décida de rentrer dans son pays où il va faire une carrière professionnelle exemplaire, tout en s’impliquant dans des responsabilités extra professionnelles importantes.

Valorisant le Travail et la Jeunesse, c’est logiquement qu’il accepte en 1991 le poste de Directeur des Etudes à l’Institut National des Sciences Comptables de l’Administration d’Entreprises (INSCAE), poste qu’il occupa jusqu’en 1995, tout en exerçant sa profession d’Expert Comptable.

Il est toujours, à ce jour, Professeur permanent en finances et comptabilité auprès de cet Institut. Il assurait également des cours à l’Université d’Antananarivo et à l’IAE de Metz (France).

En 1995, il fonde le cabinet d’Expertise Comptable et Commissariat aux comptes Auditeurs Associés- C.G.A, à Antananarivo, qui a acquit très rapidement ses lettres de noblesses et sa place dans le milieu des finances et de l’économie nationale et internationale.

Fort d’une cinquantaine de collaborateurs, le cabinet intervient dans tout Madagascar sur de multitudes branches d’activités de sociétés, d’organismes nationaux et internationaux, de projets financés par les bailleurs de fonds, dans le domaine du conseil, audit, comptabilité, juridique, organisations financières et sociales.

Sa compétence et sa forte implication dans ce qu’il entreprend ont valu à Hery Rajaonarimampianina la reconnaissance de ses pairs qui l’ont porté à la Présidence de l’Ordre des Experts Comptables et Commissaires aux Comptes de Madagascar en 2003, et ce durant cinq ans.

Ouvert et toujours disposé à assumer les responsabilités qu’il estime devoir, l’homme s’est vu confier la vice-présidence du Conseil Supérieur de la Comptabilité (CSC) ou encore a été nommé Conseiller du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité depuis 2004, défendant ici une de ses valeurs.

C’est un homme de FOI et de conviction qui participe activement aux actions en faveur de l’Eglise protestante, dont il est membre, mais aussi de toutes les confessions classiques traditionnelles. Il participe à divers projets de société, à des actions civiles et sociales.

Lorsqu’en 2009, il fût appelé pour occuper le poste de Ministre des Finances et du Budget, Hery Rajaonarimampianina accepta la charge de cette responsabilité malgré le contexte particulièrement difficile. Ce dernier était, on le sait, marqué par la fermeture des vannes de l’aide publique au développement ou encore par le retrait des principaux bailleurs de fonds des projets en cours, le tout aggravé par une situation économique internationale dégradée et une crise nationale aigüe.

Quatre années comme Ministre des Finances et du Budget ont montré, une fois encore, les capacités d’exception de maîtrise de notre homme qui, grâce à sa rigueur et sa compétence, a réussi l’exploit de contenir l’inflation, l’ariary est resté stable, mais aussi de payer en temps et en heure les fonctionnaires et les agents de l’Etat.

Par ailleurs, il a résolu avec doigté et respect des hommes les crises sociales à répétition, liées au contexte, dans les Universités (Enseignants, Etudiants, Personnel Technique), les milieux hospitaliers (médecins, paramédicaux), les agents des Douanes…..

Président du Conseil d’Administration d’Air Madagascar depuis juillet 2011, il a su trouver les ressources humaines et matérielles et défini une politique de redressement qui ont su donner un nouvel envol à la compagnie aérienne nationale dont les états financiers étaient exsangues après plusieurs années de gestion dispendieuse.

Technicien animé par un esprit d’ouverture et de dialogue, l’actuel Président élu était convaincu que le rassemblement de toutes les forces constituait la solution opportune pour sortir Madagascar de la situation actuelle. Et c’est pourquoi l’entité HERY VAOVAO ho an’i Madagasikara (HVM) a naturellement vu le jour.

Jeannot RAMAMBAZAFY

 

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : lundi, 26 Janvier 2015

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site