Deuxième République

wikipedia.jpgdada.jpgLa République démocratique de Madagascar

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recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina@yahoo.fr)

La République démocratique de Madagascar1, dite également République démocratique malgache ou Deuxième République de Madagascar, est le régime politique en place à Madagascar de 1975 à 1992. D'inspiration socialiste, le régime a été considéré comme apparenté aux régimes de type communiste2, et comme faisant partie du « bloc communiste » du continent africain.

Issue d'une Transition militaire provoquée par la contestation étudiante contre la Première République du social-démocrate Philibert Tsiranana, la Deuxième République, qui se proclamait révolutionnaire, a suivi des principes de dirigisme économique, de non-alignement et de malgachisation.

5 février 1975 :

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Face à la crise politique, le général Gabriel Ramanantsoa transfère les pleins pouvoirs à son Ministre de l'Intérieur le Colonel de Gendarmerie Richard Ratsimandrava (21 mars 1931 – 11 février 1975). Qui répond : « Tsy miamboho adidy aho mon Général. » (Mon général, je ne tourne pas le dos au devoir, j’accepte ! Notre traduction).

12 février 1975 :

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Suite à l’assassinat du colonel Ratsimandrava, Madagascar a été dirigée par un comité national de directoire militaire de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces du pays et représentant toutes les tendances politiques, à l'exception du PSM et de l'extrême gauche, est créé afin de résoudre la crise politique. Celui-ci instaure la loi martiale, interdit toute activité politique et suspend les partis politiques.

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Par son état d’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé du directoire, nomination en tant que président du Comité national militaire de la République de Madagascar du Général Gilles Andriamahazo (5 mai 1919 – 13 septembre 1989). Madagascar entre dans une nouvelle transition. Ancien sous-officier au sein des Forces françaises libres durant la seconde Guerre Mondiale et ancien de l’Algérie, il devient sous le Gouvernement Philibert Tsiranana gouverneur militaire de la capitale avant d’intégrer le gouvernement Gabriel Ramanantsoa en tant que ministre de l’Aménagement du territoire (1972 – 1974).

13 février 1975 : Les tensions continuent à travers tout le pays : des mutins s'engagent dans des violences.

14 février 1975 : La reddition des mutineries permet la fin des combats. Un des responsables présumés des troubles, M. André Resampa (ancien Ministre de l’intérieur puis Vice Président du gouvernement Philibert Tsiranana, co-fondateur et secrétaire général du PSD), est arrêté.

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21 mars 1975 : un procès est alors ouvert pour juger les personnes impliquées dans les évènements : le Président Philibert Tsiranana en fait partie.

12 juin 1975 : 30 des inculpés sont acquittés dont André Resampa et le Président Tsiranana.

15 juin 1975 :

La Deuxième République dite RDM (République Démocratique de Madagascar), présidée de janvier 1976 à septembre 1992 par Didier Ratsiraka.
sur la base de la constitution du 31 décembre 1975 ; enfin nouvelle période transitoire ((informelle)) commencée par une révision constitutionnelle
rétablissant le pluralisme politique (3) et continuée par l’apparition, dans la rue, des ((Forces vives contestant le pouvoir et la fonction même du
président Ratsiraka.

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Élection du capitaine de Corvette Didier Ratsiraka (4 novembre 1936), par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État (16 voies sur 18).Le 15 juin 1975, le Capitaine de corvette Didier Ratsiraka était coopté à la direction du Conseil suprême de la Révolution, Chef d'Etat et Chef de Gouvernement,  par ses pairs du Directoire militaire, après avoir, trois années durant, animé la diplomatie malgache.

Le Comité national de direction militaire est alors remplacé par un Comité national de la révolution et La Grande Ile entame sa révolution socialiste. Le 21 décembre 1975, Didier Ratsiraka est maintenu au pouvoir à la suite d’un vote référendaire où les Malgaches approuvent par une majorité écrasante la Charte de la Révolution socialiste et la nouvelle Constitution instituant la Deuxième République.

21 décembre 1975 : Approbation de la Charte de la révolution socialiste malgache et de l'institution de la seconde République par un référendum (95,57%). Sur le plan international, Didier Ratsiraka devenu Président de la République Démocratique Malgache prône une politique tous azimuts.

30 décembre 1975 : Promulgation de la nouvelle Constitution et proclamation de la République Démocratique de Madagascar.

4 janvier 1976 : Didier Ratsiraka devient le premier président de la 2ème République, deuxième Président de Madagascar fondateur de la République Démocratique de Madagascar.

La République démocratique de Madagascar est proclamée le 30 décembre 1975 par un Didier Ratsiraka plus populaire que jamais. Porté par cet élan, le Président promet un progrès économique et culturel rapide, fondé sur une politique de non-alignement, de décentralisation administrative et de planification économique rigoureuse. Il crée le célèbre parti Avant-garde de la Révolution malgache (Arema) en mars 1976, parti gouvernemental dont il est le secrétaire général et domine ensuite la vie politique malgache. Dans la foulée, sous inspiration maoïste, il publie un petit "livre rouge" où figurent les grandes lignes de la Révolution. Didier Ratsiraka a alors mis en place une république de style socialiste, autoritaire, fortement centralisée, basée sur une économie nationalisée. L’Etat contrôle tous les échanges avec l’extérieur et ferme plusieurs ambassades. L’activité économique de Madagascar s’est alors dégradée progressivement au fil des années. La révolution a aussi touché l’éducation avec la grande vague de malgachisation de l’enseignement. Au bout d’une quinzaine d’année, sous le régime dictatorial du désormais Amiral Rouge, la Grande Ile se retrouve parmi les pays les plus pauvres de la planète. Néanmoins, durant cette période, Ratsiraka aura été réélu à deux reprises (1982, 1989).

Subdivisions de Madagascar

À l'époque de la deuxième république malgache (1975-1991), le pays était divisé en cinq niveaux :

  1. 6 faritany (provinces), devenues faritany mizakatena (provinces autonomes)
  2. les fivondronana (ou fivondronampokontany, anciennes préfectures et sous-préfectures)
  3. les firaisana (ou firaisampokontany, anciens cantons)
  4. les fokontany (villages, hameaux ou quartiers)
  5. les fokonolona (anciennes communautés villageoises traditionnelles)

Aujourd'hui, il y a quatre niveaux de subdivisions :

  1. 22 faritra (régions, créées par subdivision des 6 anciennes provinces autonomes)
  2. 112 departemanta (départements ou districts, remplaçant les anciennes préfectures et sous-préfectures)
  3. 1 395 kaominina (communes, réorganisées remplaçant les anciens cantons)
  4. 17 544 fokontany (villages, hameaux ou quartiers, inchangés)

Les communautés villageoises disparaissent, de même que les 6 provinces au plan administratif (bien qu'elles restent signifiantes au plan géographique, en tant que simples groupes de régions).

Troisième République (1992 - 2001)

L’opposition commence à s’exprimer en septembre 1977 contre notamment la rareté de la nourriture et des produits de premières nécessités. A chaque fois, Didier Ratsiraka y répond par de sévères répressions. A la fin des années 80, le pouvoir de l’Amiral s’est retrouvé affaibli par les manifestations à répétition qui scandent l’abrogation de la Constitution socialiste de 1975. Regroupée au sein du "Comité des forces vives", l’opposition décide la création d’un gouvernement parallèle avec le Professeur Albert Zafy comme Premier ministre. Une grève générale illimitée paralyse alors tout le pays. Le summum de cette deuxième crise sera la "Marche de la liberté". Lors de cette manifestation les forces de l’ordre ont fait feu sur la foule qui se dirigeait vers le Palais Présidentiel.
Le mouvement des forces vives qui a paralysé le pays par une grève générale de plusieurs mois met fin en 1992 au régime révolutionnaire de Didier Ratsiraka. Le gouvernement de transition qui est alors mis en place, organise un forum national et fait plébisciter sa politique démocratique et libérale par l’adoption au referendum d’une nouvelle Constitution marquant par ailleurs la naissance de l’actuelle Troisième République.

Aux élections présidentielles qui sont organisées par la suite, Ratsiraka se présente encore, mais c’est le candidat des Forces vives, en l’occurrence Albert Zafy qui est élu.

Le 31 octobre 1991, Madagascar entre dans une nouvelle période de transition qui va durer près de deux ans et qui sera dirigée par Zafy Albert. Le 19 août 1992, la nouvelle constitution qui instaure la Troisième République est adoptée par référendum et le Professeur Zafy en devient le premier Président le 10 février 1993.

 

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