La République Provisoire

wikipedia.jpgdada.jpgTransition

Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com)

 

16 Octobre 1958 : L'Assemblée Constituante et Législative provisoire, présidée par Norbert Zafimahova élabore la Constitution du jeune Etat dont l'Exécutif fut assuré par un Gouvernement provisoire présidé par Philibert Tsiranana.

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Janvier au 25 Mai 1970: Le Président Tsiranana est évacué et soigné à l'Hopital de la Salpêtrière à Paris pour troubles hémiplégiques.Course au pouvoir chez les "pseudo-dauphins". Durant son absence, l'intérim de la Présidence est assuré par un "TROIKA": le Vice-Président du Gouvernement TSIEBO Calvin, Ministre sans portefeuille (qui n'avait, toutefois, pas le rôle d'un Premier Ministre), RESAMPA André, Ministre de l'Intérieur et Secrétaire Général du puissant PSD, et RABEMANANJARA Jacques,  Ministre des Affaires Etrangères.

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Ce dernier représentait les tendances libérales et chrétiennes, alors que Resampa, "homme fort" du régime penchait pour accentuer socialisme et laïcisme.

Novembre 1970:  Premiers accords économiques, culturelss et techniques signés avec Pretoria  (Afrique du Sud: régime de l'apartheid).

Février 1971: Dissolution du gouvernement et formation d'un nouveau: Resampa André est nommé non plus premier, mais 2ème Vice-Président du Gouvernement et Ministre d'Etat à l'Agriculture, mais non plus Ministre de l'Intérieur comme auparavant, ce poste étant cumulé par le Président Tsiranana en plus de celui de la Défense..

01 Avril 1971: Révolte sanglante dans le Sud faisant plus de 1.000 morts: le parti politique MONIMA accusé de complot "maoïste" et d'agitateur; son chef MONJA Jaona fut mis en prison. Les paysans se sont révoltés à cause des exactions commises par les autorités locales pour le recouvrement des impôts (impôt sur les boeufs et impôt sur la capitation). Tsiebo étant originaire du grand Sud (Betroka) et Resampa du Sud-Ouest (Morondava), cette affaire créa une grave scission au sein du parti au pouvoir.

01 Juin 1971: Mr. Resampa est arrêté, déchu de ses fonctions et mis en résidence surveillé à l'île Sainte Marie. Il est accusé par le Président Tsiranana d'être de mèche avec les Etats Unis d'Amérique et de comploter contre l'Etat: l'ambassadeur de ce pays, Mr David MARSHALL, est declaré "personnae non grata" et prié de quitter le pays.

30 Janvier 1972: Philibert Tsiranana est réélu Président de la République avec 99,8% des suffrages exprimés.

Février 1972: Grève de l'Ecole de Médecine de Befelatanana à Antananarivo.

Avril 1972: L'AUPELF, ou Association Universitaire Partiellement ou Entièrement de Langue Française, tient ses assises à l'Université de Madagascar dont les étudiants déclenchent aussi leur grève. Les élèves des Lycées et des Collèges de la Capitale grossiront par solidarité les rangs des grévistes du 24 au 30 Avril

13 Mai 1972: Dans la nuit du 12 au 13 Mai, le Gouvernement envoya en déportation au bagne de l'île de Nosy Lava 400 protestataires, après un Conseil restreint des Ministres présidé par le Président Tsiranana à Ranomafana-Ifanadiana, où il était en cure.
Le lendemain 13 Mai, les syndicalistes se joignirent aux étudiants pour former une très vaste manifestation sur l'Avenue de l'Indépendance, baptisée par la suite "Place du 13 Mai". Répression par les armes des F.R.S. (Forces Républicaines de Sécurité): 34 morts dont 10 parmi les forces de l'ordre. L'armée refusait de prendre part à la répression, mais fut appelée par la population pour prendre le pouvoir auquel on reprochait sa politique "néo-colonialiste".

GOUVERNEMENT DE TRASITION :

La formule de "gouvernement de transition" apparut, pour la première fois à Madagascar, en 1972, dans l'agitation des étudiants et fut définitivement admise après l'insurrection du 13 mai 1972.

Ce gouvernement ne doit s’occuper que de transition
En définitive, ce gouvernement qui n’est qu’un gouvernement de transition doit s’atteler à sa mission principale qui est d’organiser des élections libres, crédibles et transparentes.

Un défi historique à relever

18 Mai 1972: Le Général Gabriel RAMANANTSOA, Chef de l'Etat-Major de l'Armée Malgache est investi des pleins pouvoirs par le Président Tsiranana, et rendait public, le 27 Mai, la composition du nouveau Gouvernement avec 5 militaires et 6 civils (11 personnes en tout, par opposition aux précédents gouvernements avoisinant la trentaine).

Le Général Ramanantsoa cumulait avec son poste de Premier Ministre les fonctions de Ministre de la Défense Nationale et des Forces Armées, et celles du Plan. Les 4 autres Officiers du gouvernement étaient: le Colonel Richard RATSIMANDRAVA, Ministre de l'Intérieur; le Capitaine de Frégate Didier RATSIRAKA, Ministre des Affaires Etrangères, le Général Gilles ANDRIAMAHAZO, Ministre de l'Aménagement du Territoire, le Lieutenant-Colonel Joël RAKOTOMALALA, Ministre de l'Information.

Les 6 civils étaient: le Dr. Emmanuel RAKOTOVAHINY, Ministre du Développement Rural, le Dr. Justin MANAMBELONA, Ministre des Affaires Culturelles, le Professeur Albert ZAFY, Ministre des Affaires Sociales, Mr ANDRIANADA, Ministre de la Justice, Mr. Albert Marie RAMAROSON, Ministre de l'Economie et des Finances, le Pasteur Daniel RAJAKOBA, Ministre de la Fonction Publique et du Travail.

La nouvelle équipe gouvernementale doit s’atteler à affronter des difficultés de tous ordres : politiques, économiques, sociales, environnementales et institutionnelles.

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Le gouvernement doit également éviter de ’’nager’’ entre la notion de gouvernement d’exception et celle d’un gouvernement constitutionnel, en assumant et précisant publiquement son mandat, sa mission et sa politique générale. S’il se déclare constitutionnel, il devra se plier à organiser des élections dans 90 jours. S’il reconnaît son caractère exceptionnel, il pourra le faire dans deux ans comme prévu dans la proposition d’alternative de la Plate forme Démocratique.

Le général Ramanantsoa propose une Constitution provisoire et son maintien au pouvoir pendant 5 ans. Les Malgaches répondent Oui à 94% ! Suivirent alors la substitution de l’Assemblée nationale et du Sénat par le Conseil national populaire pour développement, et surtout la mise en œuvre de la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Mais les difficultés économiques, et la division politique écourtèrent son mandat… En l’espace de 3 ans, Madagascar connaîtra quatre dirigeants, dont le capitaine de Corvette Didier Ratsiraka, élu par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État. Mais il remet son mandat qui devait courir sur 5 ans en jeu, en soumettant son projet de Constitution et son programme à consultation nationale par voie référendaire… Le 30 décembre 1975 : la République Démocratique de Madagascar est proclamée, sa nouvelle Constitution adoptée, Didier Ratsiraka devient le premier président de la Seconde République.

- 11 Octobre 1972 : En mai 1972, après des protestations politico-sociales massives dirigées contre le Président Tsiranana, il devient Premier Ministre du pays, une fonction qui n'existait plus sous la Première République (1960-1972). Quelques mois plus tard, lorsque Philibert Tsiranana, social-démocrate débordé par son aile gauche cède finalement à la pression populaire, Ramanantsoa devient officiellement le deuxième Président de la République malgache, prenant ses fonctions le 11 octobre 1972. Le peuple malgache détermine par référendum une période quinquennale de transition militaire qui a pour but de procéder à la malgachisation de la société. La Transition militaire du Gal Ramanantsoa, qui se veut neutre et inclusive, rencontre des difficultés à mener le pays à cause de divisions idéologiques jusqu'au sein même du Gouvernement, ce qui amène Gabriel Ramanantsoa, officier conservateur et respectueux de la légalité, à démissionner en faveur du colonel de gendarmerie Richard Ratsimandrava, jusqu'alors Ministre de l'Intérieur.

- 5 février 1975 : Face à la crise politique, le général Ramanantsoa transfère les pleins pouvoirs à son Ministre de l'Intérieur le Colonel de Gendarmerie Ratsimandrava (21 mars 1931 – 11 février 1975). Qui répond : « Tsy miamboho adidy aho mon Général. » (Mon général, je ne tourne pas le dos au devoir, j’accepte !).

- 12 février 1975 : La nuit même de l'assassinat du colonel Ratsimandrava, le 12 février 1975, un directoire militaire de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces du pays et représentant toutes les tendances politiques, à l'exception du PSM et de l'extrême gauche, est créé afin de résoudre la crise politique. Celui-ci instaure la loi martiale, qui interdit toute activité politique et qui suspend les partis politiques. Officier le plus gradé du directoire, Andriamahazo prend sa tête et assume les fonctions de chef de l'État jusqu'au 15 juin 1975, date à laquelle le capitaine de frégate Didier Ratsiraka devient président du conseil suprême de la Révolution.

- Vers la fin du deuxième mandat Présidentiel de la deuxième République, l’Etat a procédé à la levée de la censure et a institué le pluralisme démocratique par la reconnaissance du multipartisme. Des partis politiques quittent le Front National pour la Défense de la Révolution pour protester contre la réélection du Président sortant et demander la mise en place d’un Gouvernement de transition chargé de préparer l’avènement de la 3ème République précédé d’un changement de la Constitution et d’une révision du Code électoral.
Ce Gouvernement de transition fût institué par la Convention de Panorama du 31 octobre 1991. Il a été mis en place des Institutions de transition composées - de la Présidence sous la conduite du Président Didier RATSIRAKA,
-    de la Haute Autorité de l’Etat présidé par le Professeur Albert ZAFY
-    d’un Gouvernement conduit par un Premier Ministre investi d’un plein pouvoir et du Comité de Redressement Economique et Social.
Le Président de la République Didier RATSIRAKA est maintenu à la tête de la présidence.
Le Professeur Albert ZAFY est nommé à la tête de la Haute Autorité de l’Etat tandis que le Gouvernement est dirigé par le Premier Ministre Guy Willy RAZANAMASY.
Le Gouvernement de transition était chargé d’organiser les différents forums, de préparer l’élection présidentielle anticipée ainsi que l’avènement de la 3ème République.
Le Comité de Redressement Economique et Social a été mis en place durant la transition afin de donner des avis consultatifs au Gouvernement, à la place de l’Assemblée Nationale dissoute.

- Le 28 mai 1996, quand le premier ministre d'alors est déposé par le parlement par l'échec d'un vote de confiance, Norbert Lala RATSIRAHONANA était le Président de la Haute cour constitutionnelle (HCC). Le 5 juin 1996, il est nommé Premier ministre par le Président Albert ZAFY. Celui-ci empêché, M. RATSIRAHONANA devient à la fois Chef de l'Etat et Chef du gouvernement intérimaire. Ce sera la troisième période de transition qu'aura connu le pays, après celles de Gilles Andriamahazo et de Albert ZAFY.

- "Par l'Ordonnance 2009-001 en date du 17 mars 2009, le Président de la république Marc RAVALOMANANA a décidé de conférer à un Directoire militaire les pleins pouvoirs", annonce ce communiqué précisant que ce "Directoire Militaire est dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues". Il est prévu que le directoire soit présidé par le vice-amiral Hippolyte Rarison RAMAROSON, « le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues » . 

- Le 17 mars 2009 le Directoire Militaire présidé par le vice-amiral Hippolyte Rarison RAMAROSON transmet le pouvoir à Andry RAJOELINA. Ce dernier prend ses fonctions de président de la Haute Autorité de Transition de la République de Madagascar et signe l’ordonnance n°2009-003 qui porte création de la Haute Autorité de la Transition (HAT) et la suspension du Parlement démocratiquement élu. Le 18 mars 2009 la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dans son Acte 79-HCC/G du 18 Mars 2009 valide ces transferts.

 

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