Première République

wikipedia.jpgdada.jpg14 octobre 1958 :

Naissance d’une république

recueillis par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com)

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Contexte historique

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La révolte malgache de 1947, sévèrement réprimée par les colons français (cf. "le soulèvement de Madagascar"), marque l'apogée du mouvement nationaliste malgache. Une nouvelle page de l'histoire politique de l'île s'ouvre ensuite, qui conduit à la consolidation d'une République malgache indépendante.

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La loi-cadre Defferre de 1956 contribue ainsi au renouveau de la vie politique malgache. Elle institue le suffrage universel et supprime dans le même temps la distinction au sein de l'électorat entre citoyens et autochtones. Elle permet également la création d'un pouvoir exécutif autonome.

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Le 14 octobre 1958, une deuxième étape est franchie vers l'indépendance effective : Philibert Tsiranana est élu président de la nouvelle République de Madagascar. La population malgache accepte alors par référendum d'entrer dans la Communauté française. La métropole continue donc à diriger la politique étrangère, la défense et l'économie de l'île, notamment la gestion des matières premières stratégiques. Après la dissolution de la Communauté en 1960, Madagascar, sous domination française depuis 1895, obtient son indépendance le 26 Juin 1960, comme la majorité des anciennes colonies françaises d'Afrique.

La 1ère République malgache est fortement inspirée du modèle constitutionnel et administratif français : chef de l'Etat élu au suffrage universel pour 7 ans, bicamérisme (Assemblée Nationale/Sénat), décentralisation administrative (apparition de préfectures en 1962). Des accords de coopération franco-malgache sont également signés. Mais l'opposition critique un régime jugé néo-colonialiste et en 1972 la contestation étudiante se généralise, provoquant la chute de cette 1ère République. S'ouvre alors une période de transition, qui aboutit en 1975 à l'instauration d'une République Démocratique de Madagascar inspirée d'un socialisme révolutionnaire : étatisation de l'économie, malgachisation de l'enseignement, parti unique.

La situation économique de l'île se détériore considérablement. La montée de la contestation et l'effondrement du bloc soviétique entraînent la chute du régime. Une IIIe République est instaurée en 1992. Depuis, malgré des réformes institutionnelles et des changements de majorités politiques, l'appauvrissement de la population demeure le problème central de l'île, avec un Indice de Développement Humain (IDH) classé au 149 ème rang sur un total de 175 pays.

Emeline Vanthuyne
 

Historique

L’ASSEMBLÉE NATIONALE MALGACHE

L’Assemblée Nationale est liée étroitement à la vie socio-politique de la nation malgache. Son histoire relate en  partie les évènements mouvementés vécus par Madagascar. La gestation de cette institution législative débuta à partir des évènements de soulèvement de 1947 jusqu’à sa naissance en 1959.

La Loi Cadre du 23 Juin 1956 a facilité le commencement de certains mécanismes étatiques au bénéfice des Territoires d’Outre-mer. Un grand changement dans la vie politique planait sur la grande ile.

Le premier cabinet malgache dénommé «Conseil de Gouvernement»,  naquit le 29 mai 1957. M. André Soucadaux (Haut-commissaire de la République française, Chef du territoire) devenait de droit Président, et  M. Tsiranana Philibert (Député de la Province de Majunga à l’Assemblée nationale française) était le Vice-Président. Une «Assemblée Représentative» élue au suffrage universel chargée de voter le budget et d’élire les ministres du Conseil de Gouvernement sur lesquels elle pouvait exercer un certain contrôle fût aussi instaurée.

Le premier cabinet  malgache formé le 29 mai 1957 (Photo d'archives)
Le premier cabinet malgache formé le 29 mai 1957 (Photo d’archives)

M. Philibert Tsiranana accéda au poste de Président dudit Conseil le 26 juillet 1958. L’examen de la Constitution de la future Vème République française par le Comité Consultatif Constitutionnel dont M. Tsiranana faisait partie de ses membres, a permis à ce dernier d’étaler son point de vue sur l’avenir politique de Madagascar en donnant une nouvelle appellation de “Communauté“ au futur bloc France-Outre mer.

Le mardi 14 octobre 1958 à 8 heures plus précisément, le Congrès des Assemblées Provinciales de Madagascar s’est réuni dans l’amphithéâtre du Lycée Gallieni à Tananarive. Cette séance était présidée par le Doyen d’âge du Congrès, M. Frédéric Zonia – Conseiller provincial de Mahanoro. Sans troubles ni effusion de sang mais remplis de mûre et ferme volonté, ces élus de Madagascar, représentants une population entière, ont choisi de sortir Madagascar du statut colonial de Territoire d’Outre-mer au statut d’Etat libre. A 10 heures 50 minutes, la République malgache était née.

« Je proclame que le Gouvernement de la République reconnaît solennellement l’institution de l’État malgache… » déclare le Haut Commissaire de la République française (Photo d’archives)

 Le lendemain 15 octobre 1958, la caducité de la loi d’annexion qui rattachait de façon unilatérale Madagascar à la Métropole fût proclamée solennellement par le Représentant qualifié de la France, M. André Soucadaux – Haut Commissaire de la République française.

La première Loi constitutionnelle de Madagascar fût adoptée au sein du Congrès. Cette loi constitutionnelle formulait la dissolution de l’Assemblée Représentative et l’instauration de l’Assemblée Nationale Constituante et Législative à la place du Congrès. Le Conseil de Gouvernement du Territoire changea de titre et devint le Gouvernement Provisoire de la Première République Malgache.

L’ex-Congrès passe ensuite à l’élection des nouveaux membres du Bureau de l’Assemblée Nationale Constituante et Législative de Madagascar avec : Président : M. Norbert Zafimohovo. Bureau : MM. Tollim, Barinia Tsara, Laforest à la place du Président Tsiranana, Jarison, Razafitrimo et de Heaulme

 L’Assemblée Constituante

M. Norbert Zafimahova
M. Norbert Zafimahova

Les Assemblées provinciales et représentatives élues sous la loi cadre fusionnent en 1958 pour former l’Assemblée nationale constituante. Le 16 Octobre 1958, ses membres choisissent Norbert Zafimahova à la tête de la nouvelle chambre ainsi créée. C’est sous sa direction que les débats sur les futurs statuts de la Grande Ile sont menés. Prétendant à la course à la Présidence de la République en même temps que M. Philibert Tsiranana, il est toutefois invité par ce dernier à faire partie de la délégation négociant le transfert des compétences en 1960.

Cette Assemblée constituante a contribué énormément dans l’édification de l’indépendance de la Grande île, notamment par (i) l’élaboration la nouvelle Constitution, (ii) la proposition de M. Philibert Tsiranana au poste de Président de la République de l’Etat malgache ; (iii)  le choix du drapeau malgache composé de trois couleurs, le blanc, le rouge et le vert.

Soumis à l’Assemblée constituante le 21 avril 1959, le projet de Constitution fût voté le 28 avril 1959 et promulgué en tant que Constitution de la République de Madagascar le 29 avril 1959. Cette Constitution préconisait l’instauration “d’Instituions régulières et définitives“ pour le bon fonctionnement et la stabilité de la République. Une nouvelle mutation était enregistrée au sein des institutions en place et d’une manière provisoire jusqu’à l’accession à l’indépendance proclamée le 26 juin 1960 : (i) l’Assemblée Constituante se transforma en Assemblée nationale, (ii) le Comité Constitutionnel fût remplacé par le Sénat, et (iii) l’Assemblée Provinciale changea en Conseil Général dans chaque province de la Grande Île.

M. Jules Ravony
M. Jules Ravony

Conseiller Provincial de Fianarantsoa en 1957, élu Député du parti PSD le 14 octobre 1958, M. Ravony Jules occupait le poste de Président de l’Assemblée Nationale à partir du 4 juillet 1959 au 10 mai 1960. Il obtint la fonction de Président du Sénat par 52 voix sur 53, le 7 octobre 1960.

L’Assemblée nationale de la première République

Le premier parlement malgache de la première République avait adopté le système bicaméral. Après les élections générales du 4 septembre 1960 et les sénatoriales du 2 octobre 1960, le premier parlement souverain de la République malgache vit le jour et fût composé de 107 membres pour l’Assemblée nationale et 54 membres pour le Sénat. Les parlementaires étaient élus pour un mandat de cinq ans. Une forte majorité du Parti Social Démocrate, reconnu par le sigle “PSD“ du Président Philibert Tsiranana était enregistrée à l’Assemblée nationale. Seuls quelques sièges ont été obtenus par l’opposition.

 La Loi Organique N° 5 du 9 Juin 1959 fixait le statut, le nombre et le mode d’élection des membres de l’Assemblée Nationale. Cette loi organique a subi quelques modifications par les lois N° 62-004 du 16 juin 1962, N° 63·020 du 20 juillet 1963, N° 64·001 du 8 mai 1964 et N° 64·012 du 7 novembre 1964. Quelques changements aussi ont été apportés par les décrets du 9 juillet 1960 et l’Ordonnance du 12 juillet 1960, modifiée par la loi du 7 juillet 1965. Les articles 23 et 24 de cette Loi organique stipulent que l’Assemblée nationale se compose de 107 membres répartis de la façon suivante : 27 membres issus de la Province de Fianarantsoa, 20 membres de la Province de Tananarive, 17 membres de la Province de Tamatave, 17 membres de la Province de Tuléar, 13 membres de la Province de Majunga, 8 membres de la Province de Diégo-Suarez et 5 membres de la Commune de Tananarive.

M. Alfred Nany

M. Alfred Nany

M. Calvin Tsiebo
M. Calvin Tsiebo

Conseiller Provincial, Conseiller Général et Député du parti P.S.D. M. Nany Alfred est élu Vice-Président de l’Assemblée nationale le 5 octobre 1960. Il accéda  au poste de Président de l’Assemblée Nationale le 3 novembre 1960 en remplacement de M. Calvin TSIEBO  appelé à la Vice-présidence du Gouvernement, par 70 voix contre 25.

Les élections législatives du 08 août 1965 permettent au parti du Président Tsiranana Philibert de garder la majorité à l’Assemblée nationale (PSD 104, AKFM 3). Le Président Alfred Nany réoccupait le perchoir de la Chambre basse. Aucun changement n’est enregistré du point de vue organisation et mode de fonctionnement à l’Assemblée nationale. Le Bureau de l’Assemblée nationale comprenait un président, cinq Vice-présidents et trois Questeurs. L’institution législative, sous la première République, avaient un pouvoir de contrôle sur l’action du gouvernement à travers notamment l’examen du rapport annuel de la chambre des comptes sur les comptes définitifs de l’Etat.

Après les élections législatives du 06 septembre 1970, le parti PSD conserve toujours la majorité à l’Assemblée nationale (PSD 104, AKFM 3). Cependant, la révolte des paysans au sud de la Grande île intervenu le 1er avril 1971 déclencha l’une des premières hostilités socio-politiques à Madagascar. Le 30 janvier 1972, le Président Philibert Tsiranana fût réélu pour un troisième mandat par 99 % des voix des électeurs malgaches.

 

 

 

 

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