Albert ZAFY

wikipedia.jpgdada.jpgLA FONDATION DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

Banniere zafy copie

 recueillis par Robert ANDRIANTSOA (Malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

Qui est le Professeur Albert ZAFY

Présentation faite par : Jaona RAVALOSON et Serge ZAFIMAHOVA

chef du gouvernement transitoire à Madagascar

Ce fils de paysan est né le 1 mai 1927 à Betsiaka dans la province d’Antseranana (ex Diégo-Suarez). Il est marié et père de trois enfants.

Catholique, il fit ses études secondaires à l’école le Myre de Vilers et à l’établissement protestant Paul Minault, à Antananarivo.

Arrivé pour la première fois en France en 1951, Albert Zafy s'installe à Montpellier où il suit et termine ses études de médecine générale option chirurgie. Il obtient son diplôme de spécialité en chirurgie thoracique. Il a connu à cette période le Docteur Vigouroux. Accessoirement, il décroche des licences de mathématiques et de physique.

Durant son séjour, ce francophone ne manquait pas de célébrer chaque année en France le 21 février, la journée de la lutte anti-colonialiste (ou contre le neo-colonialisme). L’histoire dit que cela lui a valu un coup de matraque sur la tête.

A la fin de ses études en 1964, il rentre à Madagascar pour travailler au service chirurgie de l’Hôpital public d’Antananarivo.

De 1966 à 1970, il revient à Paris pour obtenir son agrégation de chirurgie où il était l’assistant du Professeur Cabrol. Ce patriote, malgré les propositions avantageuses à l’étranger -en France particulièrement-, n’a jamais hésité à vivre à Madagascar pour servir son pays.

De retour au pays, il devient le chef du service chirurgie à l’Hôpital général d’Antananarivo tout en enseignant la sémeilogie et la pathologie chirurgicale à la faculté de médecine de l’Université de Madagascar devenu plus tard l’Université d’Antananarivo.

A l’appel du nouveau chef de gouvernement le Général Ramanantsoa qui a reçu !es pleis pouvoirs du Président Philibert Tsiranana il occupe le poste de ministre de la Santé de 1972 à 1975. Il faut rappeler qu’au sein de ce gouvernement de techniciens, il y avait un certain ministre des Affaires Etrangères le Capitaine de corvette Didier Ratsiraka et le ministre de l’intérieur le Colonel de la gendarmerie Richard Ratsimandrava. En dehors de sa charge ministérielle, cet humaniste continue à exercer en qualité de chirurgien et d’enseignant. il lui fut reproché de passer en priorité les opérations chirurgicales dont il était le seul spécialiste pour sauver des vies humaines, aux réunions des conseils de ministres.

En s'accaparant du pouvoir en 1975 à la suite de l'assassinat du Colonel Ratsimandrava, chef de l'Etat, Didier Ratsiraka a organisé un "référendum" plébiscite autour de trois questions.

Albert Zafy a fait voter le NON A RATSIRAKA, NON AU "LIVRE ROuGE", NON A LA CONSTITUTION. Il revient à ses deux passions la médecine et l'enseignement.

Il fonde le KMZ -Comité de Défense des Droits de l'Homme- avec entre autres les professeurs Manambelona (énergie nucléaire) et Randriamampandry (cardiologue). Il a toujours exigé la libération du Commandant Richard Andriamaholison qui fût libéré le 26 juin 1990 par le  Président français François Mitterand.

En 1982, une large majorité du parti Vonjy lray Tsy Mivaky avait présenté sa candidature aux élections présidentielles mais la Haute Cour Constitutionnelle n'a pas validé celle-ci du fait de l'apartheid politique.

Le Professeur Albert Zafy n'était pas membre d'un des partis du Front National pour la Défense de la Révolution (FNDR AREMA, MONIMA, MFM, VSM, VONJY, AKFM, UDECMA) le seul cadre politique légal.

Il a contribué à la réalisation de la Clinique des frères francisquains à Ambanja qu'il dirige depuis sa création en 1987, cela tout en travaillant à Antananarivo.

En 1990, à la suite de la loi sur le multipartisme du mois de mars, il a créé I'UNDD -Union Nationale pour la Démocratie et le Développement- qu'il préside.

A la suite des deux Concertations Nationales organisées en août et décembre 1990 par le FFKM - Conseil Chrétien des Egfises de Madagascar- à Antananarivo, Albert Zafy est projeté au devant de la scène politique en devenant le président du Comité Permanent des Forces Vives qui est l'organe dirigeant du Conseil National des Forces Vives regroupant 80 organisations partis politiques, syndicats des travailleurs et patronaux, organisations socio-professionnelles, associations, etc.

Le 16 juillet 1991, les Forces Vives l'ont élu pour être le chef du gouvernement transitoire pour gérer l'après amiral Ratsiraka. Il est devenu le leader de la contestation du peuple malgache pour recouvrer la dignité et faire avancer les acquis de la démocratie.

Chirurgien réputé, il est connu pour son intégrité dans un pays où la corruption a été institutionnalisée par l'amiral Didier Ratsiraka. Il a toujours eu une position constante et invariable vis-à-vis du régime "révolutionnaire" et "socialiste" à Madagascar. Déterminé pour favoriser un Etat de droit, il n'en reste pas moins partisan de la non-violence.

Fin de présentation par ses mandataires.

Après la signature de la convention du 31 Octobre 1991, Zafy Albert deviendra Président de la Haute Autorité de l'Etat pendant la période transitoire.

Il accédera à la magistrature suprême en 1993. Il sera l'un des partisans des fameux financements parallèles que les opposants dénonceront dans un petit livret intitulé "Madagascar, Naufragé volontaire" en janvier 1995.

Il dénoncera son Premier ministre Mr RAVONY dans une conférence de presse qui a duré presque 5 heures, on se sera cru en pleine 2ème République.

Il demandera aux Forces Vives Rasalama de sanctionner RAVONY par une motion de censure qui échouera.  Pour virer son Premier Ministre Zafy revient vers le peuple souverain pour demander par voie référendaire de désigner son propre premier Ministre (chose qui a encore  coûté cher aux pauvres malgaches)-"un grand homme d'état occidental avait dit que la démocratie est un luxe pour les pays en développement". Mais c'était déjà le début de la fin pour Zafy. 

Zafy désignera bien son PM en la personne de Mr RAKOTOVAHINY, qui sera censuré par l'Assemblée Nationale. Mr Zafy sera empêché par l'assemblée Nationale en septembre 1996.

Actuellement il est député d'Antsiranana.

Ce fils de famille paysane catholique et conservatrice, est né le 1er mai 1927 à Betsiaka (Ambilobe) dans la province de Diégo-Suarez.

Il fit ses études secondaires à l’école le Myre de Vilers et à l’établissement protestant Paul Minault, à Antananarivo.

Arrivé pour la première fois en France en 1951, Albert Zafy s'installe à Montpellier où il suit et termine ses études de médecine générale option chirurgie. Il obtient son diplôme de spécialité en chirurgie thoracique. Il a connu à cette période le Docteur Vigouroux. Accessoirement, il décroche des licences de mathématiques et de physique.

Durant son séjour, ce francophone ne manquait pas de célébrer chaque année en France le 21 février, la journée de la lutte anti-colonialiste (ou contre le neo-colonialisme). L’histoire dit que cela lui a valu un coup de matraque sur la tête.

A la fin de ses études en 1964, il rentre à Madagascar pour travailler au service chirurgie de l’Hôpital public d’Antananarivo.

 Ambanja mariage

Il aura aussi, durant ces mêmes années, fondé une famille en épousant, Thérèse Auguste ZAFIMAHOVA, fille de Antoine ZAFIMAHOVA et de Marie Anne KEMBA, jeune fille Antesaka selon le rite traditionnel Antakarana.

Albert et Thérèse ont trois enfants : 1°)- Aimé ZAFY  marié avec Jackie RANAIVO (Patou, Kevin, David),  2°)- Sylvie ZAFY mariée avec Sylvain Christophe (Michael et Stephan), séparés et remariée avec Georges KAMAMY (Hatea). 3°)- Richard ZAFY ou Titus marié avec  Hadjee Mirella (Johanna et Antonio).

Therese copie 1Première Dame Thérèse Auguste Zafimahova

Elle est née le  à

Jeune fille Antesaka.

Fille de Antoine Zafimahova ;

et de : Marie Anne Kemba

C’est la femme du Président Zafy Albert. Energique, volontaire elle a joué pleinement son rôle de Première Dame.  Elle s’était lancée également dans les actions caritatives. Et elle était toujours au front aux côtés de son baroudeur de mari.
Mais qui est l’épouse de Norbert Lala Ratsirahonana ? Cet homme influent, faiseur et défaiseur de rois, fut chef d’Etat par ses… bons offices après l’empêchement de Zafy  Albert. Peut-être parce que son mari est trop occupé à manœuvrer que son épouse avait préféré, elle aussi, la discrétion. Épouse la demoiselle Thérèse Auguste Zafimahova, selon le rite traditionnel Antakarana.

Zafimahova Thérèse Auguste ne chôme pas. Elle continue ses bonnes actions à travers une organisation d’aide humanitaire dénommée conférence de St Vincent de Paul et dédiée aux nécessiteux. Il s’agit de venir en aide aux petits-enfants et surtout aux personnes âgées. Ses actions de bienfaisance se pratiquent notamment trois fois par an avant les fêtes telles que la fête de l’Indépendance, celle de la Nativité et du Nouvel An. La Conférence de St Vincent de Paul ne bénéficie d’aucune aide du gouvernement malgré les efforts entrepris par ses membres. Aussi, ils se débrouillent pour en trouver. Thérèse Zafy opère en tant que simple membre à Soavimasoandro.

Tsanta- Mbola (Stagiaires)

De 1966 à 1970, il revient à Paris pour obtenir son agrégation de chirurgie thoracique sous la houlette du Professeur Cabrol. Il est aussi détenteur d'une licence de mathématique et de physique. Ce patriote des premières heures, malgré les propositions avantageuses en France n’a jamais hésité à vivre à Madagascar pour servir son pays.

Chirurgien1

De retour au pays, il devient le chef du service chirurgie à l’Hôpital général d’Antananarivo tout en enseignant la sémeilogie et la pathologie chirurgicale à la faculté de médecine de l’Université de Madagascar devenu plus tard l’Université d’Antananarivo.

Ramanatsoa voeux1 

Durant la Transition militaire (1972-1975) qui a fait suite à la Première République après la démission de Philibert Tsiranana de la présidence, Albert Zafy est ministre de la Santé et des Affaires sociales sous l'éphémère gouvernement du général Gabriel Ramanantsoa, avant de devenir un opposant irréductible aux vues socialistes de Didier Ratsiraka, contre lequel il avait essayé, en vain de se présenter lors de l'élection présidentielle de 1982 (sa candidature n'ayant pas été acceptée).

Après avoir créé en 1990 l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Albert Zafy, surnommé "l'homme au chapeau de paille", s'est imposé comme le principal leader de la "révolution tranquille" malgache, le soulèvement anti-Ratsiraka enclenché en mai 1991.

En s'accaparant du pouvoir en 1975 à la suite de l'assassinat du Colonel Ratsimandrava, chef de l'Etat, Didier Ratsiraka a organisé un "référendum" plébiscite autour de trois questions.

Referendum 1

Albert Zafy a fait voter le NON A RATSIRAKA, NON AU "LIVRE ROUGE", NON A LA CONSTITUTION. Il revient à ses deux passions la médecine et l'enseignement.

Il fonde le KMZ -Comité de Défense des Droits de l'Homme- avec entre autres les professeurs Manambelona (énergie nucléaire) et Randriamampandry (cardiologue). Il a toujours exigé la libération du Commandant Richard Andriamaholison qui fût libéré le 26 juin 1990 par le  Président français François Mitterand.

En 1982, une large majorité du parti Vonjy lray Tsy Mivaky avait présenté sa candidature aux élections présidentielles mais la Haute Cour Constitutionnelle n'a pas validé celle-ci du fait de l'apartheid politique.

Le Professeur Albert Zafy n'était pas membre d'un des partis du Front National pour la Défense de la Révolution (FNDR AREMA, MONIMA, MFM, VSM, VONJY, AKFM, UDECMA) le seul cadre politique légal.

Il a contribué à la réalisation de la Clinique des frères francisquains à Ambanja qu'il dirige depuis sa création en 1987, cela tout en travaillant à Antananarivo.

Du leader des forces vives au président de la Haute Autorité de l'État

En 1989, avec le début de libéralisation de la République démocratique de Madagascar, qui sous l'impulsion de Didier Ratsiraka, autorise désormais le multipartisme et reprend le chemin de la démocratie libérale, Albert Zafy revient à la politique en créant le parti UNDD.

Avec d'autres partis politiques, ils réclament un changement plus rapide du régime politique en place et forment une vaste coalition d'opposition, les Forces vives Rasalama. Contrairement au Président Ratsiraka qui prône une simple révision constitutionnelle de la République démocratique de Madagascar, les Forces vives sont partisanes de faire table rase du régime socialiste et d'élaborer une nouvelle Constitution.

Finalement, les tensions explosent en mai 1991, alors que les débats sur la révision de la Constitution de 1975 commencent dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale populaire. Les Forces vives organisent des manifestations énormes, regroupant plusieurs centaines de milliers de Malgaches sur la Place du 13-Mai à Tananarive, qui doit son nom aux manifestations étudiantes qui avait abouti à la première Transition en 1972. Le mot d'ordre est de "faire tomber les murs de Jéricho".

16 août 1990 : Première concertation nationale sur le devenir de la nation organisée par le FFKM à l’intention de toutes les forces vives.

Décembre 1990 : Deuxième concertation nationale et création, d’une part, du Conseil œcuménique sur la vie nationale regroupant les 54 organisations confessionnelles présentes et, d’autre part, du Conseil national des forces vives réunissant 80 organisations.

1er mai 1991 : Des manifestations de l’opposition à Fianarantsoa et à Antananarivo.

11 juin 1991 : La population, menée par le Général Rakotoarison et Zafy Albert, réclame l’abrogation de la Constitution de 1975 et la tenue d’une conférence nationale.

18 juin 1991 : Le Conseil des « forces vives » réclame le départ du président.

26 juin 1991 : Refus du président Ratsiraka d’une conférence nationale.

8 juillet 1991 : Le mouvement se durcit. Grève générale illimitée pour le départ du président et l’abrogation de la Constitution.

16 juillet 1991 : Création d’un gouvernement bis avec comme président le général Rakotoarison et comme Premier ministre M. Albert Zafy, baptisé Haute Autorité de l’état (HAE).

23 juillet 1991 : Instauration de l’état d’urgence.

9 août 1991 : Nomination de M. Razanamasy (Opposition) en qualité de Premier ministre par M. Ratsiraka.

10 août 1991 : Répression de « la marche de la liberté », des milliers de personnes qui se dirigent vers le palais présidentiel pour réclamer sa démission.

17 août 1991 : Déclaration unilatérale de constitution en États fédérés de 5 régions du pays.

26 août 1991 : Mise en place d’un gouvernement de nécessité nationale.

19 décembre 1991 : Présentation du gouvernement de consensus, de transition.

31 octobre 1991 : La Convention dite du 31 octobre donna naissance à un nouvel organe consultatif, le Comité pour le Redressement Économique et Social (CRES). Dirigé par deux co-Présidents, le Pasteur Richard Andriamanjato et Manandafy Rakotonirina. Le CRES était obligatoirement consulté sur l’ordonnance portant loi de finances et l’élaboration de tout plan de développement général ou sectoriel.

19 décembre 1991 : Présentation du gouvernement de consensus, de transition.

Janvier 1992 : Nomination des 130 membres du Comité de redressement économique et social (CRES). Remplacement par la HAE de tous les élus par des fonctionnaires désignés par leurs soins (de l’Assemblée Nationale jusqu’aux Fonkontany, qui est la plus petite unité administrative à Madagascar)

Mars 1992 : Forum national chargé de la mise en forme des textes de la Constitution de la 3ème République.

19 août 1992 : Consultation populaire pour l’adoption de la Constitution. (lire l’intégralité) le « Oui » l’emporte à 72,69%. Naissance de la 3ème république

25 novembre 1992 : Premier tour de l’élection présidentielle. Albert Zafy (UNDD) [FVR] 45.16% - Didier Ratsiraka [MMSM] 29.22% - Manandafy Rakotonirina (MFM) 10.21% - Marson Evariste (RPSD) 4.60% - Ruffine Tsiranana (PSD) 3.51% - Jacques Rabemananjara 2.87% - Nirina Andriamanalina 2.25% - Tovonanahary Rabetsitonta (GRAD-Iloafo) 2.19%.

Mercredi 10 février 1993 : Deuxième tour de l'élection présidentielle. À Antananarivo, les derniers bureaux de vote viennent à peine de fermer leurs portes, et les opérations de dépouillement ont déjà commencé. Le taux de participation est proche de 80 %. D'ores et déjà, pour les partisans d'Albert Zafy, l'issue de cette présidentielle ne fait aucun doute. La proclamation officielle des résultats leur donnera raison. « L'homme au chapeau de paille » recueille 66,74 % des voix, contre seulement 33,26 % à Didier Ratsiraka, le tenant du titre depuis dix-sept ans !

Norbert Lala Ratsirahonana alors Président de la Haute Cour Constitutionnelle proclame les résultats et lit (à la demande de l’intéressé) le message de félicitations de Didier Ratsiraka au Professeur Zafy Albert.

16 juin1993 :Élections législatives.

Mouvance Présidentielle (CFV, CSCD, UNDD, AKFM Fanavaozana, CSDDM, ACCORD, FARIMBONA, GRAD-Iloafo, VATOMIZANA) 75 sièges - Parti Militant pour le Développent de Madagascar (PMDM) 15 sièges - LEADER-Fanilo 13 sièges - FIVOARANA 02 sièges - RPSD 08 - FAMIMA 11 - Autres 10 sièges - Vacants 04 sièges.

 

 

 

 

 

 

 

Finalement, à part les évènements liée à la marche sur Iavoloha en août 1991, les forces politiques malgaches arrivent à un accord (dite Convention de l'Hôtel Panorama, signée le 31 octobre 1991) qui met en place un régime transitoire consensuel, avec pour objectif d'élaborer une nouvelle Constitution et, pour échéance, le mois de mars 1993.

La transition démocratique et libérale de 1991-1993 s'articule donc autour de la Haute Autorité de l'État, présidée par Albert Zafy, qui a pour vocation de mener la transition ; et de la Présidence de la République (Didier Ratsiraka demeurant chef de l'État, symboliquement) et de la Haute Cour constitutionnelle renforcée, passant de sept à onze membres, institutions qui doivent garantir l'effectivité de l'État de droit.

Ce grand mouvement de libéralisation politique et économique est à mettre en parallèle avec la situation politique du monde au début des années 1990, marquée par l'effondrement du Bloc de l'Est socialiste, l'effervescence démocratique en Afrique et notamment le processus de fin d'apartheid dans le pays voisin, l'Afrique du Sud.

La Constitution de la IIIe République, qui remplace la République démocratique de Madagascar par la République de Madagascar est adoptée en 1992 après la tenue d'un Forum national.

En 1993, la coalition des Forces vives le désigne comme étant leur candidat face à Didier Ratsiraka (candidat du Mouvement militant pour le socialisme malgache) et bat ce dernier au deuxième tour avec 66 % des voix

A la suite des deux Concertations Nationales organisées en août et décembre 1990 par le FFKM - Conseil Chrétien des Egfises de Madagascar- à Antananarivo, Albert Zafy est projeté au devant de la scène politique en devenant le président du Comité Permanent des Forces Vives qui est l'organe dirigeant du Conseil National des Forces Vives regroupant 80 organisations partis politiques, syndicats des travailleurs et patronaux, organisations socio-professionnelles, associations, etc.

Le 16 juillet 1991, les Forces Vives l'ont élu pour être le chef du gouvernement transitoire pour gérer l'après amiral Ratsiraka. Il est devenu le leader de la contestation du peuple malgache pour recouvrer la dignité et faire avancer les acquis de la démocratie.

Chirurgien réputé, il est connu pour son intégrité dans un pays où la corruption a été institutionnalisée par l'amiral Didier Ratsiraka. Il a toujours eu une position constante et invariable vis-à-vis du régime "révolutionnaire" et "socialiste" à Madagascar. Déterminé pour favoriser un Etat de droit, il n'en reste pas moins partisan de la non-violence.

Zafy Albert, champion des gouvernements parallèles

Zafy Albert, 84 ans en 2011, premier président empêché de Madagascar

On dit que l’histoire est un éternel recommencement. Mais Madagascar peut-il se permettre de recommencer les mêmes erreurs commises, pour satisfaire à un ego totalement dépravé ? Avant Marc Ravalomanana, la Grande île avait une histoire politique. Hélas, ce qui se passe actuellement, c’est, à peu près ce qui s’est passé dans les années 1980-1990. Sauf qu’à présent, les principaux protagonistes, ennemis politiques jurés, qui se sont évincés mutuellement, se donnent la main pour rééditer leurs mêmes conneries (il n’y a pas d’autres mots). Et lorsqu’on lit les âneries d’Eliane Naike, « Sénatrice Tim de Madagascar », par exemple, on se dit une chose : elle ignore, comme les Gtt et les pro-Ravalomanana, l’Histoire de ce pays qu’ils disent aimer.

Lisez attentivement : ce n'était pas en 1990 ni en cette année 2011, mais en 2005. La répartition de sièges ne date pas d'aujourd'hui et le vieux prof est champion du monde de l'insurrection. Qui le suivra dans cette obsession pathologiquement pathétique ?

Avant de continuer à débiter des sornettes, se tromper soi-même et tromper son monde, voici un document d’investigations que personne, je dis bien personne, ne pourra jamais contester. Persister à faire des commentaires, dans des forums de haine, c’est se vouer soi-même à un avenir minable. Tant pis pour vous mais votre faux intellectualisme livresque du moment, ne résistera jamais à ce genre de document écrit dont les faits sont très facilement vérifiables et authentifiés. Il est temps aussi qu’un vrai patriote prenne la peine de le traduire en malgache. Car, tous ces gogos qui usent et abusent de leur accès à Internet, ignorent qu’à Madagascar, 590.000 km², plus de 20 millions d’habitants, même pas 15% de cette population ont accès au réseau mondial. Malgré facebook. Dans cette histoire, Marc Ravalomanana est un inconnu, un citoyen lambda. Et c’est pourquoi il a commis les mêmes crimes que tous ces prédécesseurs : par ignorance puis par mépris du peuple. Allons-y car communiquer c’est expliquer, expliquer, expliquer. Pourquoi Zafy a été président et pourquoi il a été empêché ?

Jeannot Ramambazafy

1989

Didier Ratsiraka a confirmé ses intentions annoncées durant la campagne pour l'élection présidentielle de mars 1989, dont il est sorti vainqueur, en acceptant d'introduire dans la vie politique malgache un vrai multipartisme. L'ordonnance du 9 mars 1990 a reconnu la liberté d'association politique ; ainsi peuvent se constituer des partis qui ne se réclament plus seulement des idéaux de la révolution et du socialisme. En outre, 1989 a vu la dissolution du Front national de défense de la révolution (FNDR), auparavant seul cadre légal de la vie politique malgache. Plusieurs nouveaux partis ont ainsi vu le jour, comme l'Union nationale pour le développement et la démocratie (UNDD) fondée par Zafy Albert, un ancien ministre du général Ramanantsoa.

Mais l'année 1989 aura aussi été marquée par l'apparition d'une secte d'extrême-droite se réclamant d'une relation privilégiée avec Didier Ratsiraka, le « Sakelimihoajoro »,animée par l'ancien gourou du président, Désiré Ramelison alias Ngovitra. L'activisme de ce dernier et son populisme (distribution de riz aux pauvres, dénonciation de la corruption de plusieurs parents du président) ont exacerbé les divisions au sein de l'AREMA, le parti présidentiel.

Sur le plan diplomatique, la visite du pape Jean-Paul II (du 28 avril au 1er mai 1989) a été un des temps forts de l'année, ainsi que celle du président français, François Mitterrand, le 14 juin 1990. Il a annoncé l'effacement de la dette publique malgache (4 milliards de francs). et la libération du Commandant Richard Andriamaholison, déporté en France, et des capitaines Rakotonirina Marson et Rakoto Abel, tous arrêtés en 1977 par la DGID (police politique), pour complot jamais prouvé, et libérés le  26 juin 1990. En contrepartie, Didier Ratsiraka a annoncé que Madagascar allait indemniser les entreprises françaises nationalisées en 1975 et que les navires de guerre français pourraient désormais faire escale à Antsiranana (ex-Diego Suarez).

Floréal (île Maurice) a été la première entreprise de zone franche à Madagascar. En ce temps-là, on ne parlait pas d'AGOA. Alors, dites-moi, quelle est la jeune fille malgache de 20 ans en 1989 qui, à 42 ans en 2011, mariée et mère de famille, peut témoigner qu'elle a pu construire une maison grâce à son salaire de zone franche ? Et qu'elle touche une retraite. Aucune !

En décembre 1989, la scène économique a été dominée par l'adoption d'un nouveau code des investissements et la création de zones franches industrielles tournées vers l'exportation. Madagascar s'efforce notamment d'attirer les investisseurs implantés à l'île Maurice. Le processus de privatisation de nombreuses sociétés d'État, à la demande de la Banque mondiale et du FMI (qui a octroyé à la Grande île une facilité d'ajustement structurel renforcée de 76,9 millions de DTS, droits de tirage spéciaux, en mai 1989), s'est poursuivi. Sous l'effet de la politique d'austérité et de la forte dépréciation de la monnaie qui ont entraîné une importante contraction des importations en volume, la balance commerciale est devenue positive en 1989. Mais l'économie malgache reste fragile. Les recettes en devises reposent toujours principalement sur trois produits d'exportation: le café pour plus de 30%, la vanille pour 15% et le girofle pour 10%. En 1989, les exportations se sont situées entre 250 et 280 millions de dollars. La balance des paiements courants a enregistré un solde négatif voisin de 175 millions de dollars. Malgré plusieurs rééchelonnements de la dette (3,7 millions de dollars) le service de la dette représentait encore en 1989 plus du tiers des exportations des biens et des services.

C'est à cette époque qu'apparut le phénomène 4'mis, Malgaches sans domicile fixe vivant sous les tunnels et mendiant sur l'avenue. Ils se fixèrent dans le quartier d'Ampefiloha, devenu La Réunion kely (petite) en raison des objets hétéroclites qu'ils vendaient. Il faut savoir, qu'il y a un temps, les Malgaches allaient faire leur emplette à l'île de La Réunion où on trouve de tout

Sur le plan social, la misère est restée particulièrement criante, surtout dans les villes. La Grande île, qui compte 11 millions d'habitants pour un revenu annuel par tête de 210 dollars, connaît une démographie galopante (3% par an) supérieure aux possibilités d'absorption actuelles de son économie.

1990-1991

Le climat social s'est à nouveau fortement dégradé en 1991 malgré le relatif apaisement apparu au lendemain de la réélection du président Didier Ratsiraka en mars 1989. En juin 1991, d'importantes manifestations et une grève générale ont connu une participation sans précédent. Le projet de révision de la Constitution soumis à l'Assemblée nationale populaire le 31 mai 1991, en vue d'adapter ce texte "à la conjoncture nationale et internationale", a été au cœur du spectaculaire mouvement de protestation qui s'est développé dans la capitale pendant plusieurs semaines. L'opposition demandait en effet à participer à une conférence de concertation nationale et à la révision de la Constitution. Le 29 juillet 1991, le gouvernement a démissionné et des élections législatives anticipées ont été annoncées (dans un délai non précisé).

Bien qu'ayant favorisé l'atomisation de l'opposition (plus de 25 partis ont été légalisés en l'espace de deux ans), le président et ses conseillers ont tenté tout au long de 1990 de maintenir un certain dialogue avec celle-ci, tout en gardant leurs distances avec le Conseil chrétien des Églises de Madagascar (FFKM), à l'origine de la création du Conseil permanent des forces vives (« Hery Velona ») qui a réuni, en août 1990, plus de 400 délégués pour parler de l'avenir du pays et qui a mobilisé la population d'Antananarivo lors des manifestations de juin 1991. De son côté, face à une opposition œuvrant en ordre dispersé, le front qui a soutenu le président Didier Ratsiraka, le Mouvement militant pour le socialisme malgache (MMSM), a renforcé ses structures. On notera également que le tribunal chargé de juger les quinze accusés impliqués dans l'occupation de la radio nationale, le 15 mai 1990, a fait preuve de clémence.

Hassan II du Maroc, François Mitterrand et Omar Bongo du Gabon, lors du 16è Sommet France-Afrique de la Baule en juin 1990. Ils sont tous décédés

Sur la scène diplomatique, la visite dans la Grande Ile de François Mitterrand, le 15 juin 1990, a coïncidé avec le 15e anniversaire de l'accession au pouvoir du président Ratsiraka, un "cadeau" de l'ancienne puissance coloniale à un régime qui a été fermement critiqué par l'opposition. Didier Ratsiraka, à cette occasion, a proposé une indemnisation "juste et équitable" des entreprises françaises nationalisées en leur temps. Par ailleurs, Madagascar a resserré ses liens avec l'Afrique du Sud. La normalisation avait été consacrée avec la visite à Antananarivo en août 1990 du président sud-africain Frederik De Klerk.

Sur le front économique, une dévaluation de 13% du franc malgache a été annoncée en janvier 1991 et a été assortie d'une augmentation de 15% des salaires du secteur public ainsi que d'une taxe de 30% sur les importations de riz. Sous la pression des bailleurs de fonds (essentiellement la Banque mondiale et la France), le gouvernement a poursuivi son programme de libéralisation économique. C'est ainsi qu'un code minier plus favorable aux investisseurs étrangers, adopté en août 1990, a été mis en œuvre. Une zone économique spéciale (ZES) a également été créée au sud de Toamasina avec une firme chinoise de Hong-Kong. Les entreprises franches se sont multipliées dans le secteur textile. Cependant, les difficultés économiques sont demeurées. Le gouvernement a dû geler le crédit durant les quatre premiers mois de 1991 en raison de graves problèmes de trésorerie. Le déficit de la balance commerciale malgache s'était fortement accru en 1990 avec l'accroissement des importations, consécutif à la libéralisation de l'accès aux devises, ainsi qu'en raison de l'insuffisance de la production agricole traditionnelle (vanille et café). Un nouveau programme d'investissements publics (PIP 1991-1993) a été adopté en février 1991. L'agriculture (22%), l'industrie, les mines et l'énergie (21%), les transports et les communications (30%) constituent les principaux postes de dépenses de ce programme qui s'élève à 1.692 milliards de francs malgaches dont 1.112 milliards devront être financés par des apports extérieurs. La Banque mondiale, inspiratrice de ce programme, a voulu faire des transports et des infrastructures un domaine privilégié de la libéralisation économique engagée.

Après des mois de grèves et de protestations contre le régime du président Didier Ratsiraka, un gouvernement fantôme de l'opposition a été formé.Voici le nom de ses membres : Président : Général Jean Rakotoarison alias Voaibe ; Premier Ministre : Albert Zafy ; membres : Richard Andriamanjato, Bao Andriamanjato, Manandafy Rakotonirina, Francisque Ravony, E. Rakotomandimby, Bruno Betiana, David Silamo, Honoré Razafindramiandra, C. Raveloson, Voahangy, Jeanine Rambeloson, Emilson, Jonarivelo.

" TSY HIALA AHO ! "

Le pouvoir Ratsiraka kidnappa quatre d’entre eux dont Bao Andriamanjato qui ne s’en remettra jamais, jusqu’à son décès (sûrement du à cette rude épreuve). Finalement ils furent rapidement libérés. Survint alors le carnage du 10 août 1991, dans lequel plusieurs manifestants ont été tués par des militaires aux abords du palais présidentiel d’Iavoloha. Cette tuerie sans nom était la réponse à la Grande marche de la Liberté (« Diaben’ny Fahafahana ») dirigée par Zafy Albert qui a bien failli y perdre la vie. Didier Ratsiraka qui avait hurlé "je ne partirais pas"! ("Tsy hiala aho!"), céda. De nouvelles institutions voient le jour en décembre 1991, qui s'inscrivent dans le cadre d'une convention signée par le Premier ministre de Didier Ratsiraka, Guy Willy Razanamasy, et les représentants des Forces Vives de l'opposition pour mettre un terme à l'agitation et limiter les pouvoirs du président. Un nouveau gouvernement est constitué par Razanamasy et des membres de l'opposition, dont Me Francisque Ravony, du MFM (« Mpitolona ho amin'ny Fandrosoan'i Madagasikara », anciennement « Mpitolona ho an’ny Fanjakan’ny Madinika »). Deux nouvelles institutions sont créées : la Haute Autorité de l'État (HAE) présidée par Albert Zafy et le Comité de redressement économique et social (CRES) co-présidé par deux autres opposants, le pasteur Richard Andriamanjato et le fondateur du MFM, Manandafy Rakotonirina.

1991-1992

Un Forum national s'est tenu, fin mars 1992, pour élaborer une nouvelle Constitution qui devait être soumise à un référendum, initialement prévu fin juin puis reporté en juillet ou août 1992. Des élections présidentielles étaient prévues pour août et des législatives devaient avoir lieu avant la fin de l'année 1992. Les débats du Forum national se sont focalisés sur le refus du fédéralisme prôné par certains partisans du président Ratsiraka et l'empêchement pour ce dernier de briguer un nouveau mandat : un article du nouveau code électoral interdit à un président en exercice le droit de concourir pour un troisième mandat consécutif.

Didier Ratsiraka, Guy Willy Razanamasy, Albert Zafy. Le bordel total. Imaginez alors Andry Rajoelina, Fetison ou Mamy Rakotorarivelo, Emmanuel Rakotovahiny ou Zafy ensemble dans cette transition vers la IVè république : ce sera des placages sans rime ni raison au détriment du peuple malgache, dans le seul but d'éliminer Andry Rajoelina

Dans ce contexte, la transition vers la IIIe République malgache ne pouvait être que chaotique. Les institutions transitoires, tricéphales (Premier ministre, président Ratsiraka et président de la HAE), se contredisant en permanence. C'est ainsi par exemple qu'un contrat d'approvisionnement pétrolier de la Grande Ile, attribué à une société suisse par la compagnie d'État Solima, dont le directeur avait été nommé par le président Ratsiraka, a été annulé par la HAE qui a préféré rechercher en vain un accord d'État à État avec l'Iran. En fait, les nouvelles autorités sont apparues prises en contradiction entre leurs promesses à la population (baisse du prix du pétrole et du riz) et les conditions posées par la Banque mondiale et le FMI à la poursuite du programme d'ajustement structurel (dévaluation du franc malgache, privatisations accélérées, hausse des taxes pétrolières, arrêt des subventions aux produits de première nécessité).

Les discussions entre les autorités malgaches et les experts de la Banque et du FMI n'ont donc pas été faciles. Une première mission internationale, fin décembre 1991, a estimé que le dossier malgache n'était pas suffisamment préparé. La mission suivante, qui a visité l'île en mars 1992, a également convenu de la nécessité d'un complément d'information. Cette aide extérieure apparaissait indispensable compte tenu de la faiblesse des réserves en devises de l'État (200.000 dollars en avril 1992). Ce problème était d'autant plus aigu que la menace d'une dévaluation poussait les exportateurs malgaches à retarder le rapatriement de leurs devises. En 1991, 400 millions de dollars se trouvaient ainsi sur des comptes de citoyens malgaches en Europe et aux États-Unis.

En fait, l'amorce de reprise de l'économie a été mise à rude épreuve par la longue grève générale qu'a connue le pays entre juillet et novembre 1991. Selon certaines estimations, la croissance économique aurait enregistré un recul net de 6%, soit une baisse de la production per capita de 9%. Les recettes d'exportations ont baissé, d'où des arriérés vis-à-vis des créditeurs bilatéraux. Les recettes fiscales ont baissé de 30%.

Durant cette ère de transition, la diplomatie malgache a été elle aussi marquée par de multiples conflits de préséance entre représentants des diverses institutions. Le président Didier Ratsiraka, qui a conservé un important staff de conseillers, a continué à mener sa propre diplomatie, envoyant par exemple, en avril 1992, un émissaire en Afrique du Sud pour réclamer une aide financière et matérielle qui lui a été refusée.

1993

La victoire au second tour de l'élection présidentielle, le 10 février 1993, du candidat des Forces Vives de l'opposition, Albert Zafy (66,9% des suffrages), face au président sortant, Didier Ratsiraka, a inauguré l'ère de la IIIe République malgache.

Agrégé de médecine, chirurgien, licencié en mathématiques et en physique, Madagascar a porté à la présidence un homme bardé de diplômes. Il a été ministre de la Santé en 1972 sous l'éphémère gouvernement du général Gabriel Ramanantsoa, avant de devenir un opposant irréductible à Didier Ratsiraka contre lequel il avait essayé, en vain (sa candidature n'ayant pas été acceptée), de se présenter lors de l'élection présidentielle de 1982. Après avoir créé en 1990 l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Albert Zafy s'est imposé comme le principal leader de la "révolution tranquille" malgache, le soulèvement anti-Ratsiraka enclenché en mai 1991.

Malgré les craintes que suscitaient sa réaction et les menées subversives de ses partisans fédéralistes à Toamasina, Antsiranana et Toliara, Didier Ratsiraka a finalement accepté sa défaite électorale. Mais il entendait conserver un rôle politique à la mesure du nombre de sièges que remporterait son parti aux élections législatives du 16 juin 1993, le scrutin qui viendrait parachever le processus de transition.

La naissance du nouveau régime aura été à peu près non violente, mais longue, complexe et incertaine. Ainsi, à plusieurs reprises les échéances électorales ont-elles été reportées. Le mandat du gouvernement du Premier ministre Razanamasy a été prorogé au-delà de son terme initial, afin de tenir jusqu'aux législatives à venir.

La période comprise entre l'investiture du président Zafy, début mars 1993, et les législatives de juin, a été marquée par la poursuite du bras-de-fer -entamé dès le début de la transition- entre le nouveau président et Guy Razanamasy. Dès le premier conseil des ministres qu'il a présidé, le 16 avril 1993, Albert Zafy a voulu dicter la marche à suivre au gouvernement de transition que certains de ses partisans lui demandaient de dissoudre avant les législatives. Selon les termes de la Constitution malgache, adoptée lors du référendum du 19 août 1992, l'Assemblée nationale issue des législatives de la mi-1993 devait désigner un nouveau Premier ministre aux pouvoirs étendus. Pour ce poste, la candidature du vice-premier ministre du gouvernement Razanamasy, Me Francisque Ravony, était l'une des hypothèses mises en avant par l'entourage d'Albert Zafy, à la veille du scrutin. Mais certains milieux merina estimaient au contraire que le président étant un "côtier", le poste de Premier ministre devait revenir à un Merina et non pas à un "métis", en l’occurrence Me Ravony. Cette réaction a alimenté les ambitions du co-président du Comité de redressement économique et social (CRES), le pasteur Richard Andriamanjato.

La transition politique ayant traîné en longueur, les négociations des autorités malgaches avec les bailleurs de fonds internationaux s'en sont trouvées retardées. Rien ne devait être réglé avant la mise en place d'un nouveau gouvernement après les législatives de juin 1993. Mais les premiers prêts de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international (FMI) semblaient, dès lors, ne pas pouvoir être accordés avant le début 1994.

Après son investiture, Albert Zafy a manifesté son intention de renouer des relations commerciales et diplomatiques avec plusieurs pays, notamment la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et Israël avec lesquels Madagascar avait eu, auparavant, des rapports antagoniques. Début mai 1993, le vice-premier ministre malgache s'est rendu au Maroc, à la tête d'une délégation gouvernementale et porteur d'un message du président Zafy au roi Hassan II. Les deux pays ont décidé de mettre à l'étude les domaines d'une possible coopération. Leurs relations diplomatiques étaient au point mort depuis la reconnaissance de la République sarahouie (Sahara occidental), par Didier Ratsiraka en 1976.

La mouvance politique du président Albert Zafy, dont l'élection, le 27 mars 1993, a inauguré la IIIe République (après une quinzaine d'années de dictature de Didier Ratsiraka et dix-huit mois de soulèvement populaire), a remporté la majorité des sièges aux législatives du 16 juin 1993. Le pasteur Richard Andriamanjato a été élu président de l'Assemblée nationale, laquelle a ratifié, début août 1993, la nomination du Premier ministre, Me Francisque Ravony. Ces trois centres de pouvoir de la IIIe République n'ont cessé, dès lors, de se concurrencer.

Leur méfiance réciproque, assortie de certaines divergences, a ralenti le processus de prise de décision, paralysant le nouveau régime. Le président entouré de conseillers aux opinions opposées, a montré le plus grand mal à trancher les questions sensibles. Le Premier ministre, conscient de la fragilité de sa majorité parlementaire, allait devoir composer avec le Parlement. Le président de l'Assemblée nationale, selon les propres dires de l'homme fort du régime, a, quant à lui, torpillé nombre d'initiatives du Premier ministre. Les débats parlementaires de décembre 1993 sur la loi des finances pour 1994 ont illustré cette situation. Les députés ont imposé au gouvernement des amendements (décentralisation budgétaire et réaménagement des salaires des fonctionnaires) contraires au projet gouvernemental élaboré en accord avec le FMI (Fonds monétaire international).

1993-1994

Cette complexité du jeu politique est apparue déroutante aux investisseurs étrangers, lesquels ont souvent critiqué l'immobilisme, voire l'incurie, du nouveau régime. La confusion risquait cependant encore de s'accroître avec la décentralisation administrative prévoyant la création d'une vingtaine de collectivités territoriales avec moyens financiers et pouvoirs de décision. Les élections pour ces assemblées locales ont été fixées au second semestre 1994.

Fin mars 1994, les autorités malgaches n'avaient toujours pas obtenu d'accord avec la Banque mondiale et le FMI sur leur programme de réformes. Au-delà de certaines réticences politiques (dévaluation, rythme de la libéralisation et des privatisations) ou des retards enregistrés à cause des dégâts cycloniques, l'impasse de ces discussions a été attribuable principalement à des défaillances des autorités malgaches. A plusieurs reprises, cette partie n'a tout simplement pas élaboré à temps les documents nécessaires aux négociations. Ainsi, environ 1 milliard de dollars d'aide internationale n'ont pas été décaissés un an après l'élection d’Albert Zafy.

Pour résoudre ses problèmes de devises, le gouvernement central a été contraint d'user d'expédients. Le prix de la vanille malgache à l'exportation a été baissé de 74 dollars le kilo à 60 pour l'année 1994, et Madagascar a dû vendre, encore en-dessous de ce prix, une cargaison de 50 tonnes pour obtenir les devises nécessaires à l'achat de 12.000 tonnes de riz, en janvier 1994. Albert Zafy et Richard Andriamanjato ont également signé, en août 1993, un accord pour obtenir un financement privé de 2 milliards de dollars contre un droit de recherche et d'exploitation de vingt-cinq ans sur l'ensemble des mines d'or du pays. Les fameux « financements parallèles » à ceux des bailleurs de fonds traditionnels. D’ailleurs, la communauté de ces bailleurs de fonds s'est alarmée de ces démarches auprès d'intermédiaires financiers généralement considérés comme peu fiables. Finalement, des discussions de la dernière chance avec les institutions de Bretton Woods ont eu lieu en avril 1994, à Washington, et un accord-cadre de politique économique a été adopté par le gouvernement en mai.

En matière de diplomatie, l'État s'est ouvert à la Corée du Sud, à l'Afrique du Sud et à Israël, dans l'espoir d'attirer de nouveaux investisseurs.

Feu Me Francisque Ravony que Zafy Albert a traité comme du poisson pourri, dans une audition retransmise en direct à la Rnm et à la Tvm. Du jamais vu, de l'inédit en matière de dénigrement

Après de longues transactions, le Premier ministre Francisque Ravony a présenté, le 19 août 1994, le deuxième gouvernement de sa première législature. Au nombre des ministres partants figurait celui de la Promotion industrielle et du Tourisme (par ailleurs fondateur du parti LEALDER FANILO), Herizo Razafimahaleo. Ce remaniement n'a pas mis fin aux sourdes luttes d'influence s'exerçant entre les trois pôles du pouvoir malgache (le président Albert Zafy, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale, Richard Andriamanjato).

1995

Alors que le Premier ministre (et des bailleurs de fonds internationaux) s'opposait au maintien de Raoul Ravelomanana à son poste du gouverneur de la Banque centrale, ce dernier bénéficiait du soutien de Richard Andriamanjato, avec lequel il avait participé à plusieurs opérations financières destinées à rechercher des "financements parallèles". De son côté, le président de l'Assemblée nationale ne cachait pas son opposition au ministre des Finances, José Yvon Raserijaona. Raoul Ravelomanana a finalement été limogé, début janvier 1995, après le scandale de l'"affaire Flamco" du nom d'une société commerciale présidée par le prince Constantin du Lietchtenstein qui a accumulé une dette de plusieurs millions de dollars auprès d'une banque étatique malgache.

Un autre sujet de discorde résidait dans le choix de l'attitude à adopter vis-à-vis des institutions de Bretton Woods: le Premier ministre souhaitait un accord avec le FMI et la Banque mondiale, alors que le président de l'Assemblée nationale, fidèle à son discours populiste, estimait qu'on pouvait éviter d'avoir recours à leurs financements. Un nouveau round de négociations a finalement débouché sur la signature à Antananarivo, en février 1995, d'une lettre d'intention entre les autorités malgaches et le FMI en vue de l'octroi d'une facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR). Les négociations avec la Banque mondiale sont cependant demeurées dans l'impasse. Le Premier ministre malgache a accepté les conditions du FMI parce qu'elles étaient essentiellement d'ordre fiscal, tandis que les conditionnalités de la Banque mondiale portaient sur un large éventail de réformes pour libéraliser plusieurs secteurs de l'économie (vanille, transport aérien, système bancaire...). Le 3 mai 1995, les ministres du Tourisme, Alphonse Ralison, et de l'Aménagement du territoire, Henri Rakotonirainy, ainsi que le commissaire général au Sport, Ahmad, tous trois membres du groupe Leader, démissionnent pour protester contre la lenteur de ces négociations. Or, les nouvelles discussions avec la Banque mondiale ont finalement eu lieu en juin.

Durant les premiers mois de l'année 1995, Madagascar a reçu plusieurs délégations commerciales étrangères (Israël, Corée du Sud, Taïwan...) illustrant ses nouvelles options diplomatiques. La Grande Ile s'est également inscrite dans le projet d'Indian Ocean Rim Association (qui doit réunir les pays riverains de l'océan Indien) et une délégation malgache a assisté, en juin 1995, en Australie à une réunion régionale à ce sujet. En outre, à l'issue d'une visite du ministre malgache des Affaires étrangères, Me Jacques Sylla, à Maurice, fin avril 1995 (laquelle avait été précédée d'une visite du président Zafy dans l'île-sœur, fin août 1994), des mesures ont été décidées pour renforcer le commerce et les contrôles douaniers (trafic d'or) entre les deux États.

Emmanuel Rakotovahiny, un Premier ministre météore  car incapable

Madagascar s'est enfoncée dans le marasme politique, trois ans après l'élection du président Albert Zafy. Le référendum constitutionnel voulu par le président pour lui donner le pouvoir de choisir lui-même son Premier ministre, et qu'il a remporté le 17 septembre 1995, n'a pas débouché sur un apaisement politique. Le président Zafy s'est séparé du Premier ministre Francisque Ravony avec lequel il ne s'entendait pas, mais le gouvernement d'Emmanuel Rakotovahiny (un leader de l'Union nationale pour la démocratie et le développement, d'origine côtière comme Albert Zafy), qui a pris la suite le 10 novembre 1995, s'est trouvé paralysé par des querelles intestines. L'élaboration du budget 1996 a donné lieu à une série de passes d'armes entre, d'un côté, le Premier ministre et son ministre de l'Économie, Tovonanahary Rabetsitonta, et, de l'autre, le ministre des Finances et du Plan, Jean-Claude Raherimanjato.

1995-1996

A ces clivages internes est venue s'ajouter une relance de l'agitation antigouvernementale de l'opposition. Surtout après les municipales du 5 novembre 1995 où les candidats d'opposition ont remporté les mairies des principales villes du pays.

Le Premier ministre et son gouvernement sont devenus la cible des critiques et des appels à un remaniement ministériel ont émané du sein même d'une majorité présidentielle comptant de nombreux prétendants à des portefeuilles ministériels. À partir du début 1996, certains dirigeants du régime, tels le président de l'Assemblée nationale, Richard Andriamanjato, ou le président du département politique des Forces vives Rasalama (majorité présidentielle) et ancien conseiller présidentiel, Alain Ramaroson, sont venus ajouter leurs voix à celles des opposants pour réclamer le départ concomitant d'Emmanuel Rakotovahiny et de son ministre des Finances. Le président Zafy se refusant à trancher ce débat, il s'est trouvé progressivement en butte à des accusations plus directes contre sa personne. Au point qu'Alain Ramaroson en est venu, le 25 mars 1996, à se dissocier publiquement du chef de l'État. Sur le fond, l'élite politique Merina - aussi bien ses membres issus de l'opposition que ceux appartenant à la mouvance présidentielle - a accepté de plus en plus mal la présence d'un tandem côtier (le président et son Premier ministre) à la tête du pays et a mené un véritable travail de sape à leur égard. L'éventualité d'élections décentralisées, et surtout la perspective d'un nouveau scrutin présidentiel en 1997, n'ont fait qu'accroître les pressions centrifuges sur le régime du président Zafy.

Michel Camdessus, Dg du FMI, à propos de Madagascar en 1995 : "Plus j'écoute, plus je ne comprends rien"

Résultat de cette situation : un nouveau Premier ministre, merina celui-là, a été désigné en la personne de Norbert Lala Ratsirahonana, le 28 mai 1996, et un nouveau gouvernement a été formé début juin. Une modification du cabinet avait d'ailleurs été demandée par le directeur général du FMI Michel Camdessus, lors d'une visite à Madagascar en mai 1996. Il a souhaité la mise en place d'un gouvernement "uni", sincèrement disposé à négocier un programme de réformes économiques et décidé à tourner définitivement le dos à toute recherche de "financements parallèles" privées en dehors du FMI. C’est à ce moment que Michel Camdessus avait déclaré : « plus j’écoute, plus je ne comprends rien ».

En l'absence d'accord avec le FMI, Madagascar est voué à voir les aides de ses autres bailleurs de fonds se réduire comme peau de chagrin au fil des ans. D'autant que la confiance de ces derniers est entamée par l'instabilité politique et l'accumulation d'arriérés de paiement. C'est ainsi que l'aide de la France distribuée par la Caisse française de développement (CFD) a considérablement baissé en 1995.

La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a prononcé, à la demande de l'Assemblée nationale malgache, l'empêchement définitif du président Albert Zafy, le 5 septembre 1996. Le Premier ministre Norbert Ratsirahonana a ensuite été désigné pour assurer les fonctions présidentielles à titre intérimaire et préparer de nouvelles élections. Dans la foulée, il a nommé un gouvernement, le 13 septembre 1996, ouvert à de nombreuses sensibilités, mais excluant les représentants de l'Union nationale pour le développement et la démocratie (UNDD), la formation du président "empêché" Albert Zafy. Payant le prix du mandat présidentiel brouillon qu'il avait exercé depuis 1992, ce dernier n'a pas été en mesure de regrouper ses alliés d'autrefois autour de sa candidature pour le premier tour de la présidentielle du 3 novembre 1996.

C'est l'ancien dictateur Didier Ratsiraka (au pouvoir pendant quinze ans et qu’Albert Zafy avait battu aux élections de 1992) qui est arrivé en tête de ce scrutin. Toutefois, l'ancien ministre de l'Industrie du président sortant, Herizo Razafimahaleo (qui avait été, au milieu des années quatre-vingt, un conseiller économique du président Ratsiraka sous la IIe République), est arrivé en troisième position avec 15 % des voix. Il s'est donc retrouvé en position de faire pencher la balance lors du second tour, le 29 décembre 1996, et s'est désisté en faveur de D. Ratsiraka. Après une semaine de controverses sur le dépouillement des résultats, la HCC confirma finalement la victoire de justesse de D. Ratsiraka, crédité de 50,7 % des suffrages face à Zafy.

Tout cela couché noir sur blanc signifie que cette notion de « Miara-mitantana », direction commune de la transition par des entités aux buts diamétralement opposés, comme du temps de « Prezidà » Zafy, ne tiendra jamais la route. Ce ne sera que pure perte de temps. Il faut aller aux élections le plus vite possible, la capacité de nuisance de Ravalomanana s’étant triplé avec le concours de Zafy et, bientôt de Didier Ratsiraka, qui ne va pas tarder à se manifester, avec ses « deux, trois solutions ». Ce que ces politocards n’expliquent pas, c’est qu’il n’y aura jamais de reconnaissance internationale sans dirigeants élus au suffrage universel.

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Un document encore plus intéressant datant de 2005

EDITORIAL : FRAGILE COHESION
Les 3N sont en réunion ce week-end pour essayer de désigner les (ou la) personnes chargées de présider le Comité National de Suivi et d’Orientation (Cnos) des résolutions prises lors de la fameuse conférence nationale organisée au début mois de Juin à Andoharanofotsy.
Les divergences de vue étaient d’abord de fond. Le Rfn voulait dégager de cette conférence nationale un canevas d’idées consensuelles pour des actions futures. D’autres entités voulaient en découdre avec le régime actuel, et le mot « gouvernement de transition » a été vite lâché. Les 3N sont tiraillés entre les légalistes qui veulent s’en tenir au processus démocratique d’alternance douce et d’autres, plus impétueux, qui désirent rééditer le scénario de 1991.
Autre pomme de discorde : comment définir les règles et le mode de désignation des hommes politiques à la tête du Cnos ? Andriamanjato Richard manœuvre en faveur de son fils Ny Hasina Andriamanjato. L’Arema ne jure que par Pierrot Rajaonarivelo, en exil en France. D’autres groupes de l’opposition aimeraient voir en bonne position le bouillant Voninahitsy Jean Eugène, et une aile de l’opposition est favorable à Alain Ramaroson qui s’est sacrifié à la cause en accueillant dans sa propriété les 10.000 participants à la conférence nationale. Lui non plus ne veut pas être la 5e roue du carrosse. N’oublions pas le Pr Albert Zafy qui rêve de revenir au pouvoir.
Pour le moment, c’est l’intransigeance du camp d’en face - le discours du chef de l’état, intraitable quant à l’opposition - qui cimente la solidarité des opposants. Selon les observateurs, si Ravalomanana entrouvre légèrement la porte en accordant quelques avantages politiques et autres, le camp de l’opposition, trop hétérogène, risque de voler en éclats… D’autant plus qu’il commence à manquer d’argent frais pour financer ses actions politiques. La réunion de ce week-end, toujours à Andoharanofotsy, sera déterminante. Les chefs politiques des 3N sont conscients de la fragilité de leur cohésion. «Cette solidarité sera affirmée au fil des jours, car nous ferons tout pour aplanir les divergences », a-t-on assuré du côté du Rfn à qui on prêtait l’intention de quitter le bateau.

MaTV 18/06/2005

Heu, c'est quoi les "3N"? Ben demandez à ce professeur qui ne pense qu'à une chose : le pouvoir suprême ou le chaos total ! Et voilà le Président Andry Rajoelina victime d'un attentat, le lendemain de ses mêmes déclarations de 1991 et 2005. Le prof, malgré ses diplômes, n'a pas étudié l'humilité et le respect de soi et des autres.

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Dossier préparé par Jeannot RAMAMBAZAFY

(Sources : L'Etat du Monde 1981-1998, Olivier Bain, Jean-Luc Liotier).

Election du Professeur Albert Zafy à la présidence de Madagascar

Après la signature de la convention du 31 Octobre 1991, Zafy Albert deviendra Président de la Haute Autorité de l'Etat pendant la période transitoire.

Après 18 mois d'existence, le gouvernement transitoire d'union nationale créé le 1e novembre 1991 à Madagascar cède la place à Albert Zafy, vainqueur au second tour de l'élection présidentielle (10 février 1993) avec 66,6% des votes.

La IIIème République est proclamée le 19 août 1992. Une nouvelle Constitution est adoptée, fondée sur le pluralisme politique et la démocratie, qui équilibre les pouvoirs entre un président élu au suffrage universel et une Assemblée nationale souveraine.

Son président, surnommé le « tombeur de Ratsiraka », est l’un des leaders du soulèvement populaire de 1991 : Albert Zafy (photo: au moment de son élection). Il est professeur de chirurgie. Le 16 août, les élections législatives donnent une majorité parlementaire confuse mais favorable au président Zafy.

Sur le plan économique, le gouvernement suit les conseils de Fonds monétaire international et de la Banque mondiale : désengagement de l’Etat, économie mixte laissant une part importante à l’initiative privée, réforme monétaire destinée à favoriser les investissements et à rendre à terme le franc malgache convertible. Cette réforme très contestée, entreprise début 1994 entraîna un « flottement » du franc malgache, qui perdit de sa valeur, laissant dans l’inquiétude autant les opérateurs économiques que la population.

La présidence d'Albert Zafy est cependant rapidement marquée par les heurts entre le Chef de l'État et le Chef du Gouvernement. 

Francisque ravony1 copieLes tensions entre le président Zafy et le Premier ministre Ravony éclatèrent au grand jour.

Cette confrontation atteindra son paroxysme avec la motion de censure déposée par les partisans du président et rejetée par l’Assemblée nationale. Estimant ne pas avoir dit son dernier mot, le président Zafy soumet à un référendum, le 17 septembre 1995, une modification constitutionnelle déléguant au président (et non plus à l’Assemblée nationale) le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre. Le « oui » l’emporte, le régime se présidentialise. Désormais le président et le gouvernement sont en principe unis, face à une Assemblée nationale où s’est recomposée une majorité qui leur est hostile.

Entre 1993 et 1997, l’Assemblé mena une guérilla systématique contre le président et les six gouvernements qui se succédèrent. Parallèlement, l’inflation s’accrut dans des proportions jamais atteintes, le franc malgache « coulant » alors qu’il était supposé « flotter » selon la stratégie monétaire ultra-libérale adoptée.

La classe politique s’est enfoncée dans des affaires. Pour une fois d’accord, le président de l’Assemblée nationale et Zafy, tout en vilipendant les bailleurs de fonds « classiques », se sont mis à rechercher des « financements parallèles » auprès d’organisations privées et d’hommes d’affaires des plus douteux. L’entourage du président Zafy a profité de sa position pour obtenir des « privilèges » ; la corruption et les détournements de fonds publics se sont poursuivis…

Au bout du compte, en cinq années, « l’homme au chapeau de paille » et les fondateurs de la IIIème République auront apporté au peuple malgache une déception à la mesure des espoirs et des rêves que portaient les mouvements populaires de 1991. Une petite élite s’enrichit, tandis que le peuple s’appauvrit encore plus.

Au cours de second semestre 1996, la fin du règne est consommée. Accusé d’avoir violé la Constitution, il est légalement destitué par un vote d’empêchement d’une majorité de députés en août de la même année. Les élections présidentielles sont anticipées.

En 4 ans, la présidence du Professeur Albert Zafy est fortement marquée par une instabilité politique : huit gouvernements, et trois Premiers ministres en trois ans. Un Référendum prive le Parlement de la nomination du Premier ministre, le gouvernement ambitionne de chercher une autre voie pour le développement : le financement parallèle… La monnaie perd 60% de sa valeur… En période de trouble le président est lâché par ses « compagnons » politiques… Avec effet miroir sur les évènements deux ans auparavant, les noms de certains politiciens malgaches – qui se sont découverts une vocation : « participer au renversement d’un régime, installer un nouveau, et quitter le bateau quand l’eau est trouble » prenant pour eux la loi du Talion et inversant la vapeur – circulent dans les salons tant nationaux qu’internationaux… L’histoire se souvient que la plupart d’entre eux seront présents aux côtés du plus jeune putschiste au monde, qui est Malgache répondant au nom de Andry Rajoelina, un peu plus tard en mars 2009…

Il accédera à la magistrature suprême en 1993. Il sera l'un des partisans des fameux financements parallèles que les opposants dénonceront dans un petit livret intitulé "Madagascar, Naufragé volontaire" en janvier 1995.

Il dénoncera son Premier ministre Mr RAVONY dans une conférence de presse qui a duré presque 5 heures, on se sera cru en pleine 2ème République.

Il demandera aux Forces Vives Rasalama de sanctionner RAVONY par une motion de censure qui échouera.  Pour virer son Premier Ministre Zafy revient vers le peuple souverain pour demander par voie référendaire de désigner son propre premier Ministre (chose qui a encore  coûté cher aux pauvres malgaches)-"un grand homme d'état occidental avait dit que la démocratie est un luxe pour les pays en développement". Mais c'était déjà le début de la fin pour Zafy

Zafy désignera bien son PM en la personne de Mr RAKOTOVAHINY, qui sera censuré par l'Assemblée Nationale.

Résultat de cette situation : un nouveau Premier ministre, merina celui-là, a été désigné en la personne de Norbert Lala Ratsirahonana, le 28 mai 1996, et un nouveau gouvernement a été formé début juin. Une modification du cabinet avait d'ailleurs été demandée par le directeur général du FMI Michel Camdessus, lors d'une visite à Madagascar en mai 1996. Il a souhaité la mise en place d'un gouvernement "uni", sincèrement disposé à négocier un programme de réformes économiques et décidé à tourner définitivement le dos à toute recherche de "financements parallèles" privées en dehors du FMI. C’est à ce moment que Michel Camdessus avait déclaré : « plus j’écoute, plus je ne comprends rien ».

En l'absence d'accord avec le FMI, Madagascar est voué à voir les aides de ses autres bailleurs de fonds se réduire comme peau de chagrin au fil des ans. D'autant que la confiance de ces derniers est entamée par l'instabilité politique et l'accumulation d'arriérés de paiement. C'est ainsi que l'aide de la France distribuée par la Caisse française de développement (CFD) a considérablement baissé en 1995.

La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a prononcé, à la demande de l'Assemblée nationale malgache, l'empêchement définitif du président Albert Zafy, le 5 septembre 1996. Le Premier ministre Norbert Ratsirahonana a ensuite été désigné pour assurer les fonctions présidentielles à titre intérimaire et préparer de nouvelles élections. Dans la foulée, il a nommé un gouvernement, le 13 septembre 1996, ouvert à de nombreuses sensibilités, mais excluant les représentants de l'Union nationale pour le développement et la démocratie (UNDD), la formation du président "empêché" Albert Zafy. Payant le prix du mandat présidentiel brouillon qu'il avait exercé depuis 1992, ce dernier n'a pas été en mesure de regrouper ses alliés d'autrefois autour de sa candidature pour le premier tour de la présidentielle du 3 novembre 1996.

C'est l'ancien dictateur Didier Ratsiraka (au pouvoir pendant quinze ans et qu’Albert Zafy avait battu aux élections de 1992) qui est arrivé en tête de ce scrutin. Toutefois, l'ancien ministre de l'Industrie du président sortant, Herizo Razafimahaleo (qui avait été, au milieu des années quatre-vingt, un conseiller économique du président Ratsiraka sous la IIe République), est arrivé en troisième position avec 15 % des voix. Il s'est donc retrouvé en position de faire pencher la balance lors du second tour, le 29 décembre 1996, et s'est désisté en faveur de D. Ratsiraka. Après une semaine de controverses sur le dépouillement des résultats, la HCC confirma finalement la victoire de justesse de D. Ratsiraka, crédité de 50,7 % des suffrages face à Zafy.

Tout cela couché noir sur blanc signifie que cette notion de « Miara-mitantana », direction commune de la transition par des entités aux buts diamétralement opposés, comme du temps de « Prezidà » Zafy, ne tiendra jamais la route. Ce ne sera que pure perte de temps. Il faut aller aux élections le plus vite possible, la capacité de nuisance de Ravalomanana s’étant triplé avec le concours de Zafy et, bientôt de Didier Ratsiraka, qui ne va pas tarder à se manifester, avec ses « deux, trois solutions ». Ce que ces politocards n’expliquent pas, c’est qu’il n’y aura jamais de reconnaissance internationale sans dirigeants élus au suffrage universel.

Mr Zafy sera empêché par l'assemblée Nationale en septembre 1996.

 

Du leader des Forces vives au Président de la Haute Autorité de l'Etat

En 1989, avec le début de libéralisation de la [[République démocratique de Madagascar]], qui sous l'impulsion de Didier Ratsiraka, autorise désormais le multipartisme et reprend le chemin de la démocratie libérale, Albert Zafy revient à la politique en créant le parti U.N.D.D.

Avec d'autres partis politiques, ils réclament un changement plus rapide du régime politique en place et forment une vaste coalition d'opposition, les Forces vives Rasalama. Contrairement au Président Ratsiraka qui prône une simple révision constitutionnelle de la République démocratique de Madagascar, les Forces vives sont partisanes de faire table rase du régime socialiste et d'élaborer une nouvelle Constitution.

Finalement, les tensions explosent en mai 1991, alors que les débats sur la révision de la Constitution de 1975 commencent dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale populaire. Les Forces vives organisent des manifestations énormes, regroupant plusieurs centaines de milliers de Malgaches sur la Place du 13-Mai à Tananarive, qui doit son nom aux manifestations étudiantes qui avait abouti à la première Transition en 1972. Le mot d'ordre est de "faire tomber les murs de Jéricho".

Staf zafy1 

Finalement, à part les évènements liée à la marche sur Iavoloha en août 1991, les forces politiques malgaches arrivent à un accord (dite Convention de l'Hôtel Panorama, signée le 31 octobre 1991) qui met en place un régime transitoire consensuel, avec pour objectif d'élaborer une nouvelle Constitution et, pour échéance, le mois de mars 1993.

La Transition démocratique et libérale de 1991-1993 s'articule donc autour de la Haute Autorité de l'Etat, présidée par Albert Zafy, qui a pour vocation de mener la transition ; et de la Présidence de la République (Didier Ratsiraka demeurant chef de l'Etat, symboliquement) et de la Haute Cour constitutionnelle renforcée, passant de sept à onze membres, institutions qui doivent garantir l'effectivité de l'Etat de droit.

Ce grand mouvement de libéralisation politique et économique est à mettre en parallèle avec la situation politique du monde au début des années 1990, marquée par l'effondrement du Bloc de l'Est socialiste, l'effervescence démocratique en Afrique et notamment le processus de fin d'apartheid dans le pays voisin, l'Afrique du Sud.

La Constitution de la IIIe République, qui remplace la République démocratique de Madagascar par la République de Madagascar est adoptée en 1992 après la tenue d'un Forum national.

En 1993, la coalition des Forces vives le désigne comme étant leur candidat face à Didier Ratsiraka (candidat du Mouvement Militant pour le Socialisme Malgache) et bat ce dernier au deuxième tour avec 66 % des voix.

Le Président de la République de Madagascar (1993-1996)

La présidence d'Albert Zafy est cependant rapidement marquée par les heurts entre le Chef de l'Etat et le Chef du Gouvernement. Albert Zafy, semble-t-il, n'a pas supporté les critiques de l'opposition dans la querelle qui éclatait alors avec son Premier Ministre, Francisque Ravony, et décida que le Premier Ministre ne serait plus élu par l'Assemblée nationale mais nommé par le Président en personne. Il nomme d'abord un de ses fidèles soutiens, Emmanuel Rakotovahiny, dont le Gouvernement tombe rapidement sur l'échec d'un vote de confiance. En remplacement de Rakotovahiny, Zafy nomme Norbert Ratsirahonana, ancien membre des Forces vives et jusqu'alors président de la Haute Cour constitutionnelle, Premier Ministre (5 juin 1996). Cependant, la confiance populaire en Albert Zafy chute suite à cette lutte contre le pouvoir législatif, lequel finit d'ailleurs par l'emporter lorsque Zafy est destitué le 5 septembre 1996, après l'adoption d'une motion d'empêchement par l'Assemblée nationale.

Toujours respecté pour son rôle consensuel et la sagesse dont il a fait preuve lors de la Transition démocratique de 1991-1993, son bilan présidentiel est très mitigé à cause d'une mauvaise gestion politique, du peu de résultats économiques de la libéralisation, et d'une cohabitation impossible à terme entre le Président et le Premier Ministre, fruit d'une dyarchie mal définie dans la Constitution de 1992.

Le promoteur de la réconciliation nationale

Il est donc battu de justesse par Didier RATSIRAKA, désormais partisan d'un humanisme écologique, lors de l'élection présidentielle du 31 janvier 1997. De nouveau candidat à la fin du mandat de ce dernier, il termine troisième lors de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001 que Marc RAVALOMANANA remporta au final. Et devient depuis un des chefs les plus virulents de l'opposition malgache avec son mouvement le C.R.N. (Comité de réconciliation nationale), estimant que, à moyen terme, la situation institutionnelle du pays ne serait jamais stable si on continuait à pratiquer l'ostracisme politique à chaque élection présidentielle.

ZAFY Albert interpelle vigoureusement Marc Ravalomanana

ZAFY Albert, Président d’honneur du CRN (Comité de Réconciliation Nationale) interpelle vigoureusement Marc Ravalomanana dans une déclaration qui lui est personnellement adressé.
Tous les thèmes de la gouvernance piteuse de celui qui se prétendait être le « messie incarné » y sont abordés, et plus encore …

Lettre ouverte à l’attention de Marc Ravalomanana

Son Excellence, Monsieur Marc Ravalomanana,

Voici quelques propos que vous avez tenus sur la place du 13 mai en 2002 :

Je ne vais pas appauvrir les riches mais enrichir les pauvres.
J’offrirai à chaque citoyen du Nord, une voiture Renault 4 ; à chaque ménage de la province de l’Ouest un Frigidaire.
Je concrétiserai pour Madagascar le développement rapide et durable.
Six (6) années sont passées, Monsieur Ravalomanana. Honnêtement, où en est le pays actuellement é

Après avoir entendu vos promesses, vos suppôts ont poussé des cris de joies, font entendre d’incessantes acclamations et des louanges accompagnées de danses. Beaucoup parmi eux vous ont même désigné comme le Messie, le sauveur. Marc Ravalomanana le Messie, le « deus ex machina » venu pour sauver le peuple malgache et le libérer de sa profonde pauvreté.

Les pauvres ont ainsi espéré pouvoir enfin s’enrichir. Malheureusement, depuis que vous avez accèdé au pouvoir, le peu qu’ils avaient, s’est littéralement évaporé. Ils sont tombés en faillite totale, complètement dépouillés. Ils forment aujourd’hui la cohorte des mendiants qui peuplent tout le territoire national.

Ceux qui à l’époque formaient la classe aisée, se retrouvent aujourd’hui également dans une profonde pauvreté après que vous les ayez dépouillés vous-même de leurs biens. Pire, vous avez même juré de les écraser par tous les moyens, car cette classe aisée, constituait à vos yeux des concurrents potentiels à vos propres activités commerciales. Pour cela, vous avez tout fait pour les empêcher de faire fructifier leurs commerces ou encore de développer leurs entreprises en monopolisant toutes les activités juteuses du pays.

Vous vous êtes approprié toutes les activités lucratives dans tous les secteurs, aussi bien primaire, secondaire que tertiaire.

Vous n’hésitez pas à violer les lois, vous vous servez dans les caisses de l’Etat en toute illégalité et vous vous livrez à un systême de monopole « sauvage » de l’économie nationale. Par ces faits graves, vous avez volontairement trahi le serment que vous avez fait à Mahamasina lors de votre investiture. Un serment par lequel vous vous êtes, pourtant, solennellement engagé à préserver coûte que coûte l’intérêt suprême de la Nation et garantir la liberté d’entreprise.

Comme un oiseau attrapant sa proie, vous vous êtes, au contraire, arbitrairement accaparer toutes les ressources et toutes les richesses disponibles dans le pays au profit de votre intérêt personnel. Et pour les autres, ceux qui aspirent à faire prospérer légalement leurs entreprises ou à développer leur propre société, vous leur avez offert soit la prison, soit l’exil, soit des amendes faramineuses. Ceux qui n’ont pas pu s’acquitter de leurs amendes se sont tout simplement vus confisquer leur patrimoine.

Pendant que vos sociétés TIKO et MAGRO développent leurs branches tentaculaires, les Malgaches eux se livrent à la mendicité et se morfondent dans une pauvreté criante.

Votre comportement n’est pas digne Monsieur Ravalomanana. Votre attitude apporte la poisse au pays ; Les conséquences se manifestent actuellement à travers la pauvreté et toutes les calamités que le peuple subit quotidiennement : Le chômage qui s’accroît du fait de l’élimination de toutes les entreprises qui cherchent à émerger ; la pauvreté ; l’insécurité publique devenue de plus en plus inquiétante aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.

Voilà ce à quoi le peuple malgache est confronté tous les jours.

Et devant tous ces faits graves, Monsieur Ravalomanana, vous n’avez méme pas honte d’exhiber votre richesse insolente acquise de façon douteuse. Vous n’avez pas honte d’exproprier le peuple malgache de ses propres terres. Vous n’avez pas honte de vous approprier des terrains domaniaux publics au profit de votre intérét personnel. Vous n’avez aucun scrupule !

Vous vous moquez du peuple malgache, Monsieur Ravalomanana. Parce que vous vous sentez, actuellement, trés puissant, trop puissant même, gràce à tous les pouvoirs que vous avez concentré dans vos mains. Vous vous permettez d’adopter une posture arrogante envers eux ; vous n’hésitez pas à rabaisser ce peuple, vous vous complaisez constamment à les humilier. Vous ne vous souciez nullement de leur sort.
Vous aimez bien vous amuser à détruire vos compatriotes, qu’ils soient des opérateurs économiques, des politiciens ou bien des jeunes, car vous vous croyez être le « meilleur » et le « plus fort ».

Ne vous habituez pas à pister le chemin des caïmans, Monsieur Ravalomanana.
Ne vous complaisez pas à attraper le serpent dans son trou.

Vous avez dit, Monsieur Ravalomanana, que vous allez gouverner Madagascar comme vous gérez votre société TIKO. Vous aimez répéter à l’envi, en parlant du peuple malgache, qu’ils sont vos « sujets ». Ceci étant, vous considérez donc le peuple malgache comme « les sujets de TIKO », de simples employés et jamais comme des citoyens souverains.

Mais, vous vous prenez pour qui, exactement, Monsieur Ravalomanana, pour que vous osiez traiter et réduire le peuple malgache à de simples sujets au service d’une société commerciale ?
Qu’est ce que vous croyez donc pouvoir faire avec votre richesse aussi abondante soit-elle ?

Vous ne respectez nullement les militaires malgaches. Vous n’hésitez point à les rabaisser et à les insulter publiquement. Vous les considérez, au méme titre que tout le peuple malgache, comme de simples employés de TIKO.

Vous leur confiez volontairement des tâches qui ne correspondent pas à leurs fonctions ni à leurs missions, ce qui est trés dévalorisants pour leur rang, comme, par exemple, celle de s’occuper de la propreté et de l’hygiéne des vaches laitiéres appartenant à votre société TIKO, ou encore à nettoyer leurs défécations, ou à garder des boucs et des troupeaux de porcs.

Vous vous complaisez à humilier les militaires et les membres de la défense nationale en leur faisant réguliérement des procés dont l’impartialité est notoirement douteuse, et durant lesquels ils ont rarement le droit de se défendre.

Vous vous complaisez à les emprisonner à Tsiafaha, quand bien même la plupart des procés n’a finalement qu’un caractére purement politique. Votre action à l’endroit de l’Armée s’apparente à une vengeance contre ce corps, celui qui a gardé sa neutralité, donc refusant de soutenir votre auto-proclamation du 22 février, durant la crise politique de 2002.

Ceux, parmi les prisonniers, qui sont malades, se voient refuser une autorisation de se soigner malgré l’existence de certificats médicaux ; Beaucoup, d’ailleurs, sont morts en prison à cause de ce refus ; Dans la plupart des cas, vous attendez que les malades soient en phase terminale avant de les autoriser à sortir de prison pour se faire soigner. Un comportement qui déroute et interpelle de nombreux médecins.

Alors que dans le cadre de la « pacification », des « milices » dénommés « zanadambo » et agissant sous vos ordres, se sont livrées à de multiples exactions, meurtres, viols, pillages, tortures et crimes odieux (comme couper les oreilles et le nez de leurs adversaires), leurs agissements ont été impunément commis, et aucun d »entre eux n’a été jugé ni condamné.

En suivant votre logique, Monsieur Ravalomanana, vous méritez, vous aussi, d’être emprisonné et torturé eu égard aux crimes que vos troupes ont commis durant cette période de crise de 2002.

Vous occultez volontairement à l’Armée sa dignité, vous piétinez son honneur : Des promotions en grade sont effectuées par clientélisme, envoi massif des officiers supérieurs en retraite anticipée, les « rétrogradations » sont légions ! Tout cela prouve que vous n’agissez que par esprit de vengeance et par la volonté de nuire à l’Armée, qui est le garant de la République.

Ne vous étonnez donc point lorsque vous voyez qu’une malaise s’installe au sein de l’Armée, ce que les médias rapportent réguliérement dans les colonnes de journaux. Ne vous étonnez pas lorsque vous entendez qu’il y a des « tentatives de coups d’état » par-ci ou des à vols d’armes dans des casernes par là, ce qui renforce l’insécurité publique avec la prolifération des armes dans le camp des bandits, car pour certaines personnes, celles que vous avez constamment humiliés, et auxquels vous avez enlevé la derniére dignité, il ne leur reste plus que ces options dangereuses comme réflexe de survie.

Ne vous étonnez donc point de tout cela car ce ne sont que les conséquences directes de vos actions calamiteuses.

Ne vous étonnez pas de voir que des gens, des fous ou pas, cherchent à vous jeter des pierres, cherchent à s’introduire dans un temple, au palais d’IIavoloha, à Ambohitsirohitra en vue de vous nuire, car ce ne sont que les conséquences des faits insupportables dont vous étes la seule cause.

Généralement pour des motifs politiques, vous emprisonnez des militaires, vous emprisonnez des civils, vous avez méme violenté et emprisonné vos propres miliciens de 2002 lorsqu’ils ont réclamé la « prime de guerre » que vous leur avez promis, leurs familles menacées et intimidées, alors, ne vous étonnez pas lorsque l’insécurité régne au pays.

Vous croyez en fait, naïvement, que le « titre de chef suprême des Armées » et le « titre de président du Conseil supérieur de la magistrature » vous donne la prérogative d’humilier, de rabaisser à votre bon vouloir les militaires et les magistrats. Vous vous trompez lourdement Monsieur Ravalomanana.

Qu’en est-il du peuple malgache ?

Ras-le-bol ! Ras-le-bol total ! Le peuple malgache en a plus que marre de vous, Monsieur Ravalomanana. Ils ont en marre des mensonges que vous produisez à profusion et dont vous avez habilement le seul secret. Ils en ont marre des fraudes et tricheries électorales à n’en plus finir. Ils en ont marre de ces violations répétées des lois. Ils en ont marre de ces détournements des deniers publics.

Si, donc, vous vous demandez ce que le peuple malgache pense de vous, Monsieur Ravalomanana, soyez en certain de la réponse : Le peuple malgache vous a depuis longtemps quitté. La preuve la plus flagrante en est l’élection communale du 12 décembre 2007 dernier.
Malgré l’appui financier et le soutien politique voire administratif conséquent que vous avez déployé à Antananarivo, vous avez été platement battu. C’est la raison pour laquelle vous vous comportez comme un irresponsable envers l’actuel Maire d’Antananarivo en sabordant par tous les moyens la gestion de la ville par celui-ci. Vous avez même osé rabaisser de catégorie la commune d’Antananarivo en la reléguant au rang des autres communes, ce qui lui enléve son statut particulier de capitale du pays que vous prétendez conduire.

Une autre preuve aussi pour démontrer que le peuple vous a quitté, Monsieur Ravalomanana, est l’audace de la population vivant dans les communes rurales, malgré la force d’oppression que vous détenez, à fermer, de force, les bureaux de votes dans lesquels vos « agents » cherchaient à manipuler les choix du peuple en votre faveur. Cela signifie que même le peuple de « base » ose se révolter, ouvertement, contre vos méthodes brutales dans la pratique du pouvoir.

Vous êtes perdu, Monsieur Ravalomanana, car le peuple vous a clairement abandonné.

Il est donc faux de dire que le peuple malgache vous apprécie encore.

Sachez donc que ces « révoltes » et ces « choix » pour des candidats non issus de votre formation politique, sont des « sanctions »é que le peuple malgache vous afflige. C’est également « un avertissement » clair que le peuple adresse à vos serviteurs, ces chefs de districts, ces chefs de régions, ces ministres-coach, ces chefs de fokontany, ces gens à qui vous avez donné l’ordre de commettre toutes ces fraudes électorales honteuses et toutes ces basses besognes, dans tout le pays.

Le peuple malgache en a plus qu’assez de vous tous, Monsieur Ravalomanana.

Qu’en est-il des opérateurs économiques ?

Comme je l’ai dit précédemment, vous les avez tous éliminés, écrasés. Vous les empêchez ouvertement de s’émanciper. Ainsi, vous serez le seul « maître à bord » à travers tout le pays. Telle est votre unique ambition, Monsieur Ravalomanana. La raison de votre arrogance actuellement.

Vous avez donc actuellement ce que vous avez toujours convoité, Monsieur Ravalomanana, c’est-à-dire être le plus puissant de Madagascar aussi bien dans le domaine politique que dans le domaine de l’économie, et surtout en terme de « pouvoir ». Voilà, actuellement, vous êtes l’homme le plus puissant de Madagascar.

Mais quels sont les conséquences sinon les contres partis ?

Tous ceux qui vous ont soutenu politiquement vous ont quitté. D’ailleurs, bons nombres d’entre eux sont déjà emprisonnés. Tous les opérateurs économiques, fer de lance de l’économie nationale, qui ont cru en vous, vous ont abandonné. D’ailleurs, bons nombres d’entre eux, sont déjà tombés en faillite et ont rejoint les cohortes de pauvres. Le peuple malgache, même, celui que vous croyez être acquis à votre cause, vous a, incontestablement, lâché.

Maintenant vous êtes seul, Monsieur Ravalomanana. Qu’allez vous faire maintenant ? Vous allez donc compter sur qui à partir de maintenant ?

Allez-vous vraiment compter sur vos députés ? Allez-vous vraiment compter sur vos sénateurs ? Allez-vous vraiment compter sur vos chefs de districts ? Allez-vous vraiment compter sur ces chefs de régions que vous avez, tous, désigné ? Allez-vous vraiment compter sur les Maires que vous faites venir à Iavoloha chaque année ? Allez-vous vraiment compter sur vos chefs de fokontany ?

C’est donc sur ces gens-là que vous allez vous appuyer et à qui vous allez demandé de vous soutenir ?

Sachez, Monsieur Ravalomanana, que ces gens-là sont « soumis » à vos directives, des gens qui sont absolument dépendants de vos ordres et de vos recommandations. Des gens qui s’appuient sur vous et par rapport à qui vous ne pouvez prétendre obtenir aucun soutien. Je vous préviens, Monsieur Ravalomanana, qu’en vous fiant à « vos obligés », vous étes entrain de vous appuyer sur un arbuste pourri. Vous êtes entrain de vous balancer sur des lianes sèches.
Je vous préviens qu’à la moindre occasion, ce seront les premiers à vous abandonner sinon à vous livrer à vos ennemis.

N’espérez pas compter sur eux, car vous êtes actuellement seul et isolé.

Pour vous donner une image de votre position actuelle, je vais vous rappeler le message que Danton adressa à son ami Robespierre, durant la révolution française, alors que ce dernier était au sommet de sa toute puissance et avait déjé éliminé, par décapitation tous ceux qui l’avaient accompagné et aidé dans son combat. Ce message fut celui-ci : « En nous éliminant tous, nous qui sommes vos amis, vous créez le vide autour de vous et laissez la place libre à vos ennemis. Une fois seul, vos ennemis qui vous auront à leur merci, vous, guillotineront à votre tour, comme des lions affamés qui dévoreront avec délectation leur proie ». Robespierre n’écouta pas les conseils de son ami, et il fit décapiter Danton, mais deux mois aprés, il fut lui-méme décapité par ses ennemis.

Réfléchissez donc bien à ce sage conseil Monsieur Ravalomanana.

En revanche, il y a un dictateur qui a fourni une autre conception de la gouvernance à travers l’enseignement suivant : « Si vous voulez rester au pouvoir jusqu’à la mort, voici les plats que vous devrez servir au peuple : Premièrement, la terreur, deuxièmement, l’ignorance (empêchez les gens de s’instruire) ; troisièmement, absence de liberté et de démocratie ; quatrièmement, toujours maintenir le peuple dans la pauvreté. Si vous arrivez à nourrir votre peuple avec ces différents « mets », vous resterez à jamais au pouvoir ».

Je ne sais donc pas si vous, Monsieur Ravalomanana, avez reçu cet enseignement-là, mais en tout cas, je vous souhaite un « bon appétit ».

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A propos de l'Auteur :

Madagasikara Soa est un collectif citoyen qui a pour principal objectif de promouvoir la Démocratie à Madagascar, de mettre en exergue et de combattre toutes les formes d'inégalités, ainsi que les dérives liées aux pratiques et à l'exercice du pouvoir.

Le vieux "Docteur Courage" et la résistance aux putschistes

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Surnommé "l'homme au chapeau de paille", cet ardent partisan de la réconciliation nationale participe actuellement aux travaux des Mouvances politiques malgaches reconnues par la communauté internationale pour trouver une sortie de crise neutre et consensuelle au putsch effectué par Andry Rajoelina en mars 2009

3 mouvances 

Si Albert ZAFY est un homme de transition, il refuse de prendre part aux actions d'Andry RAJOELINA, qui chasse Marc RAVALOMANANA du pouvoir le 17 mars 2009 au moyen d'un putsch organisé par des mutins de l'armée.

Par la suite, il prend part avec son mouvement à la tentative de sortie de crise consensuelle à Maputo et Addis-Abeba en août et novembre 2009. Il tente de nouveau une médiation aux accords de Prétoria en mai 2010 : comme ces accords neutres et inclusifs ne sont pas appliqués par les tenants du pouvoir putschiste, il se rapproche de ses deux autres collègues anciens chefs de l'Etat, Didier RATSIRAKA et Marc RAVALOMANANA, affichant son opposition au régime en place.

L’ancien Président qui vient d’être doté d’une Santa Fe « made in China » par la Présidence de la Quatrième République. « C’est une des voitures de Vital », souligne celui qui était au volant de la 4 x 4. De couleur noire comme la Mercedes limousine garée dans la cour qui avait été octroyée par la Présidence de la Transition pour remplacer ou seconder la Renault Safrane à lui affectée du temps du Président Didier Ratsiraka version 1996 – 2002. En tout cas, même la Citröen DS 21 du Prof. gardée dans le garage comme une pièce de collection, serait encore en état de marche. 

Albert Zafy accuse Andry Rajoelina de soutenir des réseaux mafieux

(Agence Ecofin) - Le Pr. Albert Zafy, ancien chef de l’Etat de Madagascar, réclame la démission du président de la transitionAndry Rajoelina,citant pêle-mêle toutes les affaires pour lesquelles il l’accuse : trafic de bois de rose et de permis miniers, trafic d’or, société Kraoma, Alouettes II, et les comptes de dépôts… «Mr Andry Rajoelina, c'est l'art de l'usurpation, l'art de la corruption, et des magouilles (…). Même la communauté internationale est au courant que Mr Andry Nirina Rajoelina est impliqué dans des affaires de bois de rose : des enquêtes fiables en fournissent des preuves irréfutables» a-t-il déclaré.

Le professeur demande également à la communauté internationale, notamment la SADC, « de saisir tous les comptes bancaires des réseaux mafieux et criminels liées au dépeçage du pays ».

Il invite le Premier ministre à saisir la SADC pour clarifier les rôles et les pouvoirs entre la Primature et la Présidence et pour dénoncer la « pratique de chef de bande » afin de remettre la transition sur les bons rails.

La mouvance Zafy, s’est retirée du processus de transition, ce qui entame largement la légitimité, déjà bien faible, d’Andry Rajoelina à la tête de la Grande Île.  

Zafy Albert veut la tête de Rajoelina : Il compte rencontrer le procureur ce jour 11 avril 2012

La coupe et l’exportation illicites de bois de rose continuent à défrayer les chroniques. L’ancien présiedent, Albert Zafy, en fait son cheval de bataille dans sa lutte contre le pouvoir actuel.
Le Professeur Albert Zafy rencontrera le Procureur de la République à Anosy, ce jour, soit six mois après sa première déposition du mois de septembre 2011, nous a-t-on communiqué hier.
Cette rencontre fait suite à la plainte déposée par l’ancien Président de la République, Albert Zafy, le 13 septembre 2011, soit quelques jours avant la signature de la feuille de route du 17 septembre 2011, a indiqué une source proche du Pr Albert Zafy.
La plainte en question dénonce l’actuel Président de la Transition ainsi que certaines personnalités de son entourage sur plusieurs affaires graves, notamment sur les exportations de bois de rose et aussi sur certaines pratiques que le Professeur qualifie de mauvaise gestion des affaires de l’État, nous a-t-on fait savoir.
Le Pr Albert Zafy porte plainte pour trafic, détournement de deniers publics, malversations ou encore escroquerie perpétrés par des hautes personnalités de l’actuel régime, nous a-t-on indiqué.
Les conditions d’achat de quatre hélicoptères de type « Alouette II » ont également été citées par le Pr Albert Zafy dans sa plainte du 13 septembre 2011, a précisé notre source.
À plusieurs reprises, l’ancien Chef d’État, Albert Zafy, a voulu dénoncer l’acquisition de ces aéronefs pendant des séances de déballage public. Il a évoqué des surfacturations douteuses quant au prix d’acquisition de ces hélicoptères.
Ce nouveau rebondissement sur le bras de fer qui oppose le Pr Albert Zafy et Andry Rajoelina, risque de provoquer des remous sur le processus de sortie de crise, nous a-t-on indiqué.

Le gouvernement de transition a failli à sa mission

Le Pr Albert Zafy a accueilli la presse à son domicile ce mardi 3 août 2013 pour une conférence de presse au cours de laquelle, le chef de mouvance a fait part de sa déception et ses points de vue par rapport à l’actualité de l’heure. Il a déclaré avoir reçu une lettre du Premier ministre, l’invitant à désigner des personnalités en remplacement de deux ministres issus de la mouvance Zafy Albert : le Dr Joseph Randriamiarisoa de l’Environnement et Tabera Randriamanantsoa de la Fonction publique – le premier ayant été limogé quant au second, il a dû démissionner étant candidat à l’élection présidentielle.

Le Pr Albert Zafy a expliqué qu’il refuse de soumettre des noms dans la mesure où cela ne conduit le pays nulle part. À son avis, il faudrait changer tout le gouvernement et non procéder par des solutions tip-top ou à la va-vite. L’ancien président de la République a déclaré qu’il n’avait pas désigné de remplaçant de l’ancien ministre de l’Environnement limogé parce qu’il avait déjà découvert que la feuille de route qu’il a fait signer, n’a pas été respectée par le pouvoir. En fait, Le Pr Zafy qui a proposé Omer Beriziky candidat au poste de Premier ministre, avait souhaité une concertation avant la constitution du gouvernement consensuel de transition et d’union nationale ; ce que le président de transition et le Premier ministre ont ignoré, affirme Zafy. Dès lors, le chef de la mouvance n’avait pas désigné des personnalités pour siéger au sein du Parlement de transition. Albert Zafy considère que le pouvoir de transition n’a pas observé la feuille de route et lui retire sa confiance. Il se dit déterminé et a encore une fois réclamé du gouvernement l’organisation d’élection constitutionnelle telle celle que les participants à la rencontre initiée par le FFKM ont convenu dans leur résolution. Il n’a pas caché son intention de proposer un remplaçant d’Omer Beriziky car c’est son droit, a-t-il fait savoir ; deux noms ont circulé dans cette perspective – Serge Zafimahova et Marcel Miandrisoa.

Réconciliation Nationale : Le CRN de Zafy Albert mobilise la classe politique

Le CRN (Comité National de Réconciliation) fondé par le professeur Albert Zafy prône depuis 2002 la réconciliation nationale, basée sur le principe vérité-réconciliation. Ce comité mobilise en ce moment la classe politique malgache. Il a organisé hier une grande réunion à l’hôtel Panorama d’Andrainarivo dans le cadre de la célébration du 12ème anniversaire de la signature de la Convention sur la réconciliation. Celle-ci a été signée en 2002.
La réunion d’hier a permis de rassembler toutes les parties prenantes à la réconciliation nationale ainsi que les acteurs politiques de tout-bords. Le Dr Jean Louis Robinson, candidat malheureux du second tour des Présidentielles, Alain Ramaroson leader du Comité National de Restitution des îles Eparses (CNRIE-RPC), le Rvd Ndrianalijohn Andriamanampy des Anciens Membres du Congrès de la Transition (AMCT) ont participé à cette réunion. De même, le gouvernement, l’association AV7, le parti HVM, l’Amicale des anciens CST et sénateurs ont mandaté des représentants à cette réunion du Panorama. Outre les entités politiques, la réunion a vu la participation de l’Union Africaine. Cette séance avait d’ailleurs permis de communiquer l’évolution du processus de réconciliation nationale, notamment les démarches entamées par le FFM, le CNR ainsi que le ministère de la Communication et des Relations avec les Institutions.
Faut-il rappeler que dans son discours, à la tribune des Nations Unies, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a plaidé pour la réconciliation nationale ?
Les participants à cette réunion réclament ainsi la mise en place du Comité National de Réconciliation (CNR). Ils invitent le Président de la République Hery Rajaonarimampianina à honorer son engagement pour la réconciliation nationale et à sortir une ordonnance de mise en place de ce comité.

Vola R
 

L’ex-Président Zafy accuse la SADC d’être responsable de la crise actuelle

Les trois candidats désavoués – Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka – refusent toujours de retirer leurs candidatures de la présidentielle prévue en août. Certains politiques tels que l’ex-Président malgache Albert Zafy se disent épuisés par la crise politique qui perdure. Ce dernier qui est monté au créneau a accusé la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) chargé de mettre fin à la crise du pays d’être « responsable de la situation actuelle ou de la dérive de la transition », raconte Madagascar-Tribune. Selon lui, la SADC a mal géré l’imbrogolio politique qui mine le pays.

Processus de réconciliation nationale

Zafy claque la porte

jeudi 19 février 2015, par Bill

Zafy clac la porteLa mouvance Zafy abandonne le processus FFKM de réconciliation. Le Pr Albert Zafy a donné instruction à ses partisans et à ceux qui devaient rejoindre Antananarivo pour les préparatifs techniques du processus qui doit se tenir dans les régions, que la mouvance quitte le processus et qu’ils ne doivent pas rejoindre la capitale. La mouvance Zafy a toujours participé aux premières séances des travaux préparatifs mais ce 19 février, celui que ses proches appellent « le Prof », a claqué la porte. On ne sait si ses directives seront observées par ses fidèles, dont les professeurs Miandrisoa Marcel et Paul Rajaonarivelo qui l’ont accompagné et assisté au cours des travaux du FFKM.

Le processus FFKM est ainsi bouleversé. D’une part les détenus politiques réclament leur adhésion aux comités d’organisation de la réconciliation conduite par le FFKM. D’autre part, les chefs boycottent en quelque sorte le processus : Andry Rajoelina est toujours à l’extérieur et Didier Ratsiraka accompagné de son épouse sont en France pour des suivis des traitements médicaux. Ils laissent à leurs assistants le soin de poursuivre les travaux avec le FFKM et Hery Rajaonarimampianina.

Maintenant qu’Albert Zafy abandonne, tout le processus est-il remis en cause ou Hery Rajaonarimampianina et le FFKM poursuivront-ils coûte que coûte ? La mouvance Andry Rajoelina qui a manifesté peu d’empressement envers un processus, qui à leurs yeux est davantage favorable à Marc Ravalomanana, ne peut que se frotter les mains devant cette défaillance d’Albert Zafy et de sa mouvance.

La mouvance Zafy a toujours revendiqué et manœuvré pour la dissolution de l’actuel Comité de réconciliation (FFM), vu à leur avis que le FFM n’a pas été efficace et n’est pas capable de conduire le processus ; mais surtout parce qu’ils estiment que la conduite de cette politique de réconciliation et la direction du processus devrait logiquement revenir au Pr. Albert Zafy.

 
 

Le saviez vous?
 

 Albert zafy

Anti-colonialiste convaincu, Zafy Albert a reçu un coup de matraque sur la tête lors d'une manifestation en France dans le cadre de la journée de lutte anti-colonialiste.

 

 

 

Commentaires (1)

1. Aimée Andriamiseza samedi, 02 Juillet 2016

Bonjour , la photo de l investiture du président Abert Zafy est incluse dans le livre Madagascar l ile occultée , paru cette année sur l Histoire de Madagascar de 1600 a 2008 EDILIVRE .COM
apolitique et laic , comprenant les rois et reines , la colonisation ; les republiques ./

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Date de dernière mise à jour : mardi, 16 Mai 2017

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