Richard RATSIMANDRAVA

 

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Ratsimandrava 1 copie

 Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com)

Troisième président de Madagascar à 44 ans et pendant seulement 6 jours, le Colonel Richard RATSIMANDRAVA fut assasiné le 11 février 1975 à Ambohijatovo. Essayons de connaître un peu plus sur cet homme politique célèbre de la grande île.

RATSIMANDRAVA : Né le 21 mars 1931 à Tananarive, d’une famille merina, Richard Ratsimandrava quitte Madagascar pour la France afin d'y effectuer ses études supérieures. Après une préparation à la Corniche (militaire) Carnot de Dijon, il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, Coëtquidan. Il portera les couleurs de l'Armée française au Maroc et en Algérie.

En 1959, alors qu'il est [Lieutenant] dans l’armée française, il est affecté à Madagascar au 12e bataillon d'infanterie de marine à Fianarantsoa, Madagascar. Après l'indépendance malgache proclamée le 26 juin 1960, Ratsimandrava sert comme officier de l'armée de terre jusqu'en 1962.

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Diplômé de l’école spéciale militaire de Saint Cyr, Coetquidan, en France, il suivit par la suite une formation à l’école de Gendarmerie de Melun, toujours en France.

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Apres avoir servi dans l’armée française, il evient en 1967 commandant en second puis finalement commandant de la  Gendarmerie nationale malgache en 1969. Ratsimandrava restera à ce poste jusqu’en 1972 lorsqu’il devint Ministre de l’Intérieur.

Distinctions Honorifiques :

·  20 Aogositra 1957 : Commémoration AFN

·  14 Jiona 1966 : Chevalier de l'Ordre national

·  14 Oktobra 1971 : Officier de l'Ordre national

·  31 Desambra 1971 : Chevalier de la Légion d'honneur

·  5 Febroary 1975 : Grand Cordon de l'Ordre national

BIOGRAPHIE

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Né le samedi 21 mars 1931 à 12h 20mn à Mangarivotra Antananarivo, Richard RATSIMANDRAVA est issu d’une famille merina de religion protestante.

Papa maman

Fils de Ratsimandrava, professeur Assistant et de Rasoanindrina.

Epouse copie

Marié à Razafindramoizina Thérèse le 22 septembre 1956. Ils ont eu cinq enfants.

GarconEn 1938, il a commencé ses études à Antsirabe avant de continuer deux ans plus tard à Antananarivo. Il a alors obtenu son baccalauréat en mathématiques élémentaires au Lycée Galliéni Andohalo.
En 1952, il quitta le pays afin de poursuivre ses études supérieures. Il s'est d'abord inscrit au Lycée Carnot de Dijon pour se préparer à entrer dans l'école spéciale militaire de Saint-Cyr où il a suivi une formation pendant deux ans. Ayant obtenu le grade de Sous-Lieutenant, il porta les couleurs de l'armée française au Maroc et en Algérie. En octobre 1959, avec son affectation, il retourna à Madagascar et exerça ses fonctions à l'infanterie marine à Fianarantsoa. Après l'indépendance de Madagascar le 26 juin 1960, RATSIMANDRAVA fut officier de l'armée de terre jusqu'en 1962.
En 1972, sous le régime du Général Gabriel RAMANANTSOA, le poste de Ministre de l'Intérieur lui a été confié. Et c'est là que Richard RATSIMANDRAVA a eu l'idée de fonder sa politique intérieure basée sur la doctrine du « fokonolona » dont il a pensé comme seul cadre institutionnel économique pour le développement du pays.

Son introduction en politique

 

Tsiranana cède le pouvoir au Général Gabriel Ramanantsoa qui devient alors Chef du Gouvernement en 1972, Richard Ratsimandrava est appelé à devenir ministre de l’Intérieur du nouveau gouvernement. Il a alors l'idée de fonder sa politique intérieure sur la doctrine du « fokonolona » qu'il voit comme seul cadre institutionnel et économique possible pour le développement de Madagascar.

ramanantsoa-ratsiman12.jpgLe 5 février 1975, à cause de rivalités et de problèmes non résolus et face à la situation de crise politique, le Général Ramanantsoa lui remet les pleins pouvoirs. Il cumule alors les fonctions de Président de la République, Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et du Plan. C'est alors une occasion sans précédent pour lui d'appliquer au mieux sa politique.

Il institua une politique audacieuse et qualifiée de « révolutionnaire » , en instituant les « Fokonolona » comme socle du développement , voire du pouvoir. Le concept érigeait les communautés villageoises comme étant la base de toutes les initiatives, en quelque sorte leurs besoins devaient dicter la politique au niveau national. L’idée force du Colonel RATSIMANDRAVA était de parvenir à une décentralisation du pouvoir qu’il soit politique ou économique. Cette ligne de rupture   lui valut l’ire de la bourgeoisie traditionnelle tout comme avec les grands « lobbies économiques ». D’un autre côté, sa popularité allait grandissante auprès du petit peuple et des tenants de « la révolution » de 1972.

Le Colonel Richard Ratsimandrava était  l’un des fervents défenseurs du Fokonolona et du Fokontany comme base de la décentralisation.

 

Le colonel Richard Ratsimandrava, ministre de l’Intérieur, dialoguant avec les paysans lors d’une de ses tournées. Il avait mis au point une idéologie de développement fondée sur les « fokonolona » (collectivités villageoises) et s’était attaché à promouvoir ces institutions paysannes. C’était, entre autres, pour cette raison que le général lui remit le pouvoir. Des émissions de la radio nationale étaient spécialement destinées à développer les « fokonolona » et à les soutenir idéologiquement. Et cela sous l’impulsion du colonel.

Panser les plaies : secourir le peuple par la mise en place du « Fokonolona RATSIMANDRAVA »

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Le peuple va mal, va très mal. Mais le peuple se bat, et ne se laisse pas abattre. Il faudrait mettre en place un système qui leur permettra d'être à l'abri des crises de soif de pouvoir d'une minorité qui se relaie à se renverser. Pour cela, il faudrait ériger la République du Fokonolona qui donnera au Fokonolona le pouvoir de gérer leur vie dans leur Fokontany. L'édification de cette République commencera par la base (le Fokonolona RATSIMANDRAVA) et devrait être effective à l'issue de la mandature (5 ans). Commencé par le Colonel Richard Ratsimandrava mais jamais achevé à cause de son assassinat le 11/02/1975, il nous appartient à nous génération d'aujourd'hui de reprendre le flambeau en devenant l'architecte de ce bel édifice qu'est la République du fokonolona. Seront mis en place successivement le fokontany, le firaisam-pokontany, le fivondronam-pokotany, le faritany. L'œuvre d'édification se terminera par la rédaction de la loi fondamentale qui contient les règles régissant l'exercice et le contrôle du pouvoir au sein de la République du Fokonolona Malagasy. Cette loi fondamentale définira les différentes institutions de la République du Fokonolona. Cette loi fondamentale sera soumise à l'approbation du peuple.

Quoiqu’il en soit, six jours après son accession au pouvoir il fut assassiné le 11 février 1975.

La nomination du colonel Ratsimandrava à la tête de l’Etat dérogeait avec une tradition bien assise dans l’Armée : il n’était pas l’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé. Les rancoeurs nées de ce « favoritisme » sont considérées comme étant un motif possible de l’assassinat du colonel.

11 février 1975 - Affaire Ratsimandrava - Le secret des Dieux ?

Le 11 février 1975, vers 20h, le colonel de gendarmerie Richard Ratsimandrava tombait sous les balles d’un commando dirigé par Zimbo lui-même tué au cours de cette embuscade, au rond-point d’Ambohijatovo ambony Antananarivo.

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La Peugeot 404 du colonel fut suivie d’une Jeep découverte dans laquelle avaient pris place des gardes armés. Dès les premiers coups de feu, ces derniers ripostèrent et mirent hors de combat Zimbo, lequel était debout au milieu de la rue qui monte vers le Collège Maria Manjaka d’Andohalo. Les autres membres du commando ont pris la fuite par le petit escalier sombre qui descend vers le parc d’Ambohijatovo. Une embuscade de professionnels en tout cas, avec notamment un bouchon constitué par une butte de terre au milieu de la rue, résultat des travaux de réfection d’une buse souterraine. La voiture mitraillée redescendit la pente en marche arrière sur vingt mètres, et butta finalement contre la porte de l’actuel commissariat de Police.

Il existe plusieurs thèses concernant son assassinat : La thèse "Officielle"

Le mardi 11 février 1975 - soit exactement 6 jours après son accession à la magistrature suprême - aux alentours de 20 heures, peu après avoir quitté le Conseil des Ministres qui se déroulait à Anosy, Tananarive, le colonel Richard Ratsimandrava, chef d’Etat et chef du gouvernement fut assassiné par balles dans sa voiture de fonction, ainsi que ses gardes de corps, le GP2 RABOTOVAO Samuel et le GP2 RAKOTOARISOA Bernard, par un commando formé d'éléments du Groupe Mobile de Police (GMP), dirigé par Zimbo, lui-même tué au cours de cette embuscade, au rond point d'Ambohijatovo ambony.

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             Conduit à l’Hôpital Befelatanana, il y succombera avant l’intervention des chirurgiens. Le guet apens du « commando formé d’éléments du Groupe Mobile de Police en rébellion depuis plusieurs semaines » a fait également deux victimes parmi les militaires de l’escorte et on enregistre en outre le décès des deux auteurs de l’embuscade tragique.

Deces coleur

Le lendemain de l’assassinat, le corps du colonel Ratsimandrava fut transféré au camp de la Gendarmerie « La Catalane » (ce camp porte actuellement son nom), à Andrefan’Ambohijanahary où eut lieu la veillée mortuaire. La famille pose devant la dépouille, habillée de l’uniforme d’apparat des officiers de gendarmerie. A droite, l’épouse du colonel décedée en janvier 2001. En lamba, Rasoanirina, la mère du colonel. En retrait vêtue de noir, sa sœur Juliette. Puis les cinq filles du colonel qui n’a pas eu d’enfant mâle, la benjamine se trouvant près du corps. Dans les bras de l’épouse du colonel, l’unique petit-enfant du couple à l’époque, à côté d’ailleurs de sa mère.

            Deces korontanaRakotomanga mijoroColonel rabetafika 1

Parmi les tout premiers intervenants des Forces armées, le Colonel Roland Rabetafika et le Lieutenant-Colonel Mijoro Rakotomanga, Chef d’Etat Major de la Gendarmerie Nationale, sont les deux plus hauts gradés rendus sur les lieux du drame où la désolation et la colère se lisaient sur certains visages. « Et voilà que tu nous a quitté, Richard ! », murmurait l’ancien directeur Général du gouvernement du Général Ramanantsoa. Puis, après un moment de silence, il interrogeait son collègue : « Où veut-tu qu’on se réunisse ? » « Je propose la Catalane, à l’Etat-Major de la Gendarmerie », répondit Mijoro Rakotomanga. Puis, ayant donné ses instructions pour faire assurer une bonne conservation de l’état des lieux et la protection des blessés, témoins essentiels de l’attentat contre le chef de l’Etat et du gouvernement, l’Officier de Gendarmerie regagnait son Etat-Major pour y convoquer ses adjoints.         

Le Directoire militaire recensera officiellement 24 morts depuis la nuit tragique du 11 au 12 février 1975, dont 5 parmi les forces armées, 16 dans le camp d’Antanimora et 3 au sein de la population, victimes des balles perdues qui auront également engendré quelques blessés parmi les civils circulant dans les zones d’affrontement.

Dès la résolution du problème des insurgés d’Antanimora, le 13 février 1975 au soir, le Directoire suspend par ordonnance « les partis, organisation ou groupement politique, compte tenu des circonstances »

Les thèses de l'assassinat politique furent tout de suite confortées par le fait que le GMP ait conduit l'attaque. Parmi les hautes personnalités politiques qui furent mis en cause durant le procès, figurent notamment les suivants : - L'ancien Président Tsiranana, qui fut entendu par la justice malgache et fit fait l'objet d'enquêtes. - Le colonel Roland Rabetafika, qui fut parmi les premiers officiers à avoir été aperçu sur le lieu même de l'assassinat (ce qu'il a d'ailleurs admis durant le procès qu'il y était pour raisons personnelles puisqu'il rentrait à son domicile)

Ces deux personnalités représentaient deux groupements d'intérêts politico-économiques qui avaient chacun pu avoir des intérêts à voir éliminé le nouveau chef d'état.

Malgré le long procès qui se déroula sous le directoire militaire de transition dirigé par le général Gilles Andriamahazo, aucune lumière ne fut faite sur l'assassinat de cet homme que trop de groupes de pression, notamment financiers, pouvaient souhaiter voir disparaître, craignant de voir leurs intérêts fortement remis en question à cause de la politique du "fokonolona" prônée par Ratsimandrava, laquelle visait à nationaliser l'économie et la production malgache.

In fine, le procès de l'affaire Ratsimandrava s'arrêta pour sauvegarder l'unité nationale du pays, déjà assez fragilisée à cette période.

Une thèse "Officieuse" :

Sans que cela puisse être "sourcé", il existe une autre thèse, qui ne sera certainement jamais prouvée. Richard Ratsimandrava n'aurait pas été assassiné au rond point en question, mais aurait été assassiné dans son bureau présidentiel et aurait été par la suite conduit sur le site en question.

Assassinat de Ratsimandrava – Ratsiraka oriente vers le général Andriamahazo

Révélation. Chose promise, chose due. Le message a été martelé pour convaincre la presse et le public de braquer ses phares vers le Carlton Anosy, hier soir, pour la conférence de presse inaugurant la sortie du livre relatant son entretien autobio­graphique avec Cécile Lavrard Meyer. Didider Ratsiraka, ancien président, a fait des révélations sur l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava, entre autres. Et ceux qui étaient présents dans l’assistance à Anosy et les téléspectateurs ont été servis.
À entendre les dires de Didier Ratsiraka donc, les recherches et investigations concernant le meurtre du colonel Ratsimandrava devraient être orienté vers le général Gilles Andria­mahazo. « Tout le monde, presque toute la presse à l’époque, m’a accusé d’avoir assassiné ou commandité l’assassinat du colonel Ratsimandrava, jusqu’à ce qu’un journaliste sorte le nom du général Gilles Andriamahazo (…) un assassinat nécessite un mobile. Et le général Andriamahazo est celui qui en avait un. Etant l’officier le plus haut gradé et le plus ancien à l’époque, c’était à lui que le général Rama­nantsoa aurait du remettre le pouvoir et non au colonel Ratsimandrava », a-t-il lancé.
Cuisiné par les Journa­listes Lova Rabary, Ismaël Razafinarivo et Johary Ravaojanahary sur le sujet, l’amiral retraité a affirmé n’avoir eu aucun mobile pour éliminer le colonel Ratsi­mandrava. A lui d’arguer, notamment, que deux jours avant la remise des pleins pouvoirs à l’officier de la gendarmerie, le général Gabriel Ramanantsoa, le Chef d’Etat sortant de l’époque lui aurait fait la proposition lors d’un tête-à-tête. « Mais j’ai refusé. Comment aurais-je pu assassiner une personne pour un pouvoir que j’ai refusé », s’est-il défendu. Seuls lui et le général Ramanantsoa, savent ce qui s’est réellement passé, lors de ce tête à tête. D’autant plus que pour clore le directoire militaire, il a accepté les pleins pouvoirs des mains du général Andriamahazo.

Assassinat de Ratsimandrava : Les gens n’ont pas la mémoire courte, Monsieur Didier Ratsiraka !

À la suite de l’article paru dans L’Express de Mada­gascar le jeudi 13 Août 2015 mettant en évidence les propos tenus par Didier Ratsi­raka lors de sa conférence de presse du mercredi 12 Août 2015, la famille Andriamahazo voit une fois de plus, l’Histoire manipulée (réf notre mise au point paru dans Midi Mada­gasikara et La Nation le 27 Novembre 2014) et se fait un devoir de faire un bref rappel de cette période.
Le général Gilles Andria­mahazo a fait partie du Gou­vernement Ratsiman­drava en tant que Ministre d’État alors que le capitaine de Frégate Didier Ratsi­raka n’en faisait pas partie. Le 11 fé­vrier 1975, le Colonel Richard Ratsiman­drava est assassiné.
Le 12 février 1975 le Direc­toire Militaire est créé et dirigé par le général Gilles Andria­mahazo pour ramener le calme dans le pays. Il en est le Prési­dent jusqu’au 15 juin 1975 date à laquelle le capitaine de Fré­gate Didier Ratsiraka reçoit le pouvoir du Directoire Militaire qui n’a duré que 4 mois !
Le général Gilles Andria­mahazo revient dans le giron militaire et préside le Comité Militaire du Développement jusqu’à son départ à la retraite en 1976. Il a toujours été le garant du retour au calme et nous sommes choqués de constater que sa mémoire est de nouveau bafouée par des propos tendancieux concernant des évènements graves d’il y a 40 ans et dont la justice a déjà rendu un verdict.
Si fait nouveau il y a, tel que cité par Didier Ratsiraka dans l’Article de l’Express de Madagascar du Jeudi 13 Août, il devrait s’adresser à la Justice et non émettre des affirmations publiques concernant le Général Gilles Andriamahazo.
Nous nous réservons le droit de donner une suite à ces affirmations.

 

Gal. Gilles Andriamahazo quatre mois de Transition pour remettre l'ordre!

A titre d'illustration, en 1972, Le premier Président de la République, Philibert Tsiranana a passé le flambeau à un Général, Gabriel Ramanantsoa, le plus haut gradé de l'armée à l'époque. Trois années à la tête de l'Etat, ce dernier a transféré, à son tour, le plein pouvoir au Colonel Richard Ratsimandrava,  alors Officier supérieur de la Gendarmerie et Ministre de l'Intérieur, le 5 février 1975, qui a été tristement assassiné soit exactement six jours plus tard, le 11 février 1975.

La nuit même, du 12 février 1975 de l'assassinat du Colonel Richard RATSIMANDRAVA a été décrétée un Directoire militaire composé de dix-huit officiers représentant les six provinces,

Après la démission du Général Gabriel Ramanantsoa  et l’accession à la tête de l’État le 5 février 1975 du colonel Richard Ratsimandrava qui a été assassiné exactement 6 jours plus tard, le 11 février 1975, les Officiers de l'Armée malgache ont pris leur responsabilité pour éviter le chaos.

direcoire.jpgQuelques heures après l'assassinat du chef de l'Etat, le 12 février 1975, un Directoire militaire composé de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces de Madagascar et représentant toutes les tendances politiques a été créé afin de résoudre la crise politique. Le Général Gilles Andriamahazo, Officier le plus gradé a pris la tête du Directoire et a assumé les fonctions de Chef de l'État jusqu'au 15 juin 1975, date à laquelle le Capitaine de Frégate Didier Ratsiraka devient Président du Conseil Suprême de la Révolution (CSR).

Une loi martiale a été instaurée. 

Membre de la directoire militaire :

AndriamahazoJaotomboPattureau

Président de la directoire militaire :

Le général de Brigade Andriamahazo Gilles

Second du Président du directoire dans la coordination des activités de l’inspection, générale de l’Etat  et de la direction du Plan :

Capitaine Jaotombo Ferdinand

Second du Président du Directoire en matière de défense Nationale :

Commandant Patureau Fernand

Secrétaire Générale du Directoire Militaire :

Capitaine Ralala Pierre

-         mais se saborda en juin.

Membres :

Province de Tananarive :

-         Lieutenant Colonel Rakotonirina Raymond

-         Commandant Rakotoarijaona Désiré

-         Commandant Andriamaholison Richard

Province de Majunga :

-         Capitaine Randrianasoavina

-         Capitaine Randriantanany Jean de Dieu

Province de Fianarantsoa :

-         Lieutenant Colonel Rakotomalala Joël

-         Lieutenant colonel Rakotondretsitoro

-         Capitaine Ramakavelo Désiré

-         Capitaine Marson Max

Province de Tuléar :

-         Lieutenant colonel Silasy Elie

-         Lieutenant Colonel Manjary Lucien

-         Commandant Soja

-         Commandant Raveloson Mahasampo

Province de Tamatave :

-         Capitaine de Frégate Ratsiraka Didier

-         Commandant Patureau Fernand

Province de Diégo-Suarez :

-         Capitaine Jaotombo Ferdinand

-         Lieutenant Vonimbola Samuël

La phase du directoire militaire ne durera que quatre mois (de février à juin 1975), mais elle est décisive à plus d’un titre. D’abord, avec la suspension de la partie politique, le 13 février, les forces armées focalisent désormais les luttes de pouvoir et de « leadership ». La composition du directoire militaire répond à un double souci d’équilibre. D’une part, elle essaie de respecter une équilibre entre les différentes armes (armée de terre, aviation, marine et gendarmerie). D’autre part, elle reflète une volonté d’équilibre régional entre les six provinces.

 

Conduit par le général Gilles Andriamahazo, le Directoire militaire prenait part, avec le Général Ramanantsoa, dans l’après-midi du vendredi 14 février 1975, à la cérémonie de mise en bière de la dépouille morelle de Richard Ratsimandrava sur laquelle avait été déposé le grand cordon de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique conférée au chef de ‘Etat malgache.       

Bien que cette crise politique était une des plus dures crises politiques traversées par Madagascar, mais ces officiers membres du Directoire ont pu trouver de solution pendant une courte  période de seulement quatre mois de Transition. A méditer, pour les hommes politques malgaches d'aujourd'hui.

Le 15 juin 1975, une solution a été trouvée et le capitaine de frégate Didier Ratsiraka, membre de ce Directoire Militaire, est devenu Président du Conseil Suprême de la Révolution (CSR), et Chef de l'Etat.

L'assassinat de Richard Ratsimandrava a conduit à une telle succession d'évènements que 1975 marque sans doute un tournant pour l'histoire politique de Madagascar.

Quelques heures après la mort du Président, un Directoire militaire chargé d'entamer une période de transition est créé et dirigé par le général Gilles Andriamahazo. On assiste alors à un quasi-scénario de guerre civile entre les partisans du gouvernement militaire et ceux de l'ancien Président Philibert Tsiranana. La loi martiale est décrétée.

Le 13 février 1975, les partis politiques sont suspendus et les tensions continuent à travers tout le pays : des mutins s'engagent dans des violences. Le 14 février 1975, la reddition des mutineries permet la fin des combats. Un des responsables présumés des troubles, M. André Resampa, est arrêté.

Le 21 mars 1975, un procès est alors ouvert pour juger les personnes impliquées dans les évènements : Tsiranana fait partie d'entre eux. Finalement, le 12 juin 1975, 30 des inculpés sont acquittés dont André Resampa et Tsiranana. Trois jours plus tard, le 15 juin, le Directoire militaire décide d'élire un membre qui deviendra le prochain Président de la République.

C'est Didier Ratsiraka, capitaine de frégate, ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Ramanantsoa, qui est choisi.

Le 11 février 1975, le président RATSIMANDRAVA, fraîchement nommé fut assassiné. Officiellement, il a été abattu par balles, au rond point d'Ambohijatovo aux alentours de 20 heures après avoir quitté son bureau.

Conduit à l’Hôpital Befelatanana, il y succombera avant l’intervention des chirurgiens. Le guet apens du « commando formé d’éléments du Groupe Mobile de Police en rébellion depuis plusieurs semaines » a fait également deux victimes parmi les militaires de l’escorte et on enregistre en outre le décès des deux auteurs de l’embuscade tragique.

            Parmi les tout premiers intervenants des Forces armées, le Colonel Roland Rabetafika et le Lieutenant-Colonel Mijoro Rakotomanga, Chef d’Etat Major de la Gendarmerie Nationale, sont les deux plus hauts gradés rendus sur les lieux du drame où la désolation et la colère se lisaient sur certains visages. « Et voilà que tu nous a quitté, Richard ! », murmurait l’ancien directeur Général du gouvernement du Général Ramanantsoa. Puis, après un moment de silence, il interrogeait son collègue : « Où veut-tu qu’on se réunisse ? » « Je propose la Catalane, à l’Etat-Major de la Gendarmerie », répondit Mijoro Rakotomanga. Puis, ayant donné ses instructions pour faire assurer une bonne conservation de l’état des lieux et la protection des blessés, témoins essentiels de l’attentat contre le chef de l’Etat et du gouvernement, l’Officier de Gendarmerie regagnait son Etat-Major pour y convoquer ses adjoints.         

« Officiellement » disais-je car selon un article que j'avais aussi lu (mais sans preuve), paraît-il que le colonel victime aurait été assasiné, non pas au rond point mais dans son bureau, et a été ensuite conduit sur le site. En tout cas, malheureusement, malgré les enquêtes effectuées il y déjà des années, celles-ci n'ont jamais abouties et la verité reste jusqu'à ce jour méconnue.
Par ailleurs les causes de l'assassinat du Colonel RATSIMANDRAVA étaient supposées politiques. Cet assassinat conduisait Madagascar vers un nouveau tournant de l'histoire politique. En effet, quelques heures suivant le décès de RATSIMANDRAVA, un directoire militaire dirigé par le Général Gilles ANDRIAMAHAZO fut créé pour entamer une période de transition.
Le 13 février 1975, les partis politiques furent suspendus, ce qui n'a pas calmé les tensions dans le pays. Mais le lendemain, une reddition des mutineries a mis fin aux différents combats et un des présumés responsables de troubles fut arrêtés.
Le 15 juin 1975, après encore quelques problèmes politiques et sociales, le Directoire militaire décide d'élire un membre qui sera le prochain dirigeant de la grande île. C'est ainsi que le Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA était devenu le nouveau Président de la République.

« Tsy miamboho adidy aho mon Général » (Mon Général, je ne tournerai pas le dos à mes responsabilités, en d'autres termes, je ferai face à mes responsabilités), telle est la fameuse phrase prononcée par le Colonel Richard RATSIMANDRAVA au moment où le pouvoir lui a été confié. En ce temps de crise que nous vivons actuellement et qui dure déjà depuis plus d'un an, existe-t-il encore de vrais personnalités qui pourraient « vraiment » répéter cette phrase.

Lors du dépòt de gerbe le 11 février 2005, sous la stèle Ratsimandrava à Ambohijatovo-Ambony, le Dr Rakotomalala Manan'Ignace, instigateur de la cérémonie, a fait la révélation suivante è ceux qui l'entouraient : "Dans la journée fatale du 11 février 1975, le pasteur Richard Andriamanjato avait insisté pour être reçu par le colonel Richard Ratsimandrava à midi. Voici ce qu'avait dit le colonel au terme de l'audience : je vous remercie pour votre mise en garde, mais je n'ignore rien de ce que vous me dites. Néanmoins, ce soir, je ne rentrerai pas chez moi à Anjohy, mais je dormirai ici dans mon bureau". En fait, le colonel, chef d'Etat et chef du gouvernement n'en fit rien, et rentra quand même chez lui vers vingt heures. Il avait foncé vers son rendez-vous avec la mort car au niveau du grand tournant d'Ambohijatovo, sa voiture fut mitraillée par un commando hostile. C'était déjà écrit, diraient les fatalistes.

Procès

Le dossier en charge du Directoire Militaire était le procès qualifié de "procès du siècle" : l'affaire Ratsimandrava.

Un tribunal militaire exceptionnel est alors chargé du « procès du siècle ». "Spéciale", le tribunal militaire s'était ainsi annoncé avec grand tapage médiatique sur les antennes et la radio et de la télévision nationales. Les audiences seront largement rapportées dans les médias.

Jamais prétoire n'aura vu défiler autant de personnalités civiles et militaires, en plus évidemment des queques 300 policiers que comptait le GM.P., ainsi que des personnes convoquées ou voulant être entendu "pour la galerie"

Parmi les inculpés se trouve le président déchu, Philibert Tsiranana, qui doit répondre de huit chefs d’accusation dont le plus grave, pénalement, est celui de « complicité dans l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava, chef de l’État et du gouvernement ».

Assis au tribunal

Tsiranana rejette fermement l’accusation de complicité dont il fait l’objet et poursuite : « Pendant douze ans, j’ai été président de la République. Ces fonctions me donnaientde vie et de mort. Mais j’ai toujours usé envers les criminels de mon droit de grâce. Je n’ai jamais tué personne quand j’en avais les pouvoirs. J’ai même usé de mon pouvoir de gracier des condamnés à mort.

Ratsimandrava pereInstituteurDecoration ratsimandrava

              J’ai connu Ratsimandrava, le père du Colonel Richard Ratsimandrava quand il était Professeur Assistant. Lui et moi comme deux doigts de la main. Nous étions comme deux frères. Et si Richard Ratsimandrava a réussi dans sa carrière, c’est grâce à moi. Je l’ai vu presque chaque semaine car il m’apportait des dossiers à signer. C’est moi qui l’ai envoyé à Saint-Cyr. Si j’avais été au courant d’un projet d’assassinat contre lui, je l’aurais empêché. Non je n’ai pas tué Richard Ratsimandrava car son père Ratsimandrava avait dit qu’ils étaient de souche Antaisaka et que moi je suis un Sakalava. Les Sakalava et les Antaisaka sont des cousins bien qu’habitant deux côtes différentes de l’Île. Je considérais Ratsimandrava père comme mon frère. Et si je donnais l’ordre de tuer Richard Ratsimandrava, c’est comme si je tuais mon propre fils. Je ne l’ai pas tué. Je ne l’ai pas fait tuer. Les auteurs doivent être punis sévèrement et envoyés à Nosy-Lava.

            Le président Rabemalanto ayant demandé des précisions sur les propos tenus par le prévenu le 6 février 1975 lors d’une réunion du P.S.M., Philibert Tsiranana répondais : « Pour ce qui est de la phrase attaquez jusqu’au bout, je l’ai peut-être dite mais pas dans le sens de « tuer ». Il s’agit d’une attaque littéraire et journalistique. Aux journaux de répéter les attaques et de publier les motions. Il ne s’agit donc pas de tuer. Je n’ai pas peur de mourir, mais si je dois mourir, que ce soit pour mes actes et non pour rien ». Venu à la barre pour être confronté à Philibert Tsiranana, le journaliste Gabriel Ramananjato confirmait aussitôt le sens de littéraire des propos tenus par l’ancien président de la République pour lutter politiquement contre le Colonel Ratsimandrava en déclarant : « L’attaque dont il était question était une attaque journalistique. Ratsimandrava était un adversaire politique pour moi, mais pas un ennemi ».

            Le tribunal ayant ensuite abordé les autres chefs d’inculpation relevés à l’encontre de Philibert Tsiranana. Evoquant la somme de 300.000 FMG, qu’il avait remise à Ramilamanana pour être donné aux côtiers et pas au Colonel Bréchard Rajaonarison, Philibert Tsiranana tenait à préciser : « Comme Monja Jaona, nous côtiers nous avons le sens de solidarité. Il a donné 50.000 FMG et moi j’ai donné 300.000 FMG ». "J'ai pensé aux côtiers qui étaient là, qui ne touchaient pas leurs salaires et dont les familles souffraient. J'ai donné cet argent par pitié". Il s’étonnait donc que Monja Jaona ne soit pas au tribunal en ce moment puisque lui aussi avait donné de l’argent au GMP. "Aviez-vous pensé faire une visite de condoléaces à la famille Ratsimandrava ?", lui demanda encore un autre avocat de la partie civile. "Oui, mais je n'ai pas eu le temps de le faire car, arrivé ici, j'ai été fait prisonnier". Pour Philibert Tsiranana, ce fut le mot de la fin. Le Père de la Nation n'était plus un homme libre, en effet, et la dernière estrade du grand tribune d'autrefois n'aura été qu'un prétoire de Tribunal Militaire où, pour ultime auditoire d'un pathétique kabary, il n'y eut que ses juges ! Après deux heures d'interrogatoire, il quittait la salle d'audience, accompagnait par Maître Francisque Ravony, son gendre mais aussi son avocat.

         Tandis que l’Armée conforte sa main-mise sur les leviers du pouvoir, devant le Tribunal Militaire l’audition des inculpés se poursuit au quotidien. Chacun d’entre eux réfute les accusations portées contre lui et beaucoup dénoncent devant les juges les conditions dans lesquelles ont eu lieu les arrestations et interrogatoires qui les ont amené au banc des accusés ! L’information conduite à l’audience engendrera, elle aussi, beaucoup de questions sur la nuit tragique du 11 février 1975.

        

          Philibert Tsiranana est finalement relaxé, faute de preuve.

  • Rabetafika : la disgrâce militaro-politique en filigrane

Colonel rabetafikaAu Palais de Justice de Tananarive, le 16 avril 1975, après avoir entendu 35 prévenus, policiers ou civils, venus expliquer entre le mardi 12 et le samedi 15 avril 1975 ce qu’ils ont vécu au camp d’Antanimora, le tribunal militaire auditionne le Colonel Rabetafika. L’ancien Directeur Général du gouvernement de Ramanantsoa doit répondre en effet de huit chefs d’inculpation dont il est prévenu et qui sont identiques à ceux retenus contre de nombreux accusés.

A la barre, le Colonel Rabetafika affirme notamment : « Si je me trouve actuellement devant le tribunal, c’est par la force des « on dit »…Il y a eu des graffiti qui discréditaient tel ou tel personnage, et j’étais la cible préférée des journaux à scandale et des graffiti politiques que l’on voyait sur les murs de la capitale. Et voilà pourquoi je me trouve devant le tribunal…Je présume seulement que ceux qui se trouve derrière cette manœuvre veulent ma tête par tous les moyens, et à défaut ma disgrâce devant la société malgache et en particulier devant l’armée. Mais je me défendrai et je rejette catégoriquement tous les chefs d’accusation dont je suis prévenu ».

Rabetafika racontera ensuite sa soirée du 11 février 1975 et son arrivée à hauteur du commissariat de police d’Ambohijatovo, près duquel il est domicilié, afin de prouver qu’il n’était pas le premier rendu sur les lieux du drame.

Etonné d’avoir entendu son nom prononcé devant le tribunal par le commissaire Bora, comme étant l’adversaire du colonel Ratsimandrava à la tête du « club 48 », il dira ne pas connaître l’existence de et protestera : « Je n’en suis ni membre, ni président »…

« Tout ceci, poursuivait-il, m’a amené jusqu’à mon arrestation et me voilà devant le tribunal militaire. Pourtant, il y a pire derrière tout ceci. Et je pose la question de savoir si les vrais responsables de tout ceci figurent bien parmi les prévenus actuels cette affaire, si cette affaire n’a pas de portée politique et si, à la fin, on cherche tout bonnement à créer au sein de l’armée un malaise que l’on ne peut dissiper afin de décapiter cette armée et en profiter pour semer le trouble, ou tout simplement pour me perdre et me discréditer.

Ces deux personnalités représentaient deux groupements d'intérêts politico-économiques qui avaient chacun pu avoir des intérêts à voir éliminé le nouveau chef de l'État.

Malgré le long procès qui se déroule sous le directoire militaire de transition dirigé par le général Gilles Andriamahazo, aucune lumière ne sera faite sur l'assassinat de cet homme que trop de groupes de pression, notamment financiers, pouvaient souhaiter voir disparaître, craignant de voir leurs intérêts fortement remis en question à cause de la politique du « fokon'olona » prônée par Ratsimandrava, laquelle visait à mieux articuler l'économie et la production malgaches avec l’économie de subsistance de la majorité des habitants du pays, et surtout du milieu rural.

Lettre émanant de Mme Thérèse et Mlle Juliette respectivement veuve et sœur du Colonel assassiné

Batonnier jean benohery ramanantsalama1Epouse copieRatsimandrava 1 copie 1

 

Alors que scénarios et hypothèses se multiplient dans l’opinion publique, le Directoire Militaire décide par ordonnance en date du 15 mai 1975, signée de son président et des Ministre de Justice, de l’Intérieur et des Finances, « d’amnistier des fautes constituants disciplinaires, des infractions d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, ainsi que les infractions connexes, commis en décembre 1974, janvier et février 1975, à l’exception de l’assassinat, la tentative d’assassinat et la complicité de ces crimes sur la personne du Colonel Richard Ratsimandrava et autres ».

L’exposé des motifs de l’Ordonnance portant amnistie précise que, « dans un but d’apaisement et pour préserver l’Unité Nationale qui risque d’être ébranlée à la suite des évènements de ces derniers mois, il a semblé opportun au Directoire Militaire de prendre une mesure de clémence qui permettait à tout un chacun d’oublier le passé et de se tourner vers l’avenir pour se consacrer à l’œuvre de rénovation nationale ».

L’amnistie accordée aux faits et infractions de complot, rébellion et insoumission profite donc à 265 prévenus et modifie également le nombre de chefs d’inculpation pour les 33 accusés restant à juger, dont les membres du P.S.M.

A la suite de cette décision du Directoire Militaire, la partie civile au procès, sous la signature de Madame Thérèse Ratsimandrava et de sa sœur Juliette Ratsimandrava, adresse au Président du Tribunal Militaire uen lettre indiquant qu’elle a examiné à fond l’Ordonnance portant amnistie. « Comme le Directoire Militaire a jugé avant le Tribunal, nous estimons qu’il n’y a plus de raison de nous constituer partie civile devant le Tribunal », écrivent la veuve et la sœur du Colonel Ratsimandrava, avant de poursuivre leur correspondance en ces termes : « Aussi, nous avons ordonné à nos avocats de se retirer et de se déconstituer. Nous remercions le Tribunal pour ce qui a été fait dans la recherche de la vérité qui n’a pas encore été trouvée du fait des mensonges et des duplicités pour cacher les responsables directs ou indirects dans l’assassinat du Colonel chef de l’Etat et du gouvernement. Quoi qu’il en soit, personne ne pourra empêcher l’Histoire de juger ».      

La lecture de la lettre étant achevée, les avocats de la partie civile quittaient la salle après avoir remis la correspondance au président Rabemalanto et une copie au procureur général.  

Finalement, le procès de l'affaire Ratsimandrava va s'arrêter pour sauvegarder l'unité nationale du pays, déjà assez fragilisée à cette période.

 

 

 
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Date de dernière mise à jour : jeudi, 10 Septembre 2015

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