Troisième République

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marquée par une instabilité politique incessante

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recueilli par Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com - tany_masina@yahoo.fr)

La IIIème République est proclamée le 19 août 1992. Une nouvelle Constitution est adoptée, fondée sur le pluralisme politique et la démocratie, qui équilibre les pouvoirs entre un président élu au suffrage universel et une Assemblée nationale souveraine.

Son président, surnommé le « tombeur de Ratsiraka », est l’un des leaders du soulèvement populaire de 1991 : Albert Zafy (photo: au moment de son élection). Il est professeur de chirurgie. Le 16 août, les élections législatives donnent une majorité parlementaire confuse mais favorable au président Zafy.

Sur le plan économique, le gouvernement suit les conseils de Fonds monétaire international et de la Banque mondiale : désengagement de l’Etat, économie mixte laissant une part importante à l’initiative privée, réforme monétaire destinée à favoriser les investissements et à rendre à terme le franc malgache convertible. Cette réforme très contestée, entreprise début 1994 entraîna un « flottement » du franc malgache, qui perdit de sa valeur, laissant dans l’inquiétude autant les opérateurs économiques que la population.

Pendant ce même temps, les tensions entre le président Zafy et le Premier ministre Ravony éclatèrent au grand jour. Cette confrontation atteindra son paroxysme avec la motion de censure déposée par les partisans du président et rejetée par l’Assemblée nationale. Estimant ne pas avoir dit son dernier mot, le président Zafy soumet à un référendum, le 17 septembre 1995, une modification constitutionnelle déléguant au président (et non plus à l’Assemblée nationale) le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre. Le « oui » l’emporte, le régime se présidentialise. Désormais le président et le gouvernement sont en principe unis, face à une Assemblée nationale où s’est recomposée une majorité qui leur est hostile.

Entre 1993 et 1997, l’Assemblé mena une guérilla systématique contre le président et les six gouvernements qui se succédèrent. Parallèlement, l’inflation s’accrut dans des proportions jamais atteintes, le franc malgache « coulant » alors qu’il était supposé « flotter » selon la stratégie monétaire ultra-libérale adoptée.

La classe politique s’est enfoncée dans des affaires. Pour une fois d’accord, le président de l’Assemblée nationale et Zafy, tout en vilipendant les bailleurs de fonds « classiques », se sont mis à rechercher des « financements parallèles » auprès d’organisations privées et d’hommes d’affaires des plus douteux. L’entourage du président Zafy a profité de sa position pour obtenir des « privilèges » ; la corruption et les détournements de fonds publics se sont poursuivis…

Au bout du compte, en cinq années, « l’homme au chapeau de paille » et les fondateurs de la IIIème République auront apporté au peuple malgache une déception à la mesure des espoirs et des rêves que portaient les mouvements populaires de 1991. Une petite élite s’enrichit, tandis que le peuple s’appauvrit encore plus.

Au cours de second semestre 1996, la fin du règne est consommée. Accusé d’avoir violé la Constitution, il est légalement destitué par un vote d’empêchement d’une majorité de députés en août de la même année. Les élections présidentielles sont anticipées.

Chefs d'Etat de la Troisième République de Madagascar de 1993 à 2014

Il s’agit des cinq personnalités qui ont dirigé Madagascar de 1993 à 2014

Albert Zafy : - Début du mandat : 27 mars 1993 - Fin du mandat : 5 septembre 1996 ;

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Né le 1er mai 1927, ce cardiologue a été ministre de la Santé dans le gouverment Ramanantsoa. A la suite de la convention dite du Panorama, le 31 octobre 1991, une Haute Autorité de l’Etat (HAE) est créée, présidée par Zafy Albert, en attendant l’élection présidentielle anticipée. Elle a eu lieu en 1993 et Zafy Albert l’emporta au second tour, face à Didier Ratsiraka, avec un score très serré de 50,10% contre 49,90% . Sous la coupe d’une motion d’empêchement diligentée par les Députés de Madagascar, Zafy Albert quitte le pouvoir et désigne un Chef d’Etat intérimaire en la personne de Norbert Lala Ratsirahonana qui, le 5 septembre 1996, a organisé une élection anticipée en décembre 1996.

Norbert lala Ratsirahonana : - Début du mandat : 5 septembre 1996 - Fin du Mandat : 9 février 1997 (Président de la République par intérum) ;

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Né le 18 novembre 1938, Norbert Lala Ratsirahonana était le Président de la Haute cour constitutionnelle (HCC). Le 5 juin 1996, il est nommé Premier ministre par le Président Zafy Albert. Celui-ci empêché, M. Ratsirahonana devient à la fois Chef de l’Etat et Chef du gouvernement intérimaire. Ce sera la troisième période de transition qu’aura connu le pays, après celles de Gilles Andriamahazo et de Zafy Albert.

Didier Ratsiraka : - Début du mandat : 9 février 1997 - Fin du mandat : 5 juillet 2002 ( Président de la République) ;

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Après quatre années d’exil en France, Didier Ratsiraka retourne au pays et se présente à l’élection présidentielle de décembre 1996. Il battra le Professeur Zafy au second tour. En décembre 2001, il se représente face à un nouveau candidat : Marc Ravalomanana. Les résultats du scrutin ayant été contestés, une grave crise mine le pays. Après des mois de confrontations parfois meurtrières, l’Amiral Ratsiraka, en juin 2002, est contraint de repartir pour une second fois en exil en France.

Marc Ravalomanana : - Début du mandat : 5 juillet 202 - Fin du mandat : 17 mars 2009 ( Président de la République) ;

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Né le 12 décembre 1949. Homme d’affaires dans l’agro-alimentaire, il monte sur la scène politique en se faisant élire Maire de la ville d’Antananarivo (1999-2001). En décembre 2001, il se présente comme candidat à l’élection présidentielle. Les résultats sont contestés, amenant à une crise politique. Malgré des accords de Dakar I et II, il devient Président de la République, le 6 mai 2002. Réélu en décembre 2006, Marc Ravalomanana démissionnera le 17 mars 2009, sous la pression du mouvement populaire, en remettant ses pouvoirs à un directoire militaire, qui a remis, à son tour, les pleins pouvoir à Andry Rajoelina, Leader de la Révolution Orange.

Hippolyte Rarison Ramaroson : - 17 mars 2009 - 17 mars 2009 - (Président du Directoire Militaire)

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Né le 28 septembre 1951 à Tananarive, Vice-Amiral chef d'escadre, Président du très éphémère "directoire militaire" instauré le 17 mars à Madagascar après la démission du président Marc Ravalomanana. "Après mûres réflexions, j'ai décidé de dissoudre le gouvernement et de donner le pouvoir [aux militaires] afin qu'un directoire militaire puisse être mis en place", a-t-il déclaré sur la radio officielle de l'Eglise réformée, proche du président. Le vice amiral chef Hyppolite Ramaroson fait partie des généraux auxquels l’ancien président déchu Marc Ravalomanana avait transmis le pouvoir lors de sa démission le 17 mars 2009. Ces généraux avaient dans la même journée transmis le pouvoir à Andry Rajoelina, à l’issue de l’épisode mouvementé de l’épiscopat d’Antanimena et du camp du Capsat.

Andry Rajoelina : - Début du mandat : 17 mars 2009 - (Président de la Haute Autorité de la Transition)

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Né le 30 mai 1974, Homme d’affaires dans le secteur de la communication, il fait son apparition dans l’arène politique en se portant candidat à la mairie d’Antananarivo. Il est élu le 12 décembre 2007. En décembre 2008, suite à la fermeture de la station radio Viva lui appartenant, il entre dans l’opposition. Leader de la « révolution orange », le Directoire militaire lui a remis les pleins pouvoirs, le 17 mars 2009, transfert de pouvoir valisé par la Haute Cour Constitutionnelle, le 21 mars 2009. Il était le Président de la Haute Autorité de la Transition (HAT) puis Président de la Transition et Chef d’Etat jusqu’à l’élection du premier Président de la IVème République le 20 décembre 2013. Il quitte officiellement ses fonctions, le 24 janvier 2014, après une remise symbolique de la clé de Madagascar au président élu, Hery Rajaonarimampianina, au Palais d’Etat d’Iavoloha.


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